La Côte d'Ivoire entière en deuil. Mais debout!

Côte d’Ivoire : Choquant! Affligeant! Mon pays a été poignardé. 

Blessé au cœur. Immense douleur. 12 jeunes gens, agents des forces de défense et de sécurité, ont perdu la vie, sous les balles assassines des tueurs de destins. Six autres plus ou moins gravement blessés.
Ils sont morts en veillant à ma sécurité, à ta sécurité, à notre sécurité.
Le drapeau national criblée de balles. La Côte d’Ivoire entière en deuil. Mais debout!
Aux méchants, aux sans-cours, elle opposera toujours la force de sa fraternité! Non, ce pays ne pliera pas sous la peur et la pression.
Cette terrible nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin, écrite en lettres de sang, comme ce jour du 13 mars 2016 rappelle brutalement à la conscience nationale, que le pays est toujours dans l’œil du cyclone. Les petites divisions internes, les luttes pour le pouvoir, ne valent que si le pays existe et est fort de nos différences et dans nos différences.
Force aux militaires, aux gendarmes, aux policiers, aux douaniers et aux personnels des Eaux et Forêts qui exposent chaque jour leurs vies pour la grandeur et l’honneur de notre nation.
Dans le milieu de la sécurité, les renseignements étaient formels. L’alerte maximale. Après l’opération conjointe entre les forces armées de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso le 13 mai 2020, « Opération Comoé » qui a permis la neutralisation d’au moins huit (8) terroristes et l’arrestation de 38 autres, tous les clignotants étaient passés au rouge. Niveau 4. Les forces de défense et de sécurité, dans la capitale et aux frontières, étaient en alerte maximale.
Les spécialistes s’attendaient à une réaction des terroristes pris en tenaille entre le Burkina et la Côte d’Ivoire.
Dans le village de Kafolo, à 140 km de Ferkéssédougou sur la route de Kong justement, les populations, selon nos informations avaient alerté les autorités de mouvements suspects. Malheureusement, le ver était (est) dans le fruit. Les traites tapis au sein de la population.
Je comprends les larmes et la désolation de cette autorité se demandant comment cela a pu arriver? Depuis 2015 au moins, les forces de défense et de sécurité ont établi un véritable rideau de fer, justement à la frontière Nord. Des réseaux infiltrés ont été régulièrement démantelés. Des exercices militaires régulièrement organisés pour tester les capacités de réaction des hommes. D’énormes moyens déployés pour assurer la quiétude et la sécurité des populations.
Mais l’hydre a trouvé la faille pour frapper. La Côte d’Ivoire a promis la riposte. C’est rassurant. Cependant, face à la nébuleuse terroriste, un seul pays ne saurait faire face. La coopération sous-régionale, régionale et internationale est nécessaire.
La Côte d’Ivoire fait face désormais à deux ennemis invisibles de même nature: les terroristes et la Covid19. Ils sont nuisibles et destructeurs. Le combat contre ces virus se gagnera par la responsabilité, la discipline et la force de la communauté de destin.
« L’attaque de Kafolo est la première attaque terroriste sur le sol ivoirien depuis l’attentat de Grand Bassam en mars 2016 revendiqué par AQMI.
Cette attaque est probablement une riposte des combattants du Groupe Armé Terroriste (GAT) « Katiba Macina » dirigé par le malien Amadou Koufa et affilié au GSIM (Groupe de Soutien a` l’Islam et aux Musulmans), une branche d’AQMI.
Elle intervient en réaction à l’opération de démantèlement d’une cellule terroriste initiée conjointement par les armées ivoirienne et burkinabe à la frontière ivoiro-burkinabe (13/05). Cette opération militaire dénommée « Comoe? » avait permis de détruire une base de «la Katiba Macina » dans la localité d’Alidougou (Sud-Ouest du Burkina-Faso). 8 terroristes avaient été? tués et 38 autres avaient été interpellés (24 au Burkina Faso et 14 en Cote d’Ivoire.
Cela démontre que, plus d’un an après le début de l’infiltration du Nord ivoirien, les éléments des GAT disposent désormais d’un réseau d’informateurs et de capacités suffisantes pour mener des raids contre des cibles ivoiriennes.
L’attaque de Kafolo représente un tournant dans la mesure où ce sont les premiers combats armés sur le territoire ivoirien.
Fernand Dédeh