Un rapport d’analyse portant sur des données collectées par six associations, soutenues par le Projet ALTP en Côte d’Ivoire, révèle que la moitié de ces personnes ont été prises en charge sur Abidjan.

Le projet d’appui à la lutte contre la traite des personnes (ALTP) couvre six pays du Golfe de Guinée, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin, la Guinée et le Nigéria. Un atelier marquant la fin officielle du projet ALTP en Côte d’Ivoire, a eu lieu ce mardi 30 avril 2024, à Abidjan.

Ce projet est financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France dans six pays de la région. Il a jeté les bases d’un système institutionnalisé de protection et de référencement des victimes de traites.

Selon le rapport d’analyse, 612 personnes ont été accompagnées entre mai 2021 et mai 2023, soit durant deux ans. Parmi ces personnes, 216 ont été prises en charge par l’association CIP, 116 par CIBES, 99 par l’ANAED, 93 par Cavoequiva et 78 par la communauté Abel.

Les données mentionnent que la moitié des personnes (50%) ont été prises en charge sur Abidjan, un peu moins d’un quart sur la ville de Bondoukou, dans la Région du Gontougo (Est ivoirien), près de la frontière avec le Ghana.

Les adultes représentent 53% et les mineurs 47%. Concernant le sexe, les femmes représentent un pourcentage de 77% de l’ensemble des personnes prises en charge (68% des enfants et 85% des adultes contre respectivement 32% de garçons et 15% d’hommes).

Le point sur les pays d’origine, au sujet de la traite des personnes, souligne que les ressortissants ivoiriens sont majoritairement parmi les personnes prises en charge, soit un taux de 44%. Les autres ressortissants proviennent de 14 pays.

Le Nigeria est de très loin, le premier pays de départ avec 27% de l’ensemble des personnes prises en charge et 49% de celles d’origine étrangères. L’on note 18 femmes Vietnamiennes prises en charge par l’association CIP à Abidjan après le démantèlement d’un réseau de traite à des fins d’exploitation sexuelle.

La vulnérabilité la plus renseignée par les associations est, sans surprise, l’absence de ressources ou le fait d’appartenir à un foyer démuni (63% des personnes prises en charge) et plus d’un tiers des personnes étaient sans abri au moment de leur prise en charge.

Près de 20% des bénéficiaires appartiennent à un foyer monoparental, généralement tenu par une mère célibataire, ce qui accentue la situation de précarité économique. Par ailleurs, 12% des personnes prises en charge étaient des orphelins d’au moins un parent (13% des mineurs).

« Les enfants non accompagnés, ayant quitté leur foyer ou abandonnés par leurs parents ou tuteurs, représentent 7% des bénéficiaires, mais 16% des mineurs recensés dans la base de données », renseigne le rapport.

Près de la moitié de ces enfants n’ont jamais été scolarisés ou ont été précocement déscolarisés (62% des enfants). Le rapport mentionne que « 13% avaient subi des violences verbales, psychologiques, physiques et 20% des violences sexuelles ».

Plus de la moitié des personnes prises en charge (57%) ont connu une mobilité transnationale. L’exploitation sexuelle est nettement dominante parmi les quatre formes d’exploitation recensées, ce qui représente 47% des personnes signalées comme victimes de traite.

« Le projet selon nous, a eu une issue satisfaisante, parce que nous sommes partis de loin. Mais l’Etat de Côte d’Ivoire ne doit pas économiser ses efforts pour s’engager complètement dans la lutte contre ce fléau », a déclaré le directeur régional du Projet ALTP, Alessandro Rabiossi.

D’après Alessandro Rabiossi, le projet a permis de sensibiliser en Côte d’Ivoire, 33.365 personnes, de former 135 acteurs judiciaires, 353 acteurs des unités spécialisées. Le projet a également fourni des services de base à des victimes et de réinsérer de manière légale 333 autres personnes.

Dr Adou Kobenan, représentant Myss Belmonde Dogo, la ministre ivoirienne de la Cohésion nationale, de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté, a salué l’initiative d’Expertise France à travers les résultats du projet ALTP.

Selon Dr Adou Kobenan, le projet ALTP a permis de faire connaître aux populations ce qu’est la traite des personnes et les actions de lutte ont été plus visibles. Il a permis de renforcer les dispositifs de lutte au plan national.

La traite des êtres humains est un fléau mondial qui touche également l’Afrique de l’Ouest. La traite des personnes est multiforme : traite des enfants, exploitation sexuelle, exploitation par le travail, commerce d’organes, servitude domestique, mendicité et mariage des enfants.

AP/APA

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