Constituant le principal centre économique de l’Afrique de l’Ouest francophone, aux côtés du Rwanda et de l’Éthiopie, la Côte d’Ivoire est reconnue comme la « locomotive de l’Afrique de l’Ouest » (1). Ce pays se distingue en ayant l’une des croissances économiques les plus dynamiques du monde. En effet, en 2020, la Côte d’Ivoire se classe parmi les cinq premiers pays francophones d’Afrique en ce qui a trait à l’accroissement économique (2).

Une économie en expansion

Après des années de crise, le pays a enfin retrouvé son statut de « locomotive » en Afrique de l’Ouest avec une croissance oscillant de 6 à 11 % entre 2012 et 2019 (3). La croissance ivoirienne a notamment été stimulée par une politique de travaux majeurs qui a conduit au développement d’infrastructures modernes (routes, ponts, quais, ports, échangeurs, stades, etc.), à l’électrification du pays et à la transformation d’Abidjan (4). En ce sens, le produit intérieur brut (PIB) a plus que doublé en dix ans, passant de 21,5 milliards d’euros en 2010 à 49,7 milliards en 2020 (5).

Tours futuristes, quatrième pont, grande bibliothèque… L’emblématique cœur d’Abidjan, quelque peu défraîchi et un temps dépassé par la dynamique urbaine, est en pleine rénovation.

Depuis l’acquisition de l’indépendance du pays, la filière cacaoyère est l’épine dorsale de l’économie ivoirienne. Selon les estimations, cette filière représenterait 15 % du PIB (6). En 2020, la production de fèves de cacao représentait plus de 2 millions de tonnes, soit le double d’il y a dix ans (7). La Côte d’Ivoire a consolidé sa position de leader, représentant plus de 40 % de la production mondiale (8). Aujourd’hui, le pays a transformé près d’un quart de sa production, avec l’objectif d’en atteindre la moitié d’ici un à deux ans, voire d’atteindre 100 % d’ici 2025 (9).

Au cours des dix dernières années, le pays a également été en mesure de garder son rôle de leader de la production de caoutchouc en Afrique et l’est redevenu dans le marché de la banane. La Côte d’Ivoire est également le premier producteur mondial en noix de cajou (10). Le pays s’appuie aussi sur d’autres secteurs clés tels que les services, la construction, les télécommunications, le tourisme et l’énergie (11).

La remarquable progression de la Côte d’Ivoire est le résultat de la très forte croissance qu’a connue le pays au cours des dernières années. Au cours des huit années allant de 2012 à 2019, elle a enregistré la plus forte croissance du monde, avec un taux annuel moyen de 8,2 % (6,9 % en 2019), parmi les pays dont le PIB par habitant est supérieur ou égal à 1 000 USD (12). De plus, le PIB par habitant est estimé à 4000 $, ce qui est bien supérieur à la moyenne en Afrique subsaharienne (13). Plus étonnant encore, le pays se classe au deuxième rang toutes catégories confondues, faisant ainsi mieux que 30 des 31 pays dont le PIB mondial par habitant était inférieur à 1 000 USD au début de 2012 (14). La Côte d’Ivoire arrive donc en deuxième position après l’Éthiopie, qui affiche un taux de croissance annuel moyen de 9,2 % (8,3 % en 2018) (15). En guise de comparaison, au cours de la même période de huit ans, les taux de croissance annuels moyens du Ghana et du Nigeria étaient respectivement de 5,7 % et 2,9 % (16).

L’économie ralentie par la COVID-19

L’économie de la Côte d’Ivoire a été et continue d’être gravement affectée par la pandémie mondiale. Les grandes puissances ont même adopté des mesures d’austérité pour gérer la crise et ainsi reprendre leurs activités. L’État d’Afrique occidentale ne fait pas exception. En effet, les autorités ont dû élaborer un plan d’urgence d’un montant total de 95 milliards de francs CFA afin de répondre à la COVID-19 (17). Cela a permis aux secteurs public et privé de survivre à la crise.

Avant la pandémie, la Côte d’Ivoire était reconnue comme ayant l’une des plus fortes croissances économiques du continent africain et du monde (18). La croissance économique était projetée à 7 % d’ici 2020, alors que le taux de croissance annuel moyen était de 8 % depuis 2012 (19). Cependant, la crise sanitaire mondiale a gravement perturbé les ménages et les entreprises ivoiriennes et devrait entraîner un ralentissement de l’économie (20). Selon le Global Economic Prospect, l’Afrique subsaharienne devrait cependant connaître une reprise modérée en 2021, avec un taux de croissance de 2,7 % (21).

Une croissance peu inclusive

Bien que le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, ait été en mesure de restaurer l’économie du pays, ses adversaires dressent un bilan beaucoup moins positif de sa gestion des dix dernières années (22). En plus d’avoir amené le pays à afficher l’une des plus fortes croissances économiques du continent, le président a réussi à améliorer les finances publiques et la crédibilité du pays auprès des prêteurs de fonds internationaux (23). De plus, son gouvernement a réussi à restaurer progressivement un sentiment de sécurité, entamant la réforme des forces armées et la démobilisation des anciens combattants rebelles (24).

Toutefois, l’une des grandes faiblesses des mandats de Ouattara est que la forte croissance moyenne n’a pas été suffisamment inclusive. En effet, les dernières données de l’Institut national de la statistique de Côte d’Ivoire datant de 2015, montrent que malgré les dépenses sociales visant à soutenir les plus démunis, près de 10,5 millions d’Ivoiriens, soit 46 % de la population, vivent toujours sous le seuil de pauvreté (1,5 $ de pouvoir d’achat) (25). En dépit de plusieurs tentatives d’amélioration, l’accès aux infrastructures de base et aux services, tels que l’eau et l’électricité, reste difficile. En ce sens, l’impact sur le portefeuille et le bien-être des ménages met du temps à se faire ressentir (26).

Finalement, bien que la Côte d’Ivoire présente de très bonnes performances économiques, le taux de pauvreté demeure très élevé. Ouattara ayant été élu pour un troisième mandat en 2020, il reste à voir s’il sera en mesure d’améliorer les conditions de vie et le niveau de richesse des citoyens dans les années à venir.

Roxane Dresdell
analyste en formation
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines
Université de Sherbrooke

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7 Commentaires

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