” je n’imaginais pas un seul instant que le cours du destin viendrait tout changer en quelques jours.J’étais dans mon bureau à Paris, quand j’ai été appelé au gouvernement

C’est avec beaucoup de plaisir que nous nous retrouvons cet après-midi chez vous. La première question qui nous vient à l’esprit, c’est relativement aux élections régionales. Vous avez été désigné candidat du RHDP dans la région de la Bagoué. Comment est-ce que votre candidature a été accueillie dans l’ensemble de la région ? Surtout que votre désignation a suscité une volée de bois vert au niveau de certains acteurs politiques de la région.

Depuis un peu plus d’un an, je ne m’étais pas exprimé sur l’actualité politique nationale ou régionale. Merci donc pour l’occasion que vous m’offrez, de partager avec vos lecteurs, quelques éléments de mon engagement politique.

Je peux vous rassurer, ma candidature a été très bien accueillie au niveau de la région. Je pense qu’il n’y a pas meilleure illustration de cette affirmation que les images des tournées que j’ai effectuées dans la région après ma désignation. En politique, le plus important, c’est le terrain et le contact avec les populations. Et ce contact, nous l’avons et nous l’entretenons depuis une dizaine d’années. Je suis régulièrement sur le terrain aux cotés des populations, elles me voient, elles me touchent, elles me portent leurs préoccupations. Je les aide autant que je peux, je règle beaucoup de problèmes auxquels elles sont confrontées au quotidien, je les écoute, je transmets leurs préoccupations quand il y a lieu, etc. Donc je veux dire qu’avec les populations et le terrain, en réalité, il n’y a jamais eu de problème encore moins de rupture.

Vous avez parlé de volée de bois vert. C’étaient des bruits principalement sur les réseaux sociaux, entretenus par quelques personnes. Il suffit de reprendre le fil des publications et des échanges auxquels vous faites allusion, souvent désagréables pour ma personne, pour comprendre que tout cela n’était que l’œuvre d’une poignée de personnes, sans doute mises en mission pour discréditer ma candidature ou ma personne. La population dans son ensemble, ne s’est jamais sentie concernée par ces actes, contraires à nos valeurs et à la tradition politique dans la région, et continue de me faire confiance.

Monsieur le ministre, vous dites que ces volées de bois vert étaient principalement sur les réseaux sociaux. Pourtant, au cours d’une de vos dernières tournées, vous avez appelé à la réconciliation et à taire les divisons. S’il n’y avait pas de feu en la demeure, vous n’alliez pas lancer cet appel à l’apaisement, à la cohésion de tous les fils…

Vous savez, en politique et dans la situation du leader que je suis, il faut constamment être dans la posture de l’union, de l’apaisement, quelle que soit la difficulté qui se présente, fut-elle mineure. Je me suis imposé cette démarche à tous les niveaux de mon parcours politique.

J’ai été désigné par mon parti pour conduire les élections au niveau de la région de la Bagoué. Donc il me revient d’associer à mon action toutes les personnes, tous les cadres capables, d’une façon ou d’une autre, de m’aider, premièrement, à gagner dans les meilleures conditions ces élections, deuxièmement, à gérer de la meilleure façon le Conseil régional, de façon à apporter à nos populations ce qu’elles attendent de nous. Donc, j’ouvre les bras à tous, même à ceux qui, à un moment donné, ont eu des agissements peu recommandables. Je tends la main à tous ceux qui défendent la vision du Président Alassane Ouattara, qui croient en la philosophie Houphouétiste et qui aiment la région de la Bagoué.

 Justement monsieur le ministre, de façon concrète, quelles sont les actions que vous avez menées sur le terrain pour retrouver la cohésion autour de vous ? Quid du président sortant du conseil régional, selon des indiscrétions, n’a pas été ravi de vous céder la place. Quels sont vos rapports à ce jour ?

Sur le premier volet de votre question, vous avez dû noter qu’au niveau de mes prises de parole depuis plusieurs mois, j’ai toujours insisté sur le fait que nous avons l’obligation de travailler ensemble, que c’est l’intérêt du Parti que nous servons, le RHDP, et que c’est l’intérêt de notre région. Ma position a ainsi été clairement exprimée lors de la cérémonie de présentation des candidats de la région, en présence du Ministre d’Etat, Ministre de la Défense [M. Téné Birahima OUATTARA]. Depuis, je continue de tendre la main à tous les acteurs politiques de la région. Les Chefs traditionnels et les doyens d’âge ont été mis à contribution, de même que les premiers responsables de notre Parti au plan national. Aujourd’hui, je continue de mener des actions vers chacune des personnes concernées. Je n’en dirai pas plus pour le moment ; mais je peux vous l’assurer, mon leitmotiv est l’union et la collaboration sincères, et je continuerai de tendre la main à tous ceux qui peuvent contribuer à donner de la force à mon action au niveau de la région.

Vous avez cité le cas du président sortant. Nous avons récemment échangé au téléphone et je souhaite qu’il m’apporte son soutien, comme je l’ai fait pour lui en 2013 et en 2018. Je souhaite que nous sortions du temps des incompréhensions ou de l’amertume, pour ne voir que l’intérêt de la région et celui de notre parti.

Les populations de la Bagoué ont beaucoup d’attentes. En venant à ce poste, elles attendent beaucoup de vous. Monsieur le ministre, qu’est-ce que qu’elles réclament essentiellement ? Quelles sont les priorités en matière de développement dans votre région ?Bruno Nabagné KONÉ (@Bruno_N_Kone) / Twitter

Ce serait un euphémisme que de dire que les attentes sont très nombreuses, en matière d’infrastructures, qu’elles soient routières, scolaires, sanitaires, etc. Il y a les attentes vis-à-vis de l’Etat central, auxquelles nous essayons d’apporter des réponses, en sollicitant au besoin nos premiers responsables, les ministères techniques concernés. Il y a également les missions dévolues au conseil régional, dont le rôle est de prolonger et d’adapter localement l’action du gouvernement. Il va de soi que ces missions continueront à s’exécuter, avec au moins le même rythme et la même intensité. Mais mon ambition en réalité, c’est d’aller au-delà de ces missions classiques, pour faire en sorte que notre action soit plus impactante au niveau de la vie des populations. Que nous puissions aider à réduire plus sensiblement la pauvreté, à mettre en valeur les nombreuses opportunités que nous entrevoyons dans notre région. Notre région continue d’être présentée comme l’une des plus pauvres de notre pays, mais quand nous y allons, nous voyons les potentialités en matière agricole, avec le riz, le maïs, le fonio, les cultures vivrières, etc., nous voyons les potentialités en matière d’aquaculture, avec le fleuve la Bagoué qui traverse toute la région, nous voyons les potentialités en matière d’élevage, de bovins, d’ovins, de caprins, de volaille, etc. Depuis une dizaine d’année, nous organisons les femmes à travers la FEGAF (Fédération des Groupements et Associations Féminins de la région de la Bagoué) et les résultats à ce niveau sont très encourageants. Cette fédération regroupe aujourd’hui plus de 30.000 femmes, rendues plus autonomes, qui vivent mieux grâce aux cultures maraîchères, à la transformation, à la conservation et au soutien que nous apportons à la commercialisation de leur production. Notre ambition, c’est bien d’aller au -delà des missions classiques de l’Etat central ou du conseil régional, pour apporter ce plus qui améliore la vie des populations, qui donne des perspectives à nos jeunes, qui rend notre région plus prospère et lui permet de participer davantage à la création de richesse et d’emplois dans notre pays. Tout cela parait très ambitieux mais avec la volonté, le travail et dans l’union, nous y arriverons.

Monsieur le ministre, certains de vos détracteurs que nous avons eus avant d’arriver à cette interview, disent s’interroger sur ce que vous avez fait depuis plus de 10 ans dans la bagoué en votre qualité de cadre et ministre en terme de projets, de cohésion sociale et d’insertion sociale des jeunes. Que leur répondez-vous ?

Cela me fait plutôt sourire. Pour faire simple, je vous invite à aller sur mes fils d’actualité, consultables sur les réseaux sociaux. Depuis 2011 jusqu’à ce jour, j’ai été le premier et le principal animateur du RDR, puis du RHDP dans la région, et vous n’ignorez pas ce que cela exige comme efforts, sur tous les plans. Au plan de la cohésion, nous avons mené un grand nombre d’actions. L’une des plus marquantes, c’est par exemple, d’avoir réconcilié les ex chef de canton de Boundiali [Ténéhouré] et de village, en froid pendant plusieurs décennies. Une grande cérémonie de réconciliation s’est tenue à Boundiali en 2014 et je sais ce que cela a ensuite apporté à notre capitale régionale. Nous avons réglé de nombreux problèmes de terres, des problèmes de chefferie, etc. Il est indéniable que notre région avait toujours été très apaisée, jusqu’à ma déclaration de candidature à l’élection du Conseil régional. Faites vos enquêtes et vous verrez que ma personne ou mon action ne sont pour rien dans les quelques dissensions notées depuis un an.Le ministre Koné Bruno et la nièce de Ouattara se sont mariés !! - afriquefemme.com

Au niveau des jeunes, des efforts importants ont été faits, qui ont permis à plusieurs centaines d’entre eux, d’avoir aujourd’hui un emploi salarié ou une activité génératrice de revenus. En 2014 déjà, un tracteur avait été remis aux jeunes de Kouto pour leur permettre de se prendre en charge ; des centaines de jeunes ont bénéficié de prises en charge pour le permis de conduire, des aides ponctuelles ont été apportées à de nombreux jeunes pour leur permettre de réaliser des activités génératrices de revenus, etc. Pratiquement tous les mois, nous visitons notre région, et au-delà des cérémonies et autres activités visibles, nous en profitons pour régler de nombreux problèmes qui nous sont soumis. Depuis 4 voire 5 ans, nous soutenons mensuellement la totalité des chefs traditionnels de notre région. Ces derniers sont les mieux placés pour en parler mais je sais ce que cela représente pour eux. Je n’ai jamais pensé qu’il était dans mon rôle de me substituer à l’Etat central ou au Conseil régional pour la réalisation d’infrastructures. De toutes les façons, mes moyens n’auraient jamais suffi pour cela. L’Etat faisait déjà ce qu’il devait faire, le Conseil régional jouait sa partition et s’il y avait une action pertinente à apporter, c’était au plan social, et c’est ce que nous avons fait, pour aider les populations à mieux se porter, à vivre mieux, à mieux se soigner, à envoyer leurs enfants à l’école, à trouver du travail, à être plus dignes et plus épanouies, etc. les attentes de nos populations ne se limitent pas aux seules infrastructures et notre action doit également viser le bien-être de chacun et de chacune.

Vous êtes candidat à la présidence du Conseil régional de la Bagoué. Pourquoi vous et pas quelqu’un d’autre ? Certes vous avez mené beaucoup d’actions sociales. Mais il se dit dans la région que si vous êtes aujourd’hui candidat retenu, c’est bien par rapport à votre proximité avec la famille présidentielle. Que répondez-vous à cela ?Lancement de la première édition des journées de la salubrité de Kouto dénommé «Journée du grand ménage » par le Ministre Bruno Nabagné Koné - Abidjan.net Photos

(Sourires) Je vais être franc avec vous ; ma proximité avec la famille du président m’impose en réalité plus d’obligations qu’elle ne me donne de privilèges. En tout cas, dans ma culture à moi, ce n’est pas en étant proche qu’on peut se permettre ce qu’on veut. Je sais que je dois mériter la confiance qui m’est faite et que je dois faire plus que les autres pour paraitre légitime. J’ai eu un parcours professionnel que je pense honorable, avant d’arriver à ce niveau et je pense mériter d’être là. Nous pourrions en reparler à une autre occasion. Et je viens de vous le dire, depuis 10 ans, sans bruits, j’ai conduit les activités du RDR d’abord, puis du RHDP dans la région. Les résultats sont là et ils sont positifs. Aux dernières élections présidentielles, nous avons obtenu l’un des meilleurs scores au plan national et aux dernières élections législatives, nous avons battu tous nos adversaires, y compris les indépendants. Tout cela est très récent et les images sont encore là pour vous permettre d’apprécier par vous-même, le rôle que j’ai joué à ces occasions. Je suis dans la région très régulièrement et vous pouvez là-aussi, apprécier mes rapports avec les populations. Dans mes fonctions ministérielles, les résultats sont visibles et je vous laisse les juger. Dois-je vous faire noter que j’ai été publiquement félicité à la fois, par le Premier Ministre et par le Président de la République, qui sont loin d’être complaisants dans leur jugement de l’activité gouvernementale. J’aurais pu être candidat dès 2013 au Conseil régional de la Bagoué, mais j’ai volontairement décidé d’attendre d’être prêt et d’être en mesure de réussir cette mission. Je vous prie de sortir des jugements de valeur et d’apprécier ma candidature par rapport à mes capacités et à mon rapport avec les populations de la Bagoué. Je ne connaissais pas mon épouse avant d’entrer au Gouvernement et tous les jours, je travaille avec acharnement pour mériter la grande confiance que me font le Président de la République et le Premier Ministre. Le reste, c’est ma vie privée…

Quelles sont vos chances de remporter les élections régionales dans la Bagoué ?

En toute humilité, je dirai 100% (rires). Parce que premièrement, c’est une région qui est acquise au Rhdp, c’est une région qui a fortement bénéficié de tout ce que le Président Alassane Ouattara a fait au cours des 11 dernières années. Deuxièmement, comme je vous l’ai dit précédemment, c’est une région que je sillonne personnellement depuis 2011. J’en connais la sociologie, tous les recoins et hameaux reculés ; je connais les populations, et ces populations me connaissent. Franchement, rien ne me permet aujourd’hui de douter un seul instant de la victoire du Rhdp à cette élection.

Votre région fait partie de celles qui sont sous la menace djihadistes. A ce niveau que comptez-vous faire pour mettre les jeunes à l’abri de ce fléau qui déciment les populations de plusieurs régions dans le monde ?

Je pense qu’aujourd’hui, l’Etat à une approche très pragmatique et efficace par rapport à ce phénomène. Le gouvernement a compris que la meilleure façon de lutter contre le terrorisme, était de donner une occupation saine et des revenus réguliers aux jeunes, qui sont la cible principale des recruteurs terroristes. Aujourd’hui, l’accent est mis sur la création d’emplois, sur la construction d’infrastructures, sur le développement des régions concernées par cette menace. Si les jeunes sont sainement occupés dans la journée, qu’ils ont une activité rémunératrice, que le soir ils peuvent se divertir, qu’ils peuvent faire du sport, qu’ils ont accès aux mêmes facilités que les autres jeunes du pays, qu’ils ne se sentent pas marginalisés, qu’ils ont des perspectives, ils n’auront aucune raison d’aller vers ce type d’extrémisme violent. Nous accompagnerons cette vision et cette action de l’Etat. Je l’ai déjà dit, notre leitmotiv sera de réduire la pauvreté, de créer des opportunités d’emplois, d’occuper sainement les jeunes, de leur offrir des opportunités et de meilleures perspectives sur place.

Vous avez fait cas de votre proximité avec la population et que la Bagoué est également acquise au RHDP. Fort est cependant de noter qu’il y a des candidats autres que vous qui sont en embuscades. Ne craignez-vous pas une mauvaise surprise ?

Je vous ai dit tout à l’heure à dessein, qu’en 2021, nous avons battu tous nos adversaires, du GPS, du PDCI, du FPI, etc., et nous avons même battu les indépendants issus de nos rangs. Je suis dans le même état d’esprit cette année. Quand on va à un combat, on se prépare au pire. Je ne néglige aucun des adversaires potentiels mais nous avons nos forces et nos atouts, que j’ai précédemment décrits.

Monsieur le ministre, dans la région, certaines langues font savoir que quelques-uns de vos proches, se préparaient en indépendants pour affronter les candidats officiels du RHDP au niveau des municipales. Si c’est avéré, cela n’entacherait-il pas votre image dans le parti et porter par ailleurs un coup contre le RHDP, votre formation politique ?

Je n’ai jamais compris ce qualificatif « de proches de vous… ». Je vous le dis clairement ; aucun proche de moi ne se hasarderai à tenter une telle aventure. J’ai des collaborateurs et dans les fonctions que le Parti m’a régulièrement confiées, j’ai toujours ouvert les bras à tous, j’ai toujours travaillé avec ceux qui ont accepté de m’accompagner. Le RHDP sera un parti encore plus fort si nous savons rassembler nos forces et si nous savons éviter la logique des clans, qui divise, et ne peut que nous affaiblir. Le candidat du RHDP, de n’importe laquelle des circonscriptions électorales, est d’emblée mon candidat. Je n’en ai pas d’autres. Voilà comment je fonctionne depuis 12 ans dans la région et tous le savent. Il y a des candidats que j’ai soutenus alors que je les connaissais à peine, tout simplement parce qu’ils étaient retenus par le Parti. Je ne soutiens aucun candidat indépendant aux municipales dans la Bagoué et je ne souhaite pas que mon nom soit associé à ce type d’aventure, que je considère comme sans lendemain. Je demande à ceux qui n’ont pas été retenus de rester dans le jeu, en soutenant les candidats du Parti, et s’ils le souhaitent, en se préparant pour les prochaines échéances.

Monsieur le ministre, vous dites qu’il y a un seul RHDP. Malheureusement le constat est que pour beaucoup de personnes dans la Bagoué, il y aurait plusieurs camps dont le vôtre, celui des ministres Kandia Camara et Mariatou Koné, notamment. Qu’en est-il exactement ?

Depuis 2011, le parti m’a régulièrement fait confiance en me confiant la supervision de toutes ses activités dans la région, qu’il s’agisse d’élections, de recensement électoral, d’organisation d’évènements, de structuration et d’animation du parti, d’animation des sections et des comités de base…, en un mot, tout ce qui a été réalisé dans la région par le RHDP depuis 2011, a été fait sous ma supervision ou avec mon accompagnement. Quand je suis désigné ou mis en mission, j’appelle tout le monde, mais à la fin, je fais avec ceux qui acceptent de m’accompagner. Je ne suis pas dans une logique de clans et souhaite, pour les prochaines élections, que tous ceux qui soutiennent le RHDP et la vision du Président Alassane Ouattara se mettent ensemble, sans calculs, pour les remporter et renforcer la place du parti dans la région. Nous sommes fiers de ce qui a été au cours des 12 dernières années, et nous sommes déterminés à tout faire pour que notre région et notre pays poursuivent leur marche en avant.

Il y en a qui refuse de vous accompagner ?

Quand quelqu’un refuse d’être avec vous, vous avancez sans lui. Vous ne pouvez pas forcer celui qui refuse de vous accompagner. Si ça ne tenait qu’à moi, il n’y aurait pas de proche de ci, de çà etc. parce que c’est le RHDP. Je travaillerai avec tous ceux qui sont RHDP, qui soutiennent la vision du Président de la République, qui travaillent pour accompagner cette vision-là, qui veulent le bien de la région de la Bagoué et qui acceptent de m’accompagner dans les missions qui me sont confiées. Je ne connais pas l’exclusion et Je n’ai jamais exclu personne, c’est pourquoi je comprends difficilement cette logique de proche de tel ou de tel. Le parti devrait d’ailleurs prendre clairement position contre certaines actions isolées et contreproductives menées, qui affaiblissent notre action collective.

Monsieur le ministre pour gagner cette élection, vous avez besoin d’une union sacrée. A ce sujet comment expliquer vous le fait que certains refusent de vous accompagner ?

Jusqu’au bout, jusqu’à l’élection du 2 septembre, je continuerai à tendre la main. Je le fais dans tous mes discours. Observez ma parole publique dans la région au cours des dernières années, et vous noterez qu’elle a toujours fait la promotion de l’union et du rassemblement. Cette image des cinq doigts de la main, je l’ai prise à maintes reprises dans la région, pour illustrer cette force qui peut venir de nos différences quand la vision et l’action sont cohérentes. Les cinq doigts de la main n’ont pas la même forme, n’ont pas la même longueur, et individuellement, sont faibles, mais mis ensemble, et mus par la même pensée, ils représentent une force. J’en appelle encore à tous. Je souhaite que tous ceux qui entendent le message du RHDP, qui soutiennent la vision du RHDP, qui soutiennent le Président Alassane Ouattara, acceptent de travailler ensemble. Pour ma part, je continuerai à faire tous les efforts nécessaires pour rassembler et mériter la confiance du parti. Par le passé, j’ai soutenu certains, parce qu’ils étaient les candidats du RHDP. Je l’ai fait en 2011, en 2013, en 2016 et en 2018. J’attends le même soutien de tous pour les candidatures de 2023.

L’actualité aujourd’hui, c’est la question du retrait du nom de Laurent Gbagbo sur la liste électorale. Pour les membres de sa formation politique, il s’agit d’une injustice qui a été faite à l’ex chef d’Etat. Monsieur le ministre, quelle est votre analyse de la situation ?

Parce qu’il y a des personnes plus légitimes pour en parler, comprenez que je ne m’étende pas sur les questions d’actualité nationale. En deux mots, je dirai que la radiation d’une personne de la liste électorale est d’abord une question éminemment juridique, puis une question éminemment politique. Ce sont les deux voies qui s’offrent au Président Laurent Gbagbo et à ses partisans. Pour les aspects judiciaires, nous savons tous que nul n’est au-dessus de la loi et qu’en République, force demeurera toujours à la loi. Les plus hautes instances judiciaires de notre pays s’étant prononcées, cela s’impose à tous. Pour ce qui est de la voie politique, qui n’a aucun secret pour le Président Gbagbo, nous ne pouvons que recommander le dialogue et la négociation.

Des personnes parlent de fraude sur la liste électorale au niveau régional. Quel commentaire ?

Je fais confiance à la Commission électorale indépendante qui a élaboré ces listes, sans aucune interférence avec nos équipes au plan local. Je ne vois pas de raison de douter de la qualité d’une institution de cet ordre, qui de surcroit, est indépendante dans son fonctionnement et dans l’exécution de ses missions. Au-delà, les procédures de la CEI permettent à tous ceux veulent apporter des corrections à la liste, de le faire librement pendant la période ouverte à cet effet, celle du contentieux. Pour être franc, le sujet de la liste électorale n’a jamais été une préoccupation pour moi, car je reste convaincu que les erreurs ou coquilles qu’elle peut contenir, ne peuvent pas changer l’issue d’un scrutin, qu’il soit national ou local.

La CEI et son président sont au banc des accusés. Ils sont accusés par l’opposition d’être ‘’une cellule politique du RHDP’’, dans l’affaire dite de la radiation de Laurent Gbagbo. Y a-t-il des raisons, selon vous de douter de cette commission électorale ?

Une cellule du parti au pouvoir dans laquelle il y aurait des représentants des partis d’opposition ? C’est un débat qui, de mon point de vue, ne devrait pas se faire. Une période a été ouverte pour le contentieux et ceux qui avaient vraiment des arguments y sont allés. Le président de la CEI, qui a fortement communiqué avant l’ouverture de cette période, ne demandait que cela ; que tous ceux qui le souhaitaient, contribuent effectivement à parfaire la liste électorale. Personnellement, je fais confiance à la CEI et je pense que la loi électorale et les mécanismes mis en place par l’Etat permettent que les résultats des élections soient conformes aux choix opérés par les électeurs.

Vous êtes candidat à la tête de la région de la Bagoué. Si vous avez les populations en face de vous, qu’est-ce que vous leur diriez ?

Je leur dirai de commencer par apprécier les changements importants que notre pays et notre région ont connus depuis 2011. Pour nous autres qui avons bien connu la région avant la crise de 2000, aggravée en 2002, en 2004, et en 2010, et les évolutions sont notables. En 2010, les poches de pauvreté se trouvaient partout. L’administration avait déserté la région, les écoles étaient fermées, les tables-bancs avaient été utilisées comme fagots, les centres de santé étaient à l’arrêt et le matériel inutilisable, l’agriculture ne générait pratiquement pas de revenus pour les populations qui croulaient sous le poids de la pauvreté, etc. Les choses ont recommencé à se normaliser depuis la prise de fonction effective du Président Alassane Ouattara et aujourd’hui, cette région revit. Les projets routiers importants ont été réalisés : Boundiali-Tengréla bitumé, Boundiali-Odiénné bitumé, Boundiali-Kani bitumé, Boundiali-Dianra en cours de bitumage. L’hôpital général de Kouto et le CHR de Boundiali sont en construction. Nous aurons ensuite la réhabilitation du CHR de Tengréla. Des écoles poussent partout. Des industries s’installent. Nous sommes passés de 6 établissements secondaires publics en 2011 à une trentaine aujourd’hui. En 2011, seulement 39 localités sur 166 étaient électrifiées. Aujourd’hui, nous sommes à plus 90% de localités électrifiées. Les populations vivent mieux aujourd’hui et partout, l’on note des signes palpables d’amélioration de leurs conditions de vie. Ce que je dirai à ces populations, c’est de continuer à faire confiance à celui qui a permis tout cela, le président Alassane Ouattara, et à l’équipe qui l’accompagne. C’est de leur demander de continuer à soutenir et à accompagner le RHDP dans son œuvre de transformation de la Côte d’Ivoire.

Quel est votre mot de fin ?

Nous sommes dans un pays qui a beaucoup progressé. Nous sommes dans un pays qui est admiré par tous, dont les résultats économiques sont jugés exceptionnels par tous les experts. Nous lisons les statistiques et nous voyons comment la Côte d’Ivoire progresse sur toutes les échelles et se modernise. Nous parcourons le pays et voyons les améliorations continues dans la vie des populations, qui sont d’ailleurs les premières à en témoigner. Peu de pays dans le monde ont connu ces niveaux de performances en 10 ans. Cela ne peut pas être le fruit du hasard. C’est d’abord les atouts naturels indéniables de notre pays, mais également, une vision éclairée, une réflexion approfondie, du travail de qualité, par une équipe qualifiée et compétente. Nous sommes fiers aujourd’hui de ce que notre pays est devenu et nous sommes confiants pour le futur de la nation ivoirienne. Notre souhait est que les Ivoiriens continuent de faire confiance au président Alassane Ouattara et à l’équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Patrick Achi. Faisons en sorte de préserver la paix et l’entente, qui permettent à notre pays de progresser et à nos populations de vivre mieux. A titre personnel, je suis heureux et fier d’être témoin et acteur de ce processus important de transformation de notre pays.

T.A(Lebanco)

ENCADRE

Bruno Koné Nabagne :” je n’imaginais pas un seul instant que le cours du destin viendrait tout changer en quelques jours.

« J’étais dans mon bureau à Paris, quand j’ai été appelé au gouvernement. » J’ai souvent raconté cette anecdote mais je vais à nouveau le faire. J’occupais à l’époque depuis environ un an, la fonction de Directeur des Affaires Institutionnelles et Règlementaire de la zone AMEA (Afrique, Moyen-Orient, Asie) du groupe France-Télécom ORANGE, après avoir auparavant occupé pendant deux ans la fonction de Directeur de l’Audit Finances. J’étais à fond dans mes fonctions et je n’imaginais pas un seul instant que le cours du destin viendrait tout changer en quelques jours. J’étais ce jour-là dans mon bureau et vers la mi-journée, je reçois un coup de fil qui me demande avec insistance, de rejoindre Abidjan. C’était le Secrétaire Général de la Présidence de l’époque (paix à son âme), Amadou Gon Coulibaly, qui m’a juste dit que le chef de l’Etat, qui venait d’entrer en fonction, souhaitait avoir des échanges avec un certain nombre de cadres sur des secteurs de notre économie et que j’étais l’un de ceux qui avaient été retenus pour celui des télécommunications. C’était un mardi et en raison de crise sociopolitique de l’époque, il n’y avait que 2 vols par semaine entre Paris et Abidjan, le mardi et le vendredi. Je m’empresse donc de dire à mon interlocuteur que j’allais m’arranger pour prendre le vol de vendredi, et qu’étant salarié, une autorisation de ma hiérarchie était nécessaire pour me permettre d’effectuer un tel voyage. Il insiste sur l’urgence et propose de me revenir. Ce qu’il fait quelques heures plus tard, pour me dire qu’il y avait un vol de Royal Air Maroc le mercredi, qui faisait le trajet Paris /Casablanca puis Casa/Abidjan, et qu’il fallait absolument que je le prenne pour me permettre d’honorer ce rendez-vous important. J’étais à la fois surpris et honoré mais aussi un peu ‘’agacé’’ par la pression qui m’étais mise, compte tenu de ma charge de travail en ce moment-là. Après avoir obtenu l’autorisation de ma hiérarchie pour m’absenter le reste de la semaine, j’ai été contraint ce même soir, en quittant le bureau et vu qu’une réservation en ligne n’était plus possible, de me rendre à l’agence RAM de l’aéroport d’Orly pour prendre mon billet. Sur le chemin pour Orly, j’ai été à plusieurs reprises tenté de sortir de l’autoroute, en raison de la densité du trafic à cette heure-là. J’étais à deux doigts d’abandonner mais qu’aurais-je dit à mon interlocuteur ? J’ai fini par arriver à Orly, à prendre mon billet et à embarquer dans l’avion du lendemain, mercredi, pour Casa, avec juste un trolley contenant quelques effets personnels pour 2 ou 3 jours et des documents de travail. A l’atterrissage à Casa, j’ouvre mon téléphone, qui est submergé d’appels et de messages de félicitations venant principalement d’Abidjan. J’apprends ensuite, en appelant une connaissance à Abidjan, que la liste des membres du Gouvernement venait d’être publiée et que j’étais nommé au poste de Ministre de la Poste et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Voilà comment j’ai été nommé, sans avoir eu besoin acte de candidature, sans y avoir même pensé. Et le lendemain de mon arrivée à Abidjan, le 02 juin2011, je suis reçu à 10 heures par le Chef de l’Etat, avec qui je n’avais eu le privilège d’échanger directement. Je garde le souvenir d’un échange très courtois, avec une personnalité très cultivée mais humble, et surtout curieuse de comprendre les grandes évolutions dans le secteur des télécommunications. Dans l’après-midi, à 16 heures, j’ai mon tout premier échange avec le Premier Ministre de l’époque, Guillaume Soro, qui me dit ceci ; <<Monsieur le ministre, le chef de l’Etat m’a instruit de préparer à sa signature pour demain, un décret vous désignant porte-parole du gouvernement>>. Je tombais des nues, tout en comprenant mieux le sens de certains aspects des échanges du matin avec le Président de la République. C’en était trop en à peine 48 heures, et je tentai cette fois, de décliner cette nouvelle offre jusqu’à ce que le PM m’invite à informer moi-même le Chef de l’Etat de mon refus d’accepter la fonction de porte-parole. Voilà, comment je me retrouve, le vendredi 03 juin, à lire mon premier communiqué, à l’issue du premier Conseil des ministres tenu ce jour-là et comment, pendant 7 ans, j’ai occupé cette fonction. J’ai tenu à vous raconter tout ceci, afin que vous voyiez ce que la force du destin peut faire dans ce que nous sommes et ce que nous devenons. Nous ne sommes pas toujours ce que nous voulons être et la force ou l’entêtement ne sont pas toujours la voie vers ce que nous voulons. Certains diront que c’est la chance, mais sachez que la chance, pour les personnes pragmatiques, est la rencontre entre l’opportunité et le travail. En réalité, seuls le travail et les résultats permettent d’avancer professionnellement et d’occuper certaines hautes fonctions.

T.A

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