Auteur/autrice : iciabidjan

  • Venezuela : la Cédéao appelle au respect de la souveraineté

    Venezuela : la Cédéao appelle au respect de la souveraineté

    Face aux récents développements au Venezuela, la Cédéao a réitéré samedi l’importance du respect de la souveraineté des États et du dialogue inclusif, rejoignant ainsi les voix africaines qui dénoncent la violation du droit international.

    La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a exprimé samedi sa préoccupation face aux récents développements dans la République bolivarienne du Venezuela, appelant au respect de la souveraineté et du dialogue inclusif.

    Dans un communiqué publié à Abuja, l’organisation sous-régionale a suivi « avec préoccupation les récents développements » dans le pays sud-américain.

    Tout en reconnaissant le droit des États à lutter contre les crimes internationaux, notamment le terrorisme et le trafic de drogue, la Cédéao a rappelé à la communauté internationale « son obligation de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de chacun », conformément au droit international, en particulier l’article 2(4) de la Charte des Nations Unies.

    L’institution ouest-africaine s’est pleinement alignée sur la déclaration de l’Union africaine publiée le 3 janvier 2026, qui appelle à la retenue et au dialogue inclusif entre les Vénézuéliens.

    L’institution communautaire a réitéré « sa solidarité avec le peuple vénézuélien » et exhorté tous les États à respecter l’indépendance et l’intégrité territoriale du Venezuela.

    L’organisation exprime son soutien au peuple vénézuélien « alors qu’il façonne l’avenir de son pays à travers un processus inclusif ».

    Cette position de l’organisation régionale ouest-africaine intervient dans un contexte marqué par l’invasion militaire du Venezuela par les États-Unis et l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores et de leur inculpation, qui ont suscité de vives réactions en Afrique.

    Le Tchad et le Ghana ont également dénoncé samedi et dimanche cette opération américaine. N’Djaména a rappelé son « ferme attachement au respect du droit international » lors d’un entretien entre les ministres des Affaires étrangères tchadien et vénézuélien.

    Accra a qualifié l’opération d’ « invasion unilatérale » et appelé à « une désescalade immédiate et à la libération du président Maduro », fustigeant des « ambitions coloniales » qui « n’ont pas leur place dans l’ère post-Seconde Guerre mondiale ».

    Ces réactions s’ajoutent à celles de l’Union africaine, qui a exprimé sa « grave préoccupation » samedi, et de l’Afrique du Sud, qui a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.

    AC/APA

  • Nicolas Maduro avait prédit sa propre arrestation par l’armée américaine et explique pourquoi les États-Unis veulent s’emparer du Venezuela :

    Nicolas Maduro avait prédit sa propre arrestation par l’armée américaine et explique pourquoi les États-Unis veulent s’emparer du Venezuela :

    Nicolas Maduro prédit sa propre arrestation par l’armée américaine et explique pourquoi les États-Unis veulent s’emparer du Venezuela :

    « ils ne peuvent pas dire de moi, ce qu’ils ont dit de Saddam Hussein. Impossible ! Personne ne les croirait… du coup, ils sortent des récits digne de Hollywood. Les gentils c’est eux et les méchants c’est nous. Donc les gentils, ils vont envoyer l’armée.»

    « ils cherchent beaucoup de choses ; d’abord le pétrole et ensuite le gaz. [le trafic de drogue est un prétexte]. Le Venezuela a la plus grande réserve pétrolière du monde […] nous avons la quatrième réserve de gaz […] la première réserve d’or au monde et ce n’est pas tout. Nous avons 30 millions d’hectares de terres arables, un aquifère gigantesque, nous avons de l’eau potable à profusion. Le Venezuela occupe une position géographique fondamentale ; il est au nord de l’Amérique du Sud et regarde vers l’Amérique centrale.»

  • CAN 2025: ferveur marocaine à Abidjan après la qualif en quarts

    CAN 2025: ferveur marocaine à Abidjan après la qualif en quarts

    Les Marocains résidant en Côte d’Ivoire ont laissé éclater leur joie et leur fierté, ce dimanche 4 janvier 2025, célébrant la qualification des Lions de l’Atlas pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025.

    Rassemblés pour l’occasion, les supporters marocains ont vibré au rythme de la victoire, arrachée sur le score de 1 à 0 face à une solide équipe de Tanzanie, accompagnés par des tambours en effervescence et des drapeaux nationaux agités çà et là.

    Le but libérateur, inscrit à la 74e minute par l’attaquant du Real Madrid Brahim Diaz, a suffi pour sceller le sort de la rencontre. Sur l’esplanade et à l’intérieur du restaurant « L’ancienne terrasse », à Bietry, dans le Sud d’Abidjan, l’ambiance était électrique.

    Plusieurs écrans avaient été disposés pour permettre aux nombreux Marocains mobilisés de suivre la rencontre. Enfants et adolescents, vêtus des maillots de l’équipe, étaient également de la partie, les parents transmettant la fierté aux jeunes générations.

    M. Ouazzani Chadi, initiateur de ce rassemblement

    Les Marocains confiants pour l’avenir

    Ouazzani Chahdi, président du Conseil des Marocains résidents en Côte d’Ivoire, s’est montré confiant quant à la suite du parcours. « On a vu des changements et l’équipe a fait un bon jeu », a-t-il déclaré, soulignant la performance solide du gardien marocain qui a su préserver l’avantage.

    « Le Maroc a bien joué, a eu la victoire de cette phase à élimination directe et nous sommes confiants pour la suite », a ajouté M. Chahdi. Bien qu’il eût espéré un score plus large, il tempère : « l’essentiel c’est les trois points », citant l’entraîneur du Maroc.

    Il a rappelé que la CAN est « une compétition difficile » qui demande une gestion tactique. Selon lui, les joueurs, très tactiques, « n’ont pas donné tout » leur potentiel, préférant assurer une « petite victoire pour se préserver pour la suite ».

    Concernant l’action litigieuse de la fin de match pour un potentiel pénalty tanzanien, il a philosophé : « le foot c’est comme ça, c’est l’arbitre qui juge ». Il a également souhaité bonne chance aux Éléphants pour leurs prochains matchs.

    Entre fierté et critiques tactiques

    L’enthousiasme était partagé par Mohamed Ibrahim, fier de l’équipe marocaine. Il confie : « On mérite la coupe, c’est chez nous, on va gagner la coupe ». Cependant, des voix plus critiques se sont fait entendre. Hadi, un jeune supporter, a jugé que le match « n’était pas trop fameux » face à une équipe qui jouait en bloc bas.

    Il exhorte l’équipe à « se mettre au travail » pour le prochain adversaire, le Cameroun une équipe plus offensive. Lui aussi a exprimé son incompréhension face à l’absence de vérification VAR sur l’action finale.

    Kalib, pour sa part, n’a pas « trop kiffé le match » et espère une amélioration pour le quart de finale, pronostiquant un score de 3 à 1 pour les Lions de l’Atlas. Malgré ces nuances, la victoire est vécue comme une immense fierté pour la communauté marocaine d’Abidjan, qui attend avec impatience le prochain défi.

    AP/APA

  • L’attaque américaine contre le Venezuela, un pari très risqué pour Trump

    L’attaque américaine contre le Venezuela, un pari très risqué pour Trump

    Loin de faire l’unanimité aux États-Unis, l’opération a été décriée par les démocrates et des voix conservatrices.

    Donald Trump s’est réjoui samedi de son triomphe militaire au Venezuela, après l’opération des forces américaines contre le président Nicolas Maduro, mais cette intervention à l’étranger pourrait l’exposer à de vives critiques aux États-Unis.

    Trump dénonce depuis des années l’implication américaine sur la scène internationale.

    Quand il a qualifié l’invasion de l’Irak après le 11 septembre de « stupide » il y a dix ans, Donald Trump a posé les bases d’un principe central de l’idéologie nationaliste et isolationniste de son mouvement MAGA (« Make America Great Again »).

    La série d’attaques aériennes sur le Venezuela dans la nuit de vendredi à samedi et la capture du président Nicolas Maduro représentent donc un pari risqué pour le républicain. Et sans surprise, des membres du Parti démocrate ont rapidement réagi.

    Le chef de file des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a qualifié l’opération d’« irresponsable ».

    De nombreux membres du Parti républicain ont, au contraire, salué l’opération.

    La porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a nourri l’enthousiasme avec une publication sur les réseaux sociaux tôt samedi matin, qui comportait tout simplement trois émojis : un biceps gonflé, un poing et une flamme.

    « Je félicite le président Trump, nos courageux soldats et nos agents des forces de l’ordre pour cette opération incroyable », a déclaré l’élu républicain Tom Cotton.

    Mike Johnson, président de la Chambre des représentants et rouage essentiel de la machine politique Trump, s’est empressé de couper court aux questions sur la légalité de l’opération militaire, assurant qu’elle était « décisive et justifiée » afin « de protéger des vies américaines ».

    M. Johnson a clairement indiqué que le Congrès n’aurait pas à se réunir dans l’urgence. Les responsables de l’administration Trump « travaillent » à l’organisation de réunions qui n’auront lieu que la semaine prochaine, a-t-il précisé.

    « Guerres néoconservatrices »

    Des signes d’inquiétude se manifestent toutefois parmi les Républicains.

    Peu après l’annonce de l’opération menée à Caracas, le sénateur conservateur Mike Lee a écrit sur X qu’il attendait « avec impatience de savoir ce qui […] pourrait justifier constitutionnellement cette action ».

    Il n’y a eu, selon lui, aucune « déclaration de guerre ni autorisation d’utiliser la force militaire ».

    Mike Lee a cependant rapidement changé de discours, affirmant avoir parlé avec le secrétaire d’État Marco Rubio et avoir reçu l’assurance que l’opération visait simplement à procéder à l’arrestation de Nicolas Maduro.

    Cela « relève vraisemblablement des pouvoirs inhérents » du président, a-t-il remarqué.

    Marjorie Taylor Greene, fervente militante du mouvement MAGA et partisane de longue date de Donald Trump — qui s’est récemment brouillée avec le président —, s’est montrée beaucoup moins indulgente.

    Dans un long message publié sur le réseau social X, elle a vivement démonté la justification de M. Trump, selon laquelle le conflit au Venezuela vise à mettre fin au trafic de stupéfiants.

    La plupart du fentanyl mortel qui entre aux États-Unis provient du Mexique, a-t-elle déclaré, alors « pourquoi l’administration Trump n’a-t-elle pas pris de mesures contre les cartels mexicains ? ».

    Marjorie Taylor Greene a mis en avant plusieurs points susceptibles de trouver un écho auprès d’une grande partie de la base MAGA, notamment la différence entre forcer un changement de régime au Venezuela et l’agression russe contre l’Ukraine ou celle de la Chine contre Taïwan.

    « Le dégoût » vis-à-vis des interventions étrangères, les dépenses à l’international plutôt qu’aux États-Unis et des « guerres néoconservatrices » : « beaucoup de partisans MAGA pensaient avoir voté pour y mettre fin », a-t-elle écrit. « Nous nous sommes vraiment trompés ».



  • Washington va « diriger » provisoirement le Venezuela

    Washington va « diriger » provisoirement le Venezuela

    (Palm Beach) Le président américain, Donald Trump, a déclaré samedi que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition politique « sûre » puisse avoir lieu, après l’opération américaine de capture du président vénézuélien, Nicolás Maduro, à Caracas.

    « Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse », a dit le président américain lors d’une conférence de presse en Floride.  

    Il n’a cependant pas précisé pour l’heure comment les États-Unis allaient diriger le pays. Et dans les rues de Caracas, aucun signe d’une présence militaire américaine n’était visible, a constaté l’AFP. 

    Le président américain a ajouté que les États-Unis étaient prêts à lancer « une seconde attaque plus importante ». « Nous n’avons pas peur d’envoyer des troupes sur le terrain si besoin. En fait, nous avions des troupes au sol à un très haut niveau la nuit dernière », a-t-il ajouté.

    Donald Trump avait annoncé à l’aube sur son réseau Truth Social que les forces américaines avaient capturé et exfiltré son homologue vénézuélien, Nicolás Maduro, ainsi que son épouse, après une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain.  

    Présent au côté de Donald Trump, le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, a donné quelques détails sur l’opération militaire baptisée « Absolute Resolve » (Détermination absolue).  

    L’opération « discrète, précise et menée pendant les heures d’obscurité maximale du 2 janvier, est le point culminant de mois de préparation et d’entraînement », a déclaré le général Caine. Elle a mobilisé plus de 150 avions, a-t-il précisé.  

    Les États-Unis ont affirmé qu’aucun Américain n’a été tué lors de l’opération, dont le bilan humain côté vénézuélien reste inconnu. 

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    INFOGRAOHIE LA PRESSE

    Première dans l’ordre de succession au pouvoir, la vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, a réagi en direct à la télévision, affirmant que Nicolás Maduro était « l’unique président » du pays et exigeant sa « libération immédiate ». 

    « Nous sommes prêts à défendre le Venezuela, nous sommes prêts à défendre nos ressources naturelles qui doivent servir au développement national », a déclaré Mme Rodriguez, à la tête d’un Conseil de défense. 

    En conférence de presse, Donald Trump a assuré que la vice-présidente avait dit au secrétaire d’État américain, Marco Rubio, être prête à coopérer avec les États-Unis après l’éviction de Nicolás Maduro.  

    PHOTO SAUL LOEB FEDERICO PARRA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSEDonald Trump et Nicolás Maduro

    Il a également déclaré qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre dans le pays sud-américain pour exploiter ses réserves de brut, ajoutant que l’embargo américain sur le pétrole vénézuélien restait en vigueur. 

    « Sans résister » 

    « Maduro et son épouse, tous deux inculpés, se sont rendus sans résister et ont été placés en détention par le ministère de la Justice, avec l’aide de notre incroyable armée américaine », a précisé le général Caine. 

    Nicolás Maduro, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, sont à bord d’un navire en route vers New York pour y être présentés à la justice, selon le président américain. 

    Il a affirmé avoir regardé en direct la capture, dans une sorte de « forteresse », du dirigeant vénézuélien. 

    Lui et son épouse sont accusés par la justice américaine de « narcoterrorisme » et importation de cocaïne aux États-Unis, selon un nouvel acte d’accusation rendu public samedi. 

    Sans préciser comment Washington envisageait la transition du pouvoir au Venezuela, Donald Trump a d’ores et déjà rejeté sèchement toute possibilité d’une accession à la présidence de la cheffe de l’opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado. 

    PHOTO LEONHARD FOEGER, ARCHIVES REUTERSMaria Corina Machado

    « Je pense qu’il lui serait très difficile d’être à la tête du pays. Elle ne bénéficie ni du soutien ni du respect au sein de son pays », a-t-il lancé, ajoutant que les États-Unis n’avaient pas eu de contact avec elle. 

    « L’heure de la liberté est arrivée », avait réagi l’opposante après l’annonce de la capture du président vénézuélien, estimant que le candidat de l’opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo González Urrutia, en exil en Espagne, devait « assumer immédiatement » la présidence. 

    La France a plaidé pour une transition assurée « au plus vite » par M. González Urrutia, tandis que Madrid a appelé à une transition « juste et dans le dialogue ». Londres a annoncé des discussions avec Washington « dans les jours à venir » sur le sujet. 

    Un silence presque sépulcral et une odeur de brûlé ont envahi samedi Caracas, la capitale du Venezuela, a constaté l’AFP. Les rideaux métalliques des magasins sont baissés. Les rues, et même les grandes avenues, sont désertes ou presque. 

    Quelque 500 partisans du président vénézuélien se sont rassemblés non loin du Palais de Miraflores, le palais présidentiel à Caracas, brandissant des portraits de Nicolás Maduro et des drapeaux vénézuéliens. 

    PHOTO FEDERICO PARRA, AGENCE FRANCE-PRESSEQuelque 500 partisans du président vénézuélien se sont rassemblés non loin du Palais de Miraflores.

    « Comment se fait-il qu’un gouvernement étranger vienne s’ingérer dans le pays et en expulse le président ? […] C’est la force du puissant, c’est la force du caïd de quartier », a déploré Katia Briceño, une professeure d’université de 54 ans. 

    « Serrer les rangs » 

    Moscou a « exhorté » les États-Unis à « libérer le président légalement élu d’un pays souverain ainsi que son épouse ». Pékin, un autre allié de Caracas, a « condamné fermement le recours flagrant à la force par les États-Unis contre un État souverain et leur action contre son président ». 

    En pleine nuit, les frappes nocturnes ont embrasé le ciel de Caracas et de ses environs, tirant les habitants brutalement de leur sommeil.  

    PHOTO FOURNIE PAR REUTERSDe la fumée s’élève de Caracas

    De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 2 h du matin (1 h, heure de l’Est) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 3 h 15 (2 h 15, heure de l’Est), a constaté l’AFP.  

    Des témoins ont rapporté avoir entendu des explosions à l’aéroport et au port de Caracas, ainsi qu’à Higuerote, à une centaine de kilomètres à l’est de Caracas. Des explosions suivies de panaches de fumée et d’incendies ont visé le Fuerte Tiuna, le complexe militaire le plus important du Venezuela, qui abrite le ministère de la Défense et l’Académie militaire. 

    PHOTO MATIAS DELACROIX, ASSOCIATED PRESSDes résidants de Caracas courent dans la rue après des explosions.

    L’offensive américaine survient alors que Donald Trump avait évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président Maduro étaient « comptés », après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes contre le narcotrafic et mené des frappes meurtrières contre des bateaux. 

    PHOTO FEDERICO PARRA, AGENCE FRANCE-PRESSEDes civils vivant à l’intérieur de Fuerte Tiuna, le plus grand complexe militaire du Venezuela, quittent les lieux, à Caracas.

    Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est inquiété « que le droit international n’ait pas été respecté », déplorant un « dangereux précédent ». 

    Le Mexique et le Brésil ont condamné les frappes américaines, saluées à l’inverse par le président argentin pro-Trump, Javier Milei, et par Israël. 

    Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a appelé les pays d’Amérique latine à « serrer les rangs » après l’« enlèvement » du président Maduro, au moment où Marco Rubio a estimé que le gouvernement communiste à La Havane devrait désormais s’inquiéter pour son avenir.

  • Opération militaire américaine en cours contre le Venezuela-« Les Etats Unis se mettent volontairement et indiscutablement hors du droit international en violant la charte et l’esprit des Nations Unies », Dominique de Villepin

    Opération militaire américaine en cours contre le Venezuela-« Les Etats Unis se mettent volontairement et indiscutablement hors du droit international en violant la charte et l’esprit des Nations Unies », Dominique de Villepin

    Dominique de Villepin, est un homme d’État français, Premier ministre du 31 mai 2005 au 17 mai 2007. Diplomate de formation,

    L’opération militaire américaine en cours contre le Venezuela est un basculement géopolitique majeur. Les Etats Unis se mettent volontairement et indiscutablement hors du droit international en violant la charte et l’esprit des Nations Unies. C’est un acte lourd de conséquences pour l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale. C’est la légitimation des changements de régime par la force. Aussi détestables soient les gouvernements renversés, les précédents montrent que les changements de régime ne mènent ni à la démocratie, ni à la paix, mais au chaos, à la guerre civile et à la dictature. Qu’on se réfère à la situation de l’Irak ou de la Libye. C’est la légitimation des sphères d’influence impériales au nom du « corollaire Trump » de la doctrine Monroe formulé dans la stratégie nationale de défense de décembre 2025. L’objectif à peine voilé de la politique de la canonnière reste l’imposition d’un ordre idéologique conforme aux visions de Donald Trump dans toute l’Amérique Latine. Dès lors que les Etats Unis s’affranchissent de la légalité, que dirons-nous à la Chine si elle renverse un régime qui lui déplait, en Corée, au Vietnam ou à plus forte raison à Taiwan ? Quels arguments aurons-nous à opposer à la Russie si elle renverse un gouvernement qui lui déplait en Moldavie, voire dans les Pays Baltes ? La France et l’Europe doivent clairement réaffirmer avec les pays du Sud Global leur attachement aux principes du droit international, et d’abord la souveraineté des Etats et la sécurité collective, et défendre l’ordre juridique des Etats-nations contre la collision brutale des empires.

    Dominique de Villepin

  • Trump annonce des frappes américaines, la capture et l’exfiltration de Maduro

    Trump annonce des frappes américaines, la capture et l’exfiltration de Maduro

    La capture du président a suivi une « attaque de grande envergure » contre le Venezuela.

    Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi que les forces américaines avaient capturé et exfiltré le président vénézuélien, Nicolás Maduro, après avoir lancé une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain.

    La secrétaire de la Justice, Pamela Bondi, a expliqué sur X que M. Maduro et son épouse, dont on ignore où ils se trouvent, « feraient bientôt face à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains », après les événements dramatiques de la nuit au Venezuela.

    Mme Bondi a rappelé que le couple Maduro était inculpé devant un tribunal fédéral de New York pour des chefs de « narcoterrorisme » et de « complot pour importation de cocaïne » aux États-Unis.

    « Les États-Unis d’Amérique ont mené avec succès une attaque de grande envergure contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolás Maduro, qui, avec son épouse, a été capturé et exfiltré du pays », a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.

    Le président républicain doit donner une conférence de presse à 11 h 00 dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, au sujet de ces frappes dont le bilan humain est dans l’immédiat inconnu.

    Dans une brève déclaration au New York Times, le président républicain s’est félicité d’une opération « remarquable » ayant impliqué « une bonne préparation et beaucoup de bons, bons soldats », notamment contre le complexe militaire de Fuerte Tiuna, le plus grand du Venezuela, au sud de Caracas, et la base aérienne de Carlota, au nord.

    La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a déclaré à la télévision ignorer où se trouvait le président Maduro et exigé des États-Unis « une preuve de vie » du couple Maduro après cette opération spectaculaire.

    En pleine nuit, les frappes nocturnes ont embrasé le ciel de Caracas et de ses environs, tirant les habitants brutalement de leur sommeil. Dans beaucoup de quartiers, ils se sont rués à leurs fenêtres et terrasses pour tenter de comprendre ce qui se passait.

    De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 2 h (1 h heure de Montréal) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 3 h 15 (2 h 15 heure de Montréal), a constaté l’Agence France-Presse.

    Nicolás Maduro, le 10 janvier 2025
    Photo: Juan Barreto Agence France-Presse Nicolás Maduro, le 10 janvier 2025

    « J’ai pleuré »

    Les explosions « m’ont soulevée hors du lit par la force, et sur le moment j’ai pensé : “Mon Dieu, le jour est arrivé”, et j’ai pleuré », a raconté à l’AFP María Eugenia Escobar, une habitante de La Guaira, âgée de 58 ans.

    Des explosions ont été entendues à l’aéroport et au port de Caracas, a affirmé une habitante de la Guaira à l’AFP. D’autres habitants ont dit à l’AFP avoir entendu des explosions à Higuerote, à une centaine de km à l’est de Caracas.

    Francis Peña, 29 ans, a lui « commencé à préparer […] un sac avec les affaires les plus importantes : passeport, cartes, liquide, bougie, une tenue de rechange, des conserves. On est déjà habillées, au cas où », dit-il.

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    Frappes américaines au Venezuela

    Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi avoir lancé une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain.

    Carte : Le DevoirSource : The New York Times, à partir de photos et de vidéos vérifiés, et des informations du gouvernement vénézuélien

    À Fuerte Tiuna, épicentre des bombardements de la nuit, des gens fuyaient l’enclave avec des valises et des sacs remplis de vêtements.

    Certains ont expliqué à l’AFP qu’ils partaient pour protéger leur famille. « Ils ont failli nous tuer », a expliqué l’un des résidents.

    Caracas a dénoncé une « très grave agression militaire » après les frappes que le président colombien, Gustavo Petro, a attribuées à une attaque « de missiles ».

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    « Le Venezuela rejette et dénonce […] la très grave agression militaire perpétrée par […] les États-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens », a indiqué un communiqué du gouvernement.

    « L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier de son pétrole et de ses minerais, en tentant de briser par la force l’indépendance politique de la Nation », poursuit le communiqué.

    Le gouvernement « appelle toutes les forces sociales et politiques du pays à activer les plans de mobilisation », selon le texte qui annonce que Nicolás Maduro « a signé et ordonné […] l’état d’urgence ».

    Le feu à Fuerte Tiuna, le plus grand complexe militaire du Venezuela, vu de loin après une série d’explosions à Caracas le 3 janvier.
    Photo: Agence France-Presse Le feu à Fuerte Tiuna, le plus grand complexe militaire du Venezuela, vu de loin après une série d’explosions à Caracas le 3 janvier.

    Déploiement massif

    Le ministre vénézuélien de la Défense a accusé, sur les réseaux sociaux samedi à l’aube, l’armée américaine d’avoir « frappé des zones résidentielles ».

    « Les forces envahisseuses […] ont profané notre sol […] allant jusqu’à frapper, au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat, des zones résidentielles de population civile », a déclaré le général Vladimir Padrino Lopez, indiquant être en « train de recueillir les informations relatives aux blessés et aux morts ».

    Il a aussi promis « le déploiement massif de tous les moyens terrestres, aériens, navals, fluviaux et balistiques, système d’armes pour la défense intégrale ».

    L’offensive américaine survient alors que Donald Trump avait évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président Maduro étaient « comptés », après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes contre le narcotrafic et mené des frappes meurtrières contre des bateaux.

    « Alerte générale, ils ont attaqué le Venezuela », a écrit sur son compte X le président colombien, proche de M. Maduro. M. Petro a demandé une réunion « immédiate » de l’Organisation des États américains (OEA) et de l’ONU pour se prononcer sur la « légalité internationale » de cette « agression ».

    Il a annoncé samedi avoir ordonné le déploiement de militaires à la frontière avec le Venezuela. M. Petro a qualifié les bombardements américains d’« agression contre la souveraineté » de l’Amérique latine et affirmé qu’elles entraîneraient une crise humanitaire.

    « Les principes du droit international »

    L’Iran, qui entretient des liens étroits avec le Venezuela, a condamné « fermement l’attaque militaire américaine », que la Russie a jugée « profondément inquiétante et condamnable ». Moscou a demandé des éclaircissements « immédiats » sur la situation de M. Maduro.

    L’Espagne a « appelé à la désescalade et à la modération » et s’est dite « disposée à offrir ses bons offices ». L’Allemagne, l’Italie et la Pologne ont indiqué suivre la situation de près, avec inquiétude.

    L’Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas, a « appelé à la retenue » et rappelé qu’« en toutes circonstances, les principes du droit international et de la Charte des Nations unies doivent être respectés ».

    Inquiet de la « stabilité régionale », le Mexique a condamné « avec la plus grande fermeté », comme le président Lula au Brésil, les frappes américaines, à l’inverse saluées par un tonitruant « La liberté avance, vive la liberté, bordel ! » du président argentin pro-Trump, Javier Milei.

  • Côte d’Ivoire. Législatives 2025 : le RHDP rafle 77% des sièges, 11 poids lourds perdent leur écharpe

    Côte d’Ivoire. Législatives 2025 : le RHDP rafle 77% des sièges, 11 poids lourds perdent leur écharpe

    Le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahime Couliblay-Kuibiert, a publié, le lundi 29 décembre 2025, le résultat global provisoire des législatives du samedi 27 décembre 2025. Selon ce résultat, sur 8 597 092 électeurs inscrits sur la liste électorale, seulement environ 3 millions parmi eux ont effectivement voté. Soit un taux de participation de 35,04%. Ce taux est en baisse de 2,84 % par rapport à celui de 2021 qui est de 37,88%.

    Le RHDP caracole en tête

    Au regard des statistiques publiées par la CEI, le parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), caracole en tête, avec plus de la majorité des sièges. Il remporte 197 sièges sur les 255, soit 77%. Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) vient en deuxième position, avec 32 sièges. Les candidats indépendants en obtiennent 23. Quant aux partis le Front populaire ivoirien (FPI), l’Union pour la République (UNPR) et le Buffle, ils se consolent chacun avec un siège. Le Parti des Peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI) n’a pas participé au scrutin pour des raisons politiques. Il a donc perdu ses 18 sièges qu’il avait obtenus en coalition avec le PDCI, lors de la mandature précédente.

    Les indépendants battent un record

    Comparativement à la mandature de 2021, le RHDP et les indépendantistes ont fait un bon saut au détriment du PDCI et du FPI cette année. Le RHDP est passé de 163 sièges à 197 sièges, soit 34 sièges de plus. Les indépendants, eux aussi, battent un record. Ils sont passés de 4 à 23 sièges. Cela dénote d’une part de la montée en puissance de jeunes figures sur la scène politique et d’autre part, des problèmes liés au choix des candidats, à l’intérieur des grands partis.

    11 poids lourds sur le départ

    Dans l’analyse de ces résultats provisoires, nous énumérons 11 poids lourds sur le départ. Ils sont au nombre de 5 au RHDP, 4 au PDCI et 2 autres ailleurs.

    Pour le PDCI, le député sortant à Marcory, Aby Raoul est vaincu par la liste RHDP dirigée par le ministre Laurent Tchagba. Dans le Haut-Sasandra à Nahio-Saïoua, Alphonse Djédjé Mady sort pour Ibrahim Lokpo du RHDP. Aka Véronique, députée depuis 1995 à M’Batto, est tombée devant le candidat indépendant Kanga Kacou Antoine. Dans le Cavally, à Bacoubly, Denis Kah Zion laisse son écharpe à la ministre Anne Désirée Ouloto du RHDP.

    Quant au RHDP, dans la région de la Bagoué, Traoré Mariam de Tengréla et Touré Alpha Yaya de Kolia, tombent respectivement devant les indépendants Diarrassouba Soumaila et Ballo Nouho dit Nabil Ballo. A Divo, Famoussa Coulibaly quitte l’assemblée nationale pour l’indépendant Alahassane Diakité. Pareil pour Melo Oundieu Olivier à Danané qui laisse sa place au journaliste Guillaume Gbato. A Kani, dans le Worodougou, Maître Meité Ben Abdoulaye perd face à un autre indépendant Meité Yaya.

    Autres figures qui partent du parlement, c’est Konaté Sidiki, membre du RHDP. Se présentant en indépendant, il s’est incliné à Man devant Momo Bamba, le candidat officiel du RHDP. Enfin, le journaliste et homme politique, Assalé Tiémoko Antoine, est défait par Alpha Sanogo du RHDP à Tiassalé.

    Les candidats vaincus ont cinq jours à partir du mardi 30 décembre 2025, pour faire des réclamations auprès du Conseil constitutionnel qui proclamera par la suite les résultats définitifs.

    Mouhamed I. Koné

  • Forces Armées de Côte d’Ivoire: de nouvelles promotions au sommet de la hiérarchie militaire

    Forces Armées de Côte d’Ivoire: de nouvelles promotions au sommet de la hiérarchie militaire

    L’Aumônerie militaire catholique de Côte d’Ivoire enregistre l’arrivée de nouveaux officiers généraux parmi ses membres, à l’occasion des récentes promotions intervenues au sein des Forces Armées de Côte d’Ivoire (FACI).

    Parmi les officiers élevés au rang de général figurent notamment :

    • Le Général Dago Wakoubo Théodore, Commandant du Groupement des Unités Républicaines de la Gendarmerie nationale (GRUR-GN) et Commandant de l’École de Gendarmerie d’Abidjan ;
    • Le Général Camara Kinanya Alain, Préfet de Police d’Abidjan ;
    • Yéo Kollo Roger, promu Contrôleur général de Police.

    Ces promotions s’inscrivent dans un vaste mouvement de réorganisation et de valorisation des compétences au sein des forces de défense et de sécurité.

    Un événement historique : l’élévation du Chef d’État-Major au grade de Général d’Armée

    Par ailleurs, un fait majeur marque cette vague de distinctions. Ce mercredi 31 décembre 2025, par décret présidentiel n°2025-1004, le Général de Corps d’Armée Lassina Doumbia, Chef d’État-Major Général des Armées, a été élevé à la dignité de Général d’Armée.

    Il devient ainsi le tout premier Général d’Armée dans l’histoire des Forces Armées de Côte d’Ivoire, une étape hautement symbolique dans l’évolution et la reconnaissance de l’institution militaire nationale.

    Cette distinction, qui correspond au plus haut grade de la hiérarchie militaire, consacre un parcours exceptionnel, marqué par le dévouement, la rigueur, l’ardeur au travail et un engagement constant au service de la Nation ivoirienne.

    Un leadership salué par la Nation

    Sous le commandement du Général Lassina Doumbia, les Forces Armées de Côte d’Ivoire ont engagé d’importantes réformes structurelles, organisationnelles et capacitaires. Ces actions ont contribué de manière significative à la modernisation de l’outil de défense nationale, au renforcement de l’efficacité opérationnelle des forces, ainsi qu’à la consolidation de la stabilité et de la sécurité du pays.

    À travers cette élévation historique, la Nation ivoirienne rend un hommage appuyé à un chef militaire dont le leadership, la vision stratégique et le sens élevé du devoir continuent de marquer durablement l’histoire des Armées.

  • Ghana : Mahama annonce une sortie « digne » du programme du FMI

    Ghana : Mahama annonce une sortie « digne » du programme du FMI

    Dans son discours de Nouvel An, le président ghanéen John Dramani Mahama a confirmé que le Ghana a engagé le processus de sortie de son programme avec le Fonds monétaire international (FMI), mettant en avant les progrès économiques enregistrés et la restauration de la crédibilité du pays sur la scène internationale.

    Le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé que le Ghana a engagé le processus de sortie de son programme avec le Fonds monétaire international (FMI), affirmant que cette transition se fera « avec dignité », en partenaire et non en demandeur, dans son discours de Nouvel An adressé à la nation.

    Revenant sur la situation héritée par son administration, le chef de l’État ghanéen a rappelé qu’il y a un an, le pays faisait face à « une économie à genoux », marquée par une inflation élevée, un chômage massif des jeunes, une perte de confiance du public et des infrastructures dégradées. Il a toutefois souligné que des réformes « difficiles mais nécessaires » ont permis d’amorcer un redressement économique significatif.

    Selon John Dramani Mahama, l’inflation, qui dépassait 23 % fin 2024, a fortement reculé et devrait s’établir autour de 5 % à la fin de l’année 2025. Il a également mis en avant une relative stabilité du cedi ghanéen, une reprise de la croissance économique et un regain de confiance des investisseurs, illustré par l’augmentation des investissements directs nationaux et étrangers.

    C’est dans ce contexte, a-t-il expliqué, que le Ghana a restauré sa crédibilité auprès de ses partenaires internationaux et mené à bien la renégociation de sa dette « dans des conditions qui protègent la souveraineté nationale tout en garantissant la soutenabilité ». Fort de ces acquis, le pays « commence le processus de sortie du programme du FMI avec dignité, non pas en suppliants mais en partenaires », a insisté le président.

    Le chef de l’État ghanéen a estimé que cette étape marque un tournant pour l’économie ghanéenne et ouvre la voie à une nouvelle phase axée sur la création d’emplois, notamment pour les jeunes, la consolidation de la stabilité macroéconomique et la poursuite des investissements structurants. Il a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à maintenir une gestion prudente des finances publiques, condition essentielle, selon lui, pour garantir une croissance durable après le FMI.

    AC/Sf/APA

  • Vers une refondation stratégique post-électorale du PDCI-RDA ?

    Vers une refondation stratégique post-électorale du PDCI-RDA ?

    Il existe une distinction conceptuelle entre campagne politique et campagne électorale. En principe, à l’issue de chaque cycle électoral, l’ensemble des partis politiques engagés dans la compétition devraient procéder à une analyse approfondie, rigoureuse et comparative de leurs performances politiques.

    Cette évaluation doit permettre d’identifier les forces, les faiblesses et les écarts stratégiques, afin de concevoir une stratégie de campagne politique cohérente, percutante et adaptable, destinée à être déployée de manière continue sur les cinq années suivantes, dans l’objectif de maximiser les rendements politiques. Dans cette perspective, le PDCI-RDA, sous l’impulsion de son président, gagnerait à réunir un comité stratégique et scientifique pluridisciplinaire chargé d’élaborer un plan stratégique structurant, solidement ancré dans une fondation stratégique (vision, mission et valeurs fondamentales). Une telle démarche suppose une capacité à tirer les enseignements des erreurs passées, à rompre avec les approches improvisées et à s’engager sans délai dans un travail méthodique et prospectif, condition indispensable à toute reconstruction politique crédible.

    Dr Touré

  • Mamadi Doumbouya : Le légionnaire du 05 septembre devenu PR du 28 décembre

    Mamadi Doumbouya : Le légionnaire du 05 septembre devenu PR du 28 décembre

    Mamadi Doumbouya, du 05 septembre au 28 décembre, c’est l’itinéraire d’un pouvoir devenu civil en Guinée. De la transition militaire à la présidence élue, Mamadi Doumbouya devra désormais se faire face à l’épreuve du pouvoir durable. Cette nouvelle étape oblige l’homme fort de Conakry à changer de posture. Gouverner par décret et par l’autorité militaire ne suffit plus. Après son putsch et son élection en tant que Président légitime de la Guinée, comment devenir un chef d’Etat exemplaire pour tous les guinéens et toutes les Guinéennes, sans exception aucune ?

    C’est à cette question que Mamadi Doumbouya  devra s’atteler à trouver des réponses idoines en ce début de premier septennat. Sa transition aura été si longue en durée et si courte en actions. Avec cette petite expérience du pouvoir d’Etat sans tous ses ingrédients et sans tous les locataires et aboutissants de la chose publique, Mamadi Doumbouya en a appris à ses dépens durant ces 04 ans, 03 mois et 23 jours de présidence transitoire. Maintenant qu’il faut travailler avec les règles de la démocratie, les normes socio-culturelles, les valeurs ancestrales du peuhl et du Sosso, la discipline militaire, le respect des droits de l’homme et de la dignité de la personne humaine… Comment Mamadi Doumbouya va-t-il se défaire de son réflexe de militaire pour se moudre dans la tunique d’un vrai chef d’Etat au nom de la réconciliation nationale ? Lui qui devra ouvrir la Guinée à qui veut la faire émerger, lui que le concert des nations attend en toute impatience le retour du pays de Sékou Touré, Lansana Konté, Daddis Camara, Sékouba Traoré, Alpha Condé, etc.

    A-Doumbouya, le putschiste

    L’homme du 05 septembre 2021, était un légionnaire et chef des forces spéciales de la Guinée. Il renverse un régime légalement constitué et mis en place le CNRD où siège des porteurs d’uniforme, des civiles, des activistes et influenceurs, des voix extérieures de la Guinée qui soutenaient le renversement du président légitime de l’époque : celui du Professeur Alpha Condé. Embastillé, sanctionné par la CEDEAO et l’Union africaine, rejeté par ses paires de la sous-région, la Guinée vit seule sa douleur et traverse vents et marrées dans l’intimité de sa gouvernance et de sa confiance en une Guinée nouvelle, forte et très influente dans le concert des Nations. Cette Guinée sous transition aura été cisaillée, blessée et cicatrisée de toute part. Comme toute transition militaire, les règles d’or et de bonnes pratiques en démocratie ne sont pas monnaie courante chez les porteurs d’uniforme.

    La Guinée post-Condé n’a pas échappé à cette logique. Et plusieurs dérives ont été relevées çà et là au cours de la période transitoire. Des voix dissidentes portées disparues ou obligées à l’exil ; des partis politiques dissout pour réduire l’espace d’expression démocratique, des opposants emprisonnés et d’autres forcés à l’exil naturel, quelques brouilles diplomatiques, des sociétés et compagnies minières ciblées par le retrait de permis d’explorer ou d’exploiter, des partenariats économiques reformulés, moins de consultations avec les forces vives de la nation, une administration militarisée de part en part, l’énigme autour «  d’un homme d’État craint et toute était loi et décision  », etc. La Guinée et les Guinéens et Guinéennes ont sans doute beaucoup à raconter de cette transition qui aura permis au pays d’opérer une certaine refondation. Maintenant qu’il est arrivé à ses ailerons, il devrait démissionner de l’armée, se détacher de ses galons étoilés pour se consacrer à l’idéal guinéen : rassembler tous les fils et fichiers de la patrie pour bâtir une Guinée ouverte et forte pour reconquérir le nouveau monde.

    1-Le 5 septembre 2021, l’acte fondateur

    Lorsque Mamadi Doumbouya prenait d’assaut le palais présidentiel et renverse Alpha Condé, il est encore peu connu du grand public. Chef des forces spéciales, passé par la Légion étrangère française, il apparaissait ce jour-là en tenue de combat, entouré de soldats lourdement armés. Le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) est aussitôt mis en place. Il réunit des militaires, quelques civils, des technocrates, des activistes et des soutiens venus de la diaspora. La chute d’Alpha Condé est alors accueillie avec soulagement par un parti de la population, épuisée par les violences liées au troisième mandat présidentiel. Les images de liesse dans les rues de Conakry témoignent d’un espoir de rupture avec un pouvoir jugé utilisé et autoritaire. Très vite, le nouvel homme fort promet une transition apaisée, la refondation de l’État et un retour rapide à l’ordre constitutionnel. La transition s’étire pourtant sur plus de quatre ans. Quatre années font de promesses, d’annonces, mais aussi de décisions controversées. Isolée au départ, sanctionnée par la CEDEAO et l’Union africaine, la Guinée traverse cette période dans une relative solitude diplomatique. Le pays avance à tâtons, cherchant à redéfinir ses priorités politiques, économiques et institutionnelles.

    L’ancien chef de la junte doit aussi redéfinir sa relation avec l’armée, se détacher de ses réflexes de commandement et accepter les contraintes d’un pouvoir civil. La réconciliation nationale, souvent évoquée, demeure un chantier sensible.

    Comme souvent dans les transitions militaires, les pratiques démocratiques peinent à s’imposer. Plusieurs partis politiques sont suspendus, des médias réduits au silence, des manifestations interdites. Des figures de l’opposition et de la société civile sont arrêtées, d’autres choisissent l’exil. Les récits de disparitions forcées et d’enlèvements alimentent un climat de méfiance et de crainte. L’administration se militarise progressivement. Les postes clés de l’État sont confiés à des officiers ou à des proches du pouvoir. La parole présidentielle devient rare, centralisée, presque inaccessible. Mamadi Doumbouya gouverne depuis le palais Mohammed V, laissant à son Premier ministre, Amadou Oury Bah, et à son porte-parole, Amara Camara, le soin d’expliquer et de défendre l’action du régime.

    2-Apprendre le pouvoir d’État

    Cette période permet toutefois à Mamadi Doumbouya de se familiariser avec les rouages ​​complexes du pouvoir d’État. Gouverner un pays ne se limite pas à donner des ordres. Il faut composer avec des administrations lentes, des partenaires exigeants, une économie en reconstruction et une société plurielle. À ses dépens, le chef de la junte découvre que la discipline militaire ne suffit pas à gérer les attentes d’un peuple de près de 13 millions d’habitants. Les critiques s’accumulent, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Pourtant, le régime tient. Il ajuste sa stratégie, corrige certaines erreurs, se renoue progressivement avec des partenaires internationaux. La transition, bien que contestée, devient un espace de recomposition politique.

    3-Une élection sans véritable rival

    Le 28 décembre, Mamadi Doumbouya remporte l’élection présidentielle avec 86,72 % des suffrages, selon des résultats provisoires, et un taux de participation annoncé de 80,95 %. Le scrutin, boycotté par un parti de l’opposition, se déroule sans candidat d’envergure face au chef de l’État sortant. Candidat indépendant, soutenu par le mouvement Génération pour la modernité et le développement (GMD), il mène une campagne discrète. Une vidéo, quelques messages, une apparition publique d’une heure lors du dernier jour de campagne. Ses treillis et son béret rouge cèdent la place à des costumes civils. Il s’agit de rassurer, de montrer un président civil, détaché de l’image du putschiste. Sous sa gouvernance, les restrictions aux libertés publiques demeurent une réalité. Manifestations interdites, opposants emprisonnés, médias suspendus : le paysage politique reste étroitement contrôlé. Cette situation alimente les critiques d’un simulacre démocratique, tant au sein du pays qu’à l’étranger. Le pouvoir justifie ces choix par la nécessité de préserver la stabilité et d’éviter le chaos. Une rhétorique sécuritaire qui trouve un certain écho dans une région ouest-africaine secouée par les coups d’État et l’insécurité.

    4-Un lien avec la France

    Originaire de Kankan, issu de l’ethnie malinké, Mamadi Doumbouya conserve des liens étroits avec la France. Entré à la Légion étrangère en 2002, il participe à plusieurs opérations extérieures, notamment en Afghanistan et en Centrafrique. Il est titulaire d’un master en défense de l’université Panthéon-Assas et a suivi les cours de l’École de guerre. Marié à une ancienne gendarmerie française (officier de police judiciaire), père de quatre enfants, son parcours personnel nourrit une image de militaire formée à l’international, ouverte aux normes occidentales, même si sa pratique du pouvoir reste autoritaire. Contrairement à d’autres juntes du Sahel, Mamadi Doumbouya évite la rupture avec les partenaires traditionnels. À la tribune de l’ONU en 2023, il défend une lecture critique des modèles démocratiques importés, tout en revendiquant un positionnement non aligné. Ni pro-russe, ni pro-occidental, mais attaché aux intérêts guinéens. Cette posture rassure une partie de la communauté internationale. Elle permet à la Guinée de maintenir des relations fonctionnelles avec la France, les États-Unis, la Chine et les institutions financières.

    B-Doumbouya, le PR de tous les Guinéens

    Désormais, Mamadi Doumbouya est le Président de la République de Guinée. Bientôt consacré par la Cour Suprême et investi comme tel. Il sera l’image de l’unité et du rassemblement pour toute la Guinée (de la Haute à la Basse). L’enfant terrible de Kankan entre en scène pour une diplomatie nouvelle, pour consolider l’économie du pays appelé sur le modèle Simandou et retravailler l’armée guinéenne face aux crises sécuritaires qui secouent l’Afrique de l’ouest et par ricochet le Sahel dont le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Pour une «  Guinée Nouvelle  », les missions récentes et futures de Mamadi Doumbouya, désormais élu président (selon des sources récentes), se concentrent sur la promesse de stabilité et de développement, notamment avec l’exploitation du gisement de Simandou, tout en maintenant de bonnes relations avec la France et ses partenaires internationaux, malgré des accusations de simulacre démocratique et des appels au boycott de l’opposition.  Après un coup d’État, il s’efforce de légitimer son régime en se présentant comme garant de la paix et de la stabilité, malgré les critiques de l’opposition sur le déroulement des élections et la restriction des libertés.

    Le lancement de l’exploitation du gisement de fer de Simandou  est présenté comme un moteur majeur pour générer des revenus et améliorer les conditions de vie, bien que 52% des Guinéens vivent encore sous le seuil de pauvreté. Contrairement aux autres juntes sahéliennes, Doumbouya a maintenu des liens solides avec la France et les partenaires internationaux, renforçant son positionnement sur la scène mondiale. Son mouvement GMD (Génération pour la Modernité et le Développement) a rencontré en avant une vision de modernisation, contrastant avec l’ère précédente, même si son style de gouvernance est perçu comme autoritaire. Une nouvelle constitution a été adoptée, permettant aux membres de la junte de se présenter à l’élection, ouvrant la voie à sa propre candidature présidentielle. Doumbouya s’est présenté comme candidat indépendant, soutenu par son mouvement, et a remporté l’élection face à une opposition divisée et appelant au boycott. Il a promis «  paix et stabilité  » et a mis en avant ses réalisations, tout en faisant de rares apparitions publiques. 

    Les nouvelles missions de Doumbouya cohérentes à transformer son pouvoir militaire en pouvoir civil légitimé, en mettant sur la stabilité et le potentiel économique minier pour construire sa «  Guinée Nouvelle  », tout en gérant les défis internes de l’opposition et les attentes de développement.

    Désormais président élu, Mamadi Doumbouya est attendu sur le terrain du rassemblement national. Il lui revient de rassurer les opposants, de rétablir la confiance avec la société civile et de donner des garanties sur le respect des droits fondamentaux. L’ancien chef de la junte doit aussi redéfinir sa relation avec l’armée, se détacher de ses réflexes de commandement et accepter les contraintes d’un pouvoir civil. La réconciliation nationale, souvent évoquée, demeure un chantier sensible. L’entrée officielle de Mamadi Doumbouya dans l’ordre constitutionnel ouvre une période d’observation. Les Guinéens attendent des actes concrets, une gouvernance plus ouverte et des résultats visibles sur le quotidien. Les partenaires internationaux, eux, scrutent les signaux envoyés par le nouveau président. Le légionnaire du 5 septembre est devenu président le 28 décembre. Reste à savoir comment cet homme de pouvoir saura transformer l’autorité conquise par les armes en une légitimité durable, fondée sur l’écoute, l’équilibre institutionnel et le progrès partagé.

  • PHILIPPE DOUCET :« La CAN en Côte d’Ivoire a un peu redoré le blason du football africain en Europe.»

    PHILIPPE DOUCET :« La CAN en Côte d’Ivoire a un peu redoré le blason du football africain en Europe.»

    « Cette CAN en Côte d’Ivoire a un peu redoré le blason du football africain en Europe.» «Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’en Europe, la CAN, la plupart des gens ne la voient pas, car elle se déroule souvent en janvier ou en février. Beaucoup ne regardent pas les matchs.

    Alors, dès qu’il y a un fait marquant qui ternit un peu l’image de la compétition, cela devient pour eux quelque chose de pittoresque, presque risible, et ils se moquent facilement. Mais je crois que, pour la première fois, après la CAN en Côte d’Ivoire, lorsque je suis rentré, tout le monde m’a dit : “Ah, tu étais à la CAN en Côte d’Ivoire, tu as vécu quelque chose de fantastique !” La Côte d’Ivoire a changé quelque chose. Elle a changé le regard de plusieurs Européens sur la CAN, notamment grâce à l’épopée ivoirienne et à l’ambiance dans les stades. En ce sens, je pense que cette CAN ivoirienne a vraiment redoré le blason du football africain en Europe. »

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  • Côte d’Ivoire : Général Lassina Doumbia promu au grade de général d’armée, premier général des armées de Côte d’Ivoire

    Côte d’Ivoire : Général Lassina Doumbia promu au grade de général d’armée, premier général des armées de Côte d’Ivoire

    Le chef d’état-major général des armées ivoiriennes, le général de corps d’armée Lassina Doumbia, a été élevé au grade de général d’armée, le plus haut de la hiérarchie militaire.

    La décision a été prise par décret n°2025-1004, signé par le président de la République, Alassane Ouattara. Elle fait de Lassina Doumbia le premier général d’armée de l’histoire des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI), une distinction inédite qui marque une étape importante dans l’évolution de l’institution militaire nationale.

    Un parcours exemplaire

    Cette promotion consacre un parcours jugé exemplaire par la hiérarchie militaire, marqué par l’effort, la rigueur et un engagement constant au service de l’État. À la tête de l’État-major général, Lassina Doumbia a conduit plusieurs réformes structurelles, organisationnelles et capacitaires, destinées à moderniser l’armée ivoirienne.

    Selon le communiqué des FACI, ces réformes ont contribué à la préservation de la stabilité et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

    Sous son commandement, les Forces armées de Côte d’Ivoire ont renforcé leurs capacités opérationnelles et amélioré leur organisation, dans un contexte régional caractérisé par des défis sécuritaires persistants. Selon le communiqué des FACI, ces réformes ont contribué à la préservation de la stabilité et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

    L’élévation au grade de général d’armée traduit également la volonté des autorités ivoiriennes de reconnaître le rôle stratégique de l’institution militaire dans la consolidation de la paix et la défense de l’intégrité territoriale. Elle intervient à un moment symbolique, à la veille du Nouvel An, traditionnellement marqué par des décisions à forte portée institutionnelle.

    À travers cette distinction, l’État ivoirien rend hommage à un chef militaire dont le leadership, la vision et le sens élevé du devoir sont présentés comme des éléments déterminants dans la transformation progressive des armées nationales.

    Jean Kelly KOUASSI

  • Discours du nouvel An : Alassane Ouattara accorde une grâce présidentielle à 4 656 détenus

    Discours du nouvel An : Alassane Ouattara accorde une grâce présidentielle à 4 656 détenus

    « Conformément aux prérogatives que me confère la Constitution, j’ai signé un décret de grâce collective pour 2 000 détenus et un décret accordant une remise de peine à 2 656 détenus dont le reliquat de la peine est inférieur ou égal à 36 mois », a déclaré le président Ouattara.

    4 656 prisonniers concernés

    Au total, 4 656 prisonniers bénéficieront de cette décision et seront remis en liberté dans les prochains jours. Cette mesure de clémence s’inscrit dans la tradition républicaine ivoirienne à l’occasion des fêtes de fin d’année. Elle vise à favoriser la réinsertion sociale des bénéficiaires et à désengorger les établissements pénitentiaires, tout en excluant les personnes condamnées pour des crimes graves.

    Notre nation doit se doter d’une élite compétente et étroitement attachée à l’intérêt général afin d’assurer la continuité et la solidité de notre modèle de développement.

    Dans son allocution, le chef de l’État a également rendu hommage aux forces de défense et de sécurité, mobilisées pour garantir la sécurité des populations pendant la période des fêtes. « J’ai une pensée particulière pour ces hommes et ces femmes qui veillent jour et nuit, souvent loin de leurs familles, pour assurer l’intégrité du territoire et la quiétude de nos concitoyens », at-il souligné, leur exprimant « la reconnaissance de la Nation ».

    Transmission générationnelle

    Abordant les perspectives nationales, Alassane Ouattara a réaffirmé sa foi en « la grande Côte d’Ivoire de demain ». Il a appelé à la préservation de la paix et au renforcement de la cohésion sociale. Le chef de l’Etat ivoirien a insisté sur l’importance de la transmission générationnelle, qu’il a qualifié de « devoir historique », fondé sur l’éducation aux valeurs citoyennes, l’unité, le travail, la solidarité, le mérite et l’excellence, dans le respect de la diversité, de la tolérance et de la justice sociale.

    « Notre nation doit se doter d’une élite compétente et profondément attachée à l’intérêt général afin d’assurer la continuité et la solidité de notre modèle de développement », a-t-il affirmé.

    Sur le plan sportif, le président a exprimé ses encouragements aux Éléphants, engagés dans la Coupe d’Afrique des nations prévue au Royaume du Maroc. Il a salué « le courage, la solidarité et le dépassement de soi » incarnés par l’équipe nationale, porteuse des couleurs ivoiriennes sur la scène continentale.

    Jean Kelly KOUASSI


    Message de nouvel an : L’adresse intégrale à la nation du Président Alassane Ouattara

    À la veille de l’année 2026, le Président Alassane Ouattara a livré, ce mercredi 31 décembre 2025, un message solennel à la Nation, marqué par l’affirmation de la maturité démocratique de la Côte d’Ivoire, la réaffirmation de son engagement pour la paix et la cohésion nationale, et l’annonce de grandes orientations économiques et sociales pour son nouveau mandat, dans la continuité d’une ambition assumée : bâtir une « Grande Côte d’Ivoire, ambitieuse et solidaire ».

    Ivoiriennes, Ivoiriens,

    Mes chers compatriotes,

    Chers amis de la Côte d’Ivoire,

    À l’orée de cette nouvelle année 2026, je suis très heureux de m’adresser à vous, à l’occasion du traditionnel Message à la Nation.

    L’année 2025 qui s’achève a été une année importante pour notre pays. Elle a été marquée par des défis majeurs, au premier rang desquels l’organisation des élections présidentielles et législatives.

    Ces rendez-vous ont, une fois de plus, témoigné de la maturité démocratique de notre Nation et de l’attachement de nos concitoyens à la paix, à la stabilité et au développement de notre pays.

    À l’occasion de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, vous m’avez renouvelé votre confiance, à une très large majorité. Je vous en suis profondément reconnaissant.

    Cette confiance s’est également exprimée lors des élections législatives du 27 décembre dernier, qui a ainsi confirmé l’adhésion de la grande majorité de nos concitoyens à la vision et au projet de société que nous portons pour la Côte d’Ivoire.

    Ensemble, nous avons su relever le défi de l’organisation d’élections démocratiques, transparentes et crédibles, dans le respect des délais constitutionnels.

    Malgré des incidents isolés, qui ont malheureusement entraîné quelques pertes en vies humaines et parfois des destructions de biens, notre pays a su préserver l’essentiel, à savoir le bon fonctionnement de ses Institutions, l’État de droit et l’ordre constitutionnel.

    La démocratie et la prospérité ne peuvent se construire dans la violence.

    La Côte d’Ivoire a fait le choix de la paix, du dialogue et de la responsabilité. Elle a démontré depuis 2011 sa capacité à surmonter les épreuves et à avancer, unie, dans le respect de ses Institutions. Nous pouvons être fiers du chemin parcouru.

    Mes chers compatriotes,

    Le 8 décembre dernier, lors de ma prestation de serment en qualité de Président de la République, j’ai pris, devant la Nation, l’engagement solennel de placer ce nouveau mandat sous le signe de la consolidation de la paix et de la sécurité, du renforcement de la cohésion nationale et de la poursuite résolue de notre marche vers le développement, dans un esprit de solidarité active envers les couches les plus vulnérables.

    À travers ce nouveau contrat social que nous entamons, je réaffirme mon engagement à poursuivre la construction d’une « Grande Côte d’Ivoire, ambitieuse et solidaire » ; une Nation forte, respectée, performante et souveraine.

    C’est pourquoi, dès cette année 2026, nous poursuivrons les grands chantiers de modernisation de notre pays. Les infrastructures routières, ferroviaires, énergétiques et hydrauliques continueront de structurer le territoire et de renforcer l’intégration nationale.

    L’industrialisation et la transformation agro-industrielle seront accélérées afin de créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois. Le développement d’une économie de services compétitive viendra compléter cette dynamique.

    En vue d’atteindre notre objectif de couverture totale du pays en eau et en électricité, nous recenserons avant fin mars 2026, les localités non encore couvertes, ainsi que les besoins d’extension en vue de planifier les efforts qui restent à consentir.

    Dans le cadre du Plan National de Développement 2026-2030, nous mettrons un accent particulier sur la qualité des services publics.

    En effet, après les acquis importants en matière d’infrastructures, notre ambition est désormais d’offrir aux citoyens des services plus accessibles, plus efficaces et plus proches de leurs attentes.

    Le service public doit devenir un véritable partenaire du citoyen, grâce à une meilleure écoute du Gouvernement, une plus grande transparence et des mécanismes d’évaluation réguliers.

    Mes chers compatriotes,

    Le Gouvernement poursuivra les efforts de développement du secteur privé. Cette orientation s’appuiera sur une promotion renforcée du contenu local, en particulier dans le cadre du programme dédié aux villes secondaires. Ceci permettra de stimuler l’entrepreneuriat national, pour mieux intégrer nos entreprises portées par des champions nationaux dans les chaînes de valeur régionales et internationales.

    La rigueur dans la gestion économique et financière de l’État restera une priorité absolue. Nous continuerons d’optimiser les procédures de gestion des finances publiques, d’améliorer le suivi des paiements, de renforcer la mobilisation des recettes et de poursuivre les efforts en matière de bonne gouvernance.

    La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sera intensifiée, afin de faire de la Côte d’Ivoire un modèle de transparence et de gouvernance en Afrique.

    Nous poursuivrons nos efforts en matière d’investissements sociaux. Les jeunes et les femmes resteront, bien évidemment, au cœur de nos politiques publiques. En effet, leur formation, leur insertion professionnelle, leur créativité et leur engagement sont essentiels pour bâtir l’avenir.

    Dans cette dynamique, le Programme Social du Gouvernement et le Programme Jeunesse du Gouvernement continueront d’être des instruments majeurs de notre action.

    Ils seront renforcés et mieux ciblés afin de répondre plus efficacement aux besoins des populations, notamment en matière de santé, d’éducation, de formation, d’accès à l’emploi et de protection sociale.

    J’encourage donc les jeunes, dans chaque localité, à saisir les nombreuses opportunités offertes par le dynamisme de notre économie.

    S’agissant des fonctionnaires et agents de l’État, je voudrais indiquer, que conformément aux engagements pris, la prime spéciale de fin d’année sera versée en janvier 2026, à hauteur de deux tiers du salaire indiciaire de base.

    Ce geste traduit la reconnaissance de la Nation envers toutes celles et tous ceux qui servent l’État au quotidien, avec dévouement.

    Mes chers compatriotes,

    La sécurité demeure un pilier essentiel de notre action. Face aux crises régionales, aux menaces terroristes et aux défis liés aux importants flux migratoires vers notre pays, la Côte d’Ivoire continuera de renforcer sa vigilance.

    Notre pays continuera de respecter ses engagements internationaux en matière d’accueil, de gestion et de protection des réfugiés, tout en garantissant la sécurité de la Nation et de tous nos concitoyens.

    Nos Forces de Défense et de Sécurité, dont je salue le professionnalisme et le courage, bénéficieront d’un soutien constant et accru de l’État. Elles continueront de disposer de moyens nécessaires pour veiller à l’intégrité du territoire et assurer la quiétude des populations.

    En cette période de fêtes, j’ai une pensée particulière pour ces hommes et ces femmes qui veillent, jour et nuit, souvent loin de leurs familles, afin que nos compatriotes puissent célébrer dans le calme et la sérénité. Je leur exprime la reconnaissance de la Nation.

    Par ailleurs et conformément aux prérogatives que me confère la Constitution, j’ai signé un décret de grâce collective pour 2000 détenus et un décret accordant une remise de peine à 2656 détenus dont le reliquat de la peine est inférieur ou égal à trente-six mois. Ainsi, ce sont 4656 détenus de droit commun, condamnés pour des infractions mineures, qui seront mis en liberté.

    Chers frères, chères sœurs, mes chers compatriotes,

    Je crois profondément en la Grande Côte d’Ivoire de demain. Pour réaliser cette ambition, la préservation de la paix et le renforcement de la cohésion sociale doivent rester au cœur de nos priorités.

    De même, la transmission générationnelle engagée est un devoir historique. Elle reposera sur un héritage fondé sur l’éducation aux valeurs citoyennes : l’unité, le travail, la solidarité, le mérite et l’excellence, dans le respect de la diversité, dans la tolérance et la justice sociale.

    Notre Nation doit se doter d’une élite compétente et profondément attachée à l’intérêt général, afin d’assurer la continuité et la solidité de notre modèle de développement.

    Enfin, à l’aube de cette nouvelle année, j’adresse mes encouragements les plus chaleureux et mes vœux de réussite à nos Éléphants footballeurs, engagés dans la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Royaume du Maroc, un pays ami. Ils portent haut les couleurs de notre pays et incarnent les valeurs de courage, de solidarité et de dépassement de soi qui nous rassemblent.

    À toutes et à tous, je souhaite que l’année 2026 ouvre un nouveau chapitre dans la construction d’une Grande Côte d’Ivoire, d’une grande Nation apaisée, ambitieuse et rayonnante.

    Bonne et heureuse année 2026 !

    Vive la République !

    Vive la Côte d’Ivoire !

    Que Dieu bénisse notre beau pays.

  • Déversement accidentel de produits pétroliers: Le gouvernement active un plan d’urgence pour protéger les plages

    Déversement accidentel de produits pétroliers: Le gouvernement active un plan d’urgence pour protéger les plages

    Un déversement accidentel de produits pétroliers, survenu dans la nuit du 27 décembre 2025, a entraîné une pollution partielle de plusieurs plages du littoral ivoirien, notamment à Grand-Bassam, Azuretti, Modeste et Mondoukou. L’incident s’est produit lors d’une phase de test de déchargement de pétrole brut léger sur le site de la Bouée 2 de la Société ivoirienne de raffinage (Sir), à Vridi, dans la commune de Port-Bouët.

    Dans une déclaration officielle rendue publique le lundi 29 décembre 2025, le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Assahoré Konan Jacques, a assuré que « tous les dispositifs d’intervention d’urgence ont été immédiatement activés dès la constatation de l’incident », en étroite collaboration avec les services techniques compétents, notamment le Ciapol, ainsi qu’avec les équipes spécialisées de la Sir.

    Selon le ministère, plusieurs actions ont été engagées afin de limiter l’impact de la pollution et de protéger les écosystèmes marins et côtiers, notamment la mise en place de barrages flottants pour contenir la nappe d’hydrocarbures, le déploiement d’équipes spécialisées pour la récupération des produits pétroliers, la surveillance continue de la qualité des eaux et du littoral, ainsi que le nettoyage progressif des plages affectées.

    Par mesure de précaution, l’accès aux plages concernées a été temporairement restreint. Les activités de baignade, de pêche et de loisirs nautiques y sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. « Même si aucun impact sur la santé humaine n’a été signalé à ce stade, les populations riveraines sont invitées à ne pas consommer les ressources halieutiques retrouvées sur les plages et à respecter strictement les consignes de sécurité », a insisté le ministre.

    Assahoré Konan Jacques a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur de la protection de l’environnement et de la transparence de l’information, tout en assurant que « la remédiation complète des zones affectées sera menée à son terme ». Une enquête est par ailleurs en cours afin de déterminer les causes exactes de cet incident et de prévenir toute récidive.

  • Législatives 2025 : Le Rhdp remporte 197 sièges

    Législatives 2025 : Le Rhdp remporte 197 sièges

    La Commission électorale indépendante (Cei) a proclamé le 29 décembre 2025, à Abidjan, les résultats provisoires des élections législatives tenues le 27 décembre sur l’ensemble du territoire national. Cette proclamation solennelle fait suite au recensement général des votes dans les 205 circonscriptions électorales où le scrutin s’est globalement déroulé dans le respect des lois et règlements en vigueur.

    Selon les chiffres communiqués par la Cei, sur 8 597 092 électeurs inscrits, 3 012 094 ont pris part au vote, soit un taux de participation de 35,04 %. Le scrutin a enregistré 68 525 bulletins nuls et 29 578 bulletins blancs, pour un total de 2 943 569 suffrages valablement exprimés.

    À l’issue de la compilation nationale, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) arrive largement en tête avec 197 sièges remportés dans 155 circonscriptions.

    Le Pdci-Rda obtient 32 sièges dans 25 circonscriptions, tandis que les candidats sans étiquette politique décrochent 23 sièges dans 22 circonscriptions. Le Fpi, l’Unpr et le mouvement Le Buffle – La victoire pour le développement obtiennent chacun un siège. La Cei a toutefois relevé quelques incidents isolés, notamment dans la circonscription de Marcory-commune, où des actes de violence ont entraîné la destruction d’urnes dans cinq bureaux de vote. Des faits jugés sans incidence sur la sincérité globale du scrutin, au regard de l’écart significatif de voix constaté entre les listes en tête.

    Conformément au Code électoral, les candidats et partis disposent d’un délai de cinq jours à compter de la proclamation pour introduire d’éventuels recours. Les résultats définitifs seront proclamés après examen par les juridictions compétentes.

  • Le chef de la junte élu président de la Guinée avec 86,72% des voix

    Le chef de la junte élu président de la Guinée avec 86,72% des voix

    Le général Mamadi Doumbouya partait favori tandis que les opposants d’envergure avaient été écartés.

    Le chef de la junte en Guinée, Mamadi Doumbouya, a été élu président avec un score écrasant de 86,72 % au premier tour, lors d’un scrutin sans suspense en l’absence des ténors de l’opposition, selon des résultats provisoires annoncés mardi par la Direction Générale des Élections (DGE).

    Quatre ans après un coup d’État qui l’a porté au pouvoir et malgré sa promesse initiale de le rendre à des civils, Mamadi Doumbouya assoit son règne sans partage sur ce pays d’Afrique de l’Ouest dans un contexte de rétrécissement des libertés.

    Abdoulaye Yéro Baldé, chef du Front démocratique de Guinée (Frondeg), arrive deuxième avec 6,59 % des voix.

    Le taux de participation s’élève à 80,95 % selon la présidente de la DGE, Djénabou Touré, un chiffre en baisse par rapport à celui annoncé dimanche à la fermeture des urnes.

    Plus tôt mardi, quatre des huit candidats en lice face au chef de la junte ont reconnu leur défaite et félicité Mamadi Doumbouya pour sa victoire dès le premier tour.

    La Cour suprême doit désormais proclamer les résultats définitifs.

    « Simulacre d’élection »

    Dans les rues de Conakry, l’annonce de l’élection de M. Doumbouya tard dans la soirée n’a pas suscité de réaction particulière, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse.

    En dépit de sa promesse de rendre le pouvoir à des civils au terme d’une période de transition, M. Doumbouya s’est présenté à cette élection qu’il a remporté sans avoir fait campagne sur le terrain et sans opposants d’envergure.

    L’opposition avait appelé à boycotter ce scrutin, qualifié de « simulacre d’élection », organisé plus de quatre ans après le coup d’État de septembre 2021 qui a renversé le président Alpha Condé, alors au pouvoir depuis 2010.

    Une mission d’observation de l’Union africaine a salué mardi dans un communiqué un scrutin « crédible » qui s’est déroulé dans le calme et propose d’examiner « la possibilité de lever les sanctions imposées au pays » depuis le coup d’État.

    Toutefois, la mission relève la nécessité de « lutter plus efficacement contre le phénomène des enlèvements et disparitions de personnes ».

    Les nouvelles de disparitions forcées et d’enlèvements de figures de l’opposition se sont multipliées ces dernières années.

    Depuis l’avènement de la junte, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations — interdites depuis 2022- sont réprimées, et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.

  • Migration irrégulière: plus de 3.000 morts aux frontières euro-africaines en 2025 (ONG)

    Migration irrégulière: plus de 3.000 morts aux frontières euro-africaines en 2025 (ONG)

    L’ONG Caminando Fronteras documente une augmentation des tragédies migratoires malgré la baisse des tentatives de traversée vers l’Espagne.

    L’année 2025 a été marquée par une intensification dramatique de la crise migratoire aux frontières entre l’Afrique et l’Europe. Selon le rapport de monitoring publié par l’ONG Caminando Fronteras, au moins 3.090 personnes ont perdu la vie dans 303 tragédies recensées jusqu’au 15 décembre 2025, confirmant la frontière occidentale euro-africaine comme l’une des routes migratoires les plus meurtrières au monde.

    Paradoxalement, alors que le nombre de tentatives de traversée vers l’Espagne a diminué en 2025, le risque de mort a considérablement augmenté. « Cette tendance confirme qu’une partie substantielle des morts dans les routes vers l’Espagne ne peut s’expliquer comme des événements fortuits ou inévitables, mais comme le résultat prévisible d’un système qui continue d’antéposer le contrôle des frontières à la protection de la vie », souligne le rapport consulté à APA.

    L’analyse des 303 tragédies révèle que la principale cause de mortalité est liée à l’utilisation de moyens de recherche et de sauvetage conditionnés par des politiques de contrôle migratoire, entraînant des retards ou l’inaction face à des embarcations clairement en danger.

    La route algérienne du Méditerranée occidental s’est consolidée comme le principal espace de transit vers l’Espagne, concentrant 70 % des naufrages maritimes avec 1.037 victimes documentées dans 121 tragédies, dont 47 embarcations totalement disparues. Les îles Baléares, notamment Ibiza et Formentera, sont devenues des destinations privilégiées pour ces traversées particulièrement périlleuses.

    Cette route, longtemps niée et invisibilisée par les institutions, n’a été officiellement reconnue comme route migratoire qu’en septembre 2025. L’Association Unifiée des Gardes Civils a dénoncé à deux reprises cette année les dysfonctionnements des opérations de sauvetage maritime dans la zone.

    L’Atlantique : le drame mauritanien

    La route mauritanienne demeure la plus létale avec 1.319 victimes recensées dans 27 tragédies et 17 embarcations entièrement disparues. Les départs depuis ce pays se sont concentrés dans des conditions météorologiques particulièrement défavorables, augmentant considérablement les risques.

    À partir du second semestre 2025, cette route a connu une baisse significative des départs, coïncidant avec l’intensification du contrôle migratoire mauritanien. Selon Human Rights Watch, 28.000 personnes ont été officiellement déportées au premier semestre, principalement des Maliens et Sénégalais, dans le cadre d’une politique d’externalisation financée à hauteur de plus de 200 millions d’euros par l’Union européenne.

    L’année 2025 a vu l’émergence d’une route depuis la Guinée Conakry, impliquant une traversée d’environ 2.200 kilomètres, soit 750 km de plus que depuis le Sénégal. Les embarcations, majoritairement composées de Guinéens avec une forte proportion de femmes et d’enfants, doivent affronter plus de dix jours en pleine mer.

    Parallèlement, la route gambienne a gagné en importance au troisième trimestre, avec 160 victimes documentées dans 7 tragédies, transportant majoritairement des citoyens gambiens et sénégalais.

    Dans le détroit de Gibraltar, le crux migratoire vers Ceuta a connu une augmentation significative avec 139 victimes, dont 24 % d’enfants et adolescents. Les jeunes migrants, surnommés « les nageurs », tentent la traversée à la nage depuis le môle de Tarajal, souvent dans des conditions de brouillard et de mauvaise météo pour échapper à la surveillance.

    Ces tentatives, organisées via les réseaux sociaux notamment WhatsApp, s’inscrivent dans un contexte de profond mécontentement de la jeunesse marocaine, illustré par les mobilisations de la « Génération Z » à travers le pays.

    L’externalisation en question

    Le rapport pointe du doigt le système d’externalisation des frontières qui transforme les pays africains en gardiens de l’Europe. Au-delà de la Mauritanie, le Maroc a reçu 500 millions d’euros (2021-2027) du programme NDICI, plus 80 millions supplémentaires en 2024 pour renforcer les patrouilles et la surveillance.

    Le Sénégal, après une brève accalmie liée aux changements politiques de 2024, a vu son dispositif de contrôle renforcé avec des dizaines de millions d’euros de financements européens. La marine sénégalaise intercepte désormais les cayucos en haute mer, avec des pratiques dénoncées par les migrants : détentions prolongées, mauvais traitements et expulsions sans garanties.

    L’Espagne a financé l’ouverture de deux centres de détention en Mauritanie pour au moins 1,08 million d’euros via des fonds européens. Ces installations, ainsi que celles d’autres pays de la région, sont dénoncées pour leurs « conditions inhumaines » et leurs violations systématiques des droits humains.

    En Algérie, bien qu’il n’y ait pas de flux financiers directs significants de l’UE, le pays participe à des forums régionaux et projets techniques financés par l’Union, tout en menant des rafles dans les quartiers de migrants et des expulsions « en chaîne » vers le Niger, avec abandons dans le désert d’Assamaka.

    Le rapport dénonce la criminalisation croissante des migrants et des organisations de solidarité. Une investigation journalistique révélée en juillet 2025 a montré que Frontex transmettait illégalement pendant des années des données de migrants et d’activistes à Europol.

    La persécution s’étend depuis les pays d’origine jusqu’aux destinations : détentions arbitraires de personnes accusées d’être les capitaines d’embarcations (y compris des mineurs), séparations familiales à l’arrivée, et obstacles systématiques pour les familles cherchant à dénoncer la disparition de leurs proches.

    Le rapport documente plusieurs cas emblématiques, dont celui d’un cayuco parti de Nouakchott le 3 janvier avec 203 personnes à bord, toujours porté disparu. Ou encore celui d’une embarcation localisée à 300 milles de Dakhla le 11 mars, avec seulement 13 survivants sur les 85 personnes parties de Mauritanie le 17 février – 72 personnes étant mortes durant 23 jours de dérive.

    « La non-activation précoce des dispositifs de recherche et de sauvetage s’est normalisée comme un modèle structurel, caractérisé par une forte discrétionnalité », conclut Caminando Fronteras, appelant à une refonte complète des protocoles de sauvetage et à la fin de l’impunité qui permet la répétition de ces tragédies.

    L’ONG appelle à des investigations indépendantes, à la transparence des autorités et à l’établissement de responsabilités politiques et judiciaires pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de « nécrofrontières » – des espaces où la violence est dépolitisée et normalisée, et où la mort de migrants ne génère aucune réponse institutionnelle adéquate.

    ARD/ac/APA

  • Abidjan: Port-Bouët, le Plateau et Cocody restent des bastions du PDCI, hors de portée du RHDP

    Abidjan: Port-Bouët, le Plateau et Cocody restent des bastions du PDCI, hors de portée du RHDP

    À l’issue des élections législatives du 27 décembre 2025, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a consolidé son ancrage politique dans plusieurs communes stratégiques d’Abidjan. Jacques Ehouo a été déclaré élu au Plateau, Jean-Marc Yacé s’est imposé à Cocody, tandis qu’à Port-Bouët, le député sortant du PDCI, le Dr Emmou Sylvestre, a été réélu.

    Voyage en Côte d’Ivoire

    Ces victoires confirment Port-Bouët, le Plateau et Cocody comme des bastions solides du PDCI, résistant aux tentatives de conquête du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), parti au pouvoir, qui ambitionnait de s’y imposer.

    Dans un contexte électoral marqué par une forte compétition dans le district d’Abidjan, ces résultats traduisent la persistance d’un clivage politique territorial. Certaines communes demeurent fidèles à des formations politiques historiques, en dépit de la domination nationale du RHDP.

    Les résultats officiels, proclamés par les instances électorales compétentes, renforcent ainsi la position du PDCI dans la capitale économique, où le parti continue de bénéficier d’un ancrage électoral significatif.