L’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, a rendu un vibrant hommage au constitutionnaliste Albert Bourgi, décédé le 7 janvier 2026 à Paris, à l’âge de 83 ans.
Laurent Gbagbo pleure la perte d’un ami personnel et d’une figure majeure de l’intelligence africaine. Dès l’annonce de sa disparition, les réactions se sont multipliées. Albert Bourgi, éminent juriste et figure emblématique du socialisme sur le continent, s’est éteint ce mercredi à Paris.
Dans un message empreint d’émotion, Laurent Gbagbo a tenu à saluer la rigueur et l’engagement de l’illustre disparu. « Albert Bourgi s’en est allé le 7 janvier 2026. C’est une perte. Une perte pour l’intelligence africaine, pour la pensée libre, pour le droit, qu’il portait avec rigueur et élégance », a écrit l’ancien chef d’État.
Agrégé de droit, Albert Bourgi était reconnu pour ses analyses pointues et son attachement indéfectible aux valeurs démocratiques. Pour Laurent Gbagbo, il était avant tout un « intellectuel exigeant » et, plus encore, un « Africain debout ».
Au-delà de la stature publique du professeur, Laurent Gbagbo a évoqué avec nostalgie leurs liens personnels étroits. « Il fut pour moi un ami, un frère, un compagnon de réflexion », confie l’ancien chef de l’Etat ivoirien, un leader politique d’obédience socialiste.
L’ancien président s’est remémoré les moments passés dans l’intimité du juriste, notamment dans son salon parisien qu’il surnommait affectueusement le « Centre culturel africain ». Selon lui, ce lieu était un véritable carrefour intellectuel où « se croisaient les voix, les idées et les rêves de notre continent ».
En perdant Albert Bourgi, un intellectuel engagé au sein de la gauche socialiste, Laurent Gbagbo estime que l’Afrique perd l’un de ses esprits les plus brillants, tandis qu’il perd, à titre personnel, « un homme de cœur, un frère ».
La disparition d’Albert Bourgi laisse un vide immense dans le paysage juridique et politique africain, tant son influence sur la pensée constitutionnelle et socialiste a marqué les dernières décennies.
Dans son discours de Nouvel An, le président ghanéen John Dramani Mahama a confirmé que le Ghana a engagé le processus de sortie de son programme avec le Fonds monétaire international (FMI), mettant en avant les progrès économiques enregistrés et la restauration de la crédibilité du pays sur la scène internationale.
Le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé que le Ghana a engagé le processus de sortie de son programme avec le Fonds monétaire international (FMI), affirmant que cette transition se fera « avec dignité », en partenaire et non en demandeur, dans son discours de Nouvel An adressé à la nation.
Revenant sur la situation héritée par son administration, le chef de l’État ghanéen a rappelé qu’il y a un an, le pays faisait face à « une économie à genoux », marquée par une inflation élevée, un chômage massif des jeunes, une perte de confiance du public et des infrastructures dégradées. Il a toutefois souligné que des réformes « difficiles mais nécessaires » ont permis d’amorcer un redressement économique significatif.
Selon John Dramani Mahama, l’inflation, qui dépassait 23 % fin 2024, a fortement reculé et devrait s’établir autour de 5 % à la fin de l’année 2025. Il a également mis en avant une relative stabilité du cedi ghanéen, une reprise de la croissance économique et un regain de confiance des investisseurs, illustré par l’augmentation des investissements directs nationaux et étrangers.
C’est dans ce contexte, a-t-il expliqué, que le Ghana a restauré sa crédibilité auprès de ses partenaires internationaux et mené à bien la renégociation de sa dette « dans des conditions qui protègent la souveraineté nationale tout en garantissant la soutenabilité ». Fort de ces acquis, le pays « commence le processus de sortie du programme du FMI avec dignité, non pas en suppliants mais en partenaires », a insisté le président.
Le chef de l’État ghanéen a estimé que cette étape marque un tournant pour l’économie ghanéenne et ouvre la voie à une nouvelle phase axée sur la création d’emplois, notamment pour les jeunes, la consolidation de la stabilité macroéconomique et la poursuite des investissements structurants. Il a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à maintenir une gestion prudente des finances publiques, condition essentielle, selon lui, pour garantir une croissance durable après le FMI.
Le général Mamadi Doumbouya partait favori tandis que les opposants d’envergure avaient été écartés.
Le chef de la junte en Guinée, Mamadi Doumbouya, a été élu président avec un score écrasant de 86,72 % au premier tour, lors d’un scrutin sans suspense en l’absence des ténors de l’opposition, selon des résultats provisoires annoncés mardi par la Direction Générale des Élections (DGE).
Quatre ans après un coup d’État qui l’a porté au pouvoir et malgré sa promesse initiale de le rendre à des civils, Mamadi Doumbouya assoit son règne sans partage sur ce pays d’Afrique de l’Ouest dans un contexte de rétrécissement des libertés.
Abdoulaye Yéro Baldé, chef du Front démocratique de Guinée (Frondeg), arrive deuxième avec 6,59 % des voix.
Le taux de participation s’élève à 80,95 % selon la présidente de la DGE, Djénabou Touré, un chiffre en baisse par rapport à celui annoncé dimanche à la fermeture des urnes.
Plus tôt mardi, quatre des huit candidats en lice face au chef de la junte ont reconnu leur défaite et félicité Mamadi Doumbouya pour sa victoire dès le premier tour.
La Cour suprême doit désormais proclamer les résultats définitifs.
« Simulacre d’élection »
Dans les rues de Conakry, l’annonce de l’élection de M. Doumbouya tard dans la soirée n’a pas suscité de réaction particulière, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse.
En dépit de sa promesse de rendre le pouvoir à des civils au terme d’une période de transition, M. Doumbouya s’est présenté à cette élection qu’il a remporté sans avoir fait campagne sur le terrain et sans opposants d’envergure.
L’opposition avait appelé à boycotter ce scrutin, qualifié de « simulacre d’élection », organisé plus de quatre ans après le coup d’État de septembre 2021 qui a renversé le président Alpha Condé, alors au pouvoir depuis 2010.
Une mission d’observation de l’Union africaine a salué mardi dans un communiqué un scrutin « crédible » qui s’est déroulé dans le calme et propose d’examiner « la possibilité de lever les sanctions imposées au pays » depuis le coup d’État.
Toutefois, la mission relève la nécessité de « lutter plus efficacement contre le phénomène des enlèvements et disparitions de personnes ».
Les nouvelles de disparitions forcées et d’enlèvements de figures de l’opposition se sont multipliées ces dernières années.
Depuis l’avènement de la junte, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations — interdites depuis 2022- sont réprimées, et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.
À l’issue d’une évaluation conduite à l’automne 2025, le Fonds monétaire international dresse un diagnostic global de l’administration fiscale marocaine, saluant les réformes entreprises, en dépit des fragilités.
Le dernier rapport du FMI sur le Maroc met en évidence des progrès notables issus de plusieurs réformes, et pointe aussi des fragilités persistantes, notamment la faible intégrité du registre des contribuables, le stock élevé des arriérés fiscaux, ainsi que les délais prolongés de traitement des remboursements de TVA et du contentieux fiscal.
Le Fonds monétaire international (FMI) a salué les transformations engagées par le Royaume pour moderniser son administration fiscale et améliorer la relation avec les contribuables.
Dans un rapport d’évaluation, menée entre le 30 septembre et le 13 octobre 2025 l’institution financière internationale note la généralisation progressive des services numériques, désormais accessibles de manière continue via la plateforme sécurisée SIMPL. Cette digitalisation s’inscrit dans une logique de simplification des démarches et de réduction des coûts administratifs.
Le FMI souligne également l’émergence d’une approche davantage orientée vers le service, visant à encourager le respect volontaire des obligations fiscales grâce à une meilleure information et à des services personnalisés.
L’évaluation salue aussi la méthode structurée adoptée pour identifier les contribuables potentiels et élargir l’assiette fiscale. Cette stratégie repose notamment sur une gestion centralisée des risques de non-conformité, appuyée par le système de recoupement et d’analyse des données (SRAD), devenu un levier clé de pilotage.
Le rapport met en avant l’automatisation et la transparence des systèmes comptables, ainsi que le programme de contrôle fiscal basé sur les risques, dont la mise en œuvre est suivie de manière rigoureuse afin d’en mesurer l’efficacité. Les efforts visant à fiabiliser les prévisions de recettes publiques, notamment à travers le suivi mensuel et les projections des remboursements de TVA, sont également salués.
Toutefois, le FMI pointe le faible recours aux procédures contentieuses après les contrôles externes et la longueur excessive des délais de traitement des litiges fiscaux. Le rapport souligne les limites du dispositif de règlement des litiges fiscaux, marqué par un recours marginal aux procédures contentieuses formelles et par des délais de traitement jugés excessifs, appelant à des réformes ciblées pour renforcer la sécurité juridique et la crédibilité du système fiscal.
Réalisée à l’aide de l’outil TADAT entre fin septembre et mi-octobre 2025, cette deuxième évaluation, après celle de 2018, confirme les progrès accomplis et offre une nouvelle base pour affiner les priorités de réforme à venir.
Des forces spéciales françaises sont intervenues dimanche lors de la tentative déjouée de putsch au Bénin en appui de l’armée béninoise qui a « vaillamment » repoussé les mutins, a affirmé mercredi à l’AFP le chef de la Garde républicaine, le colonel Dieudonné Djimon Tévoédjrè.
Mardi, la présidence française avait indiqué avoir appuyé « en termes de surveillance, d’observation et de soutien logistique » le pouvoir béninois, à sa demande, sans confirmer ni démentir la présence de ses forces.
« L’armée béninoise a été vraiment vaillante et a fait face à l’ennemi toute la journée » dimanche, a expliqué à l’AFP le colonel Tevoédjrè, précisant que des « forces spéciales françaises ont été envoyées depuis Abidjan, utilisées pour du ratissage après que l’armée
béninoise ait fait le travail ».
Le colonel Tevoédjrè – qui a personnellement dirigé sur place la riposte contre un assaut sur la résidence du chef de l’Etat Patrice Talon tôt dimanche matin – estime à une centaine le nombre de mutins, « avec beaucoup de moyens, des engins blindés ».
Il note toutefois que les putschistes, qui ont compté sur « l’effet de surprise », n’ont pas reçu de soutien d’autres unités, saluant l’attitude « républicaine » de l’armée béninoise.
La Garde républicaine a « eu le soutien spontané d’autres unités qui ont été utilisées toute la journée pour reprendre possession de zones, de points stratégiques de Cotonou », détaille t-il.
C’est en fin de journée, alors que les mutins étaient retranchés dans un camp situé dans une zone résidentielle de la capitale économique, que des frappes aériennes du Nigeria voisin et des forces spéciales françaises ont aidé le Bénin, afin notamment « d’éviter des dommages
collatéraux ».
Le colonel n’a pas donné de bilan chiffré du nombre de victimes des évènements de dimanche, mais a précisé que les mutins étaient « repartis avec des corps et des blessés » de leur tentative d’assaut sur la résidence présidentielle, après un « rude combat ».
Dimanche matin, huit militaires étaient apparus à la télévision béninoise, annonçant qu’ils avaient destitué Patrice Talon.
Après une journée d’incertitude à Cotonou, le chef de l’Etat avait déclaré que la situation était « totalement sous contrôle ». Les autorités béninoises ont ensuite fait état de « plusieurs victimes », notamment dans des affrontements opposant mutins et forces loyales.
Des images circulant sur les réseaux sociaux suggèrent l’ouverture d’un bureau du Front de Libération de l’Azawad à Abidjan, dans un contexte déjà tendu avec les pays de l’AES. Le gouvernement ivoirien dément formellement toute existence réelle.
La vidéo publiée sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et Facebook, présente un groupe d’hommes entièrement voilés, vêtus comme des membres de communautés touarègues (tenues traditionnelles sahéliennes), assis autour d’une table sur laquelle sont disposées des boissons et des bouteilles d’eau. Une femme non voilée est également présente à la table.
Derrière eux, on distingue un drapeau tricolore rouge-jaune-blanc, qui est fréquemment associé à l’Azawad dans les communications militantes.
Une cellule en territoire ivoirien ?
Les publications relayant ces images avancent deux affirmations : « Le bureau de FLA en Côte d’Ivoire », « Formation du Front de Libération de l’Azwad en Côte d’Ivoire aujourd’hui ». De quoi laisser entendre que le Front de Libération de l’Azwad (FLA), coalition séparatiste touarègue active dans le nord du Mali, disposerait désormais d’une cellule en territoire ivoirien.
L’Azawad — vaste région désertique du nord du Mali, s’étendant sur les zones sahariennes et sahéliennes — est revendiqué par des mouvements touaregs qui ont proclamé son indépendance en 2012.
Le FLA, créé le 30 novembre 2024, est l’héritier d’une coalition de groupes armés séparatistes déterminés à instaurer un État indépendant. Engagés dans un conflit ouvert contre le pouvoir de Bamako, ces groupes affrontent régulièrement les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs alliés du groupe paramilitaire russe Wagner.
Un contexte diplomatique explosif
La Côte d’Ivoire évolue dans un climat tendu avec les États de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger), tous dirigés par des juntes militaires. Les relations se sont nettement dégradées depuis 2022, Bamako et ses alliés accusant régulièrement Abidjan d’accueillir des opposants ou des acteurs jugés hostiles à leurs régimes.
Dans ce contexte, la prétendue apparition d’un « bureau du FLA » à Abidjan a immédiatement suscité interrogations et inquiétudes sur les réseaux sociaux. D’autant qu’une vidéo circulant sur TikTok montre un ressortissant de la région tenter d’expliquer la scène.
« Dans la vidéo en tamasheq (langue touarègue) partagée hier, il n’a jamais été question de violence ni de menace, affirme ce dernier. Ce qui a été dit est simple : l’ouverture d’un bureau du FLA en Côte d’Ivoire pour coordonner et organiser la population azawadienne qui vit déjà dans le pays. Uniquement cela. Rien de plus. Mais comme beaucoup ne comprennent pas le tamasheq, certains propagandistes de l’AES en ont profité pour raconter que “les terro-terro” auraient ouvert un bureau en Côte d’Ivoire. C’est complètement faux. La Côte d’Ivoire est un État stable, souverain, où toutes les communautés – y compris les Azawadiens – vivent paisiblement et légalement, comme partout dans la diaspora africaine. »
Ce que dit le gouvernement ivoirien
Mais qu’en est-il réellement ? Un bureau du FLA existe-t-il vraiment en Côte d’Ivoire ? Interrogé à l’issue du Conseil des ministres du 3 décembre 2025, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a livré un démenti clair.
« Ces images n’ont pas été authentifiées par nos services, a déclaré le ministre. Beaucoup ont prétendu que c’était en Côte d’Ivoire, mais rien ne permet de dire que c’est en Côte d’Ivoire. Vous savez très bien qu’avec les images, on peut tout dire, mais vous savez également qu’aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle générative, on peut tout créer, notamment des deepfakes ».
Des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé mercredi avoir pris le « contrôle total du pays », arrêté le président sortant et suspendu le processus électoral, alors que le pays attendait les résultats de la présidentielle et des législatives.
La Guinée-Bissau, petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), a déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance en 1974.
C’est aussi un nouveau coup d’État en Afrique de l’Ouest, qui en a déjà connu une série depuis 2020 au Mali, Burkina, Niger et en Guinée-Conakry.
Le putsch a eu lieu à la mi-journée, après que des tirs ont été entendus près du palais présidentiel dans la capitale Bissau et que des hommes en tenues militaires ont pris possession de la principale artère menant vers le palais, ont constaté sur place des journalistes de l’AFP.
Des centaines de personnes à pied ou dans des véhicules avaient alors fui la zone du palais présidentiel pour se mettre à l’abri tandis que des tirs nourris avaient retenti à plusieurs reprises.
En début d’après-midi, le général Denis N’Canha, chef de la maison militaire de la présidence, assis derrière une table et entouré de militaires armés, a annoncé à la presse au siège de l’état-major, qu’un « Haut commandement pour la restauration de l’ordre, composé de toutes les branches de l’armée » prenait « la direction du pays jusqu’à nouvel ordre », ont constaté les journalistes de l’AFP.
PHOTO PATRICK MEINHARDT, AGENCE FRANCE-PRESSELe brigadier général Denis N’Canha (au centre), chef du bureau militaire de la présidence de Guinée-Bissau, donne une conférence de presse à l’état-major des forces armées, le 26 novembre 2025.
Le président sortant Umaro Sissoco Embalo, qui était donné favori à la présidentielle de dimanche, est détenu mercredi « en prison à l’état-major » par des militaires et est « bien traité », a indiqué à l’AFP un officier de l’armée.
Une autre source militaire a confirmé à l’AFP l’arrestation du président Embalo aux côtés du « chef d’état-major et du ministre de l’Intérieur ».
« Rétablir l’ordre »
« Ce qui nous a poussés à le faire (le putsch, NDLR), c’est pour garantir la sécurité au niveau national et également rétablir l’ordre », a ajouté le général N’Canha, évoquant la découverte par les « renseignements généraux » d’un « plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue ».
Plus de 6780 membres des forces de sécurité, dont des membres de la Force de stabilisation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ont été déployés en Guinée-Bissau pour le scrutin et la période post-électorale.
Les missions d’observation de l’Union africaine et de la CEDEAO, ainsi que le Forum des sages de l’Afrique de l’Ouest, ont exprimé leur « profonde préoccupation » dans un communiqué, déplorant ce qu’ils ont qualifié de « tentative flagrante de perturber le processus démocratique ».
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, « suit la situation avec une profonde préoccupation », a souligné son porte-parole, et a exhorté toutes les parties prenantes à « faire preuve de retenue et à respecter l’État de droit ».
Le Portugal – ancienne puissance coloniale – a appelé au calme et à la reprise du processus électoral.
La Guinée-Bissau, pays très pauvre de 2,2 millions d’habitants, un peu plus grand que la Belgique, est affectée par des problèmes de corruption et est réputée pour être une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe.
Les renseignements généraux « ont confirmé l’introduction d’armes dans le pays pour changer l’ordre constitutionnel », a ajouté le général N’Canha.
Il a également annoncé la suspension de « tout le processus électoral », la fermeture des frontières « terrestres, aériennes et maritimes » et l’instauration d’un « couvre-feu obligatoire ».
Opposant arrêté
En outre, le principal opposant bissau-guinéen Domingos Simoes Pereira – dirigeant du puissant PAIGC, parti historique qui a mené la Guinée-Bissau à l’indépendance – qui avait été écarté de la présidentielle de dimanche, a été arrêté mercredi, selon des proches et un collaborateur.
PHOTO PATRICK MEINHARDT, AGENCE FRANCE-PRESSELe président sortant, Umaro Sissoco Embalo, lors des élections du 23 novembre 2025
M. Pereira a été « arrêté » et « n’est pas en sécurité », a confirmé un membre de sa famille.
Des « hommes armés » se sont présentés au siège de campagne du candidat Fernando Dias mercredi et ont lancé des gaz lacrymogènes « pour arrêter MM. Dias et Pereira » qui tenaient une réunion, a indiqué à l’AFP un responsable de son équipe de campagne.
La situation de M. Dias n’était pas connue mercredi en fin de journée.
Les rues à Bissau étaient désertes dans la soirée avec l’entrée en vigueur du couvre-feu et les militaires avaient pris le contrôle de toutes les grandes artères, a constaté l’AFP.
Par ailleurs, la Commission Nationale des Élections (CNE) a été attaquée par des hommes armés non identifiés mercredi, a indiqué à l’AFP un responsable de la communication de la commission, Abdourahmane Djalo.
Mardi, le camp de M. Embalo et celui du candidat de l’opposition Fernando Dias de Costa avaient chacun revendiqué la victoire à la présidentielle, alors que les résultats provisoires officiels de ces élections n’étaient attendus que jeudi.
Fin octobre, l’armée bissau-guinéenne avait annoncé avoir déjoué une « tentative de subversion de l’ordre constitutionnel », avec l’arrestation de plusieurs officiers supérieurs.
La proclamation des résultats électoraux a ainsi souvent donné lieu à des mouvements de contestation dans ce pays.
La précédente présidentielle, en 2019, avait débouché sur plusieurs mois de crise post-électorale, M. Embalo et son adversaire M. Pereira revendiquant tous deux la victoire.
Entre septembre et octobre 2025, six pays africains ont organisé des élections présidentielles, confirmant une dynamique contrastée par rapport à la vague de renouveau démocratique de 2024. Sur cinq scrutins, trois présidents sortants ont été réélus : Paul Biya au Cameroun (53,66 %), Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire (89,77 %) et Samia Suluhu Hassan en Tanzanie (97,66 %). Ces mandats, contestés par l’opposition et jugés anticonstitutionnels dans certains cas, ont été marqués par des tensions et des violences post-électorales.
Les 38 pays africains couverts par « The Global Attractiveness Index 2025 » sont majoritairement classés en bas du tableau, en raison notamment de la faiblesse de leurs performances dans les domaines de l’efficacité du gouvernement, de l’innovation et du développement du capital humain.
Maurice, l’Egypte et l’Algérie sont les pays africains les plus attractifs pour les multinationales et les investisseurs étrangers en 2025, selon un classement publié le dimanche 7 septembre 2025 par le cabinet italien de conseil et de services aux entreprises The European House – Ambrosetti (TEHA).
Intitulé « The Global Attractiveness Index 2025 », ce classement évalue l’attractivité de 146 pays, qui représentent 98 % du produit intérieur brut mondial et 94 % de la population de la planète, en se basant sur une cinquantaine d’indicateurs clés de performance (Key Performance Indicator/KPI) issus de données récentes publiées par de nombreux organismes internationaux comme le Programme des Nations Unies pour le développement, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement.
Ces indicateurs comprennent notamment le flux des investissements directs étrangers, le niveau de développement humain, le PIB par habitant, le ratio dette publique/PIB, le taux de chômage, le pourcentage de la population en âge de travailler par rapport à la population totale, l’efficacité du gouvernement, l’État de droit, le classement dans le programme international pour le suivi des acquis des élèves, l’égalité des genres, le taux des étudiants universitaires inscrits dans des filières STEM, le nombre de publications scientifiques et le niveau de développement des TIC.
Les différents indicateurs sont répartis en quatre sous-indices : indice de positionnement, indice de dynamisme, indice de durabilité et indice des perspectives futures. Un score allant de 0 point (attractivité nulle) à 100 points (attractivité optimale) est attribué à chaque pays.
Les pays étudiés sont classés en quatre catégories : pays très attractifs (score compris entre 80 et 100 points) ; pays assez attractifs (score compris entre 60 et 80 points) ; pays moyennement attractifs (score compris entre 30 et 60 points) ; pays peu attractifs (score compris entre 0 et 30 points).
Leader en matière d’attractivité à l’échelle africaine, l’île Maurice arrive au 76è rang à l’échelle mondiale avec un score de 30,4 points. Cet État insulaire de l’océan Indien affiche de bonnes performances dans le sous-indice « dynamisme » qui mesure l’ouverture des économies sur l’extérieur, l’efficacité des politiques publiques, les capacités d’innovation et le développement du capital humain. L’Egypte (78è rang mondial) occupe le deuxième rang au plan continental, ex-aequo avec l’Algérie (score de 30 points). Ces trois pays sont les seules économies du continent à figurer dans la catégorie « pays moyennement attractifs ». Viennent ensuite le Maroc (85è rang mondial), la Côte d’Ivoire (89è), le Botswana (93è), l’Afrique du Sud (96è), le Sénégal (97è), le Rwanda (99è), alors que les Seychelles (100è) ferment le Top 10 africain.
Globalement, les pays africains étudiés sont classés en bas du tableau, en raison notamment de leurs faibles performances dans les domaines de l’efficacité du gouvernement, de l’innovation et du développement du capital humain.
A l’échelle mondiale, les États-Unis restent le pays le plus attractif pour les multinationales et les investisseurs étrangers, avec un score de 100 points, suivis de la Chine (87,7 points), de l’Allemagne (81,4 points), de Singapour (80,9 points) et du Japon (78,8 points).
Au total, quatre pays figurent dans la catégorie « pays très attractifs », 12 pays sont classés comme ayant une bonne attractivité, alors que 63 pays affichent une attractivité moyenne et 67 sont considérés comme ayant une faible attractivité.
Depuis 2023, le Ghana mène une restructuration de sa dette avec des retombées désormais perceptibles sur les comptes publics. En juin, Fitch Ratings avait décidé de relever la note souveraine du pays à B- avec perspective stable.
À fin juillet 2025, la dette publique totale du Ghana s’établissait à 44,9 % du PIB, selon les chiffres publiés par la Banque centrale, à l’issue de la 126e réunion de son comité de politique monétaire, tenue le 17 septembre.
Ce niveau marque une baisse spectaculaire par rapport aux 61,8 % enregistrés en décembre 2024 et se situe bien en deçà des projections des partenaires internationaux. Pour mémoire, le FMI anticipait une dette équivalente à 66 % du PIB en 2025, tandis que Fitch Ratings l’estimait encore à 60 % lors de sa dernière revue en juin.
Cette amélioration traduit les efforts déployés par Accra pour rétablir ses finances publiques et ramener progressivement une dette qui avait culminé à 93 % du PIB en 2022, année du défaut de paiement. Elle intervient dans un environnement économique plus favorable, marqué par un renforcement des réserves de change, qui ont atteint 10,7 milliards $ en août, et par une croissance de 6,3 % au deuxième trimestre 2025.
« Grâce à la solide performance du secteur extérieur et à l’accumulation accrue de réserves, le cedi s’est apprécié face aux principales devises commerciales au cours de l’année jusqu’en juillet 2025. Par la suite, le cedi a été soumis à certaines pressions liées à la demande, portant son appréciation cumulée au 12 septembre 2025 à 21,0 % par rapport au dollar américain », précise la Banque centrale.
Depuis mai 2023, le Ghana met en œuvre un programme de réformes encadré par le FMI, visant à restaurer la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette. Dans ce cadre, le pays a conclu le 29 janvier 2025 un accord final avec ses créanciers officiels sur la restructuration de sa dette extérieure. Ces avancées ont conduit Fitch Ratings à relever en juin la note souveraine du Ghana à B-, avec perspective stable.
L’Assemblée législative de transition (ALT) a adopté lundi 1er septembre 2025 un nouveau Code des personnes et de la famille, introduisant notamment l’interdiction des pratiques homosexuelles et assimilées, désormais punies par la loi.
Les députés de l’ALT ont adopté le projet de loi portant Code des personnes et de la famille, a constaté APA.
Le texte introduit plusieurs dispositions nouvelles, dont l’incrimination des pratiques homosexuelles et assimilées, désormais passibles d’une peine d’emprisonnement allant de deux à cinq ans assortie d’une amende.
« La grande innovation de ce nouveau Code est l’interdiction des pratiques homosexuelles et assimilées, ainsi que les sanctions prévues en la matière », a déclaré le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, devant les députés.
En cas de récidive, a-t-il ajouté, les personnes de nationalité étrangère seront « purement et simplement expulsées du pays ».
L’adoption de cette disposition constitue une première au Burkina Faso, où aucun texte ne prévoyait jusque-là de sanctions contre les pratiques homosexuelles, selon le ministre de la Justice.
Selon un rapport de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), publié en septembre 2025 et soutenu par le Fonds intégré de sécurité du Royaume-Uni, l’Afrique de l’Ouest est devenue un point stratégique pour le transit et la conteneurisation de la cocaïne destinée à l’Europe. Les réseaux des Balkans occidentaux, en alliance avec le PCC brésilien, exploitent ports et infrastructures régionales, notamment au Sénégal, en Guinée-Bissau et en Sierra Leone.
Un nouveau rapport de la GI-TOC, intitulé Under the Radar: Western Balkans’ Cocaine Operations in West Africa, publié en septembre, met en lumière l’enracinement croissant des groupes criminels des Balkans occidentaux dans la chaîne logistique de la cocaïne en Afrique de l’Ouest. Selon l’étude parvenu à APA, les clans monténégrins Kavač et Škaljari, ainsi que des acteurs albanophones basés à Dubaï, utilisent la région comme point d’entreposage, de redistribution et de conteneurisation pour l’Europe, et potentiellement vers l’Asie et l’Australie.
L’expansion majeure de ces réseaux en Afrique de l’Ouest date de 2019, portée par la hausse de la production latino-américaine et la pression sur les routes directes vers l’Europe. Le rapport souligne que la proportion de cocaïne transité via l’Afrique de l’Ouest pourrait atteindre 50 % de la consommation européenne d’ici 2030. Le Port de Dakar est identifié comme le hub le plus stratégique pour les exportations vers l’Espagne et d’autres pays européens.
Les auteurs précisent que ces groupes collaborent avec des intermédiaires locaux pour sécuriser le transport, le stockage et la protection, mais que la présence physique de nationaux balkaniques pourrait s’intensifier. Le PCC brésilien joue un rôle clé dans la fourniture et l’exportation de cargaisons, tandis que Dubaï demeure un refuge pour les fugitifs et un centre de blanchiment d’argent.
Le rapport alerte également sur la vulnérabilité des ports ouest-africains et sur l’utilisation de l’aviation générale, peu comprise, pour les trajets intra-continentaux et les flux vers l’Europe et l’Amérique latine. La consommation locale de cocaïne et de crack est en hausse, avec une baisse des prix dans certains pays, comme la Guinée-Bissau.
En conclusion, la GI-TOC recommande un renforcement de la coordination transcontinentale, une meilleure collecte et analyse du renseignement, ainsi qu’un ciblage précis des brokers et des réseaux financiers liés aux groupes balkaniques afin de perturber leurs opérations.
n Guinée équatoriale, Baltasar Ebang Engonga, surnommé « Bello », est condamné à huit ans de prison pour détournement de fonds, après la diffusion virale de sextapes ayant secoué le pays.
Baltasar Ebang Engonga, plus connu sous le surnom de « Bello », a été condamné mercredi à huit ans de prison ferme pour détournement de fonds publics par le tribunal provincial de Bioko, en Guinée équatoriale. Une décision assortie d’une amende de 125,4 millions de francs CFA, soit environ 190 000 euros, a précisé Hilario Mitogo, directeur général de presse de la Cour suprême de justice de Malabo.
Détournements documentés et indiscutables
L’ancien directeur de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) était jugé aux côtés de cinq autres hauts fonctionnaires pour avoir utilisé à des fins personnelles des montants allant de 5 à 125 millions de francs CFA, présentés initialement comme des frais de voyage ou de mission déjà financés par l’État. Le tribunal a estimé que ces détournements étaient bien documentés et indiscutables.
Cette affaire avait déjà fait sensation l’année dernière lorsque des vidéos intimes de Baltasar Ebang Engonga avaient fuité sur les réseaux sociaux.
À l’époque, le quinquagénaire se trouvait en détention préventive à la prison Black Beach de Malabo dans le cadre de l’enquête pour détournement. La diffusion virale de ces sextapes avait créé un véritable buzz, provoquant même une restriction de l’accès à Internet dans le pays pour limiter leur propagation.
« Balthazariem »
Ces vidéos, tournées à des dates et lieux variés – notamment au sein de son bureau au ministère des Finances – mettaient en scène le fonctionnaire avec plusieurs partenaires, y compris des épouses de dignitaires locaux. La polémique avait rapidement dépassé les frontières de la Guinée équatoriale, inspirant chansons, danses, photomontages et même la création d’un aphrodisiaque humoristique baptisé « Balthazariem », en référence à son nom. Les internautes ont surnommé le fonctionnaire « Bello », en raison de son physique jugé avantageux.
Baltasar Ebang Engonga est issu d’une famille influente : il est le fils de Baltasar Engonga Edjo, actuel président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Marié et père de famille, son parcours politique et administratif avait jusqu’ici été marqué par sa position stratégique au sein de l’administration équatoguinéenne.
Le tribunal de Bioko a souligné que la condamnation de Baltasar Ebang Engonga visait à envoyer un message clair sur la lutte contre la corruption et le détournement de fonds publics dans le pays. Les co-accusés, tous hauts fonctionnaires, ont également été sanctionnés à des peines et amendes proportionnelles à leur implication.
La stupeur et l’indignation se mêlent à la peur ce vendredi 22 août, au secteur 26 de Bobo-Dioulasso, après l’abattage d’un éléphant adulte égaré dans les ruelles du quartier. Alors que l’animal appartient à une espèce intégralement protégée au Burkina Faso, la décision des autorités forestières de l’abattre suscite de vives interrogations.
Repéré tôt dans la journée, le pachyderme a erré plusieurs heures au milieu des concessions, visiblement désorienté. Sa présence a attiré une foule de curieux, rendant la situation difficilement maîtrisable. Dans ses déplacements, l’animal a endommagé plusieurs biens, notamment des motocyclettes, et une personne a été blessée dans une bousculade, selon un reportage diffusé par la RTB.
Une issue controversée
Les agents des Eaux et Forêts, dépêchés sur les lieux, affirment avoir tenté sans succès de reconduire l’animal vers son habitat. « Nous avons essayé par tous les moyens de le faire repartir. Mais l’éléphant, devenu agressif, chargeait la population. La seule solution qui s’imposait a été de l’abattre », a expliqué le Lieutenant-Colonel Hassime Rabo, directeur régional des Eaux et Forêts du Guiriko.
Un choix qui soulève pourtant des critiques. L’éléphant d’Afrique est une espèce menacée et intégralement protégée par la loi burkinabè, ainsi que par plusieurs conventions internationales. Sa mise à mort, bien que justifiée par la nécessité de protéger la population, apparaît comme une contradiction avec les engagements du pays en matière de conservation.
Un problème récurrent et mal géré ?
Ce n’est pas un cas isolé. À Ouagadougou, un buffle a récemment été tué dans des circonstances similaires. Ces incidents répétés témoignent de la multiplication des incursions d’animaux sauvages dans les zones urbaines. Mais au lieu de mesures de prévention et de sauvegarde de la faune, la réponse semble se limiter à l’abattage.
Les spécialistes rappellent que la fragmentation des habitats, la déforestation et l’urbanisation incontrôlée poussent les animaux à s’aventurer dans les zones habitées. Plusieurs voix estiment que des solutions alternatives – comme la création de corridors écologiques, le renforcement des équipes de capture et la sensibilisation des populations – doivent être envisagées pour éviter que les abattages deviennent la norme.
Pour les habitants du secteur 26, la peur de cette journée restera vive. Mais pour les défenseurs de l’environnement, c’est surtout l’image d’un éléphant, emblème de la richesse naturelle du Burkina Faso, abattu en pleine ville, qui marque les esprits et appelle à repenser d’urgence la cohabitation entre humains et faune sauvage.
L’ancien président congolais Joseph Kabila est jugé par contumace pour trahison et complicité avec la rébellion de l’AFC-M23 soutenue par le Rwanda.
En RDC, le général Lucien René Likulia, représentant du ministère public, a appelé les juges de la Haute cour militaire à Kinshasa à condamner « à la peine de mort » Joseph Kabila pour « crimes de guerre », « trahison », et « organisation d’un mouvement insurrectionnel ».
Le ministère public requiert également 20 ans de prison contre l’ancien chef de l’Etat pour « apologie de crimes de guerre » et 15 ans de prison pour « complot ».
En exil depuis plus de deux ans, Joseph Kabila était apparu fin mai à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC. La ville est sous contrôle des rebelles de l’AFC-M23.
Il y avait mené des consultations avec des représentants politiques et de la société civile en vue, selon lui, de « contribuer au retour de la paix » en RDC. Dans ce cadre, l’ancien président s’était ensuite rendu à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, également aux mains de l’AFC-M23.
Félix Tshisekedi (à droite) a succédé à Jospeh Kabila en janvier 2019Image : Jerome Delay/dpa/picture alliance
Accusations de complicité avec le Rwanda
Depuis, Joseph Kabila n’a pas été revu en RDC.
Son procès s’est ouvert en son absence le 25 juillet devant une juridiction militaire à Kinshasa.
Selon le général Lucien René Likulia, Joseph Kabila, « en intelligence avec le Rwanda », a cherché à perpétrer un coup d’Etat contre son successeur Félix Tshisekedi et a voulu renverser le pouvoir par les armes.
Un moratoire sur l’exécution de la peine capitale en vigueur depuis 2003 en RDC a été levé en 2024. Aucune exécution n’a cependant eu lieu depuis.
Ce procès à lieu alors que les combats se poursuivent dans l’est de la RDC entre la coalition rebelle AFC/M23 et les forces congolaises, malgré la signature d’un cessez-le-feu entre les deux belligérants et d’un accord de paix signé aux Etats-Unis entre la RDC et le Rwanda.
Entre octobre 2025 et avril 2026, l’Afrique centrale et de l’Ouest s’apprête à vivre une séquence politique inédite : cinq présidents parmi les plus anciens du continent brigueront, chacun, un nouveau mandat. Paul Biya au Cameroun, Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, Yoweri Museveni en Ouganda, Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville et Ismaïl Omar Guelleh à Djibouti. Certes, Sassou et Guelleh n’ont pas encore officialisé leur candidature, mais rares sont ceux qui doutent de leur volonté de prolonger leur règne.
Des âges avancés, une longévité exceptionnelle
Le plus jeune de ces “candidats du long cours” a 77 ans ; le plus âgé, Paul Biya, atteint 92 ans. Tous cumulent plusieurs décennies de pouvoir, parfois plus longues que l’espérance de vie moyenne dans leurs pays respectifs. Biya règne depuis 1982, Museveni depuis 1986, Sassou alterne au pouvoir depuis 1979, Guelleh depuis 1999, et Ouattara, arrivé en 2011, s’apprête à briguer un quatrième mandat malgré les vives contestations de l’opposition.
Le paradoxe de la stabilité et de l’immobilisme
Pour leurs partisans, ces dirigeants incarnent la stabilité face aux incertitudes régionales : menace terroriste au Sahel, instabilité des institutions, crises sécuritaires. Mais pour leurs opposants, ils symbolisent l’immobilisme, l’accaparement du pouvoir et l’étouffement des alternatives démocratiques. Cette longévité politique nourrit un paradoxe : la continuité rassure certains, mais elle empêche le renouvellement et accentue la défiance des jeunes générations.
L’ombre des révisions constitutionnelles
Tous ont usé, à un moment ou un autre, de révisions constitutionnelles ou d’interprétations favorables des textes pour se maintenir. Ce phénomène, que les politologues qualifient de “constitutionnalisme opportuniste”, reste un obstacle majeur à l’enracinement démocratique sur le continent. La Commission de l’Union africaine, bien que régulièrement interpellée, peine à sanctionner ces pratiques, ce qui conforte les chefs d’État dans leur stratégie de longévité.
Quel avenir pour la relève ?
Ces élections à venir posent une question centrale : quelle place pour une véritable alternance démocratique dans ces pays ? La jeunesse, majoritaire dans la démographie africaine, observe avec scepticisme ce scénario de “présidences à vie”. Le risque est grand que ces scrutins renforcent l’idée d’un verrouillage politique, susceptible d’alimenter frustrations sociales et contestations violentes.
Un poème-pamphlet pour dénoncer la fermeture du Gabon aux travailleurs étrangers et le reniement du rêve panafricain.
Par Simplice Ongui
Alors que l’Agenda 2063 de l’Union Africaine appelle à l’unité, à la libre circulation et au partage des richesses entre peuples africains, le Gabon choisit de dresser des barrières économiques contre ses voisins. Le décret du 12 août 2025, interdisant aux étrangers l’exercice de nombreux petits métiers, a suscité colère et indignation dans toute l’Afrique centrale. Plus qu’une mesure administrative, il s’agit d’un signal politique clair : la xénophobie d’État se drape dans les habits du patriotisme économique. Ce poème-pamphlet, Mur contre l’Afrique, dénonce cette décision avec la voix de la révolte et de la mémoire. Dans l’histoire récente du continent, rares sont les gestes politiques aussi frontalement contraires à l’esprit panafricain que cette mesure gabonaise. Officiellement destinée à « protéger l’emploi des jeunes », elle s’attaque en réalité à l’un des piliers de la fraternité africaine : la solidarité entre nations. Ce texte poétique, à la fois cri et gifle, répond à cette fermeture par l’arme de la parole libre. Il fait écho à la douleur des déplacés, à l’humiliation des travailleurs privés de leur gagne-pain, et au rêve continental trahi.
Mur contre l’Afrique
Libreville, tu as claqué la porte non pas au vent, mais au souffle de l’Afrique.
Tu cries « chômage » comme on crie « au voleur », en pointant du doigt ceux qui viennent de chez nous, parce que chez nous, l’Afrique, c’est partout.
Tu interdis de vendre le pain, de tresser les cheveux, de réparer le téléphone, comme si la liberté avait un passeport.
L’Agenda 2063 ? Balayé d’un revers de décret. À Addis-Abeba, on rêve de routes ouvertes, à Libreville, on érige des murs de poussière.
Ce n’est pas un métier que tu chasses, c’est un visage. Ce n’est pas une loi que tu votes, c’est une frontière que tu creuses entre frère et frère, sœur et sœur.
Mais retiens bien, Gabon : l’exil est un boomerang. Demain, lorsque les tiens frapperont aux portes, les échos de ta fermeture leur répondront : « Circulez ».
Et l’histoire inscrira ce jour, en lettres noires sur ta mémoire : ici, un pays a choisi la peur plutôt que l’Afrique.
Les frontières dessinées par l’histoire coloniale n’ont pas suffi à diviser l’Afrique : certains dirigeants se chargent aujourd’hui de creuser de nouveaux fossés. Le Gabon, par cette interdiction ciblant les étrangers, oublie que chaque Africain est potentiellement un étranger quelque part. L’Agenda 2063 promet une Afrique ouverte et connectée ; Libreville offre, à la place, un avant-goût amer d’un continent cloisonné. À ceux qui érigent des murs, ce poème rappelle une vérité simple : on ne ferme jamais la porte à l’autre sans finir enfermé soi-même.
Simplice Ongui Dierecteur de Publication Afriqu’Essor Magazine osimgil@yahoo.co.uk
À l’approche de deux événements d’envergure pour le Maroc, la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 et la Coupe du monde 2030, une vive controverse éclate autour de la gestion des chiens errants dans le pays. Des associations de protection animale accusent le royaume de procéder à des campagnes d’abattage massives pour nettoyer les rues avant ces compétitions internationales, au mépris des engagements pris en matière de bien-être animal. De son côté, le gouvernement marocain réfute catégoriquement ces allégations, mettant en avant une stratégie alternative de contrôle de la population canine. Mais les critiques se multiplient, fragilisant l’image du Maroc sur la scène internationale.
Depuis 2019, les autorités marocaines affirment s’être engagées dans une politique dite TNVR (Trap, Neuter, Vaccinate, Return), visant à attraper, stériliser, vacciner et réintroduire les chiens errants dans leur milieu d’origine. Cette approche a pour but à la fois de limiter leur reproduction et de prévenir la propagation de maladies comme la rage, qui reste un problème de santé publique sérieux dans le pays. En 2024, 33 cas mortels de rage ont été recensés, et on dénombre près de 100 000 morsures de chiens chaque année.
Appel à la suspension du Maroc comme pays coorganisateur du Mondial
Malgré ces efforts déclarés, des ONG et militants affirment que des opérations d’élimination sont toujours en cours, y compris sur des animaux identifiés comme traités, reconnaissables à une boucle à l’oreille. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montreraient des chiens abattus à l’arme à feu ou empoisonnés, ce qui contredit les engagements pris par les autorités. Ces images ont choqué une partie de l’opinion publique, au Maroc comme à l’étranger.
Des personnalités publiques se sont emparées de l’affaire, à commencer par le chanteur David Hallyday, qui a adressé une lettre à la FIFA appelant à la suspension du Maroc comme pays coorganisateur du Mondial 2030. Il dénonce des pratiques « barbares » et « traumatisantes », notamment pour les enfants témoins des scènes. La Fondation Brigitte Bardot et la célèbre primatologue Jane Goodall se sont également mobilisées, rejoignant une coalition internationale réclamant une intervention urgente de la FIFA.
Jusqu’à trois millions de chiens abattus d’ici la Coupe du monde
L’organisation IAWPC (Coalition Internationale pour le Bien-être Animal) avance le chiffre de 300 000 chiens tués chaque année dans le royaume, parlant d’empoisonnements, de fusillades nocturnes et de fosses communes. D’autres ONG craignent même l’extermination de jusqu’à trois millions de chiens d’ici la Coupe du monde. Ces accusations s’appuient sur des témoignages et des images jugées accablantes. Face à cette indignation croissante, les autorités marocaines dénoncent des « attaques médiatiques injustifiées », fondées sur des données qu’elles jugent erronées.
Le ministère de l’Intérieur affirme qu’aucune campagne d’élimination systématique n’est en cours. Il rappelle les investissements réalisés pour renforcer les infrastructures vétérinaires, avec plus de 22 millions d’euros alloués à la construction de dispensaires adaptés à la méthode TNVR. Un projet de loi renforçant la protection des animaux errants a même été adopté en juillet 2025 et prévoit des sanctions pour maltraitance ou mise à mort illégale. Toutefois, sa mise en application reste inégale selon les régions, et les autorités locales sont parfois accusées d’ignorer les directives nationales.
Des drames humains ravivent la polémique
Plusieurs cas tragiques sont venus alimenter la tension. À Taghazout, une touriste suisse est décédée après avoir été mordue par un chien errant en juillet 2025, malgré des soins immédiats. En 2022, une Française a également succombé à une attaque à El Argoub. Plus récemment, une Britannique de 59 ans est morte de la rage après avoir été griffée par un chiot errant lors d’un séjour au Maroc. Des incidents qui témoignent de la gravité du problème et justifient, selon les défenseurs d’un contrôle plus strict, des mesures urgentes pour garantir la sécurité publique.
Néanmoins, d’autres voix appellent à une meilleure éducation des citoyens et à l’extension des campagnes de sensibilisation. Selon Salima Kadaoui, vétérinaire engagée à Tanger, 95% des morsures pourraient être évitées avec des gestes simples et une meilleure compréhension du comportement canin. L’ampleur de la polémique dépasse les frontières du Maroc. Au cœur de cette affaire se trouve une question de crédibilité internationale : le royaume peut-il coorganiser un événement de l’ampleur de la Coupe du monde tout en étant accusé de violer des principes éthiques fondamentaux en matière de protection animale ?
Une controverse aux enjeux mondiaux
Dans son dossier de candidature pour le Mondial 2030, le Maroc avait pourtant promis la fin des abattages dès août 2024, et le renforcement des mécanismes de soin pour les animaux errants. Si ces engagements venaient à ne pas être respectés, il n’est donc pas exclu que la FIFA se retrouve contrainte d’agir, sous peine de perdre la confiance de la communauté internationale. La FIFA est aujourd’hui confrontée à une pression sans précédent. Plusieurs pétitions circulent, et le débat prend une tournure politique et diplomatique. Le sort du Maroc comme coorganisateur de la Coupe du monde 2030 pourrait être en jeu si les allégations continuent à s’accumuler sans réponse convaincante.
L’influenceur Nazih Marwan Al-Azzi, connu sur les réseaux sociaux sous le nom Nazih, a été arrêté au Liban. Âgé de 25 ans, ce jeune Gabonais d’origine libanaise avait défrayé la chronique après avoir affirmé détenir des vidéos et audios impliquant le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema. Des enregistrements qui pourraient faire vaciller le Gabon, selon lui. Il demande à Libreville six milliards de francs CFA pour ne pas les diffuser.
Brièvement interpelé puis relâché par les services spéciaux du Gabon, Nazih s’est retrouvé au Liban où il a multiplié les invectives contre le président gabonais. Le jeune homme a été interpelé à Beyrouth par la Direction générale de la sûreté du Liban à la demande des autorités gabonaises, a confié à RFI une source sécuritaire gabonaise. Le Liban aurait agi à la suite de la diffusion par Nazih d’un premier enregistrement d’une conversation privée entre lui et le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema.
Toute la semaine dernière, l’influenceur a tenu le Gabon en haleine en affirmant que l’enregistrement diffusé n’était pas le dernier : il détiendrait 46 autres et 14 vidéos « compromettants », affirme-t-il
Pour acheter son silence, il a exigé au président une somme de six milliards de francs CFA (soit environ 9 millions d’euros). Un chantage qui a fait bondir les Gabonais.
Dans un communiqué, la communauté libanaise du Gabon s’est désolidarisée de son compatriote. De son côté, Beyrouth pourrait extrader le jeune homme au Gabon où il risque d’être inculpé pour corruption en bande organisée, chantage et injures publiques. Il n’existe pas d’entraide judiciaire entre le Liban et le Gabon, mais les deux pays auraient trouvé un arrangement.
Pour la Confédération helvétique, le président du Cameroun qui séjourne l’essentiel de son temps à Genève, est un peu comme le sparadrap du capitaine Haddock dans « L’affaire Tournesol ». Elle veut s’en débarrasser, mais il revient périodiquement dans son palace favori à Genève pendant des semaines.
En condamnant sa fille Brenda pour « injure », les magistrats suisses espèrent précipiter le départ de toute la famille
Ian Hamel, à Genève
Contrairement à son grand frère Franck Biya, pressenti pour succéder à leur père Paul Biya (au pouvoir depuis 1982) à la tête du Cameroun, Brenda Biya est certainement, de tous les enfants de Paul Biya (et même des autres chefs d’États de la sous-région), la plus iconoclaste.
Âgée de 26 ans, la jeune femme, qui a suivi une scolarité en Suisse dans un collège prestigieux à Versoix avant de poursuivre ses études aux États-Unis, puis d’être admise à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) du Cameroun, n’a pas suivi le chemin qui semblait lui être tracé.
Jet-setteuse et rappeuse
La jeune femme est très active sur les réseaux sociaux, où elle affiche un train de vie particulièrement luxueux. Un train de vie qui peut paraître indécent au regard de la situation dans laquelle vit l’écrasante majorité de ses compatriotes au Cameroun, et qui a été très abondamment critiqué dans la presse. C’est sur ces réseaux sociaux qu’elle s’était plainte d’être victime de racisme de la part d’un chauffeur de taxi à Los Angeles, qu’elle avait pris pour une course à 400 dollars (alors que le revenu mensuel brut d’un Camerounais en 2022 était de 138 dollars). Des courses de ce montant, qu’elle affirme prendre tout le temps.
Brenda Biya Dans un jet privé . Instagram de Brenda Biya.
Après s’être lancée dans la mode sans grand succès, Brenda Biya s’est tournée vers la musique, particulièrement dans le rap. Si son choix n’est pas une première pour un enfant de chef d’État africain (Ali Bongo a bien tenté une carrière musicale avant elle, et plus récemment, la princesse d’Eswatini s’est lancée dans le rap), ce choix a particulièrement surpris et embarrassé le pouvoir camerounais. King Nasty, son nom de scène, n’a pas encore, pour l’heure, conquis le haut des classements musicaux.
Brenda Biya et Reprudencia Sonkey, surnommée la « Lady Gaga africaine », chanteuse et créatrice de mode, étaient les meilleures amies du monde. Puis elles se sont fâchées et la fille du président Biya a traité son ex-copine de « dealeuse de drogue » et de « petite pute cocaïnomane ». Reprudencia Sonkey a déposé plainte à Genève car les messages insultants ont été envoyés depuis les bords du lac Léman. La chanteuse assurait que la fille du président camerounais résidait « depuis plusieurs années à l’hôtel intercontinental à Genève (…) Elle poste régulièrement sur les réseaux sociaux des photographies d’elles prises à Genève », écrit le site suisse Gotham City (1).
Brenda condamnée pour « injure »
Pour pousser son père, Paul Biya, hors de Genève où il séjourne la plupart du temps, la justice suisse vient de condamner sa fille, Brenda Biya, pour « diffamation », « calomnie » et « injure ». Brenda Biya a été condamnée à une amende de 2 400 francs suisses (2 570 euros) et à 60 jours-amendes à 200 francs avec un sursis de trois ans. Une bagatelle pour la dernière fille du président camerounais, née en 1997 quand son papa était déjà au pouvoir depuis quinze ans. Reprudencia Sonkey avait tout de même réclamé 100 millions de dollars de dommages et intérêts ! Le procureur général Olivier Jornot a surtout voulu insister sur le train de vie de la famille Biya qui réserve des chambres à l’année à l’Intercontinental alors que la majorité de la population camerounaise vit dans une grande pauvreté. C’est une petite épine dans le pied de Paul Biya, 92 ans depuis le 13 février dernier, qui se représente une nouvelle fois à la présidence de la République cet automne (2).
« Haine, violence et tribalisme »
En 2019 un consortium d’investigation Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) avait calculé que Paul Biya avait déjà passé quatre ans et demi à l’hôtel Continental, un palace planté à proximité du palais des Nations. Au sixième étage, il y occuperait une suite facturée autour de 150 00 euros par mois. Le problème, c’est que ses allées et venues en jet privé sont suivies sur des sites de tracking d’avions avant d’être relayés par la communauté camerounaise sur les réseaux sociaux. Résultat, les Camerounais, venus parfois de toute l’Europe, se relaient alors devant (et parfois dedans) l’hôtel pour tenter de lui rendre la vie impossible. En juin 2019, une quarantaine d’opposants ont ainsi forcé la porte d’entrée de l’établissement et se sont battus avec le service de sécurité du chef de l’État camerounais.
Cela fait désordre en perturbant le séjour de la clientèle fortunée qui fréquente habituellement l’Intercontinental. L’ambassade du Cameroun en Suisse avait aussitôt parlé de « bandits » venus « perturber le séjour de notre grand camarade », et de « projet barbare », expression de « la haine, de la violence et du tribalisme »… La même année, cinq membres de la garde rapprochée du maître de Yaoundé avait molesté un journaliste de la radio-télévision suisse. Ils se sont emparés de son matériel professionnel et de ses effets personnels et ils lui ont cassé ses lunettes. Les gardes du corps s’étaient prévalus d’une immunité diplomatique, que le tribunal a écarté. Aux yeux d’Olivier Jornot, le procureur général de Genève, « des représentants d’un État étranger se sont permis de faire la chasse à un journaliste qui ne représentait aucun danger, mais également à des opposants ». Ils se sont comportés comme « un État dans l’État ». Le pire, c’est que ce jour-là, Paul Biya, loin d’être en danger, n’était même pas sur place au moment des faits.
« Ce n’est pas aux Genevois de payer »
En 2021, une centaine d’opposants camerounais avait occupé la place des Nations, devant le siège européen de l’ONU, criant « Paul Biya assassin, la Suisse complice ». Tandis que des activistes forçaient l’entrée de l’Intercontinental. Un député socialiste, Sylvain Thévoz, avait alors estimé que la Suisse pouvait accueillir Paul Biya dans le cadre de négociations politiques. « Mais là, il vient à des fins privés. Ce n’est pas à nous, Genevois, de payer pour un déploiement policier afin que monsieur Biya puisse aller faire les boutiques à la rue du Rhône ». Une artère réputée pour ses banques, ses bijouteries et des boutiques de luxe.
Bref, la Cité de Calvin en a marre de ce chef d’État qui passe plus de temps au bord du lac Léman que dans son pays. Mais comment convaincre Paul Biya et sa famille de ne plus remettre les pieds dans un pays qui vit depuis si longtemps des riches touristes et surtout de leurs économies ?