Auteur/autrice : iciabidjan

  • MAURICE KAKOU GUIKAHUÉ DEMISSIONNE DE SES FONCTIONS DE COMSEILLER POLITIQUE DU PRÉSIDENT DU PDCI RDA TIDJANE THIAM

    MAURICE KAKOU GUIKAHUÉ DEMISSIONNE DE SES FONCTIONS DE COMSEILLER POLITIQUE DU PRÉSIDENT DU PDCI RDA TIDJANE THIAM

     DÉMISSION DE MES FONCTIONS DE CONSEILLER POLITIQUE DU PRÉSIDENT DU PDCI-RDA

    De retour au pays ce 15 mai 2025, j’ai présenté ma démission de mon poste de Conseiller Politique au Président du PDCI-RDA; poste que j’occupais depuis le 17 janvier 2025 (décision n*86-2025/PP/CAB). Dans les échanges avec le Président du Parti qui ont précédé ma nomination, nous avions mis l’accent sur la création de la confiance pour le rayonnement du Parti.

    Malgré cette profession de foi, des décisions majeures sont régulièrement prises au sein du Parti sans que je ne sois associé, consulté, ou informé ; des décisions que je découvre dans la presse comme tout militant de base. Les derniers developpements de l’actualité politique dans notre Parti, notamment la démission du Président du Parti, en est un exemple.

    Au cours de mon parcours politique, j’ai toujours assuré les missions qui m’ont été confiées avec loyauté et fidélité ; sans hypocrisie ni louvoiement. De plus, mon cursus politique et l’enseignement reçu au PDCI-RDA ne me permettent pas de m’accomoder avec les méthodes actuelles de gourvernance telle que la tenue du 9ème congrès extraordinaire du 14 mai 2025, sans Président ni bureau du Congrès. Aussi ai-je decidé de démissionner dès ce jour de mes fonctions de Conseiller Politique du Président du PDCI-RDA. J

    e demeure un militant convaincu du PDCI-RDA et participerai, comme je l’ai toujours fait, aux combats pour sa survie ; le PDCI-RDA étant l’âme de la Côte d’Ivoire ».

    Fait à Abidjan, le 15 mai 2025. Pr Maurice KAKOU GUIKAHUE. Membre du Bureau Politique Vice-président du PDCI-RDA

  • Côte d’Ivoire : tensions politiques à cinq mois de la Présidentielle de 2025

    Côte d’Ivoire : tensions politiques à cinq mois de la Présidentielle de 2025

    La Côte d’Ivoire fait face à de fortes tensions politiques, à quelque cinq mois de la présidentielle d’octobre 2025. Vincent Toh Bi Irié se présente en indépendant, tandis que Laurent Gbagbo, désigné par son parti malgré son inéligibilité, conteste son exclusion. Tidjane Thiam, radié pour double nationalité, a quitté la tête du PDCI-RDA. Ces figures emblématiques dénoncent un processus électoral verrouillé, alimentant les inquiétudes sur la transparence et la stabilité du scrutin à venir.

    À cinq mois de l’élection présidentielle prévue en octobre 2025, la scène politique ivoirienne est marquée par une intensification des tensions, des candidatures contestées et des manœuvres juridiques qui pourraient peser lourdement sur l’issue du scrutin. Trois figures dominent l’actualité : Laurent Gbagbo, Vincent Toh Bi Irié et Tidjane Thiam, chacun incarnant un pan des fractures politiques du pays.

    Vincent Toh Bi Irié, l’alternative citoyenne

    Ancien préfet d’Abidjan, Vincent Toh Bi Irié a officiellement annoncé sa candidature à la Présidentielle en tant qu’indépendant. Depuis sa démission en 2020, il sillonne le pays à travers sa plateforme citoyenne Aube Nouvelle, se positionnant comme une alternative aux partis traditionnels. Il prône une ouverture du champ politique à tous les citoyens, dénonçant une confiscation du pouvoir par une « caste de politiciens professionnels ».

    Ce phénomène de candidatures indépendantes prend de l’ampleur et attire l’attention d’analystes comme Geoffroy-Julien Kouao, qui y voient une tentative de réconcilier la politique avec les préoccupations populaires. Cependant, Toh Bi est attendu pour relever le défi des parrainages citoyens et rassembler une caution de 50 millions de francs CFA pour valider sa candidature.

    Laurent Gbagbo, une candidature sous haute tension

    Laurent Gbagbo, ancien président et leader du PPA-CI, a été désigné candidat officiel de son parti malgré sa radiation de la liste électorale, conséquence de sa condamnation à 20 ans de prison pour le braquage de la BCEAO. Bien que gracié en 2022, il n’a pas été amnistié, ce qui le rend toujours inéligible. Malgré cela, le PPA-CI a lancé un comité de collecte de parrainages et une plateforme de financement participatif pour soutenir sa campagne.

    Le parti dénonce une exclusion politique orchestrée par le pouvoir, s’appuyant notamment sur un arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme qui avait exigé en 2020 la levée des obstacles à sa participation électorale. Le PPA-CI conteste par ailleurs la validité de la liste électorale, dénonçant des irrégularités majeures : électeurs fictifs, personnes décédées, usurpations d’identité. Le parti a adressé une lettre au Premier ministre pour solliciter la réintégration de Gbagbo sur les listes, sans obtenir de réponse.

    Tidjane Thiam, une démission stratégique

    Autre coup de théâtre, Tidjane Thiam a démissionné de la présidence du PDCI-RDA. Officiellement, cette décision vise à éviter une mise sous tutelle judiciaire du parti, que la direction soupçonne d’être orchestrée par le pouvoir. Thiam reste néanmoins influent en tant que président délégué. Sa situation est également délicate : il a été radié des listes électorales en raison de sa double nationalité franco-ivoirienne, la loi ivoirienne n’autorisant pas de candidatures dans ce cas.

    Bien qu’il reste actif depuis la France, où il dénonce la dérive autoritaire du régime d’Alassane Ouattara dans les médias internationaux, sa candidature paraît incertaine. Ernest N’Koumo Mobio assure désormais la présidence intérimaire du PDCI-RDA. Une réunion d’urgence du Bureau politique a été convoquée pour définir une nouvelle stratégie, possiblement autour d’un autre candidat, alors que le parti cherche à éviter la marginalisation.

    Un processus électoral sous pression

    Les exclusions successives de Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé alimentent les critiques contre la Commission électorale indépendante (CEI), accusée de partialité. Pour beaucoup, la réforme récente de l’article 51 du Code électoral – qui renforce les exigences de parrainage – est une manœuvre pour verrouiller l’accès à la présidentielle. La mobilisation des partis d’opposition, notamment le PPA-CI, laisse entrevoir une campagne tendue. Des manifestations sont probables si la candidature de Gbagbo est rejetée.

    En parallèle, le Président Alassane Ouattara, dont la candidature n’est pas encore annoncée, conserve une position de force grâce au contrôle des institutions. En somme, la Présidentielle de 2025 en Côte d’Ivoire s’annonce importante à la fois pour l’avenir du pluralisme démocratique et pour la stabilité du pays.

    Aziz Malick Diallo

  • AFFAIRE VALÉRIE YAPO VS TIDJANE THIAM : « IL N’Y AURA AUCUNE DÉCISION RENDUE CE JEUDI » (ME DADJÉ)

    AFFAIRE VALÉRIE YAPO VS TIDJANE THIAM : « IL N’Y AURA AUCUNE DÉCISION RENDUE CE JEUDI » (ME DADJÉ)

    Me Rodrigue Dadjé, l’un des avocats de Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition), a annoncé ce mercredi 14 mai 2025 que la justice ne rendra aucune décision le jeudi 15 mai dans l’affaire qui oppose son client à Valérie Yapo.

    Alors que les partisans de M. Thiam et la direction du PDCI attendaient avec impatience une décision judiciaire, qui aurait pu clarifier la situation du leadership au sein du parti — soit pour le confirmer à la tête du PDCI, soit pour l’évincer —, ils devront patienter davantage.

    Me Rodrigue Dadjé, l’un des avocats de Tidjane Thiam

    Dans une publication diffusée sur ses réseaux sociaux, Me Rodrigue Dadjé a précisé : « Il n’y aura aucune décision rendue le 15 mai 2025 par la justice sauf situation anormale. »

    L’avocat ne donne toutefois aucune explication sur les raisons de ce report ou de cette absence de verdict.

    Pour rappel, Valérie Yapo, ancienne membre du secrétariat exécutif du PDCI, conteste la régularité de l’élection de Tidjane Thiam à la tête du parti. Elle affirme qu’au moment de son élection, en décembre 2023, celui-ci ne disposait pas de la nationalité ivoirienne, condition pourtant exigée par les statuts du PDCI.

    Il est en effet établi que Tidjane Thiam n’a renoncé à sa nationalité française qu’en mars 2025. De plus, il a récemment été radié de la liste électorale, fin avril, par décision de justice, pour ce même motif.

    Le bras de fer judiciaire entre Valérie Yapo et Tidjane Thiam se poursuit donc, avec ses nombreux rebondissements, dans un contexte où l’enjeu dépasse largement le cadre d’un simple litige interne et pourrait avoir des implications politiques majeures.

    Serge Alain Koffi

  • Présidentielle en Côte d’Ivoire : En France, le député Aurélien Taché exprime ses inquiétudes et attire l’attention du gouvernement français.

    Présidentielle en Côte d’Ivoire : En France, le député Aurélien Taché exprime ses inquiétudes et attire l’attention du gouvernement français.

    À moins de six mois de la présidentielle ivoirienne, la tension monte à l’international. Le député français Aurélien Taché (membre de La France insoumise) a posé une question écrite au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de son pays pour dénoncer ce qu’il considère comme de graves atteintes à la démocratie en Côte d’Ivoire. Dans sa lettre datée du 13 mai 2025, il exige un audit indépendant de la liste électorale.

    Le président Alassane Ouattara, 83 ans, au pouvoir depuis 2011, ne s’est pas encore déclaré candidat, mais a exprimé son « désir de continuer à servir » la Côte d’Ivoire. L’élu français l’accuse de vouloir « brigue[r] un 4e mandat inconstitutionnel », en violation de la limitation des mandats prévue par la Constitution ivoirienne. 

    Des irrégularités majeures

    Le cadre du parti de Jean Luc Mélenchon pointe également l’exclusion de plusieurs figures majeures de l’opposition : Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Tidjane Thiam et Charles Blé Goudé, tous écartés du processus électoral, principalement en raison de condamnations judiciaires ou de radiations administratives.

    Mais l’élément central de son interpellation reste la fiabilité de la liste électorale provisoire, publiée par la CEI en avril 2025. Selon Aurélien Taché, celle-ci comportait des irrégularités majeures : l’inscription massive de personnes décédées, d’électeurs fictifs ou de doublons atteindrait, selon un rapport du PPA-CI, un taux alarmant de 75 % de fraudes potentielles sur les six millions d’inscrits.

    « Ces accusations portées par les oppositions ivoiriennes sont avérées, alors on ferait face à un système de fraude électorale généralisée », écrit-il dans sa missive, ajoutant que « la vie démocratique ivoirienne n’est aujourd’hui pas claire ».

    Absence de transparence 

    Le député revient également sur le projet d’appui européen au fichier d’état civil, censé renforcer la fiabilité du processus électoral. Financé par la France et l’Union européenne à hauteur de 5 millions d’euros, ce programme mené avec l’ONECI (Office national de l’état civil et de l’identification) et CIVIPOL (opérateur du ministère français de l’Intérieur), reste opaque selon lui. Il dénonce l’absence de transparence sur les résultats, les dépenses et les évaluations de ce projet, pourtant censé être achevé en 2023.

    Face à ces constats, le député de la circonscription de Cergy réclame que la France conditionne son aide au respect des principes démocratiques et à la mise en œuvre d’un audit électoral indépendant, rigoureux et dans les plus brefs délais.

    Cette sortie intervient alors que l’opposition ivoirienne multiplie les mises en garde sur les risques de verrouillage du scrutin d’octobre 2025, dans un contexte marqué par une méfiance persistante envers la Commission électorale indépendante (CEI) et le gouvernement.

    Le gouvernement français de même que les autorités ivoiriennes n’ont pas encore réagi, mais ce nouvel épisode pourrait fragiliser davantage la crédibilité du processus électoral ivoirien aux yeux des partenaires internationaux.

  • Congrès extraordinaire électif du Pdci-Rda : Tidjane Thiam élu président à 99,77%

    Congrès extraordinaire électif du Pdci-Rda : Tidjane Thiam élu président à 99,77%

    Le 9ᵉ congrès extraordinaire électif éclaté du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda) s’est déroulé le 14 mai 2025, dans plusieurs délégations départementales, communales ainsi qu’à l’étranger, au sein de la diaspora.

    A l’issue du vote, le président du comité électoral du 9e congrès extraordinaire électif du Pdci-Rda, Georges Philippe Ezaley, a proclamé les résultats des votes à la Maison du parti à Cocody.

    Le candidat unique à cette élection, Cheick Tidjane Thiam, a été élu à plus de 99,69% des voix. Inscrits 5600 ; votants 5211 ; taux de participation : 92,69% ; bulletins nuls : 9 ; bulletins blancs : 12 ; suffrage exprimé : 5202. A obtenu, le candidat Tidjane Thiam : 5190 soit 99,77%.

    A l’ouverture du congrès, le président du comité électoral s’est satisfait du bon déroulement du scrutin. « Tout se passe bien. Les élections se déroulent dans le calme, sans incident », a-t-il déclaré à la presse. Il a précisé que les opérations de vote ont débuté comme prévu dans les différentes délégations. « C’est un jour ouvrable, mais les militants viennent voter. La clôture des bureaux est prévue au plus tard à 18h », a-t-il ajouté.

    Pour la deuxième fois en moins de deux ans, les militants du Pdci-Rda sont appelés à élire un nouveau président. Cheick Tidjane Thiam est le seul candidat en lice.

    Sur le site de Cocody, les militants ont répondu à l’appel du parti. « Nous sommes venus répondre à l’appel du parti. Ce qu’il faut retenir, c’est que je suis Pdci et je resterai Pdci, même si certains disent qu’il y a beaucoup de choses qui s’y passent. Asseyons-nous et discutons », a déclaré le maire Jean-Marc Yacé, après avoir accompli son devoir de militant.

    Même engagement affiché chez Djaboua Joachim, cadre du parti : « J’ai répondu à l’appel du Bureau politique qui nous a demandé de participer à ce congrès électif. Je suis venu accomplir mon devoir de militant, et j’en suis satisfait ».

    Élisabeth Soumahoro, membre du Bureau politique et militante de Cocody, n’a pas manqué de souligner l’objectif du jour : « Nous sommes venus plébisciter notre président, Tidjane Thiam ». Le déroulement du scrutin est supervisé par Ange Romain Dagaret-Dassaut, président du comité électoral et délégué de Cocody 3, assisté de Marie-Noëlle Djédjé Mady. « Les militants viennent accomplir leur devoir civique. Nous avons ouvert les bureaux à 8h. Les membres du Bureau politique, les secrétaires généraux, ainsi que de nombreux militants participent au vote. Tout se déroule dans le calme », a-t-il rassuré.

    Pour rappel, c’est à la suite du 19ᵉ Bureau politique extraordinaire, convoqué le lundi 12 mai 2025, par le président par intérim, Ernest N’Koumo Mobio, que la tenue du congrès électif a été décidée. Doyen d’âge du parti, il a été désigné pour assurer l’intérim, conformément aux textes du Pdci-Rda, après la démission de Tidjane Thiam.

    Ce dernier avait annoncé son départ à travers une déclaration rendue publique dans la nuit du 11 au 12 mai 2025, invoquant le harcèlement judiciaire dont il affirme être victime, ainsi que son parti.

  • PRESIDENTIELLE 2025 EN COTE D’IVOIRE : La stratégie risquée du PDCI-RDA

    PRESIDENTIELLE 2025 EN COTE D’IVOIRE : La stratégie risquée du PDCI-RDA

    Les militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) sont plongés dans de profondes réflexions suite à la démission de Tidjane Thiam, de la présidence du parti. Le rêve de voir leur candidat porter les couleurs du parti, en octobre 2025 est en train de se briser. Et même si le parti annonce la tenue d’un congrès extraordinaire pour ce 14 mai 2025, pour le désigner à nouveau comme son   candidat, force est de constater qu’au stade actuel du contentieux électoral, aucun recours ne semble envisageable pour permettre à Tidjane Thiam de réintégrer la liste électorale de laquelle il a été radié. Sauf revirement spectaculaire, son nom ne devrait pas figurer sur la liste définitive attendue pour juin prochain. Avant cette déconvenue, Valérie Yapo, protagoniste de Tidjane Thiam, suite à une autre affaire en Justice, avait déjà appelé le parti à préparer une alternative. Qui donc pour remplacer Tidjane Thiam? Le PDCI-RDA osera-t-il changer de cap pour désigner un nouveau porte-étendard ? Ou persistera-t-il dans sa logique du Thiam ou rien ? Pour l’instant, la direction du parti semble divisée.

    Le parti doit vite trancher s’il veut rester un acteur important de la scène politique ivoirienne

    En effet, tandis que certains cadres continuent d’afficher leur fidélité à Tidjane Thiam, d’autres appellent à la raison. Au regard donc de ces profondes dissensions, on peut croire que la démission de Tidjane Thiam rebat les cartes au niveau du plus vieux parti de Côte d’Ivoire. Entre la fidélité à un homme et la nécessité de préserver ses chances électorales, le PDCI-RDA est face à un dilemme.  Or, le temps presse, et la publication de la liste électorale définitive, approche. Le parti doit vite trancher s’il veut rester un acteur important de la scène politique ivoirienne. En tout cas, la volonté du PDCI-RDA de vouloir, vaille que vaille, désigner Tidjane Thiam, comme le seul remède à son vieillissement politique, relève d’une stratégie risquée. En effet, Tidjane Thiam, à travers ses différentes sorties, donne l’impression qu’on lui a simplement soufflé à l’oreille, que le moment était propice pour lui de se lancer dans la course à la magistrature suprême, sans qu’il ne s’y soit réellement préparé ; d’où des maladresses à répétition. Pourquoi, par exemple, affirmer qu’« il n’y a pas de plan B » en dehors de lui et qu’il sera l’unique candidat du PDCI-RDA en 2025 ? Que croit-il que se disent, en silence, les autres cadres du parti qui le soutiennent par discipline ou résignation ? En politique, par respect pour les autres, certaines paroles ne devraient jamais être prononcées. En tout cas, les Ivoiriens qui espéraient aller aux élections avec une opinion forgée par les projets de société proposés par les différents candidats, croisent les doigts. Ils redoutent une autre crise post-électorale à l’instar de celle de 2010-2011, qui avait mis le pays sens dessus dessous.

  • Côte d’Ivoire : tarifs douaniers de Trump et lutte contre la contrebande boostent la transformation locale du cajou

    Côte d’Ivoire : tarifs douaniers de Trump et lutte contre la contrebande boostent la transformation locale du cajou

    En Côte d’Ivoire, la campagne 2025 de commercialisation de la noix de cajou connaît un tournant majeur. Alors que les principaux acheteurs asiatiques ont suspendu leurs achats, à la suite des tensions commerciales avec les USA, le segment de la transformation locale enregistre une progression sans précédent.

    En Côte d’Ivoire, les transformateurs locaux d’anacarde se sont déjà procuré 650 000 tonnes de noix auprès des producteurs depuis le début de la campagne de 2025 en janvier dernier, signant un record inédit d’approvisionnement dans la filière. C’est ce qu’a révélé Mamadou Berté, directeur général du Conseil du coton et de l’anacarde (CCA), qui se confiait à Reuters mercredi 7 mai.

    Le volume annoncé représente plus du double du stock acheté par les industriels pour leurs opérations l’année dernière (300 000 tonnes) et dépasse déjà de 62 % l’objectif initial d’approvisionnement de 400 000 tonnes fixé en début de campagne. Avec cette dynamique, la Côte d’Ivoire peut transformer environ 50 % de sa production de noix de cajou escomptée cette année contre des prévisions initiales de seulement 34,7 %. Deux principaux facteurs peuvent expliquer une telle montée en puissance du segment de la transformation.

    Un renforcement de la lutte contre la contrebande.

    Les autorités ivoiriennes ont récemment revu à la hausse les prévisions de récoltes à 1,3 million de tonnes, soit un stock en hausse de 13 % par rapport aux prévisions initiales de 1,15 million de tonnes. Il signe en outre une progression de 38 % par rapport à l’année précédente (944 667 tonnes).

    Selon le CCA, cette performance s’explique en grande partie par un meilleur contrôle de la contrebande vers les pays voisins, notamment le Ghana et le Burkina Faso, ce qui a permis d’accroître la disponibilité de la matière première sur le marché local.

    Il convient de noter que depuis le début de la campagne agricole de 2024/2025, l’opération « Verrou 322 » est déployée par les autorités ivoiriennes à cet effet. Cette initiative, qui se veut une véritable offensive contre la contrebande de produits clés pour l’économie comme le cacao et l’anacarde, implique notamment les Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire ainsi que les corps paramilitaires.

    Les droits de douane américains ont refroidi l’intérêt des acheteurs asiatiques

    D’un autre côté, l’annonce par les États-Unis d’une augmentation des droits de douane sur les produits transformés en Inde (+26 %) et au Vietnam (+46 %) a profondément perturbé les flux commerciaux mondiaux, bien que le pays de l’Oncle Sam ait temporairement suspendu les nouveaux tarifs pour une période de 90 jours, tout en maintenant une taxe générale de 10 % sur les importations.

    Ces deux pays asiatiques, qui importent à eux seuls généralement près de 90 % des noix brutes exportées par la Côte d’Ivoire, ont brutalement ralenti, voire suspendu leurs achats. Principalement destinées à l’exportation vers les États-Unis après transformation, ces noix ivoiriennes deviennent désormais trop coûteuses à valoriser pour les entreprises asiatiques.

    D’après le CCA, les acheteurs vietnamiens par exemple n’ont acquis cette année que 200 000 tonnes de noix de cajou brutes, contre 700 000 à 800 000 tonnes l’an dernier, ce qui permet d’améliorer la disponibilité de la matière première sur le marché local. Le régulateur souligne également que ce désengagement soudain a contribué à la chute du prix bord champ, qui est passé de 425 FCFA à entre 200 et 300 FCFA le kilogramme, trois mois après le début de la campagne de commercialisation, au grand dam des producteurs, mais pour le bonheur des industriels.

    Globalement, si ce retournement conjoncturel représente une opportunité stratégique pour l’industrialisation de la filière cajou en Côte d’Ivoire, premier producteur africain, il pose aussi la question de la résilience du secteur face à sa dépendance aux fluctuations internationales. Car, comme le souligne le CCA, avec la baisse des prix bord champ de la matière première, les revenus des petits exploitants agricoles devraient en pâtir.

    Stéphanas Assocle

  • CONGRÈS DU PDCI-RDA : DES MILITANTS DU GBÊKÊ S’OPPOSENT FERMEMENT À LA TENUE DE L’ÉVÉNEMENT À BOUAKÉ

    CONGRÈS DU PDCI-RDA : DES MILITANTS DU GBÊKÊ S’OPPOSENT FERMEMENT À LA TENUE DE L’ÉVÉNEMENT À BOUAKÉ

    À la veille du congrès extraordinaire prévu pour ce mercredi 14 mai 2025, un vent de contestation souffle au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA). Réunis en conférence de presse ce mardi 13 mai 2025 au quartier Air France à Bouaké, un groupe de militants se réclamant du Collectif des militants du PDCI-RDA du Gbêkê a exprimé son opposition catégorique à la tenue dudit congrès extraordinaire dans leur région.

    Face à la presse nationale et locale, Kouamé Binger, porte-parole du collectif des militants du PDCI-RDA, a tenu un discours ferme, pointant du doigt ce qu’il qualifie de « forfaiture » orchestrée par la direction actuelle du parti, sous la houlette de Tidjane Thiam. Dans une déclaration officielle adressée au Préfet de la région du Gbêkê, les contestataires ont demandé l’annulation pure et simple de ce congrès qu’ils jugent irrégulier à plusieurs égards.

    ‘’Un processus vicié, bâclé’’

    ‘’Nous dénonçons un processus vicié, bâclé, et contraire aux principes démocratiques qui ont toujours guidé notre formation politique », a martelé Kouamé Binger. Le collectif, composé de figures connues dans les sections locales du parti, brandissait fièrement ses cartes de militants en guise de légitimité. Il reproche aux organisateurs du congrès un agenda précipité, sans consultation approfondie de la base, ainsi qu’un contexte juridique incertain, marqué par des procédures judiciaires non encore résolues concernant la direction du parti.

    Selon ces militants, la tenue du congrès à Bouaké, dans ces conditions, serait une « provocation inutile » susceptible de semer davantage la division au sein du PDCI-RDA. « Nous ne pouvons pas cautionner une telle démarche. Elle va à l’encontre des valeurs de dialogue, de consensus et de légalité défendues depuis des décennies par notre parti », a souligné l’un des membres du collectif.

    Le collectif appelle ainsi le préfet à empêcher la tenue de l’événement sur le territoire du Gbêkê, au nom de la stabilité et du respect des procédures internes du parti

    La déclaration adressée à l’autorité préfectorale insiste sur le rôle de garant de la paix sociale et de l’ordre public que joue l’État. Le collectif appelle ainsi le préfet à empêcher la tenue de l’événement sur le territoire du Gbêkê, au nom de la stabilité et du respect des procédures internes du parti.

    Cette sortie médiatique vient s’ajouter à une série de tensions internes qui secouent le PDCI-RDA depuis le décès de l’ancien président Henri Konan Bédié. L’accession de Tidjane Thiam à la tête du parti a, selon plusieurs analystes, provoqué des remous, notamment en raison de sa volonté de moderniser la gouvernance du parti et de bousculer certaines habitudes enracinées.

    À quelques mois de l’élection présidentielle de 2025, cette nouvelle crise interne tombe à un moment stratégique. Reste à savoir si la direction du parti répondra à ces accusations et si le congrès pourra se tenir comme prévu, malgré les objections grandissantes d’une frange de sa base militante.

    Ci-dessous la déclaration

    Collectif des militants du Gbêkê, opposé à la tenue du congrès extraordinaire Éclaté du Mercredi 14 Mai 2025

    À MONSIEUR LE PREFET DE REGION DU GBEKE BOUAKE

    OBJET : information

    Monsieur le Préfet,

    Vu, le compte rendu du bureau politique du 12 Mai 2025 qui s’est tenu à 11h00, à la maison du parti à Abidjan Cocody.

    Vu, l’annonce et la date de la démission du président du parti PDCI-RDA ;

    Vu la date de la tenue du bureau politique le 12 Mai 2025 ;

    Vu, la date du 13 Mai 2025 des dépôts de candidature pour le compte de la présidence du PDCI-RDA ;

    Vu, la date du 14 Mai 2025 de la tenue du congrés extraordinaire éclatée.

    Vu, la non prononciation du verdict final par le tribunal de premier instance d’Abidjan-plateau de l’affaire opposant madame YAPO VALERIE au président du PDCI-RDA, Tidiane Thiam ;

    Nous militant du PDCI-RDA de la région du GBEKE, venons par cette note vous informer de notre mécontentement de la manière dont les choses se font par les nouveaux dirigeants de notre parti politique.

    Nous vous informons que nous serions présents avec les militants pour dénoncer la tenue de ce congrès extraordinaire éclatée qui ne s’est jamais déroulé de la sorte, au sein de notre parti politique.

    Veuillez, agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes sentiments distingués.

    AMPLIATION :

    À Monsieur le Commissaire de préfecture de police

    Pour le collectif

    Le Coordinateur : KOUAME BINGER

    Par Adolphe ANGOUA

  • Africa Ceo Forum: L’Ocde et la Banque mondiale réaffirment leur appui à la Côte d’Ivoire

    Africa Ceo Forum: L’Ocde et la Banque mondiale réaffirment leur appui à la Côte d’Ivoire

    En marge de l’Africa Ceo Forum, qui se tient les 12 et 13 mai à Abidjan, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a reçu, hier, en audience Mathias Cormann, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde) et Harold Tavares, administrateur du groupe de la Banque mondiale.

    A l’issue des échanges, les deux institutions ont réaffirmé leur engagement à travailler et à renforcer leur coopération avec la Côte d’Ivoire. « Nous avons rencontré le Premier ministre pour explorer des opportunités et travailler ensemble pour renforcer la croissance économique de sorte que les politiques publiques servent davantage à la Côte d’Ivoire. Cela, à travers le développement du capital humain, l’économie circulaire. Nous sommes engagés à soutenir les efforts du gouvernement », a rassuré Mathias Corman, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde).

    De son côté, Harold Tavares, administrateur du groupe de la Banque mondiale, a indiqué que la Banque mondiale s’engage à appuyer véritablement la Côte d’Ivoire dans les projets en cours de développement. « Nous avons principalement discuter du rôle de la Côte d’Ivoire dans le groupe. Nous avons parlé du Plan national de développement et comment il peut entrer dans le portefeuille de la Banque mondiale. La Côte d’Ivoire est un pays très dynamique, c’est véritablement un hub. ». Robert Beugré Mambé, a également recu en audience Walid Sheta, Président Middle East de Shneider et le directeur général de Africa CDC, Dr Jean Kaseya.

    EMELINE P. AMANGOUA

  • PDCI: COMPRENDRE LA STRATÉGIE TIDJANE THIAM

    PDCI: COMPRENDRE LA STRATÉGIE TIDJANE THIAM

    Dans un contexte politique tendu, où son avenir à la tête du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) semblait compromis, Tidjane Thiam a opéré une manœuvre : partir… pour mieux revenir.

    Pour le PDCI, la démission de Tidjane Thiam est loin d’être une défaite. Elle s’apparente davantage à un retrait stratégique, calculé pour rebondir avec plus de légitimité. Comment comprendre une telle posture ?

    Menacé par une procédure judiciaire visant à le destituer, l’ancien président du parti a surpris tout le monde dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 mai 2025, en annonçant sa démission.

    «Dans l’intérêt du parti, j’ai décidé de remettre entre vos mains, à vous les militants, mon mandat de président du parti», a déclaré l’ancien patron du Crédit Suisse, dans une allocution publiée sur ses réseaux sociaux. Il affirme que cette décision ne «change rien à l’engagement» qu’il a pris «en décembre 2023 de conduire personnellement (le) parti à la victoire en octobre 2025».

    Cette démission de Tidjane Thiam est une stratégie politique.

    Inéligible à l’élection présidentielle

    Son élection à la tête du PDCI est contestée en justice par une militante de son parti qui estime qu’il ne possédait pas la nationalité ivoirienne au moment du scrutin en décembre 2023.

    «Je sais qu’après m’avoir élu en 2023, vous m’accorderez de nouveau votre confiance», a ajouté lundi Tidjane Thiam dans sa déclaration, laissant entendre qu’il compte être de nouveau élu à la tête du parti.

    Un départ… pour mieux revenir

    À première vue, la démission de Tidjane Thiam pourrait passer pour une capitulation. En réalité, c’est un repli tactique, selon le PDCI. En se retirant de la présidence du PDCI-RDA, il rend caduque la procédure judiciaire lancée contre lui. L’audience prévue ce jeudi devient ainsi sans objet, car elle portait sur une fonction qu’il n’occupe désormais plus.

    Le piège institutionnel déjoué

    Les textes du PDCI ne reconnaissent pas le poste de « président délégué », une fonction récemment créée par Thiam pour renforcer la direction du parti. Cette innovation avait été dénoncée par ses opposants comme étant anticonstitutionnelle au regard des statuts du parti. En quittant son poste, Thiam désamorce la crise institutionnelle sans offrir une vraie victoire à ses adversaires : la direction par intérim reste acquise à ses fidèles.

    Vers une réélection légitime et incontestable

    L’étape suivante est déjà planifiée : le président par intérim convoquera un Bureau politique, qui fixera une date pour un Congrès Extraordinaire. À cette occasion, Tidjane Thiam pourra se représenter. Réélu, cette fois dans les formes incontestables et par les structures statutaires du parti, il renforcera non seulement sa légitimité interne, mais aussi sa stature de leader national.

    Une nationalité désormais incontestable

    L’un des principaux obstacles à sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025 était le doute entretenu autour de sa nationalité ivoirienne. Ce point a été officiellement tranché : le DACP (Directeur des Affaires Civiles et Pénales) ainsi que le Garde des Sceaux ont confirmé son appartenance indiscutable à la nationalité ivoirienne. Désormais, plus rien ne s’oppose juridiquement à sa candidature.

    Une manœuvre à haute valeur symbolique

    Au lieu de s’accrocher à un fauteuil contesté, Tidjane Thiam choisit de le lâcher temporairement pour revenir plus fort, auréolé d’une légitimité incontestable. Cette manœuvre démontre non seulement sa maîtrise des rouages politiques, mais aussi une certaine humilité tactique, rare dans le paysage politique ivoirien.

    Si l’on considère l’objectif ultime — sa participation à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025,  alors oui, Tidjane Thiam a peut-être perdu une bataille, mais il a très probablement sauvé la guerre.

    Eugène Tristan SAHI

  • Cote d’Ivoire: Tidjane THIAM dénonce un harcèlement judiciaire.

    Cote d’Ivoire: Tidjane THIAM dénonce un harcèlement judiciaire.

    Tidjane Thiam quitte la présidence du PDCI, principal parti d’opposition en Côte d’Ivoire. Dans une vidéo publiée dimanche (11.05.2025) en soirée, sur les réseaux sociaux, le candidat du PDCI à l’élection présidentielle d’octobre dénonce une volonté claire de mettre son parti sous tutelle.

    « Dans l’intérêt du parti, j’ai décidé de remettre entre vos mains, à vous les militants, mon mandat de président du parti », a déclaré M. Thiam, hors du pays depuis plus d’un mois. 

    Tidjane Thiam ne perd pas de vue la présidentielle

    L’annonce de Tidjane Thiam survient quelques jours avant une décision de justice qui pourrait conduire à sa destitution à la tête du plus vieux parti de Côte d’Ivoire. Il est reproché à Tidjane Thiam de s’´être fait élire à la présidence du PDCI avec le statut de citoyen français. Une nationalité qu’il a par la suite abandonnée.  Alors, le PDCI est désormais dirigé par un président intérimaire et Tidjane Thiam devient président délégué. Il a déploré « un harcèlement judiciaire inique et insidieux » dont le seul objectif serait de lui barrer la voie au scrutin présidentiel.  Il a assuré que ce retrait de la présidence du PDCI ne « change rien à l’engagement » qu’il a pris « en décembre 2023 de conduire personnellement (notre) parti à la victoire en octobre 2025 ».

    Lundi matin, plusieurs centaines de militants étaient rassemblés au siège du parti, devant lequel des forces de sécurité étaient déployées, brandissant notamment des pancartes « Touche pas à mon droit de vote », ou « L’intimidation ne passera pas », a constaté une journaliste de l’AFP. Un bureau politique du parti a commencé en début d’après-midi.  

    Sévérin Kouamé est sociologue, enseignant-chercheur à l’université Alassane Ouattara de Bouaké. Il explique les implications de ce retrait de Tidjane Thiam de la présidence du parti.   

    Sévérin Kouamé : Cette décision est l’illustration de ce qu’aujourd’hui, ce parti prend la pleine mesure de l’adversité à laquelle il fait face. C’est la prise de conscience de ce que l’accession au pouvoir dans le contexte ivoirien n’est pas un long fleuve tranquille.

    DW : On sait que la candidature à la présidentielle d’octobre prochain de Tidjane Thiam est compromise. Est-ce que vous pensez que le parti a un plan B même si Tidiane Thiam dans son intervention semble dire qu’il va être candidat ?

    On est dans un contexte où il faut une stratégie et la décision du président Thiam s’inscrit certainement dans une stratégie. Il y a une conscience de ce que monsieur Ouattara (président de la Côte d’Ivoire) fait tout pour nettoyer tout ce qui est adversité conséquente qui pourrait fragiliser soit un plan B au niveau du RHDP puisqu’aujourd’hui la question d’un autre mandat du président Ouattara reste problématique. Et donc s’il s’agissait pour le RHDP d’avoir une alternative à monsieur Ouattara, il faut justement qu’en face de cette alternative qui est monsieur Ouattara la compétition soit la moins rude possible. Quel que soit le plan B, que ce soit Jean-Louis Billon, Thierry Tannoh, dont le nom circulait il y a un moment, quelle que soit la personne, le plus important, c’est quelle sera la réaction en face.

    DW : Qu’est-ce que tout cela signifie pour la Côte d’Ivoire  ? Parce qu’on a l’impression qu’à quelques mois de la présidentielle, que le pouvoir en place semble sur un boulevard parce que la plupart des gros candidats en fait ne sont pas là. Est-ce qu’on est face aussi à une énième crise qui se profile à l’horizon ?

    On est dans la construction de rapports de force. Et les rapports de force dans le contexte ivoirien peuvent être particulièrement violents. Aujourd’hui, en observant ce qui se passe, on peut déjà dire qu’on est dans une forme de crise préélectorale. Maintenant, est-ce que cette crise préélectorale va générer de la violence  ? Le plus important donc, c’est de regarder si les acteurs en présence ont le cynisme politique suffisant pour convoquer une confrontation violente dans les rues ou en dehors des rues, notamment à travers les milices interposés ou à travers des forces militaires ou paramilitaires interposées. C’est cela la grande question. 

  • PDCI-RDA : APRÈS LA DÉMISSION DE THIAM, UN NOUVEAU PRÉSIDENT ÉLU LE 14 MAI PROCHAIN

    PDCI-RDA : APRÈS LA DÉMISSION DE THIAM, UN NOUVEAU PRÉSIDENT ÉLU LE 14 MAI PROCHAIN

    Au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), un congrès extraordinaire visant à élire le nouveau président du parti est prévu pour le 14 mai prochain. Cette décision a été prise par le bureau politique, convoqué en urgence ce lundi 12 mai 2025.

    Elle intervient seulement moins de 24 heures après l’annonce surprise de Tidjane Thiam, qui a décidé de quitter la présidence du parti.  

    Les raisons d’une démission

    Dans une déclaration solennelle diffusée sur sa chaîne YouTube dans la nuit du dimanche 11 mai, l’ancien PDG du Crédit Suisse a annoncé son retrait au profit du doyen d’âge, Ernest N’Koumo Mobio, afin de contourner le « harcèlement juridique » dont lui-même et le parti font l’objet depuis février dernier.

    Le bureau politique a été convoqué pour donner une légitimité à cette décision et entériner la désignation de Tidjane Thiam au poste de président délégué du parti, conformément à la décision du doyen N’Koumo Mobio, désigné président intérimaire en vertu des statuts et règlements du parti.

    Un seul point à l’ordre du jour

    À l’issue de cette réunion, il a été décidé de la convocation d’un congrès électif extraordinaire pour le mercredi 14 mai. L’élection du nouveau président du parti constituera l’unique point inscrit à l’ordre du jour. Selon nos sources, Tidjane Thiam, désormais président délégué, devrait sans surprise être reconduit à la tête du parti.

    Le Tidjane Thiam que nous allons réélire à la tête du parti mercredi, c’est le Thiam redevenu ivoirien selon le pouvoir d’Abidjan

    « Le Tidjane Thiam que nous allons réélire à la tête du parti mercredi, c’est le Thiam redevenu ivoirien selon le pouvoir d’Abidjan », confie un proche de l’ancien dirigeant du Crédit Suisse. 

    Radié de la liste électorale

    Tidjane Thiam a en effet été radié de la liste électorale le 22 avril dernier, à la suite d’une décision de justice prise dans le cadre du contentieux sur la liste électorale provisoire. Le juge administratif a estimé que le candidat désigné du PDCI-RDA avait perdu sa nationalité ivoirienne au regard de l’article 48 du code de la nationalité au moment de son inscription.

    Par ailleurs, l’ancien ministre du Plan et du Développement était également sous la menace d’une misère à la tête du parti, à la suite d’une action en justice engagée par Valérie Yapo, cadre du PDCI-RDA. Dans sa requête, l’ancienne déléguée départementale à Akoupé affirme que Tidjane Thiam n’était pas exclusivement ivoirien lors de son élection. Elle exigeait sa destitution ainsi que la mise du parti sous administration provisoire.

    Au sein du PDCI-RDA, l’on dénonce une manœuvre orchestrée de l’extérieur pour affaiblir le parti. « Nous mettons le parti à l’abri de la forfaiture du régime, qui pouvait décider de nommer n’importe quel administrateur à la tête de notre formation politique, avec un droit de décision et de signature aussi bien sur le plan politique que financier. Nous disons non », a déclaré notre interlocuteur.

    Jean Kelly KOUASSI

  • Côte d’Ivoire: le PDCI-RDA convoque un bureau politique ce lundi après la démission de Thiam

    Côte d’Ivoire: le PDCI-RDA convoque un bureau politique ce lundi après la démission de Thiam

    Le doyen d’âge du Pdci-Rda, Ernest N’koumo Mobio qui préside désormais les destinées du parti septuagénaire conformément aux textes dudit parti suite à la démission de Tidjane Thiam, a convoqué un bureau politique ce lundi 12 mai à la maison du parti à Abidjan-Cocody.

    Selon une note consultée par Abidjan.net, dans une adresse aux militantes et militants le dimanche 11 mai,  »le Président du Pdci-Rda, Tidjane Thiam, se référant au harcèlement judiciaire orchestré contre lui et le Parti, a fait connaître sa décision de remettre entre nos mains son mandat de Président du Parti. »

    Le doyen d’âge du Pdci-Rda, Ernest N’koumo Mobio (à gauche sur la photo), qui préside désormais les destinées du parti septuagénaire conformément aux textes dudit parti suite à la démission de Tidjane Thiam

    À en croire le récit de ce communiqué, dans ces circonstances, les Statuts du Pdci-Rda disposent que l’intérim est assuré par le doyen d’âge des Vice-Présidents.

     »Je ne puis me dérober à l’appel du devoir: J’accepte avec responsabilité les charges qui m’incombent, en vertu de l’âge qui est le mien.

    Je m’engage à assumer pleinement le rôle qui m’est ainsi dévolu, en comptant sur vous, votre jeunesse, et sur votre détermination. », indique cette note signée de N’koumo Mobio.

    Il a par ailleurs lancé un appel à la cohésion, à la sérénité et à la discipline, pour qu’ensemble  »nous œuvrions à la préservation de l’unité du Parti, et que, rassemblés, nous puissions sauvegarder l’héritage que nous ont légué les Pères Fondateurs. »

    Cyprien K.

  • Côte-d’Ivoire: Déclaration vidéo de Tidjane Thiam après sa démission « tactique » de la tête du PDCI

    Côte-d’Ivoire: Déclaration vidéo de Tidjane Thiam après sa démission « tactique » de la tête du PDCI

    Le président a fait le choix d’anticiper une décision de justice défavorable en démissionnant pour préparer un nouveau congrès comme candidat à nouveau en qualité d’ivoirien indiscutable. Thiam a fait le choix !

  • Le PDCI a un président intérimaire, N’Koumo Mobio remplace Tidjane Thiam

    Le PDCI a un président intérimaire, N’Koumo Mobio remplace Tidjane Thiam

    L’ancien ministre N’Koumo Mobio est le président intérimaire du PDCI a moins de 6 mois de la présidentielle.

  • Le Vatican, petit État, grande influence dans le monde

    Le Vatican, petit État, grande influence dans le monde

    Le Vatican est non seulement le siège de l’Eglise catholique romaine, mais aussi un État. L’action du pape n’est pas que spirituelle, elle est aussi politique.

    Le Vatican est un minuscule territoire de 44 hectares au cœur de Rome. C’est le plus petit pays du monde. Et le catholicisme est la seule religion au monde à exercer un rôle officiel dans les relations internationales. L’action du pape comme chef de l’Église n’est donc pas seulement spirituelle, elle est aussi politique et diplomatique. 

    Ancien diplomate du Vatican (1975-1983), Paul Grossrieder rappelle ici l’influence que les prises de position du pape Jean-Paul II ont par exemple eu sur les bouleversements survenus en Pologne en 1989 et dans plusieurs pays de l’est.

    « Le pape Jean-Paul II par rapport à la Pologne et au regime communiste de l’époque, il s’est beaucoup engagé avec Solidarnosc. Il y a eu le coup d’état du général Jaruzelski.J’ai été prié par le pape de faire un discours particulièrement fort au sujet de ce coup d’état. Il avait une vision de l’après communisme en Pologne. »

    Jean-Paul II aurait collaboré avec la CIA pour soutenir la résistance au régime communiste en PologneImage : Jacques Nadeau/empics/picture alliance

    Le journaliste américain Carl Bernstein, à l’origine des révélations sur le Watergate, a affirmé en 1992 que Jean-Paul II avait même collaboré avec la CIA pour soutenir la résistance au régime communiste en Pologne.

    Diplomatie secrète dans le monde

    En 2014, le Vatican a aussi joué un rôle déterminant comme médiateur discret dans le dégel entre les États-Unis et Cuba. Il a facilité l’accord qui a abouti à la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays.

    Au Proche-Orient, le Vatican continue de soutenir fermement la solution à deux États comme issue au conflit israélo-palestinien. 

    François a, quant à lui, été très actif sur les tensions au Moyen-Orient où il a multiplié les appels et les intitaives pour la paix en Syrie, en Irak et au Proche-Orient. 

    En Afrique, il s’est rendu à Bangui en 2015, au Soudan du Sud en 2019, demandant la fin de la guerre civile dans ces deux pays. Il  s’est aussi rendu en janvier 2023 en RDC, autre pays en crise.

    Italie Vatican I Des fidèles assistent à la messe de funérailles du pape François sur la place Saint-Pierre
    Le Vatican, plus petit État du monde avec 44 hectaresImage : Yara Nard/REUTERS

    Une bonne réputation 

    Si le Vatican est présent dans le réglement de plusieurs crises dans le monde, c’est surtout en raison de sa bonne réputation liée à sa neutralité.

    « Une certaine influence mais qui n’a rien à voir avec celle des Etats-Unis ou de n’importe quel autre pays. Le Saint-Siège peut être assez actif lorsqu’il s’agit de créer des ponts entre des ennemis jurés et le Saint-Siège a généralement une position très neutre et acceptable par les différentes parties. »

    Pendant son pontificat, le pape François s’est également beaucoup interessé aux questions liées au climat. En 2021-2022, le Saint-Siège a officiellement adhéré à l’Accord de Paris sur le climat. 

    Engagement pour les migrants

    Autre préoccupation qui mobilise le Vatican : les politiques migratoires. Le pape François avait placé le soutien aux migrants au cœur de son action dès le début de son pontificat. En 2013, il avait effectué sa première visite à Lampedusa pour attirer l’attention sur la nécessité d’accueillir les migrants traversant la Méditerranée.

    « Son rôle est de donner une orientation doctrinale de principes sur l’humanité des migrants et c’est ce que le pape François fait chaque fois qu’il a l’occasion d’aller à Lesbos ou à Lampedusa, c’est de dire que ces gens là sont des humains comme les autres. »

    Au-delà de son appareil diplomatique, le Vatican dispose d’un réseau d’information et d’action à travers les évêques, plus de 4500 dans le monde, les églises et communautés locales, les ONG catholiques comme Caritas.

    Sa neutralité n’empêche donc pas le Vatican de faire de la politique, comme le constatent des chercheurs dans un ouvrage paru en mars de cette année sous la direction de Francois Mabille.

    Seuls 13 Etats n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec le Vatican. Il s’agit notamment de  l’Afghanistan, la Chine, l’Arabie Saoudite, la Corée du Nord, les Comores ou la Somalie. 

    Réunis à Rome ce jeudi 08 mai 2025, les cardinaux ont élu l’Américain Robert Francis Prevost, 69 ans, pour succeder au pape François,mort le 21 avril 2025. C’est le premier pape originaire des Etats-Unis et il a pris le nom de Léon XIV.

    Le nouveau pape a appelé à « construire des ponts par le dialogue, par la rencontre, nous unissant tous pour être un seul peuple, toujours en paix« , rendant un hommage appuyé à son prédécesseur.

    Le 267e pape hérite d’une Eglise de 1,4 milliard de fidèles, en expansion dans l’hémisphère Sud mais en déclin continu en Europe. 

    Georges Ibrahim Tounkara

  • Comment l’Afrique doit-elle réagir aux réductions de l’aide étrangère ?

    Comment l’Afrique doit-elle réagir aux réductions de l’aide étrangère ?

    Une tempête mondiale se prépare – et l’Afrique se trouve directement sur son chemin. Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis ont gelé 40 milliards de dollars de financement de l’Usaid, réduisant ainsi 83 % des subventions. Les pays donateurs européens réduisent également de manière drastique leurs engagements en matière d’aide à l’étranger, ce qui indique un changement plus large des priorités. Les effets dévastateurs se font déjà sentir dans toute l’Afrique, en particulier dans des secteurs comme les soins de santé, l’éducation et les services sociaux, qui dépendent depuis longtemps d’un soutien extérieur.

    Pendant des décennies, les gouvernements africains ont été fortement tributaires de l’aide étrangère, souvent au détriment de la mise en place de systèmes de financement nationaux durables. La vague actuelle de réduction de l’aide met en évidence une réalité désagréable : l’aide étrangère n’est pas fiable par nature. Elle peut être interrompue, réduite ou réorientée à tout moment, sans préavis, et est souvent soumise à des changements politiques dans les pays donateurs.

    La crise financière actuelle devrait donc servir de signal d’alarme. Les pays africains doivent reprendre le contrôle de leur avenir en adoptant des stratégies audacieuses et innovantes pour combler les déficits de financement et mettre en place des systèmes de santé résilients et autosuffisants.

    À cette fin, les gouvernements africains doivent investir dans des solutions de financement locales pour les services publics essentiels. Dans le secteur de la santé, l’objectif principal devrait être d’atteindre une couverture sanitaire universelle grâce à un système de soins de santé primaires (SSP) solide et bien financé. La plupart des initiatives sanitaires financées par les donateurs – vaccinations, soins aux enfants, nutrition, assainissement et lutte contre les maladies – s’inscrivent parfaitement dans le cadre des soins de santé primaires. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), jusqu’à 90 % des besoins en soins de santé d’un individu peuvent être satisfaits au niveau des soins de santé primaires.

    Se concentrer sur la prévention et la promotion de la santé reste donc le moyen le plus rapide et le plus rentable d’améliorer les résultats en matière de santé dans toute l’Afrique. Les mesures préventives de soins de santé primaires, comme la vaccination des enfants, le dépistage de l’hypertension, les soins prénataux et les services de nutrition, pourraient réduire de manière significative les taux de mortalité chez les mères et les enfants de moins de cinq ans. La malnutrition est responsable de près de la moitié des décès parmi les enfants de ce groupe d’âge, ce qui souligne le besoin urgent de soins précoces et communautaires.

    Malheureusement, plus de quarante ans après la définition des soins de santé primaires comme le fondement de soins de santé équitables dans la déclaration d’Alma-Ata de 1978. Par conséquent, les gouvernements africains doivent mettre en place des mécanismes indépendants de financement de la santé afin de garantir l’accessibilité et la responsabilité à long terme.

    L’assurance maladie représente une opportunité pour les pays africains de s’inspirer de leurs traditions culturelles basées sur la responsabilité collective et le soutien communautaire. Les Zoulous d’Afrique du Sud vivent selon le principe de l’Ubuntu – « Je suis parce que tu es » – tandis que les Igbo du Nigeria défendent l’Ìgwèbụ̀íké (« L’union fait la force »). Ces valeurs profondément enracinées reflètent l’essence même de l’assurance maladie : protéger les individus en mettant en commun les ressources.

    Le Rwanda et le Maroc offrent des modèles convaincants de renforcement des systèmes de soins de santé primaires et d’élargissement de l’accès à ces services. L’assurance maladie communautaire du Rwanda, mise en place à l’échelle nationale en 2004, couvre aujourd’hui plus de 90 % de la population, ce qui en fait l’un des modèles de financement de la santé les plus efficaces du continent africain. Le régime est financé par une combinaison de primes des membres, de contributions gouvernementales, de dons internationaux et d’autres mécanismes. Il est également soutenu par quelque 59 000 agents de santé communautaires, qui constituent des liens essentiels entre les ménages et les services officiels. Au cours des deux dernières décennies, le programme a permis de réduire les obstacles financiers et de décentraliser la prestation de services, en apportant les soins de santé aux communautés qui en ont le plus besoin.

    Au Maroc, le gouvernement a introduit en 2005 un double système national d’assurance maladie : l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) pour les travailleurs du secteur formel et le Régime d’Assistance Médicale pour les travailleurs du secteur informel. En 2022, ces programmes ont été regroupés dans le programme AMO-Tadamon, ce qui permet aux bénéficiaires la possibilité d’accéder aux établissements publics et privés.

    Cette réforme a non seulement allégé la pression sur les structures de santé publique, mais a également favorisé un accès équitable grâce à un financement stratégique. La couverture d’assurance est en effet passée de seulement 15 % en 2005 à près de 80 % aujourd’hui. En 2023, la Banque mondiale a approuvé un prêt de 450 millions de dollars au titre du programme pour les résultats afin de faire progresser la couverture sanitaire universelle au Maroc et d’améliorer l’accès à des soins de qualité.

    La nécessité d’une couverture universelle en Afrique est d’autant plus urgente que le continent est confronté à une recrudescence des maladies non transmissibles (MNT), notamment l’hypertension, les maladies cardiaques, le diabète et le cancer. Collectivement, ces maladies – dues à une alimentation malsaine, à un mode de vie sédentaire et à une consommation excessive d’alcool et de sucre – font 41 millions de victimes par an, dont 32 millions de décès dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

    Face à la diminution de l’aide étrangère, les dirigeants africains doivent adopter des politiques audacieuses qui encouragent des modes de vie plus sains et augmentent les recettes nationales. L’une de ces solutions est la taxation. Comme le montre le rapport de l’OMS sur la taxe sur le sucre, celle-ci réduit la consommation et diminue le risque d’obésité et de diabète. Lors du récent forum de l’Alliance mondiale contre les maladies non transmissibles, les experts ont souligné la nécessité de renforcer les droits d’accise dans toute l’Afrique afin d’enrayer l’épidémie croissante de maladies non transmissibles et de générer des flux de recettes durables pour les investissements dans la santé publique.

    L’Afrique du Sud et le Mexique montrent que de telles mesures sont prometteuses. Le Mexique a mis en place une taxe d’accise d’un peso par litre sur les boissons sucrées le 1er janvier 2014, et la consommation de ces boissons a chuté de 7,6 % sur une période de deux ans, entre 2014 à 2015. En Afrique du Sud, une taxe sur le sucre mise en place en 2018 a entraîné une réduction de 51 % des achats de boissons sucrées, une réduction de 52 % des calories et une réduction de 29 % du volume de boissons achetées par personne et par jour.

    Les envois de fonds de la diaspora représentent une source de financement prometteuse et durable. Alors que les talents continuent de quitter l’Afrique, les envois de fonds créent également un puissant « gain de cerveaux », apportant un flux stable de fonds au continent. En 2024, les envois de fonds vers l’Afrique ont dépassé les 100 milliards de dollars, soit plus que l’aide étrangère. Les Nigérians de la diaspora représentaient à eux seuls 20 % de ce chiffre. À l’échelle mondiale, les envois de fonds ont atteint 590 milliards de dollars en 2020, dépassant de loin l’aide publique au développement, qui s’élevait à 180 milliards de dollars, et les flux philanthropiques, qui totalisaient 70 milliards de dollars. Si les pays africains avaient alloué seulement 1 % de chaque dollar envoyé à l’assurance maladie – comme je l’ai proposé en 2019 – les 100 milliards de dollars envoyés par la diaspora africaine en 2024 auraient pu générer 1 milliard de dollars pour les soins de santé, ce qui aurait rapproché le continent de la couverture sanitaire universelle.

    Pour libérer tout le potentiel des transferts de fonds, les gouvernements africains doivent toutefois améliorer la gouvernance, renforcer la responsabilité et favoriser la confiance avec les communautés de la diaspora. Bien entendu, l’Afrique n’est pas un monolithe. Les solutions doivent être adaptées au contexte unique de chaque pays, en complément d’efforts plus larges visant à stimuler la mobilisation des ressources nationales.

    Ce qui est clair, cependant, c’est que l’indépendance durable dépend de l’autosuffisance financière. Pour maîtriser leur avenir financier, les pays africains doivent pouvoir financer des services essentiels, tels que les soins de santé, sans dépendre d’une aide extérieure.


    IFEANYI M. NSOFOR ( Ifeanyi M. Nsofor, médecin de santé publique et chercheur en sciences du comportement, siège au conseil consultatif des Global Fellows de l’Atlantic Institute.)

  • À Moscou, le Président Traoré plaide pour une coopération éducative souveraine

    À Moscou, le Président Traoré plaide pour une coopération éducative souveraine

    Lors de son séjour officiel à Moscou, le Président du Faso, Ibrahim Traoré, a tenu un discours symboliquement fort devant des étudiants africains résidant en Russie. Loin de la rhétorique traditionnelle des aides ou des bourses, son message a tranché : il ne s’agit plus de consommer le savoir étranger, mais de le rapatrier, le dupliquer et le mettre au service du développement local. Une ambition qui s’inscrit dans une vision plus large de souveraineté scientifique pour la Confédération des États du Sahel (AES), récemment crée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

    En séjour officiel à Moscou dans le cadre de la célébration du 80e anniversaire de la victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale, le 9 mai, le Président burkinabè, Ibrahim Traoré, s’est offert une séance d’échanges avec des étudiants africains en Russie. Une occasion pour exposer sa vision sur le type de coopération scientifique qu’il souhaite entre l’Afrique et la Russie.

    Vers une rupture épistémique : apprendre pour créer, non pour reproduire

    Le discours du capitaine Traoré à l’université de technologie chimique Dmitry-Mendeleev de Moscou reflète une évolution notable du rapport au savoir dans les pays sahéliens. En appelant les étudiants à « apprendre la pratique pour que ça serve à nos pays », le Président burkinabè rejette la logique d’exportation des cerveaux ou d’imitation passive de modèles extérieurs. Il plaide pour une réappropriation active du savoir scientifique, avec pour finalité la construction de solutions locales, adaptées aux réalités sécuritaires, climatiques et économiques du Sahel.

    La demande exprimée n’est pas de nature financière ou logistique, mais techno-politique : que les partenaires étrangers envoient des instructeurs, pour former localement une masse critique de techniciens et d’ingénieurs. L’enjeu est de dupliquer les infrastructures de savoir, et non de dépendre perpétuellement des structures académiques étrangères.

    La chimie comme levier stratégique dans un contexte de guerre

    Un des éléments les plus marquants de l’intervention du Président Traoré est la référence directe à l’utilité de la chimie dans la guerre contre le terrorisme. Cette déclaration s’inscrit dans une volonté assumée de militarisation stratégique du savoir, dans une région marquée par des conflits prolongés. Selon lui, la maîtrise des technologies chimiques peut permettre de produire des outils de défense essentiels, renforçant ainsi l’autonomie opérationnelle des armées nationales.

    Ce discours enter en rupture de l’ordre international postcolonial dans lequel les pays africains ont longtemps été relégués à la périphérie des chaînes de production scientifique et militaire. Il affirme que la science ne doit pas rester neutre ni désincarnée, mais servir les objectifs de souveraineté politique et de résilience sécuritaire.

    Éducation, diaspora et retour des cerveaux : un triangle stratégique

    Le Président du Faso a également insisté sur le rôle clé de la diaspora intellectuelle dans le développement des pays de l’AES. Ces jeunes formés à l’étranger sont appelés à revenir dans leur pays pour transmettre leur savoir. Le modèle proposé n’est pas celui d’une élite expatriée, mais d’un corps de bâtisseurs scientifiques au service de leurs nations.

    Ce modèle implique cependant des conditions concrètes : infrastructures, financement de la recherche, politiques d’insertion professionnelle. L’ambition d’Ibrahim Traoré devra donc s’accompagner de réformes structurelles dans les systèmes éducatifs et scientifiques sahéliens, sous peine de rester symbolique.

    La Russie comme partenaire stratégique : au-delà des armes, le savoir

    La coopération avec la Russie, déjà marquée par des accords militaires dans la région, prend ici une nouvelle tournure. En plaçant l’accent sur l’éducation scientifique, le capitaine Traoré redéfinit les contours du partenariat stratégique entre Moscou et l’AES. La Russie devient non plus seulement un fournisseur d’équipements militaires, mais un allié dans le transfert de compétences et la formation d’élites techniques.

    Cela marque une évolution géopolitique importante : l’AES cherche à diversifier ses alliances et à rompre avec une dépendance historique vis-à-vis des anciennes puissances coloniales. Le choix de la Russie comme interlocuteur scientifique s’inscrit dans une stratégie plus large de désoccidentalisation du savoir.

    Une souveraineté scientifique à bâtir

    Au total, la rencontre de Moscou révèle une vision ambitieuse : faire de la science un outil de souveraineté et de libération pour les États du Sahel. Mais cette vision, pour se concrétiser, devra s’inscrire dans une politique cohérente de développement des infrastructures éducatives, de soutien à la recherche locale et de réintégration des diasporas formées à l’étranger.

    Le chemin est certes encore long, mais le discours du Président Traoré pose les jalons d’un renversement du paradigme : de consommateurs de savoir, les pays de l’AES veulent devenir producteurs de science au service de leur propre destin.

    Serge Ouitona

  • Classement IDH 2025 : Une ascension remarquable de la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest

    Classement IDH 2025 : Une ascension remarquable de la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest

    Le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) consacré à l’Indice de Développement Humain (IDH) 2025 livre un classement révélateur pour l’Afrique de l’Ouest. Dans cette région, la Côte d’Ivoire se distingue par une progression spectaculaire, se hissant à la deuxième place derrière le Cap-Vert, consolidant ainsi sa dynamique de développement.

    Avec un IDH de 0,582, la Côte d’Ivoire gagne dix rangs au classement mondial pour se positionner 157e, un bond remarquable qui souligne l’impact des politiques publiques axées sur la santé, l’éducation et la gestion économique. Elle devance désormais le Ghana (143e mondial) et s’impose comme un acteur majeur du progrès humain dans la sous-région.

    Le Cap-Vert, fidèle à sa tradition de stabilité et d’investissements sociaux constants, conserve la première place ouest-africaine avec un IDH qui lui vaut le 135e rang mondial. Le Ghana complète le trio de tête en Afrique de l’Ouest, alors que plusieurs autres pays de la région peinent encore à décoller.

    Une stratégie nationale payante

    L’ascension ivoirienne dans ce classement repose sur des réformes structurelles audacieuses, notamment dans le domaine de la santé avec la construction et la modernisation d’hôpitaux généraux, de centres hospitaliers régionaux et universitaires. À cela s’ajoute une gestion économique prudente, marquée par une maîtrise de la dette publique et un respect du seuil de 70 % du ratio dette/PIB, conformément aux exigences de l’UEMOA.

    Par ailleurs, des investissements massifs dans les secteurs de l’éducation et de la santé ont permis d’améliorer l’espérance de vie, qui frôle désormais les 62 ans, traduisant une nette amélioration des conditions de vie de la population.

    Si cette performance est à saluer, le PNUD rappelle néanmoins que des défis demeurent. La réduction des inégalités sociales et le renforcement de la gouvernance restent des priorités pour maintenir cette trajectoire positive.

    La Côte d’Ivoire démontre qu’avec des politiques ciblées et une volonté politique affirmée, il est possible de faire bouger les lignes en matière de développement humain. Cette dynamique est un signal fort pour l’ensemble des pays de la région, montrant qu’un avenir plus prospère et équitable est à portée de main.

  • Bob Marley : 44 ans après sa mort, la légende du reggae continue d’enflammer les cœurs

    Bob Marley : 44 ans après sa mort, la légende du reggae continue d’enflammer les cœurs

    Le 11 mai 1981 s’éteignait à Miami, à seulement 36 ans, Robert Nesta Marley, plus connu sous le nom de Bob Marley. Ce dimanche 11 mai 2025 marque les 44 ans de sa disparition. Pourtant, l’icône jamaïcaine demeure plus que jamais vivante dans la mémoire collective.

    Chanteur de reggae le plus célèbre au monde, Bob Marley a transcendé les frontières, les cultures et les générations.

    Né le 6 février 1945 à Rhoden Hall, en Jamaïque, d’un père blanc britannique et d’une mère noire jamaïcaine, il a grandi à Trenchtown, un quartier populaire de Kingston. Très tôt, il s’initie au chant avec ses amis Bunny Wailer et Peter Tosh, et en 1963, ils fondent le groupe The Wailers.

    Marley découvre le mouvement rastafari en 1966, à l’occasion de la visite de l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié en Jamaïque. Cette révélation marque un tournant dans sa vie personnelle et artistique. À travers des chansons engagées, porteuses d’espoir et de révolte, il devient le porte-voix de tout un peuple et de nombreux opprimés à travers le monde.

    Un artiste engagé et courageux

    Avant de devenir une légende, Bob Marley a connu de nombreux revers. Entre échecs commerciaux, changement de producteurs, exils aux États-Unis, et difficultés financières, le chemin fut semé d’embûches. Il faudra attendre les années 1970 pour que le monde découvre la puissance de sa musique, grâce notamment à sa collaboration avec Chris Blackwell du label Island Records.

    Des titres comme No Woman No CryGet Up Stand UpExodus ou encore One Love deviennent des hymnes planétaires. La reprise de I Shot the Sheriff par Eric Clapton en 1974 permet à Marley d’accéder à une renommée internationale.

    Bob Marley n’a jamais séparé musique et militantisme. En 1976, l’homme qui disait « Ne vis pas pour que ta présence se remarque mais pour que ton absence se ressente », échappe de justesse à une tentative d’assassinat, en raison de ses prises de position en faveur de l’unité nationale en Jamaïque. Deux jours après l’attentat, il monte tout de même sur scène lors du concert « Smile Jamaica », défiant la peur pour livrer un message de paix.

    Mort des suites d’un cancer le 11 mai 1981, Marley qui disait que « La grandeur d’un homme ne se mesure pas à la richesse qu’il acquiert mais à son intégrité et à sa capacité à affecter positivement les gens autour de lui », repose aujourd’hui à Nine Miles, son village natal, dans un mausolée devenu lieu de pèlerinage. En 44 ans, sa musique n’a pas pris une ride, et son message demeure d’une brûlante actualité : liberté, justice, amour et unité.

    Les hommages ne cessent d’affluer, en Jamaïque comme à travers le monde. Ses enfants, notamment Ziggy Marley, ont repris le flambeau artistique, tandis que son image iconique orne encore des milliers de murs, de t-shirts et d’affiches.

    En ce 11 mai 2025, Bob Marley reste éternel. Un guide spirituel et artistique, dont chaque note, chaque mot, résonne toujours comme un appel à la conscience et à la fraternité.

    Source : fr.wikipedia.org et www.jesuismort.com