FMI approuve une aide de près de 900 millions de dollars pour la Côte d'Ivoire

Coronavirus: le FMI approuve une aide de près de 900 millions de dollars pour la Côte d’Ivoire

  • Le FMI approuve un décaissement de 886,2 millions de dollars EU pour la Côte d’Ivoire au titre de la Facilité rapide de crédit (FRC) et l’Instrument de financement rapide (IFR).
  • L’impact économique attendu de COVID019 sera considérable, et les perspectives à court terme se détériorent rapidement.
  • Les autorités ivoiriennes ont riposté promptement à la pandémie en s’appuyant sur un plan médical d’urgence et un plan ambitieux de politiques économiques visant à apporter un soutien ciblé aux populations vulnérables et entreprises touchées par la pandémie.

WASHINGTON, DC – Le Conseil d’administration du FMI a approuvé aujourd’hui un décaissement au titre de la Facilité rapide de crédit (FRC) équivalent à 216,8 million de DTS (environ 295,4 millions de dollars EU, ou 33,3 % de quote-part), et un décaissement au titre de l’instrument de financement rapide (IFR) équivalent à 433,6 millions de DTS (environ 590,8 millions de dollars EU or 66,7 % de quote-part), pour aider la Côte d’Ivoire à répondre aux besoins urgents de financement de sa balance des paiements causés par la pandémie de COVID-19.

La Côte d’Ivoire fait face à un choc considérable causé par fardeau de la pandémie COVID-19. Les perspectives économiques de 2020 vont considérablement se détériorer dû au ralentissement abrupt de l’activité économique chez les partenaires commerciaux de la Côte d’Ivoire, au choc négatif sur la confiance des investisseurs, et à l’impact économique négatif des mesures nécessaires mises en œuvre par les autorités pour empêcher la propagation de la pandémie.

Le gouvernement a promptement répondu à la pandémie, avec des mesures fortes de distanciation sociale et de confinement et le plan médical d’urgence mis en œuvre avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé. Les autorités ont également annoncé un plan de riposte économique ambitieux, représentant 1½ % du PIB pour 2020, pour soutenir le revenu des populations les plus vulnérables, par le biais de mesures d’appui aux intrants agricoles et d’une couverture plus étendue des filets sociaux; soutenir les secteurs et entreprises les plus touchés; et pérenniser les chaînes d’approvisionnement en appuyant les entreprises publiques du secteur logistique.

La détérioration des perspectives macroéconomiques et la riposte de politique budgétaire pour atténuer l’impact de la pandémie sur la Côte d’Ivoire augmentent les pressions budgétaires et créent des besoins immédiats de financement de la balance des paiements. Avec les facilités FRC/IFR, l’aide du FMI contribuera à combler une partie de l’écart de financement et devrait catalyser des financements concessionnels supplémentaires.

Concluant les discussions du Conseil d’Administration, M. Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint et président de séance, a fait la déclaration suivante :

« La pandémie COVID-19 aura des effets négatifs considérables sur l’économie de la Côte d’Ivoire, créant des pressions fiscales et des besoins urgents de financement de balance des paiements. Les autorités ivoiriennes ont promptement adopté des mesures fortes pour contenir la propagation de la pandémie. Bien que nécessaires, ces mesures vont également peser sur l’activité économique.

« Pour réduire ces effets adverses et atténuer les retombées négatives sur le secteur des entreprises et les sacrifices imposés aux familles et aux communautés, les autorités ivoiriennes ont également adopté un plan sanitaire et un ensemble de mesures économiques pour soutenir les revenus des populations les plus vulnérables par le biais d’un appui aux intrants agricoles et un élargissement des filets sociaux, soutenir les secteurs économiques et entreprises les plus touchés, et renforcer les entreprises publiques des secteurs des transports et portuaires pour assurer la continuité des chaînes d’approvisionnement.

« Au regard de la sévérité de la pandémie, l’augmentation temporaire envisagée du déficit budgétaire est appropriée, même si cela signifie une déviation temporaire du critère de convergence de 3 % du PIB. Vu les risques baissiers considérables, des réallocations de dépenses deviendraient nécessaires si les recettes fiscales venaient à être inférieures aux projections actuelles. Les dépenses liées au Covid-19 devraient être exécutées en toute transparence et être bien ciblées en direction des populations et les entreprises les plus touchées. Lorsque la crise sera résorbée, il sera important que le déficit budgétaire revienne à sa trajectoire précédant la crise, pour préserver à la fois les acquis réalisés dans le cadre du programme avec le FMI et la viabilité de la dette à moyen-terme.

« L’appui d’urgence du FMI au titre de la Facilité de crédit rapide et de l’Instrument de financement rapide aidera les autorités à combler les besoins urgents de financement budgétaire et de balance des paiements. Il aidera également à catalyser les financements supplémentaires des autres partenaires au développement. Des financements concessionnels supplémentaires sont essentiels pour combler l’écart de financement restant et préserver les acquis considérables de développement que la Côte d’Ivoire a réalisés au cours de la dernière décennie. »

FMI