Auteur/autrice : iciabidjan

  • Noël Dourey s’invite au débat et sans pitié pour Thiam.

    Noël Dourey s’invite au débat et sans pitié pour Thiam.

    Dans son direct Facebook sur sa page, Noël Dourey, membre du Bureau politique du RHDP, et ambassadeur du RHDP s’en prend violemment à Tidjane Thiam, lui demande de ne pas pleurnicher quand Ouattara ne le reçoit pas puis explique une nette différence entre Ouattara et lui a ceux qui comparent les deux hommes et tacle la communication du PDCI-RDA tout en vantant Ouattara…

    Noël Dourey s’invite au débat et sans pitié pour Thiam:

    «J’ai lu dans la presse que des chefs de l’Etat jouaient les bons offices pour rapprocher le chef de l’Etat, S.E Alassane Ouattara et M. Tidjane Thiam. J’ai lu dans les commentaires des journalistes les arguments qui étaient qu’ils avaient le même profil et qu’il était bon qu’avec ce profil-là ils puissent donc se parler. Vous savez, en politique, on ne pleurniche pas. On ne dit pas, oui, je veux qu’il me reçoive, je fais tout pour qu’il me reçoive, il ne me reçoit pas donc je tempête etc. Il peut gérer son agenda au sein du PDCI-RDA mais il ne peut pas gérer l’agenda du président de la République. Donc on encourage toutes les initiatives, tout est bien mais celui qui fait la demande devrait avoir, à mon sens, une attitude plus convenante, plus correcte. Ce n’est pas en disant que les autres ont violé la Constitution qu’on pourrait être reçu. Ce n’est pas ainsi que ça se passe.

    Alors, des profils ? Je voudrais en parler. Déjà de grandes écoles, c’est vrai. Mais souvenons-nous qu’Houphouët-Boigny a été président des Français, même un jour, n’a pas fait les grandes écoles d’outre-mer comme on les appelait à l’époque, pour siéger de manière sereine et sérieuse au milieu des Français. Donc une grande école qu’on a faite ne garantit pas tout. Une grande école qu’on aurait faite ne garantit pas tout. Par contre l’exercice, la pratique et l’expertise sont des choses qui peuvent jouer en faveur de l’un ou de l’autre. C’est ça qu’il faut retenir. Le président Alassane Ouattara, le faiseur du deuxième miracle ivoirien, a une histoire. En 1989, nous sommes tous contemporains de notre histoire, de cette histoire, la Côte d’Ivoire allait vers la banqueroute ; je dis bien vers la banqueroute, en cessation de paiement. Quand le président Houphouët-Boigny, après avoir essayé des solutions, est allé le chercher là où il était. Je vais m’arrêter sur Houphouët-Boigny parce que vous savez, nous en Côte d’Ivoire, je prends le cas de mes parents, ils ont pensé qu’Houphouët-Boigny était immortel, il était comme Dieu.

    Parce qu’’Houphouët-Boigny, durant toute sa vie , a marqué les esprits par des actions fortes mais aussi par le travail de développement. Il a impulsé la Côte d’Ivoire. Il avait des formules que lui empruntait même le monde entier. La Côte d’Ivoire repose sur l’agriculture… Et c’est ce Houphouët-Boigny qui a dit : Je vous envoie quelqu’un. Je fais venir quelqu’un pour sauver notre pays.

    Si Houphouët-Boigny lui-même, le génie; celui que le président De Gaulle appelait « le cerveau politique de premier ordre », est allé chercher Alassane Ouattara pour dire : « Viens me sauver! ». Très peu d’Ivoiriens peuvent dire qu’Alassane Ouattara a échoué. Je ne parle pas des politiciens mais je parle des citoyens ivoiriens ordinaires. Très peu peuvent le dire. Parce que c’est grâce à son intelligence et la qualité de son travail qu’il est passé de président du comité interministériel à Premier ministre. Il a été le premier et le seul Premier ministre d’Houphouët-Boigny pendant trois ans. Donc quand on parle de parcours similaires, je dis non.

    Il n’y a pas de parcours similaires. Il y a un qui est venu pour une mission : sauver le pays, redresser le pays. C’est à cause de lui que la Fonction publique naguère laxiste. Les gens venaient au travail quand ils voulaient. Il a décidé de sanctionner tous ceux qui ne venaient pas au travail. Il y a même des ministres qui en ont fait les frais. Donc on l’appelle pour sauver la Côte d’Ivoire. Mais Thiam qui l’appelle pour sauver la Côte d’Ivoire ? Qui ? D’abord, il veut être candidat à l’élection présidentielle de 2025 sans parti politique. Parce que la présidence du PDCI-RDA lui est contestée et le mal au PDCI-RDA, permettez-moi de le dire, c’est la communication. Elle ne passe pas. On dit une chose le matin, on se dédit le soir et le lendemain matin, c’est un autre son de cloche. On ne peut pas faire de la politique en bri.Ce n’est pas possible. Donc déjà voilà un premier point qu’on peut soulever comme parcours.

    C‘est vrai que les deux sont allés dans des instances internationales. Mais dans l’article de presse que j’ai lu, sous le président français Emmanuel Macron, Thiam a dirigé un groupe d’experts pour réfléchir sur la problématique de développement en Asie ou je ne sais quoi. Au FMI, le président Ouattara, en tant que DGA, réfléchissait à l’ensemble du monde pour apporter sa technicité, son expertise. Voilà le deuxième point. Le troisième point. Quels sont les résultats ? Alassane Ouattara n’a pas été blâmé au FMI. Il s’est mis en retrait pour être conforme aux lois de son pays. D’abord, la résidence et puis les documents qu’il fallait avoir. Il s’est donc mis en congé pour venir aider son pays. L’autre, ce n’est pas la même chose. Quel a été le bilan de l’autre à Prudential et au Crédit Suisse ? Ce ne sont pas les mêmes parcours. Ils ont tous les deux fait de grandes études, ça c’est vrai mais ça s’arrête là. C’est pourquoi je dis qu’il faut toujours comparer ce qui est comparable.

    Au RHDP, personne n’a peur de la candidature de monsieur Tidjane Thiam. Mais nous disons, en tant que citoyen ivoirien (pas en tant que militant) que les lois de notre pays soient respectées. C’est tout ce que nous voulons. S’il est libéré de son allégeance française, c’est bien. Mais la loi française dit que même si tu es libéré, tous les actes antérieurs que tu as posés ne sont pas proscrits. Ça veut dire que si tu as postulé à la présidence du PDCI-RDA en tant que Français, ce n’est rétroactif. On ne dit pas parce que tu as été libéré de ton allégeance alors tout ce que tu as fait avant est effacé. Non !!!

    C’est pourquoi au PDCI-RDA, il y a un groupe de personnes respectueuses des lois qui dit qu’il faut annuler tous les actes. Il faut même annuler l’élection du président du PDCI-RDA tenue en 2023. Maintenant s’il est Ivoirien, une nouvelle élection est organisée pour être président et rentrer dans le schéma. Parce que j’entends des « papos », que ce soit au PDCI-RDA ou au PPA-CI, inscrivez les noms. Si vous n’inscrivez pas les noms, les élections ne se feront pas. Quand la liste provisoire sera publiée le 17 mars 2025, il va s’ouvrir après le contentieux. Tout cela, ce sont des choses que nous suivons tous. Mais sans menace…

    Moi j’appelle toujours à la retenue et à la paix. Je suis contre toute forme de violence. Les gens aujourd’hui brandissent la menace. En 2020, il y a eu mort d’homme. Qu’on a même attribué au RHDP. Les enquêtes ont révélé que ce n’était pas vrai. Que ce n’était pas le RHDP. Vous connaissez le président Ouattara. Il aime la paix. Il a brièvement arrêté les instigateurs au sein du CNT. D’autres ont tenté de fuir mais il n’a rien dit. 2025-là SVP épargnez les vies en Côte d’Ivoire en allant dans les menaces, en disant: Il faut qu’on soit candidats. Un parti politique, s’il se prépare pour la prise du pouvoir doit forcément avoir des cadres. On a vu au Sénégal avec Ousmane Sonko qui a été empêché, dans son parti, quelqu’un d’autre est devenu président de la République. Si l’Afrique a applaudi ça, ce n’est pas la Côte d’Ivoire qui ne peut pas avoir la même démarche.»

  • Côte d’Ivoire-Les missions d’Abdourahmane Cissé chez la banque Lazard

    Côte d’Ivoire-Les missions d’Abdourahmane Cissé chez la banque Lazard

    L’ancien ministre ivoirien du pétrole Abdourahmane Cissé a rejoint en février la banque Lazard, pour le compte de laquelle il devrait ouvrir son riche carnet d’adresses sur le continent. […]

    Nommé senior advisor au sein de la branche conseil aux gouvernements de Lazard le 27 février, l’ancien secrétaire de la présidence ivoirienne , mènera plusieurs missions sur le continent. Sur l’année 2024, Lazard a notamment conseillé l’État ghanéen dans ses négociations avec les créanciers de ses obligations en eurobonds et avec le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre de la restructuration de sa dette (AI du 03/12/24).

    Une opération à laquelle avait également été associé le banquier franco-ivoirien Ibrahim Magassa, à la tête de la structure Algest Consulting. C’est ce dernier qui avait introduit en 2011, à Paris, Abdourahmane Cissé à Téné Birahima Ouattara, le frère cadet du président Alassane Ouattara. Il avait, dans la foulée, été coopté pour devenir conseiller à la présidence.

    Lazard, qui avait travaillé avec Abidjan sous Laurent Gbagbo (2000-2011), lorgne depuis plusieurs années la Côte d’Ivoire, où la banque d’affaires a le plus grand mal à avancer ses pions. C’est son concurrent Rothschild qui assure depuis plusieurs années le rôle de principal conseiller de l’État ivoirien.

    Nombreuses spéculations

    Au Sénégal, Lazard a par ailleurs assuré par le passé des missions de conseil pour le compte de la compagnie pétrolière nationale Petrosen. Un secteur que connaît bien Abdourahmane Cissé, qui a été ministre du pétrole de Côte d’Ivoire de 2018 à 2021.

    L’ex-haut fonctionnaire ivoirien devrait également prospecter auprès des organisations financières régionales, à l’instar de la Banque africaine de développement (BAD), ou encore de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Il dispose d’un accès privilégié au président de cette dernière, Serge Ekué.

    Abdourahmane Cissé pourrait par ailleurs suivre l’activité de l’Africa Finance Corp (AFC) ainsi que de l’Afreximbank. Enfin, il devrait se pencher sur la cession en cours de certaines filiales africaines du groupe bancaire français Société générale.

    Depuis plusieurs mois, l’avenir de l’Ivoirien faisait l’objet de nombreuses spéculations. Après qu’Abdourahmane Cissé avait démissionné, sous pression, de son poste de secrétaire général de la présidence en novembre 2023, l’entourage du chef de l’État s’était inquiété, en 2024, d’un hypothétique ralliement à la candidature de l’ancien patron du Crédit suisse et actuel leader du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Tidjane Thiam.

  • Le Niger annonce son retrait de l’OIF

    Le Niger annonce son retrait de l’OIF

    La décision annoncée par le Niger de son retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’inscrit dans la continuité de la politique de rupture engagée par les autorités de Niamey avec les institutions occidentales depuis le coup d’État de juillet 2023.

    Le gouvernement nigérien a officialisé son départ de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), selon une note diplomatique signée par le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Laouali Labo parvenue à APA, lundi. Cette décision s’inscrit dans la continuité de la politique de rupture engagée par les autorités de Niamey avec les institutions occidentales depuis le coup d’État de juillet 2023.

    Le document, daté du 17 mars, indique que le retrait a été acté par une note verbale du 7 mars.

    Depuis son arrivée au pouvoir, le Comité national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), dirigé par le général Abdourahamane Tiani, a multiplié les mesures pour redéfinir la politique étrangère du Niger. En août 2023, les autorités nigériennes avaient dénoncé plusieurs accords de coopération militaire avec la France. En mars 2024, elles ont également mis fin à l’accord militaire avec les États-Unis, entraînant le retrait des forces américaines de la base d’Agadez.

    Un repositionnement régional

    Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large d’alignement avec les partenaires sahéliens. En janvier 2024, le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont annoncé leur départ de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), après avoir créé l’Alliance des États du Sahel (AES) en septembre 2023. Cette coopération a été renforcée en juillet 2024 par l’établissement de la Confédération des États du Sahel.

    Le retrait de l’OIF confirme la volonté des autorités nigériennes de s’éloigner des institutions perçues comme sous influence occidentale et de privilégier de nouveaux partenariats, notamment avec la Russie.

    AC/Sf/APA

  • L’éditorial d’Adama Koné : Thiam, la politique et Dieu

    L’éditorial d’Adama Koné : Thiam, la politique et Dieu

    Bien cher cousin, nous sommes vraiment dans le mois du raffermissement de la foi, de l’adoration pure. Aussi bien chez les musulmans que chez les chrétiens, depuis respectivement le 1er mars pour les premiers et le 5 mars pour les seconds.

    Partout, c’est l’appel à Dieu pour tous les actes que nous posons. Et la religion s’est invitée ou, du moins, les hommes ont invité la religion en politique. C’est que c’est assurément chaud.

    Cousin, je regardais avec beaucoup de retenue le débat politique de ces dernières semaines. Tu avais souhaité que je te donne des nouvelles depuis l’annonce du président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda), Tidjane Thiam, sur sa demande de renonciation à la nationalité française, le vendredi 7 février.

    Il y a eu des sorties de route dans plusieurs camps, y compris le sien, sur la question générale des origines des noms. Ce qui est vraiment dommage.

    Quand on sait que le rattachement d’un nom à une sphère géographique n’est plus un critère suffisant pour repérer l’origine d’un citoyen. Encore moins pour identifier exactement sa nationalité dans ce monde en mouvement, d’ouverture et d’universalité.

    Le débat est plutôt ailleurs. Il a lieu sur le plan purement juridico- technique. Dans la rigueur de l’application de la Constitution au sommet. N’oublie pas qu’il s’agit de l’élection du premier magistrat ivoirien, du Président de la République. Donc du poste le plus élevé, avec une haute responsabilité de celui qui doit l’occuper.

    En la matière, tous les détails sont importants et tout le monde donne son avis. Tu vois, c’est un peu comme le métier que je pratique, le journalisme. Tu écris seul, bien sûr avec l’orientation éditoriale de ton journal et l’œil d’inspection de ton rédacteur en chef et de ton directeur de publication, mais ce sont les lecteurs qui jugent ta production. Et donc, ton travail est soumis à l’appréciation de tous.

    Tout le monde te juge et peut te sanctionner. Alors que, toi, par exemple, quand tu remets ton rapport à ton chef, ses observations et recommandations et même récriminations se passent dans l’intimité de son bureau. Passons.

    Pour revenir à ce que je disais au début. C’est qu’il y a une dizaine de jours, le président du Pdci-Rda, Tidjane Thiam, s’en est remis à Dieu face au personnel politique de sa formation, en ces termes : « Si Dieu le veut, je serai candidat pour compétir… » Une phrase qui suscite beaucoup de réactions.

    La première est que Dieu existe pour tout le monde. Aussi bien pour ses adversaires que pour ses partisans. Néanmoins, à la réflexion, sans affirmer comme le voisin que Dieu n’existe pas en politique, je peux te dire que la politique n’est pas un jeu d’enfants de cœur.

    Le voisin m’a fait remarquer que c’est la première fois qu’un politicien fait appel à Dieu dans le processus actuel. Pour lui, c’est un aveu de ce que Thiam n’a pas de solution à l’équation à laquelle il doit faire face, malgré sa qualité de polytechnicien.

    Cousin, la deuxième réflexion est que Thiam a certainement fait une grosse erreur en politique : faire la passe à l’adversaire. Il s’est lui-même exposé. Dans les rues d’Abidjan, tu connais l’expression. On dit « qu’il s’est vendu ».

    Le 7 février 2025, en effet, en conviant sa télévision et quelques journalistes, dans une campagne de communication, à couvrir le dépôt de son dossier pour renoncer à la nationalité française, il admettait de fait qu’il y avait un facteur limitant à son parcours vers la Présidence ivoirienne. Il a mis les projecteurs sur l’obstacle à son éligibilité.

    La mauvaise foi étant la chose la mieux partagée dans le milieu, le flou et la confusion lui auraient peut-être servi. Mais, il a montré solennellement à la justice, le bâton qui peut se retourner contre lui.

    Aujourd’hui, tout le monde sait qu’il a un problème. Une gêne dont la résolution ne dépend pas de son propre agenda. Encore moins de la Côte d’Ivoire. Au point que la population ne serait nullement émue si cette situation contredisait sa candidature. Et j’ai entendu dire que la loi sur l’exclusivité d’être ivoirien pour briguer la magistrature suprême n’a jamais été appliquée.

    Tu vois cousin, comme je t’ai dit, quand tout le monde est au courant de ton travail, tout le monde peut réagir. C’est ainsi que quelqu’un est allé sortir immédiatement une jurisprudence dénommée Tioté. Je me suis dit, qu’est-ce qu’on veut à l’âme du défunt footballeur ivoirien ?

    Mais, il s’agit plutôt d’un personnage politique dont l’affaire est textuellement similaire à la situation du président du Pdci. Ce qui veut dire que le pays a connu une telle affaire et que la loi a été dite à ce propos. Cependant, avant même que cette jurisprudence ne soit portée à la connaissance du public, j’ai eu l’idée suivante.

    Il arrive que dans une famille, le père fixe des règles. Par exemple, que tout le monde soit rentré à 21 heures. Et qu’au-delà, tu seras sanctionné. Tant que les enfants qui sont tous à l’internat, et qui de ce fait ont eu de bonnes habitudes, rentreront toujours à l’heure quand ils sont en vacances à la maison, il n’y aura aucun problème. Cela ne signifie pas que la règle et la sanction n’existent pas.

    Toutefois, dès lors qu’un enfant transgressera cette exigence, il donnera l’occasion au père de famille de taper sur la table. Une loi ne s’appliquant que lorsque les évènements à l’origine de son existence se manifestent.

    Bien cher cousin, je crois que le temps joue contre Thiam, quand j’ai appris que Jean-Louis Billon a mis dix mois pour se « libérer ». Je reste de plus en plus convaincu, comme l’avait dit Simplice Zinsou, alors président de l’Africa Sports, « les coupes africaines, ça brûle », que la politique aussi, ça brûle.

    Je reste aussi convaincu que la place de Dieu dans tout ça, c’est dans nos petits cœurs de citoyen. En faisant en sorte que nos dévotions, nos prières en faveur d’un climat de paix et d’une élection apaisée, pour notre prospérité sociale, en ce mois de pénitence, montent au ciel.

    Par Adama KONE.

  • Où sont les électeurs en Côte-d’Ivoire ? Moins de 9 millions d’électeurs sur 31 millions d’habitants… Gbagbo et Blé Goudé restent « radiés »

    Où sont les électeurs en Côte-d’Ivoire ? Moins de 9 millions d’électeurs sur 31 millions d’habitants… Gbagbo et Blé Goudé restent « radiés »

    Un nombre total d’électeurs relativement bas par rapport au voisin le Ghana 19 millions d’électeurs pour 33 millions d’habitants ou au Sénégal 7,5 millions de votants sur 18 millions d’habitants.

    Le président de la CEI a procédé ce lundi 17/03/2025 lors de la remise de la LEP (liste électorale provisoire ). Voici son propos introductif.

    « La Commission Électorale (Non Indépendante) a retenu finalement 1 432 827 nouveaux recensements ainsi qu’il suit : 16

    – Pour la catégorie 1 : 663 070 requérants ;

    – Pour la catégorie 2 : 769 757 requérants. De ce dernier chiffre, 12 requérants déchus de leurs droits civiques ont été retirés.

    Par ailleurs, parce que la Révision de la Liste Électorale a vocation à tenir compte des mutations intervenues dans le corps électoral, 293 électeurs ont été radiés de la liste définitive de 2023 pour déchéance de droits civiques et politiques et 20 529 autres, pour cause de décès, sur un total de 8 012 425.
    Au total, à l’issue de toutes ces opérations de traitement qui ont porté à la fois sur la liste définitive de 2023 et sur les nouvelles données recueillies en 2024, la liste électorale provisoire aujourd’hui disponible compte 8 761.348 électeurs. »

    IA

  • Côte d’Ivoire. Dominique Ouattara s’inspire de la sagesse de Thérèse Houphouët-Boigny

    Côte d’Ivoire. Dominique Ouattara s’inspire de la sagesse de Thérèse Houphouët-Boigny

    Le couple présidentiel a rendu visite, le samedi 15 mars 2025, à Mme Thérèse Houphouët-Boigny, l’épouse du premier Président de la République de Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, révèle une note d’information du service de communication de la Première Dame Mme Dominique Ouattara.

    « C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai rendu visite en compagnie de mon époux , le Président de la République, Alassane Ouattara, hier samedi 15 mars à Mme Thérèse Houphouet Boigny », informe la note. Ce fut d’agréables moments d’affection que le couple a partagés avec la veuve du père de la nation.

    Une figure emblématique

    Mme Thérèse Houphouët-Boigny, la toute première Première Dame de Côte d’Ivoire, incarne une figure emblématique notamment par son engagement dans les affaires sociales et humanitaires. « Sa sagesse et sa bienveillance continuent d’inspirer de nombreuses générations », indique la note. En effet, en tant que Première Dame, Mme Thérèse Houphouët-Boigny a fondé N’Daya international le 23 octobre 1987. A travers cette Fondation, elle a œuvré pendant plusieurs années, pour l’amélioration de la santé, du bien-être et de l’éducation des enfants d’Afrique. Elle a inauguré le premier village SOS d’enfants en Côte d’Ivoire. Elle a également créé la première institution de Formation et d’Éducation féminine (IFEF) en Côte d’Ivoire. « Son engagement pour la promotion des droits des femmes et des enfants reste un modèle à suivre, pour tous », relève Mme Dominique Ouattara.

    Aux côtés de son époux, Thérèse Houphouët-Boigny a contribué au rayonnement de la Côte d’Ivoire. Toutes ses actions lui ont valu des reconnaissances et distinctions. Le 18 octobre 2022, à l’occasion d’une cérémonie anniversaire de la naissance de Félix Houphouët-Boigny, elle a été élevée à la dignité de grand Officier dans l’ordre national, par la grande Chancelière Henriette Dagri Diabaté.

    « Cette rencontre avec Mme Thérèse Houphouët-Boigny a été un moment fort qui a renfoncé notre détermination à poursuivre l’œuvre de paix et de progrès entamée par son défunt époux. Nous repartons inspirés par sa sagesse et son amour pour notre nation », a souligné Mme Dominique Ouattara.

    Diomandé Karamoko

  • Présidentielle 2025 : le président du PDCI-RDA Tidjane Thiam présent sur la liste électorale provisoire

    Présidentielle 2025 : le président du PDCI-RDA Tidjane Thiam présent sur la liste électorale provisoire

    Le nom du président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), Tidjane Thiam, figure sur la liste électorale provisoire 2024-2025 publiée ce lundi 17 mars 2025 par la Commission électorale indépendante (CEI). Contrairement à lui, plusieurs leaders de l’opposition ivoirienne, dont Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, sont absents de cette liste.

    Selon les autorités ivoiriennes, cette exclusion repose sur des condamnations judiciaires. Laurent Gbagbo a été condamné à vingt ans de prison par la justice ivoirienne dans l’affaire dite du « braquage de la BCEAO », survenue lors de la crise post-électorale de 2010-2011. De son côté, Charles Blé Goudé a été condamné par contumace à vingt ans de prison le 30 décembre 2019. En plus de cette peine, il a été privé de ses droits civiques pour dix ans et condamné à verser 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts aux victimes de la crise post-électorale de 2011.

    La publication de la liste électorale provisoire ouvre officiellement la voie au contentieux électoral. Les électeurs ainsi que les membres de la CEI pourront présenter des réclamations concernant l’inscription, la radiation ou la rectification des informations. Toute personne omise sur la liste électorale ou ayant recouvré ses droits civiques pourra introduire une demande. Toutefois, le réclamant devra justifier de sa qualité d’électeur dans la circonscription concernée ou être membre de la CEI.

    Conformément au chronogramme établi par la CEI et communiqué à l’ensemble des parties prenantes, la liste sera affichée dans tous les lieux ayant accueilli les opérations d’enrôlement à partir d’aujourd’hui, 17 mars 2025. Cet affichage se poursuivra jusqu’au 21 mars 2025, permettant ainsi à chaque citoyen concerné d’exercer son droit de recours.

    Cyprien K.

  • Côte d’Ivoire : l’industrie locale du chocolat reste encore à la traîne

    Côte d’Ivoire : l’industrie locale du chocolat reste encore à la traîne

    La Côte d’Ivoire est actuellement le plus gros transformateur de cacao au monde devant les Pays-Bas. Cependant l’essentiel des fèves broyées reste orienté à l’exportation vers les fabricants finaux de chocolat.

    En Côte d’Ivoire, la transformation de cacao a pris de l’essor depuis 5 ans, mais cette évolution n’a pas encore profité à l’industrie locale de la production de chocolat. C’est le constat que dresse le Département américain de l’agriculture (USDA) dans un rapport inédit sur le secteur cacaoyer ivoirien publié le 7 mars dernier.  

    Alors qu’avec les réformes du gouvernement et les incitations fiscales, les investissements dans la transformation ont grimpé de 58 % entre 2020 et 2025, l’organisme américain souligne que 95 % des dérivés du cacao (pâte, beurre et poudre de cacao) sont destinés à l’export.

    Cette situation s’explique par le fait que l’activité est d’abord portée par plusieurs multinationales comme Cargill, Barry Callebaut et Olam qui font du broyage sur place pour réduire les coûts et fabriquer des produits semi-finis en vue de leurs ventes aux fabricants de produits à base de chocolat situés essentiellement en Europe occidentale et en Amérique du Nord. 

    Alors que certains fabricants de chocolatiers actifs sur le marché des produits de marque comme Cémoi, transforment non seulement sur place, mais encouragent aussi la production artisanale de chocolat ivoirien, elle reste encore faible dans l’ensemble avec la faiblesse de la demande du marché intérieur.

    Le secteur domestique pour la production de confiseries ou l’intégration des produits dérivés du cacao dans les boissons ne consomme ainsi qu’environ 35 000 tonnes de fèves contre par exemple plus de 770 000 tonnes pour l’industrie des broyages.  

    Globalement, d’après l’USDA, les produits chocolatés finis représentent seulement 3 % des exportations totales de produits dérivés de cacao contre 97 % pour les fèves de cacao broyées, le beurre de cacao, la poudre de cacao et la pâte de cacao.

    Pour rappel, la consommation moyenne de produits chocolatés en Côte d’Ivoire est estimée à moins de 200 grammes par habitant par an contre une moyenne mondiale estimée à 900 grammes.

    Espoir Olodo

  • L’Afrique en 2025 : quelles perspectives de croissance économique ?

    L’Afrique en 2025 : quelles perspectives de croissance économique ?

    Le mois de janvier est traditionnellement celui de la publication des prévisions de croissance économique par les banques et les grands opérateurs du développement tels que le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, le Département des Affaires économiques des Nations unies ou encore l’Agence française de développement (AFD). Cette année les estimations placent le continent africain à 4,2 %, au deuxième rang derrière l’Asie à 5,1 %. Cette dynamique encourageante s’appuierait notamment sur un ralentissement de l’inflation et une amélioration des conditions financières internationales. Alors que les projections tablent sur une croissance économique mondiale modérée, quelles zones d’Afrique auront la croissance la plus élevée ? Sur quels leviers cette croissance s’appuie-t-elle pour 2025 ? Quels sont les risques majeurs auxquels seront confrontées les économies africaines en 2025 ? Le point avec Émilie Laffiteau, macroéconomiste, chercheuse associée à l’IRIS.

    Quelles sont les projections de croissance économique de l’Afrique subsaharienne pour l’année 2025 ?

    L’Afrique subsaharienne devrait connaître un accroissement de la croissance de son produit intérieur brut réel en 2025, avec des prévisions qui convergent autour de 4,2 % (FMI, Banque mondiale, AFD et Moody’s). Ces projections sont plus hautes que la croissance observée au cours des dernières années  (3,6 % en 2023 et 3,8 % en 2024). Elles marquent également une bonne performance du continent africain comparé à la croissance mondiale projetée à 3,3 %.

    La conjoncture du continent reste majoritairement influencée par les deux géants de la région que sont l’Afrique du Sud et le Nigéria. En 2025, même si ces économies devraient connaître une hausse de leur taux de croissance, leurs projections restent en-deçà de la moyenne régionale (respectivement 1,5 % et 3,2 %). En Afrique du Sud, les conséquences de la crise énergétique risquent de continuer à peser et le Nigéria – dont l’économie demeure insuffisamment diversifiée – devrait pâtir d’une baisse attendue des prix du pétrole.

    Des trajectoires diverses au sein du continent sont par ailleurs anticipées : les taux augmenteraient pour atteindre 6 à 7 % dans des pays d’Afrique de l’Est et de l’Ouest alors que dans le golfe de Guinée et en Afrique australe les taux de croissance baisseraient. Ces trajectoires divergentes sont notamment liées à la structure de ces économies avec une segmentation désormais consacrée, entre celles riches en ressources naturelles et les économies plus diversifiées. Les premières sont davantage impactées par la volatilité des cours des matières premières alors que les secondes observent une croissance plus solide. À titre d’exemple, le Bénin, la Côte d’Ivoire et l’Éthiopie observent des taux estimés ou projetés à plus de 6 % de 2023 à 2025. Il n’en reste pas moins que pour les pays riches en ressources, l’augmentation de la demande mondiale de minéraux critiques représente une occasion avérée de stimuler la croissance.

    Les chiffres encourageants de la croissance pour 2025 restent cependant en deçà des niveaux pré-Covid : rapportée par habitant, la variation du PIB réel chute à 1,7 %. Ces performances sont insuffisantes pour permettre l’atteinte des objectifs de développement durable ou une convergence avec les revenus du reste du monde.

    Quels sont les principaux leviers de la croissance africaine pour 2025 ?

    La bonne dynamique de l’activité en Afrique serait engendrée par la baisse de l’inflation et l’amélioration des conditions financières mondiales, encourageant un retour des investissements étrangers au sein du continent, notamment dans les infrastructures et l’énergie. Dans un contexte de relative stabilité des prix, la réduction des taux directeurs devrait stimuler la consommation privée et l’investissement dans de nombreux pays, même si certains pâtissent toujours d’une inflation élevée due aux dépréciations récentes de leurs monnaies (en particulier en Angola, Égypte, Éthiopie, Ghana, Kenya, Nigéria, Zimbabwe). En parallèle, l’assouplissement des conditions financières mondiales devrait contribuer à réduire les coûts d’emprunt, même si là encore l’accès aux capitaux reste inégal.

    Ces tendances sont corrélées à une croissance mondiale stabilisée autour de 3,3 % depuis 2023, et ce malgré les ralentissements économiques de certains partenaires, notamment la Chine. Un scénario plus optimiste pourrait être envisagé si la croissance chinoise s’accélère grâce au soutien de la demande. Par ailleurs, même si des déséquilibres macroéconomiques perdurent, la moitié des pays du continent devraient voir leurs finances publiques ou leur position extérieure s’améliorer. En revanche, si elles se confirment, les prévisions de baisse des cours mondiaux du pétrole engendreront une diminution des revenus des pays à forte extraversion pétrolière.

    Selon de nombreux experts, la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) pourrait offrir de nouvelles opportunités de croissance économique grâce à une intégration régionale renforcée et un essor du commerce intra-africain. D’autres y voient une énième stratégie des nombreux accords d’intégration au sein du continent et un potentiel « cheval de Troie » pour les multinationales et les entreprises du reste du monde. À l’heure actuelle, son impact reste encore difficile à quantifier, notamment en termes de contribution à la croissance de la région.

    À un niveau plus structurel, le continent bénéficie également d’une tendance à l’urbanisation rapide et d’une population jeune en croissance, garantissant une demande intérieure relativement robuste.

    Quels sont les risques majeurs auxquels seront confrontées les économies africaines en 2025 ?

    En 2025, les économies africaines devront faire face à plusieurs risques majeurs, provenant à la fois de l’environnement externe et de vulnérabilités internes. Ces risques peuvent ralentir la croissance et accentuer les déséquilibres économiques si des réponses appropriées ne sont pas mises en place.

    La croissance mondiale pourrait être plus faible que prévu suite à des mesures protectionnistes en matière commerciale. À cet égard, les dernières annonces de l’administration américaine de hausse des tarifs douaniers font craindre un net recul des échanges internationaux. Les pays africains pourraient également être sensiblement impactés par la baisse de l’aide au développement américaine, et éventuellement celle d’autres bailleurs. Un autre point d’incertitude réside dans la croissance chinoise dont les statistiques sont toujours sujettes à caution. Un ralentissement économique de la Chine plus important que prévu ne peut être exclu, avec des conséquences négatives pour les économies en développement.

    L’endettement public constitue un autre risque important. Ces dernières décennies, les États africains se sont davantage tournées vers la Chine et les créanciers privés sur des échéances de plus court terme, au détriment des prêts concessionnels de long terme. Conjugué à des conditions financières défavorables ces dernières années (hausse des taux d’intérêt mondiaux, dépréciation de nombreuses devises africaines), ce phénomène a lourdement pesé sur les coûts de la dette extérieure africaine (en juin 2024, 21 États étaient surendettés ou avec un risque élevé de surendettement selon le FMI). En 2025, de considérables flux de remboursement de dette publique arriveront à échéance faisant peser un risque sur les perspectives de croissance de l’Afrique.

    La montée des tensions géopolitiques au niveau mondial ainsi qu’une aggravation des conflits dans certaines régions du Sahel, de l’Afrique de l’Est et du bassin du lac Tchad pourrait également perturber plus massivement les chaînes d’approvisionnement et freiner certains investissements vers le continent. Enfin, l’Afrique subsaharienne reste très vulnérable aux phénomènes météorologiques extrêmes, liés au changement climatique. La survenue de ces événements défavorables, à la fois plus fréquents et plus violents, est susceptible d’aggraver fortement la production agricole qui reste le principal secteur générateur de revenus et d’emplois sur le continent.

    Émilie Laffiteau

    Chercheuse associée à l’IRIS

  • L’Afrique face aux recompositions géopolitiques. Avec Niagalé Bagayoko

    L’Afrique face aux recompositions géopolitiques. Avec Niagalé Bagayoko

    L’arrivée au pouvoir de Donald Trump et le désintérêt progressif des États-Unis pour l’Afrique entrainent des recompositions géopolitiques sur l’ensemble du continent. Au-delà de la fin de l’USAID qui aura des répercussions sur la gestion de nombreuses crises, ce désintéressement, en réalité historique et traditionnel, favorise l’arrivée d’acteurs impatients d’occuper le siège laissé vacant. Parmi eux, la Chine et la Russie s’imposent comme de sérieux candidats, notamment en ce qui concerne les questions sécuritaires. Un phénomène qui s’inscrit dans un contexte plus large de changement de paradigme international. Quelles sont les recompositions géopolitiques en cours en Afrique ? Comment l’arrivée de Donald Trump est-elle perçue par les pays africains ? Comment expliquer l’arrivée de nouvelles puissances partenaires ? Comment se traduit la rivalité sino-américaine sur le continent ? Face aux conflits en Ukraine et à Gaza, les crises présentes en Afrique risquent-elles de tomber dans l’oubli ? Comment résoudre la question des crises humanitaires dans un contexte géopolitique en tension ? Autant d’enjeux abordés dans ce podcast avec Niagalé Bagayoko, directrice de l’African Security Sector Network.

  • PLAN TRUMP- Palestiniens déplacés de Gaza : les Etats-Unis et Israël entreprennent des pays africains pour les y installer

    PLAN TRUMP- Palestiniens déplacés de Gaza : les Etats-Unis et Israël entreprennent des pays africains pour les y installer

    Selon l’agence Associated Press, les administrations américaines et israéliennes ont pris contact avec le Soudan, la Somalie et le Somaliland. L’objectif serait d’y installer les 2 millions d’habitants de Gaza délogés à cause de la guerre dans le cadre du plan de Trump.

    Trump ne lâche pas le morceau. Selon l’agence Associated Press (AP), les Etats-Unis et Israël ont contacté des gouvernements d’Afrique de l’Est. Le projet : utiliser leurs territoires comme de potentielles destinations pour installer les 2 millions de Palestiniens délogés dans le cadre du plan porté Donald Trump. Celui-ci prévoit de vider Gaza de sa population pour en faire une station balnéaire, une ambition vivement dénoncée par de nombreux pays à travers le monde, ainsi que par les organisations de défense des droits humains. Auprès d’AP, des responsables américains et israéliens ont déclaré avoir approché le Soudan, la Somalie et le Somaliland, région séparatiste de la Somalie.

    Israël et les Etats-Unis disposent d’un certain nombre de leviers pour tenter d’inciter le Soudan, la Somalie et le Somaliland à passer à la table des négociations, relève AP. Ils pourraient notamment offrir des avantages financiers, diplomatiques ou sécuritaires. Une méthode que connaît bien Trump, puisqu’il avait négocié il y a cinq ans les accords d’Abraham mettant en place une série d’accords diplomatiques mutuellement bénéfiques entre Israël et quatre pays arabes. La Maison Blanche, les bureaux de Benyamin Nétanyahou et de Ron Dermer, ministre israélien des Affaires stratégiques, se sont pour l’heure gardés de tout commentaire.

    Rejet catégorique du Soudan

    Sous couvert d’anonymat, deux officiels soudanais ont confirmé à AP que le gouvernement avait été approché par l’administration Trump, avant même l’investiture de ce dernier, qui avait déjà proposé d’installer les Gazaouis en Egypte et en Jordanie. En échange, les Américains auraient proposé entre autres au Soudan une assistance militaire contre le groupe armé soudanais Forces de soutien rapide (RSF), mais également une aide à la reconstruction d’après-guerre. Une proposition immédiatement rejetée par le pays. Lors du sommet des dirigeants arabes qui se tenait la semaine passée au Caire, Abdel-Fattah Burhan, à la tête du régime militaire soudanais, a rappelé qu’il «rejetait catégoriquement» tout plan visant à transférer «les frères palestiniens de leur terre».

    Du côté du Somaliland, des officiels américains évoquent auprès d’AP que des négociations seraient en cours, lesquelles prévoiraient notamment que les Etats-Unis reconnaissent le territoire séparatiste en échange de leur aide pour mettre en œuvre le plan Trump. Mais un officiel du Somaliland, sous couvert d’anonymat, a démenti l’existence de telles discussions. Idem pour un officiel somalien, lui aussi anonyme, qui a assuré à AP que le pays n’avait pas été approché par l’administration américaine.

    Sommet arabe

    «Les Etats-Unis vont prendre le contrôle de la bande de Gaza» pour «en être propriétaires à long terme», et «ce n’est pas là une décision prise à la légère», lâchait le président américain début février. Une idée qui séduit Benyamin Nétanyahou, décrivant Donald Trump comme «le meilleur ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison Blanche».

    Malgré le rejet de cette proposition par les Palestiniens de Gaza, le président américain persiste et signe. Les pays arabes, eux, se sont réunis en sommet le 4 mars afin de s’élever contre son fameux plan, avec pour mots d’ordre l’idée de reconstruire Gaza et respecter les droits des Palestiniens. Les pays arabes ont ainsi officiellement exprimé leur ferme opposition à tout déplacement de la population de Gaza. De leur côté, les organisations de défense des droits humains rappellent qu’imposer un départ aux Palestiniens pourrait constituer un crime de guerre.

  • Les 22 passeports africains visés par les nouvelles restrictions de voyage de l’administration Trump

    Les 22 passeports africains visés par les nouvelles restrictions de voyage de l’administration Trump

    L’administration Trump se prépare à durcir les règles d’entrée aux États-Unis, avec des interdictions et restrictions de visa qui pourraient affecter les citoyens de 43 pays dont 22 pays africains.

    Selon le New York Times, une liste de 43 pays a été classée en trois catégories : rouge, orange et jaune, reflétant différents niveaux de restrictions. 22 pays africains figurent sur cette liste, certains risquant une interdiction totale d’entrée aux États-Unis et d’autres faisant face à des restrictions sur les visas.

    Placés sur liste rouge, les citoyens de Libye, Somalie et Soudan seraient complètement interdits d’entrée aux États-Unis.

    Sur liste orange, les citoyens d’Erythrée, de Sierra Leone et du Soudan du Sud feraient face à des restrictions importantes, notamment des exigences d’entretiens personnalisés pour obtenir un visa.

    Enfin 16 pays africains figurent sur la liste jaune. Ces pays disposent de 60 jours pour « améliorer leurs procédures de sécurité et de vérification des voyageurs ». Faute de quoi, leurs citoyens pourraient être déplacés vers les listes rouge ou orange :

    • Angola
    • Bénin
    • Burkina Faso
    • Cameroun
    • Cap-Vert
    • Tchad
    • République du Congo
    • République Démocratique du Congo
    • Guinée équatoriale
    • Gambie
    • Liberia
    • Malawi
    • Mali
    • Mauritanie
    • São Tomé-et-Principe
    • Zimbabwe

    Si ces restrictions sont mises en place, elles pourraient affecter les étudiants, les entreprises, les touristes et même les familles de la diaspora africaine vivant aux États-Unis. Le dommage est également diplomatique, car plusieurs pays pourraient voir cette décision comme une sanction injuste.

    Les autorités précisent que ces listes sont encore en cours d’examen et pourraient être modifiées avant leur validation définitive par la Maison-Blanche. On ignore encore si les titulaires de visas ou de cartes vertes seront exemptés de ces restrictions.

    Pour mémoire, les interdictions de voyage imposées à sept pays à majorité musulmane lors du premier mandat de Donald Trump avaient suscité des controverses et des batailles juridiques avant d’être validées par la Cour suprême.

  • Burkina Faso : Human Rights Watch demande une enquête sur un massacre de civils à Solenzo

    Burkina Faso : Human Rights Watch demande une enquête sur un massacre de civils à Solenzo

    Actus. L’ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé vendredi 14 mars 2025 la junte au pouvoir au Burkina Faso à enquêter sur un massacre de civils survenu dans la région de Solenzo, à l’ouest du pays, entre le 10 et le 11 mars. L’attaque aurait été perpétrée par des hommes accusés d’appartenir aux forces de sécurité et à des milices civiles pro-gouvernementales.

    Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des dizaines de corps ensanglantés, pieds et mains ligotés. Selon HRW, au moins 58 victimes ont été identifiées sur ces images, mais le bilan pourrait être bien plus lourd. La majorité des victimes seraient des femmes, des enfants et des personnes âgées.

    Des accusations graves contre les forces de sécurité


    D’après une source locale contactée par l’AFP, des membres de la communauté peule ont été pris pour cible. Les attaques auraient été menées par des soldats du 18e Bataillon d’intervention rapide (BiR) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), une milice civile soutenue par l’État.

    Ilaria Allegrozzi, chercheure spécialiste du Sahel à HRW, a dénoncé « l’absence systématique de responsabilité » des forces pro-gouvernementales et demandé des sanctions contre les auteurs de ces exactions.

    La junte rejette toute accusation


    Le Premier ministre burkinabè, Jean-Emmanuel Ouédraogo, a balayé ces accusations, affirmant que ces images relevaient d’une « manipulation visant à discréditer les forces combattantes ». Il a assuré que des opérations militaires majeures étaient en cours pour lutter contre les groupes jihadistes dans la région.

    Depuis 2015, le Burkina Faso est en proie à des violences jihadistes qui ont fait plus de 26 000 morts, dont la moitié depuis le coup d’État de septembre 2022. La communauté peule est régulièrement accusée de collusion avec les groupes armés, entraînant des représailles meurtrières.

  • Le Kush, la drogue à 1€ qui ravage l’Afrique de l’Ouest

    Le Kush, la drogue à 1€ qui ravage l’Afrique de l’Ouest

    Une nouvelle substance synthétique aux effets dévastateurs menace la jeunesse ouest-africaine, défiant les systèmes de santé publique et les autorités de la région.

    Depuis quelques années, une drogue appelée Kush s’est répandue comme une traînée de poudre en Afrique de l’Ouest, notamment au Nigéria, en Sierra Leone, en Guinée, au Sénégal et au Libéria. Consommée majoritairement par les jeunes, cette substance inquiète par ses effets dévastateurs et la difficulté croissante à endiguer sa production et sa distribution. Face à cette menace sanitaire et sociale, les autorités et organisations internationales tirent la sonnette d’alarme.

    Une menace documentée par des études récentes

    Une étude récentes apporte un éclairage précis sur ce fléau grandissant. Un rapport de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime publié en février 2025 révèle que le Kush, apparu en Sierra Leone en 2022, a déjà causé des milliers de décès dans la région. Cette étude met en lumière la composition alarmante de cette drogue, qui contient des nitazènes, des opioïdes synthétiques jusqu’à 1000 fois plus puissants que la morphine, ainsi que des cannabinoïdes de synthèse. Ces substances, souvent importées d’Asie et d’Europe, sont ensuite transformées dans des laboratoires clandestins locaux.

    Corédacteur du rapport, le Clingendael Institute, dans sa recherche approfondie sur le phénomène, souligne quant à lui l’accessibilité inquiétante du Kush. Disponible à bas prix, parfois pour l’équivalent de quelques centimes d’euro par dose, cette drogue cible principalement les jeunes issus de milieux défavorisés, entraînant une crise sanitaire et de sécurité sans précédent en Afrique de l’Ouest. L’institut néerlandais met également en avant la rapidité avec laquelle le Kush s’est propagé, créant en moins de trois ans un marché illicite estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros annuels.

    Selon des données fournies par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), les saisies liées au Kush ont augmenté de plus de 300% entre 2023 et 2024, témoignant de l’ampleur du phénomène et de la difficulté à l’endiguer.

    Qu’est-ce que le Kush exactement ?

    Le terme « Kush » peut prêter à confusion car il désigne plusieurs substances différentes selon les contextes. Initialement, il faisait référence à une variété puissante de cannabis originaire de l’Hindu Kush, une région montagneuse s’étendant entre l’Afghanistan et le Pakistan. Cependant, en Afrique de l’Ouest, le Kush vendu sur le marché noir est bien plus qu’une simple herbe et n’a souvent que le nom en commun avec cette variété de cannabis.

    Les analyses toxicologiques réalisées sur des échantillons saisis dans différents pays ouest-africains montrent qu’il s’agit généralement d’un mélange hautement dangereux de substances chimiques. Ce cocktail inclut des cannabinoïdes de synthèse (des molécules créées en laboratoire pour imiter les effets du THC), divers produits industriels toxiques comme des solvants ou des pesticides, et parfois des opioïdes de synthèse. Ces derniers sont particulièrement préoccupants car ils peuvent être jusqu’à mille fois plus puissants que la morphine traditionnelle.

    La composition exacte du Kush varie considérablement d’un lot à l’autre, ce qui augmente encore les risques pour les consommateurs qui ne peuvent jamais être certains de ce qu’ils ingèrent. Cette composition instable fait du Kush une drogue extrêmement dangereuse, radicalement différente du cannabis classique auquel elle est parfois comparée à tort.

    Des effets dévastateurs sur la santé

    Le Kush est connu pour ses effets puissants et rapides sur l’organisme. Contrairement au cannabis traditionnel, ses conséquences sont beaucoup plus graves et imprévisibles. La sédation extrême est l’un des premiers signes visibles chez les consommateurs, pouvant aller jusqu’à une perte totale de conscience pendant plusieurs heures. De nombreux témoignages médicaux rapportent des cas où des jeunes sont retrouvés inconscients dans les rues, vulnérables à toutes sortes d’agressions ou d’accidents.

    Les consommateurs de Kush expérimentent également des hallucinations intenses, bien plus puissantes que celles associées au cannabis. Ces distorsions sensorielles peuvent mener à des comportements extrêmement dangereux, comme se jeter dans le vide en croyant pouvoir voler ou s’automutiler sans ressentir de douleur.

    Les troubles du comportement constituent un autre effet majeur, avec des crises de violence ou de paranoïa aiguë qui transforment parfois des individus ordinaires en personnes méconnaissables pour leur entourage. Ces accès de violence ont conduit à de nombreux incidents criminels dans plusieurs villes ouest-africaines, comme le rapportent les autorités locales.

    Le Kush entraine une dépendance rapide

    La dépendance s’installe particulièrement rapidement avec le Kush, souvent après seulement quelques prises. Cette addiction pousse les usagers à en consommer de plus en plus fréquemment, abandonnant progressivement toute activité sociale, professionnelle ou éducative. Les centres de santé de la région signalent des cas de dépendance aussi sévères que celles observées avec des drogues dures comme l’héroïne.

    Dans les cas les plus graves, le Kush provoque des arrêts cardiaques ou des dégâts neurologiques permanents. Des médecins de Freetown, en Sierra Leone, ont documenté une augmentation alarmante des admissions aux urgences liées à cette drogue, avec des patients présentant des symptômes neurologiques graves comme des convulsions ou des accidents vasculaires cérébraux. Sa consommation prolongée peut mener à une détérioration cognitive irréversible et à des problèmes psychiatriques graves, comme des psychoses chroniques.

    Une crise sociale aux multiples facettes

    L’essor fulgurant du Kush en Afrique de l’Ouest s’explique en grande partie par un contexte social et économique particulièrement difficile. La pauvreté endémique et le manque de perspectives d’avenir pour la jeunesse ouest-africaine créent un terreau fertile pour cette drogue de l’oubli. Dans des pays où le taux de chômage des jeunes dépasse souvent 60%, le Kush représente une échappatoire temporaire à une réalité désespérante.

    Disponible à bas prix et vendu dans des sachets discrets faciles à dissimuler, il attire de nombreux jeunes en quête d’évasion et d’euphorie temporaire. Son coût modique – environ 50 centimes à 2 euros la dose selon les pays – le rend accessible même aux populations les plus précaires. Cette accessibilité explique en partie son succès fulgurant dans les quartiers défavorisés des grandes villes comme Freetown, Lagos ou Conakry.

    Les autorités locales peinent à endiguer ce fléau pour plusieurs raisons structurelles. Les réseaux de production et de distribution sont difficilement traçables, car la drogue est souvent produite artisanalement dans des laboratoires improvisés à partir de substances facilement accessibles. La porosité des frontières en Afrique de l’Ouest facilite également la circulation des précurseurs chimiques nécessaires à sa fabrication.

    De plus, la corruption endémique et le manque chronique de moyens des forces de l’ordre compliquent considérablement la lutte contre son trafic. Dans certaines zones, les trafiquants opèrent presque à ciel ouvert, protégés par des réseaux d’influence qui paralysent l’action des autorités. Les systèmes judiciaires, souvent engorgés et sous-financés, peinent à poursuivre et condamner efficacement les acteurs de ce commerce illicite.

    Stratégies et solutions face au défi du Kush

    Pour réduire l’impact dévastateur du Kush, une approche multidimensionnelle s’impose. La sensibilisation constitue un premier axe essentiel : informer la population, en particulier les jeunes et leurs familles, sur les dangers réels de cette drogue permet de déconstruire les mythes qui l’entourent. Plusieurs ONG locales ont déjà lancé des campagnes d’information dans les écoles et sur les réseaux sociaux, avec des témoignages d’anciens consommateurs qui partagent leur descente aux enfers.

    Le renforcement des lois et de la surveillance des substances chimiques utilisées pour la fabrication du Kush représente un autre levier d’action crucial. Certains pays comme le Nigeria ont commencé à durcir leur législation, en classant les précurseurs chimiques du Kush comme des substances contrôlées et en augmentant les peines encourues par les trafiquants. Une meilleure coordination régionale entre les services de police et de douane permettrait également d’intercepter plus efficacement les cargaisons suspectes.

    La prise en charge des personnes dépendantes constitue le troisième pilier de la lutte contre ce fléau. Le développement de centres de désintoxication adaptés aux spécificités du Kush et la mise en place de programmes de réinsertion sociale pour les jeunes toxicomanes apparaissent comme des priorités absolues. Malheureusement, les infrastructures médicales restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène, et de nombreux toxicomanes ne reçoivent pas les soins nécessaires faute de places ou de ressources.

    La coopération internationale commence également à se structurer autour de cette problématique. L’Union Européenne a récemment annoncé un programme de soutien technique et financier aux pays d’Afrique de l’Ouest pour lutter contre la propagation du Kush, incluant des formations pour les forces de l’ordre et le personnel médical, ainsi que des équipements de détection moderne pour les douanes.

    Comme le souligne un rapport récent de l’Organisation Mondiale de la Santé, « la crise du Kush révèle les failles de nos systèmes de santé publique et de protection sociale. Y répondre efficacement nécessite non seulement des mesures répressives, mais aussi un investissement massif dans le développement humain et les opportunités économiques pour la jeunesse. »

    Hélène Bailly

  • Tidjane Thiam contre un 4e mandat d’Alassane Ouattara

    Tidjane Thiam contre un 4e mandat d’Alassane Ouattara

    Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition), Tidjane Thiam, qualifie de « grave » le non-respect de la Constitution qui n’impose que deux mandats au président de la République.

    « Ne laissez pas des gens qui ne respectent pas la Constitution, qui sont sur le point de faire un 4e mandat illégal, vous complexer sur un article 48 (sur la nationalité), une sombre loi que personne ne connaissait », a dit Tidjane Thiam, face à des militants.

    Pour Tidjane Thiam, « c’est plus grave que de ne pas respecter la Constitution », tout en déclarant aux militants qu’« on n’a pas de complexe à se faire, la Constitution est au-dessus de la loi et quand on ne respecte pas la Constitution, on ne peut pas imposer aux gens le respect de la loi ».

    Élu en 2010 et réélu en 2015, Alassane Ouattara a été autorisé, en 2020, par le Conseil constitutionnel à briguer un autre mandat présidentiel. L’institution, s’appuyant sur le fait que la nouvelle Constitution, adoptée en 2016, mettait le compteur des mandats présidentiels à zéro, ce que l’opposition conteste.

    Le Conseil constitutionnel a validé le 9 novembre 2020, la réélection du président sortant, Alassane Ouattara, pour un « troisième mandat » controversé à la tête de la Côte d’Ivoire, avec 94,27 % des suffrages exprimés, au premier tour.

    « Ne vous inquiétez pas, le PDCI est de retour, le PDCI est en pleine forme, tous les Ivoiriens peuvent voir ça. Dites à tout le monde que la liberté est à sept mois de nous », a assuré l’ex-directeur général de Crédit Suisse, M. Tidjane Thiam.

    Toutefois, Tidjane Thiam prévient les militants que pour conquérir le pouvoir d’Etat, « il faut que tout le monde se mobilise et tout le monde vote le 25 octobre 2025 », lors de l’élection présidentielle, les exhortant surtout à ne pas avoir « peur », car « tout ira bien ».

    Dans une allocution, en présence d’autres militants, Tidjane Thiam avait martelé que « ça fait des mois qu’ils parlent de ma nationalité, qu’ils (les gens au pouvoir) parlent de leur bilan. Ce qu’ils ont fait en 15 ans, cela mérite 5 ans de plus, c’est la seule question ».

    « On essaie de transformer un débat présidentiel en un débat qui n’est pas digne de notre pays », s’est-il insurgé. Tidjane Thiam a renoncé le 7 février 2025 à sa nationalité française pour être éligible à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. La nationalité française lui avait été décernée en 1987.

    AP/Sf/APA

  • Présidentielle ivoirienne:  » J’ai le profil pour servir de transition entre la génération des Ouattara et la génération qui arrive ( Affi N’Guessan)

    Présidentielle ivoirienne:  » J’ai le profil pour servir de transition entre la génération des Ouattara et la génération qui arrive ( Affi N’Guessan)

    Le président du Front populaire ivoirien ( FPI), Pascal Affi N’Guessan a affirmé le samedi 15 mars 2025 à Abobo, une commune populaire dans le nord d’Abidjan qu’il  » a le profil pour servir de transition entre la génération du président Alassane Ouattara et la génération qui arrive » en Côte d’lvoire. 

    M. Affi s’exprimait au cours d’une cérémonie de célébration de la journée internationale des droits des femmes organisée au terrain de la Sogefia à Abobo par l’organisation des femmes du FPI. 

     » Je suis candidat à la présidentielle d’octobre 2025. Je compte sur vous. 

    J’ai le profil pour servir de transition entre la génération des Ouattara, Bedié et la génération arrive, mais qui n’est pas encore prête », a dit dans une adresse, Pascal Affi N’Guessan, le président du FPI.

    Poursuivant, M. Affi a critiqué vertement la gouvernance du président ivoirien Alassane Ouattara estimant qu’après 15 ans de pouvoir de celui-ci,  » la cause de l’homme à reculé en Côte d’Ivoire « .

     » Nous sommes venus pour remettre la Côte d’Ivoire sur les pieds. Notre programme est centré sur l’homme. Pour les femmes de Côte d’Ivoire, il y a nécessité qu’on change de politique parce que ceux qui sont là n’ont rien fait pour les hommes », a estimé Pascal Affi N’Guessan. 

     » Cette année, on va faire le changement parce que ceux qui sont là, leur temps est fini », a insisté l’ancien Premier ministre ivoirien. 

    Par ailleurs, le président du FPI a assuré que s’il prend le pouvoir d’État, les hommes seront au centre de sa politique. 

     » Avec notre politique, un enfant ne se retrouvera pas dans la rue. La politique que nous allons faire, c’est mettre les hommes au travail. Nous ferons de l’éducation et de l’alphabétisation l’axe central de notre politique », a-t-il promis. 

    Dans un autre registre, M. Affi a annoncé qu’il va créer une banque ivoirienne des femmes pour que celles-ci puissent accéder au crédit.

     » Nous allons créer une banque ivoirienne des femmes pour qu’elles puissent accéder aux crédits « , a-t-il promis.

    La 48è édition de la Journée internationale des droits des femmes a été célébrée officiellement le 08 mars dernier. 

    L.Barro 

  • Trump traité de «politicien raciste»: Les États-Unis expulse l’ambassadeur d’Afrique du Sud

    Trump traité de «politicien raciste»: Les États-Unis expulse l’ambassadeur d’Afrique du Sud

    Les États-Unis expulsé l’ambassadeur d’Afrique du Sud à Washington. Le secrétaire d’État Marco Rubio a indiqué qu’il n’est « plus le bienvenu dans notre grand pays ».

    Dans un message publié sur X, Rubio a accusé Ebrahim Rasool de détester l’Amérique et le président Donald Trump, le qualifiant de « politicien raciste ».

    Le cabinet du président sud-africain a qualifié samedi cette décision de « regrettable », ajoutant que le pays restait déterminé à construire une relation mutuellement bénéfique avec l’Amérique.

    Cette décision rare des États-Unis marque le dernier développement en date des tensions croissantes entre les deux pays.

    Dans sa publication de vendredi, Rubio a mis en lien un article du média d’extrême droite Breitbart qui citait certaines des récentes remarques de Rasool lors d’une conférence en ligne sur l’administration Trump.

    « Donald Trump lance une attaque contre les dirigeants en place, ceux qui sont au pouvoir, en mobilisant un suprémacisme contre eux, aux États-Unis… et à l’étranger », a déclaré Rasool lors de l’événement.

    Il a ajouté que le mouvement Maga était une réponse « aux données très claires qui montrent d’importants changements démographiques aux États-Unis, où l’électorat devrait atteindre 48 % de blancs ».

    En réponse, Rubio a qualifié Rasool de « PERSONA NON GRATA », en référence à l’expression latine signifiant « personne non désirée».

    La publication de Rubio a été publiée alors qu’il quittait le Canada après une réunion avec des ministres des Affaires étrangères.

    Les relations entre les États-Unis et l’Afrique du Sud se sont détériorées depuis l’arrivée de Trump au pouvoir.

    Le président américain a signé le mois dernier un décret gelant l’aide à l’Afrique du Sud. Le décret fait référence à des « actions flagrantes » de la part de l’Afrique du Sud et cite une « discrimination raciale injuste » à l’encontre des Afrikaners blancs, descendants des colons néerlandais.

    Le gouvernement sud-africain a nié à plusieurs reprises ces allégations.

    Le décret fait également référence à une nouvelle loi, la loi sur l’expropriation, qui, selon lui, cible les Afrikaners en autorisant le gouvernement à confisquer des terres privées.

    « Tant que l’Afrique du Sud continuera de soutenir des acteurs malveillants sur la scène internationale et de tolérer des attaques violentes contre des agriculteurs innocents issus de minorités défavorisées, les États-Unis cesseront toute aide et assistance au pays », selon un communiqué de la Maison Blanche.

    Le gouvernement sud-africain nie toute discrimination raciale dans sa loi, a rapporté l’Associated Press.

    Une fiche d’information de la Maison Blanche indique que le pays « discrimine ouvertement les descendants de minorités ethniques issus de groupes de colons ».

    Si des diplomates de rang inférieur sont parfois expulsés, il est très rare aux États-Unis que cela arrive à un haut fonctionnaire comme un ambassadeur étranger, a rapporté l’Associated Press, précisant que ni les États-Unis ni la Russie n’avaient pris de telles mesures l’un contre l’autre, même en pleine période de tensions pendant la Guerre froide.

    Rasool a été ambassadeur du pays aux États-Unis de 2010 à 2015, avant d’être à nouveau sélectionné pour ce poste en 2025.

    Il est né et a grandi au Cap. À l’âge de neuf ans, lui et sa famille ont été expulsés de force d’un appartement réservé aux Blancs. En grandissant, il s’est intéressé à la politique et a déclaré que cette expulsion avait marqué un tournant dans son éducation, un tournant qui a orienté son avenir.

    Traduit de l’Anglais BBC

  • Côte d’Ivoire-L’article 48 du Code de la nationalité n’établit pas une perte automatique. Il stipule que la perte est subordonnée à un décret du gouvernement dans un délai de 15 ans. Par Tchélé Kobres

    Côte d’Ivoire-L’article 48 du Code de la nationalité n’établit pas une perte automatique. Il stipule que la perte est subordonnée à un décret du gouvernement dans un délai de 15 ans. Par Tchélé Kobres

    Tchélé Kobres (@KobresTchele) /Ce qui se passe actuellement en Côte d’Ivoire relève d’une distorsion juridique flagrante, où l’interprétation abusive d’un texte de loi remplace l’exigence d’un acte juridique formel.

    Un raisonnement juridique biaisé et infondé On semble considérer qu’un décret de naturalisation dans un autre pays suffit pour affirmer qu’un individu a perdu automatiquement la nationalité ivoirienne, sans qu’il y ait un décret ivoirien constatant cette perte, ni même une décision de justice le confirmant. Or, ce raisonnement est absurde, car : L’article 48 du Code de la nationalité n’établit pas une perte automatique.

    Il stipule que la perte est subordonnée à un décret du gouvernement dans un délai de 15 ans. En l’absence de ce décret, aucune perte ne peut être légalement actée. Aucun document juridique ne prouve la perte de la nationalité Il n’existe aucun acte administratif ou judiciaire indiquant que l’individu concerné a effectivement perdu sa nationalité ivoirienne.

    Pourtant, un principe fondamental du droit est que ce qui n’est pas constaté officiellement n’existe pas juridiquement. L’État contredirait ses propres actes administratifs La personne possède un certificat de nationalité ivoirienne, une CNI ivoirienne, est inscrite sur la liste électorale, a voté… Si elle n’était plus Ivoirienne, pourquoi ces documents lui ont-ils été délivrés ?

    L’administration ivoirienne elle-même reconnaît implicitement qu’elle est Ivoirienne, sans quoi elle aurait refusé ces documents. Un usage opportuniste et arbitraire du droit Ce qui est en train de se passer, c’est une manipulation juridique où : On ne produit aucun acte juridique prouvant la perte de nationalité, mais on interprète un décret de naturalisation étranger comme une preuve suffisante. On ignore délibérément le fait que la personne a continué à être reconnue comme Ivoirienne par l’administration (certificat de nationalité, inscription électorale, etc.).

    On applique la loi uniquement quand cela arrange politiquement, ce qui témoigne d’un usage purement instrumentalisé du droit. Une insécurité juridique totale Si un État peut révoquer la nationalité d’un individu sans acte formel, sur simple interprétation d’un décret étranger, alors plus aucun citoyen ne peut être certain de son statut juridique. Ce n’est plus du droit, c’est du juridisme opportuniste, où l’on fabrique des règles selon les besoins du moment, au mépris des principes fondamentaux de la légalité et de la sécurité juridique.

    Tchélé Kobres (TWEETER)

  • Au Bénin, Patrice Talon assure qu’il ne sera « pas candidat » à un troisième mandat présidentiel en 2026. « J’ai moi-même renforcé la Constitution pour stipuler que nul ne pourra exercer plus de deux mandats dans sa vie. »

    Au Bénin, Patrice Talon assure qu’il ne sera « pas candidat » à un troisième mandat présidentiel en 2026. « J’ai moi-même renforcé la Constitution pour stipuler que nul ne pourra exercer plus de deux mandats dans sa vie. »

    Le chef de l’Etat, qui se dit « attentif » au choix de son successeur, entend veiller à ce que celui-ci n’ait pas pour ambition de « déconstruire les réformes accomplies en dix ans ».

    Le président béninois, Patrice Talon, a affirmé vendredi 14 mars qu’il ne serait « pas candidat » à un troisième mandat, interdit par la Constitution, tout en affirmant rester « attentif » quant au choix de son successeur. « Une énième fois, je vous le redis : non, je ne serai pas candidat », a-t-il déclaré dans un entretien à Jeune Afrique : « Cette question m’agace. J’ai moi-même renforcé la Constitution pour stipuler que nul ne pourra exercer plus de deux mandats dans sa vie. »

    Patrice Talon est à la tête du Bénin depuis 2016 et arrivera, en 2026, au terme de son second mandat. La question de sa succession a été relancée en septembre 2024, lorsqu’un de ses amis intimes, Olivier Boko, a été arrêté pour tentative de coup d’Etat avec l’ancien ministre des sports Oswald Homeky. Les deux hommes ont été condamnés en janvier à vingt ans de prison, notamment pour « complot contre l’autorité de l’Etat ».

    « J’ai vécu l’épisode Olivier Boko comme un drame, comme une tragédie intime », déclare Patrice Talon dans le même entretien. Il se dit également « attentif » quant au choix de son successeur et entend veiller à ce qu’il n’ait pas pour ambition de « déconstruire les réformes accomplies en dix ans ». « Le prochain président du Bénin sera mon président, celui de mon pays, de ma famille, de ma communauté et de tout ce qui m’est cher », ajoute-t-il.

    Patrice Talon déplore également les relations « dégradées » avec ses voisins sahéliens du Niger et du Burkina Faso et l’absence de coopération sécuritaire, qui rendent difficiles, selon lui, la lutte contre le terrorisme. « Nous les relançons régulièrement (…) nous n’obtenons pas de réponse », dit-il : « Notre armée est confrontée à des groupes terroristes qui évoluent en toute liberté dans des sanctuaires désertés par les forces de défense et de sécurité [du Niger et du Burkina Faso], ce qui leur permet de s’y regrouper et d’attaquer en masse. »

    Le Niger et le Burkina Faso sont gouvernés par des juntes militaires souverainistes qui ont tourné le dos à l’Occident. Ces deux pays, confrontés à des violences djihadistes qui débordent dans le nord du Bénin, accusent Cotonou d’abriter des bases militaires étrangères en vue de les déstabiliser. « Ce type d’implantations, même tenues secrètes, finissent toujours par être dévoilées et leur existence documentée. Il n’y a évidemment rien de tel sur le sol béninois », répond Patrice Talon.

  • Starlink enfin disponible officiellement au Niger : l’espoir d’une connexion fiable et rapide devient réalité

    Starlink enfin disponible officiellement au Niger : l’espoir d’une connexion fiable et rapide devient réalité

    Après des années d’attente et de frustrations liées à une connectivité Internet défaillante, les Nigériens peuvent enfin pousser un soupir de soulagement. Ce jeudi 13 mars 2025, le Ministre de la Communication, des Postes et de l’Économie Numérique, Sidi Mohamed Raliou, a officiellement annoncé la disponibilité effective des services Internet de Starlink au Niger. Une nouvelle tant espérée qui pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère numérique pour le pays et qui pourrait bien sonner le glas des problèmes de connectivité chroniques auxquels sont confrontés des millions de Nigériens depuis des années.

    Dans un communiqué rendu public ce jour, le ministre a déclaré : « Les services Internet de Starlink sont disponibles au Niger à partir de ce 13 mars 2025. Les kits résidentiels et entreprises sont accessibles en ligne et auprès des vendeurs agréés ». Une annonce qui suscite déjà un vent d’optimisme parmi les citoyens et les professionnels, lassés des connexions lentes, instables et coûteuses proposées par les opérateurs locaux.
    Starlink, le service Internet par satellite développé par SpaceX, la société spatiale d’Elon Musk, promet une connexion haut débit et fiable, même dans les zones les plus reculées du pays. Pour le Niger, où près de 80 % de la population vit en zone rurale et où l’accès à Internet reste un luxe pour beaucoup, cette arrivée est perçue comme une véritable bouffée d’oxygène.
    Depuis des mois, voire des années, l’accès à Internet au Niger était synonyme de galère. Interruptions fréquentes, débits extrêmement lents et tarifs exorbitants ont été le lot quotidien des utilisateurs, qu’ils soient particuliers, entrepreneurs ou étudiants.
    Avec l’arrivée de Starlink, ces problèmes pourraient enfin appartenir au passé. Le service Internet par satellite de SpaceX, connu pour sa fiabilité et sa couverture mondiale, promet une connexion haut débit, même dans les régions les plus reculées. Pour les Nigériens, c’est l’espoir d’une connexion stable, rapide et accessible.

    Le ministre a toutefois tenu à rappeler les règles encadrant l’utilisation de ces services. « Conformément à la réglementation en vigueur, ces services Internet sont strictement à l’usage personnel ou professionnel du seul client disposant du kit Starlink. Les clients sont seuls responsables de l’usage de leur connexion, de son partage éventuel et des conséquences qui en découleraient ».
    Cette précision vise à garantir une utilisation responsable des kits, tout en évitant les détournements ou les usages frauduleux.
    L’arrivée de Starlink au Niger fait suite à un accord de partenariat signé le 29 octobre 2024 entre l’État nigérien et SpaceX. Cet accord autorise la société à déployer ses services sur l’ensemble du territoire, marquant une étape majeure dans la stratégie numérique du pays.
    Pour le gouvernement, cette collaboration s’inscrit dans une volonté de réduire la fracture numérique et de stimuler l’économie. En offrant une connexion fiable et abordable, Starlink pourrait favoriser l’émergence de nouvelles opportunités, notamment dans l’e-commerce, l’éducation en ligne et la télémédecine.
    Pour les citoyens, l’arrivée de Starlink est synonyme d’espoir. « Enfin, nous allons pouvoir travailler sans être coupés toutes les cinq minutes ! », s’enthousiasme Amina, une entrepreneuse basée à Niamey. « Cela va changer la donne pour nos entreprises et pour les jeunes qui veulent se former en ligne. »
    Dans les zones rurales, où l’accès à Internet est souvent inexistant, les attentes sont tout aussi fortes. « Nous espérons que Starlink nous permettra de rester connectés avec nos proches et d’accéder à des informations vitales, comme les prévisions météo pour nos cultures », confie Issoufou, un agriculteur de la région de Tillabéri.
    Si les défis restent nombreux – notamment en termes de coût d’acquisition des kits et de sensibilisation des populations –, l’arrivée de Starlink au Niger marque un tournant décisif. Elle ouvre la voie à une véritable révolution numérique, capable de transformer le quotidien de millions de personnes et de propulser le pays vers un avenir plus connecté et inclusif.

    Ibrahim Issa