Auteur/autrice : iciabidjan

  • Côte d’Ivoire, la veillée d’armes avant la Présidentielle de l’automne

    Côte d’Ivoire, la veillée d’armes avant la Présidentielle de l’automne

    Quels seront les candidats à l’élection présidentielle d’octobre prochain en Côte d’Ivoire ? Bien malin qui sera capable de répondre à une telle question à six mois de l’échéance. Parmi les potentiels candidats les plus importants, on peut citer le président de la République actuel Alassane Ouattara, l’ancien président de la République Laurent Gbagbo, et le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) Tidjane Thiam.

    Le président Alassane Ouattara, 83 ans, qui dirige le pays depuis une quinzaine d’années et dont la candidature est bruyamment réclamée par ses partisans, ne s’est pas encore prononcé. Toute l’opposition s’oppose à sa candidature, en arguant qu’elle serait anticonstitutionnelle, au regard du texte fondamental qui stipule que le nombre de mandats est limité à deux. Mais le conseil constitutionnel avait estimé en 2020 que la nouvelle constitution adoptée en 2016 avait remis les compteurs à zéro, et que le mandat entamé par le président Ouattara en 2020 n’était que le premier de la troisième République créée par la nouvelle constitution. S’il se présentait en 2025, il n’en serait qu’à son second mandat de cette nouvelle République. Il faudrait sans doute attendre le congrès du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir dont il est le président, qui est prévu pour se tenir au mois de juin, pour connaître la décision du Chef de l’Etat.

    Laurent Gbagbo, 80 ans, l’ancien chef de l’Etat qui a été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) en 2019 après huit ans d’emprisonnement à La Haye, a annoncé son intention de concourir à l’élection présidentielle de 2025. Mais le 18 janvier 2018, il avait été condamné, en même temps que trois de ses anciens ministres, par la Cour d’assises d’Abidjan à vingt ans de prison et à une amende de 329 milliards de francs CFA pour « vol en réunion par effraction portant sur des caves à la Banque centrale des Etats d’Afrique occidentale (BCEAO) et des numéraires, complicité de vol en réunion par effraction, destruction d’une installation appartenant à autrui, détournement de deniers public » en vue d’obtenir des liquidités durant la crise électorale pour payer les fonctionnaires. C’est l’affaire dite du casse de la BCEAO. La peine est assortie d’une privation des droits civiques.

    Mais si Laurent Gbagbo a bénéficié d’une grâce du chef de l’Etat, il est cependant rayé de la liste électorale et ne peut par conséquent être candidat à l’élection présidentielle. L’ancien chef d’Etat conteste sa condamnation, et surtout l’impossibilité pour lui d’être candidat à la future élection présidentielle. De surcroît, il exige la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) qu’il estime être à la solde du pouvoir.

    Depuis lors, le fondateur du Front populaire ivoirien (FPI), parti qui l’avait porté au pouvoir suprême en 2000 qu’il a abandonné aux mains de son ancien numéro deux Affi Nguessan, pour créer le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) qui se définit comme panafricaniste et socialiste, ne cesse de réclamer sa réinscription sur la liste électorale. Après une série de meetings dans quelques localités, Laurent Gbagbo vient de lancer ce qu’il a appelé le mouvement « trop c’est trop », et il promet de donner bientôt des mots d’ordre pour d’autres actions dont il n’a pas dévoilé la nature. Le parti de Laurent Gbagbo affirme qu’il n’a pas de plan B, et que son unique candidat est bien son fondateur.

    Tidjane Thiam, 63 ans, l’ancien ministre d’Henri Konan Bédié en 1998, est rentré en Côte d’Ivoire après s’en être absenté pendant 23 ans, au lendemain du coup d’Etat qui avait renversé le pouvoir dont il était membre. Après avoir dirigé Prudential, l’une des plus grandes compagnies d’assurance au monde, puis la banque Crédit Suisse, il a pris la tête du PDCI, le parti historique créé par Félix Houphouët-Boigny, qui dirigea la Côte d’Ivoire pendant 33 ans. Il a annoncé son intention de briguer la présidence de la Côte d’Ivoire, mais il vient d’être freiné dans son élan par une décision de justice qui ordonne sa radiation de la liste électorale au motif qu’il n’était plus Ivoirien au moment de son inscription sur ladite liste.

    En effet M. Thiam s’était fait naturaliser Français en 1987, alors qu’il avait 25 ans, alors qu’une loi datant de 1961 stipule que l’Ivoirien majeur qui acquiert la nationalité d’un autre pays perd celle de la Côte d’Ivoire. De plus, la constitution exige que tout candidat à la présidence de la Côte d’Ivoire soit exclusivement Ivoirien. M. Thiam avait renoncé à sa nationalité française en mars dernier, mais le tribunal a estimé qu’au moment de son inscription sur la liste électorale, il avait déjà perdu la nationalité ivoirienne et que c’est à tort qu’un certificat de nationalité ivoirienne lui avait été octroyé. M. Thiam a aussitôt violemment rejeté cette décision, en parlant d’une sombre loi dont personne ne connaissait l’existence et qui exclurait des milliers, voire des millions d’Ivoiriens qui avaient acquis d’autres nationalités tout en se croyant toujours Ivoiriens. Ses partisans ne décolèrent pas et crient au complot ourdi par le parti au pouvoir pour évincer un candidat dangereux. Dans sa première déclaration, M. Thiam avait parlé d’un mystérieux sondage dont personne n’avait encore entendu parler et qui lui accorderait 57% des intentions de vote face à M. Alassane Ouattara. Il a lui aussi annoncé que son parti n’a pas de plan B, et que c’est lui son candidat ou personne d’autre. Une manifestation organisée au lendemain de cette décision a rassemblé à peine deux cent personnes. Il faut dire que M. Thiam fait aussi face à une fronde au sein de son propre parti dont certains militants contestent son élection à sa présidence et ont intenté une action en justice contre lui pour l’en déchoir. Parmi les griefs émis contre lui, il y a le fait qu’il n’avait pas la nationalité ivoirienne au moment de son élection à la tête du parti, qu’il n’avait participé à aucune activité du parti pendant son exil volontaire de 23 ans, alors que les textes exigent que le candidat à la présidence soit membre actif du bureau politique pendant au moins dix ans. Le 28 avril, un haut fonctionnaire du ministère de la Justice et des droits de l’homme a animé une conférence de presse au cours de laquelle il a affirmé que M. Thiam était indiscutablement redevenu Ivoirien au regard des textes ivoiriens, dès lors qu’il avait renoncé à sa nationalité française en mars 2025, puisque son père et sa mère étaient Ivoiriens. Affaire à suivre.

    Au sein du PDCI, le principal challenger de M. Tidjane Thiam est M. Jean Louis Billon, 61 ans, héritier de la plus grosse fortune de la Côte d’ivoire et ancien ministre du commerce de M. Alassane Ouattara. Il avait depuis longtemps annoncé son désir de briguer la présidence du PDCI, puis celle de la Côte d’Ivoire, mais M. Tidjane Thiam lui avait brûlé la politesse en se faisant élire à la tête du plus vieux parti du pays. M. Billon avait contesté l’élection de M. Thiam à la présidence du parti, et bien qu’il soit minoritaire au sein du PDCI, il n’a pas encore renoncé à son ambition de se porter candidat à la présidence de la Côte d’Ivoire.

    Les deux principaux outsiders dans cette course à la présidence sont Charles Blé Goudé, 53 ans, l’ancien leader des « Jeunes Patriotes » et éphémère ministre dans le gouvernement formé par Laurent Gbagbo après sa tentative de confisquer le pouvoir après l’élection de 2010, et Guillaume Soro, 53 ans, l’ancien chef de la rébellion, ancien premier ministre et ancien président de l’Assemble nationale. Le premier a été condamné à vingt ans de prison, gracié, mais rayé de la liste électorale et le second a été condamné à la prison à vie, rayé aussi de la liste électorale et vit hors de la Côte d’Ivoire.  

    Que se passera-t-il si toutes les personnes rayées de la liste électorale ne peuvent en fin de compte pas compétir ? Le candidat du RHDP sera-t-il seul en lice, avec juste quelques candidats de figuration ? L’opposition croisera-t-elle les bras ? Se dirige-t-on vers une nouvelle crise électorale ? En attendant d’avoir les réponses à toutes ces questions, les Ivoiriens qui ont encore en mémoire les morts, les blessés et les destructions des élections de 2000, 2010 et 2020, s’en remettent à leurs différentes divinités pour exorciser les démons du passé.

    Venance Konan

  • Pluies diluviennes à Abidjan: Les habitants d’Angré les Oscars surpris par une inondation à la mi-journée

    Pluies diluviennes à Abidjan: Les habitants d’Angré les Oscars surpris par une inondation à la mi-journée

    Une violente pluie s’est abattue ce mardi 29 avril 2025, aux environs de midi sur les quartiers d’Abidjan, dont Angré les Oscars dans la commune de Cocody, a occasionné une brusque montée des eaux et une paralysie temporaire de la circulation.

    Le ciel s’est brusquement assombri avant de libérer une pluie torrentielle pendant plus d’une heure. Les rues principales, notamment la voie menant au carrefour Duncan, se sont rapidement transformées en de véritables rivières, rendant la circulation difficile voire impossible pour de nombreux automobilistes et motocyclistes surpris par cette pluie.

    Aucun blessé n’a été signalé pour l’instant. Mais les autorités locales appellent les habitants à la vigilance, surtout en cette période de forte pluviométrie. Des agents des services techniques de la mairie ont été déployés pour dégager les caniveaux obstrués, principale cause du débordement des eaux sur les voies.

    En attendant une accalmie et une éventuelle évaluation des dégâts, les habitants espèrent que des mesures durables seront prises pour prévenir de telles situations à l’avenir.

    JAURÈS DROHGBA 

  • Où sont logés les avoirs en or de la BCEAO ?

    Où sont logés les avoirs en or de la BCEAO ?

    En hausse en 2024, la valeur des avoirs en or de la BCEAO a dépassé les 2500 milliards FCFA. L’essentiel de ce stock stratégique est conservé hors d’Afrique, principalement dans La Souterraine, dans le 1ᵉʳ arrondissement de Paris. 

    En 2024, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a vu la valeur de ses avoirs en or franchir la barre des 2530 milliards de francs CFA (4,37 milliards $), en progression par rapport aux 1831 milliards FCFA enregistrés un an plus tôt. Une augmentation de 38% sur une année, essentiellement tirée par l’envolée du prix de l’once, passé de 1,2 à 1,66 million FCFA, alors que le stock, lui, est resté quasiment stable à 1,52 million d’onces.

    Mais où dort réellement cet or ?

    Selon les données officielles, seulement 120 000 onces sont physiquement stockées au siège, soit moins de 8% du total. L’essentiel est réparti entre des institutions internationales de premier plan.

    La part la plus importante, plus d’un million d’onces, est déposée à la Banque de France, représentant une valeur de 1756 milliards FCFA, soit près de 70% du stock total.

    1 BANQUE

    Cette seule réserve française a généré, en 2024, une plus-value latente (l’or n’ayant pas été vendu) de 485,6 milliards FCFA, sur les 700 milliards de revalorisation globale du stock d’or de la BCEAO sur l’année. Un effet comptable significatif, qui vient consolider discrètement les fonds propres de l’institution, sans gonfler artificiellement son résultat net.

    « L’or de la BCEAO est en grande partie entreposé dans les coffres de la Banque de France, réputés pour leur haut niveau de sécurité. Ce choix, qui remonte aux fondements du système monétaire ouest-africain, continue de jouer un rôle important : il renforce la crédibilité de l’Union sur les marchés internationaux et rassure les partenaires financiers sur la traçabilité et la solidité de ses réserves », explique un économiste ouest-africain.

    « La Banque de France valorise en effet ces avoirs à leur prix de marché. La réserve contribue également à garantir la convertibilité illimitée du franc CFA en euro, un principe fondateur du régime de change fixe de l’UEMOA », a-t-il poursuivi.

    Mais cette centralisation massive à Paris fait régulièrement l’objet de critiques, notamment de la part de courants panafricanistes et de certains économistes, qui y voient un symbole persistant de dépendance postcoloniale. Le fait que la majorité des avoirs en or – plus d’un million d’onces en 2024 – soit conservée hors du continent alimente le débat sur la souveraineté monétaire réelle des huit Etats membres de l’Union, malgré les récentes réformes concernant notamment le compte d’opérations et la présence française dans la gouvernance de l’institution d’émission. Beaucoup continuent de juger ces changements insuffisants. Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a d’ailleurs menacé ce mois-ci de distancer son pays de la monnaie commune si la réforme n’était pas accélérée.

    Mais la Banque de France n’est pas la seule à abriter le métal jaune, valeur refuge de la Banque centrale basée à Dakar. L’autre grande contrepartie, la Banque des règlements internationaux (BRI), conserve près de 106 000 onces, valorisées à 176,4 milliards FCFA. Le stock détenu auprès de la BRI a toutefois enregistré un recul net en 2024, une partie ayant été redéployée vers des opérations de placement en or, conformément à la nouvelle stratégie de gestion active initiée par la BCEAO depuis 2023. Fin 2024, environ 200 000 onces étaient ainsi engagées dans des opérations de placement, pour tirer un meilleur rendement d’un actif longtemps statique. A ce titre, les opérations de placement en or ont contribué pour 37 milliards FCFA à la revalorisation comptable de l’année.

    Fiacre E. Kakpo

  • PDCI-RDA, LE DERNIER ESPOIR DE TIDJANE THIAM POUR ÊTRE CANDIDAT À LA PRÉSIDENTIELLE 2025

    PDCI-RDA, LE DERNIER ESPOIR DE TIDJANE THIAM POUR ÊTRE CANDIDAT À LA PRÉSIDENTIELLE 2025

    Tidjane Thiam, suspendu à une éventuelle révision de la liste électorale, estime un juriste sous le sceau de l’anonymat au moment où la justice ivoirienne a levé, ce lundi 28 avril 2025, toute équivoque sur la nationalité actuelle de l’ancien directeur général de Credit Suisse.  

    Radié de la liste électorale pour irrégularité liée à la détention de la double nationalité au moment de son inscription, Tidjane Thiam voit son avenir politique pour 2025 compromis.

    Le parti fondé par Félix Houphouët-Boigny devra insister pour obtenir une nouvelle Révision de la liste électorale (RLE), seul moyen de réintégrer son candidat dans la course à l’élection présidentielle.

    “Bien que redevenu exclusivement Ivoirien depuis sa libération d’allégeance à la France en mars 2025, Tidjane Thiam ne peut actuellement intégrer le processus électoral.

    Il aurait dû obtenir cette libération avant son inscription sur la liste électorale pour être éligible”, a expliqué à 7info le juriste.

    Toutefois, une ultime voie demeure possible. 

    “Le seul recours pour Monsieur Thiam, pour qu’il soit à nouveau sur la liste électorale, c’est qu’il y ait une nouvelle révision de la liste électorale avant la présidentielle.

    En effet, la législation ivoirienne impose que tout électeur soit exclusivement Ivoirien au moment de son enrôlement.

    Le candidat doit être exclusivement Ivoirien au moment de son inscription sur la liste électorale. Ce principe est incontournable », a-t-il insisté.

    Or, la Commission électorale indépendante (CEI), par la voix de son président Coulibaly Kuibiert, a déjà indiqué qu’aucune nouvelle révision de la liste électorale ne serait organisée.

    L’institution invoque un manque de temps. Une position que conteste l’opposition politique et plusieurs organisations de la société civile.

    Ces derniers rappellent que : “la loi impose une mise à jour régulière de la liste électorale avant toute élection présidentielle”.

    Ainsi, l’unique chance pour Tidjane Thiam de voir restaurés ses droits civiques et d’accéder à la présidentielle repose désormais sur une décision politique ou judiciaire contraignant la CEI à organiser une révision de la liste électorale.

    « Ce n’est qu’à travers une nouvelle révision que ses droits civiques pourraient être rétablis », conclut l’analyste.

    Tristan Sahi

  • Pdci-Rda / Les avocats de Thiam contre-attaquent : un nouveau recours déposé

    Pdci-Rda / Les avocats de Thiam contre-attaquent : un nouveau recours déposé

    C’est un marathon judiciaire qui est engagé entre les avocats du candidat officiel du Pdci à l’élection présidentielle et le tribunal du Plateau qui a ordonné la radiation de Thiam après une décision rendue le 22 avril dernier et qui condamne le challenger du parti au pouvoir pour défaut de nationalité.

    Ce lundi matin, le directeur des affaires civiles et pénales est monté sur ses grands chevaux pour expliquer et tenter de faire comprendre la justesse de ladite décision. Plus tard dans la soirée ce sont les avocats de Tidjane Thiam amenés par le duo Me Adjé Luc et Rodrigue Dadjé qui sont venus battre en brèche l’ordonnance de la juge Touré, la qualifiant de nulle et de nul effet.

    En conférence de presse au siège du Pdci-Rda les hommes à la toge noire ont démonté l’argumentaire contenu dans le jugement rendu en s’appuyant aussi sur la même loi (code de la nationalité) qui a servi de substrat à l’élimination du candidat Thiam. Selon Me Adjé, Thiam n’a pas volontairement obtenu la nationalité française en 1987 car nul ne peut objectivement brandir une demande formulée par lui et adressée aux autorités françaises et qu’au surplus, une nationalité ne se perd pas automatiquement. Toute chose pour démontrer que la thèse de l’article 48 du code de la nationalité sur laquelle se base la décision judiciaire est dénuée de tout fondement.

    Me Rodrigue Dadjé embouchant un autre son a contrarié le Dacp Augustin Kouamé du ministère de la justice sur la notion de  »feuille volante » qu’il a mise en avant pour disqualifier la preuve fournie par l’avocat de M. Thiam. Un certificat de nationalité ou un extrait de naissance est une feuille volante, dit-il. Pour Me Adjé et Me Dadjé, c’est de façon arbitraire que leur client est écarté.

    Ils ont, pour lui rendre ses droits, introduit ce lundi 28 avril 2025, une requête pour que l’affaire pourtant sans recours, soit à nouveau examinée. « Ce serait un déni de justice si l’affaire n’est pas jugée », tempête Me Adjé qui informe l’opinion qu’une demande a été aussi envoyée à la Commission électorale Indépendante (Cei) afin qu’elle n’applique pas la radiation ordonnée par le juge. Il soutient que ce n’est pas à une juge d’ordonner une radiation mais au ministre de la Justice et des Droits de l’Homme d’établir la liste des personnes qui perdent leurs droits civils et politiques laquelle est envoyée à la Commission.

    Pour Me Adjé le fait même que le directeur des affaires civiles et pénales du ministère vienne expliquer la décision est gênant. Il aurait fallu laisser cela aux doctrinaires, aux enseignants et aux leaders d’opinion, suggère l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Côte d’Ivoire.

    A la suite des avocats les autorités du parti ont pris la parole pour aborder la partie politique de cette conférence. Brédoumy Soumaïla, le porte-parole a dénoncé une radiation injuste indiquant que par cet acte, c’est un autre échec du Rdr (c’est ainsi qu’il dénomme le parti au pouvoir). Il a martelé :  »le maintien de Tidjane Thiam sur la liste électorale est non négociable ».  »Dans quel pays sommes-nous où le petit fils d’Houphouët Boigny ne peut pas figurer sur la liste électorale », s’est-il offusqué réitérant la revendication de son parti de voir s’opérer une nouvelle révision de la liste électorale ainsi que la dissolution de la Cei dans sa forme actuelle.

    Le secrétaire exécutif Dr Emmou a pour sa part rappelé :  »Il n’y aura pas de plan B, il n’y aura pas de plan C ni de plan Z ». Pour lui, le Pdci a un candidat, c’est le président Thiam au nom duquel il s’est exprimé.

    SD à Abidjan

    sdebailly@yahoo.fr

  • GUILLAUME SORO DÉBLOQUE 5 MILLIONS FCFA POUR SOUTENIR LES ENSEIGNANTS SANCTIONNÉS

    GUILLAUME SORO DÉBLOQUE 5 MILLIONS FCFA POUR SOUTENIR LES ENSEIGNANTS SANCTIONNÉS

    En soutien aux enseignants sanctionnés, Guillaume Soro, à travers GPS, annonce une contribution de cinq millions de francs CFA et appelle à une vaste mobilisation nationale et internationale.

    Réuni le samedi 26 avril 2025, le Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS) a consacré une large part de ses échanges à l’actualité brûlante du secteur éducatif en Côte d’Ivoire.

    Au terme de cette rencontre, une annonce forte a été faite : GPS, mouvement fondé par l’ancien Premier ministre en exil Guillaume Soro, met à disposition des syndicats une somme de cinq millions de francs CFA pour venir en aide aux enseignants victimes de ponctions et suspensions salariales.

    Ponctions et suspensions de salaires

    Dans sa Déclaration rendue publique ce lundi 28 avril, Générations et Peuples Solidaires n’a pas mâché ses mots. Le mouvement dit constater que « le Gouvernement persiste dans le dilatoire en n’apportant pas de solutions idoines aux maux qui minent notre système éducatif ».

    Plus grave encore, GPS dénonce avec force « des ponctions et des suspensions de salaires opérées de façon arbitraire et disproportionnée en cette fin du mois d’avril 2025 ». Une situation qui s’ajoute, rappelle le mouvement, « aux ponctions et suspensions salariales tout aussi arbitraires et disproportionnées du mois d’octobre 2024, que le Gouvernement s’était pourtant engagé à reverser ».

    Dans la même veine, Générations et Peuples Solidaires fustige l’incarcération prolongée de Ghislain Duggary Assy, membre du Bureau Exécutif National du Mouvement des Enseignants dans la Dynamique de la Dignité (MEDD).

    « Monsieur Ghislain Duggary Assy, que le Gouvernement s’était également engagé à libérer, demeure à ce jour en détention », regrette GPS.

    Face à ce qu’il qualifie de « représailles judiciaires et sanctions salariales arbitraires », le mouvement exige « la libération sans condition de l’enseignant Ghislain Duggary Assy arbitrairement détenu au Pôle Pénitentiaire d’Abidjan (PPA) ».

    GPS rappelle par ailleurs « l’impératif du respect scrupuleux des engagements pris vis-à-vis des syndicats » et demande que les salaires « ponctionnés ou suspendus des mois d’octobre 2024 et d’avril 2025 » soient reversés aux enseignants.

    « Une contribution initiale »

    Mais au-delà des dénonciations, Générations et Peuples Solidaires veut agir concrètement. Face à la précarité grandissante des enseignants, GPS appelle « tous les Ivoiriens de l’intérieur et de la diaspora, ainsi que les citoyens du monde épris de justice et de fraternité » à se mobiliser en soutien aux soldats du savoir.

    Dans cet élan de solidarité, le mouvement annonce sa participation financière : « GPS, fidèle à sa philosophie de solidarité, s’engage à soutenir cette initiative syndicale et annonce qu’il tient dès à présent à la disposition des syndicats une contribution initiale de cinq millions (5 000 000) de francs CFA ».

    Pour GPS, soutenir les enseignants est « un devoir national ». « Les enseignants sont les bâtisseurs efficaces et résolus de nos sociétés. À travers leur engagement quotidien, ils forment nos enfants, préparent nos avenirs et forgent les destinées nationales », rappelle la déclaration.

    Dans cette optique, Générations et Peuples Solidaires invite les syndicats à « initier, s’ils ne l’ont pas déjà fait, une grande campagne nationale et internationale de collecte de fonds pour venir en aide à leurs membres touchés par les sanctions salariales ».

    Samuel KADIO

  • « Au total , M. THIAM n’a jamais été apatride… », l’intégralité de la sortie médiatique « compliquée » du directeur des Affaires civiles et pénales

    « Au total , M. THIAM n’a jamais été apatride… », l’intégralité de la sortie médiatique « compliquée » du directeur des Affaires civiles et pénales

    Thème : Attribution et perte de la nationalité Ivoirienne d’origine : Quelles réalités ? (Abidjan, le 28 avril 2025, salle des pas perdus du TPI D’ABIDJAN)

    CONFÉRENCE DE PRESSE Animée par : KOUAME Augustin Directeur des Affaires Civiles et Pénales

    2
    Depuis quelques jours, l’actualité ivoirienne est fortement colorée par la
    lancinante question de la nationalité ivoirienne à la suite d’une décision de
    justice, l’ordonnance n°001 rendue le 22 avril 2025 par la présidente du Tribunal
    de première instance d’Abidjan dans le cadre du contentieux de l’inscription sur
    la liste électorale. Les avis sont partagés et vont dans tous les sens.
    C’est le lieu de rappeler que le décret n°2021-451 du 08 septembre 2021 portant
    organisation du Ministère de la justice et des droits de l’homme dispose sans
    ambiguïté en son article 15 que « la Direction des Affaires Civiles et Pénales
    (DACP) assure l’application du code de la nationalité ».
    En propos introductif, il a été indiqué que votre serviteur est le Directeur des
    Affaires Civiles et Pénales (DACP). Par conséquent, je me sens interpellé sur cette
    question d’actualité, et il m’est apparu opportun et nécessaire d’apporter un
    éclairage sur la problématique à travers la thématique : Attribution et perte
    de la nationalité ivoirienne d’origine : Quelles réalités ?
    Ce sujet sera développé à la lumière de la loi n°61-415 du 14 décembre 1961
    portant code nationalité Ivoirienne 1.
    Ledit code, en son article premier, dispose que : « la loi détermine quels
    individus ont à leur naissance la nationalité ivoirienne à titre de nationalité
    d’origine. La nationalité ivoirienne s’acquiert ou se perd après la naissance par
    l’effet de la loi ou par une décision de l’autorité publique prise dans les conditions
    fixées par la loi ».
    On le voit, on a la nationalité ivoirienne, soit par attribution ( nationalité
    d’origine par filiation, par le sang ) soit par acquisition. Dans ce dernier cas , il y
    a plusieurs voies, mécanismes :
    – L’acquisition de plein droit : adoption ( art 11 CN) , mariage ( art 12 CN) )
    1 Cette loi a été plusieurs fois modifiée :
    – Loi n°72-852 du 21 décembre 1972
    – Loi n°2004-662 du 17 décembre 2004
    – Loi n°2004-662 du 17 décembre 2004
    – Décisionn°2005-03/PR du 15 juillet 2005
    – Décisionn°2005-09/PR du 29 aout 2005
    – Loi n°2013-654 du 13 septembre 2023
    – Loi n°2024-236 du 24 avril 2024

    3
    – L’acquisition de la nationalité par déclaration ( les textes relatifs à ce mode
    d’acquisition de la nationalité ont été abrogés par la loi du 21 décembre
    1972 )
    – L’acquisition de la nationalité ivoirienne par décision de l’autorité publique
    [naturalisation (art 25 et suivants CN) , réintégration (art 34 et suivants CN
    ) ]
    Dans le cadre de notre modeste conférence seule l’attribution de la nationalité
    à titre de nationalité d’origine et sa perte, focaliseront notre attention en ce qu’elles constituent le centre d’intérêt de l’actualité.

    I. L’ATTRIBUTION DE LA NATIONALITÉ IVOIRIENNE À TITRE DE
    NATIONALITÉ D’ORIGINE ( ART 6 CN)
    Cette partie de notre analyse sera l’opportunité d’évoquer la nationalité
    d’origine (A) et la question de son cumul avec une autre nationalité (B).
    A. La notion de la nationalité Ivoirienne d’origine
    BON A SAVOIR
    Comme la naturalisation, la réintégration n’est pas automatique. Elle passe par
    un décret, après une instruction administrative, et elle peut être refusée en
    fonction, notamment, du comportement, ou de la situation administrative de
    l’intéressé.
    La réintégration est un mode d’acquisition de la nationalité par l’autorité
    publique.
    Dès lors, celui qui a une nationalité ivoirienne par attribution ne peut faire
    l’objet d’une réintégration , s’il advenait qu’il perde cette nationalité par l’effet de la loi . il recouvre sa nationalité d’origine automatiquement dès que le fait
    générateur de la perte aura disparu

    4
    La nationalité s’entend du lien juridique qui rattache un individu à un Etat,
    créant des droits (protection de l’Etat) et des devoirs ( ex : l’allégeance
    – Reconnaître son autorité (respecter ses lois, institutions, chefs d’État).
    – Lui être fidèle (ne pas agir contre ses intérêts, ne pas soutenir ses ennemis).
    – Accomplir des devoirs civiques (payer ses impôts, faire son service militaire si
    obligatoire, participer à la vie démocratique comme voter))
    à l’égard de cette personne vis-à-vis de l’Etat dont il est le national.
    L’attribution de la nationalité ivoirienne à titre de nationalité d’origine, se fait
    par le droit du sang, et procède du fait de naitre d’un parent ou des deux
    parents ivoiriens ( art 6 CN) . Elle se distingue de l’acquisition de la nationalité
    ivoirienne qui est l’hypothèse d’une personne qui accède à ladite nationalité
    qu’elle n’avait pas ou qui l’a perdue antérieurement.
    La nationalité d’origine s’impose à l’enfant de par sa filiation est prévue par
    l’article 6 du code de la nationalité et C’est au regard de ce texte, que Madame
    la Présidente du Tribunal , dans sa décision du 22 avril 2025 à la page 34
    paragraphe 4 a conclu, après une rigoureuse démonstration que M. THIAM est
    né ivoirien, de père et de mère.
    On peut se poser la question de savoir si un ivoirien d’origine peut cumuler sa
    nationalité ivoirienne avec une autre nationalité ?
    B. Le cumul de la nationalité ivoirienne d’origine avec une
    nationalité étrangère
    La question de la binationalité, ou double nationalité, est une problématique
    complexe qui nécessite d’être abordée avec nuance, en tenant compte des
    différentes situations et en distinguant soigneusement les cas particuliers. Elle
    signifie qu’une personne possède simultanément la nationalité de deux pays.
    Cela peut arriver de plusieurs façons :

    5
    • Par naissance : par exemple, un enfant né de parents de deux nationalités
    différentes, ou né dans un pays qui accorde la nationalité
    automatiquement à la naissance (le droit du sol).
    Le cas de ces personnes ne pose pas de difficulté majeure car elles ont
    la double nationalité par attribution , par filiation. On ne peut reprocher
    à un enfant d’être né de parents de nationalité différente car ces
    nationalités s’imposent à lui.
    • Par mariage : en Côte d’Ivoire, l’ étranger ou l’étrangère qui épouse un
    ivoirien ou une ivoirienne peut acquérir la nationalité ivoirienne et
    cumuler cette nationalité avec sa nationalité d’origine si sa loi nationale
    le permet
    • Par naturalisation : une personne qui obtient une seconde nationalité
    sans devoir renoncer à sa nationalité d’origine. Cette binationalité n’est
    pas admise en Côte d’Ivoire , et l’ interdiction résulte de l’article 48 alinéa
    1 du CN qui sanctionne ce cumul en ces termes : « perd la nationalité
    ivoirienne, l’ivoirien majeur qui acquiert volontairement une nationalité
    étrangère, ou qui déclare reconnaitre une telle nationalité »
    Dans le cas de M. THIAM, il a été plaidé par ses avocats sa binationalité pour
    être né d’un père français et d’une mère ivoirienne . Cette plaidoirie avait un
    intérêt important, considérable . Elle venait à soutenir que M. THIAM étant
    binational par filiation , l’article 48 alinéa 1 du CN ne lui était pas applicable.
    Il incombait dès lors à ses conseils d’administrer la preuve de leurs allégations,
    c’est-à dire prouver comme ils le soutenaient, que M. THIAM était né d’un père
    français et d’une mère ivoirienne. Ils n’ont pas pu rapporter cette preuve ; c’est
    que nous dit le juge à la page 33 paragraphe 4 et 5 ) de sa décision. Ensemble
    parcourons les motifs retenus par le juge sur ce moyen : « il n’a pu , en dehors
    de ses déclarations , établir la nationalité française dont aurait jouit son père à
    un moment donné de son existence ».
    Et le juge de poursuivre : « sur ce point, d’ailleurs, pour faire la preuve de la
    nationalité du père de M. THIAM , son conseil, Maitre DADJE Rodrigue verse
    aux débats une feuille volante non authentifiée portant l’inscription , au feutre,
    de la mention Etat civil européen ( ECE 1962) à laquelle est annexée une copie

    6
    presque illisible de l’acte de naissance n°394 de Monsieur THIAM Cheick
    Tidjane, dressé sur le 102ème feuillet du registre de naissance .
    De l’analyse des énonciations de cet acte de naissance , il ne ressort nullement
    que le père du détenteur, Monsieur Amadou THIAM, né à DAKAR au SENEGAL le
    05 aout 1923, Directeur de radio , est de nationalité française ».
    Il convient, à ce niveau de rappeler comment s’administre la preuve de la
    nationalité France.
    La nationalité française peut se prouver de plusieurs façons, selon ta situation:
    1. Par la possession d’un document officiel :
    o Carte nationale d’identité ou passeport français valide :
    ces documents font présumer la nationalité française.
    2. Par un acte de naissance :
    o Un acte de naissance français qui indique « français » dans
    les mentions marginales (par exemple « français(e) par
    filiation ») peut servir de preuve.
    3. Par un certificat :
    o Certificat de nationalité française (CNF) : délivré par le
    greffe du tribunal judiciaire (sur demande), il est la preuve
    officielle de la nationalité. On peut en avoir besoin si la
    situation est compliquée (parents étrangers,
    naturalisation, etc.).
    4. Par jugement :
    o Si un tribunal a reconnu ta nationalité française dans une
    décision, celle-ci vaut preuve.
    5. Par filiation ou naissance en France :
    o Tu peux aussi prouver ta nationalité par transmission
    (parents français) ou naissance (si certaines conditions
    sont remplies), mais il faudra souvent produire plusieurs
    actes (actes de naissance, actes de mariage, etc.) pour
    reconstituer l’histoire familiale.

    7
    On pourrait alors s’interroger sur le point de savoir si dans le cas de l’espèce ,
    l’une quelconque des preuves ci-dessus a été versée au dossier de la procédure.
    Il semble que non ! seule une feuille volante non authentifiée a été produite ,
    et le juge a jugé souverainement que cette pièce était insuffisante en preuve.
    Dès lors , il se pose la question de savoir si une personne née ivoirienne de père
    et de mère peut perdre la nationalité ivoirienne d’origine ?
    II. LA PERTE DE LA NATIONALITÉ IVOIRIENNE
    L’article 1er de la loi sur la nationalité dispose que : « la nationalité ivoirienne
    …. se perd après la naissance par l’effet de la loi ou par une décision de l’autorité
    publique prise dans les conditions fixées par la loi ».
    Evacuons l’hypothèse de la perte de la nationalité par décision de l’autorité
    publique car elle ne concerne pas l’actualité .
    A. La perte de la nationalité ivoirienne d’origine par décision de l’autorité
    publique
    Cette hypothèse se retrouve dans plusieurs cas :
    – L’article 48 alinéa 2 : cet alinéa de l’article 48 est une exception au
    principe posé par l’article 48 alinéa 1 concernant la perte automatique de
    la nationalité en cas d’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère
    par un majeur.
    Ainsi l’article 48 al 2 dispose : « Toutefois , pendant un délai de quinze ans
    à compter de l’inscription sur les tableaux de recensement, la perte est
    subordonnée à l’autorisation du Gouvernement par décret pris sur
    rapport du Garde des Sceaux des Sceaux, Ministre de la justice , et après
    avis du Ministre de la Santé publique et du Ministre de la Défense ».

    8
    Avant de donner la signification de ce texte il convient de faire un exercice
    de clarification sur l’expression « l’inscription sur les tableaux de
    recensement ».
    En effet , l’article 6 de la loi 61-210 du 12 juin 1961 sur le recrutement des forces
    armées dispose : « chaque année, les tableaux de recensement des jeunes
    gens ayant atteint, ou devant atteindre l’âge de 20 ans révolus au cours de
    l’année et habitant dans la circonscription d’une sous-préfecture ou d’une
    commune de plein exercice sont dressés dans les formes fixées aux articles 7
    et 8 »
    Au regard de ce texte , le recensement évoqué à l’article 48 al 2 du CN est celui
    du recensement militaire et non du recensement général de la population.
    C’est à juste raison que le juge a retenu dans ses motifs ( page 34 paragraphe 2
    ) « qu’il est unanimement admis que les tableaux de recensement auxquels il
    est fait référence sont ceux au titre du recensement militaire »
    Que retenir de l’article 48 al 2 CN ?
    Il faut retenir que alinéa 2 de l’art 48 du CN est une exception au principe de la
    perte automatique de la nationalité posé à l’alinéa 1er dudit article.
    En cela, le majeur qui est recensé militaire et qui volontairement acquiert une
    nationalité étrangère ou qui déclare reconnaitre une telle nationalité , ne perd
    pas automatiquement la nationalité ivoirienne . Il ne peut la perdre que par
    décret pris sur rapport du Garde des Sceaux, ministre de la justice après avis du
    ministre de la santé publique et du ministre de la Défense.
    Si l’un de ces avis est négatif, alors la personne concernée retrouve sa liberté de
    perdre la nationalité ivoirienne si elle acquiert volontairement une autre
    nationalité .
    Par ailleurs, la personne concernée peut perdre automatiquement sa nationalité
    ivoirienne quinze ans après son inscription sur le tableaux de recensement
    militaire .
    Outre l’hypothèse de l’article 48 al 2 CN, il y a également perte de la nationalité
    par décret selon les dispositions des articles suivants :

    9
    Art 52 CN : concerne le fait de se comporter comme le national d’un autre pays
    . A cet égard, l’article 52 du CN dispose : « l’ivoirien qui se comporte en fait
    comme le national d’un pays étranger peut d’office , s’il a également la
    nationalité de ce pays , être déclaré, par décret, avoir perdu la qualité d’ivoirien »
    Art 53 CN : Aux termes de l’article 53 nouveau du CN telle que modifiée par la
    Décision n° 2005-03/PR du 15 juillet 2005, perd la nationalité ivoirienne, six mois
    après injonction du Gouvernement, l’ivoirien, qui, remplissant un emploi dans
    un service public d’un Etat étranger ou dans une armée étrangère, le conserve
    nonobstant l’injonction de le résigner qui lui aura été faite par le Gouvernement
    ivoirien.
    Au-delà de ces cas de perte de nationalité ivoirienne d’origine par décision de
    l’autorité publique, il y a le cas de perte de la nationalité ivoirienne d’origine par
    l’effet de la loi .
    Dans le cas d’espèce, M. THIAM a perdu la nationalité ivoirienne d’origine , non
    par décision de l’autorité publique ( art 48 al 2, art. 52 CN ) , mais par l’effet de
    la loi elle-même.
    A. La perte de la nationalité ivoirienne par l’effet de la loi
    Cette hypothèse est illustrée par l’article 48 al 1 du Code de la nationalité qui
    dispose : « Perd la nationalité ivoirienne, l’ivoirien qui acquiert volontairement
    une nationalité étrangère, ou qui déclare reconnaître une telle nationalité. »
    Ici , la perte de nationalité n’est pas le fait d’une quelconque autorité publique ;
    elle est du fait de la loi. Il n’est pas besoin d’un décret parce que la perte est
    automatique. C’est cette réalité qu’exprime clairement le juge dans son
    ordonnance du 22 avril 2025 ( page 33 paragraphe 1 ) en énonçant qu’il ressort
    de l’article 48 que « l’ivoirien majeur qui opte volontairement pour une
    nationalité étrangère ou qui déclare expressément reconnaitre une telle
    nationalité , perd automatiquement le bénéfice de la nationalité ivoirienne, et
    partant des droits et obligations découlant de cette nationalité ivoirienne » .

    10
    Cette juste application de la loi ne procède pas d’une interprétation
    opportuniste ou circonstancielle. En effet, cette interprétation résulte d’une
    circulaire interministérielle (Justice, intérieur, défense, finances, affaires
    économiques et du plan, santé publique et de la population) du 25 avril 1962
    dont le titre IV intitulé « Perte de la nationalité ivoirienne » tranche la question.
    Sous ce titre, il a été clairement retenu relativement à l’article 48 que l’Ivoirien
    majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère perd d’office la
    nationalité ivoirienne sans que le Gouvernement soit tenu de prendre un
    décret.
    Il convient de faire observer que cette interprétation date d’avant la naissance
    de la plupart d’entre nous ici y compris M. THIAM qui est né le 29 juillet 1962
    soit trois mois après la circulaire. Cela témoigne aisément de la sincérité de
    l’interprétation retenue.
    Certains, ironiquement soutiennent que le juge a fait application de cette
    circulaire au lieu d’appliquer la loi elle -même.
    Cette allégation ne parait pas satisfaisante pour l’esprit car la circulaire
    interministérielle du 25 avril 1962 est une circulaire interprétative adressée à
    un certain nombre d’acteurs essentiels de la mise en œuvre du code de la
    nationalité dont le premier président de la Cour d’appel d’Abidjan et le
    Procureur Général près ladite Cour , les présidents de Tribunaux, les juges de
    sections de tribunal , les juges de paix, les procureurs de la République.
    La circulaire interprétative, nous le savons n’a pas de valeur normative propre ;
    elle vise à donner des instructions ou précisions destinées à faciliter , dans toute
    la mesure du possible, la mise en application de la loi portant code de
    nationalité qui venait d’entrer en vigueur. Son application revient à l’application
    de la loi qu’elle est sensée interpréter.
    Par ailleurs, il se posait la question de savoir si le juge pouvait décider comme il
    l’a fait alors que M. THIAM avait versé à son dossier un certificat de nationalité
    ivoirienne qui n’a jamais été annulé ?

    11
    La réponse à cette interrogation réside dans l’article 98 du CN d’où il résulte que
    le certificat de nationalité ivoirienne fait foi jusqu’à preuve du contraire.
    En l’espèce , la preuve contraire a été offerte par le décret de naturalisation de
    M. THIAM publié au journal officiel de la République française du 1er mars 1987.
    Dès lors, par application de l’article 48 alinéa 1 du CN, M. THIAM avait perdu la
    nationalité Ivoirienne depuis ce décret , de sorte le certificat de nationalité dont
    il se prévaut, délivré antérieurement à la découverte de sa naturalisation, n’a
    plus de valeur probante.
    Ainsi, il n’était pas nécessaire pour le juge d’attendre un quelconque contentieux
    de la nationalité au sens de l’article 82 du CN pour vider sa saisine sur le
    contentieux de l’inscription sur la liste électorale qui lui était soumis .
    Cette décision du juge s’inspire de l’affaire TIOTE Richard Souhaluo , où la CEI
    avait enregistré et validé la candidature de celui -ci qui justifiait d’ une carte
    d’identité ivoirienne alors qu’il était établi qu’il avait préalablement été
    naturalisé français.
    Le conseil constitutionnel saisit de l’éligibilité des candidats aux élections
    parlementaires a invalidé la candidature de M. TIOTE en constatant la perte
    d’office de sa nationalité ivoirienne par application de l’alinéa 1 de l’article 48 du
    CN .
    Or les décisions du conseil constitutionnel s’imposent aux autorités
    juridictionnelles ( article 138 de la constitution ivoirienne) . Par conséquent,
    c’est à bon droit que le juge a constaté la perte de la nationalité ivoirienne de M.
    THIAM et ordonné sa radiation de la liste électorale provisoire.
    Il convient de saisir l’opportunité pour préciser la nature du certificat de
    nationalité ivoirienne. Dans ce sens, on peut se poser la question de savoir si le
    certificat de nationalité est attributif de la nationalité ivoirienne ?
    Le certificat de nationalité ivoirienne est un document de caractère
    administratif qui n’est pas « attributif » de la nationalité.
    C’est-à-dire qu’il ne crée pas la nationalité ivoirienne : Il certifie simplement que
    son détenteur est déjà ivoirien selon la loi.

    12
    En résumé :
    • Le certificat ne donne pas la nationalité ;
    • Il prouve que son détenteur l’a déjà par filiation, par adoption, par
    mariage, par déclaration ou par naturalisation etc.
    Par conséquent, celui qui n’est pas ivoirien au moment où il fait sa demande,
    le certificat de nationalité ne peut pas le rendre Ivoirien.
    B. Les effets de la perte de la nationalité ivoirienne
    A la page 35, 1er paragraphe de son ordonnance n°01 du 22 avril 2025, le
    juge a énoncé dans ses motivations le raisonnement suivant : «…. Depuis
    le 24 février 1987, Monsieur THIAM, pour avoir volontairement acquis la
    nationalité française, suite à sa naturalisation, et ce, alors qu’il était majeur,
    a automatiquement perdu, par l’effet de l’article 48 du code de la
    nationalité ivoirienne, la nationalité ivoirienne ».
    On sait également que par décret du 19 mars 2025 signé par le premier
    ministre français et publié au journal officiel de la République française,
    Monsieur THIAM s’est libéré de son allégeance française.
    Au regard de ces deux faits, il revient, de façon récurrente et persistante
    que M. THIAM serait devenu apatride.
    Une telle conclusion d’apparence logique, ne manque pas d’être
    spécieuse ; elle invite alors à l’analyse rigoureuse.
    L’apatridie n’est pas une notion abstraite mais réelle qui a un contenu
    précis.

    13
    La Convention de 1954 relative au statut des apatrides, en son article
    premier donne la définition juridique d’un apatride comme « une
    personne qu’aucun Etat ne reconnait comme son ressortissant par
    application de sa législation ».
    En des termes plus simples, cela signifie qu’un apatride est une personne
    qui ne possède la nationalité d’aucun pays.
    En l’espèce, est-ce que M. THIAM ne possède la nationalité
    d’aucun pays ?
    Certes, par sa naturalisation en mars 1987, il était devenu Français et
    qu’il s’est libéré de son allégeance française depuis le 19 mars 2025.
    Par cette libération de son allégeance à un pays étranger, M. THIAM qui
    était ivoirien par sa naissance, par le droit du sang, retrouve
    automatiquement sa nationalité ivoirienne qu’il avait volontairement mise
    en hibernation, en dormance.
    En effet, de même qu’il a perdu sa nationalité ivoirienne d’origine de façon
    automatique par l’effet de l’acquisition de la nationalité française, de
    même, dans le respect du parallélisme des formes, il recouvre sa
    nationalité ivoirienne automatiquement, sans formalité et ce, depuis sa
    libération de son allégeance française le 19 mars 2025.
    Dès lors, l’argument tendant à soutenir qu’il doit se faire délivrer un décret
    de réintégration avant de recouvrer sa nationalité ivoirienne, est dénué de
    pertinence en ce que M. THIAM est ivoirien par attribution et non par
    acquisition. Il en est ainsi parce que sa naturalisation n’a pas eu pour effet
    d’abolir sa filiation, de sorte que sa filiation demeurant, il recouvre d’office
    sa nationalité ivoirienne d’origine attribuée dès sa naissance.

    14
    Au total , M. THIAM n’a jamais été apatride et n’est pas apatride parce qu’il est indiscutablement ivoirien selon le code de la nationalité ivoirienne.

    Je vous remercie

  • Côte d’Ivoire : la justice ivoirienne confirme que « Tidjane Thiam est incontestablement Ivoirien »

    Côte d’Ivoire : la justice ivoirienne confirme que « Tidjane Thiam est incontestablement Ivoirien »

    Côte d’Ivoire : la justice ivoirienne confirme que « Tidjane Thiam est incontestablement Ivoirien »

    Le Directeur des Affaires Civiles et Pénales, M. Kouamé Augustin, a tenu à lever toute ambiguïté sur la situation du président du Pdci-Rda, Tidjane Thiam au cours d’une conférence de presse qu’il a animée ce lundi 28 avril 2025 à Abidjan-Plateau. « M. Thiam n’a jamais été apatride et n’est pas apatride parce qu’il est indiscutablement ivoirien selon le code de la nationalité ivoirienne. », a-t-il déclaré.

    Cette clarification intervient alors que certains s’interrogeaient sur la situation du président du parti septuagénaire après qu’il soit radié de la liste électorale et sa renonciation à la nationalité française. Selon le conférencier, naturalisé Français en mars 1987, M. Thiam s’est libéré de son allégeance envers la France le 19 mars 2025. Ce geste n’a pas laissé M. Thiam sans nationalité, souligne l’administrateur de justice, mais a eu pour effet de réactiver automatiquement sa nationalité ivoirienne d’origine.

    Aux dires de M. Kouamé, le principe de parallélisme des formes, la perte de la nationalité ivoirienne due à l’acquisition d’une autre nationalité implique que, dès que cette dernière est abandonnée, l’intéressé recouvre de plein droit sa nationalité d’origine. Aucune démarche administrative supplémentaire n’est exigée. « M. Thiam est Ivoirien par attribution, et non par acquisition. La naturalisation française n’a pas effacé sa filiation d’origine, et cette filiation maintient le lien juridique avec la nationalité ivoirienne », précise Kouamé Augustin.

    En conséquence, estime le Directeur des Affaires Civiles et Pénales, l’argument selon lequel M. Thiam devrait passer par une procédure de réintégration est jugé sans fondement. Dès le 19 mars 2025, date de sa libération de son allégeance française, M. Thiam a recouvré automatiquement sa nationalité ivoirienne, conformément aux dispositions du droit national.

    Cyprien K.

  • Côte d’Ivoire : l’ancien aide de camp de Guillaume Soro jugé pour tentative de coup d’Etat

    Côte d’Ivoire : l’ancien aide de camp de Guillaume Soro jugé pour tentative de coup d’Etat

    Un nouveau procès pour tentative de coup d’Etat doit s’ouvrir lundi 28 avril en Côte d’Ivoire. Celui-ci ne vise pas directement Guillaume Soro, mais l’ombre de l’ex-chef de la rébellion, en rupture avec le pouvoir, planera forcément sur le tribunal de première instance d’Abidjan. Le principal accusé, Abdoulaye Fofana, n’est autre que son ancien aide de camp.

    Il comparaît aux côtés de quatorze coaccusés détenus, comme lui, au pôle pénal d’Abidjan depuis 2022. Tous sont inculpés de « complot contre l’autorité de l’Etat, constitution de bandes armées et participation à une bande armée, atteinte à l’ordre public et détention d’armes à feu sans autorisation ». Des peines passibles de la perpétuité.

    Beaucoup sont d’anciens militaires, comme Abdoulaye Fofana. De source judiciaire, celui-ci les aurait recrutés depuis son exil en France pour prendre le contrôle de camps militaires et enlever le président Alassane Ouattara. Interpellé le 3 mai 2022 à Abidjan, dans la commune de Cocody, Abdoulaye Fofana avait d’abord avoué son projet de déstabilisation, avant de se rétracter. Ses deux principaux lieutenants dans l’opération seraient Mory Konaté, chargé du recrutement de militaires, et Teningnon Berna Coulibaly, surnommé « Katis Guépard », chargé d’apporter les protections « mystiques » au projet. Un marabout figure également au banc des accusés. La suite sur lemonde .fr

  • Le Burkina Faso dans la ligne de mire : après Sankara, une nouvelle cible de l’impérialisme occidental ?

    Le Burkina Faso dans la ligne de mire : après Sankara, une nouvelle cible de l’impérialisme occidental ?

    Alors que le Burkina Faso intensifie ses partenariats avec la Russie, un haut gradé américain met en garde contre des choix jugés néfastes pour le peuple burkinabè. Une sortie qui réveille les fantômes de l’histoire.

    Le 3 avril 2025, le général américain Michael Langley, commandant de l’US AFRICOM, déclarait devant le Sénat des États-Unis que les partenariats du Burkina Faso, notamment avec la Russie, ne profiteraient pas à la population. Une déclaration lourde de sens, qui résonne comme l’écho d’un passé que le Burkina n’a jamais oublié : celui de l’assassinat de Thomas Sankara en 1987, orchestré avec la complicité tacite d’intérêts extérieurs inquiets face à sa politique souverainiste et panafricaniste.

    Dans sa déclaration officielle, le général Langley a exprimé une inquiétude stratégique quant aux alliances du Burkina Faso avec la Russie et d’autres acteurs non occidentaux, notamment en lien avec le groupe Wagner. Selon lui, ces partenariats seraient « préjudiciables à long terme » et ne serviraient pas les « véritables intérêts du peuple burkinabè ». Mais au nom de quel principe une puissance étrangère peut-elle s’arroger le droit de juger des choix diplomatiques d’un État souverain ?

    Le gouvernement de transition burkinabè n’a pas tardé à réagir. Par la voix de son ministère des Affaires étrangères, il a qualifié ces propos de « regrettables, infondés et dénués de toute preuve concrète », affirmant que le Burkina a pleinement le droit de choisir ses partenaires en fonction de ses priorités sécuritaires et de développement (LeFaso.net, avril 2025). Confronté à des attaques terroristes depuis près d’une décennie, le pays a choisi de réorienter sa diplomatie vers des partenaires qui respectent sa souveraineté – la Russie en tête.

    Le spectre de Thomas Sankara hante inévitablement cette séquence politique. Le président révolutionnaire, figure emblématique de l’Afrique des peuples, avait osé défier les logiques impérialistes, rejeter la dette, et imposer un modèle de développement endogène. Il fut assassiné à 37 ans dans un contexte où les puissances occidentales voyaient d’un très mauvais œil son influence croissante. Aujourd’hui, alors que le Burkina s’éloigne de l’orbite française et américaine, les critiques pleuvent de nouveau.

    L’histoire récente nous assène une vérité dérangeante : lorsque les pays du Sud s’écartent de l’axe occidental, ils deviennent des cibles. L’Irak de Saddam Hussein, la Libye de Kadhafi, ou plus récemment la Syrie, en sont des exemples criants. Toujours justifiées au nom de la « protection des populations » ou de la « démocratie », les interventions américaines ont semé le chaos, la misère et l’instabilité pour des générations entières.

    Les propos du général Langley pourraient bien marquer le début d’un narratif de légitimation – celui qui précède souvent les sanctions, les sabotages économiques, ou pire, les ingérences militaires. En ciblant le Burkina Faso, les États-Unis envoient un message à toute l’Afrique : toute volonté d’émancipation hors du giron occidental sera systématiquement combattue, par la politique ou par la force.

    Le véritable enjeu est donc là : le droit des peuples africains à choisir librement leur destin, leurs partenaires, leurs idéologies. Il est temps de dire non à cette tutelle masquée sous les habits de la démocratie. Le cas du Burkina Faso ne relève pas seulement d’un débat de politique étrangère ; il incarne un symbole de la lutte entre souveraineté assumée et domination perpétuée.

    L’histoire semble vouloir se répéter, mais les peuples, eux, ne sont plus les mêmes. Le Burkina d’aujourd’hui, malgré ses difficultés, est debout, fier et lucide. À l’heure d’un monde multipolaire, aucun pays ne devrait être sommé de choisir entre soumission ou punition. L’Afrique a le droit de tracer sa voie, même si elle déplaît à l’Oncle Sam.

    Warran Mbina

  • Le PDCI-RDA doit demander Pardon.(par Alain Lobognon)

    Le PDCI-RDA doit demander Pardon.(par Alain Lobognon)

    « C’est le PDCI-RDA qui a instrumentalisé la Justice ivoirienne pour faire de milliers d’Ivoiriens des étrangers dans leur propre pays »

    En 1995, quand par une alchimie politique, le régime ivoiritaire du PDCI-RDA a fait de notre SG Djéni Kobina, un apatride, je me suis posé la question de savoir ce que connaîtrait ce parti, le jour où la Justice le placerait face au miroir de l’Histoire.

    En Novembre, ça fera 30 ans que Djéni Kobina, ancien membre du Bureau politique du PDCI-RDA, ancien Directeur de Cabinet ministériel, 1er secrétaire général du syndicat national des enseignants du secondaire en Côte d’Ivoire, ancien militaire ivoirien démobilisé après des années de service militaire forcé au sein des ex FANCI, a été humilié par le PDCI-RDA, son ancien parti politique qu’il avait servi sans tricher. Lequel des responsables du PDCI-RDA ou le militant de ce parti s’est souvenu, au moment du rejet de la candidature à l’élection législative dans la commune d’Adjamé, qu’un grand serviteur de l’Etat de Côte d’Ivoire, ne pouvait non seulement être déclaré étranger, encore moins s’entendre dire que son certificat de nationalité ivoirienne, délivré par un Juge assermenté par la Loi, était un faux grossier?

    Lequel au PDCI-RDA avait levé le doigt pour dénoncer la forfaiture d’un parti qui était fier de proclamer que tout responsable à une fonction politique en Côte d’Ivoire devait être né de parents Ivoiriens (père et mère), eux-mêmes nés de parents ivoiriens? Les responsables, les sympathisants et les nouveaux amis du PDCI-RDA ne doivent pas mentir à l’opinion ou essayer de manipuler ceux qui ignorent tout des raisons des graves crises qui ont secoué notre pays, la Côte d’Ivoire.

    C’est le PDCI-RDA qui a instrumentalisé la Justice ivoirienne pour faire de milliers d’Ivoiriens des étrangers dans leur propre pays. C’est le PDCI-RDA qui a amené des partis politiques ivoiriens à soutenir sa politique de purification du sang politique en inscrivant dans la Constitution des termes ivoiritaires visant à rejeter des adversaires politiques.

    Le PDCI-RDA gagnerait à faire sa mue républicaine en reconnaissant sa responsabilité dans ce que vit actuellement Monsieur Tidjane THIAM et en demandant pardon à la Côte d’Ivoire. J’insiste ! Alain LOBOGNON

    =======

    PS : À tout individu qui sera tenté de parler de mon implication dans la rébellion en Côte d’Ivoire, j’aimerais rappeler que sans la Rébellion, au PDCI-RDA, le patronyme suffisait pour déclarer qu’un Ivoirien est disqualifié pour prétendre diriger un parti politique ou être candidat à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Alors dites MERCI à la Rébellion!

    ALAIN LOBOGNON (SUR X)

  • CISSÉ BACONGO RASSURE : « LE 25 OCTOBRE IL Y AURA ÉLECTION EN CÔTE D’IVOIRE »

    CISSÉ BACONGO RASSURE : « LE 25 OCTOBRE IL Y AURA ÉLECTION EN CÔTE D’IVOIRE »

    Face aux femmes de son parti, le RHDP, ce samedi 26 octobre 2025 à Yamoussoukro, Ibrahim Cissé Bacongo, le secrétaire exécutif du RHDP a rassuré sur la tenue de l’élection présidentielle à la date indiquée.

    Il n’y a pas d’inquiétude à se faire quant à la tenue du scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire à bonne date, rassure Cissé Bacongo.

    Ce samedi 26 avril 2025, à Yamoussoukro où il prenait part à la rentrée politique de l’Union des femmes du RHDP (UF-RHDP), le secrétaire exécutif du parti présidentiel a en donné l’assurance.

    « Le 25 octobre il y aura élection en Côte d’Ivoire », a-t-il dit.

    Le 25 octobre 2025, les électeurs ivoiriens seront appelés aux urnes pour élire leur nouveau président.

    Les préparatifs de ce rendez-vous vont bon train. Mais ils se font surtout dans un contexte de protestations des partis politiques majeurs de l’opposition.

    Ces derniers élèvent des griefs contre le processus électoral en cours.

    Ils doutent de l’impartialité de la Commission électorale indépendante (CEI), l’organe chargé des élections dans le pays, dont ils appellent à une réforme avant le scrutin.

    Selon eux également, il y a des irrégularités sur la liste électorale provisoire 2025. Laquelle liste il faut le rappeler est établie sans la présence des noms de leaders politiques du pays sur décision de justice.

    Ce sont notamment le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam du PDCI, Blé Goudé du COJEP.

    Des formations politiques de l’opposition dont les leaders ont ordonné leur retrait de la CEI en guise de protestation.

    Mais s’ils ont des griefs contre le processus électoral en cours, ces partis de l’opposition rejettent tout boycott du scrutin présidentiel auquel ils prédisent leur victoire.

    Une position à laquelle réagit le secrétaire général exécutif du RHDP.

    « (…) ils ne sont pas sur la liste électorale, mais, ils disent qu’ils remporteront la présidentielle de 2025.

    Allez leur dire que là où ils dorment là, nous on dort derrière là-bas », a dit Cissé Ibrahima Bacongo ce samedi à Yamoussoukro.

    Richard Yasseu

  • PRÉSIDENTIELLE 2025 : ASSALÉ TIÉMOKO DÉNONCE L’EXCLUSION DE GBAGBO, THIAM, SORO ET BLÉ GOUDÉ

    PRÉSIDENTIELLE 2025 : ASSALÉ TIÉMOKO DÉNONCE L’EXCLUSION DE GBAGBO, THIAM, SORO ET BLÉ GOUDÉ

    En meeting à la place CPI à Yopougon ce samedi 26 avril 2025, le député-maire de Tiassalé, par ailleurs président du mouvement Aujourd’hui et demain, Côte d’Ivoire, Assalé Tiémoko Antoine, s’est insurgé contre la radiation de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro et Tidjane Thiam de la liste électorale.

    L’honorable Assalé Tiémoko est allé communier avec les militants de son parti politique, Aujourd’hui et demain, Côte d’Ivoire (ADCI), dans la commune de Yopougon. À cette occasion, il a exprimé son désir de voir émerger une société de confiance en Côte d’Ivoire, un projet qu’il compte concrétiser une fois élu.

    Le danger de réduire les choix du peuple

    Dans cette dynamique, il a exprimé son profond désarroi face à l’exclusion de plusieurs ténors de l’opposition, parmi lesquels Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro et recemment Tidjane Thiam, de la course à la présidentielle de 2025.

    « Nous voulons bâtir une société ivoirienne plus juste et plus respectueuse de la valeur humaine et de la vie.Dans la société de confiance, il n’y a pas de barrière politique et les adversaires ne sont pas écartés à l’aide des lois et avec la gloire de la justice. Je voudrais dire solennellement ce qui suit: dans un pays qui se donne le nom République, il n’y a rien de plus dangereux que de réduire les choix du peuple pour la désignation de leurs dirigeants », a-t-il martelé.

    À qui le tour ?

    Laurent Gbagbo (PPA-CI), Charles Blé Goudé (COJEP), Guillaume Soro (GPS) et Tidjane Thiam (PDCI-RDA), ont été radié de la liste électorale en raison de décision judiciaire controversée. Les concernés dénoncent notamment une instrumentalisation de la justice visant à écarter des adversaires politiques de la course à la présidentielle.

    Pour Assalé Tiémoko, ce procédé ressemble étrangement à celui de la présidentielle de 2000 qui a abouti à la sanglante crise militaro-politique qui a endeuillé le pays entre 2002 et 2011. « Laurent Gbagbo écarté, Blé Goudé écarté, Guillaume Soro écarté, Tidjane Thiam écarté… Assalé Tiémoko sera-t-il écarté aussi ? », s’est-il interrogé.

    En 2000, les choix du peuple de Côte d’Ivoire ont été réduits par des calculs politiciens. Ceux qui en étaient à l’origine ont ensuite rencontré de graves problèmes


    « En 2000, les choix du peuple de Côte d’Ivoire ont été réduits par des calculs politiciens. Ceux qui en étaient à l’origine ont ensuite rencontré de graves problèmes. En 2025, l’histoire semble se répéter, et chacun sait qu’on ne peut pas reproduire les mêmes erreurs et espérer obtenir des résultats différents », a-t-il signalé, avant d’ajouter : « Il ne suffit pas de dire, nous sommes en train de construire un État de droit, alors que l’arbitraire est partout. Nous ne sommes pas contents »

    Appel à un dialogue politique républicain

    Comme piste de solution, Assalé Tiémoko invite les dirigeants à engager un véritable dialogue politique républicain : « J’appelle nos dirigeants à créer les conditions d’un dialogue politique républicain sur la terre ivoirienne, afin d’aboutir à des solutions qui garantissent au peuple de Côte d’Ivoire le droit de choisir librement ses dirigeants dans une large diversité de choix », a-t-il lancé.

    Enfin, il a exprimé son souhait de voir redonner goût au vote aux Ivoiriens : « Depuis 2010, 4,5 millions d’Ivoiriens ne votent plus. Ils sont découragés, fatigués. Il faut leur redonner espoir. Il faut les motiver, en 2025, à sortir voter en paix pour changer le pays », a-t-il conclu.

    Jean Kelly KOUASSI

  • Gbagbo annonce le mouvement « Trop c’est trop »

    Gbagbo annonce le mouvement « Trop c’est trop »

    Le mouvement « Trop, c’est trop » que  Sébastien Danon Djédjé, président exécutif du PPA-CI (opposition), le parti de Laurent Gbagbo, est chargé de mettre en place, est lancé à six mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025.

    « Danon, je te demande, dans les semaines à venir, de faire en sorte que ‘Trop c’est trop’ apparaisse (un mouvement apolitique). Si tu es dans un autre parti, ça c’est ton orientation idéologique et politique », a dit ce samedi 26 avril 2025 M. Gbagbo, lors d’une réunion du Comité central du PPA-CI, à son siège à Abidjan.

    Selon Laurent Gbagbo, il s’agit d’un mouvement citoyen. « Si on te casse ta maison, on te prend ton terrain, on te prend ta forêt, ton enfant est à l’école, il a des diplômes, il n’a pas de travail », « Trop c’est trop » se veut un espace pour exprimer son ras-le-bol.

    Ce mouvement, dira-t-il, puise son essence dans l’appel politique qu’il a lancé lors d’un meeting à Bonoua, dans le Sud-est ivoirien. Certains leaders de l’opposition qui « n’ont rien compris » pensaient que c’était la mise en place d’une coalition politique.

    « Voilà le combat, une protestation multiforme et permanente », a indiqué Laurent Gbagbo, sous des salves d’applaudissements des militants, expliquant que « c’est de donner la parole à ceux qui veulent se plaindre de tous les méfaits de la politique en Côte d’Ivoire ».

    Il a fait observer qu’au sein du PDCI, l’ex-parti unique, des clans « se disputent, mais ça, c’est leur problème intérieur. Nous, ce que nous avons à faire, c’est de les soutenir pour qu’ils ne disparaissent pas, puisqu’étant une forme de pensée politique. »

    « Nous ne laisserons pas le PDCI mourir s’il a des problèmes, parce que c’est une expression politique en Côte d’Ivoire », a insisté l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, laissant entendre que le PPA-CI n’espère « rien en retour. »

    « La conviction politique n’est pas un troc. Nous ne faisons pas de troc avec nos soutiens. Nous voulons que ce parti (ex-parti, fondé par feu Félix Houphouët-Boigny face à qui il s’est présenté à la présidentielle en 90) existe encore même après mon décès », a-t-il poursuivi.

    Le président du PDCI, M. Tidjane Thiam, ex-CEO de Crédit Suisse, a été radié de la liste électorale, par la justice, au motif que lors de son inscription sur la liste électorale, en 2022, il avait perdu la nationalité ivoirienne et était citoyen français.

    Cette perte de la nationalité ivoirienne est intervenue en 1987, année au cours de laquelle Tidjane Thiam s’est fait naturaliser français. Or, l’alinéa 1 de l’article 48 du Code de la nationalité ivoirienne, dispose que l’Ivoirien majeur qui opte pour une autre nationalité, perd de facto la nationalité ivoirienne.

    Par ailleurs, l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a confié que « les gens viennent pour nous voir pour discuter, je ne sais pas où ça va aller, parce que j’écoute. Ce n’est pas moi qui engage les discussions, donc j’écoute les discussions ».

    « Ceux qui sont au pouvoir, demandez-leur de m’appeler, demandez-leur s’ils sont d’accord », a-t-il lancé, sans autre précisions, avant d’ajouter plus tard « on prendra les rues un jour, mais ce n’est pas quand ton adversaire t’attend dans la rue que tu vas le trouver ».

    Le leader du PPA-CI, Laurent Gbagbo, radié de la liste électorale en 2018 pour cause de condamnation, a rapporté que « ce matin (26 avril 2025), les policiers sont descendus à mon bureau pour aller photographier. C’est de la petite trouille, c’est de la petite peur. Tout ça pourquoi, pour rien »

    AP/Sf/APA

  • Pourquoi la cérémonie des 50 ans de la CEDEAO à Accra a été boudée par les Chefs d’État

    Pourquoi la cérémonie des 50 ans de la CEDEAO à Accra a été boudée par les Chefs d’État

    La CEDEAO a lancé à Accra le 22 Avril dernier, les festivités de ses cinquante années d’existence. Si la cérémonie fut riche en couleurs, un détail n’est pas passé inaperçu, l’absence des chefs d’Etat. Seul le président Libérien a effectué le déplacement. La Côte d’Ivoire était représentée par le président du CESEC, et non par le vice-président ou le PM, ce qui laisse à réfléchir. Les pays du Sahel qui avaient été invités, ne se sont pas faits représentés. Certes il ne s’agissait que de la cérémonie de lancement. Des festivités doivent se dérouler dans les pays tout au long de l’année avec un point culminant le 28 Mai, jour où sera véritablement célébré les cinquante années. Néanmoins la présence des chefs d’Etat aurait donné de l’éclat à la cérémonie. Comment expliquer ce qu’on peut qualifier d’échec du président Dramani Mahama, lui qui s’est personnellement investi dans cette affaire ?

    Il semble que son approche envers les pays du Sahel ne soit pas partagée sur toute la ligne par ses pairs. Tout d’abord, dès son élection, il a désigné un représentant officiel du Ghana auprès de ‘’l’’AES’’ alors que la CEDEAO n’a pas encore formellement reconnu cette organisation. On continue de parler du Mali, du Burkina et du Niger et non de ‘’l’AES’’ au sein de la CEDEAO. La présence du Chef de la junte burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré à sa prestation de serment le 07 Janvier dernier, où il a monopolisé l’attention des nouvelles autorités ghanéennes, a semble-t-il froissé les autres chefs d’Etat présents. En ne se rendant pas à Accra, ils ont peut-être voulu éviter une nouvelle expérience de ce type, le président Dramani Mahama ayant invité les Chefs d’Etats sahéliens avec beaucoup d’insistance et à grand renfort de communication.

    Le président ghanéen s’est auto-désigné facilitateur auprès de ‘’l’AES’’, alors que les présidents du Sénégal et du Togo ont déjà été désignés par la CEDEAO pour mener la facilitation. Après quatre mois d’intenses consultations, le président Diomaye Fall est arrivé à la conclusion que la CEDEAO doit désormais prendre acte de la sortie de ces pays. C’est la ligne qui est suivie aujourd’hui. Aussi une autre médiation n’est plus à l’ordre du jour, on voit difficilement ces pays faire marche arrière, ils ne seraient plus crédibles vis-à-vis de leurs populations. Que cherche donc véritablement le président Ghanéen en s’accrochant à une nouvelle médiation ?

    Il a visité Abidjan et Abuja, pour se faire adouber dans son nouveau rôle. Mais une fois dans les capitales des pays de « l’AES », il a parlé très peu de la CEDEAO, mais plutôt d’investissements et de coopération, mettant ses ports à leur disposition. La construction d’un oléoduc a aussi été évoquée avec le Burkina. A l’instar du Togo, le Ghana a officiellement affiché son intention d’intégrer ‘’L’AES’’. Ainsi derrière sa médiation, John Dramani vise surtout des avantages économiques par une coopération renforcée avec ces pays sans façade maritime. La CEDEAO, bien que ne prônant pas une rupture avec les pays du Sahel, n’a pas encore reconnu officiellement L’AES, ni arrêté sa stratégie vis-à-vis de ces Etats. Cette stratégie fait actuellement l’objet de discussions. En jouant une partition solitaire dès son élection, John Dramani a froissé ses partenaires du bloc sous régional. Leur absence lors des cérémonies de lancement des cinquante ans de la CEDEAO vient de là.

    Enfin, en recevant l’opposant ivoirien Soro Guillaume avec certains ‘’honneurs’’ les 08 et 09 Avril dernier, alors qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la Côte d’Ivoire, John Dramani a peut-être brouillé les relations entre les deux pays pour longtemps. Aujourd’hui, Ken Ofori Atta, ancien ministre ghanéen des finances sous Nana Akuffo Addo, est recherché par la justice ghanéenne. Comment réagirait le Ghana si la Côte d’Ivoire lui offrait le même type d’accueil ? Une chose est certaine, Abidjan n’a certainement pas apprécié cette visite même si officiellement elle n’a trouvé « aucun inconvénient » selon les dires du ministre ghanéen des affaires étrangères. Cela va certainement impacter les relations entre les deux présidents. 

    Douglas Mountain

  • LAURENT GBAGBO RÉVÈLE : « (…) DES GENS VIENNENT ME VOIR POUR DISCUTER »

    LAURENT GBAGBO RÉVÈLE : « (…) DES GENS VIENNENT ME VOIR POUR DISCUTER »

    Alors qu’il était attendu sur l’annonce d’un mot d’ordre ferme en réaction à une situation socio-politique marquée par l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition de la course à la présidentielle, Laurent Gbagbo a finalement opté pour l’apaisement stratégique. Révélant que depuis son message de Dabou, des « gens viennent me voir pour discuter ».

    À six mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025, la scène politique ivoirienne est en effet traversée par de fortes tensions.

    Laurent Gbagbo temporise

    C’est dans ce contexte que Laurent Gbagbo, président du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), a pris la parole ce samedi 26 avril 2025, lors de la session extraordinaire du comité central de son parti, placée sous le thème : « La lutte démocratique pour des élections apaisées ».

    Deux semaines plus tard, alors que beaucoup s’attendaient à l’annonce d’un mot d’ordre fort en réponse aux revendications de l’opposition concernant la crédibilité et l’inclusivité du processus électoral en cours, l’ancien chef d’État a préféré temporiser, revélant que des gens viennent le voir pour discuter,

    « Depuis que j’ai lancé le message à Dabou, des gens viennent me voir pour discuter. Je leur ai dit de dire à ceux qui sont au pouvoir de m’appeler. Monsieur le président du CSP, je les écoute. Je ne sais pas où cela va nous mener. C’est pourquoi nous attendons encore. C’est ce que je voulais dire. Alors Danon, dis-leur d’arranger le pays ». 

    « On prendra les rues un jour. Mais ce n’est pas quand ton adversaire t’attend dans les rues que tu y vas », a déclaré Laurent Gbagbo, avant de préciser : « On va y aller, mais ce n’est pas demain. On va leur laisser le temps. »

    Un contexte socio-politique tendu

    Ces propos de Laurent Gbagbo interviennent dans un contexte socio-politique particulièrement tendu. Lors du meeting de clôture de la fête de la Renaissance, célébrée à Dabou les 11 et 12 avril derniers, l’ancien chef d’État avait mis en alerte ses partisans et sympathisants, les exhortant à se tenir prêts dans l’attente d’éventuels mots d’ordre qui seraient donnés au prochain comité central.

    En réponse à cette annonce, Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement, a adressé une sévère mise en garde, avertissant qu’aucun désordre ne serait toléré :  « J’espère que cet appel s’inscrit dans une logique de paix et de construction. Si tel est le cas, il n’y aura aucun problème. Mais le désordre, lui, ne sera pas accepté », a-t-il prévenu.

    À six mois de la prochaine présidentielle, pouvoir et opposition restent profondément divisés sur plusieurs points clés relatifs à la crédibilité et à l’inclusivité du scrutin prévu pour octobre 2025. À l’approche de cette échéance cruciale, plusieurs figures majeures de l’opposition, parmi lesquelles Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et désormais Tidjane Thiam, ont été radiées de la liste électorale, les excluant de facto de la course à la présidentielle.

    Ces exclusions, justifiées officiellement par des condamnations judiciaires ou des irrégularités administratives, nourrissent une contestation croissante et soulèvent de vives inquiétudes quant à la transparence et à la crédibilité de l’élection à venir.

    Jean Kelly KOUASSI

    LIRE AUSSI

  • LE PARTI DE GBAGBO AVERTIT : « NOTRE PATIENCE N’EST PAS INFINIE ! »

    LE PARTI DE GBAGBO AVERTIT : « NOTRE PATIENCE N’EST PAS INFINIE ! »

    À l’issue de cette session, dont l’unique thème était : « La lutte démocratique pour des élections apaisées », le comité central a décidé de lancer un ultimatum au régime du président Alassane Ouattara, exigeant des décisions garantissant la tenue d’élections apaisées, inclusives et transparentes.

    Mise en garde

    « Le comité central a décidé d’évaluer, dans la première quinzaine du mois de juin, l’évolution de la mobilisation ainsi que les réponses – ou le silence – du pouvoir. Passé ce délai, et si rien ne change, le PPA-CI se réserve le droit d’envisager un nouveau palier dans la lutte, plus déterminé, plus structuré, et à la hauteur de la gravité de la situation. Car face à un pouvoir sourd, il n’y a parfois pas d’autre choix que de se dresser. Mais aujourd’hui encore, le PPA-CI fait le pari de la paix, de la lucidité et de l’unité. Toutefois, notre patience n’est pas sans limite », a averti le parti de Laurent Gbagbo.

    Passé ce délai, et si rien ne change, le PPA-CI se réserve le droit d’envisager un nouveau palier dans la lutte, plus déterminé, plus structuré, et à la hauteur de la gravité de la situation

    Donnant instruction à sa direction de « concevoir et transmettre aux structures du parti des mots d’ordre précis à exécuter en temps opportun ».  Cet ultimatum, qui ressemble à une sévère mise en garde adressée au régime d’Alassane Ouattara, intervient dans un contexte socio-politique tendu, marqué par des remises en cause de la crédibilité du processus électoral. À six mois de la présidentielle, plusieurs points de divergence opposent pouvoir et opposition, notamment la composition de la Commission électorale indépendante (CEI), que l’opposition juge inféodée au régime RHDP, ainsi que l’épineuse question de l’inclusivité du scrutin.

    Plusieurs opposants exclus

    Plusieurs figures majeures de l’opposition, parmi lesquelles Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé et, plus récemment, Tidjane Thiam, sont exclues de la course pour des raisons judiciaires ou administratives. Laurent Gbagbo, en particulier, reste frappé par une condamnation de 20 ans de prison dans l’affaire dite du braquage de la BCEAO, assortie d’une privation de ses droits civiques, malgré son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI). Ses partisans dénoncent une manœuvre politique destinée à l’écarter définitivement.

    La tension est de nouveau montée d’un cran depuis la radiation de Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, de la liste électorale le 22 avril dernier, en raison de sa double nationalité au moment de son inscription.  Face à cette situation délétère, le  gouvernement, rejette toute responsabilité. Mercredi dernier, Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement a mis en garde l’opposition contre toute tentative de troubles à l’ordre public.

    Jean Kelly KOUASSI

    @le.panafricain.sy

    communiqué final du comité Central du PPA-CI ,Sonne la fin du régime RHDP#GBAGBO #DISCOURS GBAGBO PPA-CI#côtedivoire🇨🇮225 #THIAM #abidjan225🇨🇮 cejour-là

    ♬ son original – LE PANAFRICAIN SYLOS
  • Hadj 2025 : Le Terminal 2 de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny entièrement rénové

    Hadj 2025 : Le Terminal 2 de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny entièrement rénové

    Pour permettre aux pèlerins ivoiriens de rallier la terre sainte dans de bonnes conditions, le gouvernement a procédé à l’extension du terminal 2 de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan.

    Le ministre des Transports, Amadou Koné, et son homologue de l’Intérieur et de la sécurité, le général de corps d’armée Vagondo Diomandé, ont visité l’infrastructure le mercredi 23 avril 2025. Ils étaient accompagnés pour la circonstance par l’ambassadeur d’Arabie Saoudite en Côte d’Ivoire, Sem. Saad Bin Bakheat Alqathami et du président du Conseil supérieur des imams et des affaires islamiques (Cosim), Cheick Aïma Ousmane Diakité.

    Cette infrastructure est composée d’un espace d’attente extérieur pouvant accueillir 300 personnes et situé dans la zone de stationnement ; une salle d’attente préenregistrement pouvant accueillir 200 personnes ; une zone d’enregistrement (4 comptoirs opérationnels) ; des postes d’inspection filtrage (Pif) ; un contrôle migratoire et une salle d’embarquement de 450 places assises.

    L’accès est strictement réservé aux pèlerins détenteurs du « badge hadj ». Une zone est désormais sous contrôle saoudien dès l’entrée, symbolisant la coopération logistique entre les deux pays.

    Une vue de la salle d'accueil. (DR)

    Une vue de la salle d'accueil. (DR)



    « Le premier mot qui me vient à l’esprit, c’est la satisfaction au regard de tout ce qui a été fait. Merci au Président de la République pour ses instructions claires afin que le hadj se déroule dans de meilleures conditions possibles », a déclaré le général Vagondo Diomandé, à l’issue de la visite.

    Puis il renchérit, « nous avons tout vu, la salle d’accueil de 450 places, le circuit d’enregistrement, la prise en charge par les autorités saoudiennes. Des équipements ultramodernes sont en cours d’installation pour être prêts avant le premier vol prévu pour le 17 mai ».

    Cette année, ce sont 10 mille pèlerins dont 7 mille pour le contingent étatique qui effectueront le déplacement de la terre sainte.

    Source : Sercom ministère des Transports

  • Côte d’Ivoire/  » Affaire suppression de l’aide américaine pour la construction de l’échangeur de Koumassi » : l’ambassade des États-Unis dément

    Côte d’Ivoire/  » Affaire suppression de l’aide américaine pour la construction de l’échangeur de Koumassi » : l’ambassade des États-Unis dément

    L’ambassade des États-Unis en Côte d’Ivoire a démenti ce vendredi 25 avril 2025, dans un communiqué, l’information selon laquelle le président américain Donald Trump aurait supprimé l’apport financier de son pays pour la construction de l’échangeur du grand carrefour de Koumassi dans le sud d’Abidjan. 

     » Les travaux de construction de l’échangeur du Grand carrefour de Koumassi avancent bien. Les États-Unis restent profondément engagés dans leur partenariat avec la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire demeure un partenaire stratégique et les États-Unis continuent de s’engager dans divers secteurs pour soutenir la croissance durable, la bonne gouvernance et la coopération commerciale qui bénéficient aux deux nations, indique en substance, l’ambassade des États-Unis en Côte d’Ivoire dans un communiqué transmis le vendredi 2025 à Abidjan.net. 

    Une Fake News relayée sur la toile a annoncé que les travaux de construction de l’échangeur du Grand carrefour de Koumassi ont été arrêtés parce que le président américain Donald Trump aurait supprimé l’appport financier de son pays pour la réalisation de cet ouvrage. 

    L.Barro