Ce jour-là : le 19 septembre 2002, une tentative de coup d’État ébranle la Côte d’Ivoire

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19 septembre 2002

Tentative de coup d’État en Côte d’Ivoire contre le président Laurent Gbagbo

Dans un climat de tensions, alimenté entre autres par les divisions ethniques et politiques en Côte d’Ivoire, des militaires appuyés par des rebelles du Nord tentent, le 19 septembre 2002, un coup d’État visant à renverser le président Laurent Gbagbo. Il se soldera par un échec, mais sera suivi par un conflit qui entraînera l’intervention de forces extérieures.

La politique d’ivoirité mise de l’avant au milieu des années 1990 par le président Henri Konan Bédié, et perpétuée par ses successeurs (Robert Gueï, Laurent Gbagbo), crée une distinction entre les Ivoiriens de souche et ceux dont les parents proviennent d’autres pays. L’article 35 de la Constitution de 2000, approuvée par référendum, prévoit par exemple que le président de la Côte d’Ivoire doit « être Ivoirien d’origine, né de pères et de mères Ivoiriens d’origine ». En vertu de cet article, la Cour suprême rejette plusieurs candidats à l’élection présidentielle d’octobre 2000, remportée par Laurent Gbagbo. L’un d’eux est Alassane Ouattara, un ex-premier ministre devenu opposant au pouvoir qui est d’origine burkinaise et vient du Nord. La division du pays, qui entraîne des violences, a également une dimension religieuse. Les Ivoiriens de souche sont majoritairement chrétiens et concentrés dans le sud du pays, tandis que l’on retrouve beaucoup d’« étrangers » de confession musulmane dans le nord de la Côte d’Ivoire. Un gouvernement ouvert aux partis d’opposition est formé par Gbagbo en août 2002. Mais le 19 septembre 2002, des soldats mécontents et des rebelles du mouvement patriotique de Côte d’Ivoire tentent de contrôler les villes d’Abidjan, Bouaké et Korhogo, alors que le président se trouve en Italie. Ils veulent le départ de Gbagbo et la remise en cause du concept d’ivoirité. Cette action déchire le pays, mais Gbagbo conserve le pouvoir à Abidjan. Des initiatives politiques et diplomatiques, l’intervention des Casques bleus des Nations unies, de troupes françaises et de celles de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest marqueront les années qui suivent. Toutefois, les tensions et les divisions persisteront. Il faudra attendre mars 2007 avant que le processus de paix n’arrive à un tournant en Côte d’Ivoire, avec l’accord de Ouagadougou.

Dans les médias…

Béchir Ben Yahmed, « La nation ivoirienne reste à construire »

«…S’il (Gbagbo) est aujourd’hui, avec son pays, dans la tourmente, c’est parce que, à l’instar de ses deux prédécesseurs, il n’a pas choisi d’être le président de tous les Ivoiriens, ni, par conséquent, de construire une nation ivoirienne à partir de composantes mal soudées. Il ne s’est pas suffisamment soucié de faire disparaître les contradictions et autres causes de tensions au sein de l’armée comme parmi les composantes civiles du pays. Il n’a pas déployé suffisamment d’efforts pour apaiser les relations avec les hommes et les forces politiques de son pays. Ni pour ramener la concorde entre la Côte d’Ivoire et ses voisins. Issu d’une communauté minoritaire, élu, dans des conditions discutables, président d’un pays où l’on ne sait pas très bien qui est ivoirien, qui ne l’est pas tout à fait et qui ne l’est pas du tout, il ne pouvait gouverner en concentrant l’essentiel du pouvoir entre ses mains et celles de quelques dirigeants de son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), nouveaux venus au pouvoir; il n’aurait pas dû tolérer, comme en ce moment, l’exercice prolongé d’une contre-violence destructrice de l’unité nationale. Faire cela, c’est, comme disent les Anglo-Saxons, « courtiser le désastre ».»

Jeune Afrique l’Intelligent (France), 30 septembre au 6 octobre 2002, p. 7.

Francis Laloupo, « Western à Gbagboland »

«…Le début des événements du 19 septembre dernier a pu faire penser au même scénario que l’on a vu un certain 24 décembre 1999, lorsque le général Guéi – alors surnommé « le Père Noël » – prenait la tête d’une « mutinerie » qui allait se transformer en un coup d’État en bonne (et) due forme. Cette fois, c’est le pouvoir qui aura, en quelque sorte, devancé les faits, affirmant avoir affaire à un « coup d’État », et ce après que les forces de l’ordre eurent exécuté l’auteur putatif de la tentative de putsch. Une chronologie inédite dans les annales de la polémologie au sein des États modernes. Un accusé d’autant plus coupable désormais qu’il n’est plus en état de fournir le moindre alibi pour défendre sa cause. Seuls peuvent le faire à sa place ceux que nul n’entend et que le pouvoir ignore superbement. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), octobre 2002, p. 18.


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2 Commentaires

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