Pablo Escobar, le patron du mal | NetflixCe samedi 2 décembre est un jour anniversaire particulier en Colombie, celui de la mort du baron de la drogue le plus célèbre au monde, Pablo Escobar. Cela fait trente ans. Durant ces trois décennies, ce personnage sulfureux a continué de faire parler de lui. Il est devenu une sorte « d’icône culturelle ». Son héritage et les conséquences de son empire de la drogue font toujours partie des sujets colombiens épineux. Pourtant, beaucoup de choses ont changé notamment la structure du narcotrafic.

Il y a 30 ans, le 2 décembre 1993, les médias annonçaient la mort d’un des hommes les plus redoutés du pays. Pablo Emilio Escobar Gaviria, souvent appelé « le roi de la cocaïne » a été abattu, à 44 ans, par la police nationale colombienne. L’homme, qui avait terrorisé le pays avec ses assassinats de policiers, ses enlèvements et sa guerre avec d’autres cartels de narcotrafiquants, n’était plus. A ce moment-là, sa légende débute.

On estime à plus de 30 milliards de dollars sa fortune. Il se dit qu’il disposait de tellement d’argent en espèces qu’il ne parvenait pas à le blanchir. Son empire de la drogue représentait entre 80 et 90% du marché de la cocaïne mondiale. Des chiffres vertigineux qui montrent l’influence de ce natif de la région d’Antioquia, d’une famille pauvre et nombreuse de la ville de Rionegro. Il était ambitieux et voulait être millionnaire. A l’âge 26 ans, il le fut en pesos colombiens. Puis, rapidement, il est devenu milliardaire, se hissant dans le top 10 des personnes les plus riches du monde dans les années 1980.

Tout cela fera de lui une légende et même, selon plusieurs observateurs et journalistes, « une icône culturelle ». Encore aujourd’hui, à Medellin et en Colombie, on trouve des produits publicitaires à son effigie : des tasses de café, des T-shirts, des affiches, des peintures avec son portrait. Les lieux, où il a vécu et la maison où il est mort, font partie de tours touristiques prisés par les visiteurs nationaux et internationaux. On ne peut éviter Pablo Escobar.

Même dans les médias, on parle encore des répercussions de son épopée. Ces derniers mois, il était question de la destruction d’une maison-musée à son nom, de la décision du gouvernement colombien d’euthanasier ses hippopotames ou encore de la rediffusion d’une série colombienne retraçant son histoire « El patron del mal » (NDLR – le patron du mal).

Transformation du narcotrafic

Concernant l’empire de la drogue, son influence n’est plus. Le réseau du narcotrafic a changé. De nouveaux groupes ont fait irruption. Le fameux « cartel de Medellin », fondé par Pablo Escobar, a éclaté en plusieurs groupes. Aujourd’hui, le Clan del Golfo est le groupe le plus puissant en Colombie. L’arrivée du premier président de gauche de Colombie, Gustavo Petro, a modifié les relations avec les narcotrafiquants. Le projet de « paix totale » leur permet d’entamer des négociations avec le gouvernement pour établir les conditions de leurs redditions.

Par ailleurs, la cocaïne n’est plus la drogue la plus vendue. Même si le pays andin est toujours le premier producteur mondial de cocaïne, l’arrivée de drogues synthétiques, comme le tusibi (2C-B) et le fentanyl, a chamboulé le marché des drogues. Les consommateurs de cocaïne semblent la délaisser pour tester ces nouvelles drogues beaucoup plus puissantes.

Les États-Unis, qui étaient le premier client de Pablo Escobar, ne le sont plus. Les narcotrafiquants cherchent de nouveaux clients, notamment en Europe. Les producteurs de feuilles de coca en Colombie se retrouvent avec des récoltes qu’ils ne parviennent plus à vendre. Ils se reconvertissent dans d’autres cultures. Les groupes de narcotrafiquants, selon les autorités colombiennes, seraient en train de restructurer leur réseau. Des réunions clandestines avec des criminels étrangers ont été signalées dans plusieurs villes colombiennes comme Cali, Barranquilla et Bogota. L’ère de Pablo Escobar semble bien s’être évanouie pour laisser place à un nouveau type de narcotrafic.

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