Le Dr Olawale Sulaiman est professeur de neurochirurgie et de chirurgie de la colonne vertébrale, et président du département de neurochirurgie et du centre du dos et de la colonne vertébrale à l’Institut de neurosciences Ochsner de La Nouvelle-Orléans, aux États-Unis.
Mais il ne se contente pas de sa brillante carrière américaine. Il partage son temps entre les deux pays, passant jusqu’à 12 jours par mois au Nigeria pour y prodiguer des soins, souvent gratuits.
Né sur l’île de Lagos dans une famille modeste, il a grandi avec neuf frères et sœurs partageant une seule pièce et dormant souvent sur un tapis. À 19 ans, il obtient une bourse du gouvernement nigérian pour étudier la médecine en Bulgarie. Il devient ensuite neurochirurgien aux États-Unis, mais ne peut oublier ses racines : « Les Africains qui ont eu la chance d’étudier à l’étranger doivent mobiliser leur réseau pour transformer le continent. »
Il a négocié avec son employeur américain une réduction de salaire de 25 % en échange de vacances plus longues afin de pouvoir passer plus de temps au Nigeria. Avec sa femme Patricia, il fonde en 2010 RNZ Global, une entreprise qui fournit des services neurochirurgicaux et vertébraux ainsi que des formations en RCR et premiers secours.
Grâce à son engagement, plus de 500 patients ont été traités gratuitement ou à bas coût. Jusqu’à 5 000 personnes ont reçu des médicaments préventifs et des formations. Il a formé des chirurgiens locaux à des techniques mini-invasives de la colonne vertébrale, très rares au Nigeria. Le Dr Yusuf Salman, neurochirurgien à Abuja, témoigne : « Il est arrivé avec des implants et du matériel des États-Unis pour opérer gratuitement. Nous avons fait environ 10 chirurgies ensemble. J’ai appris énormément grâce à lui. »
Une patiente, Philomena Arah, raconte : « J’avais mal au dos depuis 15 ans. Marcher était insupportable. L’opération au Nigeria m’a changé la vie et coûtait beaucoup moins cher qu’aux États-Unis. »
Sa philosophie est simple : « Le bonheur ne vient pas de ce que vous obtenez, mais de ce que vous donnez. On n’a pas besoin d’être millionnaire pour donner. » ( CNN )
Seif al-Islam Kadhafi, l’un des fils de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi, longtemps vu comme son successeur potentiel et recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité, est mort, ont annoncé plusieurs médias libyens.
La chaîne Libya al-Ahrar a affirmé que « des personnalités proches » de Seif al-Islam Kadhafi ont fait part de son décès « sans (en) révéler les circonstances ».
L’agence de presse officielle libyenne a de son côté cité son conseiller Abdullah Othman, qui n’a pas précisé s’il s’agissait « d’une mort naturelle ou d’un assassinat ».
Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi que son administration pourrait réduire « substantiellement » les impôts fédéraux sur le revenu, voire les éliminer « complètement » au cours des prochaines années, en s’appuyant sur les recettes tarifaires en forte hausse.
S’adressant aux membres des forces armées américaines, Trump a soutenu que l’argent provenant des droits de douane pourrait atteindre un niveau tel qu’il pourrait entièrement remplacer les revenus issus de l’impôt sur le revenu.
Cette proposition s’inscrit dans la lignée de son programme fiscal axé sur le commerce, qui envisage les tarifs douaniers comme l’épine dorsale des recettes fédérales. Bien qu’il n’ait pas présenté de feuille de route détaillée ni de calendrier précis, ces remarques signalent un changement radical par rapport à la fiscalité conventionnelle.
Trump avait également évoqué l’idée d’un « dividende tarifaire ». Plus tôt ce mois-ci, il a affirmé que ses critiques avaient été démentis et a promis que la plupart des Américains recevraient au moins 2.000$ provenant des bénéfices générés par les tarifs douaniers.
🇺🇸TRUMP ANNONCE LA FIN DE L’IMPÔT SUR LE REVENU !💰
“L’argent qu’on est en train de faire rentrer est tellement énorme… que vous n’aurez même plus d’impôt sur le revenu à payer.”
Washington a dépêché un haut responsable du FBI à Abidjan pour presser les autorités ivoiriennes d’accélérer des enquêtes sensibles sur de présumés réseaux de financement du Hezbollah.
Révélée par Africa Intelligence et confirmée à Linfodrome par une source au sein de l’appareil sécuritaire ivoirien, la visite n’est pas passée inaperçue : mi-janvier, un haut responsable du FBI a discrètement foulé le sol abidjanais. En toile de fond, des enquêtes jugées trop lentes par Washington sur de présumés circuits de financement du Hezbollah depuis la capitale économique ivoirienne. Un dossier sensible, suivi de près par l’administration américaine, désormais dirigée par Donald Trump.
Selon plusieurs sources concordantes, Colin McGuire, directeur Afrique de l’Ouest du FBI, basé à Dakar, a été dépêché à Abidjan avec une mission claire : faire avancer un dossier que les États-Unis estiment enlisé. Le message aurait été transmis au plus haut niveau de l’État ivoirien.
Washington hausse le ton
Pour l’administration Trump, le sujet est prioritaire. Les autorités américaines soupçonnent l’existence de réseaux financiers transnationaux, opérant depuis l’Afrique de l’Ouest, et dont certaines ramifications passeraient par Abidjan. « Les Américains veulent des résultats concrets, pas seulement des intentions », confie un diplomate occidental en poste dans la sous-région.
Les investigations ivoiriennes, ouvertes au printemps 2025, portent sur des flux financiers suspects impliquant des entreprises et des individus liés à des secteurs économiques en plein essor. Aux yeux de Washington, le tempo est insuffisant. D’où l’envoi sur le terrain de l’un des principaux responsables régionaux du FBI.
« Il faut comprendre que ce sont des dossiers complexes,… »
Côté ivoirien, le discours officiel reste ferme. Le président Alassane Ouattara a réaffirmé à ses partenaires américains la politique de « tolérance zéro » de la Côte d’Ivoire en matière de financement du terrorisme. « Aucun territoire ivoirien ne doit servir de base arrière à des activités illicites, d’où qu’elles viennent », insiste un proche du dossier.
Dans ce cadre, le procureur de la République près le tribunal d’Abidjan-Plateau, Oumar Braman Koné, également chef du parquet antiterroriste, a été directement mobilisé, selon Africa Intelligence. La CENTIF, la Cellule de traitement de l’information financière, ainsi que plusieurs services de renseignement et de sécurité, sont également mis à contribution.
« Les enquêtes suivent leur cours, dans le respect de la loi et de la souveraineté nationale, assure un magistrat ivoirien, sous couvert d’anonymat. Mais il faut comprendre que ce sont des dossiers complexes, avec des montages financiers sophistiqués. »
Immobilier, voyages, luxe : des secteurs scrutés
Les investigations se concentrent sur plusieurs secteurs clés de l’économie abidjanaise. L’immobilier, d’abord, soupçonné d’avoir servi à réinjecter des fonds d’origine douteuse via des projets de construction. Les agences de voyages, ensuite : en 2025, plusieurs comptes bancaires ont été gelés à titre conservatoire par la justice ivoirienne.
Le commerce de luxe figure aussi dans le viseur. « Diamants, véhicules haut de gamme, sociétés d’import-export… ce sont des secteurs classiques pour le blanchiment », explique un expert régional en criminalité financière.
Le dossier est d’autant plus délicat qu’il touche une partie de la communauté libanaise d’Afrique de l’Ouest, historiquement bien implantée dans le commerce en Côte d’Ivoire. Des rapports évoquent des contributions financières collectées auprès de certains commerçants, parfois présentées comme des “taxes communautaires”. Une affirmation vigoureusement rejetée par plusieurs responsables communautaires.
« Nous sommes des commerçants, des citoyens respectueux des lois ivoiriennes. Il ne faut pas faire d’amalgames », tranche un notable libanais d’Abidjan. Même prudence autour de certains lieux de culte, cités dans des rapports internationaux mais dont les fidèles locaux récusent toute implication politique.
Une présence américaine renforcée
La mission de Colin McGuire s’inscrit dans un dispositif américain plus large. Depuis 2024, un attaché du Trésor américain est en poste à Abidjan, chargé de surveiller les flux financiers suspects liés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme. Pour Washington, l’Afrique de l’Ouest est devenue une zone de transit stratégique dans des circuits financiers mondiaux complexes, parfois alimentés par des trafics de drogue ou d’or.
Ce n’est pas la première fois que le responsable du FBI se rend à Abidjan. Habitué des dossiers de criminalité transnationale, Colin McGuire effectue régulièrement des missions dans la région. Sa dernière visite en Côte d’Ivoire remontait au printemps 2025.
Cette fois, le signal politique est clair : sous Donald Trump, les États-Unis entendent maintenir une pression constante sur leurs partenaires, au nom de la lutte globale contre le financement du terrorisme. À Abidjan, l’enjeu est désormais de concilier coopération internationale, efficacité judiciaire et préservation de la cohésion sociale. Un équilibre délicat, scruté bien au-delà des frontières ivoiriennes.
L’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, a rendu un vibrant hommage au constitutionnaliste Albert Bourgi, décédé le 7 janvier 2026 à Paris, à l’âge de 83 ans.
Laurent Gbagbo pleure la perte d’un ami personnel et d’une figure majeure de l’intelligence africaine. Dès l’annonce de sa disparition, les réactions se sont multipliées. Albert Bourgi, éminent juriste et figure emblématique du socialisme sur le continent, s’est éteint ce mercredi à Paris.
Dans un message empreint d’émotion, Laurent Gbagbo a tenu à saluer la rigueur et l’engagement de l’illustre disparu. « Albert Bourgi s’en est allé le 7 janvier 2026. C’est une perte. Une perte pour l’intelligence africaine, pour la pensée libre, pour le droit, qu’il portait avec rigueur et élégance », a écrit l’ancien chef d’État.
Agrégé de droit, Albert Bourgi était reconnu pour ses analyses pointues et son attachement indéfectible aux valeurs démocratiques. Pour Laurent Gbagbo, il était avant tout un « intellectuel exigeant » et, plus encore, un « Africain debout ».
Au-delà de la stature publique du professeur, Laurent Gbagbo a évoqué avec nostalgie leurs liens personnels étroits. « Il fut pour moi un ami, un frère, un compagnon de réflexion », confie l’ancien chef de l’Etat ivoirien, un leader politique d’obédience socialiste.
L’ancien président s’est remémoré les moments passés dans l’intimité du juriste, notamment dans son salon parisien qu’il surnommait affectueusement le « Centre culturel africain ». Selon lui, ce lieu était un véritable carrefour intellectuel où « se croisaient les voix, les idées et les rêves de notre continent ».
En perdant Albert Bourgi, un intellectuel engagé au sein de la gauche socialiste, Laurent Gbagbo estime que l’Afrique perd l’un de ses esprits les plus brillants, tandis qu’il perd, à titre personnel, « un homme de cœur, un frère ».
La disparition d’Albert Bourgi laisse un vide immense dans le paysage juridique et politique africain, tant son influence sur la pensée constitutionnelle et socialiste a marqué les dernières décennies.
L’attaque de l’armée américaine à Caracas, au Venezuela, et l’enlèvement de Nicolas Maduro montrent que Donald Trump revendique désormais tous les droits dans ce qu’il considère comme son arrière-cour.
On avait tort de rire de la volonté de Donald Trump de renommer le golfe du Mexique du nom de l’Amérique dès son retour à la Maison Blanche, il y a moins d’un an. L’attaque de l’armée américaine à Caracas, au Venezuela, dans la nuit du 2 au 3 janvier, et la capture de Nicolas Maduro montrent que Washington revendique désormais tous les droits dans ce qu’il considère comme son arrière-cour.
Avec cette opération, justifiée par l’accusation fumeuse de « narcoterrorisme », les Etats-Unis infligent au continent américain un bond en arrière de plus d’un siècle, la superpuissance militaire en plus. En mentionnant avec une insistance embarrassante le pétrole vénézuélien lors de la conférence de presse dans les heures qui ont suivi le coup de force de Washington, Donald Trump a tenu à souligner que ce nouvel impérialisme américain est tout aussi prédateur que celui du passé.
Nicolas Maduro n’a pas peu contribué à cette situation. En se maintenant par tous les moyens au pouvoir, y compris par la terreur, après avoir manifestement perdu l’élection présidentielle de 2024, il s’était dépouillé de ce qu’il lui restait de légitimité populaire. A l’origine d’une vague migratoire qui a touché l’ensemble du continent américain, son bilan catastrophique à la tête d’un pays riche en hydrocarbures mais appauvri par une idéologie stérile, l’incompétence, la violence et la corruption plaidait depuis longtemps pour son départ.
Démocratie martyrisée
La brutalité d’un pouvoir, cependant, ne peut pas tout permettre. A moins de refuser d’en mesurer toutes les conséquences, personne ne peut se satisfaire d’une telle éviction par la force. La première concerne évidemment les Vénézuéliens, qui ont appris le 3 janvier que Washington entendait désormais diriger leur pays sans leur demander leur avis et pour une période indéterminée. Les intérêts des Etats-Unis, tels que Donald Trump les conçoit, l’emportent sur la volonté populaire vénézuélienne, la souveraineté du pays et le souci de faire renaître une démocratie martyrisée par des années de dictature. Autant de préoccupations essentielles qui passent toutes, à ses yeux, après les compagnies pétrolières américaines.
Dans cette photo diffusée par la Maison Blanche, Donald Trump s’adresse au directeur de la CIA, John Ratcliffe, et au secrétaire d’Etat, Marco Rubio, tandis que le secrétaire à la défense, Pete Hegseth, surveille l’opération en cours au Venezuela. A Palm Beach (Floride), le 3 janvier 2026. MOLLY RILEY/MAISON BLANCHE VIA AP
Le droit est l’autre victime collatérale de l’opération américaine. Il ne s’agit pas seulement des lambeaux du droit international qui devait préserver le monde contre une loi de la jungle imposée par de grands carnassiers. Donald Trump piétine tout autant la Constitution des Etats-Unis, qui dispose que seul le Congrès peut déclarer la guerre.
Tenter de présenter un plan de changement de régime comme une simple opération de police, afin de déférer un suspect devant les tribunaux américains, ne peut satisfaire que ceux qui se fichent comme d’une guigne de la loi américaine. C’est manifestement le cas du secrétaire d’Etat, Marco Rubio, pourtant ancien sénateur. En 2003, au moins, les Etats-Unis de George W. Bush avaient envahi l’Irak sans mandat international mais après le vote d’une autorisation d’usage de la force par les élus du Congrès.
Ce précédent rappelle ce que peuvent provoquer des interventions brutales, dépourvues de légitimité internationale, dans des pays fragilisés par un pouvoir autoritaire. Il faut être armé d’un solide optimisme pour imaginer qu’une administration à ce point aveuglée par l’idéologie impérialiste et l’esprit de rapine s’est préparée à toutes les éventualités au Venezuela.
L’invasion de l’Irak, faut-il le rappeler, avait constitué le premier coup de boutoir contre l’ordre international que les Etats-Unis avaient mis en place au sortir de la seconde guerre mondiale. Cet ordre avait pourtant servi leurs intérêts sans piétiner de grands principes universels en instaurant une régulation, certes imparfaite mais indispensable, des relations internationales. Vladimir Poutine s’est par la suite engouffré dans cette brèche en Géorgie comme en Ukraine, semant la mort et la destruction.
Si le précédent de Caracas fait école, ceux qui veulent trouver des vertus au marteau américain, en négligeant ses périls, regretteront amèrement leur complaisance lorsque leurs propres intérêts seront à leur tour, et tout aussi arbitrairement, réduits en poussière.
Face aux récents développements au Venezuela, la Cédéao a réitéré samedi l’importance du respect de la souveraineté des États et du dialogue inclusif, rejoignant ainsi les voix africaines qui dénoncent la violation du droit international.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a exprimé samedi sa préoccupation face aux récents développements dans la République bolivarienne du Venezuela, appelant au respect de la souveraineté et du dialogue inclusif.
Dans un communiqué publié à Abuja, l’organisation sous-régionale a suivi « avec préoccupation les récents développements » dans le pays sud-américain.
Tout en reconnaissant le droit des États à lutter contre les crimes internationaux, notamment le terrorisme et le trafic de drogue, la Cédéao a rappelé à la communauté internationale « son obligation de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de chacun », conformément au droit international, en particulier l’article 2(4) de la Charte des Nations Unies.
L’institution ouest-africaine s’est pleinement alignée sur la déclaration de l’Union africaine publiée le 3 janvier 2026, qui appelle à la retenue et au dialogue inclusif entre les Vénézuéliens.
L’institution communautaire a réitéré « sa solidarité avec le peuple vénézuélien » et exhorté tous les États à respecter l’indépendance et l’intégrité territoriale du Venezuela.
L’organisation exprime son soutien au peuple vénézuélien « alors qu’il façonne l’avenir de son pays à travers un processus inclusif ».
Cette position de l’organisation régionale ouest-africaine intervient dans un contexte marqué par l’invasion militaire du Venezuela par les États-Unis et l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores et de leur inculpation, qui ont suscité de vives réactions en Afrique.
Le Tchad et le Ghana ont également dénoncé samedi et dimanche cette opération américaine. N’Djaména a rappelé son « ferme attachement au respect du droit international » lors d’un entretien entre les ministres des Affaires étrangères tchadien et vénézuélien.
Accra a qualifié l’opération d’ « invasion unilatérale » et appelé à « une désescalade immédiate et à la libération du président Maduro », fustigeant des « ambitions coloniales » qui « n’ont pas leur place dans l’ère post-Seconde Guerre mondiale ».
Ces réactions s’ajoutent à celles de l’Union africaine, qui a exprimé sa « grave préoccupation » samedi, et de l’Afrique du Sud, qui a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.
Nicolas Maduro prédit sa propre arrestation par l’armée américaine et explique pourquoi les États-Unis veulent s’emparer du Venezuela :
« ils ne peuvent pas dire de moi, ce qu’ils ont dit de Saddam Hussein. Impossible ! Personne ne les croirait… du coup, ils sortent des récits digne de Hollywood. Les gentils c’est eux et les méchants c’est nous. Donc les gentils, ils vont envoyer l’armée.»
« ils cherchent beaucoup de choses ; d’abord le pétrole et ensuite le gaz. [le trafic de drogue est un prétexte]. Le Venezuela a la plus grande réserve pétrolière du monde […] nous avons la quatrième réserve de gaz […] la première réserve d’or au monde et ce n’est pas tout. Nous avons 30 millions d’hectares de terres arables, un aquifère gigantesque, nous avons de l’eau potable à profusion. Le Venezuela occupe une position géographique fondamentale ; il est au nord de l’Amérique du Sud et regarde vers l’Amérique centrale.»
🚨FLASH
🔴 Nicolas Maduro prédit sa propre arrestation par l'armée américaine et explique pourquoi les États-Unis veulent s'emparer du Venezuela :
🔴« ils ne peuvent pas dire de moi, ce qu'ils ont dit de Saddam Hussein. Impossible ! Personne ne les croirait… du coup, ils… pic.twitter.com/dcus5wYg3J
— Vincent Bolloré Goldschmidt (@v_goldschmidt) January 4, 2026
Loin de faire l’unanimité aux États-Unis, l’opération a été décriée par les démocrates et des voix conservatrices.
Donald Trump s’est réjoui samedi de son triomphe militaire au Venezuela, après l’opération des forces américaines contre le président Nicolas Maduro, mais cette intervention à l’étranger pourrait l’exposer à de vives critiques aux États-Unis.
Trump dénonce depuis des années l’implication américaine sur la scène internationale.
Quand il a qualifié l’invasion de l’Irak après le 11 septembre de « stupide » il y a dix ans, Donald Trump a posé les bases d’un principe central de l’idéologie nationaliste et isolationniste de son mouvement MAGA (« Make America Great Again »).
La série d’attaques aériennes sur le Venezuela dans la nuit de vendredi à samedi et la capture du président Nicolas Maduro représentent donc un pari risqué pour le républicain. Et sans surprise, des membres du Parti démocrate ont rapidement réagi.
Le chef de file des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a qualifié l’opération d’« irresponsable ».
De nombreux membres du Parti républicain ont, au contraire, salué l’opération.
La porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a nourri l’enthousiasme avec une publication sur les réseaux sociaux tôt samedi matin, qui comportait tout simplement trois émojis : un biceps gonflé, un poing et une flamme.
« Je félicite le président Trump, nos courageux soldats et nos agents des forces de l’ordre pour cette opération incroyable », a déclaré l’élu républicain Tom Cotton.
Mike Johnson, président de la Chambre des représentants et rouage essentiel de la machine politique Trump, s’est empressé de couper court aux questions sur la légalité de l’opération militaire, assurant qu’elle était « décisive et justifiée » afin « de protéger des vies américaines ».
M. Johnson a clairement indiqué que le Congrès n’aurait pas à se réunir dans l’urgence. Les responsables de l’administration Trump « travaillent » à l’organisation de réunions qui n’auront lieu que la semaine prochaine, a-t-il précisé.
« Guerres néoconservatrices »
Des signes d’inquiétude se manifestent toutefois parmi les Républicains.
Peu après l’annonce de l’opération menée à Caracas, le sénateur conservateur Mike Lee a écrit sur X qu’il attendait « avec impatience de savoir ce qui […] pourrait justifier constitutionnellement cette action ».
Il n’y a eu, selon lui, aucune « déclaration de guerre ni autorisation d’utiliser la force militaire ».
Mike Lee a cependant rapidement changé de discours, affirmant avoir parlé avec le secrétaire d’État Marco Rubio et avoir reçu l’assurance que l’opération visait simplement à procéder à l’arrestation de Nicolas Maduro.
Cela « relève vraisemblablement des pouvoirs inhérents » du président, a-t-il remarqué.
Marjorie Taylor Greene, fervente militante du mouvement MAGA et partisane de longue date de Donald Trump — qui s’est récemment brouillée avec le président —, s’est montrée beaucoup moins indulgente.
Dans un long message publié sur le réseau social X, elle a vivement démonté la justification de M. Trump, selon laquelle le conflit au Venezuela vise à mettre fin au trafic de stupéfiants.
La plupart du fentanyl mortel qui entre aux États-Unis provient du Mexique, a-t-elle déclaré, alors « pourquoi l’administration Trump n’a-t-elle pas pris de mesures contre les cartels mexicains ? ».
Marjorie Taylor Greene a mis en avant plusieurs points susceptibles de trouver un écho auprès d’une grande partie de la base MAGA, notamment la différence entre forcer un changement de régime au Venezuela et l’agression russe contre l’Ukraine ou celle de la Chine contre Taïwan.
« Le dégoût » vis-à-vis des interventions étrangères, les dépenses à l’international plutôt qu’aux États-Unis et des « guerres néoconservatrices » : « beaucoup de partisans MAGA pensaient avoir voté pour y mettre fin », a-t-elle écrit. « Nous nous sommes vraiment trompés ».
(Palm Beach) Le président américain, Donald Trump, a déclaré samedi que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition politique « sûre » puisse avoir lieu, après l’opération américaine de capture du président vénézuélien, Nicolás Maduro, à Caracas.
« Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse », a dit le président américain lors d’une conférence de presse en Floride.
Il n’a cependant pas précisé pour l’heure comment les États-Unis allaient diriger le pays. Et dans les rues de Caracas, aucun signe d’une présence militaire américaine n’était visible, a constaté l’AFP.
Le président américain a ajouté que les États-Unis étaient prêts à lancer « une seconde attaque plus importante ». « Nous n’avons pas peur d’envoyer des troupes sur le terrain si besoin. En fait, nous avions des troupes au sol à un très haut niveau la nuit dernière », a-t-il ajouté.
Donald Trump avait annoncé à l’aube sur son réseau Truth Social que les forces américaines avaient capturé et exfiltré son homologue vénézuélien, Nicolás Maduro, ainsi que son épouse, après une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain.
Présent au côté de Donald Trump, le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, a donné quelques détails sur l’opération militaire baptisée « Absolute Resolve » (Détermination absolue).
L’opération « discrète, précise et menée pendant les heures d’obscurité maximale du 2 janvier, est le point culminant de mois de préparation et d’entraînement », a déclaré le général Caine. Elle a mobilisé plus de 150 avions, a-t-il précisé.
Les États-Unis ont affirmé qu’aucun Américain n’a été tué lors de l’opération, dont le bilan humain côté vénézuélien reste inconnu.
Première dans l’ordre de succession au pouvoir, la vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, a réagi en direct à la télévision, affirmant que Nicolás Maduro était « l’unique président » du pays et exigeant sa « libération immédiate ».
« Nous sommes prêts à défendre le Venezuela, nous sommes prêts à défendre nos ressources naturelles qui doivent servir au développement national », a déclaré Mme Rodriguez, à la tête d’un Conseil de défense.
En conférence de presse, Donald Trump a assuré que la vice-présidente avait dit au secrétaire d’État américain, Marco Rubio, être prête à coopérer avec les États-Unis après l’éviction de Nicolás Maduro.
Il a également déclaré qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre dans le pays sud-américain pour exploiter ses réserves de brut, ajoutant que l’embargo américain sur le pétrole vénézuélien restait en vigueur.
« Sans résister »
« Maduro et son épouse, tous deux inculpés, se sont rendus sans résister et ont été placés en détention par le ministère de la Justice, avec l’aide de notre incroyable armée américaine », a précisé le général Caine.
Nicolás Maduro, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, sont à bord d’un navire en route vers New York pour y être présentés à la justice, selon le président américain.
Il a affirmé avoir regardé en direct la capture, dans une sorte de « forteresse », du dirigeant vénézuélien.
Lui et son épouse sont accusés par la justice américaine de « narcoterrorisme » et importation de cocaïne aux États-Unis, selon un nouvel acte d’accusation rendu public samedi.
Sans préciser comment Washington envisageait la transition du pouvoir au Venezuela, Donald Trump a d’ores et déjà rejeté sèchement toute possibilité d’une accession à la présidence de la cheffe de l’opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado.
« Je pense qu’il lui serait très difficile d’être à la tête du pays. Elle ne bénéficie ni du soutien ni du respect au sein de son pays », a-t-il lancé, ajoutant que les États-Unis n’avaient pas eu de contact avec elle.
« L’heure de la liberté est arrivée », avait réagi l’opposante après l’annonce de la capture du président vénézuélien, estimant que le candidat de l’opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo González Urrutia, en exil en Espagne, devait « assumer immédiatement » la présidence.
La France a plaidé pour une transition assurée « au plus vite » par M. González Urrutia, tandis que Madrid a appelé à une transition « juste et dans le dialogue ». Londres a annoncé des discussions avec Washington « dans les jours à venir » sur le sujet.
Un silence presque sépulcral et une odeur de brûlé ont envahi samedi Caracas, la capitale du Venezuela, a constaté l’AFP. Les rideaux métalliques des magasins sont baissés. Les rues, et même les grandes avenues, sont désertes ou presque.
Quelque 500 partisans du président vénézuélien se sont rassemblés non loin du Palais de Miraflores, le palais présidentiel à Caracas, brandissant des portraits de Nicolás Maduro et des drapeaux vénézuéliens.
PHOTO FEDERICO PARRA, AGENCE FRANCE-PRESSEQuelque 500 partisans du président vénézuélien se sont rassemblés non loin du Palais de Miraflores.
« Comment se fait-il qu’un gouvernement étranger vienne s’ingérer dans le pays et en expulse le président ? […] C’est la force du puissant, c’est la force du caïd de quartier », a déploré Katia Briceño, une professeure d’université de 54 ans.
« Serrer les rangs »
Moscou a « exhorté » les États-Unis à « libérer le président légalement élu d’un pays souverain ainsi que son épouse ». Pékin, un autre allié de Caracas, a « condamné fermement le recours flagrant à la force par les États-Unis contre un État souverain et leur action contre son président ».
En pleine nuit, les frappes nocturnes ont embrasé le ciel de Caracas et de ses environs, tirant les habitants brutalement de leur sommeil.
PHOTO FOURNIE PAR REUTERSDe la fumée s’élève de Caracas
De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 2 h du matin (1 h, heure de l’Est) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 3 h 15 (2 h 15, heure de l’Est), a constaté l’AFP.
Des témoins ont rapporté avoir entendu des explosions à l’aéroport et au port de Caracas, ainsi qu’à Higuerote, à une centaine de kilomètres à l’est de Caracas. Des explosions suivies de panaches de fumée et d’incendies ont visé le Fuerte Tiuna, le complexe militaire le plus important du Venezuela, qui abrite le ministère de la Défense et l’Académie militaire.
PHOTO MATIAS DELACROIX, ASSOCIATED PRESSDes résidants de Caracas courent dans la rue après des explosions.
L’offensive américaine survient alors que Donald Trump avait évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président Maduro étaient « comptés », après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes contre le narcotrafic et mené des frappes meurtrières contre des bateaux.
PHOTO FEDERICO PARRA, AGENCE FRANCE-PRESSEDes civils vivant à l’intérieur de Fuerte Tiuna, le plus grand complexe militaire du Venezuela, quittent les lieux, à Caracas.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est inquiété « que le droit international n’ait pas été respecté », déplorant un « dangereux précédent ».
Le Mexique et le Brésil ont condamné les frappes américaines, saluées à l’inverse par le président argentin pro-Trump, Javier Milei, et par Israël.
Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a appelé les pays d’Amérique latine à « serrer les rangs » après l’« enlèvement » du président Maduro, au moment où Marco Rubio a estimé que le gouvernement communiste à La Havane devrait désormais s’inquiéter pour son avenir.
La capture du président a suivi une « attaque de grande envergure » contre le Venezuela.
Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi que les forces américaines avaient capturé et exfiltré le président vénézuélien, Nicolás Maduro, après avoir lancé une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain.
La secrétaire de la Justice, Pamela Bondi, a expliqué sur X que M. Maduro et son épouse, dont on ignore où ils se trouvent, « feraient bientôt face à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains », après les événements dramatiques de la nuit au Venezuela.
Mme Bondi a rappelé que le couple Maduro était inculpé devant un tribunal fédéral de New York pour des chefs de « narcoterrorisme » et de « complot pour importation de cocaïne » aux États-Unis.
« Les États-Unis d’Amérique ont mené avec succès une attaque de grande envergure contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolás Maduro, qui, avec son épouse, a été capturé et exfiltré du pays », a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.
Le président républicain doit donner une conférence de presse à 11 h 00 dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, au sujet de ces frappes dont le bilan humain est dans l’immédiat inconnu.
Dans une brève déclaration au New York Times, le président républicain s’est félicité d’une opération « remarquable » ayant impliqué « une bonne préparation et beaucoup de bons, bons soldats », notamment contre le complexe militaire de Fuerte Tiuna, le plus grand du Venezuela, au sud de Caracas, et la base aérienne de Carlota, au nord.
"The United States of America has successfully carried out a large scale strike against Venezuela and its leader, President Nicolas Maduro, who has been, along with his wife, captured and flown out of the Country. This operation was done in conjunction with U.S. Law Enforcement.… pic.twitter.com/sFa5OC4ZrZ
La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a déclaré à la télévision ignorer où se trouvait le président Maduro et exigé des États-Unis « une preuve de vie » du couple Maduro après cette opération spectaculaire.
En pleine nuit, les frappes nocturnes ont embrasé le ciel de Caracas et de ses environs, tirant les habitants brutalement de leur sommeil. Dans beaucoup de quartiers, ils se sont rués à leurs fenêtres et terrasses pour tenter de comprendre ce qui se passait.
De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 2 h (1 h heure de Montréal) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 3 h 15 (2 h 15 heure de Montréal), a constaté l’Agence France-Presse.
Photo: Juan Barreto Agence France-Presse Nicolás Maduro, le 10 janvier 2025
« J’ai pleuré »
Les explosions « m’ont soulevée hors du lit par la force, et sur le moment j’ai pensé : “Mon Dieu, le jour est arrivé”, et j’ai pleuré », a raconté à l’AFP María Eugenia Escobar, une habitante de La Guaira, âgée de 58 ans.
Des explosions ont été entendues à l’aéroport et au port de Caracas, a affirmé une habitante de la Guaira à l’AFP. D’autres habitants ont dit à l’AFP avoir entendu des explosions à Higuerote, à une centaine de km à l’est de Caracas.
Francis Peña, 29 ans, a lui « commencé à préparer […] un sac avec les affaires les plus importantes : passeport, cartes, liquide, bougie, une tenue de rechange, des conserves. On est déjà habillées, au cas où », dit-il.
Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi avoir lancé une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain.
Carte : Le DevoirSource : The New York Times, à partir de photos et de vidéos vérifiés, et des informations du gouvernement vénézuélien
À Fuerte Tiuna, épicentre des bombardements de la nuit, des gens fuyaient l’enclave avec des valises et des sacs remplis de vêtements.
Certains ont expliqué à l’AFP qu’ils partaient pour protéger leur famille. « Ils ont failli nous tuer », a expliqué l’un des résidents.
Caracas a dénoncé une « très grave agression militaire » après les frappes que le président colombien, Gustavo Petro, a attribuées à une attaque « de missiles ».
« Le Venezuela rejette et dénonce […] la très grave agression militaire perpétrée par […] les États-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens », a indiqué un communiqué du gouvernement.
« L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier de son pétrole et de ses minerais, en tentant de briser par la force l’indépendance politique de la Nation », poursuit le communiqué.
Le gouvernement « appelle toutes les forces sociales et politiques du pays à activer les plans de mobilisation », selon le texte qui annonce que Nicolás Maduro « a signé et ordonné […] l’état d’urgence ».
Photo: Agence France-Presse Le feu à Fuerte Tiuna, le plus grand complexe militaire du Venezuela, vu de loin après une série d’explosions à Caracas le 3 janvier.
Déploiement massif
Le ministre vénézuélien de la Défense a accusé, sur les réseaux sociaux samedi à l’aube, l’armée américaine d’avoir « frappé des zones résidentielles ».
« Les forces envahisseuses […] ont profané notre sol […] allant jusqu’à frapper, au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat, des zones résidentielles de population civile », a déclaré le général Vladimir Padrino Lopez, indiquant être en « train de recueillir les informations relatives aux blessés et aux morts ».
Il a aussi promis « le déploiement massif de tous les moyens terrestres, aériens, navals, fluviaux et balistiques, système d’armes pour la défense intégrale ».
L’offensive américaine survient alors que Donald Trump avait évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président Maduro étaient « comptés », après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes contre le narcotrafic et mené des frappes meurtrières contre des bateaux.
« Alerte générale, ils ont attaqué le Venezuela », a écrit sur son compte X le président colombien, proche de M. Maduro. M. Petro a demandé une réunion « immédiate » de l’Organisation des États américains (OEA) et de l’ONU pour se prononcer sur la « légalité internationale » de cette « agression ».
Il a annoncé samedi avoir ordonné le déploiement de militaires à la frontière avec le Venezuela. M. Petro a qualifié les bombardements américains d’« agression contre la souveraineté » de l’Amérique latine et affirmé qu’elles entraîneraient une crise humanitaire.
« Les principes du droit international »
L’Iran, qui entretient des liens étroits avec le Venezuela, a condamné « fermement l’attaque militaire américaine », que la Russie a jugée « profondément inquiétante et condamnable ». Moscou a demandé des éclaircissements « immédiats » sur la situation de M. Maduro.
L’Espagne a « appelé à la désescalade et à la modération » et s’est dite « disposée à offrir ses bons offices ». L’Allemagne, l’Italie et la Pologne ont indiqué suivre la situation de près, avec inquiétude.
L’Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas, a « appelé à la retenue » et rappelé qu’« en toutes circonstances, les principes du droit international et de la Charte des Nations unies doivent être respectés ».
Inquiet de la « stabilité régionale », le Mexique a condamné « avec la plus grande fermeté », comme le président Lula au Brésil, les frappes américaines, à l’inverse saluées par un tonitruant « La liberté avance, vive la liberté, bordel ! » du président argentin pro-Trump, Javier Milei.
Dans son discours de Nouvel An, le président ghanéen John Dramani Mahama a confirmé que le Ghana a engagé le processus de sortie de son programme avec le Fonds monétaire international (FMI), mettant en avant les progrès économiques enregistrés et la restauration de la crédibilité du pays sur la scène internationale.
Le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé que le Ghana a engagé le processus de sortie de son programme avec le Fonds monétaire international (FMI), affirmant que cette transition se fera « avec dignité », en partenaire et non en demandeur, dans son discours de Nouvel An adressé à la nation.
Revenant sur la situation héritée par son administration, le chef de l’État ghanéen a rappelé qu’il y a un an, le pays faisait face à « une économie à genoux », marquée par une inflation élevée, un chômage massif des jeunes, une perte de confiance du public et des infrastructures dégradées. Il a toutefois souligné que des réformes « difficiles mais nécessaires » ont permis d’amorcer un redressement économique significatif.
Selon John Dramani Mahama, l’inflation, qui dépassait 23 % fin 2024, a fortement reculé et devrait s’établir autour de 5 % à la fin de l’année 2025. Il a également mis en avant une relative stabilité du cedi ghanéen, une reprise de la croissance économique et un regain de confiance des investisseurs, illustré par l’augmentation des investissements directs nationaux et étrangers.
C’est dans ce contexte, a-t-il expliqué, que le Ghana a restauré sa crédibilité auprès de ses partenaires internationaux et mené à bien la renégociation de sa dette « dans des conditions qui protègent la souveraineté nationale tout en garantissant la soutenabilité ». Fort de ces acquis, le pays « commence le processus de sortie du programme du FMI avec dignité, non pas en suppliants mais en partenaires », a insisté le président.
Le chef de l’État ghanéen a estimé que cette étape marque un tournant pour l’économie ghanéenne et ouvre la voie à une nouvelle phase axée sur la création d’emplois, notamment pour les jeunes, la consolidation de la stabilité macroéconomique et la poursuite des investissements structurants. Il a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à maintenir une gestion prudente des finances publiques, condition essentielle, selon lui, pour garantir une croissance durable après le FMI.
Le général Mamadi Doumbouya partait favori tandis que les opposants d’envergure avaient été écartés.
Le chef de la junte en Guinée, Mamadi Doumbouya, a été élu président avec un score écrasant de 86,72 % au premier tour, lors d’un scrutin sans suspense en l’absence des ténors de l’opposition, selon des résultats provisoires annoncés mardi par la Direction Générale des Élections (DGE).
Quatre ans après un coup d’État qui l’a porté au pouvoir et malgré sa promesse initiale de le rendre à des civils, Mamadi Doumbouya assoit son règne sans partage sur ce pays d’Afrique de l’Ouest dans un contexte de rétrécissement des libertés.
Abdoulaye Yéro Baldé, chef du Front démocratique de Guinée (Frondeg), arrive deuxième avec 6,59 % des voix.
Le taux de participation s’élève à 80,95 % selon la présidente de la DGE, Djénabou Touré, un chiffre en baisse par rapport à celui annoncé dimanche à la fermeture des urnes.
Plus tôt mardi, quatre des huit candidats en lice face au chef de la junte ont reconnu leur défaite et félicité Mamadi Doumbouya pour sa victoire dès le premier tour.
La Cour suprême doit désormais proclamer les résultats définitifs.
« Simulacre d’élection »
Dans les rues de Conakry, l’annonce de l’élection de M. Doumbouya tard dans la soirée n’a pas suscité de réaction particulière, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse.
En dépit de sa promesse de rendre le pouvoir à des civils au terme d’une période de transition, M. Doumbouya s’est présenté à cette élection qu’il a remporté sans avoir fait campagne sur le terrain et sans opposants d’envergure.
L’opposition avait appelé à boycotter ce scrutin, qualifié de « simulacre d’élection », organisé plus de quatre ans après le coup d’État de septembre 2021 qui a renversé le président Alpha Condé, alors au pouvoir depuis 2010.
Une mission d’observation de l’Union africaine a salué mardi dans un communiqué un scrutin « crédible » qui s’est déroulé dans le calme et propose d’examiner « la possibilité de lever les sanctions imposées au pays » depuis le coup d’État.
Toutefois, la mission relève la nécessité de « lutter plus efficacement contre le phénomène des enlèvements et disparitions de personnes ».
Les nouvelles de disparitions forcées et d’enlèvements de figures de l’opposition se sont multipliées ces dernières années.
Depuis l’avènement de la junte, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations — interdites depuis 2022- sont réprimées, et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.
L’ONG Caminando Fronteras documente une augmentation des tragédies migratoires malgré la baisse des tentatives de traversée vers l’Espagne.
L’année 2025 a été marquée par une intensification dramatique de la crise migratoire aux frontières entre l’Afrique et l’Europe. Selon le rapport de monitoring publié par l’ONG Caminando Fronteras, au moins 3.090 personnes ont perdu la vie dans 303 tragédies recensées jusqu’au 15 décembre 2025, confirmant la frontière occidentale euro-africaine comme l’une des routes migratoires les plus meurtrières au monde.
Paradoxalement, alors que le nombre de tentatives de traversée vers l’Espagne a diminué en 2025, le risque de mort a considérablement augmenté. « Cette tendance confirme qu’une partie substantielle des morts dans les routes vers l’Espagne ne peut s’expliquer comme des événements fortuits ou inévitables, mais comme le résultat prévisible d’un système qui continue d’antéposer le contrôle des frontières à la protection de la vie », souligne le rapport consulté à APA.
L’analyse des 303 tragédies révèle que la principale cause de mortalité est liée à l’utilisation de moyens de recherche et de sauvetage conditionnés par des politiques de contrôle migratoire, entraînant des retards ou l’inaction face à des embarcations clairement en danger.
La route algérienne du Méditerranée occidental s’est consolidée comme le principal espace de transit vers l’Espagne, concentrant 70 % des naufrages maritimes avec 1.037 victimes documentées dans 121 tragédies, dont 47 embarcations totalement disparues. Les îles Baléares, notamment Ibiza et Formentera, sont devenues des destinations privilégiées pour ces traversées particulièrement périlleuses.
Cette route, longtemps niée et invisibilisée par les institutions, n’a été officiellement reconnue comme route migratoire qu’en septembre 2025. L’Association Unifiée des Gardes Civils a dénoncé à deux reprises cette année les dysfonctionnements des opérations de sauvetage maritime dans la zone.
L’Atlantique : le drame mauritanien
La route mauritanienne demeure la plus létale avec 1.319 victimes recensées dans 27 tragédies et 17 embarcations entièrement disparues. Les départs depuis ce pays se sont concentrés dans des conditions météorologiques particulièrement défavorables, augmentant considérablement les risques.
À partir du second semestre 2025, cette route a connu une baisse significative des départs, coïncidant avec l’intensification du contrôle migratoire mauritanien. Selon Human Rights Watch, 28.000 personnes ont été officiellement déportées au premier semestre, principalement des Maliens et Sénégalais, dans le cadre d’une politique d’externalisation financée à hauteur de plus de 200 millions d’euros par l’Union européenne.
L’année 2025 a vu l’émergence d’une route depuis la Guinée Conakry, impliquant une traversée d’environ 2.200 kilomètres, soit 750 km de plus que depuis le Sénégal. Les embarcations, majoritairement composées de Guinéens avec une forte proportion de femmes et d’enfants, doivent affronter plus de dix jours en pleine mer.
Parallèlement, la route gambienne a gagné en importance au troisième trimestre, avec 160 victimes documentées dans 7 tragédies, transportant majoritairement des citoyens gambiens et sénégalais.
Dans le détroit de Gibraltar, le crux migratoire vers Ceuta a connu une augmentation significative avec 139 victimes, dont 24 % d’enfants et adolescents. Les jeunes migrants, surnommés « les nageurs », tentent la traversée à la nage depuis le môle de Tarajal, souvent dans des conditions de brouillard et de mauvaise météo pour échapper à la surveillance.
Ces tentatives, organisées via les réseaux sociaux notamment WhatsApp, s’inscrivent dans un contexte de profond mécontentement de la jeunesse marocaine, illustré par les mobilisations de la « Génération Z » à travers le pays.
L’externalisation en question
Le rapport pointe du doigt le système d’externalisation des frontières qui transforme les pays africains en gardiens de l’Europe. Au-delà de la Mauritanie, le Maroc a reçu 500 millions d’euros (2021-2027) du programme NDICI, plus 80 millions supplémentaires en 2024 pour renforcer les patrouilles et la surveillance.
Le Sénégal, après une brève accalmie liée aux changements politiques de 2024, a vu son dispositif de contrôle renforcé avec des dizaines de millions d’euros de financements européens. La marine sénégalaise intercepte désormais les cayucos en haute mer, avec des pratiques dénoncées par les migrants : détentions prolongées, mauvais traitements et expulsions sans garanties.
L’Espagne a financé l’ouverture de deux centres de détention en Mauritanie pour au moins 1,08 million d’euros via des fonds européens. Ces installations, ainsi que celles d’autres pays de la région, sont dénoncées pour leurs « conditions inhumaines » et leurs violations systématiques des droits humains.
En Algérie, bien qu’il n’y ait pas de flux financiers directs significants de l’UE, le pays participe à des forums régionaux et projets techniques financés par l’Union, tout en menant des rafles dans les quartiers de migrants et des expulsions « en chaîne » vers le Niger, avec abandons dans le désert d’Assamaka.
Le rapport dénonce la criminalisation croissante des migrants et des organisations de solidarité. Une investigation journalistique révélée en juillet 2025 a montré que Frontex transmettait illégalement pendant des années des données de migrants et d’activistes à Europol.
La persécution s’étend depuis les pays d’origine jusqu’aux destinations : détentions arbitraires de personnes accusées d’être les capitaines d’embarcations (y compris des mineurs), séparations familiales à l’arrivée, et obstacles systématiques pour les familles cherchant à dénoncer la disparition de leurs proches.
Le rapport documente plusieurs cas emblématiques, dont celui d’un cayuco parti de Nouakchott le 3 janvier avec 203 personnes à bord, toujours porté disparu. Ou encore celui d’une embarcation localisée à 300 milles de Dakhla le 11 mars, avec seulement 13 survivants sur les 85 personnes parties de Mauritanie le 17 février – 72 personnes étant mortes durant 23 jours de dérive.
« La non-activation précoce des dispositifs de recherche et de sauvetage s’est normalisée comme un modèle structurel, caractérisé par une forte discrétionnalité », conclut Caminando Fronteras, appelant à une refonte complète des protocoles de sauvetage et à la fin de l’impunité qui permet la répétition de ces tragédies.
L’ONG appelle à des investigations indépendantes, à la transparence des autorités et à l’établissement de responsabilités politiques et judiciaires pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de « nécrofrontières » – des espaces où la violence est dépolitisée et normalisée, et où la mort de migrants ne génère aucune réponse institutionnelle adéquate.
À l’issue d’une évaluation conduite à l’automne 2025, le Fonds monétaire international dresse un diagnostic global de l’administration fiscale marocaine, saluant les réformes entreprises, en dépit des fragilités.
Le dernier rapport du FMI sur le Maroc met en évidence des progrès notables issus de plusieurs réformes, et pointe aussi des fragilités persistantes, notamment la faible intégrité du registre des contribuables, le stock élevé des arriérés fiscaux, ainsi que les délais prolongés de traitement des remboursements de TVA et du contentieux fiscal.
Le Fonds monétaire international (FMI) a salué les transformations engagées par le Royaume pour moderniser son administration fiscale et améliorer la relation avec les contribuables.
Dans un rapport d’évaluation, menée entre le 30 septembre et le 13 octobre 2025 l’institution financière internationale note la généralisation progressive des services numériques, désormais accessibles de manière continue via la plateforme sécurisée SIMPL. Cette digitalisation s’inscrit dans une logique de simplification des démarches et de réduction des coûts administratifs.
Le FMI souligne également l’émergence d’une approche davantage orientée vers le service, visant à encourager le respect volontaire des obligations fiscales grâce à une meilleure information et à des services personnalisés.
L’évaluation salue aussi la méthode structurée adoptée pour identifier les contribuables potentiels et élargir l’assiette fiscale. Cette stratégie repose notamment sur une gestion centralisée des risques de non-conformité, appuyée par le système de recoupement et d’analyse des données (SRAD), devenu un levier clé de pilotage.
Le rapport met en avant l’automatisation et la transparence des systèmes comptables, ainsi que le programme de contrôle fiscal basé sur les risques, dont la mise en œuvre est suivie de manière rigoureuse afin d’en mesurer l’efficacité. Les efforts visant à fiabiliser les prévisions de recettes publiques, notamment à travers le suivi mensuel et les projections des remboursements de TVA, sont également salués.
Toutefois, le FMI pointe le faible recours aux procédures contentieuses après les contrôles externes et la longueur excessive des délais de traitement des litiges fiscaux. Le rapport souligne les limites du dispositif de règlement des litiges fiscaux, marqué par un recours marginal aux procédures contentieuses formelles et par des délais de traitement jugés excessifs, appelant à des réformes ciblées pour renforcer la sécurité juridique et la crédibilité du système fiscal.
Réalisée à l’aide de l’outil TADAT entre fin septembre et mi-octobre 2025, cette deuxième évaluation, après celle de 2018, confirme les progrès accomplis et offre une nouvelle base pour affiner les priorités de réforme à venir.
Des forces spéciales françaises sont intervenues dimanche lors de la tentative déjouée de putsch au Bénin en appui de l’armée béninoise qui a « vaillamment » repoussé les mutins, a affirmé mercredi à l’AFP le chef de la Garde républicaine, le colonel Dieudonné Djimon Tévoédjrè.
Mardi, la présidence française avait indiqué avoir appuyé « en termes de surveillance, d’observation et de soutien logistique » le pouvoir béninois, à sa demande, sans confirmer ni démentir la présence de ses forces.
« L’armée béninoise a été vraiment vaillante et a fait face à l’ennemi toute la journée » dimanche, a expliqué à l’AFP le colonel Tevoédjrè, précisant que des « forces spéciales françaises ont été envoyées depuis Abidjan, utilisées pour du ratissage après que l’armée
béninoise ait fait le travail ».
Le colonel Tevoédjrè – qui a personnellement dirigé sur place la riposte contre un assaut sur la résidence du chef de l’Etat Patrice Talon tôt dimanche matin – estime à une centaine le nombre de mutins, « avec beaucoup de moyens, des engins blindés ».
Il note toutefois que les putschistes, qui ont compté sur « l’effet de surprise », n’ont pas reçu de soutien d’autres unités, saluant l’attitude « républicaine » de l’armée béninoise.
La Garde républicaine a « eu le soutien spontané d’autres unités qui ont été utilisées toute la journée pour reprendre possession de zones, de points stratégiques de Cotonou », détaille t-il.
C’est en fin de journée, alors que les mutins étaient retranchés dans un camp situé dans une zone résidentielle de la capitale économique, que des frappes aériennes du Nigeria voisin et des forces spéciales françaises ont aidé le Bénin, afin notamment « d’éviter des dommages
collatéraux ».
Le colonel n’a pas donné de bilan chiffré du nombre de victimes des évènements de dimanche, mais a précisé que les mutins étaient « repartis avec des corps et des blessés » de leur tentative d’assaut sur la résidence présidentielle, après un « rude combat ».
Dimanche matin, huit militaires étaient apparus à la télévision béninoise, annonçant qu’ils avaient destitué Patrice Talon.
Après une journée d’incertitude à Cotonou, le chef de l’Etat avait déclaré que la situation était « totalement sous contrôle ». Les autorités béninoises ont ensuite fait état de « plusieurs victimes », notamment dans des affrontements opposant mutins et forces loyales.
Des images circulant sur les réseaux sociaux suggèrent l’ouverture d’un bureau du Front de Libération de l’Azawad à Abidjan, dans un contexte déjà tendu avec les pays de l’AES. Le gouvernement ivoirien dément formellement toute existence réelle.
La vidéo publiée sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et Facebook, présente un groupe d’hommes entièrement voilés, vêtus comme des membres de communautés touarègues (tenues traditionnelles sahéliennes), assis autour d’une table sur laquelle sont disposées des boissons et des bouteilles d’eau. Une femme non voilée est également présente à la table.
Derrière eux, on distingue un drapeau tricolore rouge-jaune-blanc, qui est fréquemment associé à l’Azawad dans les communications militantes.
Une cellule en territoire ivoirien ?
Les publications relayant ces images avancent deux affirmations : « Le bureau de FLA en Côte d’Ivoire », « Formation du Front de Libération de l’Azwad en Côte d’Ivoire aujourd’hui ». De quoi laisser entendre que le Front de Libération de l’Azwad (FLA), coalition séparatiste touarègue active dans le nord du Mali, disposerait désormais d’une cellule en territoire ivoirien.
L’Azawad — vaste région désertique du nord du Mali, s’étendant sur les zones sahariennes et sahéliennes — est revendiqué par des mouvements touaregs qui ont proclamé son indépendance en 2012.
Le FLA, créé le 30 novembre 2024, est l’héritier d’une coalition de groupes armés séparatistes déterminés à instaurer un État indépendant. Engagés dans un conflit ouvert contre le pouvoir de Bamako, ces groupes affrontent régulièrement les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs alliés du groupe paramilitaire russe Wagner.
Un contexte diplomatique explosif
La Côte d’Ivoire évolue dans un climat tendu avec les États de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger), tous dirigés par des juntes militaires. Les relations se sont nettement dégradées depuis 2022, Bamako et ses alliés accusant régulièrement Abidjan d’accueillir des opposants ou des acteurs jugés hostiles à leurs régimes.
Dans ce contexte, la prétendue apparition d’un « bureau du FLA » à Abidjan a immédiatement suscité interrogations et inquiétudes sur les réseaux sociaux. D’autant qu’une vidéo circulant sur TikTok montre un ressortissant de la région tenter d’expliquer la scène.
« Dans la vidéo en tamasheq (langue touarègue) partagée hier, il n’a jamais été question de violence ni de menace, affirme ce dernier. Ce qui a été dit est simple : l’ouverture d’un bureau du FLA en Côte d’Ivoire pour coordonner et organiser la population azawadienne qui vit déjà dans le pays. Uniquement cela. Rien de plus. Mais comme beaucoup ne comprennent pas le tamasheq, certains propagandistes de l’AES en ont profité pour raconter que “les terro-terro” auraient ouvert un bureau en Côte d’Ivoire. C’est complètement faux. La Côte d’Ivoire est un État stable, souverain, où toutes les communautés – y compris les Azawadiens – vivent paisiblement et légalement, comme partout dans la diaspora africaine. »
Ce que dit le gouvernement ivoirien
Mais qu’en est-il réellement ? Un bureau du FLA existe-t-il vraiment en Côte d’Ivoire ? Interrogé à l’issue du Conseil des ministres du 3 décembre 2025, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a livré un démenti clair.
« Ces images n’ont pas été authentifiées par nos services, a déclaré le ministre. Beaucoup ont prétendu que c’était en Côte d’Ivoire, mais rien ne permet de dire que c’est en Côte d’Ivoire. Vous savez très bien qu’avec les images, on peut tout dire, mais vous savez également qu’aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle générative, on peut tout créer, notamment des deepfakes ».
Des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé mercredi avoir pris le « contrôle total du pays », arrêté le président sortant et suspendu le processus électoral, alors que le pays attendait les résultats de la présidentielle et des législatives.
La Guinée-Bissau, petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), a déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance en 1974.
C’est aussi un nouveau coup d’État en Afrique de l’Ouest, qui en a déjà connu une série depuis 2020 au Mali, Burkina, Niger et en Guinée-Conakry.
Le putsch a eu lieu à la mi-journée, après que des tirs ont été entendus près du palais présidentiel dans la capitale Bissau et que des hommes en tenues militaires ont pris possession de la principale artère menant vers le palais, ont constaté sur place des journalistes de l’AFP.
Des centaines de personnes à pied ou dans des véhicules avaient alors fui la zone du palais présidentiel pour se mettre à l’abri tandis que des tirs nourris avaient retenti à plusieurs reprises.
En début d’après-midi, le général Denis N’Canha, chef de la maison militaire de la présidence, assis derrière une table et entouré de militaires armés, a annoncé à la presse au siège de l’état-major, qu’un « Haut commandement pour la restauration de l’ordre, composé de toutes les branches de l’armée » prenait « la direction du pays jusqu’à nouvel ordre », ont constaté les journalistes de l’AFP.
PHOTO PATRICK MEINHARDT, AGENCE FRANCE-PRESSELe brigadier général Denis N’Canha (au centre), chef du bureau militaire de la présidence de Guinée-Bissau, donne une conférence de presse à l’état-major des forces armées, le 26 novembre 2025.
Le président sortant Umaro Sissoco Embalo, qui était donné favori à la présidentielle de dimanche, est détenu mercredi « en prison à l’état-major » par des militaires et est « bien traité », a indiqué à l’AFP un officier de l’armée.
Une autre source militaire a confirmé à l’AFP l’arrestation du président Embalo aux côtés du « chef d’état-major et du ministre de l’Intérieur ».
« Rétablir l’ordre »
« Ce qui nous a poussés à le faire (le putsch, NDLR), c’est pour garantir la sécurité au niveau national et également rétablir l’ordre », a ajouté le général N’Canha, évoquant la découverte par les « renseignements généraux » d’un « plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue ».
Plus de 6780 membres des forces de sécurité, dont des membres de la Force de stabilisation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ont été déployés en Guinée-Bissau pour le scrutin et la période post-électorale.
Les missions d’observation de l’Union africaine et de la CEDEAO, ainsi que le Forum des sages de l’Afrique de l’Ouest, ont exprimé leur « profonde préoccupation » dans un communiqué, déplorant ce qu’ils ont qualifié de « tentative flagrante de perturber le processus démocratique ».
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, « suit la situation avec une profonde préoccupation », a souligné son porte-parole, et a exhorté toutes les parties prenantes à « faire preuve de retenue et à respecter l’État de droit ».
Le Portugal – ancienne puissance coloniale – a appelé au calme et à la reprise du processus électoral.
La Guinée-Bissau, pays très pauvre de 2,2 millions d’habitants, un peu plus grand que la Belgique, est affectée par des problèmes de corruption et est réputée pour être une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe.
Les renseignements généraux « ont confirmé l’introduction d’armes dans le pays pour changer l’ordre constitutionnel », a ajouté le général N’Canha.
Il a également annoncé la suspension de « tout le processus électoral », la fermeture des frontières « terrestres, aériennes et maritimes » et l’instauration d’un « couvre-feu obligatoire ».
Opposant arrêté
En outre, le principal opposant bissau-guinéen Domingos Simoes Pereira – dirigeant du puissant PAIGC, parti historique qui a mené la Guinée-Bissau à l’indépendance – qui avait été écarté de la présidentielle de dimanche, a été arrêté mercredi, selon des proches et un collaborateur.
PHOTO PATRICK MEINHARDT, AGENCE FRANCE-PRESSELe président sortant, Umaro Sissoco Embalo, lors des élections du 23 novembre 2025
M. Pereira a été « arrêté » et « n’est pas en sécurité », a confirmé un membre de sa famille.
Des « hommes armés » se sont présentés au siège de campagne du candidat Fernando Dias mercredi et ont lancé des gaz lacrymogènes « pour arrêter MM. Dias et Pereira » qui tenaient une réunion, a indiqué à l’AFP un responsable de son équipe de campagne.
La situation de M. Dias n’était pas connue mercredi en fin de journée.
Les rues à Bissau étaient désertes dans la soirée avec l’entrée en vigueur du couvre-feu et les militaires avaient pris le contrôle de toutes les grandes artères, a constaté l’AFP.
Par ailleurs, la Commission Nationale des Élections (CNE) a été attaquée par des hommes armés non identifiés mercredi, a indiqué à l’AFP un responsable de la communication de la commission, Abdourahmane Djalo.
Mardi, le camp de M. Embalo et celui du candidat de l’opposition Fernando Dias de Costa avaient chacun revendiqué la victoire à la présidentielle, alors que les résultats provisoires officiels de ces élections n’étaient attendus que jeudi.
Fin octobre, l’armée bissau-guinéenne avait annoncé avoir déjoué une « tentative de subversion de l’ordre constitutionnel », avec l’arrestation de plusieurs officiers supérieurs.
La proclamation des résultats électoraux a ainsi souvent donné lieu à des mouvements de contestation dans ce pays.
La précédente présidentielle, en 2019, avait débouché sur plusieurs mois de crise post-électorale, M. Embalo et son adversaire M. Pereira revendiquant tous deux la victoire.
Entre septembre et octobre 2025, six pays africains ont organisé des élections présidentielles, confirmant une dynamique contrastée par rapport à la vague de renouveau démocratique de 2024. Sur cinq scrutins, trois présidents sortants ont été réélus : Paul Biya au Cameroun (53,66 %), Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire (89,77 %) et Samia Suluhu Hassan en Tanzanie (97,66 %). Ces mandats, contestés par l’opposition et jugés anticonstitutionnels dans certains cas, ont été marqués par des tensions et des violences post-électorales.
Quelques heures à peine après avoir formé son gouvernement, Sébastien Lecornu a remis sa démission à Emmanuel Macron.
Déflagration politique : quatorze heures à peine après avoir formé son gouvernement, Sébastien Lecornu a remis lundi sa démission à Emmanuel Macron, sous le feu des critiques et fragilisé de l’intérieur par la fronde des Républicains de Bruno Retailleau.
Le locataire de Matignon, nommé le 9 septembre et qui devait tenir son premier Conseil des ministres à la tête du gouvernement à 16 h 00, s’est rendu aux premières heures de la matinée à l’Élysée pour remettre sa démission au président, qui l’a acceptée, selon un communiqué de la présidence.
« Les conditions n’étaient plus remplies » pour rester premier ministre, a-t-il déclaré un peu plus tard dans la cour de Matignon, regrettant « les appétits partisans » qui ont conduit à sa démission, une allusion claire à Bruno Retailleau, qui dimanche soir a précipité sa chute en remettant en cause la participation des Républicains au gouvernement à peine celui-ci formé.
Les partis politiques « continuent d’adopter une posture comme s’ils avaient tous la majorité absolue », a déploré Sébastien Lecornu, reconnaissant que son offre de renoncer au 49,3 pour redonner la main au Parlement n’avait « pas permis ce choc de se dire qu’on peut faire différemment ».
Il s’agit du gouvernement le plus bref de la Ve République, fondée en 1958. Sa chute plonge la France dans une crise politique sans précédent depuis des décennies.
Calme
La balle est dans le camp d’Emmanuel Macron. Va-t-il dissoudre l’Assemblée nationale, comme le demande l’extrême droite, démissionner comme le voudrait la gauche radicale ou nommer un nouveau premier ministre, qui serait le quatrième depuis juin 2024 et le sixième depuis sa réélection en mai 2022 ?
« Emmanuel Macron seul face à la crise », titrait lundi le quotidien français Le Monde.
« Nous devons garder notre calme et penser aux Français », a déclaré lundi Michel Barnier, qui avait lui-même été renversé par l’Assemblée nationale au bout de trois mois à Matignon.
L’équation politique, qui se double d’une situation financière désastreuse avec une dette de 3 400 milliards d’euros (115,6 % du PIB), paraît insoluble.
Outre M. Barnier, François Bayrou (décembre 2024-septembre 2025) s’y est également heurté, renversé après avoir présenté un projet de budget de 44 milliards d’euros d’économies.
Ce nouveau séisme politique a fait plonger l’indice boursier du CAC 40 (-1,70 % à 5 h 00 heure du Québec) et bondir le taux d’intérêt français à dix ans, augmentant mécaniquement l’écart avec le taux allemand, qui fait référence. L’euro a chuté dans la foulée de l’annonce de la démission, perdant 0,63 % face au dollar, à 1,1688 dollar pour un euro.
La coalition de Sébastien Lecornu a commencé à se fissurer à peine plus d’une heure après l’officialisation de son gouvernement, issu de plus de trois semaines de tractations.
Le patron du parti de droite Les Républicains (LR) Bruno Retailleau, qui venait d’être reconduit au ministère de l’Intérieur, a dénoncé dans un message sur X une composition qui « ne reflète pas la rupture promise » et convoqué une réunion des instances de son parti.
En cause, selon plusieurs sources : le retour surprise aux Armées de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie (2017-2024), symbole pour la droite du dérapage budgétaire des dernières années de gouvernements macronistes ; ou encore la large part réservée au parti macroniste Renaissance dans la répartition du gouvernement (10 ministres, contre 4 à LR).
Dissolution « absolument nécessaire »
La cheffe de file de l’extrême droite française Marine Le Pen a jugé lundi « absolument nécessaire » une nouvelle dissolution de l’Assemblée, estimant également qu’une démission d’Emmanuel Macron était la « seule décision sage ».
Le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a appelé de son côté à ce que l’Assemblée nationale examine « immédiatement » une motion de destitution contre Emmanuel Macron, signée par les députés de son parti La France Insoumise, mais aussi par des députés des groupes écologistes et communistes.
Le chef de l’État, omniprésent sur la scène internationale mais qui voit sa ligne politique sombrer dans le chaos sur la scène intérieure, est régulièrement désigné comme le responsable de l’instabilité qui ronge la France depuis juin 2024.
Depuis sa décision de dissoudre l’Assemblée dans la foulée des élections européennes, l’hémicycle est fracturé en trois blocs (alliance de gauche / macronistes et centristes / extrême droite). Aucun ne dispose de la majorité absolue.