Auteur/autrice : iciabidjan

  • La police ghanéenne a intercepté un important chargement de munitions dissimulé à bord d’un bus en provenance d’Accra.

    La police ghanéenne a intercepté un important chargement de munitions dissimulé à bord d’un bus en provenance d’Accra.

    La police ghanéenne a intercepté un important chargement de munitions dissimulé à bord d’un bus en provenance d’Accra. L’opération, menée dans la nuit du 18 avril dans la région de la Volta, dans l’Est, a conduit à l’arrestation de deux individus, dont l’un reste en détention.

    Au cours d’une opération menée le 18 avril vers 03h30, par la police ghanéenne au niveau du poste de contrôle de Tadzewu-Mitsrikasa, une fouille de routine a été effectuée sur un bus Hyundai en provenance d’Accra, selon le DSP Felix Danku, porte-parole de la police régionale.

    Les agents ont découvert, dissimulés sous les bagages, 60 cartons de cartouches de type AAA (15 000 unités) et 72 cartons de cartouches BB (18 000 unités), soigneusement emballés dans des sacs.

    Le conducteur du véhicule, Abasou Fousseni, 45 ans, et son assistant Salisu Jalilu, 38 ans, ont été interpellés pour interrogatoire. Si les deux ont initialement nié toute connaissance de la cargaison, l’enquête préliminaire a permis d’établir que le copilote aurait chargé les munitions à l’insu du chauffeur.

    Ce dernier a été libéré sous caution afin d’achever le transport des passagers, tandis que le copilote reste en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Il devrait être présenté à la justice mardi 22 avril.

    La police ghanéenne a renouvelé son engagement à combattre les trafics transfrontaliers afin de préserver la stabilité dans la sous-région.

    AC/Sf/APA

  • décès de Sa Sainteté le Pape François: Le Président Ouattara salue la mémoire d’un « homme de foi, de paix et de justice »

    décès de Sa Sainteté le Pape François: Le Président Ouattara salue la mémoire d’un « homme de foi, de paix et de justice »

    e Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a réagi avec une vive émotion à l’annonce du décès de Sa Sainteté le Pape François, survenu ce lundi 21 avril 2025.

    Dans un message empreint de compassion et de respect, le chef de l’État ivoirien a rendu hommage à un homme d’Église au parcours exceptionnel et à l’héritage spirituel et humaniste profond.

    « C’est avec une grande émotion que j’ai appris le décès de Sa Sainteté le Pape François, infatigable artisan de paix et de justice sociale », a déclaré le Président Ouattara. « Son engagement en faveur des plus vulnérables et sa volonté de bâtir un monde en paix, plus équitable et respectueux de l’environnement resteront gravés dans nos mémoires », a-t-il ajouté.

    Premier pape issu du continent américain et premier jésuite à accéder au trône pontifical, le Pape François, de son nom civil Jorge Mario Bergoglio, a été élu en mars 2013, succédant à Benoît XVI. Né en Argentine, il a très tôt été reconnu pour sa simplicité, sa proximité avec les pauvres et sa grande spiritualité.

    Durant plus d’une décennie de pontificat, il a marqué l’histoire de l’Église catholique par une série de réformes audacieuses et un style pastoral résolument tourné vers l’humilité et l’ouverture. Le Pape François s’est illustré par sa lutte contre les injustices sociales, son plaidoyer constant pour l’accueil des migrants, sa dénonciation des dérives du capitalisme sauvage et son appel à la conversion écologique à travers l’encyclique Laudato si’, publiée en 2015, devenue un texte de référence sur la protection de la planète.

    Il a également œuvré pour le dialogue interreligieux, la réconciliation entre les peuples et la paix dans les zones de conflit. Dans ses multiples déplacements à travers le monde, il n’a cessé d’appeler à la fraternité, à la solidarité et à l’amour du prochain, quelles que soient les différences de foi, de culture ou d’origine.

    Le Président Alassane Ouattara, au nom du peuple ivoirien, a tenu à adresser ses condoléances les plus émues à la communauté catholique, en Côte d’Ivoire et à travers le monde. « Qu’il repose en paix », a-t-il conclu, saluant la mémoire d’un chef spirituel dont les enseignements et les actes continueront d’inspirer l’humanité dans sa quête de paix, de justice et de dignité humaine.

    Coffee beans from Côte d’Ivoire

    Le décès du Pape François laisse un vide immense dans le cœur de millions de fidèles, mais aussi chez tous ceux qui ont vu en lui un guide moral, défenseur infatigable des plus faibles et bâtisseur de ponts entre les peuples.

    Salif D. Cheickna

  • Dr. Guillaume Kouadio, DG du CHU de Treichville : « Avec tout le matériel reçu, nous sommes désormais à la pointe des diagnostics »

    Dr. Guillaume Kouadio, DG du CHU de Treichville : « Avec tout le matériel reçu, nous sommes désormais à la pointe des diagnostics »

    Le Docteur Guillaume Kouadio, directeur général du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Treichville, évoque dans cet entretien les importantes réformes menées au sein de la structure sanitaire qu’il dirige, qui en font aujourd’hui, un établissement de pointe.

    Vous avez récemment procédé à la pose de la première pierre du centre de diagnostic et de prise en charge de l’autisme. Pourquoi une telle initiative ?

    L’autisme a été une pathologie longtemps ignorée par la population. Et pourtant, nous avons de plus en plus de cas. Avec l’aide et le soutien du directeur du Programme national de santé mentale, nous avons décidé d’ouvrir un centre pour une meilleure prise en charge des enfants qui présentent ce genre de pathologie.

    Qu’en est-il du plateau technique et d’accueil du CHU à ce jour ?

    Aujourd’hui, le CHU de Treichville a au moins 450 lits et de nombreux nouveaux services. Dernièrement, le ministère avec à la tête le ministre Pierre Dimba a mis à notre disposition l’IRM 1.5. Donc aujourd’hui, nous avons un plateau technique très amélioré. Au CHU, nous avons d’excellents professionnels qui interviennent. Il suffit donc d’améliorer le plateau technique pour être dans les conditions idoines de prise en charge des patients. Et c’est ce qui est en train d’être fait. Avec tout ce que nous avons reçu comme matériels, nous sommes à la pointe des diagnostics.

    Combien de patients le CHU de Treichville enregistre-t-il en moyenne annuellement ?

    Cela dépend des services et des épidémies. Sans donner de chiffres, je pourrais néanmoins dire que pour tout ce qui concerne le Sud d’Abidjan jusqu’à Aboisso, nous enregistrons toutes les pathologies, les accidents et toutes sortes de maladies. Car nous avons plusieurs urgences, notamment les urgences médicales, les urgences chirurgicales, les urgences pédiatriques et les urgences de gynécologie. En dehors de ces quatre grandes urgences, nous avons également plusieurs autres urgences. En urgence en chirurgie, le patient peut être conduit en ORL ou en stomatologie. L’urgence médicale comprend quant à elle l’urgence de dermato. Le CHU de Treichville dispose de plusieurs unités de soins.

    Quelles sont les perspectives pour renforcer davantage la prise en charge, les capacités d’accueil du CHU ?

    Le ministère de la Santé a fait la rénovation du service de gynéco et du service d’urgence de chirurgie. La rénovation du service de traumatologie, des urgences médicales et de tout ce qu’on appelle médecine, c’est-à-dire le service du professeur Béda, est prévue à court terme.

    Le plateau technique a été amélioré. Cependant qu’en est-il du personnel ?

    Il y a eu un recrutement de personnel de pointe, avec neuf Professeurs agrégés qui sont venus récemment compléter l’effectif des spécialistes.

    Que prévoyez-vous pour l’avenir ?

    Très bientôt, nous allons améliorer trois grands compartiments, notamment le service de traumatologie pour une prise en charge efficace des victimes issues de la recrudescence des accidents de la circulation ; le service de médecine qui reçoit toutes les maladies ; et enfin l’hospitalisation de médecine.

    Avec le CICG

  • Le harcèlement judiciaire comme instrument de marginalisation politique: Une lecture juridique

    Le harcèlement judiciaire comme instrument de marginalisation politique: Une lecture juridique

    Dans les régimes se réclamant de la démocratie constitutionnelle, l’indépendance
    du pouvoir judiciaire est censée constituer un rempart contre l’arbitraire, une
    digue contre l’abus de pouvoir. Elle garantit l’État de droit, protège les libertés
    fondamentales et assure une régulation pacifique des conflits politiques.
    Pourtant, dans certaines configurations autoritaires à façade démocratique,
    notamment en Afrique de l’Ouest, et plus spécifiquement en Côte d’Ivoire, cette
    indépendance devient fictive. La justice se métamorphose alors en un bras armé
    du pouvoir exécutif, mobilisé non pour dire le droit, mais pour disqualifier, épuiser
    et museler les opposants. Elle devient un outil sournois de marginalisation
    politique, une machine à broyer les figures dissidentes. La Côte d’Ivoire
    contemporaine, avec les cas emblématiques de Damana Pickass, figure centrale
    du PPA-CI, et de Tidiane Thiam, acteur politique récemment réapparu sur la
    scène nationale, offre des illustrations frappantes de cette instrumentalisation
    rampante.

    Le harcèlement judiciaire, bien qu’il ne soit pas reconnu comme une infraction
    autonome dans la majorité des systèmes juridiques, constitue une forme
    perverse d’abus de droit. Il consiste en une utilisation répétée, détournée et
    politisée des procédures judiciaires dans le but non avoué de neutraliser un
    adversaire. Cette pratique se manifeste par une série d’actes :
    • la multiplication de plaintes infondées ou d’enquêtes préliminaires
    sans base légale solide,
    • les convocations récurrentes pour les mêmes faits, sans apport
    d’éléments nouveaux,
    • les mises en examen juridiquement fragiles mais politiquement
    spectaculaires,
    • et le recours systématique à des procédures dilatoires qui entravent
    l’exercice normal d’une activité politique.
    Loin d’être anodins, ces actes constituent des atteintes directes à plusieurs
    principes fondamentaux de droit : la présomption d’innocence, le droit à un
    procès équitable dans un délai raisonnable, la sécurité juridique, et surtout le
    droit inaliénable de participer librement à la vie politique de son pays. L’article 7
    de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, l’article 14 du Pacte
    international relatif aux droits civils et politiques, ou encore les constitutions
    nationales protègent expressément ces droits. Leur violation répétée, même sousdes formes procédurales apparemment légales, sape les fondements mêmes de la démocratie.


    Une arme de disqualification silencieuse


    Le harcèlement judiciaire ne se donne jamais pour ce qu’il est. Il avance masqué,
    sous les atours de la légalité, dissimulant l’intention politique derrière une façade
    procédurale. Il ne frappe pas nécessairement avec brutalité, mais avec
    constance. Il épuise, il use, il discrédite. Les personnalités politiques visées sont
    contraintes de passer plus de temps dans les couloirs des tribunaux que sur le
    terrain. Elles sont dépeintes dans les médias comme des suspects perpétuels,
    empêchées de se présenter à des échéances électorales par des arguties
    juridiques. Le harcèlement judiciaire devient alors un mode de disqualification
    silencieuse, une mort politique lente, administrée par la justice au nom du
    pouvoir.

    L’affaire Damana Pickass, dans ce cadre, n’est pas un simple contentieux
    judiciaire. Elle s’inscrit dans une stratégie plus vaste de déstabilisation de
    l’opposition politique. Le timing des poursuites, leur publicité, leur fragilité
    juridique mais leur portée médiatique, tout indique une volonté de
    décrédibilisation plus que de justice.

    Quant à Tidiane Thiam, figure potentiellement « dangereuse » pour l’équilibre politique actuel, il risque de
    devenir la cible de procédures opportunes, ressuscitant des dossiers anciens ou
    montés de toutes pièces, dans l’unique but de freiner son ascension politique.

    Le droit international comme rempart


    Face à ces dérives, le droit international offre des ressources normatives
    précieuses. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Charte
    africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance, ou encore la
    jurisprudence émergente de la Cour africaine des droits de l’homme et des
    peuples constituent un corpus de normes qui condamne fermement
    l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. L’article 10 de ladite Charte
    interdit toute forme d’entrave à la participation politique, tandis que la
    jurisprudence de la Cour de Banjul commence à établir une doctrine rigoureuse
    contre les persécutions politiques camouflées en procédures judiciaires.
    Ces instruments ne sont pas de simples déclarations de principes : ils offrent un
    cadre pour contester, devant les instances régionales ou internationales, les abus
    orchestrés au niveau national. Ils permettent aussi de mettre à nu, devant
    l’opinion publique continentale et internationale, les manipulations du droit par les
    détenteurs du pouvoir. Encore faut-il que les acteurs politiques, les juristes

    engagés et les organisations de défense des droits humains s’en saisissent avec
    lucidité et persévérance.


    Le rôle crucial de la société civile


    Mais le combat contre le harcèlement judiciaire ne peut être gagné sans
    l’implication active de la société civile. Celle-ci doit assumer un rôle de vigie
    démocratique, documentant, dénonçant et médiatisant chaque cas d’abus. Elle
    doit également contribuer à la formation juridique des citoyens et des militants
    politiques afin de renforcer leur résilience face aux manœuvres judiciaires
    politisées. Les organisations de défense des droits de l’homme, les barreaux, les
    journalistes d’investigation et les universitaires critiques doivent constituer un
    front uni face à cette perversion de la justice. Il leur revient de créer une pression
    constante, nationale et internationale, pour que cesse cette utilisation cynique
    des tribunaux comme outils de persécution politique.

    Une indépendance judiciaire à construire

    Enfin, poser un diagnostic sur la justice instrumentalisée impose de réfléchir aux
    conditions structurelles de son indépendance. Il ne suffit pas d’affirmer
    l’autonomie du pouvoir judiciaire dans les textes : encore faut-il l’ancrer dans les
    faits. Cela passe par une réforme en profondeur des procédures de nomination et
    de révocation des magistrats, par la garantie de leur sécurité matérielle et
    statutaire, par la protection contre les pressions politiques, mais aussi par une
    culture professionnelle fondée sur l’éthique et la responsabilité. Il s’agit de bâtir
    une magistrature courageuse, consciente de sa mission, et capable de résister
    aux injonctions du pouvoir exécutif comme aux tentations partisanes.
    Car tant que la justice sera aux ordres, tant qu’elle se prêtera à la manipulation
    politique, les élections resteront faussées, le débat public verrouillé, et les
    institutions discréditées. Une démocratie sans justice indépendante n’est qu’un
    théâtre d’ombres : elle mime les formes de la liberté tout en perpétuant les
    logiques de domination.


    ©DR KOCK OBHUSU
    Économiste – Ingénieur

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  • Tarifs douaniers américains : un bouleversement du commerce mondial jamais vu

    Tarifs douaniers américains : un bouleversement du commerce mondial jamais vu

    Les tarifs douaniers du président américain Donald Trump ébranlent le système de commerce mondial. Les Canadiens sont préoccupés, à juste titre, par leur impact dévastateur sur leurs relations avec leur voisin, mais ses répercussions planétaires pourraient s’avérer tout aussi dommageables.

    Désormais frappés de tarifs, des milliards de dollars d’exportations initialement destinées aux États-Unis seront détournés vers d’autres marchés, y compris celui du Canada. Cette réorientation historique mettra à rude épreuve tous les pays, y compris les plus libre-échangistes.

    Or, une sortie de crise demeure possible. Car les règles de commerce mondial, qui assurent la prospérité du monde depuis l’après-guerre, ont prévu en partie ce scénario. En cas d’afflux soudains d’importation, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) autorise des mécanismes qui permettent de composer avec la situation sans tout remettre en cause. Tous les pays devront faire face à la tempête, mais le système peut tenir si les gouvernements ne cèdent pas à la panique.



    Le mur américain

    Les États-Unis ont été, pendant longtemps, le plus grand marché de consommation au monde, en partie grâce à des tarifs douaniers moyens de seulement 3,3 %. En 2024, environ 15 % des importations mondiales leur étaient destinées.

    Cette époque est révolue depuis le 2 avril avec une hausse stupéfiante qui a multiplié par sept la moyenne des tarifs américains. Ceux-ci ont atteint 22 %, soit le niveau le plus élevé parmi les grandes économies marchandes.

    Même si le gouvernement de Donald Trump a depuis suspendu ses tarifs « réciproques » pour tous les pays, sauf la Chine, et exempté téléphones intelligents, ordinateurs et microcircuits, un tarif de base de 10 % et plusieurs droits de douane sectoriels restent en vigueur.

    Le tout forme un mur tarifaire autour des États-Unis comme on n’en a pas vu depuis des générations.

    Le grand rebrassage des échanges

    Le gros des perturbations viendra de la Chine. En 2024, celle-ci exportait pour 438,9 milliards de dollars de marchandises vers les États-Unis. Jusqu’à présent, des millions de colis, issus du commerce électronique, avaient été exemptés de droits de douane s’ils étaient inférieurs au seuil « de minimis » de 800 dollars.

    Depuis le 2 avril, Donald Trump a supprimé cette franchise pour les exportations chinoises. Les tarifs réciproques de 34 % sur toutes les importations chinoises frapperont aussi les plates-formes de commerce électronique, telles Shein.

    En réaction aux mesures de rétorsion chinoises annoncées le 4 avril, les États-Unis ont rehaussé leurs propres tarifs, lesquels s’ajoutent à un autre tarif de 20 % lié au fentanyl. En tout, les exportateurs chinois subissent un taux effectif de plus de 100 %, un niveau prohibitif.

    Une personne porte sur son épaule une boîte en carton sur laquelle est inscrit « Fabriqué en Chine »
    Dans le District des jouets, à Los Angeles, un travailleur trimbale une caisse d’accessoires de fêtes. (AP Photo/Jae C. Hong)

    Lors du dernier épisode de tensions commerciales sino-américaines, les exportateurs chinois s’étaient tournés vers l’Asie du Sud-Est. Cette fois-ci, cependant, ces mêmes pays sont aussi durement touchés.

    Le Vietnam, grand bénéficiaire des investissements d’exportateurs chinois, a vendu pour 137 milliards de dollars de marchandises aux États-Unis. Les Américains, même s’ils ont suspendu leurs tarifs « réciproques » de 46 % contre le Vietnam, ne toléreront sans doute pas une nouvelle tentative de contournement.

    Les tarifs américains frappent également toutes les automobiles importées à hauteur de 25 %, ce qui touche de grands exportateurs, comme la Corée du Sud, le Japon et l’Allemagne. Certaines de ces exportations pourront se maintenir si les tarifs sont absorbés dans le coût ou si les clients acceptent de payer plus cher. Autrement, ces exportations seront redirigées ailleurs.

    Au total, les marchés mondiaux devront faire face à un véritable raz de marée de marchandises détournées se chiffrant en centaines de milliards de dollars.

    Une nouvelle Grande Dépression

    Le monde a déjà joué dans ce film. Dans les années 1930, les États-Unis avaient augmenté les tarifs douaniers sur 20 000 produits importés à travers la Loi Smoot-Hawley. Cette loi, qui visait à protéger les industries américaines frappées par la Dépression, a entraîné la contraction rapide du commerce mondial.

    Cet effondrement n’était pas le résultat des représailles, mais plutôt l’effet de domino alors que tous les pays se sont refermés sur eux-mêmes. Confrontés au détournement généralisé des marchandises, tous les pays ont adopté leurs propres restrictions afin de protéger leur propre industrie.

    C’est le risque qui nous guette aujourd’hui : non pas les tarifs de Donald Trump, ni les représailles, mais une éventuelle vague de protectionnisme déclenchée par le flot des marchandises détournées.

    Graphique illustrant comment les droits de douane ont entraîné une baisse du commerce mondial entre 1929 et 1933
    Alors que les pays érigeaient des barrières protectionnistes, le commerce mondial a décliné de mois en mois entre 1929 et 1933, aggravant la Grande Dépression. (Wolfgang Alschner, d’après les données The World in Depression 1929-1939 by Charles P. Kindleberger)

    Vieilles craintes, nouvelles pressions

    La situation actuelle est peut-être plus précaire aujourd’hui qu’au début des années 1930.

    Depuis une décennie, les dirigeants occidentaux, y compris les membres du G7, tirent la sonnette d’alarme au sujet des « capacités excédentaires » chinoises. La Chine, qui consomme très peu et importe peu, dépend beaucoup trop de ses exportations, si bien qu’elle recourt à des mesures déloyales, telles que des subventions secrètes, pour casser ses prix sur les marchés étrangers.

    Les craintes de désindustrialisation ont déjà conduit certains gouvernements à mettre en place des mesures protectionnistes. En 2024, le Canada a ainsi imposé un tarif de 100 % sur les véhicules électriques chinois afin de protéger sa propre industrie naissante. Un détournement massif d’importations chinoises ne pourra qu’augmenter ces préoccupations antérieures à la présente crise.

    Un véhicule électrique se recharge à une borne de recharge pour véhicules électriques
    Une station de recharge de véhicules électriques à Pékin en juin 2024. (AP Photo/Andy Wong)

    Par ailleurs, les règles de commerce censées protéger contre le protectionnisme se sont fragilisées. À l’OMC, chargée de faire respecter ces règles, les États-Unis bloquent la nomination des juges de son Organe d’appel, sa plus haute instance.

    L’impunité qui en résulte encourage certains pays à bafouer les règles. L’Indonésie, par exemple, interdit les exportations de nickel, ce qui est incompatible avec les règles de l’OMC — tout comme d’ailleurs la taxe canadienne sur les véhicules électriques chinois, qui sera probablement jugée illégale.

    La croisée des chemins

    Cette réorientation généralisée des flux commerciaux représentera une grande épreuve pour un système déjà sous tension. Il n’est pas trop tard pour que les pays réaffirment leur engagement à respecter les règles de commerce — d’autant que ces mêmes règles prévoient déjà des exceptions permettant de faire face à des afflux soudains d’importations.

    Il est possible pour le Canada d’anticiper la situation en identifiant les secteurs vulnérables. Le gouvernement peut alors demander à son Agence des services frontaliers du Canada de déclencher une enquête. Celle-ci permet alors de franchir rapidement les obstacles procéduraux pour imposer des restrictions temporaires à l’importation — si la chose est justifiée.

    Si les pays s’en tiennent aux règles, le système de commerce mondial pourra résister à la tempête. Cependant, un dérapage protectionniste demeure possible, surtout en cas de panique. Face au déluge de marchandises chinoises, la tentation sera grande d’imiter les États-Unis en érigeant des barrières commerciales illégales.

    L’économie mondiale se trouve donc à la croisée des chemins. Une voie mène à l’escalade de mesures protectionnistes et à une contraction généralisée du commerce mondial. L’autre voie repose sur la réaffirmation de la coopération internationale et des règles de commerce auxquelles nous devons des décennies de croissance et de stabilité économiques.

    Wolfgang Alschner

  • Criminalité économique et financière : classement des pays africains en 2025

    Criminalité économique et financière : classement des pays africains en 2025

    Cabinet de conseil en gestion des risques, Secretariat International souligne que la criminalité économique et financière gagne du terrain un peu partout dans le monde et devient de plus en plus sophistiquée dans un contexte marqué par une fragmentation économique croissante et des progrès technologiques rapides.

    Les Seychelles, le Botswana et Maurice sont les pays africains qui présentent les plus faibles risques de criminalité économique et financière en 2025, selon un classement publié le jeudi 10 avril, par le cabinet de conseil Secretariat International.

    Cette première édition du « Secretariat Economic Crime Index » évalue les risques de criminalité financière et économique dans 177 pays. Les scores allant de 0 point (risque minimal) à 4 points (risque maximal) intègrent l’analyse des experts du cabinet de conseil avec des données provenant de trois indices qui font référence à l’échelle mondiale : le Basel AML Index relatif au blanchiment des capitaux, l’indice de perception de la corruption de Transparency International et l’indice de criminalité organisée de l’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (GI-TOC).

    1 high

    Les pays étudiés sont classés en quatre niveaux de risques distincts : « Titans transparents » (scores allant de 0 à 1,53 point / pays disposant de solides cadres de lutte contre la criminalité économique et financière et de mécanismes d’application des lois performants) ; « Acteurs vigilants » (scores allant de 1,54 à 2,18 points / pays qui mettent activement en œuvre les mesures de lutte contre la criminalité économique et améliorent leurs cadres réglementaires, malgré quelques lacunes) ; « Réformateurs réactifs » (scores allant de 2,19 à 2,83 points / pays où les lacunes réglementaires et la faiblesse de l’application des lois rendent les efforts de lutte contre la criminalité économiques moins efficaces, malgré l’existence d’une volonté politique) ; et « Retardataires en matière de réglementation » (scores allant de 2,84 à 4 points / pays caractérisés par une forte prévalence de la corruption et une criminalité financière systémique, qui rendent les efforts de lutte largement inefficaces).

    1 SECI

    Aucun pays africain ne figure dans la catégorie « Titans transparents ». Onze se trouvent cependant dans la catégorie « Acteurs vigilants ». Il s’agit dans l’ordre des Seychelles qui sont le pays africain le moins exposé au risque de criminalité économique et financière. Cet Etat insulaire de l’océan Indien occupe le 22è rang à l’échelle mondiale avec un score de 1,61 point. Viennent ensuite le Botswana (37è rang mondial), la République de Maurice (37è), le Cap-Vert (51è), la Namibie (52è), Sao Tomé-et-Principe (59è), le Rwanda (61è), la Tunisie (68è) et le Maroc (75è). La Zambie (81è rang mondial) ferme le Top 10 africain. En bas du tableau, on retrouve la Somalie (171è), la RDC (173è) et le Soudan du Sud (176è).

    (Voir le classement complet des pays africains ci-dessous).

    A l’échelle mondiale, la Finlande est le pays le plus résilient à la criminalité économique et financière, avec un score de 1,01 point devant le Danemark, l’Islande, le Luxembourg et l’Estonie. Les Etats-Unis occupent le 45è rang mondial avec un score de 1,85 point alors que la Chine arrive à la 143è position.

    Secretariat International souligne par ailleurs que la criminalité économique et financière reste une préoccupation mondiale majeure, les flux financiers illicites devant augmenter de 4500 milliards en 2024 à 6000 milliards de dollars à l’horizon 2030. Le blanchiment d’argent, la fraude, la corruption et les abus de marché continuent d’évoluer et de devenir plus sophistiqués, alimentés par l’évolution des priorités géopolitiques et réglementaires, les progrès rapides des actifs virtuels, la finance décentralisée (DeFi), l’intelligence artificielle (IA) et le machine learning.

    Walid Kéfi

    Classement complet des pays africains les plus résilients à la criminalité économique et financière :

    1-Seychelles (22è rang mondial)

    2-Botswana (37è)

    3-Maurice (48è)

    4-Cap-Vert (51è)

    5-Namibie (52è)

    6- Sao Tomé-et-Principe (59è

    7-Rwanda (61è)

    8-Tunisie (68è)

    9-Maroc (75è)

    10-Zambie (81è)

    11-Sénégal (83è)

    12-Ghana (84è)

    13-Gambie (85è)

    14-Malawi (86è)

    15-Egypte (89è)

    16-Lesotho (90è)

    17-Ethiopie (101è)

    18-Burundi (102è)

    19-Bénin (1016è)

    20-Tanzanie (112è)

    21-Afrique du Sud (113è)

    22-Côte d’Ivoire (114è)

    23-Mauritanie (115è)

    24-Djibouti (116è)

    25-Burkina Faso (119è)

    26-Sierra Leone (121è)

    27-Guinée (126è)

    28-Togo (129è)

    29-Ouganda (131è)

    30-Eswatini (132è)

    31-Algérie (133è)

    32-Zimbabwe (135è)

    33-Comores (136è)

    34-Angola (137è)

    35-Niger (138è)

    36-Madagascar (145è)

    37-Mali (148è)

    38-Cameroun (149è)

    39-Libera (150è)

    40-Erythrée (151è)

    41-Kenya (152è)

    42-Gabon (153è)

    43-République du Congo (154è)

    44-Guinée-Bissau (157è)

    45-Mozambique (158è)

    46-Guinée équatoriale (159è)

    47-Nigeria (160è)

    48-Tchad (163è)

    49-Soudan (164è)

    50-Centrafrique (166è)

    51-Libye (168è)

    52-Somalie (171è)

    53-RDC (173è)

    54-Soudan du Sud (176è)

  • PRÉSIDENTIELLE 2025, CE QUE L’ÉMISSAIRE ONUSIEN EN VISITE EN CÔTE D’IVOIRE SOUHAITE

    PRÉSIDENTIELLE 2025, CE QUE L’ÉMISSAIRE ONUSIEN EN VISITE EN CÔTE D’IVOIRE SOUHAITE

    À six mois de l’élection présidentielle, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Léonardo Santos Simao, est en visite en Côte d’Ivoire. Il a été reçu jeudi 17 avril 2025, par le président Alassane Ouattara.

    Pour la présidentielle 2025, l’émissaire onusien en visite de travail en Côte d’Ivoire a émis le souhait de la tenue d’un scrutin apaisé.

    « Nous souhaitons aux Nations Unies, que le pays continue à inspirer d’autres Etats par la tenue d’élections apaisées, permettant aux populations de choisir librement leurs dirigeants », a fait savoir Léonardo Santos Simao à sa sortie d’audience avec le président Alassane Ouattara.

    « Les élections sont toujours un moment spécial dans n’importe quel pays. Et la Côte d’Ivoire est en bon chemin pour préparer des élections paisibles », a-t-il rassuré également.

    Léonardo Santos Simao a également salué les efforts de développement engagés par le gouvernement ivoirien.

    Selon le fonctionnaire onusien, ces actions, menées sous le leadership du chef de l’État, se traduisent par une amélioration visible des conditions de vie des populations.

    Au niveau régional, le représentant de l’ONU a insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée face à la menace terroriste.

    « Les Nations Unies sont toujours là pour soutenir les efforts du pays, en particulier dans la création de plateformes communes de lutte contre le terrorisme », a-t-il assuré.

    A LIRE AUSSI : Le représentant spécial du SG de l’ONU en visite à Abidjan

    Il faut le rappeler, cette visite du représentant spéciale du Secrétaire général de l’ONU intervient dans un climat politique marqué par des tensions.

    Plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé ou encore Guillaume Soro, sont actuellement écartées du processus électoral, à la suite de décisions judiciaires qu’ils contestent.

    Une situation que dénoncent leurs formations politiques, qui appellent à la réintégration de leurs leaders et à la mise en place de conditions jugées favorables à un scrutin inclusif et transparent.

    Depuis le vendredi 11 avril 2025, le PPA-CI et le PDCI ont suspendu leur participation aux travaux de la Commission électorale indépendante (CEI), qu’ils accusent de partialité.

    Pour ces partis, la structure chargée d’organiser le scrutin ne présente pas, en l’état, les garanties d’un processus électoral crédible.

    Eirena Etté

  • Côte-d’Ivoire: À 67 ans Mamadou Koulibaly annonce sa « retraite politique »

    Côte-d’Ivoire: À 67 ans Mamadou Koulibaly annonce sa « retraite politique »

    « Le Temps de la Retraite, le Goût du Relais »

    Mes chers amis, mes compagnons de lutte,

    Dans notre combat contre les autocrates, les kleptocrates, les dictateurs — et tous ces potentats qui brisent les peuples et piétinent nos espérances — il arrive un moment où l’on doit s’arrêter, se retourner, et accepter l’évidence : le temps nous a rattrapés.

    Il ne s’agit pas de fuir le combat, encore moins de l’abandonner.
    Il s’agit d’un choix. Celui de ne pas devenir ce que nous avons passé notre vie à dénoncer.

    Mon temps est passé.
    Je suis à la retraite.

    Mais que l’on ne confonde pas retraite et renoncement. Je ne suis ni inactif, ni isolé. Je suis là, vivant, vibrant, habité par une flamme qui ne s’éteint pas.
    Seulement, aujourd’hui, je ne suis plus en première ligne.

    Désormais, je prête mes épaules, ma force, mes armes, ma mémoire… et ma tête —
    à ceux et celles qui montent.
    À ceux et celles qui croient encore qu’on peut conquérir l’inaccessible étoile.
    Et s’ils trébuchent, je serai là. S’ils doutent, je parlerai. S’ils tombent, je les relèverai.

    Peu m’importe le temps que cela prendra,
    peu m’importe les obstacles sur leur route.
    Ce qui me touche, ce qui me porte,
    c’est leur volonté.

    Elle donne un sens lumineux à cette étape de ma vie.

    Oui, j’ai quitté les mandats, les estrades, les joutes publiques.
    Mais ma vie n’a rien perdu de sa passion.

    Je vis, pleinement. Et avec un calme nouveau,
    je contemple la relève avec fierté.
    Je leur tends la main non pas pour les guider,
    mais pour les soutenir.

    Car si la lumière doit changer de porteur,
    que le flambeau au moins ne faiblisse jamais.

    « Le temps venu »

    Dans le combat contre les autocrates, les kleptocrates, les dictateurs et autres potentats de chez nous, il devient crucial, à un certain moment, de savoir envisager une forme de retraite. Non par renoncement, mais pour éviter le piège de devenir, à notre insu, ce que nous avons toujours combattu.

    Mon temps est passé.
    Je suis à la retraite.

    Mais qu’on ne s’y trompe pas : je ne suis ni oisif, ni solitaire.

    Je poursuis ma quête autrement, en mettant mes épaules, ma force, mes armures — et ma tête — au service de nouveaux combattants, sincèrement engagés. Peu m’importe le temps que leur lutte prendra, peu m’importe leurs chances de conquérir l’inaccessible étoile. Ce qui m’importe, c’est leur volonté.

    C’est elle qui me donne une raison de vivre cette étape de ma vie avec fierté, gaieté — et sans désespérance.

    J’ai une vie en dehors des mandats politiques.
    Et elle me passionne.

    Mamadou Koulibaly, ex-Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire (2000-2011), ex-président de Lider.

  • Comment les réseaux djihadistes sahéliens tentent de recruter de nouveaux membres en Côte d’Ivoire

    Comment les réseaux djihadistes sahéliens tentent de recruter de nouveaux membres en Côte d’Ivoire

    Selon les informations du « Monde », des Maliens et des Burkinabés liés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, franchise sahélienne d’Al-Qaida, ont été récemment interpellés par les services de renseignement ivoiriens.

    Tout à leur stratégie d’expansion territoriale, les groupes djihadistes opérant au Mali et au Burkina Faso mènent régulièrement des incursions, et parfois des attaques, contre des postes militaires dans le nord de la Côte d’Ivoire. Ils ont désormais des relais jusque dans la moitié sud du pays.

    Selon des sources officielles et sécuritaires concordantes, début février, un réseau de ressortissants maliens et burkinabés liés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la franchise sahélienne d’Al-Qaida, y a été identifié et a été, depuis, en partie démantelé par les services de renseignement ivoiriens. Ses membres cherchaient notamment à recruter de potentiels combattants en Côte d’Ivoire pour aller combattre au Sahel.

    L’enquête, menée par la direction de la surveillance du territoire et le centre de renseignement opérationnel antiterroriste, a démarré, le 8 février, avec l’interpellation d’Issa D. à Daoukro, une ville située à environ 230 kilomètres au nord d’Abidjan. Ce Burkinabé, membre de la communauté peule, a combattu dans les rangs d’une katiba liée au GSIM et implantée dans la forêt de Pama, dans le sud-est du Burkina Faso. Lors de la fouille de son téléphone, des messages et images de propagande djihadiste ont été découverts dans un groupe La suite sur lemonde.fr

  • « La norme, désormais, semble être la trahison ». L’hommage de Guillaume Soro à son frère ABEDI PELE

    « La norme, désormais, semble être la trahison ». L’hommage de Guillaume Soro à son frère ABEDI PELE

    À mon frère Abedi, Il est des amitiés qui traversent le temps. Des fraternités que rien ne brise. Aujourd’hui, ces valeurs deviennent rares. Pour ne pas dire : en voie de disparition. La norme, désormais, semble être la trahison. La déloyauté est devenue banale — dans les familles, en politique, partout. Et GPS n’y échappera pas : d’autres encore partiront. D’autres trahiront.

    Mais c’est précisément pour cela que je tiens à te rendre hommage, toi, Abedi Pelé, mon frère de cœur, mon ami fidèle. Dans mon infortune, tu es resté debout. Malgré les humiliations. Malgré les périls. Tu n’as jamais tourné le dos. Merci pour ta dignité en amitié. Merci pour ces moments de fraternité, et ces risques que tu as pris pour moi. Je salue ton fils, Andre Ayew, qui m’appelle avec affection “mon tonton”. Et ta fille Imani, dont la douceur et la grâce portent bien son nom. Que Dieu vous bénisse. Et que ton exemple continue d’éclairer ce monde devenu si pauvre en loyauté.

    Thank you my brother Abedi. Guillaume Kigbafori Soro. TRADUCTION ANGLAISE : To my brother Abedi, There are friendships that withstand the test of time. Brotherhoods that nothing can break. Today, such values have become rare—if not endangered. Betrayal seems to have become the new norm. Disloyalty has spread—within families, in politics, everywhere. And GPS will not be spared. Others will leave. Others will betray. And that is precisely why I want to pay tribute to you, Abedi Pelé— my brother in heart, my faithful friend. In my misfortune, you stood firm. Despite the humiliations. Despite the dangers. You never turned your back.

    Thank you for your dignity in friendship. Thank you for those moments of fraternity, and for the risks you took for me. I salute your son, André Ayew, who affectionately calls me “my uncle,” and your daughter Imani, whose name so perfectly reflects her grace and gentleness. May God bless you all. And may your example continue to shine in a world that has grown so poor in loyalty. Thank you, my brother Abedi. Guillaume Kigbafori Soro.

  • Cédéao : Accra invite les leaders de l’AES à une réunion décisive

    Cédéao : Accra invite les leaders de l’AES à une réunion décisive

    Après une tournée diplomatique au Mali, au Burkina et au Niger, suivi d’un entretien stratégique avec le président nigérian Bola Tinubu, le président ghanéen John Dramani Mahama convie les chefs d’État de l’AES à une réunion extraordinaire du Conseil des ministres de la Cédéao à Accra.

    Le Ghana poursuit ses efforts de médiation entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la Confédération des États du Sahel (AES). En marge de la célébration du 50e anniversaire de l’institution régionale, Accra accueillera, les 22 et 23 avril 2025, une réunion extraordinaire du Conseil des ministres de la Cédéao consacrée au retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Fait à relever, les chefs d’État de l’AES ont été officiellement conviés à cette rencontre par le président ghanéen John Dramani Mahama, en tant qu’hôtes spéciaux de cette session cruciale.

    Cette invitation intervient dans un contexte marqué par une série d’initiatives diplomatiques menées par Mahama lui-même. Le 10 mars dernier, il bouclait une tournée de trois jours dans les trois capitales sahéliennes, où il s’était entretenu avec les présidents de la transition du Mali, du Burkina Faso et du Niger. À la fin de ce périple, il avait plaidé pour des relations « bien décentes » entre la Cédéao et l’AES, tout en concluant des accords bilatéraux dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et de la sécurité.

    Dans la foulée, Mahama a effectué une visite à Abuja fin mars, où il a rencontré son homologue nigérian Bola Ahmed Tinubu, président en exercice de la Cédéao.

    La réunion des ministres des Affaires étrangères et des Finances à Accra, à laquelle participeront Bola Ahmed Tinubu, president en exercice de la Cédéao, le président de la Commission, des chefs d’État et des dirigeants d’organisations partenaires, devrait permettre d’examiner les implications du départ des trois pays sahéliens et d’élaborer un rapport en vue du prochain sommet des chefs d’État de l’Organisation communautaire.

    Si les dirigeants de l’AES acceptent l’invitation, cela pourrait marquer une relance majeure du dialogue régional, dans un climat de forte tension depuis leur retrait entériné en janvier 2025.

    AC/Sf/APA

  • L’Onu appelle à une Présidentielle inclusive et apaisée après une rencontre avec la direction du PDCI

    L’Onu appelle à une Présidentielle inclusive et apaisée après une rencontre avec la direction du PDCI

    A sept mois de la présidentielle ivoirienne, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simão, est en mission en Côte d’Ivoire. L’émissaire du Secrétaire général de l’Onu a eu une séance de travail avec des membres de la direction du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda). Cette rencontre s’est déroulée le vendredi 18 avril 2025, à la Maison du parti à Abidjan-Cocody.

    A la fin de cet entretien, Leonardo Santos Simão a encouragé les partis politiques ivoiriens à travailler ensemble. « Nous allons continuer d’encourager les forces politiques à travailler ensemble pour conduire le pays vers des élections paisibles. C’est possible. Parce que la Côte d’Ivoire a une classe politique bien expérimentée avec des expériences nationales et internationales. Toutes ces expériences doivent être mises au service de la paix et de la stabilité. Mais aussi donner aux citoyens de choisir leur représentant et leur dirigeant », a affirmé Leonardo Santos Simão.

    D’après l’émissaire de l’Onu, lors des échanges, le Pdci-Rda a partagé sa vision sur la préparation des élections. « Le parti (le Pdci-Rda) a partagé sa vision sur la préparation des élections en Côte d’Ivoire. Nous remercions le parti sur ce partage de vision. Le Pdci a également partagé ses préoccupations. Nous avons pris bonne note. Nous allons continuer à travailler pour encourager le pays à trouver des solutions pour surmonter les difficultés », a-t-il dit.

    Selon lui, « il n’y a pas d’élections parfaites. Il y a toujours des insuffisances ici et là ». « Mais quand les forces politiques travaillent ensemble dans le même but de préserver la paix, la stabilité, c’est l’essentiel », a-t-il fait savoir.

    Ont pris part à cette séance de travail au titre du Pdci-Rda, le vice-président, Georges Philippe Ezaley ; l’ambassadeur Bamba Youssouf Joseph et le président du groupe parlementaire du Pdci-Rda, Simon Doho.

    Il faut souligner que le Président de la République, Alassane Ouattara, a accordé une audience le 17 avril 2025, au Palais présidentiel à Abidjan-Plateau, au Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simão.

    Par Patrick N’Guessan

  • Abolition du droit du sol La Cour suprême fixe une audience le 15 mai sur le décret de Trump

    Abolition du droit du sol La Cour suprême fixe une audience le 15 mai sur le décret de Trump

    Saisie le 13 mars par l’administration Trump qui lui demandait d’intervenir dans la bataille judiciaire sur ce décret controversé et de suspendre les décisions de juridictions inférieures, la Cour suprême avait donné trois semaines aux parties adverses pour répondre à ce recours.

    Dans une brève décision jeudi, elle fixe une audience pour le 15 mai et rejette pour le moment la demande de suspension présentée par l’exécutif des décisions de Cours d’appel fédérales.

    Dès le 20 janvier, jour de son investiture, Donald Trump a signé ce décret, l’un des plus critiqués de son nouveau mandat.

    Il revient en effet sur le droit du sol, principe consacré par le 14e amendement de la Constitution, disposant que tout enfant né aux États-Unis est automatiquement citoyen américain, et appliqué depuis plus de 150 ans.

    PHOTO ALEX BRANDON, ASSOCIATED PRESSLe président des États-Unis, Donald Trump

    Donald Trump s’est déclaré « très content » que la Cour suprême ait fixé les débats à cette date.

    « Nous devrions gagner », a-t-il affirmé à des journalistes à la Maison-Blanche.

    Cette affaire d’acquisition de la citoyenneté par le droit du sol concerne l’esclavage.

     Donald Trump, président des États-Unis

    Il faisait apparemment référence à l’adoption du 14e amendement en 1868, après la Guerre civile et l’abolition de l’esclavage, afin de garantir les droits des esclaves affranchis et de leurs descendants.

    À présent, « les gens entrent dans notre pays et soudainement ils deviennent des citoyens, et ils payent beaucoup d’argent à différents cartels » pour cela, a affirmé le président américain.

    Le département de la Justice s’est pour sa part félicité d’une « victoire clé pour le programme populaire du président Trump en matière d’immigration ».

    Le décret présidentiel a été rapidement contesté en justice et son application a été suspendue sur tout le territoire américain par plusieurs tribunaux et cours d’appel fédéraux.

    L’administration Trump a donc demandé à la Cour suprême de limiter la portée de ces décisions aux seules personnes directement concernées, à savoir celles qui ont saisi la justice.

    A minima, elle exhorte la Cour suprême à permettre aux agences fédérales d’élaborer et de publier des directives quant à l’application du décret présidentiel, ce qui ne leur est pas pour le moment autorisé.

    Le décret interdit au gouvernement fédéral de délivrer des passeports, des certificats de citoyenneté ou d’autres documents aux enfants dont la mère séjourne illégalement ou temporairement aux États-Unis, et dont le père n’est pas citoyen américain ou résident permanent-titulaire de la fameuse « carte verte ».

    Sont également visés les enfants dont les parents résident temporairement aux États-Unis grâce à un visa étudiant, de travail ou de tourisme.

    En signant ce décret le 20 janvier, Donald Trump avait lui-même reconnu s’attendre à des contestations devant les tribunaux. Il avait également qualifié le droit du sol de principe « ridicule », et faussement affirmé que les États-Unis seraient « les seuls » à l’appliquer. 

  • Mali : le FMI accorde une aide d’urgence de 129 millions de dollars

    Mali : le FMI accorde une aide d’urgence de 129 millions de dollars

    Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un soutien financier d’urgence de 129 millions de dollars en faveur du Mali, via la Facilité de Crédit Rapide (FCR). Ce financement immédiat s’inscrit dans le cadre du guichet « choc exogène », visant à répondre aux conséquences économiques graves provoquées par les récentes catastrophes naturelles, dans un contexte déjà fragilisé par une situation sécuritaire et humanitaire instable.

    Dans un communiqué officiel, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, ce mercredi, un soutien financier d’urgence de 129 millions de dollars en faveur du Mali. Non sans préciser que le conseil d’administration a donné son feu vert à cette demande, ouvrant la voie à un décaissement équivalent à 93,3 millions de droits de tirage spéciaux (DTS). Cette aide s’accompagne d’un programme de référence d’une durée de 11 mois, conçu pour soutenir les priorités macroéconomiques du pays.

  • Présidentielle 2025 : Tidjane Thiam désigné candidat du PDCI-RDA avec 99,50 % des voix

    Présidentielle 2025 : Tidjane Thiam désigné candidat du PDCI-RDA avec 99,50 % des voix

    Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire a officiellement choisi son champion pour la présidentielle d’octobre 2025. Tidjane Thiam, actuel président du parti, a été désigné candidat à l’issue de la Convention élective éclatée organisée sur l’ensemble du territoire national dont les résultats ont été proclamés ce jeudi 17 avril 2025 au siège du parti à Abidjan-Cocody.

    L’ancien patron du Crédit Suisse a obtenu une quasi-unanimité avec 99,50 % des voix, contre 0,50 % de bulletins nuls, selon les résultats proclamés par le Comité électoral présidé par Georges Philippe Ezaley.

    Cette Convention élective, tenue de manière décentralisée dans les différentes délégations départementales et communales du parti, marque un tournant historique pour le plus vieux parti de Côte d’Ivoire. Elle consacre l’entrée en lice officielle de Tidjane Thiam dans la course à la magistrature suprême sous la bannière du PDCI-RDA.

    Selon le Comité électoral, 7 123 délégués votants ont pris part au scrutin, confirmant ainsi une forte mobilisation de la base militante en faveur de l’ancien ministre du Plan.

    Cyprien K.

  • Présidentielle 2025: La CEI rejette les recours contre l’inscription de Tidjane Thiam sur la liste électorale

    Présidentielle 2025: La CEI rejette les recours contre l’inscription de Tidjane Thiam sur la liste électorale

    La Commission Électorale Indépendante (CEI) a tranché ce jeudi 17 avril 2025 : elle a rejeté tous les recours visant à faire radier Tidjane Thiam de la liste électorale. Pour l’institution, le certificat de nationalité ivoirienne présenté par le président du PDCI-RDA constitue une preuve suffisante de son éligibilité.

    Revenu en politique en 2023, l’ancien dirigeant du Crédit Suisse a vu son inscription sur la liste électorale contestée par près de 150 citoyens, notamment dans sa circonscription de Cocody. Les plaignants affirment qu’il aurait perdu la nationalité ivoirienne en 1987, en devenant français, et qu’il ne l’aurait officiellement recouvrée qu’en mars 2025 — soit après la période d’inscription.

    La CEI s’est appuyée sur un certificat de nationalité délivré le 8 juin 2020, document qu’elle considère valide en l’absence de preuve contraire. « Ce certificat établit qu’il est bel et bien Ivoirien et remplit les conditions pour figurer sur la liste électorale », indique la CEI.

    Cette décision pourrait ne pas clore définitivement le débat : les plaignants ont encore la possibilité de porter l’affaire devant les juridictions compétentes. En attendant, Tidjane Thiam reste éligible et potentiellement candidat à la présidentielle de 2025.

  • Présidentielle 2025: Le FPI claque la porte de la CEI et exige la démission de son équipe dirigeante

    Présidentielle 2025: Le FPI claque la porte de la CEI et exige la démission de son équipe dirigeante

    Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), a annoncé ce jeudi 17 avril 2025 la suspension de la participation de son parti à toutes les activités de la Commission électorale indépendante (CEI). À travers cette décision, le FPI exige la démission de l’ensemble de l’équipe dirigeante de l’organe électoral, qu’il accuse d’inefficacité et de partialité.

    Lors d’une conférence de presse tenue au siège du parti à Abidjan, l’ancien Premier ministre a pointé du doigt une CEI « discréditée », incapable, selon lui, de garantir un processus électoral transparent et crédible. Il a notamment accusé le président de la CEI, Ibrahime Kuibiert Coulibaly, d’avoir adopté une posture « de diabolisation de l’opposition » et de ne plus incarner l’impartialité requise.

    « La CEI actuelle a échoué. Elle a perdu notre confiance et doit en tirer les conséquences : elle doit partir », a déclaré Affi N’Guessan.

    Une opposition désormais unie face à la CEI

    En se retirant des activités de la CEI, le FPI rejoint officiellement le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) de Tidjane Thiam et le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, qui avaient déjà suspendu leur participation le 11 avril. Ensemble, ces partis réclament une réforme urgente de l’organe électoral, un audit indépendant du fichier électoral et l’ouverture d’un dialogue politique national.

    « Si les acteurs n’ont pas confiance en l’arbitre, il ne peut y avoir d’élection transparente », a insisté Affi N’Guessan.

    La CEI se défend

    En réponse à ces accusations, la CEI a rejeté toute accusation de partialité. Son président, Ibrahime Kuibiert Coulibaly, a réaffirmé que toutes les décisions électorales ont été prises en concertation avec les parties prenantes. Il a dénoncé un « manque de cohérence » de la part de l’opposition, tout en assurant que l’institution reste guidée par les lois de la République.

    L’élection présidentielle, prévue pour le 25 octobre 2025, s’annonce de plus en plus tendue, dans un climat de défiance entre l’opposition et l’autorité électorale. Le bras de fer est désormais engagé.

  • Kuibiert face aux religieux : « L’objectif de la campagne menée contre nous est le discrédit par tous les moyens de la Cei » – Entre justification, inaction et troncature

    Kuibiert face aux religieux : « L’objectif de la campagne menée contre nous est le discrédit par tous les moyens de la Cei » – Entre justification, inaction et troncature

    Suite au retrait du Ppa-Ci et du Pdci de la Commission centrale de la Cei, son président Coulibaly-Kuibiert Ibrahime s’est lancé dans une opération de communication. Pour le premier round de cette opération, il a rencontré mercredi 16 avril, les guides religieux venus très nombreux à Latrille Event. Objectif : Justifier sa position et jeter en pâture les revendications de l’opposition sans envisager la moindre solution pour sortir de l’impasse actuelle. Ci-après l’intégralité de son discours devant ses hôtes

    Madame et Messieurs les Vice-Présidents,

    Distingués Guides religieux, représentants des communautés religieuses,

    Mesdames et Messieurs les membres de mon Cabinet,

    Mesdames et Messieurs les Directeurs Centraux, Sous-directeurs,

    Chefs de service,

    Chers amis de la presse,

    Mesdames et Messieurs,

    Je voudrais vous exprimer mes très sincères remerciements et mon profond respect pour la disponibilité que vous manifestez à l’endroit de la Commission Electorale Indépendante (CEI) par votre présence fraternelle mais hautement affective pour nous. 

    Honorables et distingués Guides religieux, je voudrais vous dire notre gratitude pour avoir répondu massivement à cette invitation qui démontre votre intérêt pour la paix et la haute idée que vous avez de la Côte d’Ivoire et des Institutions républicaines

    La Commission Electorale Indépendante, conformément à la volonté du Constituant et du législateur, est chargée de l’organisation des référendums, de l’établissement de la liste électorale et des élections en

    Côte d’Ivoire. En exécution de ces attributions, en octobre 2024, elle a engagé un énième cycle électoral par la Révision de la Liste Electorale (RLE) qui va s’achever bientôt.

    Comme vous le savez, notre beau pays a un rendez-vous important en cette année 2025. Il s’agit de l’élection du Président de la République, qui se tiendra le 25 octobre 2025, conformément à l’article 56 alinéa 2 de notre Loi fondamentale.

    Malheureusement, à la différence des autres élections (législatives, sénatoriales, régionales et communales), celle du Président de la République déchaine de vives passions et des surenchères.  

    Il vous souviendra que les élections législatives de 2021, les locales et sénatoriales de 2023 ont été saluées par tous comme des élections apaisées, surtout qu’en 2020, l’élection présidentielle s’était déroulée dans un contexte de fortes tensions et violences caractérisées.

    Cinq ans après cette élection présidentielle, à l’approche de la nouvelle, la Commission Electorale Indépendante est encore l’objet de vives critiques

    Dans ce cadre, le processus de révision de la liste électorale qu’elle a engagé n’est pas épargné. Ces contestations ou critiques ont conduit deux partis politiques de l’opposition à enjoindre aux personnalités par eux désignées au sein de notre Institution à y suspendre leur participation.

    Pourtant, afin de rassurer et répondre aux préoccupations des uns et des autres, la CEI a pris l’habitude d’informer et de former régulièrement l’opinion nationale et l’ensemble des parties prenantes au processus électoral. Nous avons institué un cadre permanent d’échanges avant chaque opération et à la fin de chaque élection. Les diverses rencontres que nous avons eues en 2024 avec les Institutions nationales et les partis politiques en témoignent. Cependant, devant la persistance des critiques et des attaques, il a paru utile à la Commission centrale de la Commission Electorale Indépendante d’avoir cette rencontre avec les hommes de Dieu, toutes obédiences confondues. Notre histoire nous commande cette démarche. Vous, Ministres des cultes, vous, Autorités religieuses, vous, Guides spirituels, êtes le ciment et le ferment de la vie et de la cohésion sociale. Par vos intercessions, vos prières, vos prêches et surtout par vos prises de parole, vous rendez la société meilleure à travers ses membres que nous sommes. Vous êtes sans doute un pilier important des institutions sociales.

    Par le passé, vous n’avez cessé d’œuvrer à apaiser les rancœurs et les relations parfois impétueuses entre les acteurs politiques. Votre posture d’acteurs de la société, vivant et partageant les aspirations légitimes et les inquiétudes de nos concitoyens nous incline également à vous livrer directement notre regard sur le processus électoral. C’est notre responsabilité d’Institution en charge de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire.

    Honorables et distingués Guides religieux, en vous invitant ce jour, la Commission Electorale Indépendante a souhaité vous informer directement sur le déroulement des opérations électorales afin que vous n’en ignoriez rien. 

    Nos propos liminaires porteront, d’abord, sur la présentation de la CEI, c’est-à-dire son organisation et son fonctionnement en lien avec la question de son indépendance. Nous mettrons, ensuite, un point d’honneur à insister sur la liste électorale, précisément sur la nouvelle RLE demandée par les partis politiques et la question de son audit.

    I- DE L’ORGANISATION ET DU FONCTIONNEMENT DE LA CEI

    Depuis son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire a fait formellement le choix de la démocratie. Cependant, ce n’est qu’en 1990, à la fin du parti unique, qu’elle a connu ses premières élections véritablement concurrentielles et ouvertes à plusieurs partis politiques.

    Le caractère démocratique de celles-ci et de celles qui ont suivi a cependant été contesté car leur organisation était le fait du Ministère de l’Intérieur.

    A la suite du coup d’état du 24 décembre 1999, pour faire droit aux revendications de l’opposition politique au PDCI-RDA, et les nouvelles expériences dans d’autres Etats de l’Afrique de l’Ouest aidant, la Côte d’Ivoire, à la faveur de l’élaboration de la Constitution du 1er août 2000, décide de confier l’organisation des élections à une « Commission indépendante ». 

    Pour paraphraser la Cour constitutionnelle béninoise, cette évolution institutionnelle est liée « à la recherche d’une formule permettant d’isoler, dans l’administration de l’État, un organe disposant d’une réelle autonomie par rapport au gouvernement, aux départements ministériels et au parlement, pour l’exercice d’attributions concernant le domaine sensible des libertés publiques, en particulier des élections honnêtes, libres et transparentes » (CC du bénin, décision du 23 décembre 1994).

    Instituée en 2000, la Commission Electorale Indépendante est effectivement installée en 2001 après l’adoption de la loi n°2001-634 du 9 octobre 2001 portant composition, organisation, attributions et fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante.

    Cette loi de 2001 a enregistré huit modifications (08) modifications (en 2004, 2005, 2014, 2019, 2020 et 2022) qui ont souvent porté sur la composition de la Commission centrale passant successivement de 25 membres (en 2001), 31 membres (en 2005), 17 membres (en 2014), 15 membres (en 2019), 16 membres (en 2020) et 18 membres en 2022.

    D’une commission originelle conçue pour les partis politiques, l’on a plus tard intégré les Hommes de Dieu, avant de les en retirer au profit de la société civile.  Cette loi fait de la CEI un organe inclusif et impartial qui doit rassurer. En témoigne l’organisation et le fonctionnement de la CEI.

    A- DE L’ORGANISATION DE LA COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE

    En effet, la loi organise la CEI comme une Institution inclusive au sein de laquelle siègent les principaux acteurs intéressés par les questions électorales. Cette inclusion s’observe tant au niveau de la Commission centrale que des Commissions locales. 

    1. La composition de la Commission centrale

    Depuis le vote de la loi n°2022-886 du 23 novembre 2022, la Commission centrale qui est l’organe principal de la CEI compte 18  membres.

    Ces membres, nommés par décret en Conseil des Ministres, pour un mandat de 06 ans, sont les suivants : – une (01) personnalité proposée par le Président de la République ; – une (01) personnalité proposée par le Ministre chargé de l’Administration du Territoire ; – six (06) personnalités issues de la société civile dont un avocat proposé par le Barreau, une personnalité proposée par le Conseil National des Droits de l’Homme et quatre personnalités proposées par les Organisations de la société civile ;  – un (01) magistrat proposé par le Conseil Supérieur de la Magistrature ; – quatre (04) personnalités proposées par le parti ou groupement politique au pouvoir ; – cinq (05) personnalités proposées par les partis ou groupements politiques de l’opposition.

    Ces dix-huit membres forment l’Assemblée des membres, l’organe délibérant de la CEI. Ils mettent en place un Bureau, qui, aux termes de la loi relative à la CEI, prépare les réunions de l’Assemblée des membres et en exécute les délibérations. Ce bureau comprend huit membres élus en son sein par l’Assemblée des membres, à savoir : un Président élu pour un mandat de 6 ans non renouvelable ; un 1er Vice-président, un 2ème Vice-président, un 3ème Vice-président, un 4ème Vice-président, un Secrétaire permanent, un 1er Secrétaire permanent adjoint, un 2ème Secrétaire permanent adjoint, tous élus pour un mandat de 3 ans renouvelable une fois.

    Les membres du Bureau sont les membres permanents, à l’exclusion des autres Commissaires.

    2. La composition des Commissions électorales locales

    Les Commissions électorales locales (CEL) sont les démembrements de la Commission centrale de la CEI et existent sur le territoire national, à l’échelon régional (CER), départemental (CED), communal (CEC) ou sous-préfectoral (CESP).

    Aux termes de la loi révisée en 2022, chaque CEL comprend également : – une (01) personnalité proposée par le Préfet de Région ou le Préfet de Département ou le Sous-Préfet ; – quatre (04) personnalités proposées par le parti ou groupement politique au pouvoir ; – cinq (05) personnalités proposées par l’opposition politique ;

    NB : A l’étranger, sont établies exclusivement pour la Révision de la Liste Electorale (RLE), l’organisation de l’élection présidentielle et du référendum, des Commissions électorales qui prennent la dénomination de Commissions Electorales de Représentations Diplomatiques (CERD).

    Elles sont constituées de : – une (01) personnalité proposée par l’Ambassadeur du pays dans lequel siège la CERD ; – quatre (04) personnalités proposées par le parti ou groupement politique au pouvoir ; – cinq (05) personnalités proposées par l’opposition politique.

    Les membres des CEL sont désignés par les entités susmentionnées et nommés par décision du Président de la CEI, pour la durée de l’activité à l’occasion de laquelle la Commission est réunie, et ce, soixante jours (60) jours avant le début de leurs activités (Cf. article 18 de la loi portant composition, organisation, attributions et fonctionnement de la CEI).

    L’organisation ci-devant présentée est un gage d’impartialité en ce que la présence de parties prenantes permet de garantir l’intérêt général et non celui d’un camp politique ou d’un parti politique. Le fonctionnement de la Commission va dans le même sens.

    B-  DU FONCTIONNEMENT DE LA CEI

    La Commission centrale est l’organe délibérant ou de décision de la CEI. C’est elle qui exécute l’ensemble des attributions de la CEI. Les décisions qu’elle prend sont préparées et exécutées par un Bureau de huit membres élus par les Commissaires.

    La loi dispose que les délibérations ou décisions de la Commission centrale de la CEI sont prises à la majorité simple des membres présents. En cas d’égalité, la voix du Président est prépondérante. 

    Ces règles qui s’appliquent à la Commission centrale sont valables pour les Commissions locales dont l’action est supervisée et encadrée par des Commissaires centraux désignés par la Commission centrale.

    Par ailleurs, dans le cadre de l’exercice de leur mission, les Commissaires centraux prêtent serment. Il s’agit d’un engagement solennel à rompre le lien avec les entités les ayant désignés et à remplir les devoirs de sa fonction. La violation de cet engagement moral peut avoir des conséquences juridiques.

    Les Commissaires bénéficient également de garanties telles que. – L’inamovibilité  Les membres de la Commission centrale bénéficient de l’inamovibilité.

    Ce qui signifie qu’en principe, il ne peut être mis fin à leur mandat de six ans avant son expiration. Cette garantie n’interdit cependant pas les démissions, les révocations pour faute, prononcées par le Conseil constitutionnel ou par les 4/5 des membres de la Commission ou, c’est l’évidence, l’expiration du mandat pour cause de décès.

    – L’irresponsabilité 

    Les membres de la Commission électorale Indépendante bénéficient de l’irresponsabilité : c’est-à-dire qu’ils ne peuvent être poursuivis, recherchés, détenus ou jugés pour leurs opinions ou pour les actes relevant de l’exercice de leurs fonctions (article 25 loi sur la CEI).

     – L’immunité de poursuite

    En période électorale, ils bénéficient, en outre, de l’immunité de poursuites pour les faits antérieurs, sauf autorisation spéciale du bureau de la CEI réuni à cet effet et acquise à la majorité des deux tiers (art. 25 al 2 loi sur la CEI). Au surplus, toutes les décisions prises par la CEI sont susceptibles de recours.

    II- DE LA REVISION DE LA LISTE ELECTORALE (RLE)

    Deux questions font l’actualité : l’organisation d’une nouvelle RLE avant octobre 2025 et la question de l’audit demandé de façon récurrente par certains partis politiques.

    A- DE L’ORGANISATION D’UNE NOUVELLE RLE AVANT L’ELECTION

    PRESIDENTIELLE D’OCTOBRE 2025

    Il convient pour la bonne compréhension de rappeler que la Commission centrale a clos le premier cycle électoral par l’organisation des élections sénatoriales en septembre 2023. Au cours de ce cycle, des rencontres bilan ont été organisées après chaque élection afin d’améliorer le processus. 

    Ainsi, la première rencontre a été organisée, les 6 et 7 mai 2021, après l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et les élections législatives du 06 mars 2021. La seconde s’est tenue les 23 et 24 juin 2021 à Yamoussoukro, pour envisager les modalités d’opérationnalisation des recommandations de la première. Plusieurs recommandations ont été formulées au terme de ces rencontres, notamment :

     – réviser la liste électorale tous les deux ans et en année électorale : – améliorer le système de parrainage citoyen par un mécanisme de réception, de traitement (identification et affectation des doublons), et de validation des parrainages en toute transparence.  Pour l’opérationnalisation de la première recommandation, il a été proposé à la CEI d’élaborer un avant-projet de loi modificative de l’article 6 du Code électoral. Pour la seconde, il lui a été recommandé : – d’ouvrir la période des collectes des signatures trois mois avant la date d’ouverture de réception des dossiers de candidatures à l’Election du Président de la République ; – de mettre à la disposition des candidats la liste des parrains invalidés et validés avec précision des régions pour faciliter la recherche des parrains complémentaires ; – de modifier les dispositions du Code électoral relatives au délai de 48 heures accordé aux candidats pour combler le déficit de parrains (de 48 heures à 05 jours francs). Cf rapport général de l’atelier de capitalisation et d’opérationnalisation des recommandations du processus électoral 2020/2021.

    C’est en exécution de ces recommandations consensuelles que la CEI a entrepris en 2024 d’élaborer un chronogramme pour la RLE qui débutait en juillet 2024 et s’achevait en mars 2025, avec l’arrêt de la Liste Electorale Définitive (LED). L’adoption de ce chronogramme aurait, en effet, permis de disposer d’une Liste Electorale Définitive 3 mois avant l’ouverture de la période de dépôt des candidatures, qui est envisagée pour juillet 2025. 

    Ce chronogramme a été cependant modifié à la demande des partis politiques qui ont souhaité que la RLE 2024-2025 s’ouvre plutôt en octobre 2025.   Par ailleurs, afin de ratisser le plus large possible, il leur a été communiqué l’option d’enrôler les requérants devant atteindre l’âge de la majorité civile au 1er mars 2025, c’est-à-dire à la date de l’affichage de la liste provisoire.

    Ainsi, du 19 octobre au 17 novembre 2024, la Commission Electorale Indépendante a procédé, dans le cadre du processus de Révision de la Liste Electorale 2024-2025, à l’enrôlement des personnes désireuses de figurer sur la liste électorale. Depuis la fin de cette opération, prolongée du reste d’une semaine, et alors que se poursuivaient les opérations de traitement en vue de la production de la liste électorale provisoire, certains partis politiques ont exigé, avec insistance, une nouvelle RLE, ou l’ouverture d’une nouvelle période d’enrôlement de potentiels électeurs, avant l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. 

    Devant la persistance de ces demandes, la Commission centrale de la CEI s’est réunie afin d’étudier la faisabilité d’une telle opération.

    Après examen, elle a conclu à l’impossibilité d’organiser une nouvelle opération de RLE avant l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, et ce pour des contraintes d’ordre juridique et matériel. D’un point de vue juridique, l’article 55 de la Constitution ivoirienne oblige la CEI à organiser le premier tour de l’élection du Président de la République, le dernier samedi du mois d’octobre de la cinquième année du mandat du Président de la République en fonction, c’est-à-dire le 25 octobre 2025. Sauf révision constitutionnelle, cette date s’impose à la CEI. 

    Par ailleurs, aux termes de l’article 11 alinéa 2 du Code électoral, la liste électorale provisoire doit être publiée trois mois au plus tard avant l’élection, c’est-à-dire avant le 25 juillet 2025. Enfin, l’article 52 al 2 du Code électoral dispose que « Le délai de réception des candidatures (à l’élection présidentielle) expire soixante jours avant le scrutin ». Or la validité des candidatures est subordonnée à de nombreuses conditions dont celle du parrainage citoyen. 

    En effet, en application de l’article 51 du Code électoral « Chaque candidat à l’élection du Président de la République (…) doit être parrainé par une liste d’électeurs représentant un pour cent (1%) de l’électorat local, dans au moins cinquante pour cent (50%) des districts autonomes et régions ». 

    En conséquence, la liste électorale définitive doit être disponible à temps pour permettre aux candidats de solliciter les parrainages requis. D’un point de vue matériel, la CEI a également indiqué qu’organiser une nouvelle RLE avant l’élection présidentielle nécessiterait la mise en œuvre d’une logistique lourde (recrutement d’agents de recensement, reconfiguration et redéploiement de tablettes biométriques, récupération et traitement des données recueillies…), l’exécution d’activités matérielles (opérations classiques d’enrôlement, de traitement des données et du contentieux), et le respect de délais qui rendraient improbable, avec tous les aléas et impondérables, qu’ils comporteraient, l’établissement d’une liste électorale provisoire trois mois avant l’élection présidentielle.

    Ces mêmes raisons rendraient, somme toute, impossible la mise à la disposition des candidats d’une liste électorale définitive au mois de juin 2025, comme le prévoit notre chronogramme d’activités. Or cette exigence est essentielle pour permettre aux candidats à l’élection présidentielle de déposer leurs dossiers de candidature dans les délais prévus par le Code électoral, comme déjà indiqué. 

    A cet égard, il n’est pas inutile de rappeler qu’en 2020, nombreux sont les candidats qui ont accusé la CEI d’avoir été à l’origine du rejet de leur dossier de candidature, parce que, ont-ils dit, l’annulation ultérieure de certains parrainages qu’ils avaient obtenus sur la base de la liste provisoire, les a empêchés de remplir la condition d’éligibilité tenant au parrainage.

    Au total, prendre la décision de conduire une RLE avant l’élection présidentielle exposerait inévitablement la CEI à un dépassement des délais constitutionnels et légaux. La Commission centrale comprend les préoccupations des partis politiques, mais elle insiste sur le fait que dans un pays qui bâtit minutieusement sa démocratie, il n’est plus approprié de multiplier les exceptions. Sans refuser catégoriquement une nouvelle révision en 2025, elle l’envisage au mieux après la tenue de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Cette option ne contrarie en rien la loi puisque l’article 11 alinéa 1 du Code électoral dispose que « La période d’établissement de la liste électorale ainsi que les modalités pratiques de son exécution sont fixées par décret, sur proposition de la CEI ».   Au-delà de ces raisons objectives qui fondent l’impossibilité d’organiser maintenant une nouvelle RLE ou d’ouvrir une nouvelle période d’enrôlement qui viendrait se greffer à celle qui est en cours, la CEI voudrait également attirer votre attention sur le manque de cohérence et de bonne foi de certains acteurs politiques.  De fait, le chronogramme des activités aujourd’hui exécuté par la CEI n’est pas, à l’origine, inconnu des partis et groupements politiques. Il leur a été communiqué dès le départ et a été modifié à leur demande. 

    Ces éléments qui précèdent montrent clairement que la décision de faire une seule RLE avant l’élection présidentielle était connue de tous et acceptée de tous, y compris des principales forces de l’opposition qui, aujourd’hui, semblent faire preuve d’intransigeance dans leur réclamation. Ils montrent que la CEI a tenu ses engagements.  

    B- DE LA QUESTION DE L’AUDIT DE LA LISTE ELECTORALE

    L’audit de la liste électorale, c’est l’autre revendication de l’opposition, une vieille revendication en réalité qui remonte au moins à 2020. 

    Le non-dit de cette revendication semble être la remise en cause de la liste électorale établie en 2008-2009 pour les élections de sortie de crise puisque l’argument qui sous-tend l’audit est la présence de 2 à 3 millions de non nationaux sur la liste électorale dont la présence remonterait à cette époque.

    1. La genèse de la liste électorale  

    Il paraît utile de rappeler à notre mémoire collective que cette liste électorale a été établie de façon consensuelle, dans un esprit de sortie de crise, avec la flexibilité et le pragmatisme qui siéent à un tel contexte, sans préjudice de garanties convenues par tous à cette époque.  Ainsi, conformément à la circulaire prise en 2008 encadrant ladite opération (dont copie est versée à votre dossier), il a été admis pour certains pétitionnaires la possibilité de s’inscrire avec un simple extrait de naissance. De même, ceux d’entre eux qui ignoraient les dates et lieux de naissance de leurs parents, devaient être tout de même acceptés à l’enrôlement. 

    Au titre des garanties, les informations recueillies devaient faire l’objet de croisements avec des fichiers dits historiques. Appartient-il à la Commission électorale de procéder, à des exclusions susceptibles de remettre en cause ces accords passés ? Nous ne le pensons pas et nous n’entendons pas le faire parce qu’il y va de la paix, de l’exécution de bonne foi des obligations et de la continuité de l’administration républicaine.

    2. Les règles qui vont encadrer l’audit   Si la CEI devait accéder à l’audit demandé, ces règles resteraient à inventer. Car, ce que demande l’opposition, c’est semble-t-il, la radiation pour certains sur la base de l’article 3 portant sur les conditions d’inscription, ou la rectification pour d’autres, afin de rendre les entions conformes à l’article 7 relatives aux mentions d’identification des électeurs. En attendant, la Commission a mis en avant et continue de mettre en relief le seul audit prévu déjà par le Code électoral et qui s’épuise dans le contentieux de la liste électorale. En effet, ce contentieux en cours donne la possibilité, preuve à l’appui, de demander la radiation d’électeurs indûment inscrits, l’inscription de personnes indûment écartées de la liste électorale et la correction d’irrégularités ou d’erreurs matérielles.  

    3. Les supposées violations de l’article 7  

    Depuis maintenant plusieurs semaines, après avoir réclamé une nouvelle RLE avant l’élection présidentielle de 2025, l’opposition a embouché une nouvelle trompette, la dénonciation des irrégularités massives sur la liste électorale. En plus de comporter des morts et des mineurs, la liste électorale comporterait plus de 6 millions d’électeurs dont l’identification serait incomplète. Sur cette base, il est réclamé à la CEI la radiation de toutes ces personnes ou à tout le moins la correction de leurs données.

    Cette question des irrégularités n’est pas nouvelle. Mais c’est un mauvais procès qui est fait à la CEI. Elle n’est pas nouvelle car déjà elle s’était posée en 2023. Suite à la publication de la LEP 2023, le PDCI-RDA et le PPA-CI avaient saisi la CEI par lettres officielles pour soulever des irrégularités et présumées fraudes sur ladite liste qui leur avait été remise quelques jours auparavant. La CEI a ensuite invité ces deux partis politiques à des séances de travail pour écouter la réalité des griefs avant d’organiser une longue réunion de travail qui s’est tenue (ici même) à l’Espace Latrille Events, le samedi 15 juillet 2023, de 10 heures 30 à 17 heures afin d’apporter des éléments de réponse aux interrogations et accusations. Etaient invités et représentés les partis ou groupements politiques suivants : RHDP, PDCI-RDA, LMP, PPA-CI, GP-PAIX, MGC, AFD, AIRD, UDCY, AID et LIDER. 

    A l’appui des projections de pièces justificatives biométriques (empreintes, photos) et alphanumériques (fiches renseignées, pièces d’identité, les Commissaires centraux et les techniciens de la CEI ont apporté les éclaircissements nécessaires concernant les cas présumés d’irrégularités ou fraude.

    Ce qui avait semblé satisfaire nos partenaires que sont les partis politiques. Nous sommes donc grandement surpris aujourd’hui du retour de cette préoccupation. C’est un mauvais procès qui est fait à la CEI car si certaines irrégularités peuvent relever de notre fait, d’autres sont imputables à la genèse de la liste électorale que nous avons précédemment rappelée et certaines autres sont la conséquence de l’état de notre état civil. Mais surtout, il convient de faire deux remarques finales. L’absence de l’une des mentions exigées par l’article 7 du Code électoral n’est pas une cause de radiation de l’électeur. Il faut que cela soit su. Les causes de radiation de la liste électorale, prévues notamment par les articles 3 et 4 du Code électoral, sont les suivantes : le décès, le non-respect des conditions de nationalité, de la condition d’âge et la perte des droits civils et politiques. Le cas échéant, l’article 7 du Code électoral ne peut qu’être invoqué dans le cadre du contentieux de la rectification, et ce lorsque les mentions existent. Car en droit, à l’impossible nul n’est tenu.

    Par ailleurs et c’est la seconde observation finale, il y a une surestimation qui est faite de la portée des mentions exigées par l’article 7 du Code électoral. Les mentions réclamées peuvent ne pas être portées sur la liste électorale que cela n’affecterait en rien sa sincérité car l’objectif poursuivi par le législateur est l’identification de l’électeur, faire en sorte que le votant soit l’électeur inscrit et faire respecter le « principe un homme une voix ». A cet égard, l’identification biométrique retenue depuis 2008, suffit à pallier l’absence des éléments aujourd’hui dénoncés. 

    In fine, l’objectif de cette campagne menée contre nous semble être le discrédit par tous les moyens de la Commission Electorale Indépendante. Cela n’est pas acceptable. Nous avons préparé pour chacune des confessions ici présentes un kit documentaire constitué : – De la circulaire ayant jeté les bases de l’identification et de l’enrôlement des électeurs sur le fichier validé de l’élection de sortie de crise ; – Du rapport sur la question relative au traitement des différents types de requérants par les structures techniques commises à l’époque pour l’identification ; – Du rapport de la réunion-bilan de Yamoussoukro en 2021 après l’élection du Président de la République de 2020 ; – Du relevé des recommandations de l’atelier d’opérationnalisation des recommandations du dialogue politique ;

    – De la liste de présence de la réunion de travail sur les présumées irrégularités soulevées en 2023 ; – Du mode opératoire de la RLE en cours. Votre kit contient également la loi sur la CEI et le Code électoral.   Distingués Guides religieux, avant vos questions, observations et contributions, voici les premiers éléments d’information que nous avons voulu partager avec vous.

    Je vous remercie de votre écoute.

    Propos reçus par SD à Abidjan

    sdebailly@yahoo.fr

  • Mali : une mine de lithium de 21 millions de tonnes passe sous contrôle local

    Mali : une mine de lithium de 21 millions de tonnes passe sous contrôle local

    Le Mali a validé le transfert du permis d’exploitation de la mine de lithium de Bougouni à une société de droit malien, marquant une étape clé vers la mise en production et l’application du nouveau Code minier.

    Le gouvernement malien a validé ce mercredi 16 avril 2025, en Conseil des ministres, le transfert du permis d’exploitation de la grande mine de lithium située à Foulaboula, dans le Cercle de Bougouni, au profit de la société Les Mines de Lithium de Bougouni S.A., société anonyme de droit malien créée par Future Minerals-SARL en application du Code minier. Ce transfert concerne un gisement dont les réserves sont estimées à 21,31 millions de tonnes, avec une teneur moyenne de 1,11 % en oxyde de lithium.

    Ce gisement, exploitable à ciel ouvert sur une période de dix ans, a été identifié suite à des travaux de recherche conduits par Future Minerals-SARL dans le cadre d’un permis de recherche initialement attribué dans cette zone. Le permis d’exploitation avait été officiellement accordé à la société par décret n°2021-0774/PM-RM du 5 novembre 2021.

    Le transfert du permis s’inscrit dans une dynamique de mise en conformité avec le Code minier malien révisé en 2023. Ce code impose notamment la création d’une société de droit malien pour porter les titres miniers.

    La société Les Mines de Lithium de Bougouni S.A. est détenue majoritairement par Kodal Mining UK, coentreprise fondée entre Kodal Minerals (49 %) et le groupe chinois Hainan Mining (51 %), et à hauteur de 35 % par l’État malien et des investisseurs privés nationaux.

    Ce changement de structure juridique s’accompagne d’un protocole d’accord entre les partenaires et l’État du Mali, prévoyant le versement de 15 millions de dollars en deux tranches. La première tranche a été versée après la signature, et la seconde est attendue avant la fin du premier trimestre 2025.

    En parallèle, la mine de lithium de Bougouni entre dans sa phase opérationnelle. Une usine de traitement par séparation en milieu dense (DMS) est déjà fonctionnelle depuis février 2025.

    Les premières productions de concentré de spodumène, titrant 5,53 % en oxyde de lithium, sont destinées à l’exportation vers la Chine via le port d’Abidjan. L’objectif opérationnel est d’atteindre une production mensuelle de 11 000 tonnes dès le second semestre 2025.

    L’investissement total pour cette première phase est estimé à 65 millions de dollars américains, avec une capacité annuelle de production de 125 000 tonnes jusqu’en 2028. Une seconde phase, basée sur la technologie de flottation, vise à porter la capacité à 230 000 tonnes par an entre 2026 et 2036.

    Le Mali s’affirme ainsi comme un acteur stratégique de la filière lithium en Afrique de l’Ouest. Avec les projets de Bougouni et de Goulamina, ce dernier piloté par la société Ganfeng Lithium à travers Lithium du Mali S.A., le pays entend se positionner comme le deuxième producteur africain de lithium derrière la République Démocratique du Congo.

    Selon les projections de Benchmark Minerals, le Mali pourrait représenter jusqu’à 14 % de la production de lithium du continent d’ici fin 2025. Ces projets traduisent une volonté politique de renforcer la souveraineté minière nationale, tout en assurant un meilleur partage des bénéfices issus des ressources stratégiques.

    MD/ac/APA

  • La Cédéao célèbre ses 50 ans à Accra le 22 avril

    La Cédéao célèbre ses 50 ans à Accra le 22 avril

    La capitale ghanéenne, Accra, se parera aux couleurs de la Cédéao le mardi 22 avril 2025, à l’occasion du lancement officiel des festivités marquant le cinquantenaire de l’organisation sous-régionale.

    Des ministres et hautes personnalités des États membres sont attendus pour cet événement symbolique, qui inaugurera une série de célébrations prévues dans toutes les capitales des pays membres tout au long de l’année.

    Le président ghanéen, S.E.M. John Dramani Mahama, donnera le coup d’envoi des activités commémoratives de ce 50e anniversaire.

    La cérémonie d’Accra sera ponctuée de spectacles haut en couleur, avec notamment la révélation du logo et du thème du Jubilé d’or, ainsi que des prestations culturelles et artistiques retraçant l’histoire de la Cédéao : de sa fondation à Lagos par les Pères fondateurs, en passant par les grandes réformes, jusqu’aux succès et avancées significatives dans les pays membres.

    D’après un communiqué diffusé par le Groupe APO au nom de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement a fortement recommandé que cette célébration du cinquantenaire soit marquée par une grande visibilité dans chacun des États membres.

    En ligne avec cette directive, les membres du Comité administratif et financier de la Cédéao se sont réunis en visioconférence en février 2025 pour valider le programme des festivités à l’échelle régionale.

    Fondée le 28 mai 1975 à Lagos (Nigéria), la Cédéao reste aujourd’hui la communauté économique régionale la plus structurée du continent, avec de nombreuses réalisations à son actif qui contribuent à l’intégration et au développement des populations ouest-africaines.

    GIK/fss/te/APA