Auteur/autrice : iciabidjan

  • Grève « illégale » dans l’éducation : Le gouvernement hausse le ton et menace de sanctions

    Grève « illégale » dans l’éducation : Le gouvernement hausse le ton et menace de sanctions

    Le climat social est de nouveau tendu dans le secteur de l’éducation en Côte d’Ivoire. Depuis le jeudi 3 avril 2025, un mouvement de grève jugé « illégal et inopportun » a été déclenché par certaines organisations syndicales du secteur éducation/formation, en dépit des discussions en cours avec le Ministère de la Fonction Publique et les organisations signataires de la trêve sociale.

    Face à cette situation, le Gouvernement, par la voix de la Ministre d’État, ministre de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration, Anne Désirée Ouloto, a tenu à rappeler les nombreux efforts consentis par l’État pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des fonctionnaires depuis 2012. À titre d’exemple, plus de 2 700 milliards FCFA ont été mobilisés pour répondre aux revendications des fonctionnaires, dont plus de 1 500 milliards FCFA au cours de la première trêve sociale (2017-2022), et plus de 1 200 milliards FCFA pour la seconde (2022-2027).

    Le Gouvernement dénonce une violation manifeste de la loi, du protocole de trêve sociale et des principes qui régissent les négociations syndicales. Selon le communiqué, certaines organisations syndicales ont choisi unilatéralement de rompre le dialogue, allant jusqu’à annoncer, sur les réseaux sociaux, la poursuite de la grève à partir du lundi 7 avril 2025.

    Le Gouvernement félicite toutefois les enseignants qui n’ont pas adhéré à ce mouvement, évitant ainsi de compromettre l’avenir des élèves et le bon déroulement de l’année scolaire.

    En guise d’avertissement, la Ministre d’État, Anne Désirée Ouloto, a annoncé que tout enseignant absent de son poste de travail à partir du lundi 7 avril 2025 à 07 heures sera considéré comme démissionnaire et traité conformément au statut général de la Fonction Publique. Une procédure spéciale sera également mise en œuvre pour sanctionner les fonctionnaires réfractaires, conformément à l’article 101 dudit statut.

    Enfin, le Gouvernement a tenu à rassurer les parents d’élèves et les élèves que toutes les dispositions sont prises pour assurer la fin de l’année scolaire 2024-2025 et garantir le bon déroulement des examens de fin d’année.

    Le climat social est de nouveau tendu dans le secteur de l’éducation en Côte d’Ivoire. Depuis le jeudi 3 avril 2025, un mouvement de grève jugé « illégal et inopportun » a été déclenché par certaines organisations syndicales du secteur éducation/formation, en dépit des discussions en cours avec le Ministère de la Fonction Publique et les organisations signataires de la trêve sociale.

    Face à cette situation, le Gouvernement, par la voix de la Ministre d’État, ministre de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration, Anne Désirée Ouloto, a tenu à rappeler les nombreux efforts consentis par l’État pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des fonctionnaires depuis 2012. À titre d’exemple, plus de 2 700 milliards FCFA ont été mobilisés pour répondre aux revendications des fonctionnaires, dont plus de 1 500 milliards FCFA au cours de la première trêve sociale (2017-2022), et plus de 1 200 milliards FCFA pour la seconde (2022-2027).

    Le Gouvernement dénonce une violation manifeste de la loi, du protocole de trêve sociale et des principes qui régissent les négociations syndicales. Selon le communiqué, certaines organisations syndicales ont choisi unilatéralement de rompre le dialogue, allant jusqu’à annoncer, sur les réseaux sociaux, la poursuite de la grève à partir du lundi 7 avril 2025.

    Le Gouvernement félicite toutefois les enseignants qui n’ont pas adhéré à ce mouvement, évitant ainsi de compromettre l’avenir des élèves et le bon déroulement de l’année scolaire.

    En guise d’avertissement, la Ministre d’État, Anne Désirée Ouloto, a annoncé que tout enseignant absent de son poste de travail à partir du lundi 7 avril 2025 à 07 heures sera considéré comme démissionnaire et traité conformément au statut général de la Fonction Publique. Une procédure spéciale sera également mise en œuvre pour sanctionner les fonctionnaires réfractaires, conformément à l’article 101 dudit statut.

    Enfin, le Gouvernement a tenu à rassurer les parents d’élèves et les élèves que toutes les dispositions sont prises pour assurer la fin de l’année scolaire 2024-2025 et garantir le bon déroulement des examens de fin d’année.

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    COMMUNIQUÉ

    Le Gouvernement lance un ultime appel à la raison, au sens de la responsabilité et au civisme des instigateurs de ces mots d’ordre ainsi qu’aux personnes qui y défèrent afin de revenir à la table des discussions et de cesser de sacrifier l’avenir des générations futures sur l’autel de leurs intérêts et quêtes

    personnelles.

    Le Gouvernement tient à rassurer les parents d’élèves et les élèves que toutes les dispositions seront prises pour conduire l’année scolaire 2024-2025 à son terme et garantir l’organisation paisible des examens de fin d’année.

    En conséquence, tout enseignant qui ne sera pas à son poste de travail à compter du lundi 7 avril 2025, à 07 heures 00 minutes, sera considéré comme démissionnaire et traité comme tel, conformément aux dispositions du statut général de la Fonction Publique.

    #MEMFPMA

  • Bureau Politique du PDCI sans Thiam « empêché »: Une Convention élective éclatée élira le candidat à la Présidentielle 2025

    Bureau Politique du PDCI sans Thiam « empêché »: Une Convention élective éclatée élira le candidat à la Présidentielle 2025

    Le communiqué final

    Le Bureau politique, élargi aux membres du Comité des sages, ont tenu leur 18e réunion à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, à Yamoussoukro, de 11h47 à 18h.

    En application de l’article 81 du règlement intérieur du PDCI-RDA, le Président Tidjane Thiam, empêché, a pris une décision portant désignation du Secrétaire exécutif du parti, Chef du Secrétariat exécutif, Dr Émmou Sylvestre, à l’effet de présider la réunion du Bureau politique.

    L’ordre du jour adopté comporte deux points :

    1. Le bilan des activités de la direction du parti du 19 décembre 2023 au 4 avril 2025 ;

    2. La Convention nationale.

    Le Bureau politique note qu’au cours de cette période, le PDCI-RDA a organisé son huitième Congrès extraordinaire le 22 décembre 2023, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à Yamoussoukro, pour élire son nouveau Président, le ministre Tidjane Thiam.

    Suite à son élection, à 96,48 %, le Président du parti a reçu les charges du Président honoraire, le Professeur Coply Boni Philippe, le 24 janvier 2024.

    Par la suite, il a mis en place le comité de coordination des obsèques du Président Henri Konan Bédié, avant de procéder à la nomination des nouveaux membres des instances du parti le 5 mars 2024.

    Au titre des innovations, le Bureau politique note la nomination par le Président du parti d’un Coordonnateur général et de 17 Vice-présidents, hauts représentants du parti dans les 14 districts de la Côte d’Ivoire et dans la diaspora.

    En termes de perspectives, les points relatifs à l’organisation de la Convention nationale – où sera élu et investi le candidat du PDCI-RDA à l’élection présidentielle – la reconquête du pouvoir d’État, ainsi que l’organisation du XIIIe Congrès ordinaire ont retenu l’attention du Bureau politique.

    Thème de la Convention : Ensemble pour la victoire du PDCI-RDA en 2025.

    Format : une Convention élective en deux phases :

    1. Les conventions locales éclatées dans 45 localités nationales et 5 pour la diaspora, le 16 avril 2025.

    2. L’organisation de la cérémonie d’investiture du candidat élu à la place Jean-Paul II de Yamoussoukro (date à fixer ultérieurement).

    Le Bureau politique a pris les décisions suivantes :

    1. Lancement d’un appel à candidatures ;

    2. Fixation du montant de la contribution à l’organisation de la Convention à 30 millions de FCFA par candidat ;

    3. Reconduction du référentiel 2023 des cotisations pour la participation à la Convention ;

    4. Institution d’un Comité électoral ;

    5. Validation du chronogramme du processus électoral ;

    6. Mandat donné au Président du parti pour l’organisation et le bon déroulement de la Convention ;

    7. Envoi des missions de supervision des conventions locales du 15 au 17 avril 2025.

    Le Bureau politique a adopté toutes les décisions relatives au thème, au format, aux dates et aux lieux de la Convention élective ainsi que de la cérémonie d’investiture.

    Il a également adopté une résolution donnant mandat au Président Tidjane Thiam pour prendre toutes les dispositions utiles requises en vue de leur bonne organisation.

    Enfin, le Bureau politique a adressé une motion de soutien au Président Tidjane Thiam pour le rayonnement du PDCI-RDA au plan national et international.

    La 18e session du Bureau politique s’est tenue dans un climat fraternel et apaisé, et a clos ses travaux à 18 heures.

    Le Bureau politique donne rendez-vous aux militants :

    à la Convention élective éclatée,

    et à la cérémonie d’investiture du candidat du PDCI-RDA, à une date ultérieure, à la place Jean-Paul II de Yamoussoukro.

    Fait à Yamoussoukro, le samedi 5 avril 2025
    Le Bureau politique

  • PDCI – BUREAU POLITIQUE: “L’AMBIANCE EST DEVENUE DÉLÉTÈRE”, BILLON CHARGE THIAM ET EXPLIQUE SON ABSENCE AU

    PDCI – BUREAU POLITIQUE: “L’AMBIANCE EST DEVENUE DÉLÉTÈRE”, BILLON CHARGE THIAM ET EXPLIQUE SON ABSENCE AU

    Alors qu’il avait annoncé sa présence, Jean-Louis Billon, député du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) et délégué de Dabakala, a brillé par son absence au Bureau politique du parti, réuni ce samedi 5 avril 2025 à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. 

    L’ancien ministre, également candidat déclaré à la présidentielle de 2025, a expliqué dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux les raisons de cette décision.

    Dans un discours de près de quatre minutes, Jean-Louis Billon a dénoncé une ambiance interne devenue “délétère”, marquée selon lui par des “appels à l’intimidation, des attaques personnelles” et un climat général contraire à l’esprit de dialogue et de rassemblement qui a toujours caractérisé le PDCI.

    “Aujourd’hui, je constate avec regret que l’ambiance autour de ce bureau politique est devenue délétère. Des appels à l’intimidation, des attaques personnelles, des tensions qui n’ont rien à voir avec l’esprit du dialogue et du rassemblement qui ont toujours fait la force du PDCI.”

    Il souligne également un fait qu’il juge symboliquement fort : l’absence du président du parti, Tidjane Thiam.

    “Le président du parti, M. Tidjane Thiam, lui-même, n’est pas présent à ce bureau politique. Je respecte son choix, mais cette absence confirme que nous ne sommes pas dans les conditions d’un dialogue vrai, apaisé, loyal.”

    Pour Billon, un véritable débat ne peut avoir lieu dans ces conditions, où “le dialogue est remplacé par le silence d’en haut et le tumulte en bas”.

    Malgré cette prise de distance, il insiste sur sa loyauté envers le PDCI et son engagement pour l’unité du parti :

    “Je ne suis pas l’ennemi de mon parti. Je ne suis pas l’adversaire de qui que ce soit. Je suis le fils d’un parti que j’aime profondément et pour lequel je me battrai toujours avec dignité.”

    Jean-Louis Billon a également profité de cette déclaration pour rappeler que le PDCI n’a pas tenu de congrès depuis plus de dix ans, une situation qu’il juge inacceptable :

    “Notre parti n’a pas tenu de congrès depuis plus de dix ans. C’est une entorse grave à nos statuts. C’est une blessure pour notre démocratie interne. C’est aussi un danger pour l’avenir.”

    Il appelle à la tenue d’un congrès avant la convention, estimant que cette étape est nécessaire pour garantir une représentation légitime des militants et préserver la cohésion du parti :

    “La convention que nous attendons doit être précédée d’un congrès légitime. Pas pour bloquer, mais pour que chacun se sente entendu, représenté.”

    Enfin, le candidat déclaré à la présidentielle conclut en réaffirmant son attachement aux valeurs fondatrices du parti :

    “Ce que nous voulons tous, ce n’est pas la division. Ce n’est pas la haine. C’est la victoire en 2025. Et cette victoire ne sera possible que si nous restons fidèles à ce que nous sommes : le parti du dialogue, de l’unité et de la paix.”

    Pour rappel, cette rencontre à Yamoussoukro marquait le premier Bureau politique sous la présidence de Tidjane Thiam, élu à la tête du parti après le décès de l’ancien président Henri Konan Bédié. La précédente session du Bureau politique s’était tenue en octobre 2023 sous la présidence intérimaire du Professeur Philippe Cowpli-Bony.

    Eugène Tristan Sahi 

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  • Le détail des nouveaux droits de douane de Donald Trump dans 51 pays africains

    Le détail des nouveaux droits de douane de Donald Trump dans 51 pays africains

    En 2023, les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Afrique subsaharienne ont totalisé 47,5 milliards USD. Les exportations de la région pour le marché américain ont atteint 29,3 milliards USD la même année, composées notamment de pétrole, métaux précieux, véhicules automobiles et vêtements.

    Le président américain Donald Trump a annoncé, mercredi 2 avril 2025, une nouvelle vague de droits de douane sur les importations en provenance de divers pays. Les nouvelles mesures tarifaires incluent un tarif de base de 10 % sur toutes les importations à compter du 5 avril, et des tarifs plus élevés, dits « réciproques », applicables à certains pays à partir du 9 avril. Au total, 51 pays africains se retrouvent sur cette liste, avec des droits de douane allant de 10 % à 50 %.

    Ainsi, le Lesotho devient le pays africain le plus touché avec des droits de douane portés à 50 % sur ses exportations vers les États-Unis. Il est suivi par Madagascar (47 %), Maurice (40 %), le Botswana (37 %), l’Angola (32%), la Libye (31 %), l’Algérie (30 %), l’Afrique du Sud (30 %) et la Tunisie (28 %).

    Pour d’autres pays africains, les droits de douane sont compris entre 11 % et 21 %. La Namibie et la Côte d’Ivoire, par exemple, se voient imposer un taux de 21 %, suivies du Zimbabwe (18 %), du Malawi (17%), de la Zambie (17 %), du Mozambique (16 %), du Nigeria (14 %), du Tchad (13 %), de la Guinée équatoriale (13%) ainsi que de la RDC et du Cameroun avec 11 %. Enfin, la majorité des pays africains concernés par ce décret subissent des droits de douane de 10 %, soit le niveau minimum appliqué par les États-Unis dans cette nouvelle politique tarifaire.

    l s’agit de l’Égypte, du Maroc, du Kenya, de l’Éthiopie, du Ghana, de la Tanzanie, du Sénégal, de l’Ouganda, du Gabon, du Togo, du Liberia, du Bénin, du Congo, de Djibouti, du Rwanda, de la Sierra Leone, de l’Eswatini, du Soudan, du Niger, de la Guinée, du Mali, du Cap-Vert, du Burundi, de la Gambie, de la Centrafrique, de l’Érythrée, du Soudan du Sud, des Comores, de Sao Tomé-et-Principe, de la Guinée-Bissau et de la Mauritanie.

    Les secteurs manufacturiers africains touchés ?

    Ces nouvelles taxes risquent de pénaliser les secteurs manufacturiers africains, notamment l’automobile et le textile, en rendant les produits moins compétitifs aux États-Unis. Selon un rapport du Bureau du Représentant au commerce des États-Unis, les exportations totales de marchandises des pays d’Afrique subsaharienne vers les États-Unis se sont élevées à 29,3 milliards USD en 2023.

    Si le pétrole brut (7,3 milliards USD), les métaux précieux (4,7 milliards USD), et les pierres précieuses (2,2 milliards USD) dominent, les véhicules automobiles (1,7 milliard USD) et les vêtements (1,4 milliard USD) occupent également une place non négligeable. Les principaux fournisseurs africains étaient l’Afrique du Sud (14,0 milliards USD), le Nigeria (5,7 milliards USD), le Ghana (1,7 milliard USD), l’Angola (1,2 milliard USD) et la Côte d’Ivoire (948 millions USD).

    Du côté des gouvernements africains, des réactions sont attendues dans les prochains jours. Les précédentes hausses de droits de douane sous l’administration Trump avaient déjà suscité des inquiétudes parmi les partenaires commerciaux internationaux. Pour l’heure, il est encore trop tôt pour savoir comment les acteurs africains s’adapteront à ces nouvelles mesures. De plus, l’impact de ces droits de douane sur les produits africains actuellement admissibles au régime préférentiel de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) est incertain. Les exportations des pays d’Afrique subsaharienne vers les Etats-Unis sous le régime de l’AGOA ont atteint 8 milliards de dollars en 2024, d’après le Congressional Research Service.

    Emiliano Tossou

  • La Tunisie démantèle des camps de migrants originaires d’Afrique subsaharienne

    La Tunisie démantèle des camps de migrants originaires d’Afrique subsaharienne

    La Tunisie a démantelé vendredi des camps de fortune où vivaient des milliers de migrants venus d’Afrique subsaharienne, après une virulente campagne sur les réseaux sociaux qui réclamait le départ de ces personnes en situation irrégulière.

    Les camps, installés au milieu d’oliveraies dans les régions d’El Amra et Jebeniana, dans le centre-est du pays, étaient devenus une épine dans le pied des autorités et suscitaient un fort mécontentement chez les habitants des villages environnants.
    En tout, une vingtaine de milliers de migrants, divisés en plusieurs camps informels, avaient érigé des tentes dans les champs, a dit vendredi soir à l’AFP le porte-parole de la Garde nationale, Houcem Eddine Jebabli.
    Depuis jeudi, environ 4.000 personnes de plusieurs nationalités ont notamment dû quitter le camp du « kilomètre 24 », l’un des plus grands de la région, situé dans la localité de Katatna, a-t-il ajouté.

    D’autres camps informels ont été évacués dans la même zone et les opérations se poursuivront sur les jours à venir, a-t-il précisé.
    Selon lui, des personnes vulnérables et des femmes enceintes ont été prises en charge par les autorités sanitaires.
    Interrogé sur le sort du reste des milliers de migrants, il a indiqué qu’une partie s’était « dispersée dans la nature ».
    D’après lui, de nombreuses personnes ont émis le souhait d’un retour volontaire dans leur pays.
    Vendredi soir, là où se tenait le camp du « kilomètre 24 », on pouvait distinguer dans l’obscurité des paires de chaussures, des restes de nourriture ou un baluchon d’effets personnels aux côtés de tas d’objets et de matelas brûlés.
    « De nombreux dossiers étaient devant la justice en raison de l’occupation de propriétés privées » comme les oliveraies, « il était de notre devoir de retirer toutes les formes de désordre », a affirmé M. Jebabli.
    Fin mars, le président Kais Saied avait appelé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à intensifier ses efforts pour assurer les « retours volontaires » des migrants irréguliers vers leurs pays.

    Le sujet des migrants originaires d’Afrique subsaharienne fait régulièrement l’objet de vives tensions en Tunisie.
    Le pays est un point de passage clé pour des milliers de migrants et réfugiés d’Afrique subsaharienne désireux de rejoindre les côtes italiennes.
    En février 2023, le président Saied avait dénoncé l’arrivée « de hordes de migrants subsahariens » menaçant, selon lui, de « changer la composition démographique » du pays.
    Les mois suivants, des migrants avaient été chassés de leurs logements et leurs emplois informels. Plusieurs ambassades africaines avaient procédé au rapatriement express de leurs ressortissants, à la suite d’agressions.

  • Commerce International: le président américain Donald Trump impose 21% de taxes douanières à la Côte d’Ivoire

    Commerce International: le président américain Donald Trump impose 21% de taxes douanières à la Côte d’Ivoire

    Le président américain Donald Trump a institué, le 2 avril 2025, de nouveaux droits de douane dit réciproque à 180 pays dont une cinquantaine de pays africains avec un taux minimum de 10%.

    La Côte d’Ivoire figure parmi les pays africains visés par cette mesure avec un taux d’imposition de 21% sur les produits ivoiriens à destination des États-Unis.

     » Réciproque signifie que ce qu’ils nous font, nous leur faisons..Notre pays se fait escroquer depuis cinquante ans. Cela ne sera plus le cas, des emplois des usines vont revenir en trombe dans notre pays. Plus de production, de concurrence, des prix plus faibles pour les consommateurs, ce sera l’âge d’or des États-Unis », a dit M. Trump à la Maison blanche dénonçant des décennies  » d’abus commerciaux « .

    La Côte d’Ivoire figure à la onzième place des pays africains les plus taxés par Donald Trump avec un taux de 21%.

    Les cinq pays africains les plus taxés sont le Lesotho ( 50%), Maurice ( 40%), le Botswana ( 37%), l’Angola ( 32% et la Libye ( 31%).

    Parmi les États africains les moins taxés, l’on note des pays comme la Tanzanie, le Sénégal, le Gabon, le Togo et le Libéria avec un taux de 10%.

    L.Barro

  • PRÉSIDENTIELLE : LA COALITION DE L’OPPOSITION CAP CI S’OPPOSE À LA CANDIDATURE DE OUATTARA

    PRÉSIDENTIELLE : LA COALITION DE L’OPPOSITION CAP CI S’OPPOSE À LA CANDIDATURE DE OUATTARA

    La Coalition pour l’alternance pacifique (CAP), regroupant plusieurs partis de l’opposition ivoirienne, a affirmé ce jeudi 03 avril 2025 qu’elle s’opposait “fermement à toute candidature’’ du chef de l’Etat Alassane Ouattara, à la présidentielle d’octobre 2025.

    “La CAP-Côte d’Ivoire s’oppose fermement à toute candidature pour un quatrième mandat du Président de la République, ce qui serait anti-institutionnel, tout comme le troisième mandat l’a été’’, écrit la coalition, dans un communiqué.

    Dans le communiqué, lu par sa porte-parole, Simone Gbagbo, la CAP-CI exige également “la réintégration’’ de Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé sur la liste électorale.

    Evoquant une “tentative d’éliminer’’ Tidjane Thiam, la coalition assure qu’elle s’y opposera.

    A six mois de la prochaine élection présidentielle, la CAP CI a de nouveau demandé “la mise à plat de la liste électorale’’ et “une réforme profonde de la CEI’’

    Serge Alain Koffi

  • Le syndicaliste Duggary Assy placé sous mandat de dépôt et écroué

    Le syndicaliste Duggary Assy placé sous mandat de dépôt et écroué

    En attente du communiqué du procureur de la République.
    Nous attendons le communiqué du procureur de la République, sur les motifs de l’enlèvement du syndicaliste Ghislain Duggary Assy.
    Dans une démocratie, aucun citoyen ne peut être arrêté chez lui sans l’autorisation du Procureur de la République et sur la base de motifs valables pénalement.
    Nous attendons donc le communiqué avant de nous prononcer.
    D’ici là, où que tu sois Duggary, force à toi. C’est le sort commun, sous nos tropiques, de ceux qui luttent conformément aux lois et qui n’ont parfois pour seule arme qu’un stylo, qu’une bouche ou un simple morceau de craie.
    ASSALE TIÉMOKO ANTOINE
    DÉPUTÉ DE LA NATION.
    4-4-2025

  • MARCORY ANOUMAMBO-SANS FIL : FIN DE RÈGNE POUR UN DANGEREUX CHEF DE GANG

    MARCORY ANOUMAMBO-SANS FIL : FIN DE RÈGNE POUR UN DANGEREUX CHEF DE GANG

    Grand-Bassam, jeudi 3 avril 2025, il est environ 2 h du matin. Dans l’ombre, un groupe d’hommes avance en silence. Ils savent que l’opération est risquée. Leur cible ? KONAN, alias Le Virus, l’un des criminels les plus recherchés d’Abidjan, chef incontesté du gang d’Anoumabo.

    Depuis un bon moment, son nom fait trembler les habitants de Marcory et au-delà. Meurtres, agressions à l’arme blanche, règlements de comptes sanglants, vols en réunion…

    Visage de la violence brutale

    Il est le visage de la violence brutale qui gangrène les rues. Mais cette nuit, sous les instructions du Directeur Général de la Police, le Général Youssouf Kouyaté, et sous la supervision du Chef de District de Marcory, la traque touche à sa fin.

    Tout commence par un renseignement anonyme. Un appel bref, précis : “Le Virus est à Bassam.” Il n’en faut pas plus pour que le Commissaire du 26ᵉ Arrondissement mobilise immédiatement ses hommes. L’heure est grave. Ils savent que KONAN est dangereux.

    Deux heures du matin. La ville dort. L’équipage du 26ᵉ Arrondissement se déploie, encerclant discrètement la bâtisse décrépite où se cache Le Virus. Le silence est pesant. Chaque bruit résonne comme une menace. Soudain, un ordre chuchoté : “On y va.” Les policiers investissent les lieux avec une précision chirurgicale.

    Un bruit dans l’obscurité. Une ombre se faufile, tente de fuir par une arrière-cour. Mais cette fois, KONAN n’a nulle part où aller. L’homme hésite, cherche une échappatoire. Mais les options sont épuisées. En quelques secondes, il est plaqué au sol, menotté. Fin de cavale. Fin de règne.

    Un coup dur

    L’arrestation de KONAN est un coup dur pour les réseaux criminels de Marcory. Il dirigeait d’une main de fer les gangs d’Anoumabo, semant le chaos et la peur. Ses affrontements avec les bandes rivales, notamment celles de Sans-Fil, ont laissé derrière eux des dizaines de blessés et de morts.

    Ses complices, AZOPÉ et d’autres fidèles lieutenants, avaient déjà été arrêtés. Mais lui, insaisissable, échappait sans cesse aux filets de la police

    Ses complices, AZOPÉ et d’autres fidèles lieutenants, avaient déjà été arrêtés. Mais lui, insaisissable, échappait sans cesse aux filets de la police. Il se déplaçait constamment, se cachant tantôt à Abidjan, tantôt dans les villes de l’intérieur du pays. Mais cette fois, la police a eu le dernier mot. Le Virus répondra désormais de ses crimes devant les juges.

    Pendant ce temps, les patrouilles ont été renforcées dans les quartiers sensibles de la commune de Marcory. L’objectif et les consignes sont clairs : rassurer les populations et s’assurer que le règne de la peur appartient désormais au passé.

    Cette nuit, sous la direction du Général Youssouf Kouyaté, avec la supervision du Chef de District de Marcory et l’action déterminée du Commissaire du 26ᵉ Arrondissement et de ses hommes, une page s’est tournée.

    Source : Police Secours

  • Mali : Amadou Bagayoko, icône de la musique malienne, est décédé à Bamako

    Mali : Amadou Bagayoko, icône de la musique malienne, est décédé à Bamako

    Amadou Bagayoko, moitié du célèbre duo Amadou & Mariam, s’est éteint à l’âge de 70 ans à Bamako. Figure incontournable de la musique malienne, il laisse une œuvre majeure qui a fait résonner les rythmes du Mali bien au-delà du continent africain.

    Amadou Bagayoko, chanteur, guitariste et compositeur malien, figure emblématique du duo Amadou & Mariam, est décédé le vendredi 4 avril 2025 à Bamako, a appris APA. Il était âgé de 70 ans. Son décès a été confirmé par des sources familiales.

    Selon son beau-fils, Youssouf Fadiga, l’artiste souffrait d’une maladie depuis plusieurs semaines. Les autorités culturelles maliennes, dont le ministre Mamou Daffé, ont exprimé leur profonde tristesse.

    Né le 24 octobre 1954 à Bamako, Amadou Bagayoko a perdu la vue à l’adolescence en raison d’une cataracte congénitale. Il s’est initié à la musique très jeune et a rejoint, dans les années 1970, Les Ambassadeurs du Motel de Bamako, un groupe qui a marqué l’histoire musicale de l’Afrique de l’Ouest. C’est en 1975, à l’Institut des jeunes aveugles de Bamako, qu’il rencontre Mariam Doumbia, également non-voyante. Leur union artistique et personnelle donnera naissance au duo mondialement connu sous le nom d’Amadou & Mariam.

    Leur musique, fusionnant les traditions maliennes avec des sonorités rock, blues et afro-pop, a su séduire un public international. En 1998, l’album Sou ni tilé, porté par le single Je pense à toi, marque le début de leur notoriété en Europe. Ils atteignent un succès majeur en 2004 avec Dimanche à Bamako, produit par Manu Chao. L’album reçoit une Victoire de la Musique en France en 2005. En 2008, Welcome to Mali est nommé aux Grammy Awards, consolidant leur place sur la scène mondiale.

    Amadou & Mariam ont collaboré avec des artistes tels que Damon Albarn, K’naan et les Scissor Sisters. Leur présence sur les plus grandes scènes internationales – Glastonbury, Coachella, Lollapalooza – a contribué à faire rayonner la musique malienne au-delà des frontières africaines. Leur autobiographie, Away from the Light of Day, publiée en 2010, retrace leur parcours singulier.

    Le décès d’Amadou Bagayoko marque la fin d’une époque pour la musique malienne. Il laisse derrière lui une œuvre profondément ancrée dans l’histoire contemporaine de l’Afrique, un pont entre les racines traditionnelles et les ambitions d’ouverture au monde.

  • Le parti de Gbagbo demande la dissolution de la CEI

    Le parti de Gbagbo demande la dissolution de la CEI

    Katinan Koné, le président du Conseil stratégique et politique du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI, opposition), le parti de Laurent Gbagbo, a annoncé ce jeudi 3 avril 2025, cette intention de son parti demandant la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), à six mois de l’élection présidentielle.

    « J’appelle tous les partis politiques et tous ceux qui aiment ce pays à s’associer pour demander la dissolution de la CEI afin de préserver la paix sociale et la remplacer par une structure moins militante », a déclaré M. Koné Katinan.

    Le président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI, Katinan Koné, s’exprimait lors d’une tribune du PPA-CI autour du thème « Le contentieux et les irrégularités sur la liste électorale provisoire : le RHDP (pouvoir) et la CEI prennent en otage la paix sociale. »

    A deux jours de la fin du contentieux électoral, ouvert le 22 mars 2025, Katinan Koné a soutenu que cette étape est « volontairement biaisée » du fait que la CEI ait mis deux obstacles, à savoir la « restriction du nombre de bureaux dans lesquels doivent être portés les contentieux ».

    Le second obstacle, dira-t-il, porte sur les obstacles « proto-juridiques », avec la situation des personnes décédées pour qui il est demandé un certificat de décès, précisant qu’en « Côte d’Ivoire, il y a seulement 21% des cas de décès qui sont déclarés selon le ministère de l’Intérieur ».

    Koné Katinan a remis en cause la fiabilité de la liste électorale, s’appuyant sur l’analyse de la Sentinelle anti-fraude électorale du PPA-CI, qui a recensé « plus de 6 millions de personnes ne remplissant pas les conditions de figurer sur la liste électorale »

    En outre, la Sentinelle anti-fraude électorale du PPA-CI, indique qu’il y a « 2 000 personnes ayant plus de 160 ans » qui figurent sur la liste électorale. Le parti dénonce, par ailleurs, des « irrégularités », notamment des étrangers inscrits sur la liste, ainsi que « des enfants nés avant leurs parents ».

    « Comment expliquer aux Ivoiriens que 6 millions de personnes sur les 8 700 000 ne remplissent pas les conditions d’être sur la liste électorale, des conditions qui sont fixées par la loi elle-même ? », s’est-il interrogé.

    Pour lui, tout « pouvoir » a été donné à la CEI et, dans la réalité, elle a un « devoir de résultat », soulignant « qu’on ne peut pas avoir autant de moyens et nous faire sortir une liste électorale de cette façon ».

    Selon lui, « l’enrôlement est bâclé, le contentieux est biaisé et la CEI refuse une révision de la liste électorale conformément à la loi ». Par conséquent, le PPA-CI juge « la position de la CEI illégale du fait que Laurent Gbagbo n’est pas sur la liste électorale ».

    « En l’empêchant d’être sur la liste électorale, la CEI n’a fait que le voie de fait », a-t-il martelé. Suite à sa condamnation dans l’affaire de braquage de la Bceao, Laurent Gbagbo a été radié du listing électoral. La grâce présidentielle dont il bénéficie n’annule pas la peine, il lui faut une amnistie.

    Koné Katinan a indiqué que la Commission électorale indépendante est une « quasidélégation » du RHDP. C’est pourquoi, dira-t-il, « les deux ont signé un pacte anti-Laurent Gbagbo ». Il a affirmé par ailleurs que le RHDP est en « tandem » avec la CEI pour effectuer « un hold-up électoral au risque de perturber la paix sociale ».

    Sur la question de la candidature du président du PPA-CI, il a souligné que le parti est « prêt à tous les combats, parce que c’est une question intransigeante et non négociable ». Cette posture annonce un bras de fer entre la formation politique et le pouvoir.

    « Nous appelons les militants du PPA-CI à démontrer cette intransigeance et cette non-négociabilité en se rendant massivement à Dabou les 11 et 12 avril 2025, lors de la Fête de la renaissance pour dire que là où le parti décidera que nous allions, nous irons », a lancé Koné Katinan.

    AP/Sf/APA

  • Filière riz : Difficultés et perspectives dans un secteur en quête d’équilibre

    Filière riz : Difficultés et perspectives dans un secteur en quête d’équilibre

    Dans un rapport publié par l’Agence pour le développement de la filière riz, plusieurs difficultés qui minent le secteur ont été mises à nues. Des recommandations faites.

    La production rizicole en Côte d’Ivoire a atteint en 2024 un volume de 2 381 129 tonnes de paddy, soit 1 547 734 tonnes de riz blanchi, selon les données publiées le 2 avril 2025, par l’Agence pour le développement de la filière riz (Aderiz).

    Cependant, cette production reste encore en deçà des besoins nationaux, notamment à cause des nombreuses difficultés rencontrées par les producteurs.

    En effet, la filière riz subit, après analyse du document, de plein fouet les aléas climatiques, avec une sécheresse prolongée par endroits et des inondations dans d’autres régions, compromettant les rendements. À cela s’ajoutent des conflits fonciers récurrents qui freinent l’expansion des surfaces cultivables ainsi que l’intrusion d’eau salée dans certaines zones productrices, impactant la qualité des récoltes.

    Aussi, dans un contexte où les températures extrêmes viennent alourdir ces difficultés, les producteurs doivent redoubler d’efforts pour maintenir leurs activités.

    Malgré ces obstacles, la filière rizicole demeure, selon le rapport, un levier économique majeur générant plus de 1,2 million d’emplois directs et plus de 2,5 millions d’emplois indirects.

    Corriger les disparités de production pour accroître le revenu

    Les villes de Korhogo, Daloa, Gagnoa, Vavoua et Soubré figurent parmi les principaux bassins de production, permettant à des milliers d’agriculteurs d’assurer un revenu, bien que celui-ci varie selon le mode de culture.

    Ainsi, un hectare de riziculture irriguée rapporte en moyenne 250 000 FCfa par cycle contre 175 000 FCfa pour la riziculture de bas-fonds pluvial et seulement 50 000 FCfa pour la riziculture de plateau pluvial.

    Cette disparité met en évidence la nécessité d’investissements dans les infrastructures d’irrigation et les intrants agricoles afin d’améliorer le revenu des producteurs.

    Par ailleurs, la consommation annuelle de riz par habitant en Côte d’Ivoire est de 84 Kg, démontrant l’importance de la filière pour la sécurité alimentaire. Il devient ainsi crucial de poursuivre les efforts pour réduire la dépendance aux importations et faire du riz local un produit accessible et compétitif sur le marché national.

    Par Hervé Adou

  • Koné Katinan (PPA-CI): « La CEI et le RHDP ont fait un pacte contre le Président Laurent Gbagbo »

    Koné Katinan (PPA-CI): « La CEI et le RHDP ont fait un pacte contre le Président Laurent Gbagbo »

    TRIBUNE DU PPA-CI N° 36

    • Mesdames et messieurs les membres de la direction du parti ;
    • Mesdames et messieurs les journalistes et hommes des médias
    • Mesdames et messieurs

    Nous vous savons gré pour votre présence une fois encore à un  autre numéro de la tribune du PPA-CI. Il s’agit du 36ème numéro.

    Actualité oblige, ce numéro sera exclusivement consacré à la publication de la liste électorale (LE), particulièrement au contentieux qui est ouvert.

    Nos propos liminaires vont s’organiser autour des trois axes suivants :

    • De la fiabilité de la liste électorale,
    • Des faiblesses dans l’organisation et l’administration du contentieux,
    • De la question non-négociable et hautement confligène de l’absence du nom de son Excellence le Président Laurent GBAGBO de la LE
    1. De fiabilité de la liste électorale

    La liste électorale, en tant que rôle nominatif des citoyens qui composent le corps électoral, est le premier gage de crédibilité d’une élection démocratique. Pour sauvegarder l’intégrité du vote, la LE doit faire l’objet d’un minimum d’accord entre les acteurs politiques qui sont appelés à compétir. Elle doit être expurgée de toutes les scories qui peuvent en entacher la crédibilité. Dans l’occurrence de la Côte d’Ivoire, les textes qui encadrent l’élaboration de la LE, malgré certaines faiblesses objectives, visent à en donner la meilleure fiabilité possible. Ces textes sont de deux ordres. Il y’a ceux qui régissent l’organe de gestion des élections, notamment les compétences de la CEI relativement à l’élaboration de la LE et ceux qui sont spécifiques à la LE elle-même

    Coffee beans from Côte d’Ivoire

    I-1.   Le louvoiement de la CEI avec ses propres compétences

    Pendant chaque processus électoral en Côte d’Ivoire, la Commission Electorale Indépendante se lance dans un activisme publicitaire qui vise plutôt à s’auto-célébrer qu’à rechercher la bonne qualité de son travail. Elle n’a pas dérogé à cette attitude dans le processus électoral qui doit conduire aux élections générales de 2025, avec en point de mire, l’élection présidentielle d’octobre 2025. Depuis le début de la révision de la LE jusqu’à l’affichage de la LEP, les autorités de la CEI se sont lancées dans un activisme médiatique qui agacent à certains égards nos concitoyens. Ceux-ci, aspirant à une paix sociale profonde, souhaitent des élections apaisées dans le pays. Dès lors, ils s’interrogent sur l’intransigeance de la CEI à ne pas respecter la loi qui la crée et qui lui octroie des compétences immenses pour l’accomplissement de ses missions. En effet, la loi donne tous les arguments de droit à la CEI pour corriger toutes les anomalies que présente la LEP, suffisamment divulguées par la présidente des Sentinelles Anti-Fraude (SAFE) du PPA-CI, maitre Abiba Touré, dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Au lieu de se montrer attentive aux critiques formulées contre la LE par ceux qui en sont les principaux utilisateurs (les partis politiques), la CEI cache son addiction à la négation des évidences par un activiste médiatique un peu désordonné. Or chaque fois qu’un membre de cette institution, y compris son Président sort, il en ajoute à la confusion que la CEI a de ses propres compétences en matière électorale. Il suffit pour s’en convaincre d’interroger les articles 3 et 4 de la loi 2001-642 du 9 octobre 2001 portant composition, organisation et fonctionnement de la CEI.

    Coffee beans from Côte d’Ivoire

    Lisons intégralement l’article 3 de la loi susvisée.

    « La CEI veille à l’application du Code électoral et des textes subséquents aussi bien par les autorités administratives que par les partis politiques, les membres de la société civile, les candidats et les électeurs.
    En cas de non-respect par une autorité administratives des dispositions législatives et réglementaires relatives aux élections, la CEI l’invite à s’y conformer. Le cas échéant, la CEI doit saisir les autorités hiérarchiques ou les juridictions compétentes qui statuent sans délai.

    Lorsque la violation des dispositions légales est le fait des partis politiques, des candidats et des électeurs, la CEI doit les rappeler l’ordre ou saisir soit les autorités administratives, soit les autorités judiciaires compétentes qui statuent sans délai. »

    Cet article à lui seul suffit pour mesurer l’ampleur des pouvoirs qui sont conférés à la CEI dans la mise en œuvre de ses missions. En aucune de ses stipulations, cet article ne donne d’options à la CEI de choisir entre ses compétences lesquelles exercées.  Au contraire, le caractère injonctif du contenu de cet article fait peser une lourde obligation de résultat dans l’accomplissement de ses obligations. Pour y arriver, cet article de la loi sur la CEI donne un pouvoir de subjugation renforcé de la CEI sur toutes les autres administrations. En effet, non seulement la CEI a le pouvoir de contrainte n’importe laquelle des administrations à se conformer aux dispositions légales qui régissent les élections, mais en plus, elle a même reçu pouvoir de mettre immédiatement en mouvement les juridictions compétentes pour statuer sur les cas de non-déferrement d’une autorité administrative aux injonctions de la CEI de se conformer à une disposition légale relative aux élections.

    L’article 4 continue dans la même lancée que l’article 3 précité en ajoutant aux stipulations de celui-ci plus de détails quant à la mise en œuvre des attributions de la CEI. Aussi, cet article précise-t-il que :

    « Dans l’exercice de ses attributions, la CEI a accès à toutes les sources d’information relatives au processus électoral et aux média publics.

    Les autorités administratives sont tenues de lui fournir tous les renseignements et de lui communiquer tous les documents relatifs aux élections dont elle peut avoir besoin dans l’accomplissement de sa mission.

    En cas de non-respect par une autorité administrative des dispositions susmentionnées, la CEI l’invite à s’y conformer. Le cas échéant, la CEI doit saisir les autorités hiérarchiques ou les autorités judiciaires compétentes qui statuent sans délai. »

    Ici, comme dans le cas précédent, la CEI subjugue toutes les autorités administratives dans l’exercice de ses attributions. La seule chose qui est laissée à son discrétion est la nature de l’information dont elle peut avoir besoin pour sa mission comme le laisse subodorer l’alinéa 2 de l’article de 4 précité. C’est donc la CEI qui décide librement de ce dont elle a besoin pour satisfaire les besoins que nécessitent ses missions. Cependant, le libre arbitrage qui est donné à la CEI de choisir les renseignements ou les documents nécessaires à l’accomplissement de ses attribution doit permettre à celle-ci de respecter les obligations de résultats qui pèsent sur elle et qui se résume dans l’alinéa premier de l’article de la loi 2001-642 du 9 octobre 2001 suscitée. En d’autres termes, la CEI se rendrait coupable de violation de la loi qui l’organise si elle refuse volontairement de se passer d’une information qui pourrait l’aider à mettre diligemment l’une de ses attributions. Or, l’une de ses attribution est de veiller au respect, à commencer par elle-même, du Code électoral (art3, al1).  C’est pourquoi, il convient de convoquer ici et maintenant le Code électoral notamment en ses dispositions qui portent sur la liste électorale.  Les faiblesses intrinsèques à la LE  sont si énormes que l’on ne peut s’empêcher de dire que celle-ci a été volontairement biaisée par la CEI eu égard à l’immensité des pouvoirs et des moyens qui sont mis à sa disposition pour la confectionner.

    I-2.   La LE : un résultats en déphasage avec les moyens juridiques et les moyens financiers de la CEI

    Selon les résultats provisoires déjà rendus publics par SAFE, la LE comporte les faiblesses suivantes :

    • Plus de 6 millions de personnes ne remplissent pas les conditions légales pour figurer sur la LE,
    • Une présence croissante des personnes décédées ;
    • Un nombre impressionnant de centenaires. Plus de 2000 personnes ont plus de 160 ans sur la LE
    • Plusieurs cas d’unicité identitaire entre le père et la mère
    • Des mères extraordinairement fécondes capables de mettre au monde plusieurs centaines d’enfants ;
    • Des pères géniteurs de plusieurs centaines d’enfants
    • Des hommes et des femmes qui défient la biologie naturelle, capables de procréer à plus de cent ans. Des femmes qui continuent donc d’ovuler après leur ménopause.
    • Des enfants dont les dates de naissances précèdent celles de leurs parents.
    • Et une forte présence de personnes étrangères

    Ici coexistent des insuffisance d’ordre juridique et des insuffisances d’ordre technique, tout cela montrant le peu de sérieux qu’accorde la CEI à ses propres attributions.

    Les insuffisances d’ordre juridique concernent les personnes qui ne répondent aux conditions pour faire partie de la LE.

    Ces conditions sont définies par l’article 7 du Code électoral qui stipule que :

    « La LE contient les éléments d’identifications des électeurs, à savoir :

    • Numéro d’ordre ;
    • Numéro d’enregistrement unique ;
    • Nom et Prénoms ;
    • Date et lieu de naissance ;
    • Sexe ;
    • Profession ;
    • Domicile ;
    • Nom et prénoms du père
    • Date et lieu de naissance du père
    • Nom et prénoms de la mère ;
    • Date et lieu de naissance de la mère ;
    • Une photo d’identité
    • Empreintes digitales de tous les doigts en code barre.»

    Deux remarques méritent d’être faites à lecture de cet article.

    Primo, les éléments d’identification des électeurs énumérés par l’article 7 sont impératifs, et donc d’application stricte. La loi ne laisse aucune possibilité à la CEI de choisir entre lesdites conditions. Il s’ensuit qu’un électeur qui ne remplit pas toute ces conditions, de façon cumulative, ne peut être présent sur la LE. Aussi inique qu’il soit à l’égard de certains de nos compatriotes, notamment les handicapés des mains ou des doigts, cet article du Code électoral s’applique car la loi n’a pas opéré distinction entre un régime de droit commun et un régime exceptionnel. Or la CEI ne peut distinguer là où la loi ne l’a pas fait.

    Secundo, cette disposition du code électoral a survécu à toutes les modifications du Code électoral depuis son adoption par la loi 2000-514 du 1er août 2000. Il convient de relever que cette loi a subi 7 modifications, toutes sous le régime du RHDP, dont deux par ordonnance du Président de la République également Président du RHDP. Ces modifications sont intervenues successivement en 2012 (loi 2012-1130 du 13 décembre 2012, et 2012-1193 du 27 décembre 2012), en 2015 (loi n° 2015-216 du 2 avril 2015), en 2016 (loi n°2016-840 du 18 octobre 2016), en 2018 (ordonnance n° 2018-939 du 18 décembre 2018, en 2020 (ordonnance n° 2020-356 du 8 avril 2020, portant révision du Code électoral) et en 2023 ( ordonnance 2023-672 du 12 juillet 2023 instituant des dispositions dérogatoires au Code électoral par réaménagement de ses articles 107,111,120,141,162,170,191,199 et 203 en vue de la tenue des élections locales et sénatoriales de 2023.

    Le régime RHDP qui veut absolument faire naître la Côte d’Ivoire après le 11 avril 2011, n’a pas jugé nécessaire de changer l’article 7 pour le mettre au goût de ses nombreux fantasmes. C’est que tel qu’écrit, cet article lui convient. Or, la CEI décide de produire une liste électorale comprenant plus 6 millions d’électeurs sur 8,7 millions, soit plus de 68% du corps électoral, qui ne remplissent pas les conditions de l’articles 7.

    A ce premier cas de faiblesse juridique, il convient d’ajouter les décédés et les étrangers.

    En ce qui concerne les personnes décédées, point n’est besoin d’écrire qu’elles ne peuvent partie de la LE. Le vote est ontologiquement un acte à cause de vie et non un acte à cause de mort. En plus de cette évidence, l’article 12 du Code électoral, en son alinéa 2, précise que « tout électeur a le droit de réclamer la radiation d’une personne décédée ». Toute chose qui confirme que les morts doivent être sortis de la LE. Or il existe sur la LE plusieurs milliers de personnes décédées. Nos structures locales effectuent un travail fort remarquable pour déceler les personnes décédées. Pour illustrations, la fédération d’Arikokaha a décelé 113 cas de décès confirmés par le témoignage des Chefs de villages et des membres des familles des personnes décédées. La fédération de Katiola en a décelé 321.

    Quant aux étrangers, leur sort est régi par l’article 3 du Code électoral qui stipule que :

    « Sont électeurs les Ivoiriens des deux sexes et les personnes ayant acquis la nationalité ivoirienne, soit par naturalisation, soit par mariage, âgés de 18 ans accomplis et inscrits sur la LE et jouissant de leurs droits civils et politiques et ne se trouvant dans aucun des cas d’incapacité prévus par la loi »

    Or, il se trouve sur la LE des personnes étrangères confirmées par la détention, par ces dernières de pièces d’identité de pays étrangers. SAFE a suffisamment documenté cette réalité.

    Tous les autres cas de faiblesses relèvent de la mauvaise administration de la LE par la CEI. S’étant affranchie de toute responsabilité vis-à-vis du peuple, et ne se souciant que de l’unique intérêt du RHDP dont elle est devenue une quasi-délégation, la CEI ne se gêne pas de publier une liste sur laquelle des personnes ont les deux ascendants aux identités parfaitement identiques, ou des enfants plus âgés que leurs ascendants. Lorsque la CEI est interpellée sur ces cas flagrant d’irrégularité, elle répond invariablement que ces cas sont minimes et n’affectent pas la sincérité de la LE.

    Ce faisant, la CEI oublie que le jury d’appréciation de son travail n’est pas la CEI elle-même, mais le peuple et les électeurs. Or beaucoup d’électeurs se plaignent de certains faits qui leur font penser à une manipulation irrégulière de la LE. Des personnalités bien connues, qui en sont victimes en parlent. C’est le cas de l’ancien préfet du département d’Abidjan dont le lieu de vote a été changé à son insu. Lui au moins a la possibilité de porter son cas de façon publique. Quid des milliers d’anonymes qui partagent la même infortune que lui. Or, plus par mauvaise foi que par inconscience, la CEI a rendu très restrictives les modalités d’exercice du contentieux.

    1. Un contentieux volontairement biaisé

    Le contentieux relatif à la LE est régi par l’article 12 du Code électoral. Cet article n’impose pas de modalités administratives ou techniques à la CEI dans la conduite du contentieux. La CEI a donc un pouvoir discrétionnaire dans l’organisation et la conduite administrative et technique du contentieux. Cependant, quelles que soient les modalités qu’elle arrête, la CEI doit se rappeler de l’obligation qui pèse sur elle au titre de l’article 4 de la loi relative à la CEI. Quand l’on sait les conditions difficiles dans lesquelles ont été organisées les opérations de révision de la LE, une CEI consciente de ses responsabilités devrait se donner les moyens de gérer aux mieux le contentieux afin de donner l’opportunité à tous les électeurs de participer au contentieux qui aurait pu assainir un tant soit peu la LE. Mais la CEI a choisi de mettre de nombreux obstacles pour réduire la portée du contentieux. Ces obstacles sont deux ordres :

    Le premier ordre concerne les obstacles nés de la volonté de la CEI d’ignorer ses propres attributions. Ce sont les obstacles que l’on pourrait qualifier de proto-juridiques.

    Le second ordre se rapporte aux obstacles matériels volontairement orchestrés par la CEI.

    II-1. Les obstacles proto-juridiques

    Exploitant de façon excessive l’article 12 qui, in fine, fait peser la charge de la preuve d’une réclamation sur le réclamant, la CEI demande par exemple que l’on fournisse pour chaque cas de décès, un certificat de décès au soutien de chaque requête en radiation d’une personne décédée. Or, les membres de la CEI, dans leurs arguments pour soutenir les faiblesses évidentes sur l’identification des électeurs telle que prévue par l’article 7 du Code électoral, soutiennent que ces faiblesses relèvent de la faiblesse de l’Etat civil ivoirien qui n’est pas suffisamment renseigné. Toute chose qui est tout à fait juste. La faiblesse de l’Etat civil concerne également les décès. Combien de cas de décès sont répertoriés dans l’Etat civil ivoirien ? en tout cas la proportion des décès déclarés à l’Etat civil est largement inférieure à l’ensemble des décès en Côte d’Ivoire. Le rapport d’analyse des état civil 2023 du ministère de l’intérieur et de la sécurité est suffisamment éloquent sur la question. Le tableau ci-dessous en donne un aperçu.

    AnnéesDécès attendus(projection INS)Décès enregistrésCompilation services étatCivil intérieur et sécuritéÉcart nominalTaux en %
    2019260 13151 509208 62219,8
    2020263 04253 688209 35420,4
    2021266 17358 507207 66621,9
    2022269 34558 787210 55821 ,8
    2023272 32160 156212 16522,1
    TOTAL1 331 012282 6971 048 31521,23

    Source : annuaire statistique d’état civil (éditions 2019-2023)

    En Côte d’Ivoire, seul 1 décès sur 5 est enregistré. Dans ce contexte, conditionner la radiation des décès par la production d’un acte d’état civil est une mauvaise fois inqualifiable quand l’on sait que l’article 4 de la loi relative à la CEI donne pouvoir à la CEI de solliciter toutes les sources possibles. C’est dire que la CEI peut interroger directement les Chefs de village, les Chefs de quartier qui peut bien lui fournir la liste des décès. Même quand des initiatives sont prises dans ce sens par des tierces personnes, la CEI refuse de les prendre en considération. Par exemple, les 111 cas relevés par la fédération d’Arikokaha ont été étayés par les témoignages des parents des membres de la familles du de cujus et du Chef du village. Il peut être bon de rappeler à la CEI que les Chefs de village participent de l’administration du territoire national en ce qu’ils sont reconnus comme les auxiliaires du corps préfectoral. Ils font donc partie des sources d’informations auxquelles fait référence l’article 4 précité.

    Par ailleurs, le Président de la CEI bénéficie d’une jurisprudence qu’il a créée et confirmée par le Constitutionnel dans les affaires Justin Katinan KONE et Damana Adia. Cette jurisprudence qui fait de la notoriété publique une source de droit pour la CEI. Or, il est constant que les cas de décès sont rarement cachés dans notre société. Ils sont notoirement connus dans nos villages. C’est pourquoi, il est difficilement compréhensible que la CEI rejette le témoignage des membres de la famille, ou les membres de la communauté à laquelle appartenait le de cujus, les ressortissants des villages y compris les témoignages des Chefs qui établissent par leur témoignage la notoriété du fait de décès.

    Sur la base des statistiques du ministères de l’intérieur, l’on peut estimer à 292 497 les personnes décédés qui figurent sur la LE. En effet la population électorale de 8,7 correspond à 27,01% de la population totale estimée en 2023 à 31,17 millions (source Banque mondiale). Quand l’on ramène ce rapport au niveau des décès l’on déclarés, l’estimation qui se dégage est de l’ordre ci-dessus rappelé. C’est un nombre suffisant pour faire balancer les résultats dans une élection serrée. Ces proto obstacles sont déjà en eux éprouvants pour les requérants. Mais comme si cela ne suffisait pas, la CEI a accru le nombre d’obstacles matériels.

    II-2. les obstacles matériels

    Alors que la LEP est truffées d’irrégularités qui lui ôtent toute force probante, la CEI organise le contentieux avec une parcimonie qui frise le déni de droit de contestation ou de réclamation aux potentiels requérants. L’on peut relever plusieurs formes d’obstacles suffisamment dissuasifs pour les requérants. Ce sont entre autres :

    • La centralisation excessive des lieux de réceptions des requêtes en contentieux ;
    • La lourdeur excessive des procédures.

    En ce qui concerne le premier cas, la CEI a diminué drastiquement les centre de réceptions des requêtes. A titre d’exemple, la commune de Cocody avait 598 bureaux de vote pour 251619 électeurs pour les dernières élections. Pour le contentieux, seuls 7 bureaux de contentieux sont ouverts sur deux sites. Cette restriction des bureaux de traitement du contentieux ralentit les ardeurs des requérants. L’éventuel manque d’engouement que l’on pourrait relever devant ces 7 bureaux est la conséquence directe de cette restriction des centres de traitement du contentieux qui les éloigne ainsi des requérants.

    Le second forme d’obstacle aux succès de la phase du contentieux est relative à l’extrême lourdeur des procédures imposées aux requérants. LA CEI demande que chaque cas présenté au contentieux soit singularisé par la production d’une fiche assortie des pièces justificatives. Or, il ressort que plus de 6 millions d’électeurs présentent des insuffisances évidentes qui rendent leur présence sur la LE illégale. Il s’agit d’irrégularités tellement évidentes que la CEI elle-même, au titre de l’article 12 du Code électoral peut en réclamer la radiation de la LE. En effet quelle preuve faut-il apporter pour justifier l’injustifiable primogéniture des enfants sur leurs ascendants ?

    Quelle preuve doit-on apporter pour demander la radiation d’une personne qui n’a ni père ni mère connue ?

    Qui peut renseigner plus de 6 millions de fiches concernant autant de cas d’irrégularités ?

    Mais la CEI ne s’arrête pas en si bon chemin. Son Président menace de poursuites en diffamation les requérants qui se rendraient coupables de ce qu’il qualifie de réclamations calomnieuses qui consisteraient à réclamer une correction sur a LE si cette demande n’est pas suffisamment étayée par des preuves.

    Il n’y a pas de plus grande mauvaise foi que d’inviter un manchot, dépourvu de prothèses adéquates, à un repas qui se mange uniquement avec les doigts de la main.

    Le dernier communiqué de la CEI, en date du 2 avril 2025 qui invite les requérants à se rendre uniquement dans les centres de contentieux pour porter leurs réclamations, et que le siège central ne constitue pas un centre de réclamation, est le dernier tour de clé par lequel la CEI ferme définitivement les portes du contentieux.

    C’est au vue de tout ce qui précède que le PPA-CI et l’ensemble de l’opposition réclament une nouvelle RLE conformément aux dispositions du Code électoral telles que stipulées en son article 6, qui dit clairement que la RLE se fait chaque année. Or, ici encore, malgré l’existence d’un budget prévu à cet effet, la CEI refuse catégoriquement d’appliquer la loi. Sur ce point, les responsables de la CEI sont particulièrement ingénieux dans la justification de l’injustifiable.

    D’un côté, ils disent que c’est de façon concertée que tous les membres de la CEI, les représentants des partis de l’opposition compris, ont convenu de faire la RLE sur deux ans en violation des injonctions de l’article 6 du Code électoral. En d’autres termes, les membres de la CEI, en proconsuls, se sont donnés des pouvoirs souverains de légiférer en lieu et place du législateur. De leur chef, ils ont décidé de se donner une loi en dehors de celle de la république. Il y a une province romaine fortement implantée du côté des deux plateaux Aghien dans l’empire proromain du RHDP qu’est devenue la Côte d’Ivoire.

    De l’autre côté, le Président de la CEI, interrogé par le journaliste André Konan Silvère, sur une chaine de télévision sur le non-respect par la CEI qui s’oppose à la RLE annuelle, s’est défendu en disant qu’il applique la loi avec intelligente à l’image du juge qui juge avec son intime conviction. Comment ne pas s’émouvoir du sort de notre pays avec une telle réponse du Président de la CEI, haut magistrat. Le Président de la CEI fait une confusion dangereuse entre l’appréciation des faits qui relève de l’opinion souveraine du juge, donc de son intime conviction, et le respect de la loi qui est sacré pour le juge. Autrement, le juge serait un législateur bis.

    Par ailleurs, l’alinéa 2 de l’article premier de la loi portant création de la CEI stipule que « la CEI est une autorité administrative indépendante dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière ». La CEI n’est donc pas une juridiction, mais bien une administration. La présence momentanée à sa tête d’un magistrat, fût-il  le plus grand de tous,  ne confère pas à la CEI la qualité de juridiction.

    Mais nul ne peut faire l’injure au président de la CEI d’ignorer la différence entre l’intime conviction du juge qui ne se limite qu’à la seule appréciation des faits portés à sa connaissance et l’application de la loi à laquelle il est astreint. Mais l’opinion du Président de la CEI et celle des autres membres de cette administration sont altérées par des forces extérieures très fortes. Ne pouvant s’en défaire, les membres de la CEI sont obligés de nier les évidences comme celle qui se rapporte, notamment au refus obstiné de mettre le nom de son Excellence le Président Laurent GBAGBO sur la LEP. Ici, la CEI s’identifie au RHDP.

    III. La CEI et le RHDP en pacte contre le Président Laurent GBAGBO

    Lorsque l’on aborde la question de l’inexplicable refus de la CEI d’admettre l’inscription du nom du Président Laurent GBAGBO sur la LEP, l’on est frappé par le caractère spécieux des arguments avancés par la CEI au soutien de ses allégations. Ce faisant, la CEI prolonge la haine viscérale que le RHDP nourrit à l’égard du Président Laurent GBAGBO. Parce que seule une haine gratuite peut justifier la position irrationnelle de la CEI dans cette affaire qui devient une obsession pour elle. Pourtant, sous quelque angle que l’on considère la question la position de la CEI est doublement illégale.

    Une première illégalité procède du mépris volontaire de la CEI sur la procédure du contentieux sur la LE

    Quant au second cas d’illégalité, il procède la soumission totale de la CEI à la volonté du RHDP

    II-1. Méprise volontaire sur la procédure du contentieux

    Plus d’une fois, le PPA-CI, a relevé l’insoutenabilité de la position de CEI sur la question le d’l’inscription du nom du Président Laurent GBAGBO sur la LEP. Pour s’en convaincre, il convient de se référer à l’article 12 du Code électoral qui doit être lu intégralement pour en déceler la cohérence. Mais pour mieux comprendre la procédure du contentieux prévue par l’article 12, il faut d’abord faire appel à l’article 5 du même Code.

    L’article 5 stipule que « La qualité d’électeur est constatée par l’inscription sur la LE. Cette inscription est de droit ». Cette disposition du Code électoral donne un droit primaire à chaque citoyen de se faire enrôler sur la LE. En d’autres termes, nul, y compris, la CEI ne peut empêcher une personne de s’inscrire sur la LE. Or il est constant qu’en 2022, le Président Laurent GBAGBO s’est enrôlé sur la LE. Le contentieux étant postérieur à la confection et à la publication de la LE, il s’ensuit que nul ne peut a priori refuser le droit à un citoyen de figurer sur la LEP avant l’ouverture du contentieux. Les cas pour lesquels la CEI a un pouvoir de radiation a priori sont définis par la loi elle-même. Il s’agit notamment du cas d’inscription indue d’une personne sur la LE d’une circonscription dans laquelle elle n’a ni domicile, ni ne paie ses impôts. Ce cas est prévu par l’article 9. Cet article donne pouvoir à la CEI de procéder à la radiation du nom de cette personne sur la LE. C’est la seule exception qui déroge au droit commun du contentieux  prévu par l’article 12. Par conséquent, les critères définis aux articles 3 et 4 ne donnent pas droit à un refus ou une radiation a priori des inscrits. Surtout que seuls les électeurs ont droit participer au contentieux aux termes de l’articles 12 du Code électoral. C’est dire que quiconque ne figure pas sur la LE perd du coup et définitivement son droit de participer au contentieux pour défendre sa cause. Une telle aberration juridique ne peut prospérer que dans l’esprit d’un homme droit sauf s’il est mû par autre chose que la justice. Tous les  cas  prévus aux articles 3 et 4 sont soumis au régime de droit commun du contentieux prévu à l’article 12 qui est stipulé comme suit :

    « Tout électeur inscrit sur la LE de la circonscription peut réclamer l’inscription d’une personne omise.

    Tout électeur a le droit de réclamer la radiation d’une personne décédée, de celle qui perdu sa qualité d’électeur, de celle dont la radiation a été ordonnée par décision de l’autorité compétente, ou d’une personne indument inscrite.

    Ces mêmes droits peuvent être exercés par chacun des membres de la Commission chargée des élections.

    Les demandes émanant des tiers ne peuvent avoir pour objet que des inscriptions ou des radiations éventuelles et doivent préciser le nom de chacun de ceux dont l’inscription ou la radiation est réclamée. La réclamation écrite et motivée est adressée à la Commission chargée des élections.

    La décision de la Commission chargée des élections est susceptible de recours devant le Président du tribunal territorialement compétent sans frais, par déclaration au greffe dans le délai de 3 jours à compter de son prononcé.

    La décision du président du tribunal est rendue dans le délai de 5 jours à compter de sa saisine.

    Elle ne fait l’objet d’aucun recours.

    La charge de la preuve incombe au demandeur.

    Les omissions et irrégularités matérielles constatées par la Commission chargée des élections relatives à la mention des noms, prénoms, sexe, profession, résidence ou domicile des électeurs peuvent faire l’objet d’une rectification par la Commission chargée des élections ».

    La lecture, de bonne foi de cet article, le seul relatif au contentieux sur la LE ne fait l’ombre d’aucun doute que le nom du Président Laurent devrait figurer d’emblée sur la LEP avant l’ouverture du contentieux. En effet, cet article qui soumet à la procédures du contentieux les réclamations d’inscription ou de radiation émanant des tierces personnes (autres que les intéressés eux-mêmes) y compris celles émanant des membres de ses membres  précise que la réclamation doit être motivée et adressée à la Commission en charge des élections. En l’occurrence, le législateur opère une distinction nette entre les membres de la CEI individuellement considérés et l’organe de la CEI en tant qu’entité juridique différente des membres qui la composent. La loi n’a pas prévu de dérogation en la matière pour les réclamations émanant des membres de la CEI. C’est donc à tort que la CEI refuse de faire apparaître le nom du Président Laurent GBAGBO contre sur la LEP avant l’ouverture du contentieux. C’est tout simplement une voie de fait exercée contre lui. Elle procède de la connivence avérée entre la CEI et le RHDP pour refuser un droit élémentaire à un citoyen par u peur de l’affronter éventuellement dans une compétition électorale. C’est ce même militantisme pro RHDP qui justifie que la CEI refuse l’évidente application de la décision de la CADHP.

    II-2. Le militantisme pro-RHDP de la CEI, source de toutes les illégalités

    La décision du gouvernement ivoirien de quitter tout simplement la CADHP pour ne pas avoir à appliquer sa décision a été perçue par la CEI comme étant une injonction qui lui faite par le gouvernement d’en faire autant y compris pour les décisions de cette cour déjà actées. Nous ne revenons plus sur l’argument spécieux du Président de la CEI qui dit attendre une signification, par quel esprit ou quelle âme, de la décision de la CADHP qui fait injonction à la Côte d’Ivoire d’inscrire le nom du Président Laurent GBAGBO sur la LE. Aucun homme de droit avec une part infime de bonne foi ne peut soutenir de telle allégations. Je pense que le Président de la CEI serait plus crédible s’il disait le plus simplement possible, qu’en tant que militant du RDR, je refuse l’inscription du Président Laurent GBAGBO que je considère comme un adversaire redoutable pour mon parti. De toutes les façons il n’y a que lui seul qui ne croit pas à l’indépendance de sa structure. Cette indépendance est tellement objective que lui-même peut annoncer une mesure à Guiglo le matin, et à midi il est repris par son collaborateur. L’indépendance de la CEI est tellement évidente qu’elle peut annoncer dans une décision les limites des communes pour les élections de 2023 le matin, et le soir le ministère de l’intérieur annonce autre chose, et la très indépendante CEI suit cette autre chose. Elle est si indépendante la CEI que l’on se demande s’il ne faut finalement confier l’organisation des à la délégation du RHDP d’Abobo. Au moins les choses seront moins compliquées à comprendre.

    Au total, la CEI, malgré les appels des partis politiques, de l’Eglise, des membres éminents de la société civile tient à aider le RHDP à opérer un autre holdup électoral au risque de compromettre la paix sociale. En fait que vaut la paix sociale et la tranquillité des populations ivoiriennes comparée à 27 milliards de FCFA dépensés sans compte à rendre à qui que ce soit. Dans la réalité le RHDP, fort du soutien inconditionnel des appareils de répression de l’Etat qu’il a privatisés à son compte, de ses supplétifs clandestins du Gbaka vert jamais retrouvés par la justice depuis 2020, des coupeurs de tendons humains, expert en supplice ante mortem qui se réclament de lui, même s’il tente opportunément, avec un peu de pudeur, de s’en désolidariser pour sauver les apparences dans la journée, veut se perpétuer au pouvoir. La CEI est l’agent opérateur de cette nouvelle aventure belliqueuse du RHDP. L’on comprend pourquoi le RHDP est le seul qui soit satisfait de la CEI. C’est également ce tandem qui s’oppose à la une nouvelle révision de la LE.  C’est pourquoi, le PPA-CI appelle tous les partis politiques, toutes les personnes éprises de justice dans ce pays, tous ceux qui aiment ce pays à s’unir pour demander la dissolution de cette CEI et son remplacement par une structure moins militante dans sa composition et son fonctionnement. Pour sa part le PPA-CI reste intransigeant sur la question sur toutes les questions relatives à une bonne organisation et par-dessus tout sur les droits de son candidat, son Excellence le Président Laurent GBAGBO. Notre mobilisation exceptionnelle attendue les 11 et 12 avril prochains à Dabou sera le témoignage éloquent de cette intransigeance.

    Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

    Le ministre Justin Katinan KONE

    Président du Conseil Stratégie et Politique du PPA-CI

  • Cote d’Ivoire: La BAD incite les entreprises à saisir des marchés internationaux

    Cote d’Ivoire: La BAD incite les entreprises à saisir des marchés internationaux

    La Banque africaine de développement a encouragé plus de 160 entreprises ivoiriennes à s’inscrire dans sa base de données et renforcer leur participation aux appels d’offres internationaux.

    La Banque africaine de développement (BAD) a encouragé les entreprises ivoiriennes à « faire preuve d’audace » en visant des marchés au-delà des frontières nationales. Cette déclaration a été faite lors d’un séminaire organisé le 26 mars 2025 à Abidjan, où plus de 160 représentants d’entreprises ont participé pour obtenir des informations sur les procédures de passation de marchés du Groupe de la Banque.

    Lors de l’ouverture du séminaire, Marcelle Akposso, cheffe de la Division des acquisitions institutionnelles, a souligné que « les entreprises ivoiriennes adjudicataires ne représentent que 11 % des marchés publiés par la Banque », ce qui est faible compte tenu de leur potentiel et de l’avantage de la proximité du siège de la Banque à Abidjan. Elle a ajouté que certaines prestations nécessitent des prestataires locaux, mais que beaucoup d’entreprises n’ont pas encore saisi cette opportunité.

    Le séminaire a permis aux experts de la BAD, dont Rasmane Ouédraogo et Frédéric Kouassi, d’expliquer les exigences, procédures et pratiques en matière de passation des marchés. Ils ont également encouragé les entreprises à « s’inscrire dans la base de données du Groupe de la Banque », afin d’augmenter leurs chances de remporter des appels d’offres. La Banque a publié son plan annuel d’acquisitions sur son site web, permettant aux fournisseurs de se préparer à l’avance.

    Les experts ont également incité les entreprises ivoiriennes à « être audacieuses » et à ne pas se limiter aux seules opportunités locales, soulignant que « tous les prestataires des pays membres sont éligibles aux appels d’offres de la Banque ». Ils ont précisé que les soumissions se font exclusivement en ligne.

    Lors des échanges, les entreprises ont soulevé des préoccupations concernant les conditions d’attribution des marchés, jugées « contraignantes ». Les experts de la Banque ont répondu à leurs questions, dissipant leurs doutes et leur fournissant des informations pratiques pour mieux comprendre les procédures de l’institution.

    Cyrille Eddie, responsable de la Société africaine de prévention et de surveillance de la sécurité industrielle (Sapressi), a déclaré qu’il avait « appris beaucoup de choses » lors du séminaire, notamment l’importance de s’inscrire dans la base de données de la Banque.
    Sandrine Béa, gérante de la Casa Originel, a également exprimé sa nouvelle confiance en ses chances de remporter des marchés de la Banque après avoir pris part à la rencontre.

    Les participants ont exprimé le souhait que la Banque organise régulièrement ce type de séminaire et propose des sessions de renforcement de capacités pour mieux répondre aux appels d’offres. Les responsables de la Banque ont assuré que des actions concrètes seront mises en place pour répondre à ces attentes.

    ODL/te/Sf/APA

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  • Côte d’IvoirePrésidentielle : le cas Tidjane Thiam met Alassane Ouattara sous pression

    Côte d’IvoirePrésidentielle : le cas Tidjane Thiam met Alassane Ouattara sous pression

    Alors que la candidature de Tidjane Thiam pourrait être invalidée, plusieurs personnalités, dont Emmanuel Macron et Macky Sall, tentent dans le plus grand secret de convaincre le chef de l’État ivoirien de renoncer à une telle manœuvre. Déjeuner à Mougins, appels téléphoniques… Africa Intelligence révèle la teneur de ces échanges. LA SUITE SUR AFRICA INTELLIGENCE]

  • La lune de Bondoukou

    La lune de Bondoukou

    L’éditorial d’Adama Koné : La lune de Bondoukou

    Un peu de détente. La ville de Bondoukou est en train de se « spécialiser » en matière de religion musulmane. C’est désormais vers la cité des mille mosquées que tous les regards se tournent quand il s’agit d’observer l’apparition de la lune, au début et à la fin du Ramadan.

    Et les commentaires les plus drôles ne manquent pas sur ce sujet. En tout cas, samedi dernier, c’est encore là-bas et à Worofla que le croissant lunaire a été observé. Et la fête a eu lieu le dimanche 30 mars.

    C’est devenu un peu amusant. Il est demandé aux fidèles musulmans d’observer la sortie de la lune dans le ciel, au début et à la fin du Ramadan. Mais en Côte d’Ivoire, cette verticalité fait de plus en plus place à une horizontalité. De quoi s’agit-il ?

    Les années passant, les populations regardent plutôt vers Bondoukou (horizontalité). Et Bondoukou regarde vers le ciel (verticalité). Formant un repère orthogonal où se combinent les attentes des populations, car ce ne sont pas les seuls musulmans que ça intéresse.

    Cette ville est celle qui situe, depuis quelques saisons, les fidèles musulmans sur le calendrier lunaire. C’est à Bondoukou que la lune a été vue, le vendredi 28 février.

    Le jeûne a donc débuté le samedi 1er mars. C’est aussi à Bondoukou que le croissant lunaire est apparu, le samedi 29 mars, ainsi qu’à Worofla, cette fois-ci. Fixant la date de la fête de Ramadan au dimanche 30 mars. Bondoukou justifie son qualificatif de ville aux mille mosquées. Il est remarquable de noter que de plus en plus, il y a moins d’incertitudes sur les dates du mois saint de l’Islam.

    Les précisions des prévisions scientifiques et les faveurs météorologiques convergent vers la réalité du terrain. La Côte d’Ivoire a fêté l’Aïd el-Fitr en même temps que la France, l’Arabie saoudite, le Mali, le Cameroun, pour ne citer que ces pays. Au Burkina Faso, comme en Algérie, c’est hier lundi que la fête a eu lieu.

    La célébration de la fin du Ramadan, dimanche, est encore un signe de Dieu. On se souvient que le jeûne et le carême ont commencé en mars, à quatre jours d’intervalle. Dimanche, les deux communautés ont pris le chemin de la mosquée et de l’église, confirmant l’unicité de Dieu.

    Dans les différents lieux de culte, les croyants ont formulé des intentions de paix, de santé, de réussite et de prospérité. Un serment a attiré notre attention. Celui de l’imam Mohamad Traoré de l’une des grandes mosquées du Remblai. Il a porté sur l’éducation des enfants, conformément au thème central du Cosim.

    En Côte d’Ivoire, les moins de 35 ans représentent 75% de la population. Il est bon de donner le bon pli à cette jeunesse. Premier axe à développer, les langues traditionnelles. Combien d’enfants parlent-ils correctement aujourd’hui leur ethnie ?

    Dans ce pays, tout le monde parle le français. Comparativement aux autres pays africains, le petit Ivoirien est très doué dans le langage verbal en français. Il n’a pas besoin d’aller à l’école pour le faire. Ce sont les premiers mots qui bercent ses oreilles et ce sont ces mots qu’il emploie. A l’écrit, c’est un autre débat. Il revient de valoriser nos langues, même si les couples sont, de nos jours, d’origines diverses.

    En matière de langue traditionnelle, la maman est dominante. La volonté doit être de mise. Pour l’imam Traoré, c’est un retour aux sources, car il ne faut jamais oublier ses origines. Et quand on sait d’où on vient, l’orientation à partir de la boussole est plus facile. En plus de la langue, il faut également éduquer les enfants aux valeurs religieuses.

    Tôt, chaque famille gagnerait à inculquer à sa progéniture, les enseignements des livres saints. Des livres qui sont en réalité le mode d’emploi de la vie des humains. En effet, en créant l’Homme, Allah a défini dans les livres saints son cadre d’évolution. Tout comme le laboratoire définit les conditions d’utilisation et la posologie d’un médicament.

    L’observation de ces préceptes encadre la vie ici-bas. Evitant tout débordement et éloignant des vilains sentiments comme la méchanceté, la jalousie, la médisance. L’éducation financière, pour sa part, est aussi un axe d’amélioration important.

    En ces temps de course à grande vitesse sans précaution vers l’argent. Il est nécessaire, dans ce cas, de donner aux enfants le juste revenu pour leur quotidien. Accompagné d’enseignements sur l’utilisation rationnelle de l’argent et contre la tentation et l’envie. L’éducation, c’est aussi de faire prendre conscience aux enfants qu’ils ont leur avenir entre les mains. L’enfant est le père de l’Homme.

    Toute son action doit concourir à un devenir meilleur. Cela n’est possible qu’avec les bénédictions. Autant les parents sont appelés à bénir leur progéniture, autant les descendants se doivent de prier pour leurs père et mère. C’est à ce prix que la société garantira une perpétuité des valeurs humaines et sociales vertueuses.

    Faut-il le rappeler, la fin du mois de jeûne n’est pas la fin des actes d’adoration et de dévotion. Bien au contraire, c’est un stage spirituel de renforcement de la foi. Il a le mérite de faire de chaque citoyen, un fidèle accompli au service du Seigneur, donc au service de l’Homme.

    Plaise au Tout- Puissant de raffermir la croyance de chaque fidèle et, partant, de toute la population ivoirienne, pour une vie pleine de grâces divines ! Amina yarabi !.

  • Revirement politique / Ouattara à Brazzaville pour sceller la réconciliation avec Soro ?

    Revirement politique / Ouattara à Brazzaville pour sceller la réconciliation avec Soro ?

    C’est une information de notre confrère Laguneinfo.com qui cite des sources diplomatiques françaises. Après son retour à Abidjan au terme de dix jours d’un séjour privé en France, le président ivoirien Alassane Ouattara pourrait de nouveau s’envoler pour la capitale congolaise Brazzaville, mercredi 2 avril 2025, à l’invitation de son homologue Denis Sassou N’guesso, doyen en second (après Biya) des chefs d’Etat de l’espace francophone. un tête-à-tête minutieusement préparé de longue date entre Ouattara et Soro devenu son rival après une lune de miel de quelques années, devrait se tenir sous la supervision de Sassou N’guesso. Le président congolais qui s’agace selon des sources de la brouille entre Alassane Ouattara et son ex-premier ministre aurait décidé de tout mettre en œuvre pour réconcilier les deux hommes. La rencontre a été longtemps préparée dans les coulisses et est qualifiée par le confrère de  »rencontre de la dernière chance ».

    »L’information nous a été donnée par un ancien diplomate français de passage à Abidjan », indique le confrère qui estime que tout est fait pour que les deux personnalités fument enfin le calumet de la paix après une longue période de bisbilles. A quelques mois de la présidentielle, ce serait un coup de génie que réussirait Denis Sassou N’guesso si les choses aboutissaient. Reste à savoir si à ce rendez-vous du donner et du recevoir, Guillaume Soro va renoncer ou reporter ses ambitions présidentielles et rentrer dans les rangs du Rhdp, sa formation politique (Gps) étant dissoute et réduite à la clandestinité.

    SD à Abidjan

    sdebailly@yahoo.fr

  • Akoupé : un conflit communautaire fait plusieurs blessés

    Akoupé : un conflit communautaire fait plusieurs blessés

    Un violent conflit opposant des jeunes de communautés autochtones et allogènes a éclaté dans la ville d’Akoupé, située à environ 146 km d’Abidjan. Selon les informations recueillies par Abidjan.net ce mardi 1er avril 2025, plusieurs personnes ont été blessées lors de ces affrontements.

    D’après nos sources, l’incident a pris naissance lors d’une altercation entre deux groupes de jeunes qui participaient à une soirée festive après la célébration du Ramadan, dans un maquis du centre-ville. « Tout est parti d’une soirée bien arrosée. Après la célébration du Ramadan, des jeunes ont poursuivi les festivités dans un maquis. Une dispute a éclaté entre certains d’entre eux, et c’est là que tout a dégénéré », a confié un témoin sous couvert d’anonymat.

    D’après ce témoin, le groupe en infériorité numérique s’est retiré avant de revenir plus tard, armé de gourdins et d’armes blanches. « Les choses semblaient s’être calmées et certains jeunes avaient repris la fête à l’intérieur du maquis. Mais soudain, le groupe qui était parti est revenu accompagné de renforts. C’est à ce moment que les véritables hostilités ont commencé », a-t-il expliqué.

    Dans la foulée, plusieurs magasins situés le long de la rue principale de la ville ont été saccagés. « Ils ont commencé à détruire les échoppes bordant la rue principale. C’est ainsi que la situation a complètement dégénéré », a poursuivi le témoin, ajoutant que les forces de l’ordre sont intervenues pour rétablir le calme.

    Un autre témoin, présent chez le chef du village, Nanan Yao Lambert, en compagnie des chefs des communautés, a apporté un éclairage supplémentaire. « Les autochtones affirment que des jeunes issus de la communauté allogène, en état d’ébriété, se sont livrés à des actes de vandalisme. Ils ont saccagé plusieurs bars, volé des bouteilles de liqueur, de limonade et de bière, et brisé les vitres de plusieurs véhicules garés aux abords des maquis », a-t-il déclaré.

    Selon plusieurs sources locales, la situation est actuellement sous contrôle et le calme est revenu dans la ville. Cependant, les autorités restent vigilantes pour éviter toute récidive des affrontements.

    Cyprien K.

  • #Niger : #Tiani intronisé, Président à vie:

    #Niger : #Tiani intronisé, Président à vie:

    L’ heure de choisir entre la tyrannie débile et le délire autoritaire d’un homme et le salut de tout un peuple a sonné! Ca y est, les masques ont fini tous par tomber! Le Niger se retrouve depuis ce mercredi funeste du 26 mars 2025, partagé, entre deux groupes distincts et radicalement opposés: d’un côté, une minorité civilo-militaire qui, par la violence des armes et la simulation d’une légitimité forcée s’arroge le droit de soumettre le peuple nigerien à son agenda en lui imposant ses desiderata et de l’autre, une majorité silencieuse , indignée de la situation mais pour l’instant inaudible, parce que n’ayant pas réussi à parler d’une seule voix et à agir en rangs serrés, sevrée de ses droits et libertés, embrigadée par une junte répressive et liberticide.

    Le général Tiani a franchi le rubicon de se faire introniser « Président de la République » sans être passé par la case « urnes » ni bénéficier d’un vote de confiance et d’adhésion des électeurs nigeriens. Un nouveau coup de force à la suite du coup d’Etat qu’il avait déjà perpétré contre le Président choisi par le peuple, Mohamed Bazoum dont il était chargé de la sécurité.

    Un putsch de plus ou de moins, quelle différence, lorsqu’on décide de se substituer au peuple, de s’approprier l’Etat et de piétiner les institutions légales et legitimes du pays ? Après avoir trahi Mohamed Bazoum, le Général Tiani ne compte pas s’arrêter en si bon chemin: maintenant, il veut le Niger à ses pieds, les Nigeriens, à son entière dévotion. Peut-être, serait-il plus judicieux de sa part de décréter que le Niger est désormais son royaume, les nigeriens, ses sujets.

    Surtout que pour marquer davantage son territoire et disposer de tous les pouvoirs, il est entré dans ses « nouvelles fonctions”, sur les chapeaux de roue : la dissolution de tous les partis politiques. Ni plus, ni moins! Si pour Louis IV,  » L’Etat, c’est moi », Tiani a décidé que le Niger c’est lui, fait comprendre qu’après  » lui, c’est lui », bref qu’il est et demeure le seul maître à bord, jusqu’à preuve du contraire. Tous ceux qui avaient espéré des élections transparentes, inclusives pour un éventuel retour au pouvoir des civils, ont ressenti l’effet d’une douche froide.

    Tous ceux qui ont adhéré, mécaniquement, au coup d’Etat et peinent à se raviser pour une raison ou une autre doivent se rendre à l’évidence que les « fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs ». Pour tous, un sursaut de lucidité s’impose, surtout un éveil patriotique devient indispensable. En attendant, les putschistes, déroulent, sans frémir ni trembler, leur projet de confiscation du pouvoir et d’aliénation du peuple nigerien.

    Ce 25 mars 2025, aura été le jour fatidique dans la tragédie subie ces derniers mois. Le général Aboudrahmane Tiani, s’est prêté au ridicule et à l’igniominie en se laissant investir Président de la République du Niger au cours d’une cérémonie montée de toutes pièces. Une parenthèse malheureuse qui restera gravée dans les annales comme une tragi-comédie infligée au Niger par une association de malfaiteurs. L’on se souviendra de ce moment, non pas , comme d’une heure de gloire ou de réjouissances mais comme d’un jour de deuil national qui a vu le Niger basculer, de butte en blanc, dans la dictature pure et dure après des années flatteuses d’embellie démocratique.

    Sous les dorures du centre national Mahatma Gandhi, le coup d’Etat le plus honni d’entre tous a été legitimié voire sanctifié en lui conférant un caractère institutionnel et des lettres de noblesse. Un enterrement en règle d’une démocratie florissante pour satisfaire l’ego surdimensionné de fous du pouvoir. Quel sacrilège! On an mis les petits plats dans les grands. On a entendu des discours en l’honneur du timonier avec des accents patriotiques qui tournent parfois à l’ironie ou tombent dans la caricature.

    SOURCE: Actualités Brûlantes du Sahel

  • #Diapaga, symptomatique de la ruine et de la débâcle du Burkina Faso.

    #Diapaga, symptomatique de la ruine et de la débâcle du Burkina Faso.


    A l’est du Burkina, à Diapaga, s’est produit un drame horrible. Dans cette ville désormais martyr, l’ombre du deuil enregistré continue de planer et de hanter tous les esprits. La fin du mois saint de ramadan qui est toujours un moment de grandes festivités coïncide cette année avec un concert de lamentations dans un flot de pleurs et une vague de désolation. Le cœur n’est pas à la fête ni à la joie dans un contexte d’abîme et de chaos. La peur, la douleur, l’anxiété se lisent sur tous les visages à un moment où tout le Burkina est confronté à une recrudescence d’attaques terroristes qui, frappent les forces de défense et de sécurité, les volontaires pour la défense de la patrie ( VDP) et les civils, aveuglément. Personne n’est épargnée.

    La violence est le lot quotidien de tous: soit ce sont les groupes armés terroristes qui mènent des assauts sanglants contre des positions militaires, soit ce sont les forces Burkinabé elles-mêmes epaulées de leurs supplétifs qui se livrent à des exactions ciblées notamment contre des populations de la communauté peule, soupconnées sur la base de préjugés et de clichés de pactiser avec les terroristes. Des bavures répétées et impardonnables présentées pour les besoins d’une propagande immonde comme des faits de guerre, des trophées dans la lutte contre le djihadisme. Ainsi, des victimes innocentes et expiatoires entrent dans les statistiques des victoires acquises. Une nouvelle attaque vient de sonner un réveil forcé et brutal.

    A Diapaga, chef- lieu de la Province de la Tapoa, dans la région de l’Est, une invasion terroriste qui atteste du délitement inexorable du Burkina a retenu l’attention. La ville, asphyxiée, depuis des mois par un blocus impitoyable imposé par les terroristes est à l’abandon. Les denrées sont vendues à des prix, prohibitifs: un sac de mil se négocie jusqu’à 150.000 fcfa. Le signe d’une économie, à la dérive. Affamées, les populations, sont réduites à vivre de cueillette, et n’osent plus aller au-delà de cinq kilomètres de leurs habitations de peur de rencontrer la mort en cours de route. Une attaque fulgurante et très meurtrière.

    Le 28 mars 2025, vers 16 heures, l’horreur a surgi, l’irréparable s’est produit. Des djihadistes du groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ( #GSIM), bien préparés, mieux équipés, disposant de renseignements fiables, et plus déterminés que jamais ont lancé une attaque d’envergure contre le camp militaire de Diapaga. A bord de motos, ils ont encerclé la ville avant de cibler la base militaire, protégée par un détachement de soldats des FDS et des VDP.

    Malgré la résistance farouche qui leur a été opposée, les assaillants sont venus à bout de leurs ennemis submergés par leur puissance de feu et incapables de contrer leur offensive, rondement menée. Un premier bilan, tragique et effroyable: au moins morts 30 soldats, 20 VDP tués et 3 civils, selon un premier décompte, somme toute, provisoire. Plusieurs militaires sont portés disparus. L’officier, le capitaine Sawadogo Yannick, qui commandait le détachement assiégé, et son adjoint, un sous-officier, ont été froidement exécutés. Aux dernières nouvelles le bilan toujours provisoire s’est alourdit à 62 tués. Un acte criminel qui a été rendu possible par la débandade et l’effritement de l’armée nationale.

    Les terroristes, ont poussé la cruauté plus loin encore: ils ont pillé des armes, des munitions, emporté des véhicules militaires avec lesquels ils ont paradé dans les rues de Diapaga devant une population, pétrifiée. Le camp a été incendié, des boutiques ont été détruites ou vandalisées. Une société cotonnière a été dévalisée, la prison civile a été violée. Bref, une atmosphère de chienlit a règné jusqu’au bout.

    SOURCE: Actualités Brûlantes du Sahel