Auteur/autrice : iciabidjan

  • Laurent Gbagbo relance la CPI sur la crise ivoirienne: EMMANUEL ALTIT DÉVOILE LES VRAIES INTENTIONS DE LAURENT GBAGBO

    Laurent Gbagbo relance la CPI sur la crise ivoirienne: EMMANUEL ALTIT DÉVOILE LES VRAIES INTENTIONS DE LAURENT GBAGBO

    Laurent Gbagbo relance la CPI sur la crise ivoirienne. Son avocat, Emmanuel Altit, a détaillé, sur RFI, une démarche visant à éclairer les responsabilités de la rébellion et à rendre justice aux victimes, notamment Wê.

    L’avocat français Emmanuel Altit a défendu ce mardi 9 décembre la décision de Laurent Gbagbo de transmettre un dossier à la Cour pénale internationale (CPI), estimant que son client cherche avant tout à « faire avancer les Ivoiriens » en rouvrant plusieurs questions restées sans réponse depuis la crise de 2002–2011.

    L’ancien président ivoirien a rendu publique, la veille, le 8 décembre 2025, une lettre adressée au Procureur de la CPI, dans laquelle il affirme vouloir obtenir des éclaircissements sur les « causes profondes » de la rébellion armée de 2002, ainsi que sur les violences qui ont culminé lors de la crise post-électorale de 2010–2011.

    « Il faut regarder le passé »

    Dans ce document, Laurent Gbagbo estime que « tant qu’un fait n’est pas jugé totalement, il devient une injustice ». Il affirme vouloir mettre en lumière l’identité des instigateurs de l’insurrection qui a divisé le pays pendant près d’une décennie, mais aussi les circonstances ayant entouré l’organisation des élections générales, qu’il juge marquées par des pressions extérieures. Il appelle surtout à une reconnaissance des souffrances de la communauté Wê, lourdement touchée lors de la prise de Duékoué en mars 2011. Selon l’ONU, 817 personnes y avaient été tuées en trois jours, soit près d’un tiers des victimes de l’ensemble de la crise, estimées à au moins 3 000 morts.

    Intervenant sur RFI, Me Altit a expliqué que cette démarche vise à remettre au centre du débat trois questions jugées essentielles : l’origine du conflit, les responsabilités politiques et militaires, et le traitement réservé aux victimes.

    « Pour avancer, il faut regarder le passé », a-t-il déclaré au confrère. « Ces questions n’ont jamais été abordées franchement jusqu’à présent, alors qu’elles sont cruciales pour l’avenir du pays, pour éviter de reproduire les mêmes erreurs et pour que justice soit rendue. »

    L’avocat souligne que les victimes Wê, ainsi que l’ensemble des survivants de la rébellion et de la crise post-électorale, attendent toujours des réponses. « Qu’est-ce qu’ils vont dire si personne ne s’occupe d’eux ? », a-t-il insisté, évoquant un sentiment d’abandon persistant dans certaines régions de l’ouest.

    Identifier les auteurs

    Invité par RFI à réagir aux interprétations selon lesquelles la démarche viserait implicitement l’actuel chef de l’État, Alassane Ouattara, Me Altit est resté prudent. « Lorsque nous déposerons officiellement ce dossier, nous communiquerons davantage. À ce moment-là, chacun saura qui a fait quoi. Le point central, c’est la responsabilité », a-t-il répondu.

    Selon lui, l’objectif affiché est d’identifier « ceux qui ont joué un rôle déterminant, qu’ils soient instigateurs, financiers ou auteurs de crimes », afin que la justice internationale puisse apprécier d’éventuelles responsabilités. « C’est à cette condition, dit-il, que les Ivoiriens pourront dépasser ces moments douloureux et avancer ensemble. »

  • ABIDJAN, CAPITALE SECRÈTE DU SEXE PAR TÉLÉPHONE: ENQUÊTE SUR CES IVOIRIENNES QUI NOURRISSENT LES FANTASMES

    ABIDJAN, CAPITALE SECRÈTE DU SEXE PAR TÉLÉPHONE: ENQUÊTE SUR CES IVOIRIENNES QUI NOURRISSENT LES FANTASMES

    Abidjan est devenue, dans l’ombre, l’un des centres névralgiques du téléphone rose français. Sous couvert de recrutements de télévendeurs, un système érotique bien rodé prospère. Enquête.

    Aux Deux-Plateaux, à Cocody, rien ne distingue ces villas d’autres bureaux anodins. Façades blanches, portails silencieux, pas d’enseigne. Pourtant, de jours comme de nuit, des jeunes femmes s’y succèdent discrètement. Dans certaines pièces, les voix remplacent les claviers : rieuses, hésitantes, sensuelles. Des voix qui ne parlent pas à Abidjan, mais à Paris, Lyon ou Marseille.

    “Quand j’ai franchi la porte la première fois, j’ai cru que c’était un vrai centre d’appels”, raconte Nadia, 28 ans. “Mais après deux jours, j’ai compris. On nous apprenait à faire rêver les hommes, à les garder au téléphone le plus longtemps possible.”

    Un emploi rêvé devenu piège

    “Très bonne diction, élocution claire, accent français apprécié…”, “formation assurée” : à première vue, l’annonce publiée par Even Media Interactive Côte d’Ivoire (EMICIV) semble banale.

    Depuis plusieurs années, l’entreprise, qui se présente comme un acteur du Business Process Outsourcing (BPO), c’est-à-dire la sous-traitance des services clients pour des marques étrangères, recrute à tour de bras des télévendeurs et téléconseillers. Les promesses sont attrayantes : emploi stable, mutuelle, congés payés, perspective d’évolution. Le rêve d’une jeunesse ivoirienne en quête de stabilité.

     “On nous disait qu’on travaillait pour des services clients français. Mais à la formation, on découvre autre chose : du téléphone rose, de la voyance, des conversations payantes. On ne peut plus reculer”, se souvient Adjara, 25 ans, embauchée en 2022. “Au début, tu crois vendre un produit. Puis, tu réalises que c’est toi, le produit.”

    Les recrues suivent une formation express : adoption d’un accent “neutre”, rebaptisé “chorkor”, posture de voix, gestion des objections, maintien du client.

    “Si ton accent trahit ton origine, tu ne passes même pas l’étape de formation. On nous apprend à faire rêver, à tenir compagnie, même quand ça devient gênant”, poursuit Nadia.

    Un business très rentable

    Selon son propre site, Even Media Interactive opère depuis plus de dix ans à Abidjan, sur deux sites. La société revendique plus de 450 employés à Abidjan et près d’un million d’appels par an en menant des activités allant de la modération à la conciergerie, en passant par la prise de rendez-vous ou les enquêtes téléphoniques.

    En réalité, plusieurs employés assurent qu’une part de ces activités relève du service téléphonique à contenu érotique, un secteur strictement encadré en France. Le modèle repose sur les lignes surtaxées françaises, facturées jusqu’à 2,99 euros la minute.

    Boris, un ancien superviseur, aujourd’hui reconverti, l’admet à demi-mot : “Il y a plusieurs équipes. Certaines gèrent de vrais appels commerciaux, d’autres font de la rétention ou de la conversation payante. On appelle ça “la fidélisation”, mais tout le monde sait ce que ça veut dire.”

    “Le but, c’est de retenir le client le plus longtemps possible. Tu deviens voyante, confidente, amante imaginaire. On te paie au rendement, mais c’est dérisoire : à peine 160 000 francs CFA par mois”, confie Mariam, encore en activité.

    “On vend sa voix, parfois son âme, pour survivre.” raconte une autre téléopératrice. “Il faut tout accepter. S’il parle de sexe, tu joues le jeu. Si tu raccroches avant 30 minutes, c’est une perte. Alors tu ris, tu séduis, tu improvises.”

    Derrière l’écran, les employées doivent aussi consommer du gingembre ou des pastilles pour tenir le rythme et “sonner plus énergique”.

    “C’est de la télévente du désespoir”, résume Mariam. “On exploite la misère des unes et la solitude des autres.”

    La chômage, moteur silencieux

    Certaines abandonnent rapidement, d’autres s’accrochent faute d’alternative. Dans un pays où le chômage des jeunes reste élevé, ces emplois deviennent une bouée, aussi fragile que compromettante.

    En Côte d’Ivoire, près de 9 emplois sur 10 sont informels, et la vulnérabilité frappe davantage les femmes. Le taux de chômage des jeunes diplômés atteint 15 %, contre 2,6 % pour la population globale.

    Les femmes ne représentent que 19 % des emplois formels, et la majorité d’entre elles survivent dans des emplois précaires, souvent mal payés.

    “Le chômage ici, c’est une prison”, confie Mariam. “On parle dix heures par jour, les pauses sont chronométrées, les superviseurs nous crient dessus. Et pourtant, tout le monde veut être recruté.”

    Aïcha, 27 ans, de confession musulmane, téléconseillère depuis un an, résume le dilemme : “Mes parents croient que je travaille pour une grande société française. Je ne peux pas leur dire ce que je fais vraiment. J’ai honte, mais sans ce travail, je ne paye pas loyer”.

    Un secret bien gardé

    Lorsque nous nous sommes rendus sur les lieux le jeudi 6 novembre, l’accès au site d’EMICIV non loin du carrefour Las Palmas a été refusé. “Nous faisons du service client, rien de plus”, a simplement lâché un agent de sécurité.

    Selon plusieurs témoignages concordants, l’entreprise fonctionnerait en toute discrétion depuis plusieurs années, sans inspection régulière connue.

    À la mairie de Cocody, où nous avons cherché des informations sur l’entreprise, aucune trace officielle d’une activité liée à la voyance ou au téléphone rose.

    “Nous n’avons pas connaissance d’une société qui exerce de telles activités dans notre commune”, nous a répondu une responsable administrative, vendredi 7 novembre.

    Du côté de l’Inspection du travail de Cocody II, silence radio. Aucun dossier connu, aucune plainte déposée, ou du moins aucune volonté d’en parler. Nous avons été gentiment redirigés vers le Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale.

    Nos tentatives de contact par mail auprès des autorités compétentes — notamment le ministère de l’Emploi et de la Protection sociale, ainsi que celui de la Transition Numérique et de la Digitalisation — n’ont pas encore obtenu de réponse.

    Pendant ce temps, dans le silence des villas transformées en plateaux téléphoniques, les voix ivoiriennes s’élèvent jour et nuit pour apaiser des inconnus à des milliers de kilomètres. Elles vendent douceur, désir ou illusion. Elles exécutent ce qu’on leur demande, sans jamais montrer leur visage.

    Ce modèle économique repose sur un déséquilibre connu : une main-d’œuvre ivoirienne peu coûteuse et un marché européen en demande d’attention, d’affection ou de fantasmes.

    Dans ce système, la voix devient outil de travail, les émotions deviennent outils de rétention, et la dignité se négocie à la minute.

    par Samuel KADIO

  • L’AES INTERCEPTE UN AVION NIGÉRIAN ET PRÉVIENT QU’ELLE ABATTRA TOUT APPAREIL NON AUTORISÉ

    L’AES INTERCEPTE UN AVION NIGÉRIAN ET PRÉVIENT QU’ELLE ABATTRA TOUT APPAREIL NON AUTORISÉ

    La Confédération des États du Sahel(AES) accuse le Nigeria d’avoir violé son espace aérien après l’atterrissage forcé d’un C-130 à Bobo-Dioulasso, sur fond d’intervention militaire régionale au Bénin.

    La Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a dénoncé, lundi 8 décembre 2025, une « violation de l’espace aérien confédéral » après l’atterrissage forcé d’un avion militaire nigérian à Bobo-Dioulasso, dans l’ouest du Burkina Faso. L’incident survient dans un contexte régional déjà tendu, alors que le Nigeria mène depuis dimanche une opération militaire au Bénin pour aider le président Patrice Talon à déjouer une tentative de coup d’État.

    Un acte « inamical »

    Selon un communiqué diffusé dans la soirée du lundi par la présidence malienne, qui assure la direction tournante de l’alliance, l’appareil de type C-130 appartenant à l’armée de l’air nigériane se trouvait « en situation d’urgence en vol » lorsqu’il a été contraint de se poser sur l’aéroport de Bobo-Dioulasso. L’avion transportait deux membres d’équipage et neuf passagers, tous militaires.

    Une enquête ouverte par les autorités burkinabè a conclu que l’aéronef ne disposait d’aucune autorisation de survol du territoire. « L’absence d’autorisation a été clairement établie », précise le communiqué, qui évoque une « violation grave » de la souveraineté du Burkina Faso et, par extension, de l’espace aérien de l’AES.

    Le président malien Assimi Goïta, agissant en qualité de président de la Confédération, a condamné « avec la plus grande fermeté » cet acte jugé « inamical », estimant qu’il contrevient au droit international et aux règles encadrant l’aviation civile et militaire.

    « Les dispositions sont prises pour garantir la sécurité de l’espace aérien confédéral, la souveraineté et l’intégrité territoriale de ses États membres », affirme le texte.

    La Confédération indique également que, sur instruction des chefs d’État, les défenses aériennes et anti-aériennes ont été placées en « alerte maximale ». Elles ont reçu l’ordre de neutraliser « tout aéronef qui violerait l’espace confédéral », conformément à une décision prise par le collège des chefs d’État le 22 décembre 2024.

    Un climat régional électrique

    L’atterrissage forcé du C-130 survient alors que le Nigeria est engagé, depuis la veille, dans une opération militaire au Bénin pour aider à contrer une tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon. Dimanche matin, un groupe de militaires était apparu à la télévision publique pour annoncer sa destitution, avant d’être rapidement neutralisé par l’armée béninoise avec le soutien de la CEDEAO.

    Le président nigérian Bola Tinubu, qui dirige également l’organisation régionale, a confirmé que des troupes terrestres et des moyens aériens, dont des avions de chasse, avaient été déployés « en urgence » à la demande du gouvernement béninois. La force en attente de la CEDEAO – comprenant des contingents du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la Sierra Leone – a été mobilisée pour « restaurer l’ordre constitutionnel », a indiqué l’organisation.

    À Cotonou, un retour progressif au calme a été constaté lundi, selon plusieurs sources sécuritaires. Les soldats impliqués dans la mutinerie ont été arrêtés et deux hauts gradés brièvement retenus en otage ont été libérés. L’ONU a condamné la tentative de putsch, appelant au respect des institutions démocratiques.

    Tensions anciennes

    L’incident aérien risque d’aggraver davantage les tensions entre l’AES et le Nigeria, acteur central de la CEDEAO et soutien direct du gouvernement béninois. Depuis la création de la Confédération en septembre 2023, les relations entre les juntes militaires du Sahel et Abuja sont devenues particulièrement tendues, notamment autour des sanctions régionales, de la coopération sécuritaire et des alignements diplomatiques.

    Le Nigeria est l’un des principaux promoteurs du maintien des pressions contre les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qui se sont retirés de la CEDEAO début 2024. L’AES accuse régulièrement la CEDEAO, et en particulier Abuja, d’ingérence dans ses affaires internes.

    La situation est d’autant plus sensible que l’AES a profondément réorienté ses alliances, en se rapprochant de la Russie après le départ de l’armée française du Sahel.

    Selon des informations publiées par Jeune Afrique, le président français Emmanuel Macron a suivi en temps réel l’évolution de la tentative de coup d’État au Bénin. Il se serait entretenu dimanche avec Patrice Talon, avant de plaider auprès du président nigérian Bola Tinubu pour une intervention rapide. Paris aurait par ailleurs prépositionné des éléments de forces spéciales à Cotonou, selon ces mêmes sources.

    L’Élysée n’a pour l’heure pas confirmé ces informations.

    Ni Abuja ni la CEDEAO n’avaient réagi publiquement lundi soir à l’annonce de l’AES concernant l’atterrissage forcé du C-130. Il n’était pas non plus établi si l’avion nigérian était directement lié aux opérations en cours au Bénin ou s’il effectuait une mission distincte.

    Le sort de l’équipage et des passagers n’a pas été précisé, pas plus que la durée de l’immobilisation de l’appareil sur le sol burkinabè.


  • Coupe du Monde 2026 : le Maroc déclenche de nombreuses réactions au Brésil

    Coupe du Monde 2026 : le Maroc déclenche de nombreuses réactions au Brésil

    Sensation en 2022, le Maroc s’affirme comme la menace principale du Brésil pour la première place du groupe C de cette Coupe du Monde 2026. Et la presse brésilienne l’a vite compris.

    Malgré un déclin relatif de la sélection depuis plusieurs années, Walid Regragui connaît trop bien les dangers de prendre de haut cette équipe du Brésil, aussi irrégulière que talentueuse. « Jouer contre le Brésil est un rêve pour tous. C’est un honneur. Pour nous, le Brésil est le pays du football, et pour les Marocains, c’est un exemple à suivre », confiait hier le sélectionneur marocain en marge du tirage, non sans l’ambition de tenir tête à la Seleçao l’été prochain.

    Entre-temps, la CAN servira d’indicateur pour jauger la forme des Lions de l’Atlas, grands favoris à la victoire finale à domicile. L’occasion pour Carlo Ancelotti et son staff d’observer minutieusement cette équipe désormais invaincue depuis 18 rencontres. « Le Maroc est l’équipe la plus dangereuse du groupe. Ils jouent un bon football et ont été incroyables au Mondial. Ils disposent d’excellents joueurs, ainsi que d’un excellent entraîneur », reconnaissait Carlo Ancelotti vendredi.

    Le Maroc est respecté au Brésil

    Si la dernière confrontation en Coupe du Monde entre les deux nations avait tourné à l’avantage du Brésil (victoire 3-0 en 1998 dans une poule où l’Écosse était également présente, comme cette année), le vent a tourné depuis. Globo écrit : « les Marocains s’établissent comme le principal rival de la phase de groupe. Depuis 1998, le pays africain a grandi, et récemment, il n’apporte pas de bons souvenirs pour l’équipe brésilienne. La sélection marocaine a été le premier adversaire du Brésil après l’élimination au Qatar, et elle s’était imposée 2-1. Les Marocains surfent sur une campagne emblématique réalisée en 2022, devenant le premier pays africain à atteindre les 1/2 finale d’un Mondial. »

    CNN Brasil ajoute : « le Maroc possède le meilleur palmarès africain en Coupe du monde, ayant atteint les demi-finales lors de la dernière édition organisée au Qatar. Le pays occupe actuellement la première place du classement africain et a remporté ses huit matchs de qualification. » L’évolution du football marocain est largement saluée à travers le Brésil, pour ne pas dire redoutée.« Le Maroc est l’adversaire le plus redoutable. Si la star de la sélection est Achraf Hakimi, cette équipe abrite d’autres noms appartenant aux plus grands clubs d’Europe : Noussair Mazraoui (Manchester United), Sofyan Amrabat (Real Betis), Neil El Aynaoui (Roma), Youssef En-Nesyri (Fenerbahçe) et Brahim Díaz (Real Madrid). Un autre point fort est son gardien de but Yassine Bounou, actuellement à Al Hilal et l’un des meilleurs de la dernière Coupe du Monde », peut-on lire sur ESPN Brasil. Il va sans dire que ce duel excite tout le monde, au Brésil, comme au Maroc.

  • Côte d’Ivoire. Habitat : Deux assurances obligatoires pour les constructeurs

    Côte d’Ivoire. Habitat : Deux assurances obligatoires pour les constructeurs

    Les constructeurs doivent souscrire à deux types d’assurance pour couvrir les risques liés aux travaux de construction des bâtiments ainsi que les dommages matériels et corporels subis en cas de ruine d’un bâtiment. Il s’agit de l’assurance tout risque chantier et de l’assurance de responsabilité civile décennale.

    A cette fin, un projet de loi modifiant la loi du 26 juin 2019 instituant le Code de la Construction et l’Habitat a été adopté à cet effet, lors du Conseil des ministres du 3 décembre 2025. « Ce projet de loi vise à compléter et à clarifier les dispositions du code de la construction et de l’habitat relatives à l’obligation d’assurance », a indiqué Amadou Coulibaly ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement lors du point de presse qu’il a animé à l’issue du Conseil des ministres.

    Il s’agit d’établir une distinction précise et explicite, entre l’assurance obligatoire imposée aux constructeurs et l’assurance obligatoire à la charge des propriétaires de bâtiments, de façon à définir clairement les responsabilités des différents acteurs. Et renforcer ainsi les sanctions applicables aux constructions non autorisées.

    Le projet de loi en question distingue notamment deux types d’assurance, a-t-il poursuivi, auxquels « tout constructeur est tenu de souscrire », Il s’agit en premier de l’Assurance Tous Risques chantier. Cette assurance constitue un préalable à l’ouverture du chantier car elle doit couvrir les risques liés à l’exécution des travaux. Le second type d’assurance est l’Assurance de Responsabilité civile décennale. Elle permet de garantir la réparation des dommages matériels couverts sur dix ans. « Pour tout propriétaire de bâtiment, l’Assurance de Garantie Responsabilité civile couvre obligatoirement les dommages corporels et matériels causés au tiers, en cas de ruine du bâtiment résultant d’un défaut de construction ou d’un défaut d’entretien », a précisé le porte-parole du gouvernement.

    D. K.

  • « ÇA M’A FAIT TELLEMENT MAL » : CE QUE YAYA TOURÉ N’A JAMAIS PARDONNÉ À FRANÇOIS ZAHOUI

    « ÇA M’A FAIT TELLEMENT MAL » : CE QUE YAYA TOURÉ N’A JAMAIS PARDONNÉ À FRANÇOIS ZAHOUI

    La scène se passe le 3 décembre 2025, dans le décor feutré de « Zack en roue libre ». À 42 ans, Yaya Touré, l’icône de Manchester City, du FC Barcelone et de la Côte d’Ivoire, accepte pour la première fois de revenir, cœur ouvert, sur ce qui reste l’une des blessures les plus profondes de sa carrière : la finale perdue de la CAN 2012… et son conflit silencieux avec l’entraîneur François Zahoui.

    Un retour en arrière chargé d’émotion. Assis face au micro, le visage calme mais les yeux et la voix qui trahissent encore quelque chose de brisé, Yaya ne tourne pas autour du pot. « Cette finale… c’était un tournoi bizarre, très bizarre. Et il n’y a pas beaucoup d’hommes qui savent ce qu’il s’est vraiment passé », souffle-t-il.

    La CAN 2012 est un chapitre douloureux dans l’histoire des Éléphants. Une campagne parfaite : aucun but encaissé, un collectif soudé, une équipe au sommet de son talent. Et puis cette finale cruelle, perdue aux tirs au but contre la Zambie d’Hervé Renard.

    Un drame national. Mais aussi, on le comprend désormais, une blessure personnelle pour Yaya Touré.

    « C’est moi qui me suis battu pour qu’on ait un coach ivoirien »

    Dans son récit, l’ancien Ballon d’or africain remonte au début du tournoi. « On ne voulait pas d’un grand entraîneur européen. On a dit au président Sidy Diallo : on veut un coach ivoirien, humain, proche de nous. Et c’est moi qui étais en tête de file. »

    Il raconte comment il a convaincu Didier Drogba, Kolo Touré, Salomon Kalou. Comment il est allé « tirer les oreilles du président » pour offrir à François Zahoui sa chance.

    « J’ai dit au président : ce n’est pas la capacité qui compte. Ce sont les joueurs qui font la différence. Faites-moi confiance. »

    Zahoui devient donc sélectionneur. Et malgré les doutes, malgré les critiques, l’équipe réalise une campagne quasi parfaite.

    « On voyait les journalistes le détruire. On faisait bloc derrière lui. On le protégeait. » Un lien fort. Une confiance rare. Mais brisée en un instant.

    La finale : le point de rupture

    « Quand on arrive en demi-finale, raconte Yaya, il y a déjà un journaliste qui le provoque en lui demandant : Coach, est-ce vraiment vous qui dirigez l’équipe ? Est-ce que vos consignes sont déterminantes ? Est-ce que ce ne sont pas plutôt les joueurs qui font le travail à votre place ? Là, il a pété un câble. Il a explosé, en répondant : Non, mais vous pensez quoi ? C’est moi qui fais ces joueurs. »

    Puis arrive le moment fatal : son remplacement au soir du 12 février 2012. « Comment tu peux sortir tes meilleurs tireurs à la 90e minute, quand tu sais qu’on va aller aux pénaltys ? Tu sors Yaya Touré, Salomon Kalou, même Maestro. Ça n’a aucun sens. »

    Le milieu ivoirien insiste : il n’a pas demandé à sortir. Il voulait tirer. Il s’était préparé. « À City, je ratais presque jamais un pénalty. Mais tu fais entrer des jeunes qui n’ont jamais tiré à ce niveau-là… Tu mets une pression énorme sur eux. »

    Il se tait un instant. Respire. Puis lâche : « Ça, je ne l’ai jamais pardonné. Ou presque jamais. Ça m’a fait tellement mal. »

    Des larmes que personne n’a oubliées

    Lorsqu’il évoque la fin de la rencontre, sa voix se brise à peine perceptiblement. « Les gens m’ont vu pleurer au stade. Je pleurais parce que ce trophée… il était à nous. On avait tout fait. Tout. »

    Il balaie d’un geste les rumeurs de « destin » ou de « superstitions ». « Ces histoires de morts en Zambie, de je ne sais quoi… Moi je ne connais pas ça. Ce trophée était à nous. »

    Mais surtout, ce qu’il ne digère pas, même treize ans plus tard, c’est la trahison de confiance.

    « Ce monsieur-là était coach de la Côte d’Ivoire grâce à nous. J’ai contribué. Je me suis battu pour lui. Et après, parce qu’un journaliste est entré dans sa tête, il perd la tête. »

    Les mots sont lourds. Sans haine, mais avec une déception profonde. Un mélange de regret, de fierté blessée et d’amertume encore vive. « Je suis resté zen, conclut Yaya sur un souffle. J’ai tout gardé pour moi. Mais à l’intérieur… j’avais tellement mal. »

    En 2015, il remporte la première Coupe d’Afrique des nations de sa carrière après avoir perdu deux finales en 2006 et en 2012. C’est même lui qui remet, en tant que capitaine de l’équipe, le trophée au président de la République, Alassane Ouattara.

    Mais, treize ans après, l’une des plus grandes légendes du football africain avoue enfin un secret longtemps protégé : la CAN 2012 n’a pas seulement été une défaite sportive.

    C’était une blessure humaine. Une rupture émotionnelle. Et peut-être, le seul épisode de sa carrière qu’il n’a jamais réussi à refermer.

  • Showbiz : Nadiya Sabeh, l’épouse de l’artiste Ariel Sheney décédée ce jour

    Showbiz : Nadiya Sabeh, l’épouse de l’artiste Ariel Sheney décédée ce jour

    Nadiya Sabeh est décédée ce mercredi 03 décembre 2025 dans une clinique de la capitale économique ivoirienne, Abidjan après un long combat contre la maladie. Nadiya Sabeh n’était pas seulement connue comme l’épouse de l’artiste du Coupé-décalé d’Ariel Sheney, mais aussi comme actrice, animatrice télé, comédienne et créatrice de contenus.

    En 2024, elle avait révélé publiquement avoir été diagnostiquée d’un cancer du sein, marquant ainsi le début d’un combat difficile.

    Consciente de sa condition, elle avait décidé de mettre son expérience au service des autres. Ainsi, elle a réalisé un témoignage intitulé « Voyage au cœur de la vie », destiné à sensibiliser sur le cancer et l’importance du dépistage.

    Dans ses propres mots, le combat l’a transformée. « Je suis devenue plus forte, plus patiente, plus vraie », disait-elle, affirmant vouloir « guérir par l’art et la parole ».

    Ce décès est le deuxième du genre dans le showbiz ivoirien durant cette journée après l’annonce de celui du chanteur ivoirien, N’Guessan Ange Christophe dit Angelo Papa, lead vocal du groupe Youssoumba Aboutou Roots.

  • Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 03 décembre 2025

    Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 03 décembre 2025

    Le mercredi 03 décembre 2025, un Conseil des Ministres s’est tenu de 11h 00 à 14h15, au Palais de la Présidence de la République à Abidjan, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République, Chef de l’Etat.

    Les délibérations du Conseil ont porté sur les points suivants :

    A/-Mesures Générales,

    • Projets de loi et d’ordonnance
    • Projets de décrets

    B/-Mesures Individuelles

    C/-Communications

    A/– MESURES GENERALES

    PROJETS DE LOI ET D’ORDONNANCE

    1. Au titre du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur ;

    Le Conseil a adopté deux (02) projets de loi de ratification :

    • le premier projet de loi sollicite l’autorisation du Parlement pour la ratification de l’Accord de services aériens entre le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire et le Gouvernement de la République d’Angola, signé le 24 juin 2025 à Luanda ;
    • le deuxième projet de loi sollicite l’autorisation du Parlement pour la ratification de l’Accord de services aériens entre le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire et le Gouvernement du Sultanat d’Oman, signé le 22 septembre 2025 à Montréal (Canada).

    Ces deux Accords ont été initiés dans le cadre de la politique de libéralisation du transport aérien engagée par le Gouvernement. Ils prévoient notamment, pour chacune des parties signataires, le droit de survoler le territoire de l’autre Partie sans y atterrir, d’y faire escale pour des raisons non-commerciales et d’y atterrir pour débarquer et embarquer des passagers, du fret et du courrier tout en exploitant librement le service agréé, sans limitation des fréquences et des capacités.

    En application des dispositions constitutionnelles relatives aux accords nécessitant la modification de la législation interne, ces deux (02) projets de loi appellent l’autorisation du Parlement pour la ratification des deux (02) accords de services aériens.

    1. Au titre du Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme

    Le Conseil a adopté un projet de loi modifiant la loi n° 2019-576 du 26 juin 2019 instituant Code de la Construction et de l’Habitat.

    Ce projet de loi vise à compléter et à clarifier les dispositions du Code de la Construction et de l’Habitat relatives à l’obligation d’assurance, en établissant une distinction précise et explicite entre l’assurance obligatoire imposée aux constructeurs, et l’assurance obligatoire à la charge des propriétaires de bâtiments, de façon à définir clairement les responsabilités des différents acteurs et à renforcer les sanctions applicables aux constructions non autorisées.

    Il distingue deux (02) types d’assurance auxquels tout constructeur est tenu de souscrire, à savoir l’Assurance Tous Risques Chantiers, préalable à l’ouverture du chantier pour couvrir les risques liés à l’exécution des travaux, et l’Assurance de Responsabilité Civile Décennale, pour garantir la réparation des dommages matériels couverts sur dix (10) ans.

    Pour tout propriétaire de bâtiment, il prévoit l’Assurance de Garantie Responsabilité Civile couvrant obligatoirement les dommages corporels et matériels causés aux tiers en cas de ruine du bâtiment résultant d’un défaut de construction ou d’un défaut d’entretien.

    1. Au titre du Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie, en liaison avec le Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement, le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère du Patrimoine, du Portefeuille de l’Etat et des Entreprises Publiques.

    Le Conseil a adopté une ordonnance portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Millennium Challenge Account-Côte d’Ivoire Régional, en abrégé MCA-Côte d’Ivoire Régional, et un projet de loi de ratification y afférent.

    En septembre 2025, le Gouvernement et le Millennium Challenge Corporation (MCC) ont signé un accord de don, dénommé Compact Régional Energie (Compact), pour un montant de 322,5 millions de dollars américains, aux fins de stimuler la croissance économique, en favorisant le commerce sous-régional d’électricité.

    Le Millennium Challenge Account-Côte d’Ivoire Régional est une structure spécialisée créée auprès de la Présidence de la République, chargée de mettre en œuvre les engagements issus du Compact Régional Energie et des accords subséquents.

    PROJETS DE DECRETS

    1. Au titre du Ministère d’Etat, Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, en liaison avec le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère du Commerce et de l’Industrie ;

    Le Conseil a adopté un décret portant reconnaissance de l’Organisation Interprofessionnelle Agricole de la filière Café-Cacao.

    Cette mesure, prise conformément à l’ordonnance n°2011-473 du 21 décembre 2011 relative aux Organisations Interprofessionnelles Agricoles, vise à consolider les performances de la filière Café-Cacao et à augmenter davantage les revenus des producteurs.

    En effet, en 2024, le binôme café-cacao a généré au profit des producteurs, près de 3.000 milliards de francs CFA, avec un coût moyen de 1800 francs CFA/kg pour le cacao et de 1.500 francs CFA/kg pour le café.

    1. Au titre du Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie, en liaison avec le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique ;

    Le Conseil a adopté treize (13) décrets portant chacun attribution d’un permis de recherche minière :

    • un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour l’or, à la société « BARRICK GOLD COTE D’IVOIRE SARL », dans les départements de Boundiali et de Korhogo;
    • un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour l’or, à la « SOCIETE IVOIRIENNE D’EXPLOITATION ET DE RECHERCHES, en abrégé SIER SARL », dans le département de Dabakala ;
    • un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour l’or, à la « SOCIETE IVOIRIENNE D’EXPLOITATION ET DE RECHERCHES, en abrégé SIER SARL », dans les départements de Kaniasso, de Madinani et d’Odienné ;
    • un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour le fer, l’aluminium et le cuivre, à la société «EBURNIE MINERAL », dans le département de Ouaninou;
    • un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour l’or, à la «SOCIETE IVOIRIENNE DE NEGOCE AGRICOLE, INDUSTRIELLE ET MINIERE SARL, en abrégé SINAIM SARL », dans les départements de Toumodi, de Dimbokro et de M’Batto ;
    • un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour l’or, à la société « ORCA GOLD CDI SARL », dans les départements de Boundiali et de Dianra ;
    • un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour l’or, et le coltan, à la Société « ECOMINIER SARL », dans les départements de Vavoua, de Daloa et de Zuénoula ;
    • un décret portant attribution d’un permis de recherche valable pour l’or, à la société « MINES ET EXPLORATION EN AFRIQUE DE L’OUEST SARL en abrégé MINEX WEST AFRICA SARL », dans les départements de Bondoukou et de Bouna ;
    • un décret portant attribution d’un permis de recherche valable pour l’or, à la société « SHARK MINING CDI SARLU », dans le département de Dabakala ;
    • un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour l’or, à la société « ASPIRE NORD COTE D’IVOIRE SARL », dans les départements de Boundiali et de Korhogo ;
    • un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour l’or, à la société « NEW MINING COTE D’IVOIRE SA, en abrégé NMCI SA », dans les départements de Touba et de Koro ;
    • un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour l’or, à la société « NEW MINING COTE D’IVOIRE SA », en abrégé NMCI SA, dans les départements d’Odienné et de Koro ;
    • un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour l’or, à la société « GEMICA », dans les départements de Vavoua et de Zuénoula.

    Ces permis de recherche sont délivrés conformément aux conditions techniques et environnementales requises. Leur durée de validité est fixée à quatre (04) ans.

    1. Au titre du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, en liaison avec le Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie, le Ministère des Finances et du Budget, le Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique et le Ministère des Eaux et Forêts;

    Le Conseil a adopté un décret portant ratification du Contrat de prêt BMZ-No.525001136, d’un montant de quatre-vingts millions (80 000 000) d’Euros, soit cinquante-deux milliards quatre cent soixante-seize millions cinq cent soixante mille (52 476 560 000) Francs CFA, conclu le 16 septembre 2025, entre Kreditanstalt Für Wiederaufbau (KFW) et la République de Côte d’Ivoire, en vue du financement des Réformes-partenariat pour le climat et le développement, phase I.

    Le financement objet de cet accord, est un appui budgétaire obtenu sous l’égide du partenariat ivoiro-allemand pour le climat et le développement, afin de soutenir les réformes engagées par le Gouvernement pour atteindre les objectifs de Contributions Déterminées au niveau National dans les secteurs de l’énergie, de l’environnement et de la foresterie.

    Ces ressources seront plus précisément orientées vers la promotion des énergies renouvelables, le financement du programme d’accès à l’électricité pour tous, l’amélioration de la gestion des aires protégées et la conservation de la diversité des écosystèmes naturels.

    1. Au titre du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, en liaison avec le Ministère des Finances et du Budget, le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle et le Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale

    Le Conseil a adopté un décret portant ratification de l’Accord de don n° TF0C8101, d’un montant total de cinq millions trois cent mille (5 300 000) Euros, soit trois milliards quatre cent soixante-seize millions cinq cent soixante-douze mille cent (3 476 572 100) Francs CFA, conclu le 26 septembre 2025, entre l’Association Internationale de Développement (AID) et la République de Côte d’Ivoire, pour le financement du projet d’extension et d’innovation, phase 1 du Programme d’approche multiphase pour la santé, la nutrition et le développement de la petite enfance.

    Ce programme vise à accroître la qualité des services de santé, de nutrition et de développement de la petite enfance, et à encourager leur utilisation en particulier par les femmes et les populations défavorisées.

    Il prévoit notamment le renforcement du système de protection sociale en matière sanitaire avec l’équipement des formations sanitaires, l’amélioration des services cliniques, de radiologie et de laboratoire, ainsi que la disponibilité des médicaments essentiels et des intrants nutritionnels.

    1. Au titre du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, en liaison avec le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme;

    Le Conseil a adopté un décret portant ratification de l’Accord de prêt n° 2025038/ PR CI 2025 22 00, d’un montant total de trente-sept milliards (37 000 000 000) de Francs CFA, conclu le 28 août 2025, entre la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et la République de Côte d’Ivoire, en vue du financement partiel du projet de construction de 4.300 logements sociaux et économiques en Côte d’Ivoire – phase 3 de 1.100 logements à Yamoussoukro et à Bouaké.

    Le programme des 4.300 logements sociaux et économiques porte précisément sur la construction de 2.360 logements à Abidjan PK24, de 420 logements à Yamoussoukro et de 1.520 logements à Bouaké, en vue de fournir des logements décents aux populations à des coûts accessibles.

    Le financement prend également en compte la phase 3 du programme comprenant la viabilisation des sites de Yamoussoukro et de Bouaké, respectivement de 3 ha et de 6 ha, ainsi que la construction de 1.100 logements dans les deux (02) villes dont 420 logements à Yamoussoukro et 680 à Bouaké.

    1. Au titre du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, en liaison avec le Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement, le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère de l’Equipement et de l’Entretien Routier;

    Le Conseil a adopté un décret portant ratification de l’Accord de prêt n° 2000200006807, d’un montant total de cent quinze millions six cent soixante mille (115 660 000) Euros, soit soixante-quinze milliards huit cent soixante-sept millions neuf cent quatre-vingt-six mille six cent vingt (75 867 986 620) Francs CFA, conclu le 15 septembre 2025, entre la Banque Africaine de Développement (BAD) et la République de Côte d’Ivoire, en vue du financement du Programme de Désenclavement des Zones Transfrontalières et Agricoles- phase 2 (PDZTA-2).

    Le programme comprend l’aménagement intégré de routes et de ponts, d’une part, et la réhabilitation ou la construction d’infrastructures sociales de base, d’autre part.

    La composante routes et ponts prévoit la construction de 302,5 km de routes, la construction d’un pont de 400 mètres linéaires sur le fleuve Volta Noire, l’aménagement et le bitumage de 33 km de voies dans les principales localités urbaines ainsi que l’aménagement de 103 km de pistes.

    La composante infrastructures de base porte sur la réhabilitation de treize (13) infrastructures scolaires, y compris la construction de 10.400 mètres linéaires de clôture, et la fourniture de 3.120 tables bancs, la réhabilitation de six (06) infrastructures sanitaires, y compris la construction de 4.800 mètres linéaires de clôture, la fourniture de 3 kits d’équipements médicaux et de 4 ambulances médicalisées ainsi que la réhabilitation de 46 forages et l’acquisition de 33 unités d’équipements de transformation des produits agricoles.

    1. Au titre du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, en liaison avec le Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement et le Ministère des Finances et du Budget ;

    Le Conseil a adopté un décret portant ratification de l’Accord de contre-indemnisation, conclu le 1er décembre 2025, entre la Banque Africaine de Développement (BAD) et la République de Côte d’Ivoire, en relation avec un financement d’un montant de quatre cent soixante-dix millions (470 000 000) d’Euros, soit trois cent huit milliards deux cent quatre-vingt-dix-neuf millions sept cent quatre-vingt-dix mille (308 299 790 000) Francs CFA et de soixante-cinq milliards cinq cent quatre-vingt-quinze millions sept cent mille (65 595 700 000) Francs CFA, octroyé par Société Générale Côte d’Ivoire, Société Générale Sénégal, Deutsche Bank AG et Société Générale à la République de Côte d’Ivoire, bénéficiant d’une Garantie Partielle de Crédit (GPC) de la BAD.

    Dans le cadre de cette opération, l’Etat bénéficie d’un financement global de 374 milliards de francs CFA, sur la base d’une garantie partielle de crédit accordée par la BAD pour un montant maximal de 400 millions d’Euros, soit 262,4 milliards de francs CFA.

    Ce décret ratifie l’Accord de contre-indemnisation conclu entre le Gouvernement et la BAD, et approuve corrélativement l’Accord de garantie signé entre la BAD et les banques accordant le financement.

    1. Au titre du Ministère des Transports, en liaison avec le Ministère Délègue Auprès du Ministère des Transports Chargé des Affaires Maritimes, le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère du Commerce et de l’Industrie ;

    Le Conseil a adopté un décret fixant les conditions d’accès à la profession d’armateur au commerce et aux trafics maritimes.

    Conformément au Code maritime, ce décret vise à garantir la qualité et la fiabilité des opérateurs maritimes, à lutter contre les activités illicites et la fraude dans le transport maritime, et à protéger le pavillon national.

    Il soumet notamment l’exercice de la profession d’armateur à l’obtention d’un agrément délivré en bonne et due forme, détermine les pièces constitutives du dossier d’agrément et fixe la procédure d’instruction de la demande d’agrément ainsi que les délais et les motifs éventuels de refus.

    1. Au titre du Ministère du Portefeuille de l’Etat et des Entreprises Publiques, en liaison avec le Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie, le Ministère du Commerce et de l’Industrie et le Ministère des Finances et du Budget ;

    Le Conseil a adopté un décret autorisant la prise de participation financière de l’Etat de Côte d’Ivoire et de la SODEMI au capital de la Société dénommée Société Ivoirienne des Métaux Précieux (SIMEP).

    La SIMEP est une société à participation financière publique, de droit national, d’un capital de cinq (5) milliards de francs CFA. Elle sera essentiellement consacrée à la transformation des métaux précieux.

    Le plan de développement de la société prévoit la construction d’une unité d’affinage d’or d’un coût estimé à cinq (05) milliards de francs CFA. Il prévoit également la mise en place d’un comptoir national d’achat d’or et la promotion d’une unité de joaillerie.

    Ce décret autorise la prise de participation financière de l’Etat et de la SODEMI au capital de la SIMEP, respectivement à hauteur de 10% et de 39% du capital.

    1. Au titre du Ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion Professionnelle et du Service Civique, en liaison avec le Ministère des Finances et du Budget, le Ministère du Tourisme et des Loisirs, le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant et le Ministère de la Culture et de la Francophonie ;

    Le Conseil a adopté un décret déterminant les modalités de création, d’ouverture, d’organisation, et de fonctionnement des Institutions Socio-Educatives, en abrégé ISE.

    Prévues par la loi n° 2023-898 du 23 novembre 2023 d’orientation relative à la jeunesse, les ISE sont des établissements publics ou privés de proximité, d’encadrement de la jeunesse et de promotion de l’éducation permanente.

    Elles sont réparties en quatre (04) catégories, à savoir les Maisons des Jeunes, les Centres d’Animation et de Formation des Jeunes, les Centres de Lecture et de Documentation et les Centres d’Accueil Jeunesse.

    Ce décret détermine les règles de création et de gestion de ces différentes structures et précise leurs sources de financement, de façon à mettre en place une intervention socio-éducative, tant publique que privée moderne, qui réponde efficacement aux besoins des jeunes.

    1. Au titre du Ministère des Eaux et Forêts, en liaison avec le Ministère d’Etat, Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, le Ministère des Finances et du Budget, le Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme et le Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique ;

    Le Conseil a adopté huit (08) décrets portant redéfinition des limites de huit (08) forêts classées.

    • un décret portant redéfinition des limites de la forêt classée de Koba ;
    • un décret portant redéfinition des limites de la forêt classée de Laleraba ;
    • un décret portant redéfinition des limites de la forêt classée de Logahan ;
    • un décret portant redéfinition des limites de la forêt classée de Lokpoho ;
    • un décret portant redéfinition des limites de la forêt classée de Niarafolo ;
    • un décret portant redéfinition des limites de la forêt classée de Warigue ;
    • un décret portant redéfinition des limites de la forêt classée de Pallakas ;
    • un décret portant redéfinition des limites de la forêt classée de N’Zi Supérieur.

    L’expansion des activités humaines exerce une forte pression sur les différentes forêts classées, à la base de litiges et de conflits communautaires.

    Ces décrets redéfinissent les limites des huit (08) forêts classées susmentionnées pour répondre aux besoins anthropiques, et vider les litiges fonciers, tout en tenant compte des enjeux environnementaux et de la conservation de la biodiversité.

    1. Au titre du Ministère des Eaux et Forêts, en liaison avec le Ministère d’Etat, Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique

    Le Conseil a adopté un décret portant approbation de la Convention de Concession Forestière pour la réhabilitation de zones dégradées et la conservation de la biodiversité, en vue de la génération de crédits carbone dans l’Agro-Forêt du Haut- Sassandra.

    Cette convention est signée pour une durée de cinquante (50) ans entre l’Etat et le concessionnaire, la société Bio SPV Karidja.

    Ce décret entérine les termes de la convention et engage sa mise en œuvre.

    1. Au titre du Ministère de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de l’Apprentissage, en liaison avec le Ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion Professionnelle et du Service Civique, le Ministère de la Transition Numérique et de la Digitalisation, le Ministère du Commerce et de l’Industrie et le Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale

    Le Conseil a adopté un décret instituant la formation à distance dans l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels.

    Ce décret institue et encadre la mise en œuvre de dispositifs de formation à distance dans le secteur de l’ETFP, en vue de lever les contraintes géographiques, professionnelles et sociales qui limitent l’accès aux formations techniques et professionnelles, et de répondre aux besoins croissants de compétences et de flexibilité en milieu professionnel.

    Ainsi, ce décret fixe les principes, les conditions de réalisation, les modalités d’accréditation, les exigences pédagogiques, les normes technologiques ainsi que les mécanismes de gouvernance et de suivi de la formation à distance dans le secteur de l’ETFP, de façon à garantir la qualité de l’offre, la sécurité des données, l’équité d’accès et la reconnaissance des certifications.

    Il prévoit également l’exploitation d’outils technologiques innovants tels que l’intelligence artificielle, les plateformes souveraines et les ressources éducatives libres, pour la certification.

    B/– MESURES INDIVIDUELLES

    Au titre du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur ;

    Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur DOSSO Abou, Ambassadeur, 3e échelon, Matricule 444 485-N, en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Côte d’Ivoire près la République Populaire de Chine, avec résidence à Beijing.

    En outre, le Conseil a donné son agrément en vue de la nomination de trois (03) Ambassadeurs Extraordinaires et Plénipotentiaires près la République de Côte d’Ivoire :

    • Monsieur FRANCISCO-XAVIER GRAÇA DE MEIRELES, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République Portugaise, près la République de Côte d’Ivoire, avec résidence à Abidjan.
    • Monsieur JAKOB LINULF, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Royaume du Danemark près la République de Côte d’Ivoire, avec résidence à Accra, au Ghana.
    • Monsieur JOHN MIKAL KVISTAD, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Royaume de Norvège près la République de Côte d’Ivoire, avec résidence à Accra, au Ghana.

    C/– COMMUNICATIONS

    1. Au titre du Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

    Le Conseil a adopté une communication relative à la participation de la Côte d’Ivoire, au 7e Sommet Union Africaine-Union Européenne, tenu à Luanda en Angola, du 24 au 25 novembre 2025.

    Une délégation de haut niveau, conduite par le Premier Ministre, a pris part à cette importante rencontre, qui a mis en avant la nécessité d’un partenariat renouvelé et équilibré entre les deux (02) continents.

    A cette occasion, les dirigeants africains ont insisté sur une représentation plus juste de l’Afrique dans les instances de gouvernance mondiale et financière. Ils ont plaidé pour des solutions durables à la dette africaine, un financement accru de l’adaptation climatique, ainsi qu’un investissement renforcé de l’Europe dans les infrastructures numériques, la transition énergétique et la transformation agro-industrielle.

    En marge des travaux, le Premier Ministre a eu des rencontres avec des personnalités de premier plan dont le Président de la République d’Angola et le Premier Ministre du Royaume des Pays-Bas, auxquelles il a transmis l’invitation de notre pays à la cérémonie d’investiture du Président de la République, réélu à la tête de la nation.

    1. Au titre du Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie, en liaison avec le Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement ;

    Le Conseil a adopté une communication relative à la Politique Intégrée des Ressources Minérales et de l’Energie (PIRME).

    La PIRME vise à transformer le secteur des ressources extractives et de l’énergie en un pilier majeur de l’économie nationale. Elle constitue un référentiel formel et clair, présentant l’articulation cohérente des orientations sectorielles pour faire des ressources minérales et de l’énergie, le levier d’une nouvelle phase de croissance continue et durable à même de hisser progressivement notre pays au rang des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l’horizon 2030.

    Elle prévoit l’augmentation de la production de minerais et d’hydrocarbures pour soutenir la création de la richesse, la promotion de la transformation locale de nos ressources extractives afin d’en accroître la valeur ajoutée, en incluant les nationaux dans la chaîne de valeur. La PIRME prévoit également le développement de la production d’énergie électrique par l’augmentation de la part des sources d’énergie renouvelable dans le mix énergétique, pour favoriser l’accès pour tous à une énergie abordable et fiable.

    La mise en œuvre de la PIRME est prévue sur une durée de quinze (15) ans pour un coût global estimé à 38.000 milliards de francs CFA.

    1. Au titre du Ministère Mines, du Pétrole et de l’Energie ;

    Le Conseil a adopté une communication relative à l’organisation de la deuxième édition du Salon International des Ressources Extractives et de l’Energie (SIREXE 2026).

    La 2e édition du SIREXE se déroulera du 18 au 22 décembre 2026 au Parc des Expositions, autour du thème «Industries extractives et énergétiques : Quelles infrastructures pour soutenir le développement économique en Afrique?».

    Le pays à l’honneur pour l’édition du SIREXE 2026 est le Botswana, pour son modèle de gouvernance transparente et responsable des ressources extractives.

    1. Au titre du Ministère des Finances et du Budget ;

    Le Conseil a adopté une communication relative à la situation des opérations de passation des marchés publics au premier semestre 2025.

    A fin juin 2025, 2.908 marchés ont été approuvés contre 1.829 à la même période en 2024, soit une hausse de 59%. Le montant des marchés approuvés à fin juin 2025, s’élève à 684,7 milliards de francs CFA contre 730,3 milliards de francs CFA à fin juin 2024, soit une baisse de 6,3%.

    Les procédures concurrentielles, regroupant les appels d’offres ouverts et les appels d’offres restreints, représentent 66,2% du montant des marchés approuvés à fin juin 2025, contre 70,6% à fin juin 2024, soit une baisse de 4,4 points.

    Les procédures non concurrentielles, représentent 32,2% du montant des marchés approuvés à fin juin 2025, contre 28,4% à fin juin 2024, soit une hausse de 3,8 points. Plus spécifiquement, les marchés de gré à gré représentent 8,8% du montant des marchés approuvés à fin juin 2025 contre 9,3% à fin juin 2024, soit une baisse de 0,5 point.

    La part en valeur des marchés attribués aux Petites et Moyennes Entreprises (PME) est passée de 28,7 % à fin juin 2024 à 38,8 % à fin juin 2025. Cette hausse de 10,1 points permet de maintenir la participation des PME à la commande publique au-delà du seuil minimal règlementaire de 30%.

    1. Au titre du Ministère du Patrimoine, du Portefeuille de l’Etat et des Entreprises Publiques

    Le Conseil a adopté une communication relative à l’état d’exécution du projet de recensement du patrimoine immobilier de l’Etat au 31 août 2025.

    L’opération de recensement du patrimoine immobilier de l’Etat, démarré en août 2024, a pour objectif de procéder à la mise en place d’une base de données centralisée, actualisée et fiable du patrimoine bâti ou non bâti de l’Etat et de tous ses démembrements, comprenant le répertoire des biens immobiliers et leur cartographie.

    La première phase de l’opération a couvert, pendant douze (12) mois, les Districts Autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro, les douze (12) Chefs-lieux de Districts, les localités de plus de 200.000 habitants, à savoir Divo, Soubré, Duékoué et Bouaflé.

    Au 31 août 2025, 28.187 biens immobiliers appartenant à l’Etat ont été recensés et numérisés.

    La 2e phase de l’opération lancée en septembre 2025, pour une durée de douze (12) mois, couvre les autres localités du pays ainsi que les pays étrangers où notre pays dispose de biens immobiliers.

    Aussi, pour assurer le succès total du projet, le Conseil invite les autorités administratives en gestion directe des biens immobiliers bâtis ou non bâtis de l’Etat à prendre les dispositions utiles pour faciliter l’accès des sites concernés aux agents chargés de la réalisation des enquêtes de terrain.

    1. Au titre du Ministère du Commerce et de l’Industrie, en liaison avec le Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement, le Ministère des Finances et du Budget, le Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme et le Ministère des Eaux et Forêts

    Le Conseil a adopté une communication relative à la stratégie de développement de l’industrie des matériaux de construction, de l’ameublement et des équipements en Côte d’Ivoire.

    Ce document de politique national vise à faire de notre pays le leader sous-régional en matière d’industrie des matériaux de construction, de l’ameublement et des équipements. Elle s’articule autour de la consolidation de la gouvernance et de la réglementation du secteur, de l’intensification de la recherche-développement et de l’innovation, du renforcement de la compétitivité des acteurs locaux et de la croissance du marché local.

    De façon opérationnelle, la mise en œuvre de la stratégie inclura le développement de zones industrielles intégrées, de pôles de production, de technopoles et de zones industrielles spécialisées afin d’attirer les investissements, de stimuler l’industrialisation et de promouvoir les champions nationaux.

    La stratégie de développement de l’industrie des matériaux de construction, de l’ameublement et des équipements est conçue pour une période de dix (10) ans (2025-2035). Elle démarrera par une phase pilote d’une durée de cinq (05) ans dans la filière bois avec la création d’une zone industrielle intégrée dans la ville de San Pedro, choisie en raison de la densité des industries du bois dans la localité.

    La mise en œuvre de cette phase pilote estimée à 32,5 milliards de francs CFA permettra de créer 25 nouvelles unités industrielles dans le secteur de la transformation du bois et de générer plus de 15.000 emplois directs supplémentaires à l’horizon 2035.

    Fait à Abidjan, le mercredi 03 décembre 2025

    M. Amadou COULIBALY

    Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement

    porteparolat@communication.gouv.ci

  • CE QU’ON SAIT SUR LES IMAGES DU FRONT DE LIBÉRATION DE L’AZAWAD À ABIDJAN

    CE QU’ON SAIT SUR LES IMAGES DU FRONT DE LIBÉRATION DE L’AZAWAD À ABIDJAN

    Des images circulant sur les réseaux sociaux suggèrent l’ouverture d’un bureau du Front de Libération de l’Azawad à Abidjan, dans un contexte déjà tendu avec les pays de l’AES. Le gouvernement ivoirien dément formellement toute existence réelle.

    La vidéo publiée sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et Facebook, présente un groupe d’hommes entièrement voilés, vêtus comme des membres de communautés touarègues (tenues traditionnelles sahéliennes), assis autour d’une table sur laquelle sont disposées des boissons et des bouteilles d’eau. Une femme non voilée est également présente à la table.

    Derrière eux, on distingue un drapeau tricolore rouge-jaune-blanc, qui est fréquemment associé à l’Azawad dans les communications militantes.

    Une cellule en territoire ivoirien ?

    Les publications relayant ces images avancent deux affirmations : « Le bureau de FLA en Côte d’Ivoire », « Formation du Front de Libération de l’Azwad en Côte d’Ivoire aujourd’hui ». De quoi laisser entendre que le Front de Libération de l’Azwad (FLA), coalition séparatiste touarègue active dans le nord du Mali, disposerait désormais d’une cellule en territoire ivoirien.

    L’Azawad — vaste région désertique du nord du Mali, s’étendant sur les zones sahariennes et sahéliennes — est revendiqué par des mouvements touaregs qui ont proclamé son indépendance en 2012.

    Le FLA, créé le 30 novembre 2024, est l’héritier d’une coalition de groupes armés séparatistes déterminés à instaurer un État indépendant. Engagés dans un conflit ouvert contre le pouvoir de Bamako, ces groupes affrontent régulièrement les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs alliés du groupe paramilitaire russe Wagner.

    Un contexte diplomatique explosif

    La Côte d’Ivoire évolue dans un climat tendu avec les États de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger), tous dirigés par des juntes militaires. Les relations se sont nettement dégradées depuis 2022, Bamako et ses alliés accusant régulièrement Abidjan d’accueillir des opposants ou des acteurs jugés hostiles à leurs régimes.

    Dans ce contexte, la prétendue apparition d’un « bureau du FLA » à Abidjan a immédiatement suscité interrogations et inquiétudes sur les réseaux sociaux. D’autant qu’une vidéo circulant sur TikTok montre un ressortissant de la région tenter d’expliquer la scène.

    « Dans la vidéo en tamasheq (langue touarègue) partagée hier, il n’a jamais été question de violence ni de menace, affirme ce dernier. Ce qui a été dit est simple : l’ouverture d’un bureau du FLA en Côte d’Ivoire pour coordonner et organiser la population azawadienne qui vit déjà dans le pays. Uniquement cela. Rien de plus. Mais comme beaucoup ne comprennent pas le tamasheq, certains propagandistes de l’AES en ont profité pour raconter que “les terro-terro” auraient ouvert un bureau en Côte d’Ivoire. C’est complètement faux. La Côte d’Ivoire est un État stable, souverain, où toutes les communautés – y compris les Azawadiens – vivent paisiblement et légalement, comme partout dans la diaspora africaine. »

    Ce que dit le gouvernement ivoirien

    Mais qu’en est-il réellement ? Un bureau du FLA existe-t-il vraiment en Côte d’Ivoire ? Interrogé à l’issue du Conseil des ministres du 3 décembre 2025, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a livré un démenti clair.

    « Ces images n’ont pas été authentifiées par nos services, a déclaré le ministre. Beaucoup ont prétendu que c’était en Côte d’Ivoire, mais rien ne permet de dire que c’est en Côte d’Ivoire. Vous savez très bien qu’avec les images, on peut tout dire, mais vous savez également qu’aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle générative, on peut tout créer, notamment des deepfakes ».


  • Lettre à un camarade de lutte – Comment, par le culte de sa personne, Laurent Gbagbo a trahi la gauche depuis le Congrès de 1996

    Lettre à un camarade de lutte – Comment, par le culte de sa personne, Laurent Gbagbo a trahi la gauche depuis le Congrès de 1996

    Camarade,

    Tu me demandes ce qu’est la gauche, comme si c’était là le vrai débat. Permets-moi de te dire que cette question, venant de toi, ressemble plus à un détour qu’à une recherche sincère. Je préfère donc aller droit au cœur du sujet : oui, Laurent Gbagbo a trahi la gauche. Et cette trahison est profonde, structurelle, ancienne.

    Je t’écris avec le désespoir de ceux qui ont cru, vraiment cru. Je sais que tu ne partageras peut-être pas cette douleur. Tu t’es toujours tenu à distance des passions politiques, et pour être déçu, il faut d’abord avoir espéré. Moi, j’ai espéré. Voilà pourquoi je peux mesurer l’ampleur de la déception.

    I. L’esprit originel de la gauche : collégialité, camaraderie, contre-pouvoirs

    Tu le sais : dans les partis de gauche, il n’y a pas de « Président propriétaire du parti ».
    Il y a un Premier secrétaire, un Secrétaire général, une direction collective, des courants représentés, et surtout des organes de contrôle forts pour éviter les dérives personnelles et garantir la fidélité à la ligne idéologique.

    Le FPI, notre FPI, avait été construit sur ce modèle.

    • Gbagbo n’était alors que Secrétaire général.
    • Le parti était dirigé par un collectif de 15 camarades.
    • Un comité de contrôle puissant jouait pleinement son rôle.
    • Nous étions militants, pas supporters.
    • La lutte portait un idéal, pas une icône.

    C’était cela, le FPI : un parti de camarades, pas un royaume.

    II. Le Congrès de 1996 : la rupture fondatrice

    Et puis, il y eut 1996.

    C’est là que tout a basculé.
    Gbagbo veut plus de pouvoir. Il propose que le parti passe d’une direction collégiale à une Présidence concentrée entre ses mains. Il affaiblit le comité de contrôle.

    Je me souviens encore du Professeur Ouraga Obou, Fédéral de Gagnoa, mis en garde sous les huées.
    Pourtant, il avait raison.
    Mais la base n’écoutait plus :
    Gbagbo était déjà devenu une figure sacrée.

    Ce congrès a consacré deux choses :

    1. le triomphe du culte de la personnalité,
    2. la défaite de l’idéologie de gauche au sein du FPI.

    Dès ce moment, il n’y eut plus de contre-pouvoirs.
    Plus de débat réel.
    Plus de camaraderie critique.

    Un seul homme, un seul capitaine, un seul cerveau.


    III. Le règne sans contradiction : Gbagbo, unique centre de gravité

    À partir de là, tout ce qui venait de lui devenait « stratégie ».
    Et toute objection devenait « incompréhension ».

    Gbagbo était désormais :

    • le seul stratège,
    • le seul penseur,
    • le seul maître,
    • le seul à voir ce que nous ne voyions pas.

    Même dans l’erreur, il avait raison.

    IV. Des choix personnels aux conséquences nationales

    1. Le décret depuis l’Afrique du Sud autorisant la candidature d’Ouattara

    Décision solitaire, sans consultation, sans analyse collective.
    Ceux qui alertaient sur le risque étaient moqués :
    « Vous ne comprenez pas la stratégie du Woody. »

    2. L’impréparation face à la rébellion

    On l’alerte : des hommes s’entraînent.
    Il répond qu’il « voit le dos du nageur ».
    Le nageur a traversé.
    Et il a semé la mort.
    La responsabilité d’un chef ne se mesure-t-elle pas aussi à ce qu’il n’a pas voulu voir ?

    3. Les élections organisées avec des rebelles armés

    Certains exigeaient le désarmement préalable.
    Il refuse, sûr de lui.
    Résultat : 3 000 morts, un pays fracturé, des exils, des prisons, un traumatisme durable.


    V. Quitter seul le FPI : l’acte ultime de personnalisation

    À sa sortie de prison, sans consultation, il annonce qu’il quitte le parti pour créer un nouveau mouvement.
    Un parti bâti par la sueur des militants, par les sacrifices, par la lutte.

    Personne n’était d’accord.
    Mais…
    c’était Gbagbo.
    Alors on s’est tu. On a suivi. Encore.


    VI. L’obsession d’être le seul maître du jeu

    Quand on lui parle de rassembler la gauche et l’opposition, condition nécessaire à toute alternance, il répond :

    « Je ne suis pas venu pour rassembler la gauche. »

    Et pourtant, ses partisans applaudissent.
    Ils attendent toujours une stratégie cachée.
    Stratégie qui n’existe pas.

    Il promet qu’il n’y aura pas de quatrième mandat.
    Il sait qu’il n’est pas éligible.
    Mais il refuse de passer la main.
    C’est Gbagbo ou Rien.

    Puis, à deux jours des élections, il annonce…
    non pas la mobilisation générale,
    mais sa retraite en mars 2026.

    VII. Conclusion : oui, Gbagbo a trahi la gauche

    Camarade, soyons cohérents :

    • Nous avons dit qu’Affi a trahi.
    • Nous avons dit que Mamadou Koulibaly a trahi.
    • Nous avons dit que Simone a trahi.
    • Nous avons dit que Blé Goudé a trahi.

    Alors pourquoi Gbagbo échapperait-il au jugement historique ?

    Le culte de sa personne a :

    • détruit la culture de gauche,
    • étouffé la collégialité,
    • dissous les contre-pouvoirs,
    • assassiné le sens critique,
    • empêché l’unité de l’opposition,
    • bloqué toute alternance viable.

    C’est cela, la vraie trahison.

    Et il fallait que quelqu’un l’écrive.
    Je le fais.
    Parce que je crois encore en la gauche.
    Et que je refuse la servitude volontaire.

  • Recettes fiscales : la RCI vise plus de 8 000 Mds F en 2026

    Recettes fiscales : la RCI vise plus de 8 000 Mds F en 2026

    La Commission des affaires économiques et financières de l’Assemblée nationale ivoirienne a adopté à l’unanimité la loi des finances portant budget de l’État pour l’année 2026, en hausse de 13% par rapport à l’exercice précédent.

    L’assiette fiscale pour 2026 est projetée à 8 193 milliards 800 millions de Fcfa (contre plus de 5 000 milliards Fcfa en 2025), soit une augmentation significative par rapport à l’année précédente. Cela reste toujours en deçà des besoins en matière de développement du pays.

    Lors de la présentation du budget, le représentant du chef de l’État a souligné que ce volume de l’assiette fiscale pourrait être amélioré avec une accroissement du nombre de contribuables et la prise en compte du secteur informel.

    Pour atteindre cet objectif, le ministère du Commerce a entrepris un recensement systématique des commerçants en vue de leur délivrer les cartes permettant leur identification et faciliter leur intégration dans le périmètre de la fiscalisation.

    Le gouvernement s’attèle également à identifier de nouveaux contribuables grâce au survol des parcelles par les drones dans le cadre des travaux de cadastre et de la généralisation de la facture normalisée électronique récemment mise en place.

    Ces efforts visent à élargir l’assiette fiscale et à augmenter les recettes de l’État de Côte d’Ivoire pour répondre aux défis de développement du pays. Le budget de l’Etat pour l’exercice 2026 est de plus de 17 000 milliards Fcfa avec un objectif de recettes fiscales de 8 193 milliards Fcfa.

    Aujourd’hui, le service de la dette de la Côte d’Ivoire est estimé à 38,47% du budget, selon le représentant du chef de l’Etat qui a relevé que le ratio charge financière de la dette sur recettes fiscales est de 21,4%.

    Face à ces chiffres, le représentant du chef de l’État a rassuré que l’appréciation de la situation de la dette repose avant tout sur sa soutenabilité, évaluée à travers des indicateurs tels que les ratios d’endettement, de liquidité et de solvabilité.

    Il a souligné que les analyses régulières confirment cette soutenabilité avec une tendance à la baisse des principaux ratios, grâce à la consolidation budgétaire et à la gestion active de la dette ivoirienne.

    Cependant, la Commission a souligné un « déficit d’enseignants dans les matières scientifiques » et a invité le gouvernement à apporter une « solution urgente à cette problématique ».

    Le représentant du chef de l’État a rappelé que la formation des ressources humaines est au cœur de la politique du gouvernement et que près du tiers du budget ivoirien est consacré au développement du capital humain.

    La Commission a demandé au gouvernement de prendre des mesures spécifiques pour résorber le déficit d’enseignants dans les matières scientifiques, malgré un recrutement prévu de 34 802 fonctionnaires en 2026.

    AP/Sf/APA

  • Chronique de Venance Konan : Sous l’orage

    Chronique de Venance Konan : Sous l’orage

    Ça commence par un nuage noir que l’on aperçoit dans le ciel. Et puis on le voit s’approcher en grossissant. Pendant ce temps, la température s’est radoucie. Un vent frais a pris la place de l’air chaud qu’il y avait auparavant. Et puis tout le ciel devient noir et une forte pluie accompagnée de vents très violents tombe brutalement, emportant parfois tout sur son chemin. C’est ce qui se passe actuellement au Parti démocratique de Côte d’Ivoire, le vieux PDCI, le parti historique créé par Houphouët-Boigny.

    Cela a commencé par la désignation du nouveau président, après le décès d’Henri Konan Bédié. Il avait pour secrétaire exécutif Maurice Kacou Guikahué, qui se voyait bien prendre la place de celui que l’on avait surnommé le Sphinx. Mais sa candidature fut rejetée par son parti au motif qu’il avait des ennuis judiciaires à la suite de la création du fumeux Conseil national de transition lors de l’élection présidentielle de 2020.

    Certains avancèrent que c’était plutôt parce qu’il n’était pas assez fortuné ou pas du tout Baoulé, puisque le parti, qui autrefois était national, se recroquevillait désormais sur l’ethnie de l’ancien président Bédié et de son fondateur. L’on estimait que la grosse masse des militants devait se reconnaitre dans son président. Au moins au niveau ethnique. Thiam qui prétendait à ce poste, bien qu’il n’ait plus remis les pieds au pays depuis plus de 20 ans avait l’avantage d’avoir beaucoup d’argent et du sang baoulé. Et quel sang ! Celui d’Houphouët-Boigny, le prophète des Baoulé.

    Thiam fut donc élu président du parti, bien qu’il ne remplisse pas tous les critères pour l’être, notamment la présence de dix ans au bureau politique. Il fit de Guikahué son conseiller politique, et on le vit diriger le parti, en commettant erreurs sur gaffes. Guikahué finit par s’énerver et démissionna de son poste de conseiller du chef. Parce que, disait-il, il découvrait certaines décisions de celui qu’il était censé conseiller dans la presse, comme n’importe qui. Et il pointa aussi du doigt certaines incongruités telles que l’organisation d’un congrès sans la mise en place d’un bureau.

    Le temps passa et l’on n’entendit plus que le silence plus qu’assourdissant de Guikahué. Jusqu’au choix des candidats aux élections législatives. Guikahué, le vieux cacique, le pilier du PDCI, l’ancien président du Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (MEECI), l’ancien médecin personnel d’Houphouët-Boigny, l’ancien secrétaire exécutif du PDCI sous Bédié, n’avait pas été retenu pour être le candidat du parti dans son fief de Gagnoa. A sa place, l’on avait choisi le chef des Baoulé et Agni de Gagnoa. Ce qui voulait dire en filigrane que lui, Guikahué avait été écarté parce que non Baoulé. Alors, non retenu par son parti, Guikahué ne se retint pas non plus. Il déballa tout sur les antennes de 7 Info. Entre autres, que Thiam avait été élu à la tête du PDCI alors qu’il ne remplissait pas toutes les conditions d’éligibilité, ce que tout le monde savait, que Bédié avait hésité à l’intégrer au bureau politique, sans doute parce qu’il avait déjà compris ses ambitions, que l’article 48 qui l’avait empêché de se présenter à la présidentielle avait déjà été utilisé par le même PDCI contre Déjni Kobina, qu’on avait préféré le président des Baoulé et Agni de Gagnoa comme candidat de Gagnoa, au lieu de lui Guikahué, etc. La réaction du PDCI ne se fit pas attendre. Il pondit aussitôt un long communiqué pour répondre aux accusations de Guikahué, en le taclant même sur sa loyauté envers son propre parti.

    Ainsi peut-on lire ces lignes dans le communiqué : « en 1999 puis en 2000, au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le PDCI-RDA, il a ouvertement milité en faveur du choix du Général Robert Guéï comme candidat du PDCI-RDA. Devant le refus des militants, il s’est résolu à soutenir et à mener la campagne du Général Robert Guéï, à l’élection présidentielle de 2000, un fait aujourd’hui aisément vérifiable. » D’autre part le parti dénonce ce qu’il appelle la dérive identitaire de Guikahué en ces termes : « le parti dénonce avec fermeté les tentatives de M. Guikahué de transformer une frustration personnelle en tension communautaire. En cherchant à opposer les Baoulés, Agnis et Bétés dans sa localité, M. Guikahué franchit une ligne rouge que le PDCI ne tolèrera jamais. »

    Le moins que l’on puisse dire est qu’il pleut très fort en ce moment sur le vieux parti, et il est certain qu’il n’en sortira pas indemne. Lorsqu’une telle crise vient s’ajouter à la gestion plus qu’hasardeuse d’un président fantôme que l’on ne voit plus dans le pays, il est à craindre que les jours du PDCI-RDA ne soient désormais comptés.

    Venance Konan

  • TENSIONS AU SEIN DU FRONT COMMUN : GBAGBO ET THIAM EN DÉSACCORD SUR LES LÉGISLATIVES

    TENSIONS AU SEIN DU FRONT COMMUN : GBAGBO ET THIAM EN DÉSACCORD SUR LES LÉGISLATIVES

    Le boycott du PPA-CI et la participation du PDCI-RDA aux législatives ravivent les tensions au sein du front commun créé pour la présidentielle 2025, rapporte Africa Intelligence.

    Le front commun formé par le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA de Tidjane Thiam, officiellement créé et formalisé entre juin et juillet 2025, pourrait-il voler en éclats ? En tout cas, selon Africa Intelligence, la décision du PDCI de présenter des candidats dans plus de 130 circonscriptions pour les législatives de décembre, sans concertation avec le PPA-CI, a suscité la colère de l’ancien président Laurent Gbagbo.

    Choix tactique

    Ce front commun avait été conçu comme une coalition stratégique pour la présidentielle de 2025, visant à constituer un bloc solide contre le parti au pouvoir et à obtenir un cadre électoral plus juste. Ses objectifs incluent notamment la réintégration de figures de l’opposition sur la liste électorale, dont les deux leaders eux-mêmes, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam.

    Pour soutenir ces revendications, le front commun a organisé, depuis août 2025, plusieurs marches pacifiques et manifestations, dénonçant ce qu’il considère comme une répression politique et un quatrième mandat anticonstitutionnel. Dans ce contexte, le choix tactique du PPA-CI de boycotter les législatives visait à maintenir la pression sur le gouvernement et à montrer l’unité face à ce qu’il qualifie de dérives institutionnelles.

    « Très mal accueilli »

    Cependant, le PDCI a opté pour une stratégie différente, en présentant des candidats dans certaines circonscriptions, rompant ainsi avec la ligne adoptée par le PPA-CI. Cette divergence tactique aurait provoqué un coup de froid entre les deux leaders. D’après Africa Intelligence, Gbagbo aurait « très mal accueilli » la décision unilatérale de Tidjane Thiam, la percevant comme un acte de désolidarisation au moment où la cohésion du front était cruciale.

    Cette tension n’est pas nouvelle. Mi-2024, Gbagbo avait déjà confié à son entourage qu’il souhaitait limiter ses contacts avec Tidjane Thiam, suite à des propos prêtés à l’ex-banquier alors qu’il résidait encore à Bruxelles. Un effort de réconciliation avait été entrepris en août 2024 aux États-Unis, lors d’un échange entre l’avocate Habiba Touré, conseillère de Gbagbo, et Tidjane Thiam, à l’occasion d’un événement du National Democratic Institute (NDI), apprend-on aussi du confrère.

     Samuel KADIO

  • CAN-Côte d’Ivoire unie pour la 4e étoile : Le message fort du ministre Adjé Silas Metch

    CAN-Côte d’Ivoire unie pour la 4e étoile : Le message fort du ministre Adjé Silas Metch

    À moins de trois semaines du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Maroc 2025, le Ministre délégué Adjé Silas Metch a lancé un appel vibrant, le jeudi 27 octobre 2025, à Abidjan-Plateau, à l’unité nationale autour des Éléphants de Côte d’Ivoire, champions d’Afrique en titre.

    L’appel a été lancé lors de la cérémonie d’hommage aux retraités, organisée jeudi dernier par le Syndicat du Personnel Administratif et Technique du Ministère des Affaires Étrangères.

    Face aux anciens agents honorés et à l’ensemble des participants, le Ministre a rappelé la portée symbolique et sociale du football dans la construction de la cohésion nationale. Évoquant la brillante victoire des Éléphants lors de la CAN 2023, il a insisté sur la nécessité pour le pays tout entier de se mobiliser pour soutenir l’équipe nationale dans sa quête d’un nouveau sacre continental.

    « Je voudrais inviter l’ensemble des Ivoiriens, tous les habitants de la Côte d’Ivoire, à s’unir d’intention pour accompagner nos vaillants pachydermes qui iront défendre crânement leur titre et ramener le trophée sur les bords de la lagune Ebrié », a déclaré Adjé Silas Metch, appelant à une ferveur collective à la hauteur de l’enjeu.

    Pour le Ministre, la participation des Éléphants à cette CAN représente bien plus qu’une compétition sportive. Elle constitue une nouvelle opportunité de consolider l’unité nationale, de raviver le sentiment patriotique et de renforcer les liens entre les différentes communautés du pays. « Le sport, et particulièrement le football, demeure un puissant moteur d’unité nationale », a-t-il souligné.

    Alors que les derniers préparatifs se poursuivent et que l’espoir d’une quatrième étoile grandit dans les cœurs, le message du membre du gouvernement se veut clair : la Côte d’Ivoire doit avancer unie pour accompagner son équipe vers la victoire.

  • Présidentielle 2025 : Alassane Ouattara prête serment le lundi 8 décembre prochain

    Présidentielle 2025 : Alassane Ouattara prête serment le lundi 8 décembre prochain

    Des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé mercredi avoir pris le « contrôle total du pays », arrêté le président sortant et suspendu le processus électoral, alors que le pays attendait les résultats de la présidentielle et des législatives.

    Alassane Ouattara va prêter serment, le lundi 8 décembre 2025, au Palais présidentiel d’Abidjan-Plateau, à l’issue de sa réélection à la tête du pays, le 25 octobre dernier. 

    L’information a été consultée dans un communiqué de la Direction du Protocole d’Etat , ce lundi 1er décembre. 

    Cette cérémonie solennelle de prestation de serment du Président Alassane Ouattara se tiendra à 11 heures, au Palais présidentiel d’Abidjan-Plateau conformément à la Constitution ivoirienne et réunira les présidents d’institutions, les membres du gouvernement, le corps diplomatique, ainsi que des délégations venues de pays amis et partenaires de la Côte d’Ivoire.

    Devant le Conseil constitutionnel, le Chef de l’État renouvellera son serment de « garantir l’unité nationale, de respecter et de faire respecter la Constitution, et de poursuivre l’action gouvernementale en faveur de la stabilité et du développement du pays ».

    Ce moment marquera l’ouverture d’un nouveau mandat présidentiel de cinq années. 

  • Côte d’Ivoire. Soumaila Bredoumy inculpé pour actes terroristes

    Côte d’Ivoire. Soumaila Bredoumy inculpé pour actes terroristes

    De retour en Côte d’Ivoire après des mois passés hors du pays, Soumaila Brédoumy porte-parole du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) a été interpellé et inculpé jeudi 27 novembre 2025, pour plusieurs faits dont notamment des faits « d’actes terroristes » et de « complots contre l’autorité de l’Etat.

    Ces faits mis à la charge du porte-parole du PDCI-RDA sont liés aux évènements qui se sont déroulés pendant l’élection présidentielle d’octobre 2025. Réunis au sein du Front commun, le PDCI-RDA et le Parti des Peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) avaient à travers des manifestations, entrepris de bloquer le processus électoral en vue de protester contre le rejet de la candidature de leurs candidats Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam par le Conseil constitutionnel. Les manifestations ont entraîné la mort de 11 personnes, plusieurs blessés et des dégâts matériels importants. Des manifestants ont également été interpellés par les forces de l’ordre. Certains ont été jugés et condamnés à 36 mois de prison ferme. Damana Pickass, Vice-Président du PPA-CI a été interpellé dans le cadre de l’enquête lié à ces évènements et inculpés pour plus d’une dizaine de faits notamment des faits « d’actes terroriste, assassinat ».

    Le porte-parole du PDCI-RDA est arrêté à son tour en Côte d’Ivoire et mis sous mandat de dépôt au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA) pour des faits liés à ces mêmes évènements qui ont eu lieu lors de l’élection du Président de la république en octobre 2025. Son avocat Me Jean-Chrysostome Blessy a déclaré selon, l’Agence France Presse (AFP), qu’il est inculpé de 18 chefs d’accusation. Il est poursuivi notamment pour « actes terroristes, assassinat, complot contre l’autorité de l’Etat, attentat contre l’autorité de l’Etat, atteinte aux opérations électorales, participation à une manifestation interdite ou non déclarée, destruction volontaire de biens, organisation d’une bande armée, vol, apologie des crimes de meurtres ».

    Notons que Soumaila Bredoumy est député et candidat à l’élection législative du 27 décembre 2025. Il avait été gardé à vue dans un premier temps le 26 novembre 2025 pour 11 chefs d’accusation dans le cadre d’une procédure de flagrant délit.

    Diomandé Karamoko

  • BEUGRÉ MAMBÉ VICTIME D’UNE FAUSSE ACCUSATION D’ARRESTATION AVEC 8 MILLIARDS CFA

    BEUGRÉ MAMBÉ VICTIME D’UNE FAUSSE ACCUSATION D’ARRESTATION AVEC 8 MILLIARDS CFA

    Une rumeur affirmant l’arrestation de Robert Beugré Mambé en France circule en ligne. Elle intervient après sa mission officielle à Luanda. Les autorités ivoiriennes dénoncent une intox totalement infondée.

    Une rumeur affirmant que le Premier ministre ivoirien, Dr Robert Beugré Mambé, aurait été arrêté en France avec 8 milliards de francs CFA circule depuis le 29 novembre sur les réseaux sociaux.

    L’intox apparaît alors que le chef du gouvernement venait d’achever une mission officielle à Luanda, en Angola, où il représentait le président Alassane Ouattara au 7ᵉ sommet Union européenne–Union africaine (UE-UA), les 24 et 25 novembre 2025. Aucune institution ivoirienne, angolaise, française ou européenne n’indique qu’il ait effectué un déplacement en France avant ou après cet événement.

    Une rumeur virale sans preuve

    Le message mensonger, largement relayé sur Facebook, WhatsApp et X, prétend que Dr Beugré Mambé aurait été interpellé à son arrivée en France en possession de valises contenant 8 milliards de francs CFA. Or, aucune photo, vidéo, note policière ou communication officielle ne vient appuyer cette allégation.

    Dans une publication datée du 29 novembre, Alertes 100, la plateforme gouvernementale de lutte contre la désinformation placée sous la supervision de l’ANSSI-CI, a catégoriquement démenti l’information. « Cette publication est totalement infondée et vise à ternir la réputation du Premier ministre ainsi qu’à mettre en doute sa probité », écrit la plateforme, appelant les citoyens à ne pas relayer les rumeurs.

    Une mission diplomatique encadrée

    Quelques jours avant l’apparition de l’intox, le Premier ministre était bel et bien en Angola. Dr Beugré Mambé est arrivé à Luanda le dimanche 23 novembre en début de soirée, accueilli par le ministre angolais de l’Intérieur, Manuel Homem, et le vice-gouverneur de Luanda, Calunga Quissanga. Il était accompagné du ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Kakou Houaja Léon Adom.

    Le sommet UE-UA, placé sous le thème « Promouvoir la paix et la prospérité par un multilatéralisme efficace », a réuni chefs d’État et de gouvernement africains et européens. Les discussions ont porté sur la paix, la sécurité, l’intégration économique, le commerce, la transition écologique, la transformation numérique, les migrations et le développement humain.

    En marge des travaux, Dr Beugré Mambé a été reçu par le président angolais João Lourenço. Il lui a transmis un message du président Ouattara soulignant « la nécessité d’un partenariat renouvelé entre l’Afrique et l’Europe ». À l’issue du sommet, il a rappelé que « l’Europe et l’Afrique sont des continents complémentaires » et que leur coopération doit être « amplifiée, actualisée et améliorée ».

    Après cette mission, aucun signe d’un déplacement du Premier ministre en France n’a été relevé : ni communication officielle, ni communiqué diplomatique, ni déclaration des autorités françaises, ni trace médiatique, ni preuve matérielle. L’absence totale d’éléments factuels confirme que la rumeur est infondée.

    Un phénomène récurrent

    Ce type d’intox n’est pas inédit. Le 15 juin 2025, l’ANSSI avait déjà dû démentir une rumeur prétendant qu’un ministre ivoirien avait été arrêté en Allemagne avec un million de dollars. L’agence avait dénoncé une « désinformation délibérée » orchestrée par des profils « coutumiers du fait ».

    La nouvelle rumeur visant Dr Beugré Mambé s’inscrit dans ce même schéma de manipulation, que les autorités appellent à contrer par la vigilance et la vérification systématique des sources.

    Samuel KADIO

  • Guinée-Bissau Des militaires disent prendre le « contrôle total du pays » et suspendre le processus électoral

    Guinée-Bissau Des militaires disent prendre le « contrôle total du pays » et suspendre le processus électoral

    Des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé mercredi avoir pris le « contrôle total du pays », arrêté le président sortant et suspendu le processus électoral, alors que le pays attendait les résultats de la présidentielle et des législatives.

    La Guinée-Bissau, petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), a déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance en 1974.

    C’est aussi un nouveau coup d’État en Afrique de l’Ouest, qui en a déjà connu une série depuis 2020 au Mali, Burkina, Niger et en Guinée-Conakry.

    Le putsch a eu lieu à la mi-journée, après que des tirs ont été entendus près du palais présidentiel dans la capitale Bissau et que des hommes en tenues militaires ont pris possession de la principale artère menant vers le palais, ont constaté sur place des journalistes de l’AFP.

    Des centaines de personnes à pied ou dans des véhicules avaient alors fui la zone du palais présidentiel pour se mettre à l’abri tandis que des tirs nourris avaient retenti à plusieurs reprises.

    En début d’après-midi, le général Denis N’Canha, chef de la maison militaire de la présidence, assis derrière une table et entouré de militaires armés, a annoncé à la presse au siège de l’état-major, qu’un « Haut commandement pour la restauration de l’ordre, composé de toutes les branches de l’armée » prenait « la direction du pays jusqu’à nouvel ordre », ont constaté les journalistes de l’AFP.

    PHOTO PATRICK MEINHARDT, AGENCE FRANCE-PRESSELe brigadier général Denis N’Canha (au centre), chef du bureau militaire de la présidence de Guinée-Bissau, donne une conférence de presse à l’état-major des forces armées, le 26 novembre 2025.

    Le président sortant Umaro Sissoco Embalo, qui était donné favori à la présidentielle de dimanche, est détenu mercredi « en prison à l’état-major » par des militaires et est « bien traité », a indiqué à l’AFP un officier de l’armée.  

    Une autre source militaire a confirmé à l’AFP l’arrestation du président Embalo aux côtés du « chef d’état-major et du ministre de l’Intérieur ».

    « Rétablir l’ordre »

    « Ce qui nous a poussés à le faire (le putsch, NDLR), c’est pour garantir la sécurité au niveau national et également rétablir l’ordre », a ajouté le général N’Canha, évoquant la découverte par les « renseignements généraux » d’un « plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue ».

    Plus de 6780 membres des forces de sécurité, dont des membres de la Force de stabilisation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ont été déployés en Guinée-Bissau pour le scrutin et la période post-électorale.

    Les missions d’observation de l’Union africaine et de la CEDEAO, ainsi que le Forum des sages de l’Afrique de l’Ouest, ont exprimé leur « profonde préoccupation » dans un communiqué, déplorant ce qu’ils ont qualifié de « tentative flagrante de perturber le processus démocratique ».

    Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, « suit la situation avec une profonde préoccupation », a souligné son porte-parole, et a exhorté toutes les parties prenantes à « faire preuve de retenue et à respecter l’État de droit ».

    Le Portugal – ancienne puissance coloniale – a appelé au calme et à la reprise du processus électoral.

    La Guinée-Bissau, pays très pauvre de 2,2 millions d’habitants, un peu plus grand que la Belgique, est affectée par des problèmes de corruption et est réputée pour être une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe.

    Les renseignements généraux « ont confirmé l’introduction d’armes dans le pays pour changer l’ordre constitutionnel », a ajouté le général N’Canha.

    Il a également annoncé la suspension de « tout le processus électoral », la fermeture des frontières « terrestres, aériennes et maritimes » et l’instauration d’un « couvre-feu obligatoire ».

    Opposant arrêté

    En outre, le principal opposant bissau-guinéen Domingos Simoes Pereira – dirigeant du puissant PAIGC, parti historique qui a mené la Guinée-Bissau à l’indépendance – qui avait été écarté de la présidentielle de dimanche, a été arrêté mercredi, selon des proches et un collaborateur.  

    PHOTO PATRICK MEINHARDT, AGENCE FRANCE-PRESSELe président sortant, Umaro Sissoco Embalo, lors des élections du 23 novembre 2025

    M. Pereira a été « arrêté » et « n’est pas en sécurité », a confirmé un membre de sa famille.

    Des « hommes armés » se sont présentés au siège de campagne du candidat Fernando Dias mercredi et ont lancé des gaz lacrymogènes « pour arrêter MM. Dias et Pereira » qui tenaient une réunion, a indiqué à l’AFP un responsable de son équipe de campagne.

    La situation de M. Dias n’était pas connue mercredi en fin de journée.  

    Les rues à Bissau étaient désertes dans la soirée avec l’entrée en vigueur du couvre-feu et les militaires avaient pris le contrôle de toutes les grandes artères, a constaté l’AFP.  

    Par ailleurs, la Commission Nationale des Élections (CNE) a été attaquée par des hommes armés non identifiés mercredi, a indiqué à l’AFP un responsable de la communication de la commission, Abdourahmane Djalo.

    Mardi, le camp de M. Embalo et celui du candidat de l’opposition Fernando Dias de Costa avaient chacun revendiqué la victoire à la présidentielle, alors que les résultats provisoires officiels de ces élections n’étaient attendus que jeudi.  

    Fin octobre, l’armée bissau-guinéenne avait annoncé avoir déjoué une « tentative de subversion de l’ordre constitutionnel », avec l’arrestation de plusieurs officiers supérieurs.  

    La proclamation des résultats électoraux a ainsi souvent donné lieu à des mouvements de contestation dans ce pays.  

    La précédente présidentielle, en 2019, avait débouché sur plusieurs mois de crise post-électorale, M. Embalo et son adversaire M. Pereira revendiquant tous deux la victoire.

    Avec Agence France-Presse

  • Côte d’Ivoire. 17 000 voies portent de nouveaux noms à Abidjan

    Côte d’Ivoire. 17 000 voies portent de nouveaux noms à Abidjan

    Dans la ville d’Abidjan, toutes les voies portent désormais un nom inscrit sur un panneau, dont la couleur varie en fonction du type de voie. Cette réussite est mise au compte du Projet d’Adressage des Rues d’Abidjan (PADA) du MCLU. Il permet de mettre en lumière les personnalités ivoiriennes, de développer le commerce en ligne et d’améliorer l’intervention de la Police et des sapeurs pompiers en cas d’urgence. Le projet est en train de s’étendre à d’autres villes telles que Yamoussoukro et Bouaké.

    « Depuis quelques mois, je vois des panneaux bleus, verts et oranges, avec des noms. Est-ce que ce n’est pas pour indiquer les lieux ? », se demande A. B.. Une autre personne explique : « Ce sont des panneaux qui donnent une adresse aux rues, pour faciliter la localisation des lieux, comme on le voit à Treichville ».

    Des petits panneaux de trois couleurs

    Dans toutes les communes d’Abidjan, Koumassi, Treichville… , on voit des petits panneaux sur des poteaux métalliques ou collés au mur. Il y en a de trois couleurs : orange, vert et bleu. Les panneaux bleus indiquent les rues, les verts sont pour les avenues et les oranges pour les boulevards. Chaque panneau porte le nom d’une personnalité politique, sportive, culturelle, etc.

    Par exemple, à Cocody, on peut lire sur un panneau orange, indiquant un boulevard, le nom de Marie-Thérèse Houphouët Boigny, l’épouse du premier Président de la Côte d’Ivoire. Au Plateau, un panneau bleu d’une avenue porte le nom de Camille Alliali, ancien ministre ivoirien et grand homme politique. A Marcory, un panneau bleu d’une rue porte le nom d’Adrienne Koutouan, grande figure de théâtre et de la culture ivoirienne.

    « J’en ai vus. C’est une belle initiative. Comme on ne connaît pas toutes les personnalités, il serait bon d’inscrire sur les panneaux, une brève information sur elles. Il faut communiquer dessus, c’est important », suggère Ismaël, enseignant.

    D’autres suggestions, divergentes, sont faites sur les panneaux apposés sur les murs dans les quartiers. « Ce n’est pas normal. L’Etat a donné de l’argent pour ça. Il faut installer les panneaux sur pied pour qu’ils soient visibles ». Un autre contredit cet avis: « De nombreux panneaux sont sur pied et non sur les murs. Pour moi, sur les murs c’est plus durable et sécurisé. Certains ont été volés ou détruits par des individus mal intentionnés. Donc, c’est mieux de les installer sur les murs ».

    Comment les noms sont choisis et transférés en ligne

    Au-delà de ces points de vue, l’on se demande comment les noms sont choisis et transférés en ligne. Selon Alphonse N’Guessan, directeur de l’Adressage, de la Rénovation et de la Restructuration urbaine (ARRU), c’est les conseils municipaux des différentes communes qui décident des noms. Leurs propositions, transmises au ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme (MCLU), sont ensuite validées au cours d’un conseil des ministres.

    Les noms validés sont transférés sur les plateformes en ligne. « Nous avons mis en place une plateforme de partage de données en 2022. Nous avons ouvert la plateforme avec nos concessionnaires d’eau potable, d’éclairage public et les utilisateurs d’application de navigation. Nous avons également transféré les données sur Google. Cette collaboration a facilité l’intégration des données et leur utilisation », a indiqué M. Nguessan . Il ajoute que des noms peuvent se répéter ailleurs sans aucun problème, puisqu’il ne s’agit pas de la même commune. A ce jour, 17 000 voies ont été adressées, dont 210 avenues et 35 boulevards.

    Les numéros et les noms des rues sont dans les applications

    Pendant l’installation des panneaux, des numéros ont été attribués à chaque cour. Ces numéros indiquent la distance située entre la cour et la rue, l’avenue ou le boulevard. La combinaison du numéro avec le nom de la rue indique l’adresse du domicile. « Pour vous localiser, vous direz par exemple : je suis à Koumassi, 3098, avenue Martin Luther King », indique Ouattara Lancina, à titre d’illustration.

    Cette innovation est un soulagement pour les livreurs à moto et les conducteurs de Véhicules de Transport avec Chauffeurs (VTC). « Cette technique nous arrange beaucoup. Il suffit au client d’indiquer sa position avec le numéro de la cour et le nom de la rue sur le panneau, et on lui livre sa marchandise rapidement », affirme Oussou. Yannick, un chauffeur de VTC renchérit. « C’est vraiment facile. Les numéros et les noms des rues sont dans les applications ».

    A noter qu’il y a un code de réponse rapide (QR) sur les panneaux qui malheureusement ne marche pas. C’est une question de temps, rassure un agent du ministère. « Pour l’instant le code QR ne fonctionne pas partout. Il y a un travail à faire là-dessus. En attendant, les utilisateurs peuvent se localiser en ligne avec les numéros et noms mentionnés sur les panneaux ».

  • Jimmy Cliff, légende du reggae, est décédé

    Jimmy Cliff, légende du reggae, est décédé

    Le chanteur et compositeur de reggae jamaïcain Jimmy Cliff est décédé d’une pneumonie à l’âge de 81 ans.

    On doit à l’artiste, entré en 2010 au Rock and Roll Hall of Fame, des tubes internationaux comme Many Rivers to Cross (1969), Reggae Night (1984) ou encore Hakuna Matata (1995).

    Sa femme Latifa a publié un message sur les comptes Facebook et Instagram de l’artiste.

    Jimmy, mon chéri, repose en paix. Je suivrai tes souhaits. J’espère que vous pourrez respecter notre intimité en ces moments difficiles, a-t-elle écrit.

    À tous ses admirateurs du monde entier, sachez, s’il vous plaît, que votre soutien a été sa force tout au long de sa carrière, a-t-elle ajouté.

    Des influences multiples

    Né en juillet 1944 dans un milieu modeste, Jimmy Cliff n’a cessé de s’intéresser à des influences musicales multiples – soul, ska, funk, punk, folk – tout en conservant un discours politique engagé.

    J’ai été inspiré par les émeutes de Londres [en 2011], mais aussi par le « printemps arabe », avait-il expliqué, en entrevue, au journal français Le Monde en 2012, évoquant aussi les injustices sociales, l’hypocrisie religieuse, et les clans politiques.

    Au fil des années, Jimmy Cliff a collaboré avec des artistes comme The Clash, Kool and the Gang, Sting, Annie Lennox et Wyclef Jean, mais aussi le Français Bernard Lavilliers, et comme musicien de studio avec les Rolling Stones.

    Les sandinistes au Nicaragua ont utilisé You Can Get it If You Really Want comme hymne de campagne dans les années 1990 et Bruce Springsteen a contribué à élargir le public américain de Cliff avec sa reprise en spectacle de Trapped, un titre de la vedette du reggae, figurant sur l’album caritatif à succès de 1985, We Are the World. Parmi les autres artistes ayant interprété ses chansons figurent John Lennon, Cher et UB40.

    Jimmy Cliff a été nommé sept fois au gala des prix Grammy et a remporté deux fois le trophée du meilleur album reggae : en 1986 pour Cliff Hanger et en 2012 pour Rebirth, un album au titre évocateur, largement considéré comme son meilleur opus depuis des années. Parmi ses autres albums, on compte The Power and the Glory, nommé aux Grammy, Humanitarian et Refugees, sorti en 2022.

    Jimmy Cliff au cinéma

    Jimmy Cliff a aussi composé à plusieurs reprises pour le cinéma, notamment pour le film The Harder They Come et Les apprentis champions (Cool Runnings).

    Dans The Harder They Come, il incarne, à la demande du réalisateur Perry Henzell, le personnage principal : Ivanhoe Ivan Martin, un musicien de reggae en devenir qui bascule dans le crime lorsque sa carrière stagne.

    Sorti en 1972, le film, retardé de deux ans en raison d’un financement irrégulier, fut le premier grand succès commercial jamaïcain. Malgré les éloges de Roger Ebert et d’autres critiques, ses ventes initiales furent faibles.

    Il est aujourd’hui considéré comme une référence culturelle, sa bande originale étant largement citée parmi les meilleures de tous les temps et comme un tournant dans l’essor mondial du reggae.

    Différent de Bob Marley

    Toutefois, Jimmy Cliff n’aura jamais atteint les sommets du Dieu du reggae, Bob Marley, qui était né quelques mois après lui.

    La première fois que j’ai enregistré un disque, avait-il raconté au Monde en 2012, on m’a donné 1 shilling. Les Wailers [le groupe de Marley, ndlr] étaient plus chanceux que moi chez Studio One, on leur donnait 2 livres par semaine.

    Sa maison de disques Universal France a écrit sur son site que Jimmy Cliff était un paradoxe de la musique jamaïcaine.

    Reconnu dès sa période ska, premier artiste de reggae à signer pour Island, acteur et chanteur […], auteur de multiples tubes planétaires, star en Amérique latine et en Afrique, il est aussi resté un mal aimé du public reggae à cause de son image « variété », « grand public » et son côté star très assumé, loin de l’imagerie rasta – il ne l’est d’ailleurs pas – habituelle.

    Un géant culturel, selon le premier ministre de la Jamaïque

    Le premier ministre de la Jamaïque, Andrew Holness, a déclaré que la nation insulaire marquait une pause pour honorer Jimmy Cliff, un véritable géant culturel dont la musique a porté le cœur de notre nation au monde.

    Sa musique a élevé les gens pendant les périodes difficiles, inspiré des générations et contribué à façonner le respect mondial dont jouit aujourd’hui la culture jamaïcaine, a-t-il ajouté.

    Marche bien, Jimmy Cliff. Ton héritage perdure dans chaque recoin de notre île et dans le cœur du peuple jamaïcain.

    Le groupe britannique de reggae UB40 lui a aussi rendu hommage. Il a finalement traversé la dernière rivière. Repose en paix Jimmy, ta musique vivra éternellement, a-t-il écrit sur son compte officiel sur X.

    Avec les informations de Reuters et Agence France-Presse