Auteur/autrice : iciabidjan

  • Le Rwanda prévoit d’accueillir les migrants chassés des États-Unis.

    Le Rwanda prévoit d’accueillir les migrants chassés des États-Unis.

    Paul Kagame, Président du Rwanda
    Paul Kagame, Président du Rwanda

    Le ministre rwandais des Affaires étrangères a confirmé des négociations en cours pour accueillir les migrants expulsés des Etats-Unis.

    Le Rwanda a entamé des négociations pour accueillir des migrants expulsés des Etats-Unis, a déclaré le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, à la télévision dimanche . 

    “Nous sommes en discussion avec les États-Unis”, a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé à la chaîne publique Rwanda TV.

    Le Rwanda s’est positionné ces dernières années comme une destination pour les migrants que les pays occidentaux voudraient expulser.

    L’État avait signé en 2022 un accord controversé avec la Grande-Bretagne pour accueillir des milliers de demandeurs d’asile britanniques, avant que cet accord ne soit annulé l’année dernière par le premier ministre Keir Starmer, alors nouvellement élu.

    “Nous n’avons pas encore atteint un stade où nous pouvons dire exactement comment les choses vont se dérouler, mais les discussions sont en cours… et elles n’en sont encore qu’à leurs débuts”, a poursuivi le responsable rwandais au sujet d’un futur accord avec les États-Unis.

    La Libye pressentie comme pays d’accueil

    Après le Salvador, les Etats-Unis sont à la recherche d’autres pays pour y renvoyer des migrants illégaux de pays tiers, a affirmé mercredi le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio.

    Des médias américains ont indiqué par ailleurs que les Etats-Unis avaient aussi engagé des pourparlers avec la Libye.

    « Je le dis sans ambages, nous recherchons activement d’autres pays pour accueillir les ressortissants de pays tiers. Et cela ne concerne pas seulement le Salvador », a déclaré M. Rubio lors d’une réunion du gouvernement de Donald Trump à la Maison Blanche.

    Depuis son retour à la Maison Blanche fin janvier, le président américain répète vouloir mettre en place l’une des promesses phares de sa campagne avec la mise en place d’un programme massif d’expulsion d’immigrés en situation irrégulière.

    En mars, il avait expulsé plus de 250 immigrés qu’il accuse d’appartenir à des gangs vers le Salvador, où ils sont incarcérés dans une prison de haute sécurité moyennant paiement aux autorités salvadoriennes.

  • Togo : le vernis démocratique d’une autocratie enracinée

    Togo : le vernis démocratique d’une autocratie enracinée

    Ce samedi 3 mai 2025, le Togo a ouvert une nouvelle page de son histoire politique. La IVe République est définitivement enterrée, et sur son tombeau s’élève désormais une Ve République dont les institutions sont taillées sur mesure pour le prince du moment, Faure Gnassingbé, désormais plus fort que jamais.

    La prestation de serment de Faure Gnassingbé, ce 3 mai 2025, comme président du Conseil, marque moins l’avènement d’un régime parlementaire que l’ultime manœuvre d’un homme au pouvoir depuis vingt ans pour se maintenir indéfiniment à la tête de l’État. Sous couvert d’un changement constitutionnel habilement orchestré, le Togo s’enfonce dans un autoritarisme légaliste où les formes de la démocratie servent à en nier le fond.

    Une Constitution taillée sur mesure et imposée par une Assemblée monocolore

    Cette réforme de la Constitution, adoptée sans consultation populaire et entérinée par un Parlement monochrome, confère à Faure Gnassingbé une position inédite de chef d’un exécutif consolidé, sans contre-pouvoirs réels. Le poste de président de la République devient symbolique, vidé de toute substance, tandis que la direction du gouvernement revient au chef du parti majoritaire, soit lui-même. Ce même samedi 3 mai, Jean-Lucien Kwassi Savi de Tové, 86 ans, ancien opposant et ex-ministre du Commerce, a été élu par les députés et sénateurs réunis et devient ainsi le nouveau président de la République, à titre tout juste honorifique. Seul candidat en lice, son élection n’a été qu’une simple formalité. Une telle reconfiguration du régime, taillée sur mesure, réduit à néant le principe même d’alternance.

    Il ne s’agit pas ici d’un simple ajustement institutionnel, mais d’un coup de force à froid, validé par les urnes sans véritable compétition et par des institutions inféodées. Les élections législatives et sénatoriales d’avril 2024, largement boycottées par l’opposition, ont permis au parti présidentiel de rafler la quasi-totalité des sièges. Dans ce contexte, parler de parlementarisme est un abus de langage : le pluralisme y est purement théorique, la représentation du peuple illusoire.

    Faure Gnassingbé parachève ainsi un long processus de concentration du pouvoir, amorcé dès son accession contestée à la Présidence en 2005 après le décès de son père. Vingt ans plus tard, le Togo est toujours dirigé par le même clan et l’appareil d’État fonctionne comme une extension du pouvoir personnel. Ce n’est pas l’État qui gouverne, mais une famille et son cercle d’alliés, consolidés par les armes, l’argent et la peur.

    Une opposition debout, mais bâillonnée

    Face à cela, l’opposition est à bout de souffle. Privée d’accès aux médias publics, harcelée par la justice, écartée des processus électoraux ou réduite à manifester dans des rues quadrillées par la police, elle peine à exister. Les quelques voix dissidentes qui s’élèvent encore – Nathaniel Olympio, Paul Dodji Apévon, Jean-Pierre Fabre – sont systématiquement marginalisées, présentées comme des fauteurs de troubles par un pouvoir qui se proclame garant de la stabilité. Mais la stabilité sans liberté n’est qu’un calme imposé.

    Le pire, dans cette dérive institutionnelle, c’est qu’elle s’enveloppe du langage de la modernité politique. On parle de « régime parlementaire », de « rationalisation du pouvoir », de « refondation démocratique ». En réalité, le peuple togolais est privé du droit fondamental de choisir librement ses dirigeants. Le suffrage universel direct pour l’élection présidentielle est aboli. Le débat démocratique est étouffé. Et le pouvoir s’auto-reproduit à l’infini sous une façade pseudo-républicaine.

    Le Togo ne manque pas de talents, ni d’élan citoyen. Mais tant que son avenir institutionnel sera confisqué par des artifices constitutionnels destinés à protéger un homme plutôt qu’à servir une nation, il ne connaîtra ni progrès politique réel ni paix durable qui ne peut se construire que dans un dialogue franc et sincère entre les fils du pays. Faure Gnassingbé consolide peut-être son trône ; mais il fragilise irrémédiablement l’idée même de démocratie dans son pays.

    Serge Ouitona

  • Capital-investissement : l’Afrique, marché émergent le plus attrayant pour 54% des General Partners

    Capital-investissement : l’Afrique, marché émergent le plus attrayant pour 54% des General Partners

    Le rapport souligne un optimisme prudent auprès des investisseurs en ce qui concerne les perspectives du paysage africain du capital-investissement durant les prochaines années, malgré les inquiétudes liées à la volatilité des monnaies sur le continent et les incertitudes géopolitiques mondiales.

    54% des General Partners (GP), une catégorie d’investisseurs qui participent à la gestion des fonds de capital-investissement, pensent que l’Afrique sera plus attrayante que tous les autres marchés émergents au cours des cinq prochaines années, selon un rapport publié le jeudi 17 avril 2025 par l’Association africaine de capital-investissement et du capital-risque (AVCA).

    Intitulé « AVCA Investors Sentiment & Outlook 2025 », le rapport se base sur une enquête réalisée auprès des deux catégories d’investisseurs dans le paysage africain du capital-investissement : les General Partners, un terme qui désigne principalement les sociétés de gestion d’un fonds d’investissement, et les Limited Partners (LP), soit les investisseurs apportant des capitaux à une société de capital-risque ou à une firme de private equity dans l’espoir de générer un bénéfice, sans participer à la gestion opérationnelle des véhicules d’investissement. Les investisseurs sondés sont basés dans toutes les régions du monde.

    Le rapport révèle que 59% des GP sont optimistes quant à l’activité d’investissement en 2025, et que les levées de fonds constituent la première priorité de 71% d’entre eux.

    Plus de 65% de répondants appartenant à cette même catégorie d’investisseurs ont cité l’Afrique du Sud et le Kenya comme étant les marchés les plus attrayants, loin devant l’Egypte et le Nigeria (environ 50% des investisseurs interrogés pour chaque pays).

    L’énergie (50%), les biens de consommation (49%) et les soins de santé (45%) sont cités comme étant des cibles prioritaires.

    La principale préoccupation macroéconomique des General Partners reste la volatilité des taux de change sur le continent (84% des répondants). Viennent ensuite les politiques de l’administration américaines (59%), en particulier en ce qui concerne les gels de financement orientés vers des organisations et des institutions qui « dérisquent » habituellement les investissements en Afrique.

    Le rapport montre en outre que 56% des Limited Partners sont optimistes quant à l’activité d’investissement en 2025, même si 20% d’entre eux se disent optimistes quant aux perspectives de sortie.

    Une écrasante majorité (plus de 90%) de ces investisseurs qui ne sont pas actifs dans la vie des fonds d’investissement prévoient d’ailleurs de maintenir ou d’augmenter l’allocation de capitaux à l’Afrique au cours des trois prochaines années. Le private equity et le capital-risque restent dominants dans les plans d’allocation (56% des objectifs en matière d’allocation de capitaux), mais les véhicules d’investissement spécialisés dans les infrastructures et la dette privée gagnent aussi en popularité.

    Le co-investissement apparaît comme la principale opportunité d’investissement pour les Limited Partners (70%), alors que le secteur financier reste le plus attractif à leurs yeux (60%). La volatilité des devises (76%) et les incertitudes géopolitiques croissantes (72%) sont par ailleurs les principales préoccupations macroéconomiques de cette catégorie d’investisseurs.

    Walid Kéfi

  • Cote d’Ivoire: « L’union de l’opposition face à un RHDP dominant et orgueilleux est d’une nécessité vitale. »

    Cote d’Ivoire: « L’union de l’opposition face à un RHDP dominant et orgueilleux est d’une nécessité vitale. »

    1/À moins de 6 mois de la présidentielle de 2025, il faut le dire sans détour : l’opposition ivoirienne est désunie, dispersée et sans cap stratégique clair. Pendant ce temps, le RHDP surfinancé, arrogant et dominateur, avance.

    2/ Dans ses élts de langage, le RHDP affiche ses gains territoriaux: 80 % des régions, 60 % des communes. Peu lui importe que ces conquêtes l’aient été face à une opposition réprimée, traquée. Le pouvoir n’attend plus qu’une chose : que l’opposition échoue à s’unir. #CIV2025

    3/Le PDCI a lancé la coalition CAP-CI, sans le PPA-CI & GPS. Le PPA-CI reste combatif mais isolé. GPS demeure actif malgré la répression, mais est gênée aux entournures par sa dissolution. Les autres figures (MGC, COJEP, FPI) peinent à peser. Résultat : chacun joue sa partition.

    4/ Les exclusions électorales (Gbagbo, Soro, Thiam) auraient pu être un motif de sursaut collectif. Mais non. Chaque camp regarde son propre sort, oubliant que la lutte est d’abord démocratique, pas individuelle. #Alternance2025

    5/ Soyons lucides : sans rassemblement, sans coordination, sans stratégie partagée, il n’y aura pas d’alternance. Le régime le sait. Il compte sur notre orgueil et nos divisions pour passer en force. Encore une fois.

    6/Il est encore temps. Comme @SOROKGUILLAUME le réclame, il faut: Un directoire commun. Un pacte politique clair. Une plateforme de revendications unifiées. Une stratégie internationale cohérente. Et une base d’actions réalistes.C’est faisable. Mais il faut de la volonté. #Unité

    7/ L’alternance en #CIV225 ne viendra ni de la nostalgie, ni de la bataille des égos, ni des réseaux sociaux, ni des coups de communication. Elle viendra d’un choix politique fort : celui de l’unité tactique, stratégique et morale. C’est la seule voie. #CôteDIvoire

    8/ L’histoire jugera durement ceux qui, par calcul personnel ou silence stratégique, auront laissé passer l’occasion de redonner espoir à la Côte d’Ivoire. Il est encore temps d’agir. Ensemble. Maintenant. #UnionOpposition #CIV2025

    Moussa TOURE, conseiller de Guillaume SORO.(sur X)

  • LIBERTÉS PUBLIQUES ET DIALOGUE POLITIQUE : L’ETAT IVOIRIEN REJETTE DEUX RECOMMANDATIONS CLÉS DES NATIONS-UNIES

    LIBERTÉS PUBLIQUES ET DIALOGUE POLITIQUE : L’ETAT IVOIRIEN REJETTE DEUX RECOMMANDATIONS CLÉS DES NATIONS-UNIES

    L’État ivoirien a, dans sa réponse aux recommandations contenues dans le rapport final du 4ᵉ Examen Périodique Universel du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, rejeté deux points clés portant sur la liberté de manifestation et le dialogue politique, à l’approche de la présidentielle de 2025.

    L’information émane d’une déclaration signé conjointement par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, parmi lesquelles la LIDHO, le MIDH, l’OIDH et l’AFJCI, en prélude à leur conférence de presse prévue jeudi 8 mai prochain.

    37 recommandations rejetées dont deux majeures

    Ce document, transmis à Linfodrome, révèle que le 24 mars 2025, lors de la session d’adoption du rapport final du 4ᵉ Examen Périodique Universel (EPU) de la Côte d’Ivoire, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a acté les réponses officielles de l’État ivoirien aux 273 recommandations formulées par les États membres de l’ONU. Si 226 de ces recommandations ont été acceptées, 10 partiellement retenues, 37 ont été rejetées, parmi lesquelles deux recommandations majeures portant sur la liberté de manifestation et le dialogue politique.

    Liberté de manifestation

    Concernant la liberté de réunion et de manifestation pacifique, le document révèle que l’État ivoirien a rejeté la recommandation 135.89, émise par le Canada. Ladite recommandation, selon nos sources, invitait la Côte d’Ivoire à garantir pleinement la liberté de réunion et de manifestation pacifique. « L’État ivoirien l’a rejetée, estimant que les libertés publiques ne sont soumises à aucune restriction contraire à la Constitution », indique le document.

    Le rapport, signé conjointement par l’OIDH, le MIDH, la LIDHO et l’AFJCI, souligne pourtant que les faits sur le terrain traduisent une réalité plus contrastée.

    La persistance des restrictions sur les libertés de manifestation et de rassemblement public, souvent justifiées par des préoccupations sécuritaires et d’ordre public, contribue à la réduction de l’espace démocratique, en particulier dans ce contexte post-électoral où les tensions restent vives

    « La persistance des restrictions sur les libertés de manifestation et de rassemblement public, souvent justifiées par des préoccupations sécuritaires et d’ordre public, contribue à la réduction de l’espace démocratique, en particulier dans ce contexte post-électoral où les tensions restent vives. Tandis que les citoyens cherchent à exprimer leurs préoccupations et aspirations, la répression de manifestations pacifiques engendre un climat de méfiance et de frustration, compromettant ainsi les efforts de réconciliation nationale. Cette situation soulève des questions fondamentales sur le respect des droits humains, essentiels non seulement à la vitalité de la démocratie, mais aussi à la stabilité du pays », note la déclaration conjointe.

    Des cas récents, selon le document, illustrent cette tendance inquiétante : le 2 avril 2025, des députés du PDCI-RDA ont été empêchés par la police de se rendre au tribunal d’Abidjan. Le 5 mars, des enseignants membres d’intersyndicales ont été interpellés alors qu’ils se dirigeaient vers une assemblée générale. En septembre 2024, 25 membres de la plateforme AGIP ont été arrêtés à Abidjan, dont 16 condamnés à six mois de prison ferme pour avoir tenté de manifester pacifiquement.

    « Ces incidents traduisent une réduction de l’espace civique et une intensification de la répression, qui fragilisent le climat politique en cette année électorale. Ils remettent en cause la sincérité des engagements en matière de droits humains et de gouvernance démocratique », déplore la déclaration des organisations de la société civile.

    Dialogue politique

    Autre point sensible : la recommandation 135.90, formulée par la France, exhortait l’État ivoirien à instaurer un dialogue inclusif avec tous les acteurs politiques et de la société civile. Cette recommandation a également été rejetée, par l’État ivoirien, la jugeant « sans objet ».

    Pourtant, déplorent les signataires, le contexte électoral reste marqué par une polarisation accrue et de nombreuses contestations sur la crédibilité du processus électoral, notamment concernant le fichier électoral et la composition de la Commission électorale indépendante (CEI). « L’absence de dialogue franc entre le gouvernement et l’opposition sur des sujets structurants comme l’identité nationale ou la transparence des élections menace la stabilité politique à moyen terme », previennent-ils. Pour rappel, la présidentielle en Côte d’Ivoire est prévue pour le 25 octobre prochain, soit dans moins de 6 mois. 

    Jean Kelly KOUASSI

  • RCI: décès de l’épouse de l’ex vice-président Kablan Duncan

    RCI: décès de l’épouse de l’ex vice-président Kablan Duncan

    Clarisse Aya Kouadio, l’épouse de l’ex vice-président de la République de Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan, a tiré sa révérence ce dimanche 4 mai 2025, au lendemain de l’inhumation de sa sœur aînée, à Assounvouè, dans la commune de Toumodi (centre).   

    Le décès  de Clarisse Aya Kouadio,est survenu quelques heures plus tard, après les obsèques de sa sœur aînée feue Monique Amenan Kouadio. Épouse de l’ex vice-président de la République de Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan, Clarisse Duncan laisse derrière elle le souvenir d’une femme de cœur, discrète et engagée dans les œuvres caritatives.

    Ce double deuil plonge l’ex vice-président ivoirien Daniel Kablan Duncan dans une douleur indicible. Épouse discrète, Clarisse Duncan a accompagné pendant plusieurs décennies cet homme d’Etat dans sa trajectoire politique.

    AP/Sf/APA

  • AFFAIRE THIAM : ADAMA BICTOGO SÈCHEMENT RECADRÉ PAR ALASSANE OUATTARA ET LE RHDP

    AFFAIRE THIAM : ADAMA BICTOGO SÈCHEMENT RECADRÉ PAR ALASSANE OUATTARA ET LE RHDP

    Adama Bictogo, président de l’Assemblée nationale ivoirienne, a été vivement recadré lors d’une réunion du directoire du RHDP, le 30 avril dernier, pour son intervention jugée inappropriée dans le dossier de Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, récemment radié des listes électorales.

    Selon Jeune Afrique, l’incident s’est produit en pleine réunion stratégique du parti au pouvoir. Bictogo aurait été interpellé de manière directe par le ministre de la Transition numérique, Ibrahim Kalil Konaté, qui l’a accusé d’avoir manœuvré pour faire annuler la convocation par la police de Soumaïla Brédoumy Kouassi, porte-parole du PDCI.

    Radié des listes électorales

    Ce dernier était attendu le 30 avril à la préfecture de police d’Abidjan, après avoir lancé un appel à la mobilisation pour exiger la réinscription de Tidjane Thiam sur les listes électorales. Pour rappel, le 22 avril, la justice a ordonné la radiation de Tidjane Thiam, candidat déclaré du PDCI pour la présidentielle de 2025, écartant ainsi le principal rival du RHDP du processus électoral en cours.

    La veille de cette convocation, Simon Doho, président du groupe parlementaire PDCI à l’Assemblée nationale, avait été reçu en audience par Adama Bictogo. Ce dernier aurait alors usé de son influence pour obtenir l’annulation de l’interrogatoire de Brédoumy Kouassi, ce que Simon Doho avait salué publiquement, remerciant le président de l’Assemblée nationale et le ministre de l’Intérieur pour leur « grandeur d’esprit ».

    Informé de la situation depuis Mougins, dans le sud de la France, où il séjourne depuis le 26 avril, le président Alassane Ouattara aurait également exprimé son mécontentement face à cette initiative unilatérale de Bictogo

    La manœuvre n’a toutefois pas été du goût de la direction du RHDP. Le président du directoire, Gilbert Koné Kafana, a immédiatement recadré Bictogo, l’invitant à s’en référer au Premier ministre Robert Beugré Mambé ou au ministre de l’Intérieur Vagondo Diomandé, seuls compétents en la matière. 

    Mécontentement

    Informé de la situation depuis Mougins, dans le sud de la France, où il séjourne depuis le 26 avril, le président Alassane Ouattara aurait également exprimé son mécontentement face à cette initiative unilatérale de Bictogo.

    En réponse, ce dernier a publié un communiqué affirmant que « tout parlementaire est tenu de répondre à toute convocation émanant des autorités compétentes », tout en réitérant l’attachement de l’Assemblée nationale au principe de séparation des pouvoirs.

    Finalement, Brédoumy Kouassi a rencontré, de manière informelle, le directeur général de la police, dans le but de discuter des modalités d’encadrement d’éventuelles manifestations du PDCI-RDA.

    Contexte socio-politique tendu

    L’interpellation du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire fau-il le rappeler, intervient dans un contexte socio-politique déjà tendu entre le pouvoir et l’opposition. A 6 mois de la tenue du scrutin, 4 figures majeures dont Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro et désormais Tidjane Thiam sont exclus du processus en raison de décisions judiciaires controversées.

    L’opposition qui réclame l’intégration de ses cadres dénonce une instrumentalisation de la justice à des fins électorales et exige le rétablissement de ses candidats. Outre la question de l’inclusivité du scrutin, la crédibilité de la CEI, organe en charge de la conduite du processus électoral est également remis en cause par l’opposition, exigeant sa refonte avant la tenue du scrutin. Ces revendications sont pour l’heure balayé du revers de la main par le pouvoir.

    Jean Kelly KOUASSI

  • Faut-il condamner le Mali quand la Chine et les pays du Golfe dominent ce monde sans démocratie « occidentale » ?

    Faut-il condamner le Mali quand la Chine et les pays du Golfe dominent ce monde sans démocratie « occidentale » ?

    Ma remarque de ce jour soulève un point très pertinent : la démocratie, telle que souvent définie par les standards occidentaux, n’est pas le seul modèle politique possible ni universellement applicable dans les mêmes termes.

    De nombreux pays non démocratiques sur le plan institutionnel, comme la Chine ou certains États du Golfe, ont en effet connu un développement économique rapide, une stabilité politique relative, et une forte centralisation de leurs décisions stratégiques.

    Il est aussi vrai que dans bien des cas, les discours sur la démocratie sont teintés d’un prisme idéologique occidental, parfois déconnecté des réalités locales ou instrumentalisé pour des intérêts géopolitiques.

    Quant à la Côte d’Ivoire, mon pays de naissance, certains estiment que la période du parti unique offrait plus de cohésion sociale ou d’équité, même si elle était marquée par un déficit de libertés publiques. Je fais partie de ceux-là. 

    Cela dit, il est aussi utile de reconnaître que la démocratie ne se résume pas à des élections. Elle inclut l’État de droit, la liberté d’expression, la participation citoyenne et la redevabilité — des piliers qui, lorsqu’ils sont bien appliqués, peuvent favoriser une société plus juste.

    Mais encore faut-il que ces concepts soient adaptés et incarnés localement, sans simple mimétisme.

    Notre critique du conditionnement des élites africaines par les références occidentales trouve d’ailleurs un écho fréquent dans les débats intellectuels panafricanistes contemporains.

    Il existe à cet effet, plusieurs modèles de gouvernance alternatifs, inspirés des réalités africaines ou d’expériences non occidentales, qui peuvent enrichir la réflexion sur un système adapté aux contextes socioculturels, historiques et économiques du continent.

    #AGD

  • Classement mondial de la liberté de la presse 2025: La Côte d’Ivoire perd 11 places (Officiel)

    Classement mondial de la liberté de la presse 2025: La Côte d’Ivoire perd 11 places (Officiel)

    La Côte d’Ivoire a perdu 11 places et est passée à la 64e position sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse selon le rapport 2025 de Reporters sans frontières (RSF) consulté par Abidjan.net ce vendredi 2 mai , veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

    Le rapport explique que cette régression intervient dans un contexte de fragilité économique croissante des médias ivoiriens. Selon les premières analyses de RSF, ce recul s’explique en partie par “les pressions économiques” qui fragilisent l’indépendance des rédactions et limitent le pluralisme de l’information. L’organisation souligne notamment la concentration de la propriété des médias, les pressions exercées par les annonceurs publicitaires, ainsi qu’une distribution jugée “opaque” des aides publiques au secteur de la presse avec la régression des ventes de journaux et les effectifs des rédactions en baisse.

    « Malgré un paysage médiatique relativement fourni avec plus de 190 stations autorisées à émettre. La centaine de journaux et de sites d’information existants, l’ensemble est encore marquée par une très forte empreinte politique dans la ligne éditoriale. Le journalisme d’investigation a commencé à se développer ces dernières années, tandis que l’arrivée, en 2019, des premières chaînes privées a mis fin à plus de 50 ans de monopole de la Radiodiffusion-télévision ivoirienne (RTI). Le pays compte désormais au moins trois chaînes de télévision privées, toutes détenues par des proches du pouvoir », informe le rapport.

    Par ailleurs, il indique que cette situation rend les médias plus vulnérables aux influences politiques et économiques, ce qui nuit à la qualité et à la diversité de l’information offerte au public. Les journalistes d’investigation sont souvent visés par des tentatives de corruption ou d’intimidation, telles que la menace de divulgation des données personnelles, ainsi que par des arrestations et les locaux de leur rédaction peuvent également faire l’objet d’attaques. D’une manière générale, de nombreux professionnels des médias font face à des problèmes de sécurité dans l’exercice de leur fonction, tant de la part des militants de partis politiques, que des forces de l’ordre.

    En outre, le recul de la Côte d’Ivoire par rapport à l’année précédente, où le pays occupait le 53e rang suggère une détérioration de l’un ou de plusieurs de ces aspects, mettant en avant, la fragilité économique des médias qui apparaît comme un facteur déterminant de cette régression, soulignant l’urgence de mesures visant à soutenir et à renforcer l’indépendance du secteur de l’information dans le pays.

    R-SEKONGO

  • La Côte d’Ivoire devient un refuge pour les producteurs d’or, face aux tensions au Sahel

    La Côte d’Ivoire devient un refuge pour les producteurs d’or, face aux tensions au Sahel

    Avec 600 tonnes de réserves d’or et une production en hausse depuis plus d’une décennie (environ 60 tonnes d’or en 2024), la Côte d’Ivoire est devenue un poids lourd du secteur aurifère en Afrique de l’Ouest. Avec les tensions au Mali et au Burkina Faso, des compagnies se pressent à Abidjan.

    Avec l’acquisition, jeudi 1er mai, du projet aurifère Doropo, Resolute Mining s’apprête à diversifier davantage sa production en Afrique de l’Ouest. La compagnie australienne, dont le PDG a été brièvement détenu au Mali en novembre 2024, rejoint en Côte d’Ivoire d’autres producteurs ayant fait du pays une destination privilégiée de leurs investissements. Face à un climat des affaires dégradé dans les pays du Sahel, la nation éburnéenne s’impose comme un refuge pour plusieurs compagnies.

    Un climat des affaires « difficile » au Sahel

    Au Mali, Resolute a dû verser 160 millions $ en 2024 pour obtenir la libération de son dirigeant Terence Holohan, dans le cadre d’un litige fiscal où Bamako réclame entre 300 et 600 milliards FCFA aux producteurs d’or. Si sa mine malienne Syama reste en activité (63 % de la production du groupe en 2024), l’épisode semble avoir accéléré la volonté de diversifier les opérations. Resolute n’a pas évoqué explicitement les tensions maliennes au moment d’investir en Côte d’Ivoire, se contentant de reconnaître la nécessité de « diversifier le profil de production ».

    Fortuna Mining s’est en revanche montrée plus directe. Au moment de quitter le Burkina Faso, où la compagnie canadienne a vendu mi-avril sa mine d’or Yaramoko, son PDG Jorge Ganoza a invoqué le « climat des affaires de plus en plus difficile » dans le pays. La transaction de 130 millions $ renforce les liquidités de Fortuna et pourrait lui permettre d’investir davantage en Côte d’Ivoire, où elle exploite la mine ivoirienne de Séguéla.

    Premier producteur d’or en Afrique de l’Ouest, Endeavour Mining a amorcé plus tôt ce recentrage. Entre 2022 et 2024, le groupe est passé de quatre à deux mines au Burkina Faso, réduisant la part du pays dans sa production globale de 52 % à 39 %. Pour la première fois, en 2024, la production d’or d’Endeavour en Côte d’Ivoire a même dépassé celle du Burkina Faso. Avec 438 524 onces produites, les mines ivoiriennes Ity et Lafigué ont produit davantage que les actifs burkinabè Houndé et Mana (435 532 onces). Cette dynamique devrait se poursuivre avec le développement du projet ivoirien Assafou, dont le potentiel est estimé à 329 000 onces par an sur dix ans.

    D’une manière générale, un investisseur de la sous-région reconnait un statu quo au niveau de la demande de financement dans les pays miniers du Sahel. « Par contre, sur les pays comme la Côte d’Ivoire et la Guinée, oui, il y a de la demande. Il y a beaucoup plus de demandes », souligne-t-il.

    Les atouts d’Abidjan face au Sahel

    Si plusieurs compagnies minières réorientent leurs investissements vers la Côte d’Ivoire, c’est d’abord en raison de son potentiel aurifère encore sous-exploité. Selon les autorités, les réserves d’or atteignent 600 tonnes. Le gouvernement entend s’appuyer sur cette ressource pour dépasser le Mali et le Burkina Faso. En juin 2024, le ministre des Mines Mamadou Sangafowa-Coulibaly a fixé un objectif de 100 tonnes d’or dans les cinq ans, contre environ 60 tonnes l’année dernière.

    Cette ambition est partagée par Jean-Claude Diplo, ancien président de la Chambre des Mines, qui estime que la Côte d’Ivoire pourrait rivaliser avec le Ghana d’ici 2030, tout en dépassant ses voisins sahéliens. Pour atteindre ces objectifs, le pays mise sur un climat des affaires bien plus favorable que celui du Sahel.

    « La Côte d’Ivoire bénéficie d’un environnement économique relativement stable, de l’absence de pressions sécuritaires majeures, et d’une stratégie clairement affichée d’attractivité des investissements », explique Ahamadou Mohamed Maïga, directeur exécutif du cabinet Extractive & Energy Investment Council.

    La Côte d’Ivoire attire, mais elle n’est pas seule. Le Ghana reste un poids lourd régional, et la Guinée suscite un intérêt croissant de la part des investisseurs pour l’exploration aurifère, notamment grâce à ses ressources encore peu exploitées par des producteurs industriels. Abidjan a par ailleurs entamé en 2024 la révision de son code minier. Il reste à voir si les nouvelles dispositions renforceront l’attractivité du pays ou introduiront de nouvelles contraintes pour les opérateurs.

    Emiliano Tossou

  • Le Maroc face à une pente glissante : l’exclusion des binationaux du gouvernement

    Le Maroc face à une pente glissante : l’exclusion des binationaux du gouvernement

    Le PJD propose une loi excluant les binationaux des postes ministériels au Maroc, suscitant une vive controverse. Cette initiative, perçue comme un repli identitaire, menace l’inclusivité politique et marginalise les Marocains de l’étranger, pourtant essentiels au développement national. Elle risque de créer une fracture durable avec la diaspora et contredit la tradition d’ouverture que le pays s’efforce de défendre.

    La Commission de Justice, de Législation et des Droits de l’Homme à la Chambre des représentants a entamé, le 30 avril 2025, l’examen d’une proposition de loi controversée, portée par le Parti de la Justice et du Développement (PJD), qui ambitionne d’interdire aux binationaux d’accéder à des postes ministériels. Déposée en avril 2023, cette initiative prévoit une modification de la loi organique n°065-13, et vise à conditionner la participation au gouvernement à la détention exclusive de la nationalité marocaine.

    Détenir une citoyenneté marocaine exclusive

    Au cœur de ce projet législatif, une logique de repli nationaliste, formulée sans ambiguïté par Abdessamad Haiker, député du PJD, qui a déclaré : « Les membres du gouvernement doivent détenir une citoyenneté marocaine exclusive, sans double nationalité. Les Marocains méritent un gouvernement entièrement marocain, et nous pensons que quiconque ne respecte pas cette condition ne mérite pas de faire partie du gouvernement marocain ». Ce discours identitaire, rejetant une part non négligeable de la diaspora marocaine, ouvre la voie à une sérieuse remise en cause de l’inclusivité politique dans le royaume.

    Cette initiative soulève de profondes inquiétudes, d’abord en raison de sa portée symbolique. Elle envoie un message d’exclusion aux millions de Marocains résidant à l’étranger, dont beaucoup sont pleinement investis dans la vie économique, sociale et culturelle du pays. Depuis des décennies, les MRE (Marocains Résidant à l’Étranger) jouent un rôle important dans le développement du Maroc, à travers les transferts financiers, mais aussi par leur savoir-faire, leur engagement associatif et leur volonté croissante de participer à la gouvernance du pays. Leur couper l’accès aux postes ministériels revient à nier leur contribution et leur attachement au Maroc.

    Manœuvre politicienne visant certains ministres ?

    La réaction d’Omar El Mourabet, ancien membre du Conseil national vivant en France, est révélatrice de l’amertume suscitée par cette proposition. Il dénonce une « grave erreur envers les Marocains du monde », justifiée par des prétextes futiles. Selon lui, cette loi n’est qu’une manœuvre politicienne visant certains ministres actuels, comme Abdellatif Miraoui, ex-ministre de l’Enseignement supérieur, détenteur d’une nationalité étrangère. Le flou sur les motivations profondes du projet – entre règlement de comptes politiques et volonté de séduire un électorat conservateur – accentue la défiance.

    El Mourabet d’interpeller qu’en s’engageant dans cette voie, le Maroc risque de s’isoler et de renier les principes qu’il affirme défendre sur la scène internationale. Le royaume a longtemps mis en avant la richesse de sa diaspora comme un atout. La Constitution de 2011 elle-même reconnaît explicitement les droits politiques des Marocains du monde et leur participation à la vie nationale. Une telle exclusion entrerait donc en contradiction flagrante avec cet esprit d’ouverture.

    Un lien affectif profond avec le Maroc

    Derrière le débat juridique se cache aussi une interrogation fondamentale sur la conception de la citoyenneté. Être Marocain ne se résume pas à la détention unique d’un passeport. C’est avant tout une appartenance culturelle, un engagement civique, un lien affectif profond avec un pays, ses valeurs et son avenir. Les binationaux, loin d’être des citoyens de seconde zone ou des individus au patriotisme suspect, sont souvent porteurs de ponts entre deux mondes, deux cultures, deux visions du progrès.

    Selon certains observateurs, exclure les binationaux, c’est également priver le pays de profils compétents, cosmopolites, habitués aux standards internationaux et capables de représenter dignement le Maroc sur la scène mondiale. Alors que le pays ambitionne de jouer un rôle majeur en Afrique, en Méditerranée et dans les grandes institutions internationales, cette logique d’entre-soi politique est à contre-courant des enjeux contemporains, pense-t-on.

    Fracture durable entre le Maroc et sa diaspora

    Les observateurs insistent sur le fait que la trajectoire dangereuse prise par le PJD à travers cette proposition doit être analysée pour ce qu’elle est : un repli identitaire nourri par des considérations politiques à court terme, mais aux conséquences potentiellement lourdes. Selon eux, si elle venait à être adoptée, cette loi créerait une fracture durable entre le Maroc et sa diaspora, remettant en cause des décennies d’efforts pour faire des MRE un pilier de la nation.

    Les expatriés appellent le Maroc à rester fidèle à sa tradition d’ouverture, surtout, « dans un contexte mondial où les identités sont de plus en plus hybrides, où les frontières sont de plus en plus poreuses, et où la richesse d’un pays se mesure aussi à sa capacité à intégrer ses talents issus de la diversité ». Selon eux, le débat actuel devrait être l’occasion de renforcer les droits politiques des binationaux, non de les restreindre.

    Malick Hamid

  • Tidjane THIAM explique : « L’article 48 ne s’applique pas à moi… On n’acquiert pas un droit qu’on a déjà ».

    Tidjane THIAM explique : « L’article 48 ne s’applique pas à moi… On n’acquiert pas un droit qu’on a déjà ».

    Tidjane THIAM explique : « L’article 48 ne s’applique pas à moi… On n’acquiert pas un droit qu’on a déjà ».

    Dans cette video TIK TOK , le Président du PDCI explique être né d’un père français naturalisé ivoirien en novembre 1962, soit trois mois après sa naissance. 

  • Côte d’Ivoire : l’essor des cours en Dioula dans l’enseignement

    Côte d’Ivoire : l’essor des cours en Dioula dans l’enseignement

    La Côte d’Ivoire s’apprête à connaître une petite révolution linguistique. Bien que le pays compte une soixantaine de langues, seul le français était jusqu’ici officiel. Cependant, cette situation devrait changer avec la promotion du dioula dans l’enseignement.

  • Tidjane THIAM explique comment financer une économie saine à long terme avec les fonds de pension.

    Tidjane THIAM explique comment financer une économie saine à long terme avec les fonds de pension.

    « Le financement par la dette n’est pas une bonne solution ».

    Tidjane THIAM explique comment financer une économie saine à long terme avec les fonds de pension. Le financement par la dette n’est pas la bonne solution.

  • Radiation de Thiam et Gbagbo : Soro accuse Abidjan de trahir les idéaux pour lesquels il s’est battu : « Si j’étais tombé au front, je me serais retourné de ma tombe »

    Radiation de Thiam et Gbagbo : Soro accuse Abidjan de trahir les idéaux pour lesquels il s’est battu : « Si j’étais tombé au front, je me serais retourné de ma tombe »

    Dans un discours prononcé le 30 avril 2025, Guillaume Soro évoque son passé militaire et accuse Abidjan de trahir les idéaux pour lesquels il s’est battu.
    Guillaume Kigbafori Soro

    Guillaume Soro a utilisé un registre émotionnel inhabituel. Devant les membres de la Commission d’Orientation et de Concertation (COC) de son mouvement Génération des Peuples Solidaires (GPS), réunis ce mercredi 30 avril 2025, l’ancien chef rebelle a convoqué les souvenirs de son engagement militaire pour dénoncer son exclusion des listes électorales.

    Dans un discours où la colère le disputait à l’amertume, l’ancien président de l’Assemblée nationale a établi un parallèle saisissant entre les combats d’hier et les enjeux d’aujourd’hui. « Si j’étais tombé au front, comme tant d’autres qui ont sacrifié leur jeunesse, leur avenir, leur liberté pour la Côte d’Ivoire, je me serais assurément retourné de ma tombe », a-t-il déclaré.

    La trahison des idéaux
    Sans jamais le nommer directement, Guillaume Soro a dénoncé ce qu’il considère comme une trahison du président Alassane Ouattara. « C’est une honte immense, une blessure profonde de constater que celui pour qui nous avons donné les plus belles années de notre vie, pour qu’il ne soit pas exclu du débat politique et des élections, est aujourd’hui le promoteur acharné de l’exclusion politique », a-t-il affirmé.

    Cette référence à peine voilée rappelle l’engagement militaire de Soro aux côtés d’Ouattara lors de la crise post-électorale de 2010-2011. Un passé qui prend aujourd’hui une dimension paradoxale avec la radiation des listes électorales de quatre figures majeures de l’opposition, dont Soro lui-même.

    Un engagement total contre l’exclusion
    L’ancien Premier ministre a transformé cette situation en véritable serment politique. « Désormais, le temps qu’il me reste à vivre sur la terre des hommes, je le consacrerai à combattre l’exclusion avec chaque parcelle de force que Dieu m’a donnée », a-t-il promis devant ses partisans.

    Cette promesse s’accompagne d’une détermination affichée sans ambiguïté : « Je n’accepterai jamais cette exclusion, pas tant que je vivrai ». Un engagement qui prend une résonance particulière dans la bouche de celui qui fut l’un des principaux acteurs militaires de l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara.

    La CEDEAO interpellée
    Dans son discours, Guillaume Soro a également adressé une critique sévère à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « Je m’adresse à la communauté internationale et en particulier à la CEDEAO, si prompte à condamner les régimes militaires, mais étrangement silencieuse face aux coups d’État civils », a-t-il lancé.

    L’ancien chef rebelle a multiplié les questions rhétoriques pour souligner ce qu’il considère comme un deux poids, deux mesures de l’organisation régionale : « Où est la CEDEAO quand un président viole la constitution, manipule la justice, exclut ses opposants et se prépare à briguer un quatrième mandat illégal et inconstitutionnel ? »

    Cette mise en cause s’accompagne d’un avertissement à peine voilé sur les risques d’instabilité. « Faut-il attendre une flambée de violences pour agir ? Faut-il attendre du sang pour agir ? Faut-il attendre des morts et des morts pour que les chancelleries se réveillent ? », s’est-il interrogé, rappelant que « la CEDEAO a une responsabilité historique à empêcher que la Côte d’Ivoire ne sombre à nouveau dans le chaos ».

    Au terme de son allocution, l’ancien Premier ministre a défini trois axes d’action pour son mouvement GPS : agir pour la réinscription des candidats radiés, mobiliser les Ivoiriens contre « l’injustice », et préparer la participation politique du mouvement « sous toutes ses formes ». Cette dernière formulation, délibérément ambiguë, laisse entrevoir différentes stratégies possibles à six mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025.

    La radiation des listes électorales de quatre personnalités majeures de l’opposition – Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Tidjane Thiam et Guillaume Soro – continue de susciter de vives tensions dans le paysage politique ivoirien, à l’approche d’un scrutin où le président sortant Alassane Ouattara pourrait briguer un quatrième mandat.

    Par Lecontinentafricain

  • Cissé BACONGO: «L’objectif désormais est clair : gagner au premier tour en 2025 ». 

    Cissé BACONGO: «L’objectif désormais est clair : gagner au premier tour en 2025 ». 

    Dans un entretien accordé à Fraternité Matin, Cissé Ibrahima Bacongo, secrétaire exécutif du RHDP, est revenu sur plusieurs sujets d’actualité, notamment la situation de Tidjane Thiam, la dynamique politique du parti au pouvoir et les perspectives électorales de 2025.

    Interrogé sur l’interprétation de l’article 48 du Code de la nationalité ivoirienne, au cœur de la controverse autour de l’éligibilité de Tidjane Thiam, Cissé Bacongo a surpris en admettant : « Je faisais la même lecture littérale que les avocats de Monsieur Thiam », a-t-il reconnu.

    Une question de justice et de droit
    Il a cependant précisé que cette position initiale, partagée à l’époque où certains remettaient en cause la nationalité du président Ouattara, ne tenait pas compte de la circulaire de 1963, un texte explicatif crucial, souvent ignoré dans le débat. Il rappelle surtout que jamais la justice n’a établi qu’Alassane Ouattara n’était pas ivoirien, soulignant que le contentieux électoral ne saurait outrepasser son champ de compétence.

    Concernant Tidjane Thiam, Bacongo reste clair : « Il n’a jamais été question de dire qu’il n’est pas ivoirien. Cela dépendra de ses choix futurs, notamment s’il redevient français. » Pour lui, la radiation de Thiam n’est ni une manœuvre politique du RHDP, ni un complot, mais simplement « une question de justice et de droit ».

    Sur le plan politique, Bacongo a dressé un bilan de la réorganisation du RHDP depuis la présidentielle de 2020, dans un contexte de tensions et de violences orchestrées, selon lui, par une opposition « insurrectionnelle ». L’objectif désormais est clair : « gagner au premier tour » en 2025. Pour cela, le parti se veut structuré, mobilisé et engagé sur le terrain.

    Il refuse la CEI, il refuse la liste électorale. Il n’est pas électeur et n’est pas éligible. Pourtant, il dit qu’il sera candidat et qu’il va gagner l’élection présidentielle
    Réagissant aux propos de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, tenus lors de la réunion du comité central de son parti, le secrétaire exécutif du RHDP a pointé les contradictions dans son discours.

    Il a notamment évoqué le rejet de la CEI et de la liste électorale, tout en proclamant vouloir remporter la prochaine présidentielle. « Il refuse la CEI, il refuse la liste électorale. Il n’est pas électeur et n’est pas éligible. Pourtant, il dit qu’il sera candidat et qu’il va gagner l’élection présidentielle. J’ai fait ressortir la contradiction et je me suis demandé comment il peut le faire si la CEI reste, si la liste électorale demeure et que sa situation ne change pas.

    J’ai alors employé une expression connue chez nous pour dire que là où ils dorment, nous, on dort après ce lieu, au-delà de ce lieu. On dit que derrière village, il y a village. On se comprend. En tout cas, chacun est averti », a-t-il déclaré.

    Mettant en garde contre toute forme de contestation populaire. « Le PPA-CI dit qu’il ne va pas aller dans les rues, alors que l’adversaire l’attend dans les rues. En même temps, il faut savoir que l’adversaire ne va pas cesser d’attendre le PPA-CI et tous ceux qui veulent utiliser des moyens non légaux pour obtenir ce qu’ils souhaitent, alors que le gouvernement est bel et bien dans l’esprit du 5ᵉ dialogue politique qu’ils tentent de remettre en cause par leurs agissements. Le RHDP veut la paix, mais le RHDP n’a pas peur de la rue. Je le dis autrement : le RHDP n’a pas peur de la rue, mais le RHDP veut la paix », a mis en garde Cissé Bacongo.

  • LA CÔTE D’IVOIRE: LE TEMPS DE LA COHÉRENCE

    LA CÔTE D’IVOIRE: LE TEMPS DE LA COHÉRENCE

    Par © DR KOCK OBHUSU, Économiste

    Il est une chose plus redoutable que la pauvreté ou le colonialisme : c’est l’incohérence de ceux qui héritent d’un pays, sans savoir en porter la charge. La Côte d’Ivoire, petit territoire ouest-africain, souffre moins d’un manque de ressources ou d’intelligence que d’un mal insidieux : la désunion chronique de ses enfants.

    Ici, les fractures ethniques et les rivalités politiques ont été si habilement exploitées depuis longtemps que l’on a vu des frères se lever contre leurs propres frères. Pour quoi ? Pour le pouvoir, bien sûr. Mais aussi — et c’est plus grave encore — pour défendre les intérêts d’étrangers qui, eux, savent très bien se serrer les coudes lorsque leur survie économique ou foncière est en jeu. En Côte d’Ivoire, on se bat pour un poste, pour un parti, pour une promesse. Ailleurs, on se bat pour la terre, pour la souveraineté, pour la nation, pour un projet.

    Le paradoxe est cruel : les pays environnants, tout aussi multiethniques que la Côte d’Ivoire — Mali, Burkina Faso, Guinée, Sénégal, Mauritanie, etc. — ont compris que, face au péril, il faut se tenir debout ensemble, ou tomber seul.

    Au Sénégal, même lorsque les divergences politiques atteignent des sommets, une forme de cohérence nationale subsiste. Les débats sont vifs, parfois violents, mais les fondamentaux tiennent. Il existe un socle, un respect implicite
    des limites à ne pas franchir. Là-bas, aucun étranger ne devient propriétaire terrien sans que l’État ne s’en mêle. La souveraineté foncière n’est pas un slogan : c’est un principe.

    En Côte d’Ivoire, c’est l’inverse. Les terres changent de main au gré
    des arrangements, des complicités des cadres administratifs, des
    trahisons des préfets et sous-préfets. L’État, au lieu de protéger,
    s’efface ou pactise. Le citoyen ivoirien se retrouve n’être plus qu’un
    pion dans un jeu dont il ne connaît même plus les règles. Pendant ce
    temps, certains étrangers, mieux organisés, mieux soudés, progressent
    sans résistance, profitant d’un territoire livré à lui-même.
    Le problème n’est pas qu’ils soient plus intelligents ou plus
    travailleurs contrairement aux idées reçues. Le problème, c’est que les
    Ivoiriens sont divisés. Et la division, c’est une faille béante dans
    laquelle les plus opportunistes s’engouffrent. Là où l’unité nationale
    devrait primer, on érige des barrières tribalistes, de partis, de régions.
    On préfère s’identifier à une ethnie qu’à une nation. On préfère défendre un chef qu’un projet commun d’intérêt national. Ce n’est pas l’autre qui est fort, c’est les ivoiriens qui sont incohérents.

    La classe politique transfrontalière exploite cette incohérence comme
    un carburant. Le peuple ivoirien est tantôt invité à se battre, tantôt à se
    taire, mais rarement à penser. Or, un peuple qui ne pense pas
    collectivement est un peuple à la merci des intérêts extérieurs.
    L’heure est grave. La Côte d’Ivoire, à force d’ouvrir ses bras sans
    vigilance, est en train de perdre sa colonne vertébrale. L’hospitalité, chantée à tout-va et clamée comme slogan, devient faiblesse
    lorsqu’elle se fait naïveté. Le vivre-ensemble n’est pas un désarmement identitaire. La paix n’est pas un comportement
    d’abandon. Il est temps que les Ivoiriens comprennent qu’aimer son pays, ce n’est pas détester l’autre, mais se protéger d’abord. Il est
    temps d’être cohérent.

    IL EST TEMPS DE TISSER LE FIL DE L’HISTOIRE AFIN DE RECONSTRUIRE UNE COHÉRENCE NATIONALE

    La Côte d’Ivoire n’est pas née incohérente malgré une histoire de
    peuplement tronquée et déversée dans les livres manuels scolaires
    dans les années soixante.

    Au fil des décennies, l’État ivoirien a cessé d’être un arbitre au-dessus
    des clans. Il s’est mué en outil au service de factions. L’administration
    publique au fil des ans est devenue de plus en plus un terrain de
    partage, de clientélisme. L’école, moteur de la mobilité sociale, s’est
    effondrée. La politique, au lieu de rassembler autour de valeurs
    fondamentales, de projets de société, a divisé. Chaque élection est
    désormais vécue comme une guerre de survie, et non comme un débat
    d’idées. Dans ce chaos, les plus organisés — souvent venus d’ailleurs
    — trouvent leur place. Non parce qu’ils sont mieux outillés, mais
    parce qu’ils savent tirer parti de l’absence de cohésion nationale des
    ivoiriens.

    Il faut le dire sans haine mais sans complaisance : une nation qui ne
    sait pas protéger ses terres (qu’elles soient urbaines ou rurales), ses
    travailleurs, ses institutions, est une nation qui s’expose à toutes les
    prédations. Ailleurs, malgré la pauvreté, malgré les coups d’État, les
    peuples ont gardé un sens du “nous” collectif. Ce sens, la Côte

    d’Ivoire doit le retrouver — ou accepter de sombrer dans une logique
    de dépossession tranquille.

    La solution ne viendra pas d’un homme providentiel, ni d’une
    génération spontanée de dirigeants vertueux. Elle viendra d’un sursaut
    citoyen. Il faut réapprendre à penser en termes d’intérêt général, à
    exiger de l’État qu’il joue pleinement son rôle de garant du bien
    commun. Il faut réhabiliter l’école, les institutions, l’autorité publique.
    Il faut enseigner l’histoire nationale de manière inclusive, objective,
    pour que chaque enfant de ce pays — du nord, du sud, de l’ouest ou
    de l’est — se sente légitimement héritier d’une même maison. Il faut
    remettre la méritocratie au cœur du fonctionnement social, et cesser de
    distribuer les postes sur des bases ethniques ou clientélistes.

    Enfin, il faut oser poser la question foncière, sans tabou ni haine. Une
    nation ne peut survivre si ses enfants n’ont plus accès à la terre, si les
    équilibres fonciers sont laissés aux rapports de force bruts. Cela
    demande du courage politique, mais surtout une pression populaire
    éclairée, ferme, lucide. Il ne s’agit pas d’exclure, mais de rétablir une
    justice.
    La Côte d’Ivoire n’a pas vocation à être un territoire en libre-service.
    Elle est une terre de dignité, de fierté, de puissance dormante. Mais
    cette puissance ne se réveillera que si ses enfants, dans un sursaut de
    cohérence, décident enfin de s’aimer entre eux avant de vouloir
    accueillir le monde entier.

    POUR UNE POLITIQUE DE COHÉRENCE NATIONALE : PISTES CONCRÈTES POUR RECONSTRUIRE

    La lucidité ne suffit pas. Il faut agir. Et pour sortir de cette logique
    d’éparpillement, de dépossession et de désordre actuel, la Côte
    d’Ivoire doit se doter d’un agenda de reconstruction nationale fondé
    sur trois piliers : la régulation foncière, la refondation institutionnelle,
    et la réhabilitation civique. Cela suppose des décisions difficiles, mais
    aussi des actes concrets qui redonnent au citoyen ivoirien confiance en
    lui-même et en l’État. Pour cela il faut.
    1. Régulation foncière : une priorité nationale
    La question foncière est au cœur des crispations sociales. Elle doit être
    traitée avec fermeté, clarté et équité. Cela implique :

    • L’adoption et l’application stricte d’un Code foncier rural et urbain
    qui protège les droits historiques des Ivoiriens tout en régulant (voire
    interdisant) strictement l’accès des étrangers à la propriété.
    • La digitalisation du cadastre national, afin de mettre fin aux fraudes,
    aux conflits liés aux doubles attributions et à la spéculation sauvage.
    • La création de tribunaux fonciers spécialisés, indépendants des
    pressions politiques et capables de trancher rapidement les litiges.
    2. Refondation des institutions : restaurer l’État comme arbitre neutre
    L’État ivoirien doit redevenir un acteur central et respectable. Pour
    cela:
    • L’indépendance réelle de la justice est indispensable. Aucun progrès
    n’est possible sans une magistrature incorruptible, protégée et capable
    de juger tout le monde, y compris les plus puissants.
    • La révision du mode de nomination des hauts fonctionnaires, pour
    promouvoir la compétence au-dessus de l’appartenance ethnique ou
    politique.
    • La fin du clientélisme administratif, à travers un grand audit national
    des concours, des affectations et des promotions dans la fonction
    publique.
    • Une Haute Autorité de la Cohérence Républicaine, organe
    consultatif chargé d’évaluer toutes les politiques publiques à l’aune de
    l’unité nationale, des équilibres régionaux et de la justice sociale.
    3. Réhabilitation civique : éduquer pour rassembler
    Enfin, la cohérence d’un pays commence dans la tête de ses enfants.
    L’école doit cesser d’être un lieu d’échec ou de reproduction des
    inégalités, et devenir un espace de construction de la conscience
    nationale :
    • Réforme des programmes scolaires, pour intégrer une éducation
    civique forte, fondée sur l’histoire ivoirienne (dans toutes ses
    dimensions) et les valeurs de la République.
    • Mise en place d’un vrai service civique national, obligatoire et
    structurant, qui réunirait les jeunes de toutes origines autour de projets
    communs : agriculture, protection de l’environnement, assistance
    sociale, etc.
    • Création de clubs civiques dans les quartiers et villages, avec des
    micro-financements publics pour des projets portés par des jeunes,
    encadrés par des mentors.

    • Valorisation symbolique et financière des métiers de l’enseignement,
    pour faire de l’enseignant un pilier de l’État et non un acteur
    marginalisé.
    CONCLUSION : IL FAUT BÂTIR LA FIERTÉ D’ÊTRE IVOIRIEN
    La cohérence d’un pays ne se décrète pas. Elle se cultive. Elle se
    défend. Elle s’éduque. Elle se protège. La Côte d’Ivoire doit retrouver
    son histoire, la vraie, sa diversité, son ambition. Mais cela ne se fera
    qu’en reconstruisant un cadre clair, juste, ferme, où chaque citoyen
    sent qu’il appartient à quelque chose de plus grand que son ethnie ou
    sa région : La Nation.

    Il est encore temps de refonder la Côte d’Ivoire. Mais il faut décider.
    Et agir. Vite. Et ensemble.

    © DR KOCK OBHUSU, Économiste
    L’histoire nous jugera. En attendant, faisons-la avancer ensemble !

  • LISTE ÉLECTORALE, GUILLAUME SORO ANNONCE ENGAGER LA RÉSISTANCE

    LISTE ÉLECTORALE, GUILLAUME SORO ANNONCE ENGAGER LA RÉSISTANCE

    Guillaume Soro, l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne ne digère pas sa radiation de la liste électorale provisoire 2025.

    Dans un message via les réseaux sociaux publié le mercredi 30 avril 2025 soir, Guillaume Soro a réagi à son exclusion de la liste électorale provisoire.

    “ (…) Nous avons choisi la résistance, la dignité et la fidélité au peuple. Depuis les combats héroïques de nos aînés pour la liberté, jamais, le peuple ivoirien n’a plié devant l’injustice.

    Il ne saurait être question pour nous de reculer devant l’arbitraire“, déclare Guillaume Soro dans son message, via les réseaux sociaux.

    L’ex-Premier ministre réagissait à l’absence de son nom de la liste électorale provisoire 2025.

    Pour la présidentielle 2025, la commission électorale indépendante (CEI) a publié il y a quelques semaines le fichier devant permettre d’aller à ce scrutin.

    Sur cette liste électorale, de nombreux leaders politiques dont Guillaume Soro sont absents.

    Une situation que ne digère pas l’ancien président de l’Assemblée nationale. Il dit en vouloir particulièrement au président ivoirien Alassane Ouattara pour cela.

    Guillaume Soro dit regretter les sacrifices qu’il aurait consentis avec ses camarades pour offrir les clés du pouvoir à l’actuel chef de l’État ivoirien.

    “Désormais, le temps qu’il me reste sur la terre des hommes, je le consacrerai à combattre l’exclusion avec chaque parcelle de force que Dieu m’a donné“.

    Poursuivant, l’ancien député de Ferkessédougou se dit surpris du mutisme de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

    “Où est la CEDEAO ? “, s’est-il interrogé.

    Accusé en décembre 2019 de fomenter un coup d’État, il a été contraint à l’exil avant d’être condamné par contumace à la prison à vie.

  • En Côte d’Ivoire, l’économie croît mais les emplois stagnent

    En Côte d’Ivoire, l’économie croît mais les emplois stagnent

    À Abidjan, l’activité ne faiblit pas. Mais derrière la vitalité économique, une large part de la population reste cantonnée au secteur informel, sans sécurité sociale ni revenu stable. © Shutterstock/SIPA

    Alors que les débats politiques dominent l’actualité, la question sociale reste marginale. Pourtant, chômage, précarité et inégalités minent le quotidien des Ivoiriens.

    Abidjan, soir de semaine. Dans un immeuble du Plateau, le quartier d’affaires de la capitale économique, ils étaient plusieurs dizaines à s’être rassemblés pour parler salaires. Au rendez-vous, des entrepreneurs, chefs d’entreprise et autres décideurs a priori soucieux de mieux comprendre l’environnement salarial ivoirien marqué par d’importantes disparités entre travailleurs. Objet principal de la soirée, la présentation d’une étude menée par un cabinet de recrutement local proposant des grilles de salaires détaillées. D’emblée, Grey Search Africa expose certains biais évidents de son analyse qui porte sur des emplois qualifiés presque exclusivement situés dans l’agglomération abidjanaise. En Côte d’Ivoire, le secteur formel ne représente que 10 % de l’activité économique, à l’origine d’un manque de données criant sur le marché du travail.

    Suivant une méthodologie rigoureuse, le cabinet identifie le salaire d’entrée d’un agent logistique comme étant compris entre 150 000 et 451 000 francs CFA (228 euros à 687 euros) par mois. Constat similaire pour un assistant administratif ou un déclarant de douanes. Pour le secteur bancaire et financier ainsi que les fonctions de direction, les salaires peuvent, selon cette étude, avoisiner, voire dépasser, 1 500 000 francs mensuels, soit 2 250 euros. Outre les chiffres, les discussions de cette poignée d’employeurs mettent en lumière la pénurie de main-d’œuvre pour certains postes : développeurs, commerciaux, data analystes et spécialistes IA figurant en tête des métiers en tension. Avec une croissance prévisionnelle de 6,5 % jusqu’en 2026, Abidjan s’affirme chaque jour un peu plus comme un hub qui n’a pas eu le temps de se former aux nouveaux emplois du tertiaire. Pour recruter les meilleurs profils, bien souvent formés à l’étranger, ces entreprises doivent jouer des coudes en gonflant leurs rémunérations et en misant sur d’autres avantages tel que le télétravail, particulièrement apprécié dans une mégapole aux embouteillages dantesques.

    Un marché de l’emploi qui reste dominé par la précarité

    Si ces ordres de grandeur suggèrent que la Côte d’Ivoire pourrait atteindre le statut tant convoité de pays à revenu intermédiaire, ceux-ci sont à mille lieues des millions de vies marquées par la précarité. En 2022, la Banque mondiale relevait toujours un taux de pauvreté supérieur à 37 % au sein de la société ivoirienne. Car dans un contexte de vie chère où les produits du quotidien souffrent des fluctuations sur les marchés internationaux, le Salaire minimum interprofessionnel garanti (smig) fixé à 75 000 francs CFA (114 euros) pour quatre semaines de 40 heures est loin de garantir un niveau de revenu suffisant. Ce minimum, en vigueur depuis janvier 2023, avait dû attendre huit ans avant d’être réhaussé. Avant cette date, le smig plafonnait à moins de cent euros par mois. Bien que cette revalorisation ait été saluée par plusieurs observateurs, celle-ci peine à couvrir une inflation continue qui devrait désormais dépasser les 5 %. Pourtant, « depuis 2015, des négociations salariales doivent en principe avoir lieu tous les trois ans », précise Ulrich Dje, coordinateur de projets auprès du bureau ivoirien de l’Organisation internationale du travail (OIT).

    Ce fonctionnaire international passé par la Direction générale du travail l’affirme : « La législation ivoirienne ne reconnaît pas le secteur informel en tant que tel, mais seulement des relations de travail entre employeur et travailleur. » En ce sens, n’importe quel employeur, même non déclaré, est en théorie tenu de respecter les minima salariaux en vigueur. Or sur le terrain, les entorses sont légion. À Abidjan, on ne compte plus les agents de sécurité, travaillant en binôme par tranche de 24 heures, payés au lance-pierre par des sociétés peu scrupuleuses. Montant la garde devant un bâtiment en construction, un agent payé 74 000 francs CFA pour 360 heures d’activité mensuelle témoigne : « Je travaille pour la même société depuis sept ans, je n’ai jamais été augmenté. Le patron ne nous verse pas non plus de quoi payer le transport ». En Côte d’Ivoire, le taux de non-emploi (proportion de chômeurs et d’inactifs parmi une population en âge de travailler) est en effet supérieur à 40 %, tel que rapporté par les Nations unies en 2023. Faute de mieux, les cumulards de petits travaux disparates préfèrent saisir ces emplois synonymes de stabilité, en dépit d’un niveau de rémunération parfaitement illégal.

    Une opacité à laquelle le travail domestique contribue beaucoup. « Ces emplois de maison sont littéralement enfouis dans les domiciles », commente l’expert avec des mots choisis pour évoquer ces femmes, jeunes et moins jeunes, appelées « servantes » dont les tâches consistent à assurer le ménage, la cuisine et la gestion des enfants d’un foyer contre quelques dizaines de milliers de francs. Difficile dans de tels environnements de valoriser l’ancienneté ou d’appliquer la « prime transport » à laquelle ont droit tous les travailleurs et travailleuses de Côte d’Ivoire.

    L’exception du secteur agricole et des multinationales

    Le salaire minimum du secteur agricole n’a quant à lui pas évolué depuis 2015, stagnant à 36 000 francs CFA (54 euros). Historiquement, cette différenciation repose sur les avantages en nature proposés par de nombreuses entreprises, à l’instar du logement sur site ou la scolarisation d’enfants de travailleurs. Mais ce montant paraît aujourd’hui décorrélé du coût de la vie en Côte d’Ivoire, même en milieu rural. « Le travail agricole a progressivement évolué vers des structures plus familiales, en pratique, le salaire réel est déjà plus élevé que celui fixé par le Code du travail », explique Ulrich Djé. Il n’en demeure pas moins que sur le terrain, les syndicats qui évoluent à travers champs espèrent voir un minimum d’au moins 60 000 francs CFA entériné par la loi ivoirienne.

    « Les multinationales ont un rôle de modèle sur le chemin de la rémunération », s’enthousiasmaient certains participants lors des échanges. Mais parmi les entreprises étrangères, des « négligences » répétées trahissent aussi un certain sentiment de liberté vis-à-vis du droit local. GCC Services, renommé Alliad, compte 90 anciens employés ayant lancé une procédure judiciaire à leur encontre, confie un délégué syndical. Le groupe basé à Dubai – qui assure des travaux de construction et de réhabilitation de 62 hôpitaux en Côte d’Ivoire – est accusé d’avoir renouvelé des CDD sur des périodes excédant deux ans à ces travailleurs qui auraient dû, de fait, bénéficier d’une transformation de leur contrat en CDI. Les intéressés demandent aujourd’hui compensation.

    Du côté de l’OIT, on espère que l’État ivoirien tiendra ses engagements, à savoir que « d’ici 2026, il y aura des négociations salariales basées sur des remontées du réel ». Une revalorisation qui tomberait à point nommé pour désengorger les concours de la fonction publique et redonner espoir à une jeunesse (née après 1995) qui représente déjà plus de 30 % de la main-d’œuvre disponible au pays des éléphants.

    Hadrien Degiorgi