Auteur/autrice : iciabidjan

  • Intempéries : Abidjan sous les eaux

    Intempéries : Abidjan sous les eaux

    Il est 15h ce samedi 14 juin 2025. Nous sommes à la Riviera 3, au niveau du rond-point de la Palmeraie. Sous une pluie battante qui n’a cessé de tomber depuis des heures, la ville semble figée. Des vents forts s’élèvent, les flaques d’eau s’étendent comme des mares, et les klaxons étouffés se mêlent au grondement continu du tonnerre. L’eau a envahi la chaussée, transformant la route en un véritable canal à ciel ouvert.

    Travailleurs, piétons, motocyclistes et véhicules sont pris au piège. Certains ont trouvé refuge sous les auvents des boutiques ou des parasols de vendeurs, grelottant dans leurs vêtements trempés. D’autres, plus décidés s’aventurent pieds nus dans cette marée jaunâtre, presque marron, en tenant le bout de leurs pagnes ou retroussant les bas de leur pantalon, pour ne pas tout mouiller.

    Trempés jusqu’aux sous-vêtements

    « Quand il pleut comme ça, on ne peut pas bouger. La voiture peut même être emportée par l’eau », lance Jean-Baptiste, chauffeur de taxi woro-woro, appuyé contre son véhicule stationné sous la pluie battante, l’air inquiet. « Moi, j’ai marché dans l’eau-là, la pluie m’a chicoté. Elle m’a chicoté jusqu’à ! L’eau m’arrivait au genou », témoigne Ariel, le regard perdu dans la rue noyée sous les eaux ruisselantes.

    Non loin de là, Sidney, venu faire quelques courses, montre ses vêtements totalement mouillés. « Je voulais traverser, je ne savais pas qu’il y avait un trou. Je suis tombé dedans. Regardez-moi, je suis mouillé jusqu’au caleçon ! », s’exclame-t-il, mi-écoeuré, mi-amusé.

    Un peu plus tôt dans la journée, aux environs de midi, c’est dans la commune à Port-Bouët que les torrents d’eau sont d’abord descendus du ciel, en notre présence. Dans le quartier de Petit-Bassam de cette commune à 12h, la scène était déjà chaotique.

    « Depuis deux jours, je ne vends pas »

    Assise sur son banc, le regard vide, Assiétou, vendeuse de repas, observe la pluie sans mot dire. Depuis six mois, elle vend de la nourriture dans cette zone. Elle ne cache pas sa détresse. « C’est comme ça. Hier aussi, la pluie est tombée abondamment. Je suis retournée à la maison avec la nourriture. Quand il pleut intensément, on ne peut pas vendre. Je ne gagne rien sur toutes les dépenses que j’effectue depuis deux jours. Parce que je ne vends pas », raconte-t-elle.

    Non loin d’elle, Dramane, charretier de son état, est coincé sous le parasol de Assiétou. Impossible pour lui de se déplacer, encore moins de travailler. Contrairement à Assiétou, il a un fils à nourrir. « C’est dur. On attend que ça passe, mais on ne sait pas quand », souffle-t-il, accablé.

    Karim Traoré, chauffeur de taxi sur la ligne Port-Bouët-Palmeraie, témoigne lui aussi des difficultés : « Quand il pleut comme ça, la circulation est bloquée. Et les clients se font rares. Parfois, tu passes trois heures sans une seule course ».

    Vigilance face aux risques persistants

    Face à l’intensité exceptionnelle des précipitations, les autorités appellent à la plus grande prudence. Selon la Société d’exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique de Côte d’Ivoire (Sodexam), le samedi 14 juin 2025, entre 3 heures et 15 heures, plusieurs communes du District d’Abidjan ont enregistré des cumuls de pluie largement au-dessus du seuil critique de 50 mm en 12 h. Marcory a atteint 158,5 mm, Port-Bouët 136 mm, la Riviera Centre 148 mm, et la Palmeraie 125 mm. Des niveaux qui justifient pleinement les nombreuses inondations observées sur le terrain.

    Pour le dimanche 15 juin, la Sodexam avait averti que des pluies sont encore attendues et avait maintenu la vigilance Orange sur Abidjan, le Sud-Comoé et les zones avoisinantes. Une alerte qui a été relayée par la plateforme Police Secours, qui a signalé plusieurs zones à risques, notamment à Port-Bouët Gonzagueville et à la Palmeraie. Dans cette dernière zone, à hauteur de l’église Notre-Dame de l’Incarnation, un véhicule a été emporté par les eaux, plusieurs personnes ont été bloquées et le Groupement des sapeurs-pompiers militaires (GSPM) est intervenu en urgence.

    La menace de fortes pluies reste maintenue pour le lundi 16 juin. Au-delà de la simple gêne, c’est toute une ville qui vacille à chaque déferlement des eaux du ciel.

    Claude Éboulé

  • AFFAIRE « RESTRICTION DE VISA D’ENTRÉE AU USA » : ABIDJAN RÉAGIT À LA DÉCISION DE WASHINGTON

    AFFAIRE « RESTRICTION DE VISA D’ENTRÉE AU USA » : ABIDJAN RÉAGIT À LA DÉCISION DE WASHINGTON

    Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement ivoirien, a réagi à la décision des États-Unis d’interdire la délivrance de visas d’entrée sur leur territoire aux citoyens de 36 pays, dont la Côte d’Ivoire.

    Cette réaction a été faite lors du traditionnel compte rendu du Conseil des ministres, tenu ce mercredi 18 juin à la Présidence, au Plateau.

    La réaction d’Amadou Coulibaly

    Le ministre ivoirien de la Communication a expliqué que ces nouvelles mesures s’inscrivent dans la continuité de la politique migratoire stricte adoptée par les États-Unis depuis le retour au pouvoir du président Donald Trump.

    « Vous savez que les États-Unis ont entamé une politique rigoureuse de lutte contre l’immigration clandestine, et à partir de ce moment, ils prennent un certain nombre de dispositions », a indiqué le ministre Amadou Coulibaly. Il a tenu à rassurer que la Côte d’Ivoire n’est « nullement préoccupée par cette décision du gouvernement américain ».

    Nous avons deux mois pour remplir toutes les conditions. Donc, il n’y a pas de problème particulier

    « Nous avons deux mois pour remplir toutes les conditions. Donc, il n’y a pas de problème particulier », a-t-il insisté, tout en soulignant l’excellence des relations bilatérales entre les deux pays. « Nous avons les meilleures relations qui soient avec les États-Unis. Nous travaillons avec l’ambassade des États-Unis. Il y a un ensemble de documents qui ont été demandés et qui seront fournis », a-t-il assuré.

    Des motifs variés derrière la décision américaine

    Pour rappel, les 36 pays concernés par ces restrictions — dont plusieurs situés en Afrique — sont dans la ligne de mire de Washington pour diverses raisons : absence d’autorité centrale fiable capable de produire des documents d’identité sécurisés, fraudes administratives récurrentes, nombre élevé de ressortissants ayant dépassé la durée de validité de leur visa, ou encore délivrance de passeports via des programmes de citoyenneté par investissement sans contrôle rigoureux.

    La Côte d’Ivoire figure aux côtés de pays comme l’Égypte, le Nigeria, le Ghana ou encore la République démocratique du Congo. Tous sont désormais sommés de proposer un plan d’action initial sous 60 jours , faute de quoi leurs ressortissants pourraient faire l’objet de restrictions migratoires accumulées.

    Cette décision s’inscrit dans une logique de pression diplomatique visant à contraindre les pays partenaires à renforcer la fiabilité de leurs systèmes d’identification et à mieux collaborer dans la lutte contre l’immigration irrégulière.

    Jean Kelly KOUASSI

  • France / Immigration : deux jours de contrôles renforcés dans les transports pour traquer les sans-papiers

    France / Immigration : deux jours de contrôles renforcés dans les transports pour traquer les sans-papiers

    Sur ordre de Bruno Retailleau, une opération nationale mobilise 4 000 agents dans les gares, trains et bus jusqu’à jeudi soir.

    Une vaste opération de contrôles a débuté ce mercredi 18 juin dans les transports en commun sur tout le territoire français, visant à lutter contre l’immigration irrégulière.

    Cité par la presse française, le ministère de l’Intérieur a annoncé le déploiement de 4 000 forces de l’ordre dans le cadre d’une « opération nationale de contrôle des flux ». Selon une note d’instruction datée du 12 juin, adressée notamment aux préfets, aux directions de la police, de la gendarmerie et des douanes, l’objectif est de cibler les trajets ferroviaires et routiers considérés comme des voies privilégiées de circulation pour les personnes en situation irrégulière.

    « En complément du réseau routier, le réseau ferroviaire international et national semble constituer un vecteur essentiel de transit pour les clandestins depuis l’étranger et en interne entre les régions », indique le document, qui recommande notamment de concentrer les efforts sur les trains à destination des pays voisins, des grandes métropoles françaises et des zones frontalières.

    Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a confirmé ce matin sur Europe 1 que cette opération se déroulerait en continu du mercredi 8 h au jeudi 20 h. « Ce que je veux dire c’est que les clandestins ne sont pas les bienvenus en France, de la façon la plus ferme et la plus définitive », a-t-il déclaré. Il a également souligné une hausse de 28 % des interpellations d’étrangers en situation irrégulière ces dernières semaines.

    Le précédent exercice du même type, les 20 et 21 mai derniers, avait conduit à l’interpellation de plus de 750 personnes. Depuis le début de l’année, Bruno Retailleau affirme que 47 000 personnes en situation irrégulière ont été interpellées en France.

    Les contrôles actuels s’effectuent à bord des trains, mais aussi dans les gares routières, à l’arrivée et au départ des bus. Les services de la SNCF ont été associés à l’opération. Les autorités demandent également une vigilance accrue sur les cas de fraude documentaire.

    Cette nouvelle initiative vise à illustrer la fermeté du gouvernement, mais elle soulève aussi des interrogations sur l’efficacité de ces contrôles de masse et leur impact sur les droits fondamentaux.

  • Iran – Israël : le conflit s’intensifie; Khamenei avertit les USA

    Iran – Israël : le conflit s’intensifie; Khamenei avertit les USA

    Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a lancé une sévère mise en garde contre toute intervention américaine dans le conflit opposant son pays à Israël, alors que les hostilités s’intensifient sur le terrain.

    Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a averti ce mercredi que toute intervention militaire américaine dans le conflit en cours avec Israël provoquerait des « dommages irréparables » pour les États-Unis. Dans une déclaration télévisée diffusée par la chaîne d’État IRIB, il a assuré que l’Iran ne « se rendra jamais face à l’agression sioniste ou à la pression impérialiste ».

    Cette déclaration survient alors qu’Israël affirme avoir ciblé, dans la matinée du 18 juin, plus de 40 installations militaires et nucléaires iraniennes, dont les sites de Natanz et de TESA Karaj. Selon les autorités israéliennes, ces frappes visaient à désorganiser les capacités balistiques et nucléaires de la République islamique.

    En riposte, l’Iran a lancé plusieurs missiles balistiques et des drones explosifs, dont certains de type hypersonique Fattah‑1. Des détonations ont été signalées dans le nord d’Israël, sans confirmation immédiate de victimes ce jour, selon le porte-parole de Tsahal, le lieutenant-colonel Daniel Hagari.

    Le ministère iranien de la Santé publique a pour sa part actualisé le bilan des frappes israéliennes : 585 morts et 1 326 blessés enregistrés dans plusieurs villes, dont Ispahan et Téhéran. Côté israélien, les services de secours Magen David Adom font état de 24 morts et plus de 500 blessés depuis le début des hostilités.

    À Washington, les autorités américaines n’ont pas officiellement réagi à la déclaration de Khamenei, mais le Pentagone a confirmé le redéploiement de forces navales en Méditerranée orientale « par précaution ».

    Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a de nouveau appelé à la retenue et à un cessez-le-feu immédiat. Des appels similaires ont été émis par l’Union européenne, la Chine et la Turquie.

    AC/Sf/APA

  • Foncier en Côte d’Ivoire : les députés ivoiriens accusent et expriment leur colère face au ministre Koné Bruno

    Foncier en Côte d’Ivoire : les députés ivoiriens accusent et expriment leur colère face au ministre Koné Bruno

    Auditionné par les députés ce mardi 17 juin 2025, Bruno Nabagné Koné, ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, s’est prêté à l’exercice d’une séance de questions orales avec débat, à l’hémicycle du Palais de l’Assemblée nationale. Au menu des échanges : la protection du domaine foncier urbain.

    Face à une Assemblée survoltée, le ministre a dû répondre à l’indignation de parlementaires porteurs de la colère d’une population de plus en plus méfiante vis-à-vis de l’administration foncière. Au cœur de cette fronde : l’affaire retentissante du lotissement Bessikoi-Diorogobité 2, devenue le symbole criant d’un système à bout de souffle.

    Tout est parti, en février dernier, d’une vidéo virale. On y voit Dame Traoré, en larmes devant une caméra, racontant comment sa parcelle a été arrachée par un promoteur immobilier à Cocody. Derrière ce drame individuel se cache un système frauduleux plus vaste : 272 lots auraient été attribués à partir de procurations falsifiées, avec la complicité présumée d’agents administratifs et d’opérateurs bien introduits dans certains cercles politiques

    « Le promoteur en question bénéficie de protections au sein même de l’appareil d’État », a accusé le député Gaspard Séhi (PPA-CI), auteur de la question parlementaire. Il pointe également du doigt la lenteur du parquet du Plateau, incapable, selon lui, d’enrayer les agissements de ces prédateurs fonciers.

    Mais l’affaire Bessikoi n’est que la partie émergée de l’iceberg. Plusieurs députés ont évoqué d’autres cas de spoliations, où se mêlent procurations falsifiées, attestations villageoises multiples et, parfois, ventes croisées orchestrées par des chefs coutumiers rivaux.

    Le tableau est sombre. Même les élus ne sont pas épargnés. Gaspard Séhi raconte comment, en octobre 2024, son propre terrain à Abidjan a été vendu à son insu pendant qu’il séjournait en France. Pire, les taxes foncières ont été réglées par un inconnu, avec la complicité apparente de fonctionnaires du cadastre. « Qui a payé mes impôts ? Personne ne sait. Ou plutôt si : des complices au sein même de l’administration », s’est-il insurgé.

    Face à cette avalanche d’accusations, le ministre a tenté de défendre l’action de son ministère. Il a mis en avant : La loi 2024-351 sur la sécurisation des titres fonciers ; le lancement, en 2022, du Système intégré de gestion du foncier urbain (SIGFU) ; des audits internes en cours dans son département.

    Bruno Koné a exposé sa vision d’une gouvernance foncière nouvelle, reposant sur la maîtrise de l’urbanisation, la régulation stricte des constructions et un accès au logement sécurisé pour tous. Il a vanté les efforts entrepris pour produire des documents d’urbanisme adaptés aux réalités locales, soutenus par des outils numériques avancés.

    Mais dans l’Hémicycle, le scepticisme demeure. « Des lois, il y en a toujours eu. Mais sur le terrain, rien ne change », a résumé un député. Pour les parlementaires, les textes ne suffisent pas : ils réclament des sanctions exemplaires, une refonte des pratiques coutumières, et surtout un assainissement de l’administration foncière, gangrenée par des réseaux mafieux.

    Au-delà de la fraude documentaire, ce débat a également mis en lumière un autre mal ivoirien : les conflits coutumiers. Le cas de Bessikoi est emblématique : depuis près de 20 ans, deux villages se disputent la légitimité de signer les attributions de terrain, semant la confusion et multipliant les risques de ventes croisées.

     « Quand deux chefs vendent le même terrain à deux acquéreurs différents, que voulez-vous que le citoyen comprenne ? », s’est indigné un député, appelant à une réforme profonde des pratiques foncières coutumières, minées par les luttes de leadership et les intérêts financiers.

    Pour les citoyens, les attentes sont claires : Des sanctions fermes contre les opérateurs véreux et leurs complices administratifs ; Une justice accélérée pour les victimes d’expropriation ; Une décentralisation des procédures foncières pour rapprocher les décisions des réalités locales .

    Le ministre a promis que « la confiance sera restaurée ». Mais dans l’opinion publique, la méfiance reste vive. Car derrière chaque terrain vendu frauduleusement, il y a un drame humain, une famille dépossédée, une vie brisée.

    JB

  • Quelle est l’origine de la rivalité entre Israël et l’Iran ?

    Quelle est l’origine de la rivalité entre Israël et l’Iran ?

    Les tensions augmentent au Moyen-Orient.

    L’armée israélienne a lancé une série d’attaques contre des installations nucléaires et d’autres cibles militaires en Iran tôt vendredi matin dans le cadre de ce qu’elle a baptisé l’opération Rising Lion.

    Dans une déclaration télévisée peu après le début des attaques, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que l’objectif était de « contrer la menace iranienne pour la survie même d’Israël » et a averti que l’offensive se poursuivrait aussi longtemps que nécessaire.

    « Aujourd’hui, l’Iran est plus proche que jamais de se doter de l’arme nucléaire. Les armes de destruction massive détenues par le régime iranien représentent une menace existentielle pour l’État d’Israël et une menace significative pour le reste du monde », a-t-il déclaré.

    La réponse de Téhéran à ces attaques a été rapide. L’Iran a lancé des dizaines de missiles balistiques vers Israël vendredi soir, dans ce qu’il a décrit comme le début de sa « riposte écrasante » aux attaques israéliennes de ces dernières heures.

    La plupart des projectiles ont été interceptés par les systèmes de défense israéliens, tout comme les centaines de drones que l’Iran avait envoyés en Israël quelques heures plus tôt.

    Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que les attaques israéliennes étaient « une déclaration de guerre ».

    Le triomphe de la révolution islamique de 1979 en Iran a marqué le début du rejet d’Israël par l’Iran.

    Ces événements sont le dernier épisode d’une vieille inimitié.

    Israël et l’Iran sont engagés depuis des années dans une rivalité sanglante, dont l’intensité varie selon la situation géopolitique. Leur affrontement est devenu l’une des principales sources d’instabilité au Moyen-Orient.

    Pour Téhéran, Israël est le « petit Satan », l’allié des États-Unis au Moyen-Orient, qu’ils appellent le « grand Satan ».

    Israël accuse l’Iran de financer des groupes « terroristes » et de mener des attaques contre ses intérêts, motivées par l’antisémitisme des ayatollahs.

    La rivalité entre ces « ennemis jurés » a fait un nombre considérable de morts, souvent à la suite d’actions secrètes dont aucun des deux gouvernements n’admet sa responsabilité.

    Les tensions entre les deux pays ont cependant atteint des niveaux sans précédent depuis les attaques du 7 octobre 2023 de la milice palestinienne Hamas contre Israël, qui ont tué 1 200 personnes et déclenché la guerre actuelle à Gaza.

    Depuis lors, Israël combat les alliés de l’Iran au Moyen-Orient (le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban et la milice Houthi au Yémen).

    Et, peut-être plus important encore, pour la première fois, Israël et l’Iran ont commencé à lancer des attaques directes l’un contre l’autre, comme ils l’ont fait ces dernières heures.

    Cependant, tout au long de l’histoire, ces deux pays n’ont pas toujours été en désaccord.

    Comment la rivalité entre Israël et l’Iran a commencé

    Ruhollah Khomeini salue la foule à Téhéran.
    Légende image,Khomeini et d’autres dirigeants de la Révolution islamique sympathisaient avec la cause palestinienne contre Israël.

    En réalité, les relations entre Israël et l’Iran étaient plutôt cordiales jusqu’à la révolution islamique de 1979, lorsque les ayatollahs ont pris le pouvoir à Téhéran.

    En fait, bien que l’Iran se soit opposé au plan de partage de la Palestine qui a conduit à la création de l’État d’Israël en 1948, il a été le deuxième pays islamique à le reconnaître, après l’Égypte.

    À cette époque, l’Iran était une monarchie dirigée par les shahs de la dynastie Pahlavi et l’un des principaux alliés des États-Unis au Moyen-Orient. C’est pourquoi le fondateur et premier chef du gouvernement d’Israël, David Ben Gourion, a recherché et obtenu l’amitié iranienne afin de contrer le rejet du nouvel État juif par ses voisins arabes.

    Mais en 1979, la révolution de Ruhollah Khomeini renversa le Shah et établit une république islamique qui se présentait comme le défenseur des opprimés et dont l’un des principaux traits distinctifs était son rejet de « l’impérialisme » des États-Unis et de son allié Israël.

    Le nouveau régime des ayatollahs a rompu ses relations avec Israël, a cessé de reconnaître la validité des passeports de ses citoyens et a saisi l’ambassade israélienne à Téhéran, la remettant à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui menait alors la lutte pour un État palestinien contre le gouvernement israélien.

    Ali Vaez, directeur du programme Iran du groupe de réflexion International Crisis Group, a déclaré à BBC Mundo que « l’animosité envers Israël était la pierre angulaire du nouveau régime iranien parce que beaucoup de ses dirigeants s’étaient entraînés et avaient participé à des actions de guérilla avec les Palestiniens dans des endroits comme le Liban et avaient une grande sympathie pour eux. »

    Mais Vaez estime également que « le nouvel Iran voulait se projeter comme une puissance panislamique et défendre la cause palestinienne contre Israël, que les pays arabo-musulmans avaient abandonnée ».

    Ainsi, Khomeini a commencé à revendiquer la cause palestinienne comme sienne, et de grandes manifestations pro-palestiniennes officiellement soutenues sont devenues monnaie courante à Téhéran.

    Des hommes brûlent des drapeaux israéliens lors d'une manifestation à Téhéran.
    Légende image,Les manifestations anti-israéliennes sont devenues courantes à Téhéran.

    Vaez explique que « en Israël, l’hostilité envers l’Iran n’a commencé que plus tard, dans les années 1990, car il était auparavant perçu comme une menace régionale plus grande que l’Irak de Saddam Hussein ».

    A tel point que le gouvernement israélien a été l’un des médiateurs qui ont rendu possible le programme dit Iran-Contra, le programme secret par lequel les États-Unis ont détourné des armes vers l’Iran pour les utiliser dans la guerre qu’il a menée contre l’Irak voisin entre 1980 et 1988.

    Mais au fil du temps, Israël a commencé à considérer l’Iran comme l’une des principales menaces à son existence, et la rivalité entre les deux pays est passée des paroles aux actes.

    Une « guerre de l’ombre » entre Israël et l’Iran

    Vaez souligne que, face également à l’Arabie saoudite, l’autre grande puissance régionale, et conscient que l’Iran est persan et chiite dans un monde majoritairement sunnite et arabo-islamique, « le régime iranien a pris conscience de son isolement et a commencé à développer une stratégie visant à empêcher ses ennemis de l’attaquer sur son propre territoire ».

    Ainsi, un réseau d’organisations alliées à Téhéran s’est développé, menant des actions armées favorables à ses intérêts. Le Hezbollah libanais, classé comme organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne, en est la plus importante.

    Téhéran a ainsi tissé un réseau baptisé « axe de résistance », s’étendant au Liban, à Gaza, en Irak, au Yémen et en Syrie. Ce groupe d’alliés a subi de graves revers ces dix-huit derniers mois, avec la chute du gouvernement de Bachar el-Assad en Syrie et l’affaiblissement du Hamas et du Hezbollah dans les guerres de Gaza et du Liban.

    Israël n’est pas resté les bras croisés et a échangé des attaques et d’autres actions hostiles avec l’Iran et ses alliés, souvent dans des pays tiers où il finance et soutient des groupes armés combattant les forces pro-iraniennes.

    L’affrontement entre l’Iran et Israël a été décrit comme une « guerre de l’ombre » car les deux pays se sont attaqués mutuellement sans qu’aucun des deux gouvernements n’admette officiellement son implication dans de nombreux cas.

    En 1992, le groupe Jihad islamique, affilié à l’Iran, a fait exploser l’ambassade d’Israël à Buenos Aires, tuant 29 personnes. Peu auparavant, le chef du Hezbollah, Abbas al-Musawi, avait été assassiné lors d’une attaque largement attribuée aux services de renseignement israéliens.

    Pour Israël, cela a toujours été une obsession de tronquer le programme nucléaire iranien et d’empêcher le jour où les ayatollahs disposeraient de l’arme atomique.

    Israël ne croit pas aux affirmations de l’Iran selon lesquelles son programme est uniquement destiné à des fins civiles, et il est largement admis que ce sont les services de renseignement israéliens, en collaboration avec les États-Unis, qui ont développé le virus informatique Stuxnet, qui a causé de graves dommages aux installations nucléaires iraniennes dans les années 2000.

    Un gardien monte la garde près du réacteur nucléaire de Bushehr, en Iran.
    Légende image,L’arrêt du programme nucléaire iranien est une obsession pour Israël.

    Téhéran a également accusé les services de renseignement israéliens d’être responsables des attaques contre certains des principaux scientifiques responsables de son programme nucléaire.

    Israël, ainsi que ses alliés occidentaux, ont accusé l’Iran d’être à l’origine d’attaques de drones et de roquettes sur son territoire, ainsi que d’avoir mené plusieurs cyberattaques.

    La guerre civile qui fait rage en Syrie depuis 2011 a créé une nouvelle source de conflit. Les services de renseignement occidentaux rapportent que l’Iran a envoyé de l’argent, des armes et des instructeurs pour soutenir les forces du président Bachar el-Assad contre les insurgés qui cherchaient à le renverser, ce qui a sonné l’alarme au sein du gouvernement israélien, qui pensait que la Syrie voisine était l’une des principales voies par lesquelles les Iraniens acheminaient des armes et du matériel au Hezbollah libanais.

    Selon le site Internet des services de renseignement américains Stratfor, Israël et l’Iran ont tous deux pris des mesures en Syrie à différents moments pour dissuader l’autre de lancer une attaque à grande échelle.

    La « guerre de l’ombre » a atteint la mer en 2021. Cette année-là, Israël a accusé l’Iran d’être responsable des attaques contre des navires israéliens dans le golfe d’Oman. L’Iran, pour sa part, a accusé Israël d’avoir attaqué ses navires en mer Rouge.

    Des militaires iraniens agenouillés devant le cercueil du responsable du programme nucléaire de Téhéran.
    Légende image,En 2020, Mohsen Fakhrizadeh, alors haut responsable du programme nucléaire iranien, a été assassiné.

    L’attaque du Hamas contre Israël

    Suite aux attaques du 7 octobre 2023 du groupe militant palestinien Hamas contre Israël et à l’offensive militaire massive lancée par l’armée israélienne à Gaza en réponse, les analystes et les gouvernements du monde entier ont exprimé leur inquiétude quant au fait que le conflit pourrait déclencher une réaction en chaîne dans la région, conduisant à une confrontation ouverte et directe entre Iraniens et Israéliens.

    Jusqu’en avril 2024, l’Iran et Israël avaient évité toute escalade des hostilités et tout combat à grande échelle. La situation a changé avec le lancement par Téhéran de dizaines de drones et de missiles contre Israël ce mois-là.

    Il s’agissait d’une réponse à l’attaque israélienne contre son siège diplomatique à Damas, qui a fait 13 morts, dont certains des plus hauts responsables iraniens les plus éminents, comme le général des gardiens de la révolution Mohammad Reza Zahedi et son adjoint, Hadi Haji-Hajriahimi.

    Le ministère iranien des Affaires étrangères a alors promis une « punition de l’agresseur », et son ambassadeur en Syrie, Hossein Akbari, a annoncé que la réponse serait « décisive ».

    Cela s’est produit le 13 avril et Israël a répondu par une autre attaque sur le sol iranien le 19 avril.

    Après le lancement d’un missile iranien sur Israël le 1er octobre 2024 et l’attaque israélienne quelques semaines plus tard, les tensions ont de nouveau atteint leur point culminant.

    Cependant, l’offensive israélienne lancée le 13 juin a élevé cette rivalité à des niveaux sans précédent, avec des résultats imprévisibles.

    *Cet article a été initialement publié en avril 2024 et a été mis à jour suite à l’attaque d’Israël contre l’Iran le 13 juin 2025.

    Un char israélien avance à Gaza.
    Légende image,L’offensive israélienne à Gaza a ravivé l’hostilité entre Israël et l’Iran.
  • Le sous-développement de l’Afrique: une responsabilité partagée entre élites locales et impérialisme étranger

    Le sous-développement de l’Afrique: une responsabilité partagée entre élites locales et impérialisme étranger

    Dans une de ses récentes prises de parole, Tidjane Thiam a affirmé qu’il n’existe pas de complot contre l’Afrique et que, si le continent en est arrivé là, c’est essentiellement à cause de ses mauvais dirigeants. Une telle affirmation repose sur une lecture partielle de l’histoire politique et économique du continent africain.

    En rejetant presque exclusivement la faute sur les dirigeants africains, Tidjane Thiam semble ignorer – ou feint d’ignorer – le rôle central que les puissances impérialistes ont joué et continuent de jouer dans le blocage du développement du continent. Certes, l’Afrique a connu son lot de despotes et de prédateurs, mais elle a aussi vu émerger des leaders lucides, nationalistes et engagés, que l’impérialisme occidental a tôt fait d’éliminer.

    Une critique juste mais incomplète

    Il est vrai que l’Afrique a été dirigée par des hommes qui ont montré peu de scrupules à s’enrichir sur le dos de leur peuple. Mobutu Sese Seko au Zaïre, Omar Bongo au Gabon, Jean-Bedel Bokassa en Centrafrique, Gnassingbé Eyadéma au Togo, Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville ou encore Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire ont incarné une forme de gouvernance prédatrice. L

    eurs régimes, souvent autoritaires, ont favorisé le clientélisme, le népotisme, la corruption et la répression de toute forme de dissidence. Il est donc juste de reconnaître que certains dirigeants africains ont activement contribué à appauvrir leur pays et à entretenir une culture politique délétère.


    Mais cette reconnaissance ne doit pas occulter l’autre moitié de la vérité: de nombreux dirigeants africains qui ont tenté de sortir leur peuple de la misère ont été systématiquement empêchés de mener à bien leur projet de transformation. Et cet empêchement n’est pas venu des peuples africains, mais bien des puissances coloniales et néocoloniales qui voyaient dans toute politique de souveraineté une menace pour leurs intérêts.

    Le sort réservé aux dirigeants intègres

    Prenons le cas de Sylvanus Olympio, premier président du Togo. Il rêvait d’une autonomie économique réelle, d’un Togo affranchi du franc CFA et doté de ses propres institutions financières. Il fut assassiné en 1963 dans un coup d’État soutenu par l’armée togolaise formée en France.

    Modibo Keita, au Mali, avait engagé son pays dans une voie socialiste et anti-impérialiste. Il fut renversé en 1968 dans un putsch orchestré avec la complicité des milieux pro-français. Thomas Sankara, président du Burkina Faso de 1983 à 1987, avait entamé une révolution populaire exemplaire, axée sur l’autonomie alimentaire, l’éducation, la santé et la libération des femmes. Il fut assassiné avec la complicité du régime de Félix Houphouët-Boigny et de puissances étrangères.

    Ahmed Sékou Touré en Guinée, Samora Machel au Mozambique, et plus récemment Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ont également vu leurs efforts contrecarrés par des ingérences étrangères. Gbagbo, pourtant élu démocratiquement, fut chassé du pouvoir en 2011 à la suite d’une intervention militaire française sous couvert de l’ONU. Son crime ?

    Avoir refusé d’être un sous-préfet de la France et avoir osé remettre en question la mainmise de l’ancienne puissance coloniale sur la Côte d’Ivoire. Tous ces exemples montrent que l’impérialisme n’est pas un fantasme, mais une réalité historique et géopolitique qui continue de peser lourdement sur le destin des pays africains.

    Une lecture idéologique favorable à l’Occident

    En exonérant les puissances impérialistes de toute responsabilité, Tidjane Thiam adopte une posture problématique. Il ne s’agit pas ici de nier les erreurs et les fautes graves commises par certains dirigeants africains, mais de refuser une lecture biaisée qui fait des Africains les seuls coupables de leur malheur.

    Thiam, en désignant exclusivement les élites africaines comme responsables, participe à un récit occidental bien huilé: celui qui consiste à affirmer que l’Afrique est sous-développée à cause de sa propre incapacité, de son absence de vision ou de sa propension à la violence.

    Ce récit arrange les anciennes puissances coloniales car il efface leur rôle dans le pillage organisé des ressources africaines, dans le sabotage des expériences de développement autonome, et dans le soutien à des régimes fantoches. Or, si la vérité est complexe, elle oblige à une lecture dialectique du sous-développement africain: d’un côté, des dirigeants locaux complices et corrompus ; de l’autre, un système international fondé sur la prédation, l’endettement, la manipulation politique et le contrôle monétaire.

    Dans mon ouvrage « L’Afrique refuse-t-elle vraiment le développement ? » (Paris, L’Harmattan, 2007), je défends une thèse contraire à celle de Tidjane Thiam. Pour moi, les causes du « sous-développement » africain sont davantage extérieures qu’intérieures.

    Je montre comment les rapports inégaux, les conditionnalités imposées par les institutions de Bretton Woods, la domination monétaire et les interventions militaires voilent la possibilité même d’un développement authentiquement africain. À mes yeux, le continent est empêché de se développer non pas parce qu’il le refuse, mais parce qu’il est enfermé dans un système mondial fondamentalement injuste.

    Il est légitime de se demander si une telle posture idéologique ne révèle pas l’orientation future de Tidjane Thiam s’il accédait au pouvoir. Servira-t-il les intérêts des Ivoiriens ou ceux des cercles financiers et politiques qui lui ont permis de bâtir sa carrière internationale ?

    Son discours semble s’inscrire dans la logique néolibérale dominante : responsabiliser exclusivement les pays africains pour justifier des politiques d’austérité, d’ouverture incontrôlée des marchés et de dépendance vis-à-vis des investisseurs étrangers. Or, une véritable politique de développement pour l’Afrique suppose de briser les chaînes du néocolonialisme, de remettre en question les accords léonins, de réformer en profondeur le système éducatif, sanitaire et économique – autant de chantiers qui exigent une volonté politique affranchie des injonctions extérieures.

    Thiam, en niant le rôle de l’impérialisme, se place-t-il dans une position de candidat rassurant pour l’Occident et les multinationales ? Sa posture inquiète, car elle pourrait signifier un retour à une forme de gouvernance “propre” mais docile, technocratique mais inféodée, moderniste en apparence mais sans ambition de rupture structurelle.

    Le sous-développement de l’Afrique ne peut être expliqué de manière univoque. Il résulte d’un entrelacs de facteurs internes et externes, d’erreurs nationales et de manipulations internationales. Réduire la responsabilité à un seul camp, c’est refuser de voir les structures d’oppression qui persistent depuis la colonisation.

    C’est aussi désarmer les peuples africains dans leur quête de souveraineté véritable. L’Afrique a besoin de dirigeants lucides, patriotes, capables de reconnaître leurs fautes tout en pointant du doigt les mécanismes extérieurs qui brident le continent. Thiam, en niant la réalité impérialiste, risque non seulement de décevoir les attentes populaires, mais aussi de perpétuer les chaînes invisibles du sous-développement.

    Jean-Claude Djéréké

  • Le Président Guinéen Mamadi Doumbouya est arrivé à Abidjan pour une Visite Officielle de 48h

    Le Président Guinéen Mamadi Doumbouya est arrivé à Abidjan pour une Visite Officielle de 48h

    Le Président de la République de Guinée, le Général Mamadi Doumbouya, est bien arrivé ce mardi 17 juin 2025 à Abidjan, marquant le début officiel de sa visite d’amitié et de travail de 48 heures en Côte d’Ivoire.

    Le Président Doumbouya a été chaleureusement accueilli à 12h44 à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny par le Vice-Président ivoirien, Tiémoko Meyliet Koné.

    Cette visite est placée sous le signe de l’amitié et de la consolidation des relations de travail entre la Guinée et la Côte d’Ivoire. L’agenda de la journée est chargé, avec un moment clé prévu cet après-midi un entretien au Palais présidentiel entre le général Mamadi Doumbouya et le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara.

    Cyprien K.

  • Donald Trump annonce le « plus grand programme d’expulsions de l’histoire ».

    Donald Trump annonce le « plus grand programme d’expulsions de l’histoire ».

    Le président américain Donald Trump a ordonné dimanche de nouvelles opérations anti-migrants à Los Angeles et New York, en vue du ‘plus grand programme d’expulsions massives de l’histoire’. Ces villes sont dirigées selon lui par des démocrates à ‘l’esprit malade’.

    ‘Nous devons redoubler d’efforts pour arrêter et expulser les étrangers illégaux des plus grandes villes américaines comme Los Angeles, Chicago et New York, où des millions d’étrangers illégaux habitent’, a déclaré le milliardaire républicain sur son réseau social Truth Social. ‘Ces villes, et d’autres, sont le noyau central du pouvoir démocrate’, a-t-il ajouté.

    M. Trump a fait de l’expulsion des immigrés clandestins une priorité de son deuxième mandat, après avoir promis durant sa campagne de mettre fin à une supposée ‘invasion’ de criminels étrangers. Mais ses efforts pour lutter contre l’immigration clandestine ont largement dépassé ce cadre et visé en particulier les immigrés latino-américains, indispensables à certains secteurs d’activité.

    ‘Esprit malade’

    Des descentes à répétition d’agents de la police fédérale de l’immigration (ICE) à Los Angeles ont déclenché des manifestations parfois ponctuées de violences dans la deuxième ville des Etats-Unis, auxquelles le président a répondu en déployant 4000 gardes nationaux et 700 Marines, un corps d’élite, contre la volonté du gouverneur de Californie et de la maire.

    Dans sa longue diatribe sur Truth Social dimanche, le président républicain a affirmé que ‘chaque jour, les courageux hommes et femmes de l’ICE sont soumis à des actes de violence, au harcèlement et même à des menaces de la part de politiciens démocrates radicaux’.

    Mais, a-t-il insisté, ‘rien ne nous empêchera d’exécuter notre mission […] Les agents de l’ICE ont, par la présente, ordre de faire tout leur possible pour atteindre l’objectif très important de réaliser le plus grand programme d’expulsion massive de l’histoire’.

    ‘Les démocrates d’extrême gauche ont l’esprit malade, détestent notre pays et veulent en réalité détruire nos centres-villes et ils y parviennent’, a encore lancé le président.

    Il a dit avoir ordonné à l’ICE et aux autres corps de maintien de l’ordre de ‘se concentrer sur nos centres-villes criminogènes et meurtriers’. Toute l’administration, a-t-il insisté, a ordre ‘de mettre toutes les ressources possibles derrière cet effort, et d’inverser la marée de la migration de destruction massive qui a transformé des villes autrefois idylliques en scènes de dystopie du tiers-monde’.

  • Israël-Iran: le conflit dans une phase critique malgré les appels

    Israël-Iran: le conflit dans une phase critique malgré les appels

    Le bras de fer militaire entre Israël et l’Iran a franchi un nouveau cap avec une intensification des frappes aériennes, des ripostes balistiques massives et une mobilisation diplomatique croissante.

    En ce 16 juin 2025, le conflit entre l’Iran et Israël s’aggrave, marquant un tournant majeur avec des pertes humaines considérables, des frappes stratégiques continues et une inquiétude mondiale croissante.

    Les raids israéliens, menés dans le cadre de l’opération Rising Lion, ont causé la mort d’au moins 406 personnes en Iran, dont 14 scientifiques nucléaires et plusieurs hauts responsables des Gardiens de la Révolution, selon The Guardian et l’agence IRNA.

    En réponse, Téhéran a déclenché l’opération True Promise III, lançant 150 missiles balistiques et près de 100 drones kamikazes, dont la majorité a été interceptée par les systèmes de défense israéliens (Dôme de Fer, Arrow), d’après Reuters.

    Les représailles iraniennes ont néanmoins fait au moins 24 morts civils en Israël et provoqué des centaines de blessés, touchant notamment les villes de Tel-Aviv, Bat Yam et Haïfa. À Téhéran, un exode massif est en cours alors que les habitants fuient les zones jugées à risque.

    Sur le plan diplomatique, le G7 appelle à une « désescalade immédiate », tandis que la Russie et la Chine ont demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. L’Iran, tout en affirmant agir en légitime défense, prévient qu’il continuera de riposter si les attaques persistent.

    Les marchés pétroliers, d’abord en hausse à plus de 95 dollars le baril, ont connu un léger reflux autour de 71 à 72 USD, à la faveur de signaux diplomatiques en provenance d’Oman et du Qatar, impliqués dans des efforts de médiation.

    Le conflit, aux conséquences déjà lourdes sur le plan sécuritaire et humanitaire, reste suspendu aux initiatives diplomatiques en cours pour éviter une escalade régionale majeure.

    AC/Sf/APA

  • Tout est possible au Moyen Orient pour le New York Times

    Tout est possible au Moyen Orient pour le New York Times

    Voici la traduction intégrale de l’article de Thomas L. Friedman, publié dans The New York Times, sur la situation entre l’Iran et israel. À lire absolument !

    L’attaque israélienne à grande échelle contre les infrastructures nucléaires de l’Iran, survenue vendredi, doit désormais être ajoutée à la liste des guerres décisives qui ont remodelé le Moyen-Orient depuis la Seconde Guerre mondiale et que l’on désigne simplement par leurs dates : 1956, 1967, 1973, 1982, 2023… et maintenant 2025.

    Il est bien trop tôt — et les issues possibles sont trop nombreuses — pour prédire comment le « grand jeu » des nations du Moyen-Orient sera transformé par ce conflit entre Israël et l’Iran en 2025. Tout ce que je peux dire pour l’instant, c’est que les deux extrêmes sont encore possibles : d’un côté, une issue très positive, où cette séquence d’événements provoque une réaction en chaîne menant à la chute du régime iranien, remplacé par un pouvoir plus décent, laïc et consensuel ; de l’autre, un scénario catastrophe où toute la région s’embrase et entraîne les États-Unis dans le chaos.

    Entre ces deux extrêmes subsiste encore une issue intermédiaire : une solution négociée — mais le temps est compté. Le président Trump a habilement utilisé l’attaque israélienne pour, en quelque sorte, dire aux Iraniens : « Je suis toujours prêt à négocier une fin pacifique à votre programme nucléaire, et vous devriez vous y mettre rapidement — car mon ami Bibi est F-O-U. J’attends votre appel. »

    Face à cette large palette de possibilités, voici les principales variables que je vais suivre pour essayer de discerner vers quelle direction ce conflit se dirige — ou s’il prendra une tournure encore imprévisible.

    1. Israël veut aller jusqu’au bout cette fois

    Ce qui rend ce conflit Iran–Israël si profond, c’est l’engagement d’Israël à poursuivre les combats jusqu’à éliminer totalement la capacité de l’Iran à fabriquer une arme nucléaire — d’une manière ou d’une autre.

    L’Iran a, en quelque sorte, provoqué cette réponse en accélérant massivement son enrichissement d’uranium jusqu’à un niveau proche de l’arme. Il a poussé la dissimulation de ses efforts à un tel point que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré jeudi dernier que l’Iran ne respectait plus ses engagements en matière de non-prolifération nucléaire — une première depuis vingt ans. Cela seul souligne l’ampleur de ce qui est en train de se passer.

    Israël avait déjà visé les installations nucléaires iraniennes plusieurs fois au cours des quinze dernières années, mais avait toujours renoncé au dernier moment — sous pression américaine ou par doute interne. Ce qui se passe aujourd’hui dépasse tout précédent.

    2. Le point technique : les dégâts sur les centrifugeuses

    La grande question technique est de savoir si les frappes israéliennes sur des installations comme Natanz — profondément enfouie sous terre — ont provoqué un choc suffisant pour endommager les centrifugeuses utilisées à l’enrichissement de l’uranium, malgré leurs amortisseurs. À défaut, Israël a probablement bombardé les entrées des complexes souterrains pour ralentir les opérations.

    L’armée israélienne affirme avoir infligé des dégâts significatifs à Natanz, le plus grand site d’enrichissement iranien. Mais il reste incertain si Fordow, une autre installation souterraine majeure, a été touchée ou non.

    Si les frappes réussissent à arrêter temporairement le programme nucléaire iranien, ce serait un gain militaire considérable pour Israël, justifiant l’opération.

    3. L’effet régional : fin du joug iranien sur ses proxies

    Ce qui m’intéresse tout autant, c’est l’impact régional de ce conflit — notamment sur l’influence néfaste que l’Iran exerce depuis longtemps sur l’Irak, le Liban, la Syrie et le Yémen, où Téhéran a financé et armé des milices locales pour contrôler indirectement ces pays et empêcher toute émergence de régimes consensuels et pro-occidentaux.

    L’effritement de cette mainmise iranienne, enclenché par la décision de Netanyahu de décapiter le Hezbollah, porte déjà ses fruits au Liban et en Syrie, où de nouveaux dirigeants plus pluralistes sont arrivés au pouvoir. Ils restent fragiles, certes, mais l’espoir renaît — y compris en Irak. Et cette libération de l’influence iranienne est largement populaire parmi les peuples concernés.

    4. Netanyahu, stratège régional et échec local

    Ce qui m’a toujours frappé chez Netanyahu, c’est son habileté stratégique à l’échelle régionale… et son incompétence tout aussi stratégique dans la gestion locale, notamment vis-à-vis des Palestiniens. En tant qu’acteur régional, il agit sans trop de contraintes idéologiques. Mais en interne, à Gaza par exemple, ses décisions sont dictées par sa survie politique, son refus idéologique absolu d’un État palestinien, et sa dépendance à l’extrême droite israélienne pour se maintenir au pouvoir.

    Résultat : l’armée israélienne est embourbée dans Gaza — un désastre moral, économique et stratégique — sans la moindre issue.

    5. Et vos retraites, dans tout ça ?

    Pour ceux qui se demandent comment ce conflit pourrait affecter leurs investissements, la clé est de surveiller si l’Iran tente de déstabiliser l’administration Trump en faisant flamber le prix du pétrole — pour créer de l’inflation en Occident. Il suffirait que l’Iran coule quelques tankers ou minent le détroit d’Ormuz pour bloquer les exportations de pétrole et de gaz.

    Rien que cette menace fait déjà grimper les prix.

    6. Comment Israël a-t-il frappé si précisément ?

    Comment Israël a-t-il pu localiser et tuer deux des plus hauts responsables militaires iraniens, ainsi que d’autres officiers de haut rang ? Certes, le Mossad et l’unité cyber 8200 sont redoutablement efficaces. Mais le véritable secret réside peut-être ailleurs : dans le nombre croissant de responsables iraniens prêts à collaborer avec Israël, tant ils exècrent leur propre régime.

    Cela facilite considérablement le recrutement d’agents jusqu’au sein du gouvernement et de l’armée iranienne. Et cette infiltration confère à Israël un avantage stratégique immense : à chaque réunion des dirigeants militaires ou politiques iraniens, chacun se demande si celui à sa droite n’est pas un agent du Mossad. Cela paralyse la planification et bride l’innovation.

    7. Et si Israël échoue…

    Si Israël échoue — c’est-à-dire si le régime iranien parvient malgré tout à se relever et à reconstituer sa capacité nucléaire, tout en gardant son emprise sur les capitales arabes — alors nous entrons dans une guerre d’usure entre les deux armées les plus puissantes de la région.

    Ce serait un scénario hautement déstabilisant, avec des crises pétrolières en cascade et de possibles attaques iraniennes contre des régimes pro-américains ou des bases américaines. Ce qui obligerait alors l’administration Trump à intervenir directement, peut-être même avec pour objectif final de renverser le régime iranien. Et là… tout peut arriver.

    8. Ne pas confondre prudence et faiblesse

    Contrairement à Gaza, Israël a cette fois veillé à ne pas faire de victimes civiles iraniennes en masse. Car l’objectif ultime d’Israël est que les citoyens iraniens dirigent leur colère non pas contre Tel-Aviv, mais contre leur propre régime, accusé d’avoir gaspillé d’énormes ressources pour bâtir l’arme nucléaire.

    Dans une vidéo diffusée après l’attaque, Netanyahu s’est adressé aux Iraniens, en anglais :

    « Nous ne vous haïssons pas. Vous n’êtes pas nos ennemis. Nous avons un ennemi commun : un régime tyrannique qui vous écrase. Depuis près de 50 ans, ce régime vous a privé d’une vie digne. »

    Les Iraniens ne vont certainement pas se soulever en écoutant Netanyahu. Mais ce régime était déjà impopulaire — et son humiliation militaire pourrait accélérer sa chute. Rappelons qu’il y a seulement trois ans, il a réprimé dans le sang un soulèvement populaire après la mort en détention de Mahsa Amini, arrêtée par la « police des mœurs » pour un voile mal porté.

    Conclusion : les deux leçons de l’Histoire

    Il y a deux grandes leçons à retenir de l’Histoire récente :

    1. Les régimes autoritaires comme celui de l’Iran paraissent inébranlables… jusqu’au jour où ils s’effondrent soudainement.
    2. Mais au Moyen-Orient, le contraire de la dictature n’est pas toujours la démocratie. C’est parfois un désordre prolongé.

    Aussi fort que soit le désir de voir tomber ce régime, il faut rester conscient d’un risque tout aussi grand : celui de voir tout s’écrouler sans qu’aucune alternative stable n’émerge.

  • Mon cher Laurent, je pense à toi tous les jours

    Mon cher Laurent, je pense à toi tous les jours

    Voila ce que c’est, mon vieux Laurent, que d’avoir pris, la plus jolie, des filles Mahouka, celle qu’on appelle Nady. Tu aurais pu, mon vieux Laurent, prendre Léocadie, ou Anastasie de Guibéroua, mais tu as préféré Nady.

    Tu aurais pu, mon vieux Laurent, rester chez toi, tailler ton bois, écrire tes histoires et planter tes tomates, plutôt que de menacer et d’appeler encore une fois les gens à manifester.

    Tu aurais pu mon vieux Laurent, faire d’autres petits à Nady, et leur apprendre ton métier d’historien, comme l’université te l’avait appris.

    Pourquoi a-t-il fallu Laurent, que ta chérie, cette innocente, ait eu ces étranges idées de te faire croire que tu peux encore devenir président de la Côte d’Ivoire ? Toi-même tu crois vraiment à ça ?

    Mon cher Laurent, je pense à toi tous les jours, toi qui, j’en suis sûr, ne demande qu’à vivre heureux à Mama avec ta Nady chérie.

    Vois-tu, mon cher Laurent, je crois que tu es mal entouré. Ce sont les gens comme les Katinan, Assoa Adou et autres Dano Djédjé qui te poussent à faire tout ce que tu fais. Sinon je sais que toi, tout ton rêve, c’est d’aller t’asseoir à Mama, écrire des livres et jouer au vieux sage qui rassemblerait autour de lui tous les déçus de Ouattara, distribuerait les bons et mauvais points, donnerait des conseils à qui en voudrait.

    Au lieu de cela, tu en es à menacer le pouvoir, à vouloir bagarrer, à faire la guerre à tes proches, à bêcher publiquement la vieille mère Simone, à ignorer Blé l’ancienne machette, ton bon petit, jusqu’à avoir mal à la bouche à dire son nom, et Affi, parce qu’il avait voulu partager le pouvoir du FPI déchu avec toi. Tu dis que c’est Nady qui tient absolument à devenir aussi première dame parce que Simone le fut ? Mais vois-toi-même, mon pauvre Laurent, où cela t-a-t-il conduit ?

    Tu as l’habitude de dire qu’on peut sortir de prison pour aller à la présidence et tes détracteurs te répondent qu’on peut aussi quitter la présidence pour aller en prison. Ce qui t’est arrivé dans les deux sens. Mais bon, tu ne vas quand même pas passer le reste de ta vie à faire des allers et retours entre la prison et la présidence. Visiblement, tu aimes la posture du martyr. De l’éternel persécuté, de celui qui lutte en permanence. Nous, non. Nous voulons lutter, oui, mais pour faire avancer notre pays. Et nous avec. Et puis, bon. Tu te vois vraiment encore à la présidence ?

    Il est vrai que dans ce pays, c’est souvent l’impossible qui se réalise. Sinon, qui pouvait imaginer Robert Guéï et toi un jour dans le fauteuil d’Houphouët-Boigny ? Qui pouvait imaginer Guillaume Soro ton premier ministre ? Et le même Guillaume Soro ennemi mortel d’Alassane Ouattara aujourd’hui ?

    Pourquoi n’expliques-tu pas à ta bien aimée que Mandela est devenu plus puissant et plus respecté lorsqu’il a renoncé au pouvoir ? Tu me diras que tu n’es pas Mandela. Cela, on l’avait compris. Mais tu pourrais essayer de le copier. Tu aurais pu te dire par exemple : « j’ai exercé le pouvoir pendant dix ans. Je l’ai perdu. J’ai passé presque dix ans en prison et en exil en Europe.

    Je suis rentré, blanchi par la justice internationale. Mais la justice de mon pays me cherche des poux dans les cheveux. Pourquoi, vu que mes droits financiers me sont versés, je ne créerais pas une fondation ou quelque chose comme ça, qui œuvrerait par exemple pour la réconciliation ou pour le pardon ? Moi, j’en ai fini avec la politique, et je pardonne à tout le monde. Surtout à mes adversaires. Je choisis telle personne comme mon héritier politique. »

    Je suis sûr que si tu avais fait quelque chose de ce genre, tu serais devenu un héros dans toute l’Afrique et même dans le monde. Tu me demandes pourquoi je ne donne pas ce genre de conseil à Alassane Ouattara ? C’est parce que vous n’avez pas le même destin, mon pauvre Laurent. On t’a donné ce pays et nous avons vu ce que tu en as fait en dix ans. Le sang n’a fait que couler. Tu n’as rien construit à part de vilaines statues. On t’aurait pardonné si tu avais fait ce que je te conseille de faire. Mais si tu t’entêtes, je ne peux plus rien te garantir.

    On a donné le même pays à Alassane Ouattara et il l’a projeté au rang de première puissance économique de l’UEMOA et de seconde puissance économique au sein de la CEDEAO. Depuis quinze ans notre pays est en paix malgré les menaces djihadistes à ses frontières nord. Ouattara, lui, on a envie qu’il continue de faire ce qu’il est en train de faire. Même si lui-même n’en a plus envie. On lui demande de ne pas arrêter de travailler. Toi, on veut que tu te reposes. Et c’est parce qu’on t’aime bien, crois-moi.

    Venance Konan

  • Présidentielle 2025 : Alassane Ouattara est le candidat de notre parti au RHDP (Patrick Achi)

    Présidentielle 2025 : Alassane Ouattara est le candidat de notre parti au RHDP (Patrick Achi)

    Ce dimanche 15 juin 2025, lors du meeting de clôture du pré-congrès du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) à la Place Ficgayo de Yopougon, l’ancien Premier ministre ivoirien, Patrick Achi, a levé le voile sur le choix du parti pour la présidentielle de 2025. Alassane Ouattara est le candidat de notre parti au RHDP.

    Devant une foule de militants et de cadres du parti, Patrick Achi a été catégorique : « Nous avons choisi Alassane Ouattara comme notre candidat au RHDP. » Il a justifié ce choix en mettant en avant les réalisations du président sortant . « Nous avons une seule route et c’est la route du président Alassane Ouattara, car avec lui, nous avons la sécurité, nous avons la paix, et les jeunes ont le travail. », a-t-il dit.

    L’ancien chef du gouvernement a également souligné les progrès significatifs sous la direction d’Alassane Ouattara dans des secteurs clés tels que l’éducation, les infrastructures et la santé. Selon lui, le président Ouattara s’apprête à propulser la Côte d’Ivoire « à un autre niveau » où « tous les jeunes auront leur place dans cette nouvelle Côte d’Ivoire. »

    Patrick Achi a rappelé la performance du président Ouattara à la tête du RHDP au cours des cinq dernières années, affirmant que sa direction a été si exemplaire que le parti a décidé de le reconduire à la présidence du RHDP.

    La forte mobilisation à Yopougon n’est pas passée inaperçue. Patrick Achi a salué le maire de la commune, Adama Bictogo, pour cette démonstration de force.

    Adama Bictogo, visiblement satisfait, a témoigné de l’engouement : « Devant une marée humaine de militants et militantes venus de tous les quartiers de notre grande commune, j’ai mesuré, une fois encore, la puissance de la mobilisation, la fidélité à notre parti et l’engagement sans faille derrière le Président Alassane Ouattara. »

    Il a également remercié Patrick Achi, Gilbert Kafana Koné, Adama Diawara et toutes les personnalités présentes, ainsi que les coordinateurs, les jeunes, les femmes et les structures locales pour leur participation massive.

    Ce rassemblement à Yopougon, traditionnellement une commune à forte implantation de l’opposition, marque un tournant selon Patrick Achi, qui a déclaré que « Yopougon a changé de couleur, cette commune est désormais aux couleurs du RHDP. »

    Fn

  • CRISE FONCIÈRE, SCANDALE KOMÉ BAKARY… LE MINISTRE BRUNO KONÉ CONVOQUÉ À L’ASSEMBLÉE NATIONALE

    CRISE FONCIÈRE, SCANDALE KOMÉ BAKARY… LE MINISTRE BRUNO KONÉ CONVOQUÉ À L’ASSEMBLÉE NATIONALE

    Le ministre de la Construction est convoqué ce 17 juin 2025 à l’Assemblée nationale pour s’expliquer devant les députés, dans un climat particulièrement tendu, entre scandales fonciers, colère des victimes et soupçons de corruption.

    La séance parlementaire de ce mardi 17 juin s’annonce particulièrement tendue. Le ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, Bruno Koné, devra répondre devant les députés des graves dysfonctionnements qui minent son secteur.

    Cette convocation officielle, matérialisée par le document N°1199/AN/SG que Linfodrome a pu consulter, intervient dans un contexte de crise aiguë du foncier, marquée par plusieurs scandales dont l’embarrassante affaire Komé Bakary.

    Un ministre affaibli ?

    La question orale est l’un des moyens d’information de l’Assemblée nationale à l’égard de l’action de l’administration gouvernementale. À l’origine de cette initiative parlementaire, le député Sehi Gaspard, élu de Facobly et membre influent du PPA-CI, le parti de Laurent Gbagbo.

    Ce dernier a récemment dénoncé ce qu’il présente comme une « disparition programmée des terres autochtones », accusant ouvertement des « réseaux mafieux » et des « accaparements étrangers ». Une position qui donne à ce débat une coloration éminemment politique, à quatre mois seulement de l’élection présidentielle.

    Le ministre Bruno Koné, en poste depuis juillet 2018, arrive à cette séance affaibli par une série de révélations compromettantes. Vingt agents de son ministère ont dernièrement été licenciés pour délivrance de titres fonciers frauduleux.

    Son administration est également mise en cause dans plusieurs dossiers sensibles, dont le plus médiatisé reste celui de Komé Bakary, symbole des dérives du système foncier avec des cas de spoliation et de faux documents à la clé.

    Crise de confiance

    Komé Bakary est au cœur d’un vaste scandale foncier en Côte d’Ivoire. Il est poursuivi pour faux et usage de faux sur plusieurs titres fonciers jugés frauduleux, notamment à Bessikoi, où il est accusé d’avoir illégalement acquis des terrains à l’aide de documents falsifiés.

    Trois plaintes ont été déposées contre lui, dont celle de Dame Traoré, qui se dit expropriée sans fondement juridique. Placé sous contrôle judiciaire, il est interdit de quitter le territoire. Malgré l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet de Bingerville, son absence de détention provisoire alimente les soupçons d’impunité.

    Certains dénoncent des protections politiques à l’approche de la présidentielle de 2025. Des soupçons de complicités au sein de l’administration foncière et des autorités traditionnelles sont également évoqués.

    Sur le plan social, cette affaire a déclenché une vive mobilisation des victimes. Plusieurs plaignants ont pris la parole dans les médias et sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un vol organisé de leurs terres. Cela a ravivé le débat sur la sécurisation foncière en Côte d’Ivoire et nourrit une crise de confiance à l’égard des institutions censées garantir la justice et la transparence dans la gestion du foncier.

    Le ministre en charge de la Construction joue donc une partie serrée ce mardi. Face aux députés et à l’opinion, Bruno Koné devra restaurer la confiance et convaincre qu’il reste encore un pilote crédible à la tête d’un ministère en pleine tempête.

    Samuel KADIO

  • Côte d’Ivoire : Tidjane Thiam annonce son retour pour « continuer le combat » après une mobilisation massive du PDCI-RDA

    Côte d’Ivoire : Tidjane Thiam annonce son retour pour « continuer le combat » après une mobilisation massive du PDCI-RDA

    À quatre mois de l’élection présidentielle ivoirienne, la tension monte d’un cran. Radié des listes électorales par décision judiciaire, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), Tidjane Thiam, a annoncé samedi 14 juin qu’il s’apprêtait à rentrer à Abidjan « pour mener le combat ».

    La déclaration du leader du plus vieux parti ivoirien intervient après que des milliers de militants ont battu le macadam dans la capitale économique, Abidjan, pour exiger sa réinscription ainsi que celle d’autres figures de l’opposition.

    « Je serai avec vous bientôt »

    Dans un message vidéo diffusé à la suite de la manifestation organisée par son parti, Tidjane Thiam a salué la mobilisation et réaffirmé sa détermination à défendre sa candidature : « Je serai avec vous bientôt pour continuer le combat. Ce combat pour libérer notre pays, que les Ivoiriens attendent de nous voir mener ». L’ancien patron du Crédit Suisse, investi candidat du PDCI-RDA en avril dernier, a vu son nom écarté de la liste électorale définitive publiée le 4 juin, à la suite d’une décision judiciaire estimant qu’il avait perdu sa nationalité ivoirienne au moment de son inscription sur la liste électorale en 2022.

    Le tribunal s’est appuyé sur l’article 48 du Code de la nationalité, estimant que l’acquisition de la nationalité française en 1987 entraînait la perte automatique de la nationalité ivoirienne. Un argument contesté par les avocats du candidat et ses partisans, qui soulignent qu’il a renoncé à sa nationalité française en février dernier.

    Une mobilisation massive malgré la pluie

    Samedi matin, sous une pluie battante, des milliers de militants vêtus de blanc et de vert, aux couleurs du PDCI-RDA, ont défilé pacifiquement du rond-point SOCOCE jusqu’au siège de la Commission électorale indépendante (CEI), à Cocody. « Non à l’exclusion ! », « Thiam Président ! », « 2025 ne sera pas 2020 ! » scandaient les manifestants. Cette marche, reportée à plusieurs reprises, s’est transformée en démonstration de force. Aucun incident n’a été signalé, et les responsables du parti ont salué une mobilisation « historique ».

    Le cas Thiam s’inscrit dans un contexte politique marqué par la contestation plus large du processus électoral. Plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo (PPA-CI), Guillaume Soro, Charles Blé Goudé (COJEP) ou encore Noël Akossi Bendjo, ont également été exclues de la liste électorale pour des raisons judiciaires ou administratives.

    La Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), regroupant plusieurs partis de l’opposition, a dénoncé une manœuvre politique et exigé la « réinscription sans conditions » de tous les candidats écartés. Dans une déclaration lue par sa porte-parole, Simone Gbagbo, la coalition a qualifié les radiations d’« injustifiées » et a exhorté le gouvernement à garantir des élections inclusives et équitables.

    Vers une épreuve de force ?

    Le PDCI-RDA combine désormais pression populaire et action institutionnelle. Une délégation conduite par le député-maire Sylvestre Emmou a officiellement déposé une requête auprès de la CEI à l’issue de la marche. Le parti a également saisi l’Organisation des nations unies pour dénoncer l’invalidation de la candidature de son leader. Face aux accusations de partialité, la CEI a réaffirmé qu’elle ne fait qu’appliquer les décisions de justice et respecte le cadre légal en vigueur. Le gouvernement, de son côté, assure ne pas interférer dans le travail des juridictions.

    Le Président Alassane Ouattara, qui achève son troisième mandat à la tête du pays, ne s’est pas encore prononcé officiellement sur sa candidature à un quatrième mandat. Sa décision est attendue lors du congrès du RHDP, prévu les 21 et 22 juin prochains à Abidjan. Ce silence contribue à entretenir le flou autour de l’échéance d’octobre, même si tout semble indiquer qu’il se portera candidat.

    Alors que l’opposition s’organise et mobilise, le climat politique reste incertain. Si les revendications du PDCI-RDA n’aboutissent pas, le pays pourrait entrer dans une séquence tendue, à l’image de celle de 2020, marquée par des violences électorales. Surtout que, de l’autre côté, Laurent Gbagbo a déjà annoncé être prêt pour se battre.

    Serge Ouitona

  • Présidentielle 2025 : Alassane Ouattara jouera-t-il vraiment le jeu démocratique avec l’Union africaine ?

    Présidentielle 2025 : Alassane Ouattara jouera-t-il vraiment le jeu démocratique avec l’Union africaine ?

    La visite, en ce mois de juin, d’une mission de haut niveau de l’Union africaine (UA) à Abidjan vise à contribuer à un climat apaisé en vue de l’élection présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. Une initiative saluée officiellement par le président Alassane Ouattara, qui a affirmé être disposé à « tout faire » pour que le scrutin se tienne dans « de bonnes conditions ». Mais derrière cette façade diplomatique et ces sourires protocolaires, une question primordiale reste en suspens : Ouattara est-il sincèrement prêt à jouer la transparence et à accepter une implication réelle de l’Union africaine, alors même qu’il semble vouloir verrouiller la compétition électorale en excluant certains acteurs majeurs de la scène politique ?

    Depuis plusieurs années, le Président ivoirien, Alassane Ouattara, joue une partition ambivalente. D’un côté, il se présente comme le garant de la stabilité ivoirienne et de la continuité institutionnelle, un rôle que lui reconnaissent volontiers ses partenaires occidentaux et certaines institutions africaines. De l’autre, il est accusé de saper les bases mêmes de cette stabilité en excluant délibérément des figures politiques incontournables, à commencer par Laurent Gbagbo et, plus récemment, Tidjane Thiam.

    Le double discours présidentiel

    Le premier, ancien président de la République, acquitté par la Cour pénale internationale, se voit toujours marginalisé et empêché de se présenter librement aux élections. Son parti, le PPA-CI, fait l’objet d’une surveillance constante, tandis que les conditions de son éligibilité restent floues. Le second, Tidjane Thiam du PDCI-RDA, technocrate de renommée internationale et potentiel rassembleur, voit son ascension entravée par un climat politique fermé, où toute alternative crédible semble déranger.

    Cette politique de l’exclusion orchestrée par le pouvoir en place vient sérieusement entacher les belles promesses d’une élection « libre, transparente et inclusive ». L’implication de l’Union africaine dans le processus électoral ne peut être crédible que si elle est accompagnée d’un engagement ferme des autorités à respecter le pluralisme politique – ce qui, à ce stade, demeure une promesse en l’air.

    Un enjeu régional déguisé en affaire nationale

    Saleh Annadif Mahamat, chef de la délégation de l’UA et ancien ministre tchadien, a eu des mots forts : « Si la Côte d’Ivoire éternue, c’est toute la région qui risque d’être enrhumée ». Une manière élégante de rappeler que l’enjeu de l’élection ivoirienne dépasse largement les frontières nationales. Dans une Afrique de l’Ouest secouée par les coups d’État, les transitions militaires et les tensions politiques, la stabilité de la Côte d’Ivoire fait figure de digue fragile.

    Mais cette stabilité ne peut être confondue avec la stagnation démocratique. Elle ne peut être obtenue par la mise à l’écart de voix dissidentes, ni par l’orchestration d’un simulacre électoral dans lequel les dés sont pipés d’avance. L’Union africaine, en exprimant son souhait d’accompagner le processus, assume une responsabilité importante. Elle ne doit pas se contenter de bénir un processus verrouillé, mais exiger des garanties concrètes : transparence dans la constitution de la Commission électorale indépendante (CEI), équité dans l’accès aux médias publics, sécurité des candidats, et surtout, respect du droit à concourir pour tous les acteurs politiques.

    Ouattara et l’Union africaine : une confiance de façade

    La question que de nombreux observateurs se posent, à Abidjan comme à Addis-Abeba, est la suivante : Ouattara acceptera-t-il réellement que l’Union africaine ait un rôle actif et impartial dans l’élection ? Rien n’est moins sûr. En 2020 déjà, les inquiétudes étaient nombreuses quant à la modification de la Constitution pour permettre un troisième mandat controversé. L’UA, trop timorée, n’avait alors émis que des remarques prudentes, sans véritablement s’opposer à cette manœuvre.

    Etienne Dione

  • Au moins 102 morts dans une attaque armée dans le nord du Nigeria

    Au moins 102 morts dans une attaque armée dans le nord du Nigeria

    Des éleveurs présumés ont pris d’assaut un village vendredi soir

    Au moins 102 personnes ont été tuées dans une attaque qui a visé une communauté de l’État de Benue, dans le centre-nord du Nigeria, ont indiqué samedi des responsables locaux et des témoins.

    Des hommes armés, soupçonnés d’être des éleveurs criminels, ont pris d’assaut la communauté de Yelewata, dans la zone de gouvernement local de Guma, tard dans la soirée de vendredi et ont poursuivi l’assaut jusqu’aux premières heures de samedi.

    Cette attaque est l’une des plus meurtrières de ces derniers mois dans le conflit qui oppose depuis longtemps les communautés agricoles et les éleveurs au Nigeria, un conflit qui s’est intensifié en raison de conflits fonciers, d’accès à l’eau, de voies de migration et de dommages causés au bétail.

    « Nous avons perdu pas moins de 102 personnes, et plus de 100 autres sont dans un état critique à l’hôpital universitaire de l’État de Benue (BSUTH) à Makurdi », a déclaré Dennis Denen Gbongbon, président de l’Association des agriculteurs unis de la vallée de Benue, dans un entretien téléphonique avec Anadolu.

    « Le personnel médical a lancé un appel urgent aux dons de sang pour sauver la vie des blessés. »,a-t-il ajouté.

    « Les hommes armés ont versé de l’essence avant de mettre le feu à nos abris et ont brûlé nos proches pendant leur sommeil. », a indiqué un des survivants.

    Les habitants ont déclaré que l’attaque avait duré plus de deux heures, avec des maisons détruites et des familles piégées dans des bâtiments en flammes.

    Joseph Har, conseiller spécial du gouverneur de l’État de Benue pour la sécurité et les affaires intérieures, a confirmé les faits et a indiqué que les autorités évaluaient encore l’ampleur de l’attaque.

    « Nous sommes conscients du terrible incident survenu aux premières heures de la journée et nous enquêtons sur la mort de plus de 100 personnes. Nous avons retrouvé 102 corps », a déclaré Har.

    Le porte-parole de la police de l’État de Benue, Udeme Edet, a indiqué que des unités tactiques avaient été déployées dans la zone.

    « C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons que des personnes ont perdu la vie et que d’autres ont été blessées », a déclaré Edet dans un communiqué. « La police n’a pas relâché ses efforts et poursuit les agresseurs. Nous poursuivrons nos efforts pour assurer la sécurité de tous. »

  • Conflit Israël-Iran : mis à l’épreuve par l’Iran, quelle est l’efficacité du Dôme de fer ?

    Conflit Israël-Iran : mis à l’épreuve par l’Iran, quelle est l’efficacité du Dôme de fer ?

    Des systèmes de défense aérienne protègent Israël depuis vendredi des attaques par missiles et roquettes, mais aussi par drones, tirés par l’Iran.

    Le système antimissile israélien appelé « Dôme de fer » intercepte des roquettes lancées depuis la bande de Gaza. Vue depuis Ashkelon, dans le sud d’Israël, le 8 octobre 2023.

    Malgré ces dispositifs dernier cri, plusieurs victimes sont recensées.

    La faute à un système efficace à « seulement » 90%, incapable de stopper tous les tirs, en particulier lorsque l’espace aérien est saturé par l’ennemi.

    Le Dôme de fer est-il faillible ? Réputé pour son efficacité, le système de défense anti-aérien israélien n’a pas pu empêcher plusieurs missiles et drones iraniens d’atteindre leurs cibles. Bilan : 13 morts et près de 400 blessés, selon les autorités, depuis le début de la crise. De quoi égratigner la réputation d’un dispositif faisant la fierté de l’État hébreu.

    Tirant les conséquences de la guerre du Liban de 2006, l’armée israélienne a conçu ce système pour abattre des roquettes ou des missiles d’une portée allant jusqu’à 70 km. Une première batterie a été déployée en mars 2011 dans la zone de Beersheva, à 40 km de Gaza, suivie de neuf autres, toutes mobiles et disséminées sur le territoire israélien, selon un rapport sénatorial américain de mars 2023. Concrètement, une batterie est constituée de trois lanceurs, chacun contenant jusqu’à 20 intercepteurs. Ces missiles ne sont tirés que si le système de détection radar et l’ordinateur qui équipent la batterie établissent que la roquette ennemie est susceptible de toucher une zone bâtie ou stratégique.

    Un dispositif soutenu par les États-Unis

    Le « Dôme de fer » a été conçu et fabriqué initialement par les seuls Israéliens, avant un accord de co-production signé avec les États-Unis en mars 2014, qui a abouti en 2020 à la création d’une entreprise commune entre la société israélienne Rafael, à l’origine du projet, et le groupe américain Raytheon (devenu RTX). Les États-Unis ont également acquis en 2019 plusieurs batteries du Dôme de fer.

    Seul bémol du dispositif ? Son taux de réussite : environ 90%, selon ses promoteurs. Il y a donc 10% de risque qu’un missile parvienne à déjouer les intercepteurs. En particulier quand le ciel est « saturé » par l’envoi de plusieurs dizaines de projectiles simultanément. C’est le cas depuis vendredi : l’Iran aurait lancé « environ 150 » missiles balistiques en trois salves, selon l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter sur CNN. 

    Pour limiter les failles du Dôme de fer, Israël a déployé deux autres systèmes : la « Fronde de David » et les systèmes Arrow. Ils sont spécifiquement conçus pour intercepter des missiles balistiques. Évoquant l’épisode biblique de David combattant Goliath armé de sa seule fronde, le premier système cible des roquettes à longue portée et des missiles de croisière ayant une portée de 40 à 300 km. Chaque lanceur peut porter jusqu’à 12 missiles, qui détruisent le missile ennemi par la seule force de leur impact, fait valoir Rafael, qui a développé le système avec Raytheon. Deux batteries de type Fronde de David suffiraient à couvrir l’ensemble du territoire israélien. 

    Opérationnel depuis avril 2017, ce système anti-aérien est, cette fois dès l’origine, le fruit d’une co-production israélo-américaine, associant – comme pour le Dôme – les sociétés Rafael et Raytheon. La Finlande a annoncé en novembre l’achat d’un système de Fronde de David pour 317 millions d’euros.

    Le système Arrow, lui, perfectionne une technologie datant de la fin des années 1980 issue de l’Initiative de défense stratégique américaine (dite « Star Wars ») voulue par Ronald Reagan. Les systèmes Arrow II et III ont été développés conjointement par deux sociétés, l’américaine Boeing et l’israélienne Israel Aerospace Industries (IAI).

    Israël a testé avec succès le système d’interception de missiles balistiques Arrow II en août 2020, qui peut intercepter un missile à 500 km. Arrow III va encore plus loin : d’une portée estimée à 2.400 km, il vise à contrer des missiles balistiques évoluant au-delà de l’atmosphère (donc environ plus de 100 km d’altitude). Israël l’a testé avec succès en janvier 2022. Des missiles des systèmes Arrow 2 et 3 ont été tirés mardi soir, également « avec succès », pour contrer l’attaque aérienne iranienne, selon IAI.

  • Intempéries à Abidjan : La mairie de Cocody mobilisée pour la sécurité et l’assistance aux populations

    Intempéries à Abidjan : La mairie de Cocody mobilisée pour la sécurité et l’assistance aux populations

    Alors qu’Abidjan fait face à d’importantes précipitations ces derniers jours, le maire de Cocody, Jean-Marc Yacé, a adressé un message de solidarité et de vigilance à ses administrés, ce dimanche 15 juin 2025. Dans une déclaration publiée sur ses réseaux, l’édile de la commune a exprimé son soutien aux familles touchées par les dégâts causés par les fortes pluies.

    « Grâce à Dieu, aucun décès ne nous a encore été signalé à ce jour, et nous prions pour que cela demeure ainsi », a-t-il indiqué, tout en exhortant les populations à la prudence. Il les a appelées à limiter les déplacements non essentiels, éviter les zones inondables et signaler toute situation à risque aux autorités compétentes.

    Une réponse anticipée et coordonnée

    Face aux risques liés à la saison des pluies, la mairie de Cocody a pris plusieurs mesures en amont. Une caserne de sapeurs-pompiers a été récemment ouverte à Djorogobité, renforçant les capacités d’intervention dans les zones sensibles.

    Les équipes municipales sont en alerte et travaillent en étroite collaboration avec les services compétents pour suivre de près chaque situation d’urgence.

    Pour venir en aide aux sinistrés, une équipe spéciale a été déployée. Composée de la police municipale, de la brigade de salubrité, de la sous-direction de l’environnement et de l’Office national de la protection civile (ONPC), cette unité opère jour et nuit pour apporter assistance, évacuer les eaux stagnantes et solliciter des renforts en temps réel.

    « Soyons prudents. Soyons solidaires. Votre mairie est à vos côtés », a conclu le maire Jean-Marc Yacé, qui réaffirme ainsi l’engagement de la municipalité à accompagner les populations tout au long de cette période difficile.

    Alors que les précipitations se poursuivent, la vigilance reste de mise pour prévenir les drames et limiter les dégâts.

  • Israël-Iran / Iran : Une frappe israélienne tue le patron du renseignement des Gardiens de la Révolution Mohammad Kazemi

    Israël-Iran / Iran : Une frappe israélienne tue le patron du renseignement des Gardiens de la Révolution Mohammad Kazemi

    Deux de ses adjoints, les généraux Mohaqeq et Bagheri, ont également perdu la vie dans l’attaque, selon l’agence de presse iranienne Tasnim

    Le chef du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, le général Mohammad Kazemi, a été tué lundi dans une frappe israélienne, selon l’agence de presse iranienne Tasnim. Deux de ses adjoints, les généraux Mohaqeq et Bagheri, ont également perdu la vie dans l’attaque, selon la même source.

    La frappe a entraîné la mort de ces trois hauts responsables du principal service de renseignement du pays, considéré comme le cœur de l’appareil sécuritaire iranien.

    Depuis le début de la journée de vendredi, Israël a lancé une série de frappes contre le territoire iranien, visant des installations nucléaires et de missiles et tuant des militaires de haut rang et des scientifiques de premier plan. Des infrastructures pétrolières et gazières ont également été visées.

    L’Iran a riposté en tirant des missiles sur plusieurs régions d’Israël.

    Les autorités israéliennes avaient précédemment déclaré, dimanche, qu’au moins 13 personnes ont été tuées et plus de 370 autres blessées dans les attaques de missiles iraniens depuis vendredi.

    Le ministère iranien de la Santé a quant à lui indiqué que 128 personnes avaient été tuées et 900 autres blessées depuis le début des attaques israéliennes, vendredi.