Auteur/autrice : iciabidjan

  • Echos de la présidentielle. Don Mello promet : « Les femmes au foyer auront un salaire »

    Echos de la présidentielle. Don Mello promet : « Les femmes au foyer auront un salaire »

    Ahoua Don Melo n’a pas été avare en promesses face aux femmes qu’il a rencontrées en meeting, au complexe Astoria Palace de Yopougon, le mardi 21 octobre 2025 : « Les femmes, vous avez une place de choix dans mon programme. Nous voyons vos souffrances. Et nous allons changer tout cela.»

    De façon plus précise, il égrène : « Nous allons financer vos activités, vos commerces. Il y aura des emplois pour toutes les femmes. Pour les mamans, nous allons construire des crèches pour vos enfants. Les femmes au foyer auront un salaire grâce à un soutien financier. Nous allons donner des bourses d’études à celles qui vont à l’école. Nous allons instaurer une brigade pour lutter contre les harcèlements sexuels. Cet ensemble de politique de valorisation de la femme, Ahoua Don Mello sait faire ».

    Ces sympathisantes, venues nombreuses, ont bravé la pluie pour accueillir et écouter celui qu’elles considèrent déjà comme le nouveau Président élu. L’ambiance électrique issue des cris de joie et de chants de gloire, à l’honneur d’Ahoua Don Mello, donnait l’impression qu’on célébrait en avance la victoire du technocrate.

    Mouhamed I. Koné

  • Côte-d’Ivoire: Fausse rumeur « sans fondement » de coupure d’Internet à l’approche de la présidentielle

    Côte-d’Ivoire: Fausse rumeur « sans fondement » de coupure d’Internet à l’approche de la présidentielle

    À quelques jours du scrutin présidentiel prévu pour le samedi 25 octobre 2025, de fausses rumeurs circulent à nouveau sur la toile ivoirienne.

    Selon plusieurs messages relayés sur les réseaux sociaux, le président Alassane Dramane Ouattara aurait ordonné la réduction du débit Internet, voire une coupure totale des connexions dans tout le pays, à des fins de « sécurisation nationale ».

    Ces allégations sont sans fondement. À ce jour, aucune coupure d’Internet n’a été officiellement annoncée par les autorités ivoiriennes, ni par les opérateurs Orange, MTN ou Moov Côte d’Ivoire.

    Plusieurs sources crédibles — dont RFI, France 24, Jeune Afrique, Abidjan.net, iciabidjan.com et Connectionivoirienne.net — ne confirment aucune mesure de restriction d’accès au réseau.

    Les messages viraux qui circulent actuellement présentent toutes les caractéristiques d’une intox, typique des périodes électorales où la désinformation s’intensifie.

    Les autorités appellent d’ailleurs les citoyens à vérifier les informations avant de les relayer, afin d’éviter la propagation de fausses nouvelles susceptibles d’attiser les tensions à la veille du vote.

  • Côte d’Ivoire – Agboville: la ville sous haute surveillance

    Côte d’Ivoire – Agboville: la ville sous haute surveillance

    Un gendarme a été tué tôt ce lundi 20 octobre 2025, lors d’une mission de patrouille sur l’axe Agboville–Azaguié, à environ 500 mètres de Grand Yapo, dans le département d’Agboville (sud de la Côte d’Ivoire).

    Selon des sources sécuritaires, l’équipage de l’Escadron 3/10 d’Agboville a essuyé des tirs à la chevrotine de calibre 12. Le Sous-lieutenant Daniogo Klénon Lassina, atteint au cou et à l’abdomen, a succombé à ses blessures malgré une évacuation d’urgence.

    À la suite de ce drame, la ville d’Agboville et plusieurs localités environnantes, notamment Grand Yapo, Obodjikro et Moutcho, ont été quadrillées par les forces de l’ordre. Des contrôles renforcés sont signalés à Érimakoudjé, à la sortie d’Agboville, où des cars de transport ont été interceptés, les passagers descendus et les véhicules minutieusement fouillés.

    À Obodjikro, des gendarmes et policiers — certains encagoulés — ont procédé à plusieurs arrestations de jeunes et fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des attroupements.

    Dans le même temps, un mouvement de protestation a éclaté à Moutcho, sur l’axe Agboville–Adzopé. Des associations de jeunes y ont dénoncé les promesses financières attribuées au ministre de la Santé, accusé de chercher à « acheter » la bienveillance de certaines autorités traditionnelles locales.

    Acheter des vitamines et des compléments alimentaires

    La situation demeurait tendue en fin de matinée, selon plusieurs sources concordantes, tandis que les forces de sécurité poursuivaient leurs opérations de ratissage dans la zone.

    Connectionivoirienne


    ASSASSINAT DU SOUS-LIEUTENANT DANIOGO KLÉNON À GRAND-YAPO : PLUSIEURS SUSPECTS INTERPELLÉS

    Plusieurs suspects ont été interpellés ce lundi 20 octobre 2025, peu après l’annonce de l’assassinat à Grand-Yapo d’un sous-lieutenant de la Gendarmerie nationale, en mission de sécurisation et de rétablissement de l’ordre public.

    Le drame est arrivé tôt dans la matinée, aux environs de 4 heures. Selon le communiqué du gouvernement qui rapporte les faits, le sous-lieutenant Daniogo Klénon Lassina était en mission de sécurisation et de maintien de l’ordre.

    D’après les premières informations, l’incident s’est produit lorsque des individus encagoulés et armés de fusils de calibre 12 ont monté plusieurs barricades, paralysant la circulation sur cet axe très fréquenté du sud du pays.  Alertée, la Gendarmerie nationale a aussitôt déployé un détachement de l’escadron territorial d’Agboville pour rétablir l’ordre. C’est lors de cette intervention que le sous-lieutenant Daniogo Klénon, âgé d’une trentaine d’années, a été mortellement touché.

    Il nous a dit qu’on devait marcher le lundi parce qu’Agboville ne marchait pas. Le dimanche, il nous a remis des tricots noirs avec des brassards pour qu’on puisse se reconnaître entre nous pendant la marche

    Les premiers éléments de l’enquête ouverte pour faire la lumière sur cet assassinat révèlent l’interpellation de trois suspects : N.R (36 ans), N.J (36 ans) et M.A.J.M (44 ans), soupçonnés d’avoir pris part aux manifestations contre le 4ᵉ mandat du président Alassane Ouattara. L’un des suspects interpellés, dont la vidéo de l’audition circule largement sur les réseaux sociaux, a confié avoir été approché par un chauffeur de taxi-brousse surnommé « Côte d’Ivoire » pour participer à une marche ce lundi matin. 

    « Il nous a dit qu’on devait marcher le lundi parce qu’Agboville ne marchait pas. Le dimanche, il nous a remis des tricots noirs avec des brassards pour qu’on puisse se reconnaître entre nous pendant la marche. Comme prévu, à 4 heures du matin, nous sommes partis et avons commencé à installer les premiers barrages. Mais à un moment, j’ai constaté que là où j’étais positionné, certains étaient armés de gourdins, de machettes et même de kalachnikovs », a-t-il déclaré.

    Selon le suspect, lorsque les autorités ont été informées et sont arrivées sur les lieux, des échanges de tirs ont éclaté. « Je me suis dit : marche pacifique, et puis il y a des tirs ? Moi, je ne suis pas dedans. J’ai préféré fuir », a-t-il ajouté. Des enquêtes se poursuivent afin d’identifier et de traduire en justice les auteurs et complices de cette attaque meurtrière.

    Jean Kelly KOUASSI

  • RÉPRESSION DES MARCHES DE L’OPPOSITION : LE GOUVERNEMENT IVOIRIEN RÉPOND À AMNESTY

    RÉPRESSION DES MARCHES DE L’OPPOSITION : LE GOUVERNEMENT IVOIRIEN RÉPOND À AMNESTY

    Face aux critiques d’Amnesty International, le gouvernement ivoirien défend la légalité des restrictions imposées aux marches de l’opposition et affirme que les condamnations récentes respectent le cadre juridique national.

    Le gouvernement ivoirien a réagi ce 17 octobre 2025 au communiqué publié par l’ONG Amnesty International, qui dénonçait la répression des récentes manifestations de l’opposition.

    LIRE AUSSI PRÉSIDENTIELLE 2025 : AMNESTY ACCUSE LE POUVOIR IVOIRIEN DE RÉPRIMER LES VOIX DISSIDENTES

    Dans une déclaration rendue publique, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Jean Sansan Kambilé, a tenu à rappeler que la liberté de réunion et de manifestation demeure garantie, mais qu’elle est soumise à des restrictions légales dans l’intérêt de la sécurité et de l’ordre public.

    « Objet de restrictions »

    Le communiqué précise que « le droit de réunion et de manifestation pacifiques, tel que consacré aussi bien par la Constitution que par les instruments juridiques internationaux pertinents auxquels l’État est partie, est un droit reconnu aux citoyens ».

    Toutefois, poursuit le texte, « l’exercice de ce droit peut faire l’objet de restrictions conformément à la loi et qui sont nécessaires dans l’intérêt de la sécurité nationale, de la sûreté publique ou pour protéger la santé ou la moralité publiques, ou les droits et libertés d’autrui ».

    Le gouvernement invoque à cet effet l’arrêté n°093/PA/CAB du 10 octobre 2025, pris par le préfet d’Abidjan, interdisant toute marche sur l’ensemble du territoire du département d’Abidjan le samedi 11 octobre. C’est dans ce contexte, souligne le ministère de la Justice, que les rassemblements organisés par le Front commun, regroupant notamment le PDCI-RDA et le PPA-CI, ont été jugés illégaux.

    Des « voies de fait »

    Selon le communiqué, la participation à une manifestation interdite constitue « un comportement prohibé par la loi pénale », puni par les articles 197 et 200 du Code pénal. Le gouvernement soutient en outre que les manifestations du 11 octobre et les jours suivants « revêtaient un caractère subversif », visant à « empêcher la tenue de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 ».

    Le texte indique que les enquêtes ouvertes ont révélé des « actes de violence incompatibles avec les exigences de la loi » et que certains manifestants ont eu recours à des « voies de fait » pour troubler l’ordre public.

    Le communiqué du gouvernement répond également aux accusations d’Amnesty International, qui avait appelé à la libération immédiate de toute personne détenue pour avoir exercé pacifiquement ses droits.

    « Contrairement aux énonciations du communiqué de l’ONG Amnesty International, l’exercice du droit à la liberté de réunion et de manifestation publiques ne fait l’objet d’aucune interdiction générale en Côte d’Ivoire », soutient le gouvernement.

    Le gouvernement assure que les restrictions imposées sont « limitées dans le temps » et « ciblent un motif spécifique de contestation », tout en précisant que les personnes arrêtées ont pu bénéficier de l’assistance d’un avocat.

    Jean Sansan Kambilé réaffirme, au nom du gouvernement, « l’engagement de l’État en faveur du plein exercice du droit à la liberté de réunion et de manifestation pacifiques, dans le respect de la sécurité nationale, de la sûreté publique, de l’ordre public et des libertés d’autrui ».

    « Répression sauvage »

    Dans un contexte de tension à quelques jours de la présidentielle du 25 octobre, cette sortie du gouvernement intervient le jour même où plusieurs manifestants du 11 octobre ont été condamnés à 36 mois de prison. 

    Trois groupes parlementaires de l’opposition, le PDCI-RDA, le PPA-CI et le FPI, ont publié une déclaration conjointe jeudi 16 octobre à Abidjan pour dénoncer la « répression sauvage » de la marche du 11 octobre organisée par le Front commun de l’opposition. Ils accusent le gouvernement d’Alassane Ouattara de violer les libertés fondamentales et d’engager la Côte d’Ivoire sur « la voie d’une dictature ».

    Selon le communiqué signé par Simon Doho (PDCI), Hubert Oulaye (PPA-CI) et Pascal Affi N’Guessan (FPI), la manifestation du 11 octobre, organisée pour réclamer une élection « inclusive, transparente et apaisée », s’est soldée par une « violente répression » ayant fait « près de 700 arrestations », « de nombreux blessés » et « deux morts », dont un bébé de deux ans asphyxié à Abié (Adzopé) et un manifestant tué par balle à Bonoua.

    Les députés de l’opposition affirment que cette marche, tenue « conformément à l’article 20 de la Constitution » garantissant la liberté de manifestation pacifique, ne nécessitait qu’une information préalable aux autorités, et non une autorisation. « L’opposition était donc fondée à organiser cette marche », soutiennent-ils, dénonçant une application « sélective » du droit, alors que « des rassemblements du RHDP, à Gagnoa et à Korhogo, n’ont pas été inquiétés ».

  • CÔTE D’IVOIRE : LAURENT GBAGBO DÉPLORE 2 MORTS ET 700 INTERPELLATIONS ET APPELLE À LA RÉSISTANCE

    CÔTE D’IVOIRE : LAURENT GBAGBO DÉPLORE 2 MORTS ET 700 INTERPELLATIONS ET APPELLE À LA RÉSISTANCE

    Déplorant deux morts, dont un bébé, 30 blessés et plus de 700 interpellations suite à la répression des marches pacifiques, le PPA-CI de Laurent Gbagbo appelle le peuple ivoirien à la résistance et au combat démocratique.

    Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a dénoncé mercredi 15 octobre 2025 la mort de deux personnes, dont un bébé, une trentaine de blessés, ainsi que plus de 700 interpellations à la suite de la répression des manifestations pacifiques organisées par le Front commun PPA-CI/PDCI-RDA.

    Dans un communiqué lu à l’issue d’une réunion extraordinaire de son Conseil Stratégique et Politique (CSP), le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo a appelé ses militants et sympathisants à la résistance face, selon lui, à un régime « dictatorial » et « aux abois ».

    « Dérivés autocratiques »

    La session du CSP, présidée par M. Gbagbo, s’est tenue au cabinet du président du parti, situé à Attoban, de 12 heures à 14 heures. L’ordre du jour portait sur l’analyse de la situation politique actuelle, marquée par des manifestations de l’opposition depuis le 11 octobre 2025 à Abidjan et dans plusieurs villes de l’intérieur du pays 11 octobre.

    Le parti d’opposition a indiqué que la crise préélectorale est née des « dérives autocratiques » du président Alassane Ouattara, qui brigue un quatrième mandat jugé anticonstitutionnel, et de l’exclusion de plusieurs leaders politiques, dont Laurent Gbagbo lui-même, Cheick Tidjane (PDCI-RDA) et Pascal Affi N’Guessan (FPI).

    « Il entend les cris d’indignation et de raz-le-bol des populations »

    Le CSP a entendu une communication du Professeur Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du PPA-CI et membre du comité de pilotage du Front commun, qui a fait le point sur les manifestations éclatées. Le bilan, qualifié de provisoire, fait état de deux morts : un bébé de deux ans étouffé par les gaz lacrymogènes dans le village d’Abié (département d’Adzopé) et le jeune Allouan Ernest, touché par balle à Bonoua et décédé quelques heures plus tard sur la table d’opération.

    « Contrairement à ce qu’affirme le communiqué précipité de la police« , le parti de Gbagbo précise que les faits se sont déroulés sous les yeux de la population et réfute les affirmations de la police selon lesquelles le meurtre d’Allouan Ernest serait attribué à des individus non identifiés.

    Des centaines d’interpellations 

    Le PPA-CI déplore également une trentaine de blessés et plus de 700 arrestations, dont 65 ont été placées sous mandat de dépôt à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA). Le communiqué signale par ailleurs des attaques dans les domiciles et des tentatives d’enlèvement de cadres de l’opposition, ainsi qu’un impressionnant déploiement des forces de l’ordre autour du cabinet de Laurent Gbagbo le jour de la réunion.

    Le CSP a rendu hommage aux victimes, présenté ses condoléances aux familles endeuillées, exprimé sa compassion aux blessés et assuré son soutien aux personnes détenues. Il qualifie les agissements du régime RHDP de « dérives fascisantes » et affirme que seule la résistance permettra au peuple ivoirien de préserver la Constitution, la démocratie et l’État de droit.

    Laurent Gbagbo « exprime sa fierté face à la détermination des citoyens ivoiriens à se battre pour le respect de la Constitution, pour des élections inclusives et démocratiques. Il entend les cris d’indignation et de raz-le-bol des populations« , a déclaré le secrétaire général du parti, Jean-Gervais Tchéidé. L’ancien président de la République s’adressera au peuple ivoirien dans les prochains jours, a indiqué son parti.

    Samuel KADIO

  • PRÉSIDENTIELLE 2025 : AMNESTY ACCUSE LE POUVOIR IVOIRIEN DE RÉPRIMER LES VOIX DISSIDENTES

    PRÉSIDENTIELLE 2025 : AMNESTY ACCUSE LE POUVOIR IVOIRIEN DE RÉPRIMER LES VOIX DISSIDENTES

    Amnesty International accuse les autorités ivoiriennes de réprimer les manifestations pacifiques, après l’interdiction de rassemblements d’opposition et l’arrestation de plus de 250 personnes à Abidjan.

    Amnesty International a appelé jeudi les autorités ivoiriennes à cesser la répression des manifestations pacifiques et à garantir le respect du droit de réunion à quelques jours de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre. L’organisation de défense des droits humains dénonce des interdictions jugées arbitraires et des arrestations massives intervenues lors de récentes mobilisations de l’opposition.

    Interdictions de rassemblements et recours à la force

    Dans un communiqué publié le 16 octobre, Amnesty International estime que les autorités ivoiriennes « échouent à respecter le droit à la liberté de réunion pacifique » après la dispersion d’une manifestation à Abidjan et l’arrestation de 255 personnes. L’organisation cite notamment les décisions du Conseil national de sécurité et du préfet d’Abidjan qui, début octobre, ont interdit plusieurs rassemblements organisés par l’opposition.

    Le 2 octobre, le Conseil national de sécurité avait annoncé que « toutes les mesures nécessaires » seraient prises pour garantir l’ordre public pendant la période électorale, en interdisant notamment toute manifestation contestant les décisions du Conseil constitutionnel. À la suite de cette annonce, les autorités préfectorales ont interdit des rassemblements prévus les 4 et 11 octobre dans la capitale économique.

    Le 11 octobre, les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des groupes de jeunes qui tentaient de se réunir dans le quartier de Cocody, selon des témoignages et des vidéos analysées par Amnesty International. Les autorités ont confirmé 237 arrestations à Abidjan et 18 à Dabou, sans préciser les motifs retenus contre les personnes interpellées.

    Amnesty appelle à la libération des manifestants

    « Toute personne détenue pour le simple fait d’avoir exercé pacifiquement ses droits humains doit être libérée immédiatement », a déclaré Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. L’organisation exhorte également les autorités à permettre aux personnes arrêtées de consulter un avocat et à informer leurs familles « dans les meilleurs délais ».

    Amnesty demande en outre à l’État ivoirien de publier la liste complète des personnes interpellées et de préciser les chefs d’accusation, tout en enquêtant sur tout « recours inutile et excessif à la force » lors des opérations de maintien de l’ordre.

    « Le recours à des interdictions générales des manifestations montre que les autorités ivoiriennes violent les dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, tous deux ratifiés par la Côte d’Ivoire », a ajouté M. Sivieude, rappelant que « la manifestation pacifique est un droit, non un privilège ».

    Un climat politique tendu avant le scrutin du 25 octobre

    Cette montée des tensions intervient dans un contexte politique déjà marqué par les contestations autour de la candidature du président Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2010 et candidat à un quatrième mandat. Le 8 septembre, le Conseil constitutionnel a validé cinq candidatures, dont celle du chef de l’État sortant, mais rejeté celles de Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam, deux opposants majeurs qui avaient formé une alliance en juin pour exiger une alternance politique.

    Depuis, plusieurs partis de l’opposition tentent de mobiliser leurs partisans pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un processus électoral verrouillé. Après l’interdiction du rassemblement du 4 octobre, ces formations avaient annoncé une nouvelle manifestation pour le 11 octobre, également interdite et dispersée. Selon Amnesty, les forces de sécurité ont même brièvement encerclé la résidence de Pascal Affi N’Guessan, leader d’un des partis exclus du scrutin, avant de se retirer.

    Le 12 octobre, ces partis ont appelé à des « manifestations quotidiennes » pour réclamer un dialogue politique inclusif avant le vote.

    Amnesty International conclut en appelant les autorités ivoiriennes à « respecter, protéger et faciliter la liberté de réunion pacifique », soulignant que le rôle des forces de sécurité devrait être de « permettre aux rassemblements de se dérouler comme prévu, dans un esprit de désescalade et de protection des participants ».

    Samuel KADIO

  • Message de la candidate Henriette Lagou

    Message de la candidate Henriette Lagou

    Ivoiriennes, Ivoiriens

    Je voudrais partager avec vous un espoir et vous dire que tout est possible !

    Dans la vie, tout est possible !

    Il ne faut donc pas perdre espoir !

    Une nouvelle ère s’ouvre à nous, le temps de l’alternance. Et cela est possible !

    Tout est entre vos mains !

    Et cela est possible avec les 12 axes stratégiques que je vous propose !

    1.Apaiser la vie politique est possible !

    2.Moderniser l’économie est possible !

    3.Éradiquer la pauvreté est possible !

    4.Assurer un État de droit et des libertés publiques est possible !

    5.Garantir la sécurité des personnes et des biens est possible !

    6.Entreprendre de profondes réformes structurelles est possible !

    7.Ressouder le tissu social fragilisé est possible !

    8.Approfondir la décentralisation est possible !

    9.Assurer un social des plus hardis est possible !

    10.Améliorer le cadre de vie actuel et gérer au mieux l’environnement est possible !

    11.Éradiquer la pauvreté par le développent de programmes spéciaux en direction des jeunes, des femmes et de la diaspora est possible !

    12.Assurer le rayonnement du Pays à l’extérieur est possible !

    Tout est donc possible et cela vous appartient.

    Henriette Lagou

  • Côte-d’Ivoire : Gbagbo va-t-il appeler les Ivoiriens à mettre fin à « l’imposture » ? Habiba Touré appelle à une nouvelle journée de mobilisation

    Côte-d’Ivoire : Gbagbo va-t-il appeler les Ivoiriens à mettre fin à « l’imposture » ? Habiba Touré appelle à une nouvelle journée de mobilisation

    À dix jours du premier tour de la présidentielle, la Côte d’Ivoire vit sous haute tension. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux ce mardi 14 octobre, Habiba Touré, porte-parole de Laurent Gbagbo, adopte un ton incisif, voire « agressif », en appelant à une nouvelle journée de mobilisation populaire du Front commun, coalition inédite PDCI–PPA-CI.

    Habiba Touré défie le pouvoir

    En contestant la légitimité du Conseil national de sécurité à interdire les manifestations politiques, Maître Habiba Touré retire au gouvernement son principal argument légal. « Nulle part dans les prérogatives de cet organe n’existe le droit d’interdire des rassemblements politiques », affirme-t-elle, invitant militants du PPA-CI et « tous les démocrates » à descendre pacifiquement dans la rue pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « confiscation du processus électoral ».

    Son message, largement relayé sur les réseaux sociaux, fait écho à celui du Front commun, qui annonce une nouvelle grande marche nationale dans les prochains jours.

    Une opposition galvanisée par la rue

    Depuis le lancement de la campagne présidentielle le 10 octobre, plusieurs manifestations spontanées ont éclaté dans les bastions de l’opposition à Abengourou, Yopougon, Gagnoa ou Daoukro. À chaque fois, les forces de l’ordre sont intervenues, utilisant gaz lacrymogènes et dispersant les rassemblements.

    Loin de décourager les militants, cette répression semble renforcer leur détermination. « La rue redevient le seul espace d’expression », note un politologue ivoirien. « Le Front commun capitalise sur le sentiment d’exclusion né du rejet des candidatures Gbagbo et Thiam. L’appel d’Habiba Touré traduit la volonté de reprendre l’initiative face à un pouvoir qui verrouille les institutions. »

    Un pouvoir sur la défensive

    La réponse du gouvernement ne s’est pas fait attendre. Plusieurs témoins rapportent la présence, dimanche soir, d’un important dispositif de police devant la résidence de Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, à Cocody-Angré, officiellement pour protéger l’ambassade du Cameroun voisine. Pour l’opposition, il s’agit d’un message d’intimidation. Le domicile de Noël Akossi Bendjo, vice-président du PDCI, aurait également été surveillé.

    Cette montée en puissance de la répression s’inscrit dans un climat préélectoral marqué par l’exclusion de figures majeures de l’opposition, des arrestations de militants et des manifestations interdites. Le gouvernement d’Alassane Ouattara campe sur une lecture stricte de la loi, tandis que ses adversaires dénoncent une dérive autoritaire.

    Vers une confrontation inévitable

    À dix jours du scrutin du 25 octobre, l’enjeu dépasse la simple compétition électorale. Le Front commun mise sur la rue comme levier politique, tandis que le RHDP cherche à éviter tout scénario de chaos susceptible de remettre en cause la crédibilité du processus électoral.

    Les appels répétés à manifester laissent planer le risque d’une confrontation directe entre forces de l’ordre et militants. Habiba Touré insiste toutefois sur le caractère « pacifique » mais déterminé de la mobilisation : « Nous ne céderons pas à la peur. Le peuple doit reprendre sa voix et défendre sa dignité. »

    Alors que la Commission électorale et le Conseil constitutionnel tentent de préserver les apparences d’un processus maîtrisé, la rue ivoirienne redevient, comme en 2000 et 2010, l’arbitre des colères et frustrations politiques. Le pays semble glisser vers une nouvelle crise de légitimité : un pouvoir sûr de sa légalité face à une opposition convaincue de sa légitimité populaire.

    La prochaine marche annoncée par le Front commun constituera un test décisif pour les deux camps : celui de la mobilisation pour l’un, principalement pour Laurent Gbagbo, et celui de la maîtrise du terrain pour l’autre. Mais au-delà des calculs partisans, un mot d’ordre domine désormais : dialogue ou confrontation.

  • CÔTE D’IVOIRE : LE FRONT COMMUN PPA-CI–PDCI ANNONCE DES MARCHES “TOUS LES JOURS” APRÈS LA RÉPRESSION DU 11 OCTOBRE

    CÔTE D’IVOIRE : LE FRONT COMMUN PPA-CI–PDCI ANNONCE DES MARCHES “TOUS LES JOURS” APRÈS LA RÉPRESSION DU 11 OCTOBRE

    Après la marche du 11 octobre violemment dispersée, le Front commun PPA-CI–PDCI promet de poursuivre la mobilisation “tous les jours” pour exiger démocratie, justice et dialogue politique.

    Au lendemain de la marche interdite du 11 octobre 2025, dispersée par les forces de l’ordre à Abidjan, le Front commun PPA-CI–PDCI a annoncé, dans un communiqué publié samedi soir, la poursuite de ses mobilisations “tous les jours” sur l’ensemble du territoire national. Les deux formations d’opposition disent vouloir “marcher pour la démocratie, la justice et la paix”, en réaction à ce qu’elles qualifient de “répression injustifiée”.

    Une mobilisation entravée et dispersée

    La manifestation du 11 octobre, interdite par le préfet d’Abidjan, devait réunir les militants du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Malgré la mesure préfectorale, des groupes de manifestants ont tenté de se rassembler dans plusieurs quartiers de la capitale économique, notamment à Cocody, Yopougon et Treichville.

    Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues pour disperser les attroupements. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Diomandé Vagondo, a indiqué dans un point de situation rendu public samedi en fin de matinée que 237 personnes avaient été interpellées, parmi lesquelles “des femmes et des jeunes”.

    Selon le Front commun, cette marche, qui se voulait “citoyenne et pacifique”, s’inscrivait dans la continuité de celle organisée le 9 août dernier, également interdite. Le communiqué conjoint du PPA-CI et du PDCI-RDA regrette que “cette mobilisation pacifique ait été violemment réprimée par le régime, alors qu’elle s’inscrivait dans le strict cadre des libertés garanties par la Constitution”.

    “Marcher tous les jours, en orange”

    Dans le texte signé par Me Habiba Touré, porte-parole du Front commun, les deux partis expriment leur “solidarité indéfectible” envers les personnes arrêtées et les blessés, saluant “le courage des Ivoiriens qui ont bravé la peur pour exprimer leur amour de la République”.

    Le communiqué annonce une nouvelle phase de mobilisation quotidienne, jusqu’à l’ouverture d’un “dialogue politique” avec le pouvoir.

    “C’est pourquoi le Front commun PPA-CI–PDCI-RDA annonce que les manifestations pour la démocratie, la justice et la paix se poursuivront, tous les jours, et sur toute l’étendue du territoire”, indique le texte.

    Le mouvement appelle par ailleurs ses sympathisants à porter des vêtements de couleur orange, symbole choisi comme signe de ralliement et “bouclier pacifique face à la répression”.

    “Dans un esprit de résistance pacifique, il est demandé à chaque manifestant de porter des vêtements de couleur orange, de préférence. Ces symboles seront les seuls boucliers permettant d’échapper à la répression aveugle dont sont victimes les citoyens en désaccord avec le régime”, précise le communiqué.

    Un message de fermeté mais de non-violence

    Le Front commun dit ne pas vouloir céder à “l’intimidation” ni aux “provocations du régime”.

    “La Côte d’Ivoire est plus importante que tout. Continuons de marcher, tous les jours, sans violence, sans injure et sans peur”, poursuit le document, qui réaffirme l’attachement du mouvement à la non-violence et au calme.

    Les partis d’opposition estiment que les interdictions répétées de manifester démontrent, selon eux, l’existence de “deux catégories de citoyens” dans le pays : “Ceux qui peuvent librement jouir de leurs droits constitutionnels et ceux qui, pour avoir les mêmes aspirations, sont réprimés sans justification.”, dénoncent-ils.

    Crise aiguë 

    La Côte d’Ivoire est plongée dans une crise politique aiguë à deux semaines de la présidentielle d’octobre 2025. L’enjeu central de la crise est l’exclusion de figures majeures de l’opposition du scrutin : Laurent Gbagbo (PPA-CI) a été radié des listes électorales après sa condamnation dans l’affaire du braquage de la BCEAO en 2018, tandis que Tidjane Thiam (ex-PDCI) a été déclaré inéligible en raison de sa double nationalité, au moment de l’inscription. D’autres candidatures, comme celles de Pascal Affi N’Guessan, ont été invalidées pour non-respect des critères de parrainage.  

    Le Conseil constitutionnel a cependant retenu la candidature à un quatrième mandat du président sortant, Alassane Ouattara, contestée par ses adversaires et une partie de l’opinion, qui la considèrent comme contraire à l’esprit de la Constitution, malgré une révision en 2016 qui aurait selon le pouvoir “remis à zéro” les compteurs des mandats.  

    Du côté du gouvernement, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée après la publication du communiqué du Front commun. Toutefois, dans ses déclarations précédentes, le ministre de l’Intérieur avait souligné que toute manifestation non autorisée constitue une infraction, et que la sécurité publique “prime sur toute autre considération politique”.

     Samuel KADIO

  • Message du Candidat Alassane Ouattara

    Message du Candidat Alassane Ouattara

    Mes chers compatriotes,

    Notre pays, la Côte d’Ivoire, a connu ces dernières années des avancées remarquables dans tous les domaines : institutions, cohésion sociale, stabilité, sécurité, économie, infrastructures, cadre de vie, amélioration des revenus.

    Ces résultats, sources de progrès sociaux tangibles, sont le fruit d’une vision claire et d’une gouvernance rigoureuse que nous avons conduite depuis 2011.

    Aujourd’hui, notre pays s’affirme comme une Nation stable et résiliente, où les progrès réalisés transforment le quotidien de nos concitoyens.

    Mes chers compatriotes, si nous pouvons être fiers du chemin parcouru, nous sommes aussi conscients qu’il reste encore des attentes légitimes à satisfaire et des défis importants à relever.

    Face à ces défis, il nous faut repenser un modèle de croissance encore plus inclusif, et mieux aligné sur les aspirations de nos concitoyens et sur les réalités de ce siècle.

    Notre vision pour les cinq prochaines années s’articulera autour de six piliers majeurs :

    1. la construction d’une Grande Nation stable, en paix et en sécurité ;

    2. le renforcement du capital humain, pour créer des emplois durables et qualifiés ;

    3. le développement d’infrastructures stratégiques et de pôles économiques régionaux ;

    4.la modernisation de l’agriculture et le renforcement des chaînes de valeur

    5.l’industrialisation et la promotion de l’investissement privé pour l’émergence de champions nationaux ;

    6.la consolidation d’une gouvernance exemplaire et d’une administration performante;

    Ces piliers traduisent notre ambition de bâtir :

    • Une Grande Côte d’Ivoire, ambitieuse et audacieuse, forte de son développement économique, source de richesses et d’opportunités pour tous ;

    • Une Grande Nation, unie et solidaire de ses filles et de ses fils, portée par de grandes valeurs et fière de sa culture et de l’unité de son peuple.

    Cette Grande Côte d’Ivoire est possible — avec vous, par vous et pour vous.

    Le samedi 25 octobre 2025, je vous invite à sortir massivement pour voter ADO, pour la grandeur de notre pays, la grandeur de notre Nation.

    Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire,

    Notre Grande Côte d’Ivoire,

    Notre Grande Nation.

    Alassane Ouattara

  • Message du candidat Ahoua Don Mello

    Message du candidat Ahoua Don Mello

    Mes chers compatriotes,

    Je suis Ahoua DON-MELLO, candidat à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Ma volonté de briguer la magistrature suprême est motivée par le sens de la responsabilité devant le peuple qui manifeste une forte attente de réconciliation et de paix sociale, et la conviction profonde de la pertinence historique de créer un État souverain, démocratique et panafricaniste.

    En effet, en 1960, notre pays a accédé à l’indépendance, mais l’absence de cadres et de capitaux a entrainé la sous-traitance de notre souveraineté économique et sécuritaire. En 1990, nous avons accédé au multipartisme, mais nous trainons encore les pratiques du Parti unique sous forme de Parti-Etat qui criminalise le droit à la différence et instaure la méfiance entre citoyens d’un même pays. Aujourd’hui, il nous faut relever le triple défi de la souveraineté, de la démocratie et du panafricanisme dans un monde multipolaire. La Côte d’Ivoire a donc besoin d’un leadership crédible, enraciné en Côte d’Ivoire et ouvert sur le monde.

    Mais avant permettez-moi de me présenter à vous. Agni de Bongouanou, de par mon père, et baoulé de Bouaké, de par ma mère, je suis Docteur-Ingénieur des Ponts et Chaussées de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées de Paris en 1985. J’ai, à titre professionnel, été Enseignant-chercheur en Mathématiques appliquées, mécaniques des milieux continues et énergétiques à l’INPHB de Yamoussoukro, puis Chercheur en mécanique des sols et matériaux de construction au Laboratoire du bâtiment et des Travaux Publics (LBTP), Enseignant-chercheur en mathématiques, mécanique et thermodynamique à l’Université de Cocody, à l’Ecole supérieure interafricaine d’électricité de Bingerville et à l’Université du Burundi. J’ai, en outre, été Directeur de la Technopôle de Yamoussoukro, Conseiller Economique et Social, membre de la Cellule d’analyse des politiques économiques (CAPEC). De 2000 à 2011, j’ai exercé en tant que Directeur Général du Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (BNETD), et j’ai exercé en tant qu’Administrateur de plusieurs entreprises, dont la Banque Nationale d’Investissement et l’Observatoire Café Cacao. En 2011, j’ai été Ministre de l’Equipement et de l’Assainissement dans le gouvernement du Président Laurent Gbagbo.

    Après la crise post-électorale de 2010-2011, j’ai connu l’exil pendant 10 ans. Durant cette période, loin de ma patrie, mon expertise a été sollicitée par plusieurs Chefs d’État en Afrique, avec lesquels j’ai travaillé sur des projets d’envergure. Aujourd’hui, j’occupe le poste de Vice-président de l’Alliance Internationale des BRICS, chargé des projets stratégiques.

    Mes chers compatriotes,

    Depuis son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire a adopté le modèle de ‘’pôle de croissance ‘’ comme modèle et concept de développement jusqu’à ce jour. Ce modèle de développement conçu exclusivement pour les néo-colonies met essentiellement l’accent sur la seule croissance économique et présente par conséquent des insuffisances majeures face aux défis du développement durable.

    Ce modèle de développement a pérennisé la dépendance économique, le surendettement public et la paupérisation de la population locale. En effet, la Côte d’Ivoire, depuis la réduction de la dette en 2012, après le point d’achèvement de l’initiative PPTE, renouait avec une croissance élevée du PIB autour de 7% en moyenne.

    Mais, cette croissance est entretenue par une perfusion de capitaux étrangers excluant de la chaîne de valeur générée les agents économiques nationaux en leur laissant le lourd fardeau de la dette. Pour faire face à ce fardeau, le pouvoir choisit l’endettement pour payer la dette, l’augmentation des prix des produits de consommation courante et le harcèlement fiscal des agents économiques nationaux.

    Pour le budget 2025, l’Etat emprunte 6 020,3 milliards de FCFA, soit 40% du budget pour rembourser un service de la dette de 5 441 milliards de FCFA soit 90.3% des emprunts. Emprunter pour rembourser la dette a un impact direct sur le ratio dette extérieure/exportation qui est de 21% pour une valeur cible de 15%; ainsi que le ratio dette extérieure/ressource budgétaire qui est de 32% sur une valeur cible de 18%; ce qui expose la Côte d’Ivoire à un risque de surendettement, un ralentissement de la croissance et une perte de souveraineté.

    Il est donc nécessaire d’inverser la tendance par une approche disruptive et vigoureuse faisant du citoyen un acteur-clé du développement national.

    Mes chers compatriotes,

    Ma vision, c’est de faire de notre pays un Etat souverain, démocratique, panafricaniste et un véritable pôle de développement durable au lieu d’un simple pôle de croissance.

    Cette nouvelle approche du développement de notre nation vise quatre objectifs stratégiques : promouvoir un Etat souverain et panafricaniste ; accroître le contenu local du PIB ; accroître la valeur ajoutée par la croissance de la matière grise locale dans les chaînes de valeurs ; et renforcer significativement le commerce intra-africain et international des produits transformés. L’atteinte de ces objectifs stratégiques sera assurée par la prise en compte des dimensions du développement durable de notre nation en particulier : la durabilité économique, la durabilité sociale, la durabilité environnementale et la durabilité politique.

    Pour atteindre les objectifs définis et réaliser la vision du développement, quarante-deux (42) opérations stratégiques regroupées en quatre (4) chantiers stratégiques sont envisagées à savoir, la construction des piliers de notre souveraineté et de notre résilience économique (chantier stratégique 1), le renforcement du capital humain, de l’équité sociale et territoriale de notre nation (chantier stratégique n°2), la mise en adéquation d’un système de gouvernance publique avec les enjeux de développement national (chantier stratégique n°3) et le renforcement de la résilience nationale face aux risques naturels et climatiques (chantier stratégique n°4).

    Au titre des opérations stratégiques, je voudrais souligner et partager avec vous mon enthousiasme pour l’adoption d’une loi d’amnistie générale pour libérer tous les prisonniers politiques et annuler toutes les sanctions qui empêchent les leaders politiques d’être candidat aux élections; la création, par une loi organique d’un conseil des sages pour favoriser la recherche de consensus autour des questions importantes de la nation ; l’adoption d’une loi sur le crédit aux élèves, étudiants, jeunes méritants en quête d’emploi, aux femmes et aux personnes handicapées.

    Mes chers compatriotes,

    Ma candidature est celle des paysans, commerçants, artisans, employeurs, employés, chômeurs, élèves et étudiants, chefs de communautés traditionnelles, religieuses, familles victimes de l’exclusion et de la précarité, de la cherté de la vie et dont les enfants sortent ou abandonnent l’école souvent avec des diplômes sans perspective d’emploi et deviennent une charge plutôt qu’une source de revenu pour leur famille.

    Cette candidature est également celle des nombreux prisonniers politiques et victimes des différentes crises successives depuis 2000 et qui attendent compassion, justice et réparation et surtout celle jeunes dont certains , à cause de leur appartenance politique, n’ont pas encore pu avoir accès à l’emploi ou aux marchés publics ou, ont été poussés à l’ exil. Il y a aussi ceux dont l’âge approche la retraite sans avoir bénéficié ni d’un contrat de travail, ni d’un contrat de marché public, ni de fonds jeunes.

    Enfin, cette candidature est celle de tous les souverainistes et panafricanistes d’ici et d’ailleurs, qui souhaitent une alternance avec alternative, pour une Côte d’Ivoire souveraine dans une Afrique solidaire et panafricaniste et dans un monde multipolaire.

    Au cours de cette campagne électorale, je vous invite à prendre connaissance de mon programme de gouvernement pour cette belle Côte d’Ivoire souveraine, démocratique et panafricaniste dont nous rêvons.

    Mes chers compatriotes,

    Le 25 octobre 2025, accordez-moi vos votes.

    Ahoua DON-MELLO

    Candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025

  • Des manifestants de l’opposition dispersés à Abidjan

    Des manifestants de l’opposition dispersés à Abidjan

    Plusieurs militants de l’opposition ont été interpellés, ce samedi 11 octobre 2025, à Cocody, dans l’Est d’Abidjan, lors d’une marche, étouffée par les forces de l’ordre.

    Très tôt, les manifestants ont occupé des rues, à l’appel du Front commun PPA-CI/PDCI, les principaux partis de l’opposition ivoirienne. Déployés, des éléments de la police ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.

    Une marche pour dénoncer les conditions d’organisation de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, annoncée par le Front commun PPA-CI/PDCI, le 4 octobre 2025, avait été annulée par la préfecture d’Abidjan. Le lendemain, elle a été reprogrammée pour ce samedi 11 octobre 2025.

    Dans un arrêté, le préfet du département d’Abidjan, M. Andjou Koua, a « interdit toute marche le 11 octobre 2025 », expliquant comme motivation « qu’aucune marche n’a été déclarée pour se tenir à la date du 11 octobre 2025 à Abidjan. »

    Le préfet d’Abidjan rapporte avoir pris cette mesure au regard d’« informations relayées sur les réseaux sociaux faisant état de marche le 11 octobre 2025, à Abidjan et la nécessité de maintenir l’ordre public en cette période de campagne pour l’élection présidentielle. »

    L’avocate Habiba Touré, porte-parole du Front commun, a assuré le vendredi 10 octobre 2025 que cette « marche pour la démocratie, la justice et la paix du 4 octobre 2025, reportée au samedi 11 octobre 2025, aura bien lieu. »

    Elle a précisé, dans une note, que « le lieu de rassemblement était le Rond-point de l’église Saint-Jean Cocody dès 8h00 » et que l’itinéraire était du « Boulevard Latrille, le Rond-point de l’église Saint Jean au Carrefour Sococé Deux Plateaux », dans l’Est d’Abidjan.

    La campagne pour l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 a débuté le vendredi 10 octobre 2025 à 00 heure pour prendre fin le jeudi 23 octobre 2025 à minuit, soit une période de quatorze jours. Cinq candidats sont en lice, dont Alassane Ouattara.

    L’opposition dénonce l’exclusion de ses leaders à ces joutes électorales, notamment l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, l’ancien CEO de Crédit Suisse Tidjane Thiam et l’ex-Premier ministre Pascal Affi N’Guessan. Elle juge la candidature de Alassane Ouattara pour un 4e mandat d’anticonstitutionnelle.

    AP/APA

  • Ouattara face à la fronde de l’opposition pour un 4e mandat

    Ouattara face à la fronde de l’opposition pour un 4e mandat

    La course du chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, vers un quatrième mandat à la présidence de la République, est décriée par l’opposition, qui dénonce une candidature anticonstitutionnelle, ce qui suscite une tension politique autour de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025.

    Ce samedi 11 octobre 2025, au lendemain de l’ouverture officielle de la campagne pour l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, Alassane Ouattara lance sa campagne à Daloa, dans l’Ouest ivoirien, une zone considérée comme un fief de l’opposition.

    Alassane Ouattara, le président du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, pouvoir), part à ces élections avec un maillage territorial important. Son parti a remporté un succès électoral significatif lors des dernières élections législatives, municipales et régionales.

    A l’issue des élections législatives de 2021, le RHDP a remporté 137 sièges sur 255 à l’Assemblée nationale. Au niveau des municipales, en 2023, le parti a obtenu 123 postes de maire sur 201 communes. Le RHDP a conquis 25 des 31 conseils régionaux.

    Ce maillage du RHDP s’explique par l’efficacité de ses stratégies, l’attrait du leadership du président Alassane Ouattara et sa capacité à nouer de nouvelles alliances. Le parti a, par ailleurs, accueilli, d’importantes défections au sein des partis d’opposition, renforçant encore son influence et ses membres.

    Une opposition divisée

    Les deux principaux partis de l’opposition, à savoir le PDCI et le PPA-CI, n’entendent pas apporter de soutien aux candidats proches de l’opposition, notamment Mme Simone Ehivet, M. Ahoua Don-Mellon, des transfuges du parti de Gbagbo, M. Jean-Louis Billon, un cadre du PDCI, et Mme Henriette Lagou.

    Dans une déclaration, Dr Bredoumy Soumaila, le porte-parole du PDCI a déclaré que M. Jean-Louis Billon, candidat et cadre influent du parti, « attaque aujourd’hui l’autorité du président Thiam, le PDCI en tant que parti politique ne peut pas soutenir un tel candidat ».

    « Donc, que les militants sachent qu’il n’est pas question, en tout cas pour les informations que le président Thiam m’a données, de lancer un appel pour soutenir M. Billon. Il a toujours voulu être candidat indépendant, qu’il assume et qu’il s’adresse au peuple de Côte d’Ivoire et on verra à la fin le score qu’il va avoir et s’il peut négocier », a-t-il martelé.

    Le candidat à la présidentielle du 25 octobre 2025, Don-Mello, un ex-cadre du PPA-CI, parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, lui, ne peut également bénéficier du soutien de cette formation politique, où il a été exclu.

    Ahoua Don-Mello avait suggéré une candidature de précaution. Son idée a été diffusée dans la presse, une démarche que son mentor Laurent Gbagbo n’a pas appréciée. Après qu’il se soit déclaré candidat à la présidentielle, il a été aussitôt limogé du PPA-CI.

    Pour Blé Goudé, le président du Cojep, qui a décidé de battre campagne pour l’ex-Première dame Simone Ehivet, il estime que le changement est possible qu’à travers les urnes, invitant ses partisans à voter pour cette dernière. La fragmentation de l’opposition avantage le RHDP.

    Boycott et défi de participation

    Lors de l’élection présidentielle de 2015, sur 6 millions d’électeurs, quelque 3 000 électeurs ont pris part au scrutin, soit la moitié des inscrits. En 2020, l’opposition a boycotté le scrutin réfutant la candidature pour un 3e mandat d’Alassane Ouattara, déclaré vainqueur avec 95,31 % des voix. Le taux de participation a été de 53,90 %.

    L’on observe depuis 2015, un bloc d’électeurs situé entre 4 000 et 5 000 qui ne partagent pas la vision d’Alassane Ouattara, ne s’intéressent pas au vote en Côte d’Ivoire. Cela pourrait faire baisser le taux de participation.

    Pour cette année 2025, 8,7 millions d’électeurs figurent sur la liste électorale. Le PDCI et le PPA-CI, les principaux partis de l’opposition n’entendent pas engager leurs partisans à ces joutes électorales, dénonçant une « exclusion » de leurs leaders, MM. Gbagbo et Tidjane Thiam.

    Le défi pour Alassane Ouattara, qui a une posture confortable, et qui vise le triomphe au premier tour, doit mobiliser davantage d’électeurs dans un contexte où les principaux partis de l’opposition ne sont pas engagés dans ce scrutin.

    Toutefois, le taux de participation pourrait connaître un regain du fait que l’ex-Première dame Simone Ehivet, soutenue par Charles Blé Goudé et le candidat Jean-Louis Billon, qui draine des partisans du PDCI, pourraient attirer des électeurs réticents au niveau de l’opposition.

    AP/Sf/APA

  • MARCHE INTERDITE : 237 PERSONNES INTERPELLÉES À ABIDJAN, LE MINISTRE DE LA SÉCURITÉ FAIT LE POINT

    MARCHE INTERDITE : 237 PERSONNES INTERPELLÉES À ABIDJAN, LE MINISTRE DE LA SÉCURITÉ FAIT LE POINT


    237 personnes (hommes et femmes) ont été interpellées lors de la marche de l’opposition de ce samedi 11 octobre 2025, a annoncé le ministre Vagondo Diomandé.

    Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité s’est rendu sur le terrain ce matin pour une tournée d’inspection. Le général Vagondo Diomandé a fait le point sur les incidents survenus dans la capitale économique ivoirienne.

    Sa visite l’a conduit au poste de commandement de la CCDO et à la préfecture de police d’Abidjan, où il a pris le pouls de la situation après l’appel à la manifestation lancé par une frange de l’opposition. Cette marche, interdite par le préfet d’Abidjan, faisait suite à l’invalidation de certaines candidatures à l’élection présidentielle. Le ministre a rappelé que cette initiative constituait « une violation de l’article 138 de la Constitution », malgré l’interdiction formelle notifiée par les autorités.

    Un déploiement sécuritaire important

    Face à cette situation, les forces de sécurité ont été déployées en nombre pour permettre aux citoyens de vaquer à leurs occupations et assurer la continuité de la vie nationale. « Il était donc important que nous venions sur le terrain », a expliqué le ministre Diomandé lors de son point de situation. Le ministre a tenu à féliciter les forces de l’ordre pour leur travail « régalien » et leur « respect des règles établies ». Selon lui, leur intervention a permis de contenir les perturbations à quelques points précis de la ville, notamment au quartier de Blokhaus et Angré. Le bilan dressé en milieu de journée faisait état de 237 interpellations, comprenant selon le ministre « des femmes et des jeunes gens totalement irresponsables ».

    Un appel au civisme

    Dans sa déclaration, le général Vagondo Diomandé a lancé un appel au civisme, soulignant que la « très grande majorité de la jeunesse a compris que ce n’est pas la voie à suivre ». Il a estimé que la Côte d’Ivoire, « pays suffisamment avancé et envié », devait préserver son image de modèle. « Notre pays est devenu un modèle que beaucoup de gens souhaitent copier », a-t-il affirmé, appelant chacun à contribuer à préserver « cette Côte d’Ivoire qui est belle et qui fait envie ».

    Le ministre a par ailleurs annoncé l’ouverture d’enquêtes concernant les personnes interpellées. « Si ça doit finir à la justice, écoutez, j’irai à la justice », a-t-il prévenu, affirmant ne pas avoir « la langue de bois ».

    Cette marche arrive dans un contexte politique tendu, après la publication de la liste des candidats retenus pour la prochaine élection présidentielle. Les autorités rappellent que toute manifestation doit préalablement recevoir l’autorisation des services compétents, conformément à la réglementation en vigueur. La situation reste sous étroite surveillance, et de nouvelles informations pourraient être communiquées en fonction de l’évolution des événements dans la journée.

    DJOMANDE Aziz

  • Présidentielle 2025 : Alassane Ouattara dévoile son projet de société, ce vendredi à Abidjan

    Présidentielle 2025 : Alassane Ouattara dévoile son projet de société, ce vendredi à Abidjan

    La campagne présidentielle entre dans une phase décisive. Le candidat du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), Alassane Ouattara, présentera officiellement son projet de société le vendredi 10 octobre 2025, au Sofitel Abidjan l’hôtel Ivoire.

    Cette rencontre, annoncée par la Direction centrale de la communication de campagne (DCC-COM), s’adresse à la presse nationale et internationale. Elle constitue une étape majeure dans la stratégie de communication du candidat, qui entend détailler sa vision et ses priorités pour les cinq prochaines années.

    Une vision axée sur la continuité et l’innovation

    Selon l’entourage du candidat, ce projet de société s’inscrira dans la logique de continuité des acquis enregistrés au cours de la dernière décennie, tout en intégrant de nouvelles ambitions adaptées aux défis actuels. Emploi des jeunes, industrialisation, sécurité, cohésion sociale, renforcement des services publics et accélération de la transformation numérique devraient figurer parmi les piliers du programme.

    La présentation sera l’occasion, pour Alassane Ouattara, de mettre en avant ses engagements pour une Côte d’Ivoire encore plus forte, inclusive et résiliente. En période préélectorale, il s’agit aussi d’un moment attendu par les électeurs, les partenaires et les observateurs internationaux, soucieux de mesurer les orientations proposées par le chef de l’État sortant.

    La DCC-COM invite donc les médias à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer une couverture optimale de cet événement. La forte médiatisation annoncée témoigne de l’importance accordée à la transparence et au dialogue avec l’opinion publique.

    À deux semaines du scrutin du 25 octobre 2025, la présentation du projet de société d’Alassane Ouattara marquera sans nul doute un temps fort de la campagne présidentielle, contribuant à structurer le débat démocratique autour des choix d’avenir pour la nation.

  • PRÉSIDENTIELLE 2025 : AHOUA DON MELLO RECADRE GBAGBO ET AFFI N’GUESSAN

    PRÉSIDENTIELLE 2025 : AHOUA DON MELLO RECADRE GBAGBO ET AFFI N’GUESSAN

    L’ancien ministre ivoirien de l’Équipement, Ahoua Don Mello, a vivement réagi aux positions de Laurent Gbagbo et de Pascal Affi N’Guessan, tous deux déclarés inéligibles à la présidentielle d’octobre 2025.

    En marge d’une émission télévisée consacrée à la précampagne, le candidat à la magistrature suprême a dénoncé ce qui pourrait être considéré comme une fuite de responsabilité politique de la part de ses anciens compagnons de lutte.

    Les positions d’Affi et Gbagbo

    Le 18 septembre dernier, le fondateur du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Laurent Gbagbo, avait annoncé, par la voix de sa porte-parole Me Habiba Touré, qu’il ne soutiendrait aucun candidat au scrutin du 25 octobre. Une décision qui semble être soutenue par Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), lui aussi recalé par le Conseil constitutionnel pour insuffisance de parrainages. Ces deux prises de position ont suscité la réprobation d’Ahoua Don Mello, qui y voit un renoncement politique.

    « Ils ont estimé qu’il valait mieux ne pas répondre, ou alors répondre négativement. Mais ce qu’ils oublient, c’est qu’aussi bien le FPI que le PPA-CI sont des fronts », a-t-il lancé, lors de son récent passage sur une chaîne nationale. L’ancien porte-parole du gouvernement Gbagbo estime que le militantisme ne saurait se réduire à la fidélité à une personne.

    Je suis arrivé au FPI seul, en venant d’un parti communiste. J’y ai apporté ma vision des choses dès sa création. Depuis lors, des personnes ont adhéré à cette vision et sont aujourd’hui membres du PPA-CI

    « Je suis arrivé au FPI seul, en venant d’un parti communiste. J’y ai apporté ma vision des choses dès sa création. Depuis lors, des personnes ont adhéré à cette vision et sont aujourd’hui membres du PPA-CI », a-t-il rappelé, tout en affirmant que la majorité de ses parrainages proviennent des militants du parti de son ex-mentor. « Même le parrainage a été assuré à plus de 80 % par des militants du PPA-CI », a-t-il précisé.

    Relations tendues

    L’ancien ministre entretient depuis fin juin des relations tendues avec Laurent Gbagbo. Sa décision de se présenter à la présidentielle en dépit de la ligne officielle du PPA-CI — qui reste attaché à la candidature symbolique de Gbagbo malgré son inéligibilité — a été vécue comme une trahison au sein du parti. Plusieurs cadres favorables à sa démarche ont d’ailleurs été révoqués. Une décision que Don Mello relativise. « Cette révocation s’inscrit dans une logique, car nombreux sont ceux qui partagent ma position et s’engagent à mes côtés, quitte à perdre leurs responsabilités au sein du parti », a-t-il soutenu.

    Se posant en alternative crédible au sein du camp progressiste, Ahoua Don Mello affirme vouloir poursuivre « le combat pour la souveraineté nationale et la justice sociale », en participant activement à la compétition électorale. Une manière, selon lui, de rester fidèle à l’esprit du combat initial, plutôt qu’à la lettre des consignes partisanes.

    À quelque jours de l’ouverture officielle de la campagne, cette sortie illustre les profondes divisions au sein de l’ex-majorité présidentielle, désormais éclatée entre fidélité à Gbagbo, repositionnement politique et ambitions personnelles.

    Jean Kelly KOUASSI

  • TIDJANE THIAM : UNE LONGUE ABSENCE QUI FRAGILISE LE PDCI ET ACCENTUE LES DIVISIONS ?

    TIDJANE THIAM : UNE LONGUE ABSENCE QUI FRAGILISE LE PDCI ET ACCENTUE LES DIVISIONS ?

    L’absence prolongée de Tidjane Thiam à quelques jours de la présidentielle suscite à Abidjan inquiétudes et débats sur la cohésion du PDCI-RDA. Tandis que la direction assure que le parti reste pleinement fonctionnel et uni.

    Le long séjour à l’étranger du président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), Tidjane Thiam, continue d’alimenter les débats au sein de la classe politique ivoirienne, à quelques semaines du lancement officiel de la campagne présidentielle. Depuis son départ du pays à la mi-mars 2025, l’ancien patron du Crédit Suisse n’a pas encore regagné Abidjan, invoquant des raisons liées à sa sécurité personnelle.

    Invité de l’émission “Moments de vérité”, diffusée le 26 juillet 2025 et animée par Alain Foka, Tidjane Thiam a livré sa version des faits. « J’attends le minimum de garanties pour pouvoir exercer sereinement mes fonctions de président du parti. Quelqu’un d’autorisé en Côte d’Ivoire a dit à mon frère Augustin Thiam : si ton frère met les pieds en Côte d’Ivoire, il sera arrêté. Il y a aussi des menaces physiques faites par des voix autorisées », a-t-il déclaré.

     »Sans Thiam, ce n’est pas le même PDCI »

    Mais alors que le pays s’apprête à entrer dans une phase cruciale de son calendrier politique, l’absence prolongée du leader du plus vieux parti ivoirien — qui affirme maintenir sa candidature malgré son absence de la liste électorale et la décision du Conseil constitutionnel — continue de susciter de vives réactions.

    Pour de nombreux observateurs, cette absence crée un vide symbolique à la tête du PDCI-RDA, alors que la base militante s’interroge sur la visibilité et la stratégie de son leader. Parmi eux, le Dr Sylvain N’Guessan, analyste politique à l’Institut de stratégies d’Abidjan, estime que la situation n’est pas sans conséquence sur la cohésion interne du parti.

    « Le PDCI sans Thiam, ce n’est pas le même PDCI. Sa présence physique à Abidjan, son contact quotidien avec les militants, les cadres et les députés créent une dynamique et une cohésion que la distance ne peut pas totalement compenser », explique-t-il.

    Selon lui, « à un mois de la présidentielle et à trois mois des législatives, les militants ont besoin de sentir la chaleur et l’énergie de leur leader ». « Comme Moïse au mont Sinaï, l’absence prolongée du leader peut ébranler la foi et la structure organisationnelle du peuple, estime Dr N’Guessan. Cela ne veut pas dire que le PDCI est désorganisé, mais qu’il doit éviter que ce vide devienne un prétexte à la division. »

    Une répartition claire des rôles

    Pourtant, du côté du parti, la direction se veut rassurante. Interrogé par Mondafrique, Noël Akossi Bendjo, vice-président et coordonnateur général du PDCI-RDA, rejette l’idée d’un affaiblissement du mouvement. « Le président Tidjane Thiam est exceptionnel. Même hors du pays, il dirige et gouverne le PDCI-RDA. Tous les jours, il est en contact avec les responsables du parti, analyse les rapports, prend des décisions et donne des orientations », affirme-t-il.

    Pour lui, le parti fonctionne normalement. « Il y a une répartition claire des rôles entre les responsables basés en Côte d’Ivoire et ceux qui accompagnent le président dans ses démarches à l’international. Ceux qui parlent de fragilité appartiennent à la cinquième colonne de militants perturbateurs », assène l’ancien maire du Plateau.

    Selon des sources internes au PDCI-RDA, le retour de Tidjane Thiam à Abidjan n’est pas prévu à court terme. Le parti poursuit en attendant la mobilisation pour la « grande marche pour la paix », organisée avec son allié le PPA-CI et désormais fixée au samedi 11 octobre, tout en assurant vouloir « préserver l’unité autour du président Thiam ».

  • Présidentielle 2025: des cadres du PPA-CI prêts à rejoindre l’ex-Première Dame, Simone Gbagbo !

    Présidentielle 2025: des cadres du PPA-CI prêts à rejoindre l’ex-Première Dame, Simone Gbagbo !

    Alors que la campagne présidentielle s’annonce décisive, plusieurs cadres influents du PPA-CI, issus du premier cercle autour de Laurent Gbagbo, seraient sur le point de rejoindre Simone Ehivet Gbagbo, candidate du Mouvement des Générations Capables (MGC), selon des sources internes concordantes.

    Ces figures du parti fondé par l’ancien président ivoirien justifient ce rapprochement par la nécessité de « préserver l’héritage du combat gbagboïste » et d’éviter, selon leurs mots, « l’éparpillement des forces souverainistes face au RHDP », au moment où Laurent Gbagbo est écarté de la compétition.

    Leur ralliement, s’il se confirmait, pourrait redessiner le paysage électoral de l’opposition et offrir à l’ancienne Première Dame un ancrage politique et territorial renforcé, notamment dans les bastions historiques du FPI. Toute chose qui pourrait favoriser un rapprochement ou un ralliement d’autres candidats de l’opposition, à l’instar de Jean-Louis Billon et Ahoua Don Mello, autour de la candidature de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire.

    Sylvie Kouamé avec Hervé Coulibaly

  • PRÉSIDENTIELLE 2025 : NOUVEAU REVERS POUR GBAGBO ET THIAM DEVANT L’ONU

    PRÉSIDENTIELLE 2025 : NOUVEAU REVERS POUR GBAGBO ET THIAM DEVANT L’ONU

    Nouveau revers pour Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, les deux principaux opposants ivoiriens. Les Nations unies ont rejeté, le 7 octobre 2025, les requêtes introduites par les deux opposants ivoiriens visant à obtenir des mesures provisoires pour leur réintégration sur la liste électorale en vue de la présidentielle du 25 octobre prochain.

    La décision, émanant du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à Genève, confirme la position déjà adoptée en juillet et août derniers, lorsque les mêmes demandes avaient été jugées irrecevables. Les deux figures de l’opposition, exclues de la course électorale à la suite d’une décision du Conseil constitutionnel, avaient saisi à nouveau le Comité des droits de l’homme de l’ONU le 16 septembre dernier, par le biais de leurs avocats.

    Réponses à Laurent Gbagbo

    Dans deux correspondances officielles transmises à la Mission permanente de la Côte d’Ivoire à Genève, le Secrétariat des Nations unies a indiqué que le Comité, « agissant par l’intermédiaire de ses Rapporteurs spéciaux sur les nouvelles communications et mesures provisoires », avait décidé « de ne pas accéder » aux demandes formulées par M. Gbagbo et M. Thiam.

    Le Comité, se référant à la règle 94 de son règlement intérieur, a rappelé ses précédents échanges des 8 et 29 juillet avant de rejeter la seconde demande de mesures provisoires déposée le 16 septembre

    Concernant l’ancien président Laurent Gbagbo, la note onusienne rappelle les précédentes correspondances en date des 20 et 26 août 2025, confirmant le refus d’octroyer des mesures provisoires. Le Comité a toutefois précisé qu’aucune décision n’avait encore été rendue sur la recevabilité de la communication ni sur le fond des allégations. L’État ivoirien dispose jusqu’au 20 février 2026 pour soumettre ses observations.

    Le cas Tidjane Thiam

    De son côté, la requête introduite au nom de M. Tidjane Thiam a connu le même sort. Le Comité, se référant à la règle 94 de son règlement intérieur, a rappelé ses précédents échanges des 8 et 29 juillet avant de rejeter la seconde demande de mesures provisoires déposée le 16 septembre. La Côte d’Ivoire devra, dans ce cas, répondre d’ici au 8 janvier 2026.

    Ces décisions représentent un nouveau camouflet pour les deux opposants, déjà déboutés par le Conseil constitutionnel ivoirien. Pour l’instance onusienne, les requêtes ne remplissent pas les conditions nécessaires à une intervention d’urgence, laissant à l’État partie la responsabilité de défendre son positionnement devant le Comité.

    Contexte tendu

    À Abidjan, cette décision intervient dans un contexte politique tendu, marqué par la proximité de la présidentielle et les appels répétés de l’opposition à un scrutin « inclusif et transparent ». Cinq candidats, dont le président sortant Alassane Ouattara, seront finalement en lice le 25 octobre prochain.

    Alors que leurs partisans dénoncent un processus « verrouillé », le gouvernement assure, pour sa part, que la CEI et le Conseil constitutionnel ont agi conformément aux lois en vigueur. Le rejet des recours par l’ONU conforte, selon plusieurs observateurs, la position des autorités ivoiriennes qui affirment que le contentieux électoral relève exclusivement du droit interne.

    Jean Kelly Kouassi


  • UEMOA : Le Burkina Faso prend la présidence du Conseil des ministres statutaire

    UEMOA : Le Burkina Faso prend la présidence du Conseil des ministres statutaire

    Le Burkina Faso assure désormais la présidence du Conseil des ministres statutaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). À l’issue de la 3ᵉ session ordinaire tenue le lundi 6 octobre 2025, au siège de la BCEAO à Dakar, Aboubakar Nacanabo, ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, a été désigné par ses pairs. Il succède à l’Ivoirien Adama Coulibaly pour un mandat de deux ans, conformément à l’article 11 du Traité de l’UMOA qui prévoit une rotation entre les huit États membres.

    Situation économique dynamique en dépit des incertitudes au niveau régional et international…(Ph: Uemoa)

    Situation économique dynamique en dépit des incertitudes au niveau régional et international…(Ph: Uemoa)


    Dans son allocution d’ouverture, Adama Coulibaly a dressé un bilan économique encourageant. La croissance du Produit intérieur brut (PIB) de l’Union est estimée à 6,3 % en 2025, après 6,3 % déjà en 2024. L’activité est portée par la consommation des ménages et les investissements dans les infrastructures. Parallèlement, le déficit budgétaire global de l’Union devrait reculer, passant de 5,1 % du PIB en 2024 à 3,7 % en 2025, puis à 3,2 % en 2026, grâce à une meilleure mobilisation des recettes fiscales et à la maîtrise des dépenses publiques.

    Outre la passation de présidence, les ministres ont examiné des dossiers clés pour l’intégration régionale : rapport de surveillance multilatérale du premier semestre 2025, recommandations de politique économique pour 2026, projet d’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages, ainsi que les comptes annuels 2024 de l’Autorité des marchés financiers (AMF-UMOA). La BCEAO a également présenté l’état d’avancement des mesures de renforcement de la position extérieure de l’Union.

    Cette désignation a toutefois ravivé un débat : certains observateurs avaient affirmé que le Burkina Faso ne pourrait pas accéder à la présidence. Qu’en est-il réellement ?

    Vérification des faits : Burkina Faso et présidence de l’UEMOA

    Il faut noter que l’article 11 du Traité de l’UMOA prévoit une rotation automatique tous les deux ans entre les ministres des Finances des États membres. Après la Côte d’Ivoire (2023-2025), c’était bien au tour du Burkina Faso d’assurer la présidence du Conseil à partir d’octobre 2025. Plusieurs médias (Africa Intelligence, Le Faso, Afriksoir, Afrique Education…) ont évoqué un bras de fer en juillet 2025. Lors d’une session à Lomé, les représentants du Burkina et de ses alliés de l’Alliance des États du Sahel (AES) auraient quitté la salle, protestant contre un refus attribué notamment à la Côte d’Ivoire de voir Ouagadougou exercer son tour de présidence. Cependant aucune note officielle de l’UEMOA ni communiqué ivoirien ne confirme formellement une opposition écrite ou un veto d’Abidjan. Les allégations d’opposition reposent sur des récits médiatiques, sans preuve institutionnelle publiée.

    Pour revenir à l’essentiel, il faut indiquer que les divergences diplomatiques n’ont pas empêché l’application du principe de rotation. En confiant la présidence au Burkina Faso, l’UEMOA réaffirme son attachement à la continuité institutionnelle et à la solidarité régionale, tout en gardant le cap sur ses priorités. A savoir, croissance durable, discipline budgétaire et approfondissement de l’intégration économique.

    Ce qui est assigné au pays qui assure la présidence

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    1. Présider les réunions du Conseil

    Le ministre des Finances du pays président conduit les sessions ordinaires et extraordinaires du Conseil. Il donne la parole, oriente les débats et veille à ce que les décisions soient adoptées conformément aux textes.

    2. Porter la coordination politique

    Le président du Conseil devient porte-parole des ministres de l’Union. C’est lui qui incarne la volonté collective, relaie les décisions au Conseil des chefs d’État et de gouvernement, et défend les positions de l’UEMOA auprès des partenaires internationaux (Banque mondiale, FMI, UE, etc.).

    3. Assurer la continuité institutionnelle

    Même si la présidence est tournante, le pays qui en a la charge doit veiller à la mise en œuvre des décisions antérieures et au suivi des grandes orientations (intégration économique, convergence budgétaire, réformes financières, etc.).

    4. Surveiller les engagements macroéconomiques

    Le Conseil est l’organe qui contrôle la discipline budgétaire des États membres. Le pays président supervise donc la validation, des rapports de surveillance multilatérale, des recommandations de politique économique, et de la conformité des budgets nationaux aux critères de convergence (déficit ≤ 3 % du PIB, inflation ≤ 3 %, etc.).

    5. Incarner l’Union à l’extérieur

    Le président du Conseil représente l’UEMOA dans les fora internationaux liés aux finances, à l’économie et au commerce. C’est une vitrine diplomatique et symbolique. Il montre que l’Union reste unie et cohérente malgré la diversité de ses régimes politiques.