Le porte-parole du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix ( RHDP), le parti présidentiel ivoirien, Kobenan Kouassi Adjoumani, a affirmé dans une déclaration rendue public le jeudi 24 avril 2025 que le » cas Tidjane Thiam n’est pas une affaire politique » estimant » qu’il est lui-même auteur et victime de ses propres turpitudes ».
La justice ivoirienne a ordonné mardi dernier, la radiation de Cheick Tidjane Thiam, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire ( PDCI) de la liste électorale provisoire au motif qu’il avait perdu sa nationalité ivoirienne au moment de son inscription sur la liste électorale.
» Le cas Tidjane Thiam n’est pas une affaire politique…D’où vient-il qu’on accuse le RHDP d’être à l’origine des déboires judiciaires de M. Thiam? Il est lui-même auteur et victime de ses propres turpitudes « , a dit M. Adjoumani rapportant cette déclaration de son parti lors d’un point-presse au siège du Parti présidentiel ivoirien à Cocody dans l’Est d’Abidjan.
Poursuivant, le porte-parole du parti d’Alassane Ouattara a soutenu que les déboires judiciaires du président du PDCI-RDA » sont des affaires interne au PDCI-RDA qui ne concernent ni le RHDP, ni son président « .
» Le RHDP estime que le vrai manipulateur de conscience, c’est bien M. Thiam. C’est lui qui a trompé tout le monde, trahi tout le monde. En un mot, c’est le loup qui veut se faire passer pour l’agneau « , a soutenu M. Adjoumani dénonçant des » accusations farfelues et insensées »
» Pourquoi le PDCI-RDA et ses alliés de l’opposition cherchent-ils des poux sur un crâne nu ? », s’est interrogé avec ironie le porte-parole du RHDP.
Par ailleurs, le RHDP a invité les acteurs politiques de l’opposition » à la retenue et à la responsabilité ».
De l’avis du parti au pouvoir, » l’on ne peut pas demander au chef de l’Etat de ne pas interférer dans les affaires judiciaires les jours pairs et les jours impairs, l’enjoindre de prendre des mesures exceptionnelles pour sauver de la noyade des potentiels candidats en conflit avec la loi ».
» L’État de droit que nous voulons bâtir commence par le respect de la légalité. Le temps des compromis, des petits arrangements politiques est révolu « , a conclu le porte-parole du parti d’Alassane Ouattara.
La justice ivoirienne a ordonné la radiation de Cheick Tidjane Thiam, le président du PDCI-RDA de la liste électorale.
Celui-ci, s’est insurgé contre cette décision de justice affirmant qu’elle est » injuste, infondée et incompréhensible ».
Le GPS de Guillaume Soro et le PPA-CI de Laurent Gbagbo annoncent leur retrait du meeting organisé par le PDCI de Thiam ce samedi 26 avril 2025 à Paris.
Les deux mouvements politiques d’opposition ivoirienne, Générations et Peuples Solidaires (GPS) de Guillaume Kigbafori Soro et le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, ont annoncé la suspension de leur participation à la manifestation prévue ce samedi 26 avril 2025 à Paris. Cet événement, organisé par le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) sous la direction de Tidjane Thiam, était initialement présenté comme un rassemblement de soutien aux candidats exclus de l’élection présidentielle d’octobre 2025 et de protestation contre la répression de l’opposition en Côte d’Ivoire.
Dans un communiqué daté du 24 avril, le GPS de Soro évoque la nécessité d’une coordination stratégique entre les forces d’opposition. « Toute action publique se réclamant de GPS doit faire l’objet d’une validation préalable par les instances compétentes », précise le mouvement dirigé par Guillaume Kigbafori Soro. Le communiqué demande explicitement « à l’ensemble des militantes, militants et sympathisants de suspendre toute participation à l’initiative annoncée, dans l’attente de la réunion du Cadre Restreint prévue pour le samedi 26 avril 2025 ».
De son côté, le PPA-CI de Gbagbo adopte une position similaire. Dans son communiqué N°043-2025, la Représentation France du parti « suspend, sur instruction de la direction du Parti, sa participation à toutes activités politiques organisées en France à compter de ce jour », en attendant les résolutions du comité central extraordinaire qui se tiendra le samedi 26 avril à Abidjan.
Une coordination défaillante entre mouvements d’opposition
Cette double défection soulève des questions sur la cohésion de l’opposition ivoirienne face à l’initiative du PDCI de Thiam. Le communiqué du GPS de Soro insiste sur la nécessité d’une démarche concertée : « Notre engagement pour la justice, l’égalité des chances et le respect du droit de chaque citoyen à participer à la vie démocratique reste total. Mais cet engagement doit se traduire dans une démarche organisée, réfléchie et collective. »
Le PPA-CI de Gbagbo rappelle quant à lui les dispositions statutaires encadrant la participation à des manifestations politiques. Selon l’article 16 cité dans le communiqué, « les membres du Parti ne peuvent co-organiser une manifestation ou participer à une manifestation politique organisée par d’autres Partis politiques » sans avis préalable des instances dirigeantes, selon qu’il s’agit d’une manifestation locale ou nationale.
Des tractations en cours entre leaders de l’opposition
Le GPS mentionne que « des échanges de haut niveau sont en cours entre le Président Guillaume Kigbafori Soro et plusieurs leaders de l’opposition, en vue d’une coordination stratégique des actions futures, dans un esprit de responsabilité partagée et de solidarité républicaine ». Ces consultations suggèrent une volonté de restructuration de la stratégie commune face aux exclusions électorales.
Selon les informations ces retraits indiqueraient une désunion avec le PDCI-RDA de Tidjane Thiam, qui semble maintenir l’organisation de l’événement parisien malgré le retrait des deux autres formations majeures de l’opposition ivoirienne.
La question des candidats exclus de l’élection présidentielle d’octobre 2025 et les accusations de répression politique continueront vraisemblablement d’alimenter le débat politique ivoirien dans les semaines à venir, alors que l’unité de l’opposition semble fragilisée par ces décisions de dernière minute.
Abidjan dément toute implication dans une tentative de coup d’État au Burkina Faso et exige des preuves, après avoir réaffirmé en février sa volonté de coopération sécuritaire avec Ouagadougou.
Le gouvernement ivoirien a opposé un démenti ferme aux accusations des autorités burkinabè faisant état d’une implication présumée de ressortissants burkinabè en fuite en Côte d’Ivoire dans une tentative de coup d’État. À l’issue du Conseil des ministres de mercredi 23 avril, le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, a fustigé des allégations récurrentes et non étayées.
« Pour ce qui est de l’accusation du Burkina, je ne sais plus à la combientième accusation on est. J’attends encore les preuves de la dernière accusation. Peut-être qu’il y en aura d’autres. Je n’ai pas de commentaire à faire. Parfois, surtout quand on a la tête d’un pays, il faut être sérieux », a déclaré le ministre de la Communication, interpellé sur les accusations portées par Ouagadougou.
La déclaration du ministre intervient deux jours après l’annonce par le gouvernement burkinabè d’une tentative de déstabilisation impliquant plusieurs militaires, dont certains, selon le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana, auraient fui en Côte d’Ivoire. Le Burkina Faso a évoqué une coordination externe du projet présumée active à Abidjan.
Abidjan rejette catégoriquement toute implication dans ce dossier, rappelant au contraire sa volonté exprimée à plusieurs reprises de renforcer la coopération sécuritaire avec son voisin. En février dernier, le ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, affirmait que la Côte d’Ivoire souhaitait organiser des patrouilles mixtes avec le Burkina pour sécuriser les zones frontalières face à la menace terroriste.
« C’est notre souhait parce que cela permettrait de régler un problème. Cela permettrait à la Côte d’Ivoire de nettoyer le Nord ivoirien et au Burkina le Sud », avait déclaré le ministre, tout en déplorant l’absence de concrétisation malgré des assurances données par Ouagadougou. Il avait également rappelé que la dernière opération conjointe entre les deux armées remontait à 2021.
Les autorités ivoiriennes mettent en avant la profondeur des liens historiques, culturels et humains entre les deux pays pour justifier leur position d’ouverture et de dialogue. « La Côte d’Ivoire ne peut pas se fâcher avec le Burkina, vice-versa », avait souligné le ministre Ouattara, insistant sur la nécessité de maintenir la stabilité régionale par la concertation.
Un Sénégalais présenté comme ayant combattu aux côtés des forces russes a été capturé sur le front de Toretsk, dans l’est de l’Ukraine, par une unité ukrainienne. Dans une vidéo publiée par ses capteurs, il livre un témoignage confus sur son parcours depuis la Russie et les circonstances de son engagement.
Un homme se présentant comme ressortissant sénégalais et engagé dans les forces russes a été capturé par des soldats ukrainiens du 49e bataillon d’assaut indépendant « Carpathian Sich » sur le front de Toretsk (est) , dans l’oblast de Donetsk. Il apparaît dans une vidéo publiée sur la page Facebook officielle de cette unité ukrainienne.
Dans la séquence, filmée par les soldats ukrainiens, l’homme affirme avoir étudié deux ans en Russie avant d’être conduit, moyennant le versement d’argent à un intermédiaire, vers ce qu’il appelle « le front ».
Son témoignage, livré dans un russe approximatif et désordonné, évoque une promesse d’émigration vers l’Europe en passant par l’Ukraine, présentée comme une simple étape. « Il a dit que ce n’est pas difficile », affirme-t-il à propos de l’homme qui lui aurait vendu cette perspective.
Il décrit des scènes de combat, des bombardements qu’il dit avoir entendus « tous les jours » et un tir de drone qui l’aurait blessé. Pris de panique, il raconte avoir cherché à se rendre aux soldats ukrainiens, espérant obtenir de l’aide.
Il ajoute que, réalisant le danger de sa situation, il ne souhaite plus rejoindre l’Europe, mais simplement retourner au Sénégal : « La Russie, c’est mauvais. Elle m’a fait très mal. Je veux rentrer chez moi », déclare-t-il, avant de conclure par un cri : « Gloire à l’Ukraine ».
Selon le 49e bataillon, l’individu souffrait de blessures légères au moment de sa capture. Il aurait reçu une assistance médicale avant d’être évacué de la zone de combat. Les militaires ukrainiens indiquent également avoir trouvé en sa possession des cartes bancaires russes.
La publication de cette vidéo pose toutefois la question des conditions dans lesquelles ce témoignage a été enregistré. Rien ne permet de vérifier si ses propos ont été tenus librement, en particulier compte tenu du contexte de sa capture et de la conclusion de son récit par un slogan favorable à l’Ukraine.
En Côte d’Ivoire, l’opposant Tidjane Thiam est donc écarté de la présidentielle. Le chef du PDCI qui devait défendre les couleurs de l’ancien parti unique lors du scrutin du 25 octobre a été radié de la liste électorale par la justice qui estime qu’il a perdu sa nationalité ivoirienne. Tidjane Thiam dénonce une décision injuste et injustifiée et assure qu’il n’y aura pas de plan B. Quelles sont les options sur la table ? Le politologue et essayiste ivoirien Geoffroy Julien Kouao est l’invité d’Afrique midi.
Le mercredi 23 avril 2025, un Conseil des Ministres s’est tenu de 11h 00 à 13h30, au Palais de la Présidence de la République à Abidjan, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République, Chef de l’Etat.
Les délibérations du Conseil ont porté sur les points suivants :
A/-Mesures Générales,
Projets de loi et d’ordonnances
Projets de décrets
B/-Mesures Individuelles
C/-Communications
D/-Divers
Le Conseil des ministres de ce mercredi 23 avril 2025
A/– MESURES GENERALES
PROJETS DE LOI ET D’ORDONNANCES
Au titre du Ministère d’Etat, Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, en liaison avec le Ministère des Finances et du Budget, le Ministère du Patrimoine, du Portefeuille de l’Etat et des Entreprises Publiques, le Ministère du Commerce et de l’Industrie et le Ministère des Eaux et Forêts ;
Le Conseil a adopté une ordonnance portant extension des règles relatives à la commercialisation du Coton et de l’Anacarde et à la régulation des activités des filières Coton et Anacarde aux activités de la filière Karité, et le projet de loi de ratification y afférent.
Compte tenu de la dynamique de l’optimisation de la gestion budgétaire et des problématiques identiques que connaissent les filières de l’Anacarde et du Karité relativement à la commercialisation et à la valorisation des produits issus de ces deux filières agricoles majeures de l’économie rurale, cette ordonnance étend, aux activités de la filière Karité, le champ d’application de la loi n°2013-656 du 13 septembre 2013 fixant les règles relatives à la commercialisation du coton et de l’anacarde et à la régulation des activités des filières Coton et Anacarde.
Ainsi, en lieu et place d’une toute nouvelle structure publique dédiée aux activités de la filière Karité, les missions du Conseil Coton-Anacarde, à savoir la régulation, le suivi et le développement des activités des filières Coton et Anacarde, sont également étendues aux activités de la filière Karité.
Par conséquent, la présente ordonnance recompose l’organe délibérant du Conseil Coton-Anacarde, précisément le Conseil d’Administration, de façon à prendre en compte les représentants de l’interprofession de la filière Karité.
Au titre du Ministère des Finances et du Budget, en liaison avec le Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement et le Ministère du Commerce et de l’Industrie ;
Le Conseil a adopté une ordonnance relative à la mise en œuvre du démantèlement tarifaire appliqué aux produits non sensibles dans le cadre de l’Accord portant création de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf), et le projet de loi de ratification y afférent.
L’Accord portant création de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine, ratifié par notre pays en novembre 2018, vise à mettre en place un marché unique africain pour les marchandises et les services, en vue d’accélérer l’intégration économique du continent. En application de l’Accord, cette ordonnance détermine les modalités du démantèlement tarifaire applicable aux produits non sensibles inscrits dans l’offre tarifaire de la CEDEAO.
Ces produits considérés comme ceux impactant le moins la sécurité alimentaire, les recettes fiscales et globalement la sécurité économique des pays signataires, concernent 5516 lignes du Tarif Extérieur Commun de la CEDEAO, basé sur la version 2017 du Système Harmonisé de désignation et de codification des marchandises de l’Organisation Mondiale des Douanes.
Pour chaque ligne tarifaire, l’ordonnance prévoit, conformément à l’Accord ZLECAf, un calendrier de démantèlement tarifaire dégressif consistant en un abattement annuelle d’un dixième du taux de droit de douane initial inscrit au Tarif Extérieur Commun de la CEDEAO, jusqu’à atteindre un taux de douane nul sur une période de 10 ans.
Il convient toutefois de relever que ces préférences douanières sont accordées sur la base de la réciprocité et n‘excluent pas les autres prélèvements exigibles au corridor douanier à l’importation.
PROJETS DE DECRETS
Au titre du Ministère d’Etat, Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, en liaison avec le Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement, le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, le Ministère des Finances et du Budget, le Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme et le Ministère du Patrimoine, du Portefeuille de l’Etat et des Entreprises Publiques ;
Le Conseil a adopté un décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement des organes de coordination et de suivi de la mise en œuvre du Programme National de Sécurisation Foncière Rurale 2023-2033.
Ce décret met en place deux (02) organes aux fins d’assurer la mobilisation du financement et la mise en œuvre du Programme National de Sécurisation Foncière Rurale (PNSFR).
Un organe de pilotage et d’orientation stratégique, le Comité interministériel de la Sécurisation Foncière Rurale, en abrégé CISFOR, dirigé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, et un organe d’exécution et de suivi, le Comité Technique de Suivi, en abrégé CTS, dirigé par le Directeur Général du Développement Rural.
Au titre du Ministère d’Etat, Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, en liaison avec le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité et le Ministère des Finances et du Budget ;
Le Conseil a adopté un décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement de l’Observatoire National du Foncier Rural.
Ce décret répond aux recommandations des partenaires au développement, notamment l’UEMOA, relativement à la mise en place au sein de chaque Etat membre de l’espace communautaire, d’un instrument de suivi et d’évaluation de la formulation et de la mise en œuvre des politiques foncières.
A cet effet, ce décret institue auprès du Ministre chargé de l’Agriculture, un organe consultatif intersectoriel dénommé Observatoire National du Foncier Rural (ONFR).
L’ONFR est chargé notamment de produire de manière participative des connaissances sur la situation et les dynamiques de la gouvernance foncière en Côte d’Ivoire et d’appuyer le processus national de réflexion et de dialogue sur le domaine foncier rural, tout en facilitant la concertation et le partage d’expériences.
Au titre duMinistère des Mines, du Pétrole et de l’Energie, en liaison avec le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique
Le Conseil a adopté deux (02) décrets :
un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour l’or, à la société « AWALE RESOURCES SARL » dans les départements de Gbéléban et Samatiguila ;
un décret portant attribution d’un permis de recherche, valable pour l’or, à la société « AWALE RESOURCES SARL » dans les départements de Gbéléban et d’Odienné.
Ces permis de recherche sont délivrés conformément aux conditions techniques et environnementales requises. Leur durée de validité est fixée à quatre (04) ans.
Au titre du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, en liaison avec le Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement ;
Le Conseil a adopté un décret portant ratification de l’Accord sur la Promotion, la Protection et la Garantie des Investissements entre les Etats membres de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI).
Cet Accord, signé en juillet 2012, prévoit des mécanismes de protection des investissements contre l’expropriation ou la nationalisation arbitraire et de règlement des différends par conciliation ou par voie d’arbitrage.
La ratification de l’Accord contribuera à attirer dans notre pays de nouveaux investisseurs issus des pays membres de l’OCI et à simplifier les échanges économiques et commerciaux avec les pays membres de l’organisation.
Au titre du Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, en liaison avec le Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement, le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère du Patrimoine, du Portefeuille de l’Etat et des Entreprises Publiques ;
Le Conseil a adopté un décret portant déclaration d’utilité publique de la parcelle de terrain formant le lot n°1 de l’ilot n° 1 du lotissement de Cocody Lycée Technique résidentiel nord, objet du titre foncier 204 697 du livre foncier de Cocody.
Cette parcelle de terrain d’une superficie de 7.750 m2 a été identifiée pour abriter deux (2) immeubles à usage de bureaux destinés à accueillir les services de l’Agence Nationale de la Statistique (ANStat) et du Fonds National de Développement de la Statistique (FNDS) créés dans le cadre de la réforme du Système Statistique National.
Aussi, l’Etat a décidé de recouvrer la pleine propriété de la parcelle de terrain, en vue de la réalisation de ce projet d’intérêt général.
En conséquence, les détenteurs de droits coutumiers, de titres définitifs de propriété sur les emprises des différents projets, les locataires ou leurs ayants droit percevront une indemnisation, conformément à la réglementation en vigueur. Aussi, toute transaction, toute construction nouvelle, même précaire, tous types de travaux de nature à modifier l’état du sol, portant sur le site, sont interdits.
B/– MESURES INDIVIDUELLES
Au titre du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur ;
Le Conseil a adopté quatre (04) décrets portant nomination de quatre (04) Ambassadeurs Extraordinaires et Plénipotentiaires de la République de Côte d’Ivoire à l’étranger.
Ainsi sont nommés :
Monsieur TOURE Pelikan Armand Hervé, anciennement Chef de la division des Relations Internationales de l’Etat-Major des Armées et Conseiller diplomatique du Chef d’Etat-Major des Armées, en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Côte d’Ivoire près Le Royaume du Danemark, avec résidence à Copenhague ;
Monsieur ZABAVY François-Xavier, Ambassadeur, 3e échelon, Matricule 204.716-C, en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Côte d’Ivoire près la République du Burundi, avec résidence à Kinshasa, en République Démocratique du Congo ;
Monsieur N’DRY Eric Camille, Ambassadeur, 3e échelon, Matricule 204.716-C, en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Côte d’Ivoire près la République Populaire de Bangladesh, avec résidence à New Dehli, en Inde ;
Madame Nogozene BAKAYOKO, Ambassadeur, 3e échelon, Matricule 303.643-N,en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Côte d’Ivoire près la République de Malte, avec résidence à Rome, en Italie.
Madame SANDRA CHOUFANI, en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Canada près la République de Côte d’Ivoire, avec résidence à Abidjan ;
Madame KATRIN MÅNSSON, en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de Suède près la République de Côte d’Ivoire, avec résidence à Stockholm, en Suède ;
Monsieur MARCO TULIO GUSTAVO CHICAS SOSA, en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Guatemala près la République de Côte d’Ivoire, avec résidence à Rabat, au Maroc.
C/– COMMUNICATIONS
Au titre du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Ministre des Sports et du Cadre de Vie ;
Le Conseil a adopté une communication relative à la mise en œuvre du Programme Social du Gouvernement à fin décembre 2024.
A fin décembre 2024, il ressort de l’ensemble des activités de mise en œuvre du PSGouv a permis d’améliorer significativement les conditions de vie des populations à travers des actions concrètes et ciblées.
Dans les zones frontalières du Nord, 213 salles de classe ont été construites, dont 92 pour le préscolaire, accompagnées de 981.275 kits scolaires, 897.002 manuels et 21.800 tables-bancs. L’accès à l’éducation a également été renforcé avec l’achèvement de 19 collèges de proximité et la création de 60 centres d’alphabétisation.
L’électrification des localités a dépassé les objectifs fixés, avec 1.836 localités électrifiées entre 2022 et 2024, dont 638 en 2024, portant le taux de couverture à 94,33 %. De même, 7.802 pompes à motricité humaine (PMH) ont été réparées, et 618 remplacées, améliorant ainsi l’accès à l’eau potable.
L’entretien et la modernisation des infrastructures routières ont permis le reprofilage de 14.609 km de routes, tandis que l’accès aux soins de santé a été renforcé avec la construction et la réhabilitation de 85 établissements sanitaires et la collecte de 298.134 poches de sang en 2024.
La solidarité envers les populations vulnérables s’est traduite par l’accompagnement de 330.000 ménages à travers les filets sociaux, avec 42.948 milliards FCFA redistribués.
Pour l’année 2025, l’un des objectifs majeurs sera d’atteindre un taux de couverture de 100 % en matière d’électrification, garantissant ainsi à l’ensemble des localités du pays un accès à l’énergie, afin d’accélérer le développement économique et social. Une attention particulière sera également accordée à l’éducation de base avec la construction de 129 lycées et collèges dont 15 lycées de jeunes filles et 114 collèges de proximité.
Au titre du Ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion Professionnelle et du Service Civique, en liaison avec le Ministère des Finances et du Budget, le Ministère des Transports, le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle, le Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation, le Ministère de la Communication, le Ministère de la Transition Numérique et de la Digitalisation, le Ministère du Tourisme et des Loisirs, le Ministère du Commerce et de l’Industrie, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Ministère de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de l’Apprentissage, le Ministère de la Culture et de la Francophonie et le Ministère Délégué Auprès du Premier Ministre, Ministre des Sports et du Cadre de Vie, Chargé des Sports et du Cadre de Vie ;
Le Conseil a adopté une communication relative au projet « Carte Jeunes ».
La Carte Jeunes se présente comme un outil de promotion de l’inclusion sociale et de renforcement de la résilience des jeunes. Ainsi, le projet « Carte Jeunes » vise à offrir aux jeunes, de 15 à 40 ans, un accès facilité à des services essentiels à travers des réductions des coûts de produits et services dans des secteurs, tels que la culture et les loisirs, l’éducation-formation et les transports.
L’objectif est de distribuer 200.000 cartes d’ici à fin 2025, à travers un déploiement progressif permettant d’adapter et d’améliorer le dispositif selon les besoins réels des jeunes, en vue d’aller au-delà des premières tentatives peu fructueuses de lancement du projet.
La mise en œuvre du projet se fera en deux (02) phases. Une phase de test, portant sur 5 000 jeunes, qui s’étendra sur la période d’avril à août 2025, destinée à évaluer la faisabilité technique et les attentes des jeunes, et une phase de généralisation progressive prévue pour débuter, en août 2025, avec 100.000 jeunes et 100.000 autres jeunes bénéficiaires à partir d’octobre 2025.
La carte Jeunes sera à la fois physique et numérique pour répondre aux besoins des jeunes, qu’ils soient en milieu urbain ou rural.
A ce jour, les cent mille (100 000) premières cartes sont édictées et disponibles. Aussi, l’application mobile « Carte Jeunes.CI », a été développée et est accessible sur les plateformes de téléchargement en ligne.
Le coût de mise en œuvre du projet est évalué à 813,5 millions de francs CFA.
Au titre du Ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion Professionnelle et du Service Civique ;
Le Conseil a adopté une communication relative au bilan de la mise en œuvre du Programme Jeunesse du Gouvernement (PJGOUV) 2024 au 31 décembre 2024 et aux perspectives 2025.
Durant l’année 2024, les initiatives entreprises dans le cadre du PJGOUV 2024 ont permis d’impacter directement 1,6 millions de jeunes, de construire ou de réhabiliter 123 structures de formation et infrastructures de jeunesse et de sensibiliser 4,7 millions de jeunes contre les fléaux sociaux, pour un coût global de 258,5 milliards de francs CFA, dont 89 milliards de francs CFA pour les constructions ou réhabilitations d’infrastructures achevées ou en cours de construction.
Plus précisément :
l’axe 1 relatif à l’accélération de la formation, de l’insertion professionnelle et de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, a enregistré 487. 255 jeunes bénéficiaires et 116 infrastructures achevées ou en cours de construction ;
l’axe 2 relatif au renforcement de l’engagement citoyen et de l’éthique sociale de la jeunesse, a concerné 655 582 jeunes bénéficiaires ; et,
l’axe 3 portant sur l’amélioration des conditions d’épanouissement et de bien-être des jeunes, a enregistré 421.859 jeunes bénéficiaires, 4,7 millions de jeunes sensibilisés et 7 infrastructures de jeunesse réhabilitées ou en cours de réhabilitation.
Pour l’année 2025, de nouvelles initiatives et réformes ont été adoptées par le Gouvernement, pour consolider ces acquis et poursuivre l’exécution des chantiers de développement et d’épanouissement de la jeunesse, pour un coût global de 350,2 milliards de francs CFA, dont 76,3 milliards de francs CFA destinés à la construction, à la réhabilitation et à l’équipement des infrastructures de jeunesse.
Au titre du Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle, en liaison avec le Ministère d’Etat, Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières et le Ministère des Finances et du Budget ;
Le Conseil a entendu le compte rendu de la participation de la Côte d’Ivoire au « Sommet Nutrition pour la Croissance », les 27 et 28 mars 2025, à Paris.
Une délégation de haut niveau conduite par le Vice-Président de la République, a pris part à cette importante rencontre. Le Vice-Président de la République a saisi cette opportunité pour présenter les initiatives en matière de nutrition menées par notre pays, tant au niveau national que continental. Le Vice-Président de la République, tout en soulignant l’urgence d’une action collective et résolue contre la malnutrition, a mis en avant l’engagement du Président de la République, qui s’est traduit par des initiatives majeures, telles que la création du Centre d’Excellence Régionale de Lutte contre la Faim et la Malnutrition (CERFAM) mis à disposition des pays africains, et l’instauration du Prix d’Excellence Côte d’Ivoire-CERFAM. Aussi, il a réaffirmé la détermination de notre pays à éliminer toutes les formes de malnutrition d’ici à 2030, avec notamment la mise en œuvre de son Plan Multisectoriel de Nutrition 2024-2027.
En marge du sommet, le Vice-Président de la République a eu des échanges avec des dirigeants des institutions des Nations Unies ainsi qu’avec des représentants de plusieurs partenaires au développement intervenant dans le domaine de la nutrition, qui ont manifesté un vif intérêt pour la Table ronde pour le financement du Plan National de Nutrition prévue le 15 mai 2025 à Abidjan.
D- DIVERS
– Une délégation conduite par le Haut Représentant du Président de la République, Monsieur Gibert Koné KAFANA, comprenant Mme Anne-Désirée OULOTO, Ministre d’Etat, Ministre de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration, et Son Excellence Monsieur Vhangha Patrice KOFFI, Ambassadeur de la Côte d’Ivoire près le Saint-Siège et l’Ordre Souverain Militaire de Malte, représentera le Président de la République aux obsèques de Sa Sainteté le Pape François.
– Le prochain Conseil des Ministres se tiendra le mardi 07 mai 2025, à Abidjan.
Fait à Abidjan, le mercredi 23 avril 2025
M. Amadou COULIBALY
Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement
Interrogé en conseil des ministres ce mercredi 23 avril 2025, le porte-parole du gouvernement a réagi à la radiation de la liste électorale de Tidjane Thiam.
La radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale a fait réagir le gouvernement ivoirien.
Interrogé en conférence de presse de fin de conseil des ministres ce mercredi 23 avril 2025, le ministre Amadou Coulibaly s’est prononcé sur le sujet.
« C’est facile de voir partout la main de l’Etat », a commenté le ministre porte-parole du gouvernement.
Selon le ministre Amadou Coulibaly, deux instances s’occupent des questions électorales en Côte d’Ivoire.
Ce sont la Commission électorale indépendante qui a le pouvoir de retirer ou d’ajouter sur la liste électorale des électeurs sur injonction du ministère de la justice.
La seconde est le conseil constitutionnel qui se prononce sur la validité des candidatures.
« En la matière, je ne vois pas où est-ce que le gouvernement intervient surtout qu’en ce qui concerne la Commission électorale indépendante, toutes les décisions sont prises de façon collégiale.
Ce qui veut dire que les décisions qui ont été prises par la Commission à ce jour ont rencontré le consentement de tous les membres de cette commission électorale », explique le porte-parole du gouvernement.
Par une décision à l’issue d’un procès dans le cadre du contentieux de la liste électorale, la justice a ordonné le mardi 22 avril 2025 la radiation de Tidjane Thiam.
Selon le tribunal de première instance d’Abidjan qui rendu la décision en s’appuyant sur l’article 48 du code de la nationalité, le président du PDCI n’était pas ivoirien au moment où il s’inscrivait sur la liste électorale.
Vient ainsi de rejoindre dans cette situation d’autres personnalités de la vie politique ivoirienne.
À savoir l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et l’ancien Premier ministre Guillaume Soro. Tous sortis de la liste électorale sur décision de justice.
« Le droit a été dit dans chacun de ces cas », fait savoir le ministre Amadou Coulibaly.
« C’est facile de voir partout la main de l’Etat. Mais je peux vous rassurer que le président de la République est en train de réussir à construire l’Etat de droit qu’il veut que notre pays devienne.
Un pays respectueux de sa constitution, un pays respectueux des décisions de justice qui sont prises. C’est de cela qu’il s’agit.
Maintenant je peux comprendre que certains opposants dans leurs désarrois, peuvent voir la main de l’Etat partout. Mais dans un Etat, ce n’est pas comme ça que les choses se passent », a insisté le porte-parole du gouvernement.
À l’issue du Conseil des ministres présidé par le chef de l’État Alassane Ouattara ce mercredi 23 mars 2025 à Abidjan-Plateau, le gouvernement ivoirien a réagi avec fermeté aux récentes mobilisations annoncées par l’opposition politique. « Le désordre ne sera pas toléré. Ce n’est pas une menace, c’est un conseil », a martelé Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, lors du traditionnel point de presse gouvernemental.
Alors que des militants du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) et du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) multiplient les appels à la mobilisation, le gouvernement insiste sur la nécessité de préserver la stabilité. « Les députés du PPA-CI et du PDCI jouent leur rôle de parlementaires de l’opposition, je ne vais pas critiquer leur posture. Mais ce dont je peux vous assurer, c’est que le désordre ne sera pas toléré », a insisté M. Coulibaly.
Il a également réagi aux propos de l’ancien président Laurent Gbagbo, qui a lancé un appel à la mobilisation lors d’un meeting tenu à Dabou. Pour le porte-parole du gouvernement, seule une démarche pacifique sera tolérée : « J’espère que cet appel s’inscrit dans une logique de paix et de construction. Si tel est le cas, il n’y aura aucun problème. Mais le désordre, lui, ne sera pas accepté. »
Interrogé sur la volonté du président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, de saisir la Cour de justice de la CEDEAO pour contester sa radiation par un acte de justice de la liste électorale provisoire, le ministre de la Communication a salué une initiative conforme à l’esprit démocratique. « C’est une démarche normale. Dans un État de droit, tout justiciable a le droit de faire valoir ses recours. Il est donc légitime qu’il explore les voies judiciaires à sa disposition. », a-t-il dit.
Amadou Coulibaly a enfin réaffirmé la détermination du président de la République à garantir la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national : « L’engagement du président Alassane Ouattara, c’est de préserver la paix. Et depuis 15 ans, la Côte d’Ivoire vit dans un climat de stabilité que nous devons à cet engagement. »
Tidiane Thiam, petit neveu de l’ancien Président Félix Houphouet Boigny, Président du PDCI, fondé par son oncle, est radié de la liste des candidats à la présidence de la République parce qu’il ne serait plus Ivoirien, alors qu’il vient de perdre sa nationalité française. Désormais, apatride par une décision de justice inique et dangereuse pour la stabilité du pays.
Tidiane Thiam est un des candidats les plus susceptibles d’être élu, si les élections sont honnêtes. Il faut subir à Tidjane Thiam le même sortir qu’il a subit dans les annees 90- 2000, quand il a été exclu de la présidentielle sous le prétexte qu’il n’etait pas ivoirien.
Aujourd’hui Ouattara fait pire et ouvre les portes de l’incertitude en Côte d’Ivoire. La Cedeao,l’Union Africaine, la France doivent veiller à ce que la présidentielle de la Côte d’Ivoire en 2025, soit inclusive, qu’elle ne soit pas une pure mascarade électorale pour maintenir au pouvoir Alassane Ouattara comme dans les pays de dictature, la présidentielle de 2025 doit permettre la participation de tous les leaders politiques, Gbagbo, Blé Goudé, Tidiane Thiam et Guillaume Soro.
Paradoxalement, celui qui doit céder la place c’est bien le Président Alassane Dramane Ouattara qui a fait plus de Deux mandats. Sinon les observateurs africains et internationaux vont observer quoi enfin, that’s the question.
L’opposant ivoirien Tidjane Thiam, écarté de la course à la présidentielle d’octobre par une décision de justice sur sa nationalité, a affirmé mercredi à l’AFP que son parti ne le remplacerait pas et qu’il allait saisir la justice ouest-africaine pour contester cette décision.
« C’est moi ou personne, nous ne présenterons pas d’autre candidat », a déclaré M. Thiam dans un entretien téléphonique à l’AFP.
Mardi, le tribunal d’Abidjan a radié M. Thiam de la liste électorale estimant qu’il avait perdu sa nationalité ivoirienne, une décision qui n’est susceptible d’aucun recours et qui ferme la porte à sa candidature à la présidentielle du 25 octobre.
Tidjane Thiam rejoint d’autres opposants, comme l’ex-président Laurent Gbagbo radié de la liste en raison d’une condamnation judiciaire.
Mercredi, le patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), qui l’avait officiellement désigné jeudi comme candidat à la présidentielle, a indiqué qu’il comptait saisir la Cour de justice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao).
« On va aller à la Cedeao, on a le droit. Et on va continuer à se battre sur le terrain et montrer au pouvoir, que c’est une décision qui est mauvaise pour la Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré.
« Gonflé à bloc »
« Etre sur la liste électorale, c’est un droit absolument fondamental, c’est une question de droits de l’Homme. On ne peut pas, dans une nation civilisée, traiter ça comme ça », a-t-il ajouté, assurant rester « gonflé à bloc ».
La justice a utilisé l’article 48 du code de nationalité, datant des années 1960 qui indique que l’acquisition d’une autre nationalité entraîne la perte de la nationalité ivoirienne.
Né en Côte d’Ivoire, M. Thiam a obtenu la nationalité française en 1987 et y a renoncé en mars, afin de se présenter à la présidentielle, un scrutin pour lequel un candidat ne peut être binational.
« Je maintiens que cette loi n’a pas été appliquée en 64 ans. Tous les jours, il y a des Ivoiriens qui prennent une autre nationalité, pour des raisons variées, et donc ce que nous dit cette loi, c’est que sans processus, ils ont perdu leur nationalité, sans qu’on les en informe, sans qu’ils le sachent », a déclaré M. Thiam.
Si ses partisans ont dénoncé une décision « politique » visant à écarter leur candidat, le parti au pouvoir répond ne pas être impliqué dans cette affaire.
M. Thiam, qui est depuis plusieurs semaines en France, envisage de continuer son activisme diplomatique, mais appelle également « les Ivoiriens à se mobiliser de façon visible ».
Ses déboires judiciaires ne sont pas terminés : le tribunal d’Abidjan doit se prononcer jeudi dans une autre affaire, toujours liée à sa nationalité.
Une militante du PDCI conteste en effet la légitimité de Tidjane Thiam comme président du parti, arguant qu’il avait perdu sa nationalité ivoirienne, lors de son élection en décembre 2023.
D’autres opposants sont également pour l’heure radiés de la liste électorale : l’ex-président Laurent Gbagbo, son ancien bras droit Charles Blé Goudé et l’ancien Premier ministre et ex-chef rebelle Guillaume Soro, en exil, pour des condamnations judiciaires.
Le parti au pouvoir n’a pas encore désigné son candidat. Le RHDP appelle de ses vœux une candidature d’Alassane Ouattara, 83 ans, au pouvoir depuis 2011, à un quatrième mandat.
Il organisera en juin un congrès au cours duquel le chef de l’Etat qui s’est dit « désireux de continuer à servir son pays » pourrait se prononcer.
Trois autres opposants sont également en course : l’ancienne Première Dame Simone Gbagbo, l’ex-ministre du Commerce Jean-Louis Billon ainsi que l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan.
Le principal parti d’opposition ivoirien a appelé mercredi à des « marches » jeudi devant les tribunaux du pays, pour protester contre l’éviction de son candidat Tidjane Thiam à l’élection présidentielle d’octobre.
« Demain (jeudi), partout sur l’étendue du territoire, chaque Ivoirien là où il se trouve va marcher devant le palais de justice de sa région, de sa ville », a déclaré Simon Doho, chef des députés du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), à la permanence du parti du quartier du Plateau, à Abidjan.
Il s’agit du premier appel à la mobilisation depuis la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale mardi.
Tidjane Thiam, candidat désigné du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) à l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, a été officiellement radié de la liste électorale. Cette décision a été rendue ce mardi 22 avril par le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau. Dans une déclaration solennelle, le président du parti septuagénaire a vivement dénoncé ce verdict qu’il qualifie d’« injuste, injustifié et incompréhensible ».
« Ce qui se passe, c’est que le pouvoir vient simplement d’éliminer, à travers un raisonnement inique, son rival le plus sérieux », a-t-il fustigé, accusant le régime en place d’avoir maquillé une décision politique en procédure judiciaire.
Selon lui, cette radiation n’est que l’aboutissement d’un processus initié par des militants du parti au pouvoir (Rhdp), représentés par des avocats eux-mêmes proches du régime, devant des magistrats nommés par ce dernier. Une mécanique bien huilée, à en croire Thiam, qui voit dans cette manœuvre un signe inquiétant de recul démocratique.
M. Thiam estime que cette décision intervient dans un contexte politique tendu, marqué par un »troisième mandat » du président sortant, Alassane Ouattara, dont la légitimité reste, selon lui, contestée. « Certaines sources évoquent même la possibilité d’une candidature pour un quatrième mandat, ce qui attise davantage les inquiétudes sur la solidité de la démocratie ivoirienne », a-t-il souligné.
« Je crains qu’une fois de plus, nous soyons au bord d’une crise », a mis en garde Tidjane Thiam, en référence aux douloureux épisodes électoraux que le pays a connus par le passé.
Face à cette situation, il appelle à une mobilisation nationale et internationale afin de garantir aux Ivoiriens leur droit fondamental : celui de choisir librement leur président. « C’est une question de dignité », a-t-il martelé.
Malgré cette exclusion, Tidjane Thiam se montre inflexible. « Je suis absolument déterminé à ne pas accepter cette radiation », a-t-il affirmé. Selon lui, le PDCI reste « uni derrière lui » et ne compte pas désigner un autre candidat. « Il n’y aura pas de plan B, il n’y aura pas de plan C », a-t-il insisté, appelant ses partisans à rester mobilisés.
Le pouvoir Rhdp a dessiné le schéma et il l’exécute selon son calendrier et son tempérament. L’exclusion du candidat du Pdci-Rda de la course au fauteuil présidentiel est effective depuis ce mardi 22 avril 2025 après la décision du tribunal du Plateau qui a ordonné la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale. La juge se fonde sur la perte de sa nationalité ivoirienne dès l’acquisition de celle française dont il s’était déchargé en mars dernier.
Un véritable coup de massue sur le Pdci et tous ceux qui plaçaient dans l’ancien patron du Crédit Suisse leur espoir d’un renouveau en Côte d’Ivoire. En l’état actuel des choses, avec cette décision, Thiam devient inéligible. Mais pire, il n’est ni français, ni ivoirien. Un apatride de la pire espèce que vient de créer le régime Rhdp qui avait à cœur de lui barrer la route, l’anéantir depuis qu’il a décidé d’entrer en politique et de briguer la magistrature suprême.
Oublié la ratification par la Côte d’Ivoire du traité international contre toute forme d’apatridie. Depuis ce jour, 15 heures GMT, Tidjane Thiam ne peut se prévaloir de la nationalité ivoirienne. Du coup, son passeport, ses extraits de naissance, ses diplômes et tout document ivoirien en sa possession sont remis en cause.
Le concerné n’a pas encore fait de déclaration depuis cette annonce. Il le fera certainement mais avec quelle ressource morale au moment où la présidence du Pdci risque de lui échapper.
A six mois de l’élection présidentielle c’est une bataille dans la bataille qui s’offre au Pdci-Rda et à l’opposition significative privée de leaders, Gbagbo et Thiam étant désormais verrouillés.
La justice ivoirienne a prononcé, ce mardi 22 avril 2025, la radiation du président du PDCI (opposition), M. Tidjane Thiam, ex-CEO de Crédit Suisse, de la liste électorale, au motif qu’il a perdu sa nationalité ivoirienne.
Le tribunal de première instance d’Abidjan a rendu, ce mardi 22 avril 2025, son verdict sur des plaintes relatives à des contestations sur la nationalité ivoirienne de Tidjane Thiam. Bernard N’Zi Kokora, un secrétaire national adjoint chargé des militants du RHDP, figure parmi les plaignants.
Le Tribunal de première instance d’Abidjan avait suspendu une requête de délivrance d’un certificat de nationalité à Tidjane Thiam, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI/opposition), en raison d’une saisine en contestation de sa nationalité ivoirienne.
Le président du PDCI a introduit auprès du Tribunal de première instance d’Abidjan une requête aux fins de délivrance d’un certificat de nationalité, en date du 9 avril 2025.
Le Tribunal de première instance d’Abidjan a fait observer qu’ il était « constant que la nationalité ivoirienne de monsieur Tidjane Thiam est contestée devant le tribunal, par une action tendant à faire constater la perte de sa nationalité. »
Par conséquent, le Tribunal de première instance d’Abidjan a estimé qu’ « il y a donc lieu, en l’état, de surseoir à la délivrance dudit acte jusqu’à ce que le tribunal, saisi de la contestation vide sa saisine ». Tidjane Thiam a obtenu la nationalité française en 1987.
Après sa libération de la nationalité française, obtenue le mercredi 19 mars 2025, Tidjane Thiam fait face à un autre front pour acquérir définitivement la nationalité ivoirienne, une condition d’éligibilité à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire.
Ses détracteurs soulèvent l’article 48 du Code de la nationalité ivoirienne, datant du 14 décembre 1961. Selon le texte, « perd la nationalité ivoirienne, l’Ivoirien majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère, ou qui déclare reconnaître une telle nationalité ».
« Pendant un délai de 15 ans à compter de l’inscription sur les tableaux de recensement, la perte est subordonnée à l’autorisation du gouvernement par décret pris sur rapport du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, et après avis du ministre de la Santé et de la Défense », note le texte.
La Constitution ivoirienne, en son article 55, stipule que tout candidat à l’élection présidentielle doit être exclusivement Ivoirien et ne pas détenir de passeport étranger. Tidjane Thiam a été élu, le 16 avril 2025, comme candidat du PDCI à l’issue d’une convention éclatée en vue de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025.
Le gouvernement burkinabè a annoncé, lundi soir, avoir déjoué une nouvelle tentative de déstabilisatiion.
Les autorités burkinabè ont annoncé avoir mis en échec une tentative de coup de force impliquant plusieurs militaires et anciens membres des forces armées. L’information a été rendue publique à travers un communiqué lu à la télévision nationale par le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana.
Selon ce communiqué, les services de renseignement ont intercepté des échanges entre un militaire burkinabè et des chefs de groupes armés. Ces communications concernaient des informations sensibles sur les positions des Forces de défense et de sécurité (FDS), les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), ainsi que des détails sur certaines opérations militaires.
L’enquête a permis d’identifier le lieutenant Abdrahmane Barry, affecté au bataillon de la justice militaire, en situation d’absence irrégulière et poursuivi pour désertion. Sa surveillance aurait révélé des liens avec d’autres individus, notamment le capitaine Jouani Compaoré, le sous-officier Laoko Zerbo, le commandant Frédéric Ouédraogo en service au Centre intégré des opérations, ainsi que le commandant Constantin Kaboré, décrit comme étant en stage à l’étranger mais actuellement en fuite en Côte d’Ivoire.
Le document officiel indique que ces personnes seraient impliquées dans un projet de déstabilisation visant à coordonner une action armée contre la présidence du Faso, initialement prévue pour le mercredi 16 avril 2025. Cette action devait, selon les enquêteurs, coïncider avec plusieurs attaques menées par des groupes armés, avec pour objectif de saturer les capacités de réaction des forces de sécurité.
Les auteurs présumés auraient également tenté de semer la confusion au sein des forces en diffusant de faux messages, en évoquant l’existence de « listes noires », et en approchant des chefs coutumiers ou religieux pour encourager l’adhésion d’autres militaires à leur initiative. Le capitaine René David Ouédraogo est cité parmi les officiers ayant pris la fuite.
Par ailleurs, certains VDP auraient été sollicités pour influencer négativement leurs collègues, certains recevant des fonds à cette fin. Toutefois, selon les autorités, plusieurs dénonciations spontanées ont été enregistrées dans les jours précédant la date présumée du passage à l’acte, permettant l’interpellation de plusieurs suspects à Ouagadougou, tandis que d’autres ont quitté le pays en direction de la Côte d’Ivoire.
Le ministre Mahamadou Sana a précisé que la coordination extérieure du projet serait toujours active à Abidjan, avec pour objectif de provoquer des troubles avant le mois de juin. Il a ajouté que les services de renseignement poursuivaient leur travail et que d’autres individus faisaient l’objet de surveillances.
Le communiqué appelle la population à la vigilance et invite les citoyens à signaler toute activité suspecte, tout en saluant la coopération de certains soldats et VDP dans le cadre de cette affaire.
Si le nom de Tidjane Thiam a été maintenu sur la liste électorale en dépit des recours pour sa radiation, cela ne valide pas en soi sa candidature à la présidentielle. Les deux procédures judiciaires qui le visent, n’ont pas encore donné lieu à des jugements définitifs. Dans la première, sa destitution de la présidence de son parti est réclamée, et dans la seconde, sa radiation de la liste électorale est en jeu. S’il parvient à se tirer d’affaires dans ces deux procès, restera un dernier obstacle, la validation de sa candidature par le conseil constitutionnel. Elle n’est pas acquise. Ainsi le chemin reste encore long.
Du côté de l’ex-président Gbagbo, c’est le même tableau. Il est pour l’instant radié de la liste électorale. S’il était finalement réintégré, il reste là encore l’obstacle du Conseil Constitutionnel. En dépit de ces incertitudes, dans les deux partis on se refuse absolument à envisager une candidature de recours. Les lignes « GOR », Gbagbo ou rien, et « TOR », Thiam ou rien, sont officiellement les lignes qui sont suivies. Un quelconque plan B n’est pas à l’ordre du jour au niveau des états-majors.
Pourtant envers et contre tout, Jean Louis Billon maintient sa candidature. Pour l’instant il ne s’est pas encore prononcé sur l’étiquette sous laquelle il compte compétir, son parti d’origine, en indépendant, ou sous le label d’un nouveau parti qu’on lui prête l’intention de créer. Quant à Ahoua Don Mello, si son nom avait été évoqué un moment en guise de candidature de recours à celle de l’ex-président Gbagbo, il a rapidement dû démentir et se ranger officiellement derrière la ligne officielle lorsque le président Gbagbo s’est fermement opposé à tout « plan B » à sa candidature. Ainsi les candidatures de Jean Louis Billon et Ahoua Don Mello sont à ce stade improbables sous le label de leur parti.
Mais au-delà de cela, il est intéressant de s’attarder quelque peu sur les profils de candidats qu’ils représentent. Billon est un chef d’entreprise, totalement immergé dans le monde des affaires, le plan national ainsi qu’à l’international. C’est aussi un ancien ministre du commerce, ce qui donne du poids à son « CV ». Aux dernières nouvelles, il aurait créé un parti, l’ADNCI-Alternative Démocratique Nouvelle Côte d’Ivoire. D’autres y voient seulement un mouvement de soutien. L’homme est vu à l’intérieur de son parti comme celui derrière les démêlés judiciaires de Thiam. Ainsi le divorce semble bel et bien consommé avec le PDCI même si aucune déclaration officielle n’a fusé dans ce sens.
Quant à Ahoua Don Mello, ingénieur de formation (en Ponts et Chaussées), il s’est spécialisé au fil de sa carrière dans les questions de développement. De 2001 à 2010, donc durant la présidence du président Gbagbo, il fut Directeur Général du BNETD, le Bureau National d’Etude Technique et de Développement, un important bureau d’études dans les infrastructures, qui fait également de la consultance en matière de développement. C’est la première structure du genre en Afrique francophone. De 1994 à 1996, elle avait à sa tête un certain Tidjane Thiam. Ahoua Don Mello s’est confectionnéun iportant carnet d’adresses durant son passage au BNTED. Ainsi l’homme a conseillé plusieurs gouvernements africains après 2010. Il fut coopté par le patronat russe en 2021. Il est aujourd’hui très impliqué dans l’action des BRICS, dont il est le représentant pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Il faut aussi rappeler qu’Ahoua Don Mello s’était déjà séparé du président Gbagbo dans les années 1990. Il a avait opéré une scission pour fonder le parti « FPI-renaissance ». Il n’est revenu vers le président Gbagbo qu’après le putsch du général Gueï en 1999, un événement qui a rabattu les cartes de la vie politique ivoirienne. De cet épisode, il reste un fond de méfiance entre les deux hommes.
Pour les analystes, il est peu probable que le pouvoir autorise à la fois les candidatures de Thiam et de l’ex-président Gbagbo. De même un rejet de ces deux candidatures serait vu comme un passage en force, et sera certainement désavoué à l’international, outre la contestation sur le plan local dont on ne peut présager l’issue. Ainsi ce sera soit l’un ou l’autre qui sera amené à compétir face au président Ouattara (dont la candidature est quasi certaine aujourd’hui ). Pour l’instant, la candidature de Thiam semble tenir la route. Mais rien n’est inscrit dans le marbre, il reste encore du temps, et les choses peuvent évoluer.
Si le fossé entre Billon et son parti (ou du moins son ex-parti) est trop important pour être comblé, Ahoua Don Mello conserve ses cartes en mains à 66 ans. L’homme a eu la sagesse de ne pas entrer en opposition frontale avec l’ex-président Laurent Gbagbo dont il dit soutenir la candidature « sans réserve ». Mais il est évident que dans un coin de sa tête, les plans sont déjà prêts « au cas où … ». Il a acquis du volume sur le plan international, et dans une certaine mesure écrase la concurrence pour la relève de l’ex-chef d’Etat. Si les chances de le voir compétir en 2025 restent faibles voire quasi nulles, la chose n’est pas exclue si on se projette au délà de 2025.
Le 10 avril dernier, la Côte d’Ivoire a menacé de prendre des mesures pour rendre le cacao plus cher et pénaliser les consommateurs américains de chocolat. Cette démarche est une réponse à l’annonce par l’administration Trump une semaine plus tôt, de droits de douane de 21 % sur les produits ivoiriens. Si les autorités américaines ont suspendu pour 90 jours les taxes douanières dites « réciproques » pour des dizaines d’Etats dont la Côte d’Ivoire, cette passe d’armes reste inédite entre deux pays qui entretiennent d’importantes relations dans le secteur agricole. Eclairage.
Une balance qui penche largement en faveur de la Côte d’Ivoire
Dans l’ensemble, la Côte d’Ivoire sort largement gagnante de ses échanges commerciaux avec les USA sur le plan agricole. Selon les données de l’USDA, le pays de l’Oncle Sam a importé pour 752 millions $ de produits agricoles depuis la première économie de l’UEMOA en 2024.
Ce montant fait du pays ouest-africain la principale source d’importations agricoles des USA en Afrique subsaharienne avec 25 % du total estimé à 2,8 milliards $.
Cependant, il s’agit d’un montant en baisse par rapport à l’année précédente. Depuis le cap des 1 milliard $ franchi en 2021, les achats de produits agricoles ivoiriens par les USA n’ont cessé de reculer.
Les principaux produits exportés par la Côte d’Ivoire vers les USA sont le cacao et les produits dérivés ainsi que le café. Sur un autre plan, la locomotive de l’UEMOA ne représente que le 39e débouché pour l’agriculture américaine dont les exportations totales ont dépassé 170 milliards $ en 2024. D’après les chiffres officiels, les USA ont exporté pour 39 millions $ de produits agricoles vers la Côte d’Ivoire durant l’année écoulée.
Dans les détails, les principaux articles expédiés par les USA vers le pays d’Afrique de l’Ouest comprennent le riz (22,3 millions $), les tourteaux de soja (13,2 millions $), le bœuf et produits dérivés (1,98 million $), la viande de poulet et produits dérivés (403 000 $) et les préparations alimentaires (301 723 $).
Sur les 5 dernières années, le record des ventes agricoles américaines sur le marché ivoirien a été atteint en 2021 avec 41 millions $.
Plus globalement, ce déséquilibre de la balance commerciale en faveur de la Côte d’Ivoire dans le secteur agricole se reflète dans l’ensemble des échanges entre les deux pays. Selon les statistiques du Bureau du recensement des États-Unis, les USA ont importé pour 1 milliard $ de marchandises depuis la Côte d’Ivoire en 2024 et y ont expédié pour 596,6 millions $ de produits.
Le rapport souligne qu’une large proportion de la population subsaharienne n’a pas encore accès à Internet, en raison notamment du coût élevé de la connectivité, du déficit d’infrastructures et du manque d’alphabétisation et de compétences numériques.
Le prix médian d’un forfait de données mobiles d’entrée de gamme (2 gigaoctets par mois) en Afrique subsaharienne s’est élevé à 3,9% du revenu mensuel moyen par habitant en 2024, soit le taux le plus élevé à l’échelle mondiale, selon un rapport publié le jeudi 10 avril 2025 par l’Union internationale des télécommunications (UIT).
Intitulé « State of digital development and trends in the Africa region : Challenges and opportunities », le rapport précise que le prix médian du forfait de données mobiles d’entrée de gamme a fortement baissé depuis 2018, lorsqu’il se situait à 7,3% du revenu mensuel moyen par habitant. Il reste cependant largement au-dessus du seuil maximal de 2% du revenu mensuel moyen par habitant fixé par la Commission des Nations Unies pour le haut débit.
Le haut débit fixe est encore moins abordable au sud du Sahara, avec un prix médian du forfait d’entrée de gamme (5 gigaoctets par mois) représentant 3,4 % du revenu mensuel moyen par habitant.
Ces coûts élevés de l’Internet haut débit (fixe et mobile) ont un impact disproportionné sur les groupes à faible revenu, qui exacerbe les inégalités numériques. Le rapport révèle, dans ce même cadre, que 38% de la population d’Afrique subsaharienne avait accès à Internet en 2024, contre une moyenne mondiale de 68%.
La région est cependant en train de rattraper lentement son retard. Depuis 2005, le taux de pénétration d’Internet dans la région a augmenté de 16,7% en moyenne par an contre une moyenne mondiale de 8%. Au cours des dix dernières années, la croissance a été plus modeste, avec un taux de 10,7% en moyenne annuelle contre 6,1% au niveau mondial.
Une fracture numérique multidimensionnelle
Le taux de pénétration d’Internet en Afrique subsaharienne présente cependant de fortes disparités entre les pays, avec des extrêmes allant de 11% (Burundi) à 87% (Seychelles).
Une fracture numérique entre les sexes est également perceptible. 43% des hommes utilisaient Internet durant l’année écoulée contre 31 % des femmes.
Bien que l’utilisation d’Internet ait globalement augmenté, des centaines de millions de personnes restent hors ligne au Sud du Sahara, en raison notamment du coût élevé des services, de l’analphabétisme numérique et du manque de connectivité fiable, en particulier dans les zones rurales. Les jeunes et les populations urbaines sont les moteurs de l’adoption du numérique, tandis que les adultes plus âgés et les communautés rurales restent à la traîne.
La fracture numérique entre les villes et les campagnes demeure très marquée. En 2024, l’utilisation d’Internet par la population urbaine a atteint 57% contre 23% dans les zones rurales, ce qui représente de loin l’écart le plus important à l’échelle mondiale. Les réseaux 4G et 5G desservent principalement les populations urbaines, laissant aux communautés rurales des connexions plus lentes et moins fiables.
L’UIT souligne que les réseaux de téléphonie mobile constituent l’épine dorsale de l’accès à Internet en Afrique subsaharienne, étant donné que les infrastructures à large bande fixe sont encore limitées et coûteuses. En 2024, la région comptait 52 abonnements au haut débit mobile pour 100 habitants, ce qui est nettement inférieur à la moyenne mondiale de 95 abonnements pour 100 habitants. Pour le haut débit fixe, la situation était encore pire, avec moins d’un abonnement pour 100 habitants.
Le taux de couverture de la population de la région par les services à haut débit mobile s’est élevé à 86%, laissant 14% sans possibilité de connexion (cette proportion se situe à 25% dans les zones rurales).
Si 70% de la population est couverte par les réseaux de quatrième génération (4G), 16% des habitants dépendent encore de la 3G qui offre des vitesses plus faibles et une expérience en ligne limitée. Le déploiement de la 5G a commencé dans plusieurs pays, mais n’a encore atteint que 11% de la population subsaharienne.
Dans l’affaire dite du « complot contre la sécurité de l’État » très largement médiatisée à Tunis, de graves chefs d’inculpation ont été fabriqués contre les principaux opposants du président autocrate Kais Saïed, mais aussi, à la surprise générale et avec des arguments rocambolesques, contre l’écrivain français Bernard Henri Lévy
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme en Tunisie a prononcé, samedi, des peines allant de 4 à 66 ans de prison à l’encontre de 40 personnes accusées dans le cadre de l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ».Parmi les condamnés figure le philosophe français Bernard-Henri Lévy, poursuivi par contumace et condamné à 33 ans de prison. Sa présence dans le dossier a suscité la surprise, les autorités tunisiennes n’ayant à ce stade communiqué que des accusations grotesques et dérisoires à son encontre
Le « sioniste » de service
La présence de Bernard Henry Levy dans cette affaire
Cerise sur le gâteau, la présence du philosophe français dans cette affaire semble là uniquement pour relever la saveur complotiste de cette cuisine. Or, dans un premier organigramme visualisant les liens entre les différents les protagonistes du « complot », figurait à sa place une autre personnalité juive, Pierre Besnainou, président du congrès juif européen, membre du centre Pérès pour la paix et décoré par Jacques Chirac. Un « gros poisson » qu’il valait mieux remplacer dans le réquisitoire final par Bernard Henry Levy, une personnalité plus médiatique dans le rôle du sioniste nécessaire à toute théorie du complot aux relents antisémites qui se respecte.
Entre temps, le juge d’instruction Samir Zouabi qui a établi ce rapport infame dont Mondafrique a eu des extraits, a quitté le pays pour une travail dans le secteur privé au Qatar. Il est actuellement lui aussi recherché pour « complot contre la sûreté de l’État ».
Notre site Mondafrique s’était procuré voici quelques mois le compte rendu de l’instruction tel qu’il a été transmis au tribunal criminel de première instance du pôle anti-terroriste de Tunis, quantre vingt pages d’élucubrations policières vite torchées. À la page 78 de ces affirmations grossières et dénuées de tout commencement de preuves, l’acte d’accusation indique: « Nous décidons et nous déclarons qu’il y a assez de preuve pour que ces personnes soient soupçonnées » de crimes particulièrement graves, dont le premier est la participation à la constitution d’une entreprise terroriste en vue de déstabiliser la sécurité interne et externe de la Tunisie.
Le 40e accusé cité est Bernard Henri Levy, dont le nom figure, en français et légèrement déformé, sous l’appellation de « Bernard Henri LIVY »..
Une liste suit où figurent les quarante noms des personnalités poursuivies. Qu’elles soient emprisonnées depuis 14 mois (Khayam Turki, Jahwar Ben Mbraek, Issam Chebbi) ou qu’elle représente le noyau dur de l’opposition historique, encore en liberté mais la plupart en exil, dont Neji Chebbi et Kamel Jendoubi qui ont joué un rôle clé dans le processus démocratique du printemps arabe des années 2011-2019. La 40e personne citée est Bernard Henri Levy, dont le nom figure, en français et légèrement déformé, sous l’appellation de « Bernard Henri LIVY »..
La liste des chefs d’accusation est actée par la signature des juges, notamment le premier assistant du procureur de la République, daté du 12 avril 2024, trois jours avant la clôture du dossier.
Le Président tunisien, obsessionnel du complot
Un procès politique
Les éléments de preuve présentés comme les plus tangibles tournent autour de rencontres qui ont eu lieu entre certains des accusés et des diplomates occidentaux, cités nommément dans le rapport d’instruction, parmi lesquels Marcus Cornaro ambassadeur de l’UE à Tunis et André Parent, ancien ambassadeur de France à Tunis. Pour preuve de son obsession à couper son pays de sa réputation traditionnelle d’ouverture vers l’étranger et notamment la France, le Président tunisien convoquait l’ensemble des ambassadeurs pour les mettre en garde contre toute ingérence dans la vie publique tunisienne. Ce qui n’a provoqué, à l’exception des Américains (1), aucune réaction des chancelleries occidentales qui avaient pourtant toujours souhaité, durant ces dernières années, accompagné la transition démocratique tunisienne.
Le Président de la République tunisien intervient régulièrement dans ce dossier dit « du complot », et encore récemment, par des déclarations publiques. Après avoir estimé que « celui qui les acquitterait était leur complice dans le crime », le voici qui martelait, lors du Conseil national de sécurité du 15 avril dernier, le jour même de la cloture du dossier,que «les procédures judiciaires (dans cette affaire) sont intègres ».
Le président de la République tunisien est revenu, jeudi 18 avril 2024 lrs de la cérémonie de célébration du 68e anniversaire des forces de sécurité intérieure, sur la nécessité d’assurer la sécurité dans le pays. « C’est un signe d’appartenance à la patrie. Cependant, nous ne pouvons rien attendre de ceux qui prétendent aimer la patrie alors qu’ils sont déjà démasqués, même s’ils tentent de manoeuvrer et de se cacher… La liberté ne signifie pas l’anarchie et l’atteinte aux institutions de l’État, encore moins la diffamation, les insultes et la propagation des rumeurs … Ceux qui aspirent à un retour en arrière n’ont qu’à vivre dans leurs illusions », a-t-il déclaré.
Des attaques antisémites
Les extraits de l’acte d’accusation qui concernent Bernard Henri Lévy sont particulièrement indignes. L’argumentation est manifestement délirante et clairement antisémite. Autant de dérapages grossiers qui traduisent bien la dégradation totale des valeurs politiques dans la Tunisie de KaIs Saied qui se positionne en victime d’un complot hypothétique et en défenseur de la souveraineté perdue de la Tunisie.
« Bernard-Henri Lévy possède des investissements en Tunisie sous des noms empruntés auprès de certains juifs tunisiens, et il est lié à l’authenticité subversive et aux mouvements sécessionnistes berbères. En Algérie, il a des liens avec les groupes armés islamiques. Il fait partie des agences masquées israéliennes, comme le Mossad, le Shin Bet et les Qayyun (ceux qui mènent des opérations d’assassinat en dehors d’Israël) ».
« BHL tente depuis 2013 jusqu’il y a environ un an de s’implanter en Tunisie, en Algérie et en Libye. afin de servir l’entité sioniste et les pays qui lui sont alliés en exploitant les résultats du Printemps arabe. Il a également des liens avec certaines personnalités et institutions médiatiques, comme Sky News et BFM. Bernard Henry Levy conspire contre l’État tunisien, en perturbant la production de phosphate ».
« Le but est de nuire à l’économie tunisienne en vue de sa soumission à la normalisation avec l’entité sioniste. De plus, la personne soupçonnée, Bernard Henry Levy, a adopté l’idéologie maçonnique et est lié à certains des accusés dans cette affaire qui ont participé à certaines soirées des clubs en Tunisie, le Rotary Club et le Lions Club, intensément actifs au Moyen-Orient pour diffuser cette idéologie maçonnique qui cherche à contrôler l’économie, les politiques et les armes. »
BHL, la bête noire
Lors d’une visite au gouvernorât de Nabeul, en novembre 2023, le président de la République, Kaïs Saïed avait lui même estimé que la révolution avait échoué, attribuant cette défaillance à ce qu’il perçoit comme une collusion entre les médias qu’il a désignés comme coupables. Selon lui, les médias auraient été sollicités pour établir des alliances avec le sionisme mondial.
Durant son entretien avec la gouverneure de Nabeul, Sabeh Malek, le président tunisien, en confondant plusieurs personnalités, a également parlé des travaux de l’assemblée constituante, précisément l’étape de l’écriture de la constitution et les visites du philosophe controversé Bernard-Henry Lévy.« On a oublié les visites de Bernard-Henri Lévy à l’Assemblée nationale constituante… Il a écrit quelques dispositions… ». Ce qui est absolument faux, BHL ne se rendant alors en Tunisie que pour rencontrer des contacts libyens.
BHL en compagnie de diverses personnalités libyennes sur une terrasse d’hôtel à Gammarth
Les medias tunisiens les plus crédibles avait alors retracé l’historique des visites de Bernard-Henry Lévy en Tunisie. La seule visite au territoire tunisien date du 31 octobre 2014, quelque mois après l’adoption de la constitution le 26 janvier 2014. Cette visite avait fait polémique en Tunisie où Bernard-Henry Lévy a été accueilli par des manifestants dés son arrivée à l’aéroport de Carthage.
Interviewé par la chaine France 24, BHL avait affirmé à ce moment-là que sa visite en Tunisie vise à poursuivre le processus de réconciliation nationale en Libye. Une image a fait le tour de la toile durant cette visite le montrant en compagnie de diverses personnalités libyennes sur une terrasse d’hôtel à Gammarth. Sur la photo, on voit Fadil Lamine, président du Conseil de dialogue national libyen, Gilles Hertzog, un proche du philosophe français, et Nouri Cheriou, une éminente figure des Amazighs libyens.
Une telle rencontre, voici dix ans avec des amis libyens, vaut à BHL de risquer une condamnation à mort. Voici le genre d’absurdité qui caractérise désormais la gouvernance du Président Kaïs Saïed.
(1) Pour l’année 2025, la diplomatie américaine a décidé de ne pas rétablir son aide au développement octroyée jusqu’en 2023 – 11,3 millions de dollars – à la Tunisie. Dans leur proposition de budget au Congrès pour l’année 2025, publiée début mars, les équipes d’Antony Blinken ont laissé, comme en 2024, la case de la Tunisie vide dans le tableau Development Assistance.