Auteur/autrice : iciabidjan

  • Imbassou Ouattara (cadre du RHDP) : « Parce que les Ivoiriens ont vu, ils demandent au Président Ouattara de faire un autre sacrifice »

    Imbassou Ouattara (cadre du RHDP) : « Parce que les Ivoiriens ont vu, ils demandent au Président Ouattara de faire un autre sacrifice »

    Ancien secrétaire départemental RDR de Yopougon et ancien député de la plus grande commune de Côte d’Ivoire, Imbassou Ouattara, malgré son jeune âge, a un parcours politique qui force le respect.  Aujourd’hui, conseiller technique du secrétaire exécutif du RHDP, il revient dans cet entretien, sur les grandes leçons du deuxième congrès du RHDP, tout en se prononçant sur le front commun (PDCI-PPA-CI) et la Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (Cap-Côte d’Ivoire) qui regrouperait plus de 25 partis politiques de l’opposition ivoirienne.

    Le Patriote : Votre parti, le RHDP, a tenu les 21 et 22 juin dernier son deuxième congrès ordinaire. Quels sont les grands enseignements que vous tirez de ces deux jours de travaux ?

    Imbassou Ouattara : Je dois dire que ce 2e congrès ordinaire du RHDP nous a laissés beaucoup de leçons et beaucoup d’enseignements.  Ce congrès nous a fait aussi des révélations. A l’épreuve du terrain, nous avons découvert qu’aujourd’hui, le RHDP est une force à l’épreuve du terrain, adossé à des structures très opérationnelles de la base au niveau central. Vous avez des compétences qui s’étaient déjà affirmées, mais qui se sont davantage affirmées dans l’organisation de ce congrès. Je fais allusion au comité d’organisation, à toutes les compétences qui ont permis d’avoir d’abord des précongrès très bien structurés, très bien animés, qui ont démontré que la base militante du RHDP a une saine lecture de la vie politique de notre pays. Cette base politique s’est mobilisée pour réfléchir en première instance sur les documents proposés pour le congrès. Nous nous sommes ensuite retrouvés au congrès. La lecture que nous avions de la qualité des militants, des responsables du parti s’est davantage affirmée. Lors des travaux en commission, nous avons vu des prises de parole souvent passionnés, souvent enthousiastes, souvent mesurées.  Mais tout cela dénotait de l’attachement des militants et cadres du parti aux idéaux à nous enseignés par le président de la République, président du RHDP, qui a chapoté tout cela de mains de maitre.

    Nous avons vu un congrès qui nous a rappelé par moments le tout premier congrès du Dr Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire. Spontanément, on avait vu à l’époque une mobilisation extraordinaire. Ce deuxième congrès du RHDP a montré que le président est coutumier des faits et que sa personne, le charisme qu’il dégage, pour ne même pas parler de son bilan qui met tout le monde d’accord, savait qu’il pouvait le faire. Il ne nous a pas déçus, c’est une autre dimension avec Alassane Ouattara.  Ce congrès a montré la dimension nationale et internationale de la personnalité. Et c’est tant mieux. Nous sommes rassurés. Les chiffres que nous avons dans le E-militant, sur le nombre de comités de base, de sections, de zones, de départements et de régions ne sont pas des chiffres fictifs, mais bel et bien la réalité. Notre parti a l’implantation nationale la mieux achevée.  

    LP : Ce congrès, c’était surtout les attentes…

    IO : J’allais en arriver. Je suis d’accord qu’il y avait des attentes, notamment le défi de la mobilisation. Nos adversaires nous attendaient à ce niveau. Pour nous, ce défi était gagné d’avance. Nous n’avions pas de souci à ce niveau.  Je le disais tantôt, le Président Alassane Ouattara, c’est une autre dimension. Son lien fusionnel, passionnel avec les militants, c’est autre chose. Donc pour la mobilisation,  on n’avait pas de souci. Nous avons vu l’engagement de tous les cadres du parti. Nous avons vu comment des présidents d’institution, des membres du gouvernement aux différentes composantes de la nation se sont mobilisés. Dans les tribunes, j’étais sur la toile quand un jeune a posté : «  le terrain est rempli à l’intérieur et à l’extérieur ». Un autre militant a commenté : « quid de nous qui sommes dans les cars en mouvement vers le stade ». C’est une anecdote de ce que nous avons vécu comme mobilisation, comme élan festif, comme adhésion, comme solidarité dans l’action politique.  

    Chacun était attaché à l’atteinte d’un résultat probant tel que le président nous l’a promis et tel qu’il le réalise. Chacun est prêt à se projeter sur l’avenir à  court terme, à moyen terme et dans le long terme. Parce que il faut laisser aux générations futures plus que nous n’avons reçu des générations passées. Tout ce que le Président Ouattara a fait nous rassure de ce que l’histoire retiendra que le RHDP a apporté sa pierre à la construction de la nation ivoirienne, contrairement à ceux qui ont parlé de refondation et qui parlent aujourd’hui de renaissance. La nation est bien en place. Elle n’a plus besoin de renaitre. Le pays se porte bien sur beaucoup de plans. Il y a des choses à améliorer parce que l’action gouvernementale c’est beaucoup de choses en même temps. C’est beaucoup d’urgences. Mais tout cela est adressé par le gouvernement. Le RHDP sera le levier sur lequel le candidat du parti va s’appuyer pour la conservation du pouvoir au soir du 25 octobre 2025.

    LP : Vous évoquiez tantôt la qualité des travaux du congrès. Ces travaux ont fait deux recommandations fortes. Ils ont demandé au Président de la République Alassane Ouattara de continuer de diriger le RHDP d’une part et d’être le candidat du parti à la présidentielle 2025 d’autre part. Si le président de votre parti a accepté d’être encore à la tête de votre formation politique, il a ajournée sa réponse concernant sa candidature pour la présidentielle. Que vous inspirent ces deux réponses?

    IO : Vous imaginez le contexte national qui a beaucoup de contradictions saines sur la conquête du pouvoir. Dans chaque état-major aujourd’hui, ça bouge. Tous les états-majors n’ont pas les forces dont disposent le RHDP aujourd‘hui. Tenant compte de ces contradictions, un responsable de la dimension du Président Alassane Ouattara ne met pas la charrue avant les bœufs. Il prend en compte l’environnement sous-régional, l’environnement international où on voit de nouvelles forces émerger tendant à mettre un frein à l’ordre que nous avons connu depuis la création de l’ONU. C’est tout cela, qu’un homme d’Etat sérieux, comme le Président Alassane Ouattara, spécialiste de planification et d’anticipation, prend en compte avant de se prononcer. Il a dit oui pour continuer de diriger le RHDP.   Pour nous, cela veut dire qu’il est encore là. Pour nous, ce oui est très significatif. Il est très profond. L’autre oui, nous pouvons décoder dans beaucoup de ses déclarations son envie de ne pas décevoir ceux qui pensent encore qu’il doit faire le sacrifice ultime, qu’il doit faire encore un mandat pour encore pousser notre pays plus haut parce que nous voyons ce qui se passe dans les autres pays.

    Vous pouvez être élu, bien élu, mais ne pas disposer des réseaux qu’il vous faut pour aider votre pays. Parce c’est dans un réseautage aujourd’hui que le monde est géré. On ne rentre pas dans ces réseaux quand on arrive sur la scène politique comme on rentre dans un bal poussière. C’est beaucoup de choses en amont qui vous consolident dans ces réseaux et qui font qu’au moment où vous êtes aux affaires, tout se passe bien. Souvenez-vous du blocus de 2010.  Y étant, le Président Ouattara a réussi à créer la Voix du Golf et TCI. Le oui pour la présidentielle, nous l’attendons.

    LP : Justement parlant de l’environnement international, que pensez-vous des missions effectuées récemment par l’Union africaine et la CEDEAO en Côte d’Ivoire ?

    IO : Les missions de l’UA et de la CEDEAO viennent dans chaque pays en période électorale avec le souci de se rassurer que les choses vont bien se passer. Ceux qui pensent que c’est parce qu’il y a problème que ces missions se déploient, se trompent.  La Côte d’Ivoire n’est pas en crise. Peut-être que certains ont la crise dans leur tête. Ces organisations viennent pour voir le travail qui a été fait jusqu’à maintenant. Je veux parler de la préparation des élections, le déroulement qui va se passer à leur présence en tant qu’observateurs et la gestion de l’après élection.

     « La population a vu la gouvernance par manipulation, elle voit  aujourd’hui la gouvernance à effet »

    Depuis l’opposition, le Président Ouattara a toujours œuvré pour que le maximum d’Ivoiriens en âge de voter puisse prendre part au vote. Je l’avais dit et je le répète, le vote à 18 ans, c’est l’œuvre d’Alassane Ouattara. Les audiences foraines, c’est son œuvre. Ces missions qui viennent de mon point de vue, repartent rassurées qu’il n’y a pas d’élections faciles, mais un minimum est fait pour garantir l’équité, l’égalité de chance pour tous les candidats qui partiront en compétition, bien-sûr, conformément aux lois ivoiriennes. Ce ne sont pas des missions d’injonctions. Ce sont des missions d’écoute, d’observations, de recommandations.

    LP : Vous affirmez que le pays n’est pas en crise. Pourtant l’opposition demande un dialogue politique avant la présidentielle…

    IO : Il ne faut pas faire du dialogue politique, un préalable, comme l’opposition veut le faire. Le dialogue politique est une initiative du Président Ouattara.  Sous Houphouët-Boigny, on a connu les conseils nationaux qui débâtaient des questions d’intérêt national. Le Président Ouattara a instauré le dialogue politique parce que la Côte d’Ivoire est sortie d’une longue crise.  Beaucoup d’institutions n’étaient pas en place ou avaient des difficultés pour fonctionner. Il fallait donc  créer un cadre de concertation pour que quelques  suggestions soient prises en compte pour notre bien à nous tous dans le pays. Il y a eu cinq phases de dialogue politique. La cinquième phase a conclu que puisque maintenant  les institutions sont en place et qu’elles fonctionnent bien, il fallait s’y référer en cas de besoin. Je rappelle que chaque fois qu’une institution comme la Cour des comptes fait un rapport qui incrimine le gouvernement, l’opposition brandit le rapport. Mais quand la même Cour des comptes dit c’est bon, là on trouve à redire.

    Le dialogue politique a conclu que les institutions soient saisies en fonction des préoccupations. L’opposition demande un dialogue politique pour aller auditer la liste électorale pour faire inscrire des gens sur la liste électorale, pour une nouvelle CEI. En même temps qu’elle demande une nouvelle CEI, elle exige une nouvelle révision de la liste électorale. Il y a une certaine incohérence. Il faut rappeler que tous ceux qui ont été exclus de la liste électorale l’ont été par décision judicaire. C’est du surchauffé que l’opposition fait pour distraire un peu l’opinion nationale et internationale.  Sinon elle-même sait que les procédures telles engagées sont conformes aux  lois ivoiriennes et en dernier ressort, il y a un Conseil constitutionnel, juge du contentieux électoral à la présidentielle qui va trancher.

    Pour les autres cas d’amnisties qui ont été demandés et répétés, à mon humble avis,  je pense que l’opposition peut proposer un début de solution à l’Assemblée nationale en initiant une proposition de loi. C’est à cela que servent les groupes parlementaires. Elle n’amorce rien. Elle réclame un dialogue politique pour exiger… Un Etat sérieux ne fonctionne pas comme ça. On ne peut aller de compromis à compromis et tomber dans les compromissions. 

    « Notre parti a l’implantation nationale la mieux achevée » 

    LP : Pour en revenir à la mobilisation de vos militants au congrès, vos adversaires soutiennent que c’est parce que vous êtes au pouvoir qui vous avez réalisé cette prouesse. Que leur répondez-vous ?

    IO : Avant le Président Ouattara, certains étaient au pouvoir, on a vu leur capacité de mobilisation. Je rappelle que les questions de mobilisation avec le Président Ouattara, c’est une dimension très supérieure à la normale. C’est depuis l’opposition qu’Alassane Ouattara draine du monde. Quand je finis de dire cela, je ne veux plus poursuivre. Le 1er congrès du RDR, du 1er août 1999,  le retour d’exil du Président Ouattara, ses tournées pendant sa précampagne entre 2007 et 2010… je renvois tous les curieux aux coupures de presse de l’époque.

    LP : Qu’en est-il du bilan de votre mentor ?

    IO : Il est globalement positif. Certes, il y a des plaintes. Ce qui est normal. Mais chaque ivoirien sait aujourd’hui qu’il a gagné quelque chose dans la gouvernance du Président Ouattara. Si sa personne n’a pas gagné directement, son village a gagné quelque chose, sa sous-préfecture a gagné quelque chose. Son département, sa région… a gagné quelque chose. Finalement tout le monde a gagné quelque chose que ce soit par l’électrification, par l’adduction d’eau, par les infrastructures sanitaires, scolaires et universitaires, les voiries. Le projet sur le bitume, c’est d’arriver à relier entre eux tous les chefs-lieux de région par le bitume, tous les chefs-lieux de départements, tous les chefs-lieux de sous-préfectures. Voilà un peu le projet. C’est pour cette vision humaniste, tirée du libéralisme économique à visage humain qu’il prône, que nous lui demandons de faire encore le dernier sacrifice. Parce que les Ivoiriens ont vu. A Ebimpé, des personnes du 3e âge ont pleuré parce qu’elles étaient venues pour que le Président Ouattara dise  « oui  je suis candidat pour un autre sacrifice».   Parce que même après le pouvoir, il va continuer à aider la Côte d’Ivoire comme il l’a fait quand  il était dans l’opposition, comme l’atteste le témoignage de feu Charles Koffi Diby. La mobilisation d’Ebimpé n’était pas une mobilisation fabriquée. C’est une mobilisation volontaire de tous les Ivoiriens qui ont adhéré à la vision du Président Ouattara et qui ont vu les résultats de cette vision dans leurs localités à travers de nombreux projets. Nous ne sommes pas encore au bout de tout ce que le président a prévu faire pour ses concitoyens. Il faut déjà noter dans la sous-région, en Afrique et dans le monde, notre pays est repositionné. Ce qui n’était pas le cas quand les autres étaient au pouvoir.  Nous étions infréquentables.

    LP : Le processus électoral se poursuit avec le démarrage du parrainage citoyen. Malheureusement, de nombreux candidats le contestent. Qu’en pensez-vous ?

    IO : C’est une manipulation de leur part. Peut-être que ces opposants n’ont pas la bonne information.  Au cours d’un cinquième dialogue politique, des propositions avaient été faites  pour voir à la hausse la caution, pour éviter les candidatures fantaisistes.  Des voix de l’opposition ont fait une autre proposition. Elles ont rappelé que le parrainage avait été testé en  1995 et en 2020 et existe dans certains pays. De leur point de vue, il serait plus aisé de mobiliser des parrainages sur le terrain que de lui demander de payer  100 ou 150 millions de caution. Le dialogue a finalement retenu le parrainage. Dès que cela est enclenché, la même opposition fait volte-face. L’opposition doit savoir qu’elle ne dicte pas les règles. Les règles sont faites pour servir la nation et non les partis politiques de l’opposition. Si un candidat est incapable de récolter les 1% de 17 régions ou districts autonomes, c’est qu’il est incapable de faire un score honorable à la présidentielle.

    LP : Le RHDP aura face à lui, trois blocs : la CAP-CI, le Front commun PDCI-PPA-CI et les candidatures indépendantes. Cela n’inquiète-t-il pas votre formation politique ?

    IO : Moi, je vois la chose comme le dynamisme de la démocratie ivoirienne. J’ai même salué la candidature de Monsieur Assalé Tiémoko. Qui dit : « je suis député-maire, je veux me hisser plus haut ». C’est son droit le plus légitime. Il y en a qui ne sont pas du tout des élus locaux. Mais qui pensent pouvoir transformer l’essai, de venir sur la scène politique, être candidat indépendant et gagner. C’est aussi leur droit. Concernant les blocs, de mon point de vue, elles n’ont pas de couloir étanche. Parce que tous ces partis qui sont soit dans la CAP-CI ou dans le Front commun ont tous été des alliés du RDR par le passé et du RHDP dans un passé récent.  Nous nous connaissons dans le marigot politique ivoirien. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Ces coalitions ont des choses à proposer aux Ivoiriens mais n’inquiètent pas le RHDP. Pour la machine que nous avons vue avant le congrès, pour cette formation politique mobilisée et ressoudée autour de son leader charismatique que nous avons vue après le congrès, je ne vois pas comment elles peuvent nous inquiéter.  Nous avons fait le front commun avec le FPI. La CAP-CI, c’est un regroupement de 25 partis politiques qui ont fait un meeting à Yopougon et mobilisé moins de 5000 Ivoiriens. Sur le même site, à la place Ficgayo, le meeting de clôture du précongrès du RHDP a mobilisé plus de 15 000 militants. La CAP-CI ne peut pas inquiéter le RHDP. La mobilisation de Yopougon, autour du coordonnateur régional Adama Bictogo, a battu le meeting de la CAP-CI. Je ne parle pas des autres communes du district d’Abidjan ni de l’intérieur du pays. Ce sont des coalitions qui animent la vie politique. Ça nous appelle à ne pas dormir sur nos lauriers. Ça nous invite à la vigilance, à retrousser les manches, à continuer à plonger nos mains dans le travail quotidien. Avec le chef que nous avons, avec les cadres à ses côtés, il n’y a pas d’inquiétude. Surtout que ces opposants n’ont pas de projets communs. Eux-mêmes le disent. Ils se mettent ensemble simplement parce qu’ils sont tous contre Alassane Ouattara. Cela n’est pas viable. Ce n’est pas sérieux.  La population tranchera au soir du 25 octobre. Et nous pensons que cette population a vu la gouvernance par manipulation, elle voit  aujourd’hui la gouvernance à effet, à impact positif sur nos vies, sur nos conditions.

    Par Thiery Latt   

  • Don Mello et Adama Bictogo : deux figures, deux visions, un même enjeu national

    Don Mello et Adama Bictogo : deux figures, deux visions, un même enjeu national

    Face aux tempêtes, la barque ivoirienne tangue : sauver ou sombrer ?

    L’un incarne la voix des BRICS en Afrique, l’autre symbolise le capitalisme tropicalisé. Don Mello et Adama Bictogo, deux personnalités charismatiques, aux trajectoires bien distinctes, mais qui partagent une même franchise : celle de se tenir loin de toute hypocrisie.

    Chacun à sa manière, ils ambitionnent de redonner un second souffle à leur mentor respectif : Laurent Gbagbo pour l’un, Alassane Ouattara pour l’autre. Dans un contexte politique marqué par les tensions, les incertitudes électorales et les mémoires encore vives de la crise postélectorale, leur émergence comme forces politiques alternatives ou relais crédibles ouvre peut-être une voie nouvelle.

    Et si ces deux hommes, en refusant les extrêmes et en réinventant le dialogue, représentaient une solution pour éviter au pays de replonger dans une guerre douloureuse et inoubliable ?

    Pour ma part, je dis oui.

    Dapa Donacien, depuis Bondoukou

  • Processus électoral : Le Forum des Sages de l’Afrique de l’Ouest rencontre la CEI

    Processus électoral : Le Forum des Sages de l’Afrique de l’Ouest rencontre la CEI

    Une délégation du « Forum des Sages de l’Afrique de l’Ouest », conduite par Boni Yayi, ancien Président de la République du Bénin, et Goodluck Jonathan, ancien Président de la République Fédérale du Nigeria, a rencontré le jeudi 10 juillet 2025, les hauts responsables de la Commission électorale indépendante (Cei), à Abidjan.

    Le président de la Cei, Ibrahime Kuibiert-Coulibaly, avait à ses côtés le 2e vice-président, Alain Dogou ; du secrétaire général ; du directeur de cabinet ; des conseillers techniques et de la responsable juridique.

    Le porte-parole de la délégation, le Professeur Adebayo Olukosh, a déclaré : « Nous sommes venus pour soutenir le processus électoral et maintenir le dialogue entre les Ivoiriens ». Il a souligné l’importance particulière de cette mission pour la Côte d’Ivoire, rappelant que « les deux présidents ont joué un rôle clé lors de la crise post-électorale de 2010 ». Le Professeur Olukosh a également insisté sur le fait que « la Côte d’Ivoire est un pays crucial pour la stabilité de la sous-région ».

    Le Professeur Adebayo Olukosh a précisé que le Forum des Sages, distinct du Comité des Sages de la Cedeao présidé par Goodluck Jonathan, a pour objectif de prodiguer des conseils et de prévenir les crises, notamment pendant les périodes électorales. « Nous savons que ces périodes peuvent être tendues et que les contestations peuvent devenir difficiles à gérer. Les aînés ont pensé qu’il était utile de créer un forum pour appeler à la modération, et à la préservation de la paix et de la stabilité dans nos pays ».

    Pour ce faire, ils prennent contact avec divers acteurs, dont les partis politiques, les commissions électorales et les cours constitutionnelles.

    Le Forum a déjà conduit des missions dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment en Gambie, au Ghana et au Nigeria. Au Sénégal, ils ont joué un rôle important lors de la transition, en rencontrant le Président Macky Sall et son opposant d’alors, Ousmane Sonko. « Le principe fondamental est que l’Afrique ne peut avancer sans stabilité et paix. Nous encourageons donc les parties prenantes à respecter la loi et les droits de tous les citoyens », a affirmé le Professeur Olukosh.

    La délégation des Sages de l’Afrique de l’Ouest était composée de Boni Yayi, ancien Président de la République du Bénin (chef de la délégation), de Goodluck Ebene Jonathan, ancien Président du Nigeria, et du Docteur Mohammed IBN Chambas, ancien président de la Commission de la Cedeao.

    Présente à Abidjan depuis quelques jours, la délégation du Forum des sages ouest-africains a rencontré, entre autres, le vice-Président de la République, Tiémoko Meyliet Koné ; le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé ; le président du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N’guessan, et Simone Ehivet Gbagbo, présidente du Mouvement des générations capables (Mgc).

  • TRANSPORT URBAIN : 200 NOUVEAUX BUS POUR SOULAGER LA MOBILITÉ DANS LE GRAND ABIDJAN

    TRANSPORT URBAIN : 200 NOUVEAUX BUS POUR SOULAGER LA MOBILITÉ DANS LE GRAND ABIDJAN

    La SOTRA a réceptionné 200 nouveaux bus IVECO ce mercredi afin d’améliorer la mobilité à Abidjan et dans l’intérieur du pays. Un pas vers un transport plus moderne et inclusif.

    Les Abidjanais peuvent désormais espérer des trajets plus fluides et un accès facilité aux transports en commun. Le gouvernement ivoirien a procédé, ce 9 juillet 2025, à la remise officielle de 200 autobus neufs à la Société des Transports Abidjanais (SOTRA), lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre Robert Beugré Mambé à la Gare Sud. Une opération qui s’inscrit dans un programme national de modernisation du transport public.

    Ces bus de marque IVECO, livrés en avance selon les responsables de l’entreprise, vont desservir les communes du Grand Abidjan — notamment Abobo, Anyama, Bingerville, Grand-Bassam et Songon — mais également renforcer le réseau dans les villes de l’intérieur du pays, telles que Bouaké, Korhogo, San Pedro et Yamoussoukro.

    « Les véhicules que nous remettons aujourd’hui viendront renforcer la capacité de la SOTRA à répondre à la demande croissante de mobilité urbaine. Ce programme ambitieux prévoit aussi 25 bateaux-bus pour développer le transport lagunaire », a déclaré le Premier ministre Beugré Mambé. Il a souligné que ce plan permettra de générer des milliers d’emplois, en lien avec la vision d’une « Côte d’Ivoire solidaire » portée par le président Alassane Ouattara.

    Un système en transformation

    Depuis 2017, plus de 2 000 autobus ont été acquis par l’État, faisant passer la flotte de la SOTRA à 2 200 véhicules. Ce nouvel investissement s’inscrit dans le Plan National de Développement 2021-2025, qui consacre une part importante de ses ressources à l’amélioration des infrastructures, dont le transport.

    « Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est le fruit d’un travail engagé pour transformer en profondeur notre système de mobilité. Nous voulons une Côte d’Ivoire où chaque citoyen peut se déplacer avec dignité, sécurité et efficacité », a affirmé le ministre des Transports, Amadou Koné.

    Il a précisé que ces nouveaux véhicules s’inscrivent dans une démarche globale : la création d’un réseau de transport urbain intégré où autobus, métro et Bus Rapid Transit (BRT) fonctionneront en synergie. Il a également insisté sur l’importance de la sécurité routière et du respect des biens publics. « La SOTRA a un rôle crucial à jouer, à travers l’entretien rigoureux de son parc et la sensibilisation continue de ses conducteurs », a-t-il ajouté.

    Un pas vers la digitalisation et l’industrialisation

    De son côté, le directeur général de la SOTRA, Meité Bouaké, s’est réjoui de cette livraison qui, selon lui, « marque un jalon décisif dans la marche vers l’excellence du transport urbain en Côte d’Ivoire ».

    Il a rappelé que ces bus sont les premiers d’un programme plus large incluant 300 véhicules et 25 bateaux-bus. Il a aussi annoncé que les premiers bateaux seront mis à l’eau dès septembre 2025. « Cette acquisition relance le transport lagunaire au bénéfice des populations », a-t-il précisé.

    Le DG a également insisté sur l’importance de la digitalisation, avec notamment le déploiement prochain d’une application mobile permettant de suivre les bus en temps réel et de payer ses titres de transport via QR code.

    Sur le volet industriel, la collaboration avec IVECO a permis, depuis 2018, la livraison de près de 1 000 véhicules et la mise en place d’un centre d’assemblage de minibus à Koumassi. Un projet similaire est en cours à San Pedro, destiné à renforcer les capacités locales et à réduire les importations.

    « Ces autobus sont un bien public. Il nous revient de les utiliser avec beaucoup de civisme », a lancé aux usagers le Premier ministre en clôturant la cérémonie,

  • L’Affaire Molare : Une Tragédie, des Silences, et un Pays en Question

    L’Affaire Molare : Une Tragédie, des Silences, et un Pays en Question

    La Côte d’Ivoire s’est réveillée, une fois de plus, avec un goût amer de drame et de confusion. Un accident mortel impliquant une Vanderhall Venice, tricycle motorisé de fabrication américaine, conduit par l’artiste et entrepreneur Molare, a secoué l’opinion. Une vie fauchée. Des images insoutenables. Des interrogations multiples. Et, en toile de fond, une société qui peine à regarder ces événements avec lucidité, au-delà de l’émotion ou de la célébrité.

    Il ne s’agit pas ici de désigner un coupable ou d’instruire un procès médiatique, mais de poser une question simple : que dit cette affaire de notre pays, de ses institutions, de son rapport à la responsabilité, à la justice, à la vie humaine ? Car au-delà du fait divers, c’est une fois encore le réflexe d’impunité, la fragilité du système judiciaire, et le silence sélectif d’une partie de l’élite qui frappent les esprits.

    La voiture en cause, spectaculaire et peu commune, circulait en pleine ville, de jour comme de nuit. Molare lui-même était au volant, comme l’a immédiatement confirmé la réalité des faits : blessé au bras, présent sur les lieux, aucun doute n’a jamais plané sur sa responsabilité directe dans la conduite du véhicule. Ce qui frappe néanmoins, ce n’est pas l’identité du conducteur, mais ce que la suite laisse présager : un climat où l’on pense, spontanément, que tout sera arrangé. Comme si, dans notre pays, une personne pouvait mourir, et que la suite des événements était déjà écrite — silence, compromis discret, et oubli programmé.

    Dans une société où la notoriété peut parfois tenir lieu d’armure, la justice se doit pourtant d’être indépendante, rapide, transparente. Pas pour se venger d’une figure populaire, mais pour rétablir un fait : une personne est morte. Et cette mort mérite qu’on en traite avec rigueur, dignité, et sérieux. Les familles en deuil ne peuvent être abandonnées à la douleur et à la rumeur.

    Mais cette affaire ne pose pas seulement un problème judiciaire. Elle renvoie aussi à notre conception de la sécurité routière et de la citoyenneté. Combien d’accidents évitables chaque semaine sur nos routes ? Combien de vitesses excessives, de permis douteux, de comportements irresponsables, parfois en toute impunité ? Nos villes sont saturées de véhicules puissants conduits comme dans un clip musical, pendant que la signalisation est absente, les piétons livrés à eux-mêmes, et les contrôles de police plus préoccupés par la transaction immédiate que par la prévention durable.

    Au fond, c’est notre rapport à la règle et à la responsabilité qui est mis à nu. Ce drame aurait pu arriver à n’importe qui, mais ce qui choque, c’est qu’il arrive dans un pays où l’émotion précède toujours la réforme, où la célébrité suspend souvent le devoir de rendre des comptes, et où l’État, dans ces circonstances, tarde trop souvent à rappeler qu’il est — qu’il doit être — au-dessus de tous et de toutes.

    Ce que nous espérons d’un pays comme le nôtre, ce n’est pas l’infaillibilité, mais la cohérence. Un pays capable de faire respecter la loi, quel que soit le nom ou le statut social. Un pays où la justice ne se cache pas derrière le silence, et où les dispositifs de sécurité protègent les citoyens, qu’ils soient chauffeurs de taxi, piétons de quartier, ou figures médiatiques.

    À défaut, c’est l’indifférence qui s’installe. Une société où l’on compatit quelques heures sur les réseaux sociaux, puis on passe à autre chose. Une société où les morts anonymes sur les routes ne pèsent plus rien, et où l’élite continue de circuler au-dessus des lois, ou à côté d’elles.

    Il est encore temps d’agir. D’enquêter sérieusement. De communiquer avec clarté. De traiter les familles endeuillées avec humanité. Et surtout, de transformer chaque drame en sursaut national. Pas pour punir au hasard, mais pour redonner du sens à une justice qui, trop souvent, arrive après le chagrin, quand elle arrive tout court.

    Le Mentor

  • Pétrole, gaz et mines : moteurs d’une Côte d’Ivoire en route vers l’émergence

    Pétrole, gaz et mines : moteurs d’une Côte d’Ivoire en route vers l’émergence

    La Côte d’Ivoire est engagée dans une transformation économique profonde, impulsée par une exploitation ambitieuse et stratégique de ses ressources naturelles. Dans un contexte de croissance soutenue — avec un taux projeté à 6,3 % pour 2025 selon le FMI —, les secteurs du pétrole, du gaz et des mines prennent une dimension capitale dans la marche vers l’émergence.

    L’essor énergétique ivoirien est symbolisé par les gisements Baleine et Calao, découverts par le groupe Eni, qui constituent une avancée majeure. Avec des réserves initiales estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole et 3 300 milliards de pieds cubes de gaz, ces champs incarnent un basculement stratégique. Le pays investit massivement dans les infrastructures logistiques — ports, pipelines, usines de traitement — à hauteur de 9 420 milliards de FCFA (soit 15,7 milliards de dollars), plaçant la Côte d’Ivoire sur la voie de devenir le hub énergétique incontournable de l’Afrique de l’Ouest.

    L’objectif va bien au-delà des exportations. Déjà premier exportateur d’électricité en Afrique de l’Ouest, avec six pays desservis, le pays mise sur le gaz naturel pour asseoir sa transition énergétique. L’État ambitionne un accès universel à l’électricité d’ici 2030, tout en augmentant la part des énergies renouvelables à 42 % du mix énergétique national. Une stratégie qui illustre la possibilité d’un développement équilibré entre exploitation des énergies fossiles et durabilité environnementale.

    Dans le sillage de cette révolution énergétique, le secteur minier connaît lui aussi une dynamique fulgurante. La production d’or a atteint un niveau record de 48 tonnes en 2023, faisant du pays le quatrième producteur africain. Le manganèse affiche une production annuelle de 1,5 million de tonnes, avec des perspectives de triplement d’ici 2030. Dans le nord-ouest, les réserves de bauxite sont estimées à 1,3 milliard de tonnes, tandis que les métaux rares comme le nickel et le cobalt font l’objet de projets d’exploration avancés. Ces ressources, qui représentent déjà plus de 5 % du PIB national, renforcent la diversification d’une économie longtemps dépendante du cacao.

    Le gouvernement ivoirien mise sur une gouvernance rigoureuse, inspirée du modèle norvégien. Depuis 2013, la Côte d’Ivoire est membre de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), garantissant une meilleure visibilité des revenus. Le président Alassane Ouattara défend la création d’un Fonds Souverain pour les Générations Futures et insiste sur l’utilisation des bénéfices miniers et pétroliers pour financer des infrastructures essentielles, notamment dans la santé et l’éducation.

    Cependant, des défis subsistent. Le pays doit éviter le piège bien connu de la « malédiction des ressources », former une main-d’œuvre qualifiée, atteindre l’objectif de 30 % de contenu local dans les projets pétroliers, et assurer l’inclusion des communautés riveraines dans les bénéfices du développement. Avec un potentiel estimé à 12 milliards de barils équivalents pétrole en offshore, selon Wood Mackenzie, et un sous-sol minier encore largement inexploité, la Côte d’Ivoire semble déterminée à construire un modèle industriel fondé sur la transformation de la rente en capital humain et en infrastructures durables.

    L’or noir et l’or jaune ne sont plus perçus comme des fins en soi, mais comme des instruments au service d’un projet de société. En traçant méthodiquement son chemin vers une économie robuste, inclusive et résiliente, la Côte d’Ivoire donne corps à une ambition claire : devenir une puissance africaine moderne, tournée vers l’avenir et portée par une prospérité partagée.

    Bakary Cissé (in le Mentor)

  • Face aux critiques, Alassane Ouattara défend le système éducatif ivoirien

    Face aux critiques, Alassane Ouattara défend le système éducatif ivoirien

    Suite aux nombreuses critiques suscitées par les résultats des examens à grand tirage en Côte d’Ivoire, le président Alassane Ouattara est monté au créneau pour défendre le système éducatif national, face à ceux qui l’accusent de produire une baisse généralisée du niveau scolaire.

    Certains dénoncent une logique de résultats quantitatifs privilégiant les taux de réussite au détriment de l’exigence académique.

    Ouattara rejette les critiques

    « Vous êtes les témoins des années de transformation de notre pays. Aujourd’hui, Divine, élève en 3ᵉ au Collège Sogefiha de Yopougon, nous parle de l’amélioration de la qualité de notre système éducatif : des professeurs engagés, des cours d’excellence et des infrastructures modernes. Elle incarne cette jeunesse que nous soutenons, pour bâtir notre chère Côte d’Ivoire. »
    a-t-il écrit, accompagnant son message du mot-clé #ParoleAuxIvoiriens #Éducation.

    Ce message intervient alors que de nombreux analystes éducatifs, enseignants et observateurs pointent du doigt une dégradation du niveau général des élèves, malgré les investissements étatiques. Plusieurs témoignages et études relayées sur les réseaux sociaux et dans la presse évoquent des lacunes criantes en orthographe, en mathématiques et en culture générale, y compris chez les élèves admis aux CEPE, BEPC et BAC.

    Dans ce climat de controverse, la prise de parole présidentielle apparaît comme une tentative de reconquête de l’opinion, en mettant en avant des exemples individuels de réussite et en valorisant les efforts engagés depuis plusieurs années pour moderniser le système éducatif.

    Mais pour nombre de critiques, ces exemples isolés ne sauraient masquer une crise structurelle, qui exigerait des réformes plus profondes sur la qualité de la formation des enseignants, la gouvernance du système, la sélection à l’entrée des cycles et l’évaluation des compétences.

  • Formation technique et professionnelle : nouveau pilier de la transformation économique et sociale de la Côte d’Ivoire.

    Formation technique et professionnelle : nouveau pilier de la transformation économique et sociale de la Côte d’Ivoire.

    La Côte d’Ivoire vit une révolution silencieuse par la transformation industrielle et la construction des infrastructures routières,qui font la Une de l’actualité. C’est la révolution de la formation technique et professionnelle.

    Dans un contexte africain marqué par les défis de l’employabilité des jeunes et l’inadéquation formation-emploi, le pays déploie une stratégie de formation d’une ampleur inédite dans le cadre de sa stratégie de développement.

    Face au défi structurel du chômage des jeunes, qui touche plus de 4 millions de personnes sans formation et sans emploi en 2008, le gouvernement ivoirien a entrepris des investissements massifs et ciblés dans le secteur éducatif pour aligner les compétences des jeunes sur les besoins du marché du travail. 

    Cette ambition, portée par le programme « Vision 2030 » du président Alassane Ouattara, vise à faire de l’éducation un levier de croissance inclusive et durable, tout en répondant aux aspirations d’une jeunesse dynamique.

    Le gouvernement a démontré un engagement sans précédent en faveur de l’éducation à travers des investissements massifs.

    Entre 2018 et 2020, un budget colossal de 3 805,4 milliards de FCFA a été alloué au secteur éducatif, avec pour objectif de former des ressources humaines compétentes capables de soutenir la transformation structurelle de l’économie ivoirienne. 

    En 2021, 15,7 milliards de FCFA ont été mobilisés pour la construction de trois lycées d’excellence pour filles dans les régions de la Bagoué, de la Mé et du Sud-Comoé, s’inscrivant dans un projet plus vaste de création de 12 lycées similaires.

    Par ailleurs, le pourcentage du PIB consacré à l’éducation est passé de 3,7 % en 2000 à 5,03 % en 2015, reflétant une priorité accordée à ce secteur.

    Ces investissements se traduisent par une expansion significative des infrastructures. Entre 2011 et 2024, le nombre de collèges et lycées publics est passé de 294 à 902, soit 608 nouveaux établissements en moins de 14 ans. 

    Le projet AVIC, lancé pour construire et équiper 154 établissements de formation professionnelle, dont 17 sont déjà en cours, illustre cette volonté de renforcer l’offre de formation technique et professionnelle.

    Cette ambition ne se limite pas à des infrastructures nouvelles : elle redéfinit radicalement le contrat social entre l’État, les entreprises et la jeunesse. Faire de ces nouveaux centres de formation des usines à compétences pour les entreprises locales.

    Le chômage des jeunes reste un défi majeur en Côte d’Ivoire, où 53 % de la population de plus de 15 ans est analphabète et où le système éducatif a longtemps souffert d’une inadéquation entre la formation proposée et les besoins des entreprises.

    Pour y remédier, le gouvernement a adopté une approche pragmatique, axée sur l’insertion professionnelle et la valorisation des secteurs porteurs d’emplois. 

    L’objectif est clair : accroître l’employabilité des jeunes et réduire les disparités régionales, notamment entre le nord et le sud du pays, où les taux de scolarisation diffèrent fortement.

    La réponse au chômage de masse de ces jeunes invisibles, c’est l’École de la Deuxième Chance (E2C).

    Lancée en 2021, elle vise à bénéficier à 400 000 jeunes d’ici 2030 en offrant des formations qualifiantes de courte durée (12 mois maximum) pour les jeunes déscolarisés ou sans qualification, âgés de 16 à 35 ans. 

    En 2022, la première vague a permis de former 2 032 jeunes, avec des certifications prévues pour 1 500 artisans et des formations supplémentaires pour 4 000 autres apprenants.

    Ces formations, axées sur des métiers comme la mécanique, l’électricité, la chaudronnerie ou encore la conduite d’engins, répondent directement aux besoins des entreprises dans des secteurs clés comme le BTP, l’énergie et l’agriculture.

    Il s’agit également de programmes ambitieux de resocialisation des jeunes pour échapper à la marginalisation et la radicalisation sociale des jeunes déscolarisés (16-30 ans) sans diplôme.

    Le Service Civique d’Action pour l’Emploi et le Développement (SCAED) incarne cette volonté majeure du gouvernement.

    Le SCAED a une approche en triptyque – « resocialiser, former, insérer », combiné avec la formation professionnelle et alphabétisation et l’encadrement civique de type militaire. Financé à hauteur de 10,2 milliards FCFA via le Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), il inclut la construction de centres spécialisés à Brébrèsso (1,2 milliard FCFA) et Sassandra (2 milliards FCFA) .  

    Par ailleurs, le programme « SIRA », soutenu par la Banque mondiale, promeut une formation adaptée aux exigences du secteur privé, renforçant ainsi l’adéquation entre l’éducation et le marché du travail. Des partenariats, comme celui avec l’Agence française de Développement (AFD) via le Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), ont permis d’équiper le ministère de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage avec des moyens logistiques, tels que 29 véhicules d’une valeur de 566 millions de FCFA, pour accompagner les missions de terrain.

    Lycées techniques et universités : vers une spécialisation dans les secteurs porteurs

    Pour répondre aux besoins spécifiques du marché, la Côte d’Ivoire investit dans des lycées techniques et professionnels, avec des établissements modernes dotés d’internats et de filières adaptées aux potentialités régionales.

     Par exemple, sept nouveaux établissements de formation professionnelle, d’un coût global de 146,5 milliards de FCFA, ont vu leurs travaux lancés en 2022 à Ebimpé, Yamoussoukro, Kong, Gbélébudan, Diabo, Dabakala et Korhogo.

     Ces lycées forment aux métiers de la mécanique, de l’électricité, du froid et de la climatisation, entre autres, avec une attention particulière portée à l’insertion rapide des diplômés.

    En concomitance, le gouvernement mise sur l’enseignement supérieur pour doter le pays de cadres compétents dans les secteurs porteurs.

     L’Université de Man(2015), l’Université de San Pédro (2021) et la toute dernière, l’Université de Bondoukou (2023) ont été conçues pour répondre aux besoins des industries locales, notamment dans les mines, le BTP, le commerce et l’agro-industrie. 

    A titre d’exemple, l’Université Polytechnique de Man est un modèle qui fait ses preuves

    Spécialisée dans les sciences minières, énergétiques et des matériaux, l’UP Man affiche des résultats éloquents :  

    – 80% d’insertion professionnelle des ingénieurs dans les 6 mois après leur diplôme ;  

    – Plus de 80 % de taux de réussite dans 8 niveaux sur 9 en cycle ingénieur ;  

    – 1 831 diplômés produits depuis 2017, dont 166 ingénieurs .  

    L’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) à Yamoussoukro bénéficie également d’une modernisation, avec un appui de l’AFD pour réhabiliter ses infrastructures et renforcer ses filières.

    Ces universités, combinées à la construction future de nouvelles institutions à Abengourou , Odienné, à Dabou et à Adiakė témoignent d’une stratégie de décentralisation visant à équilibrer l’accès à l’enseignement supérieur à travers le pays.

    Malgré ces avancées, des défis structurels subsistent.

    La vétusté des infrastructures, l’insuffisance du nombre d’enseignants qualifiés et l’inadéquation persistante entre formation et emploi continuent de freiner le système éducatif. 

    Le chemin reste exigeant : l’enjeu n’est plus seulement de former pour l’emploi, mais de créer par la formation. Les prochaines réformes devront amplifier la recherche appliquée dans les universités, soutenir l’entrepreneuriat étudiant et achever la décentralisation de l’excellence. 

    La Côte d’Ivoire, à travers ses investissements dans l’éducation et la formation, fait le pari audacieux de transformer sa jeunesse en moteur de développement économique. 

    Les lycées techniques, l’École de la Deuxième Chance et les nouvelles universités polytechniques incarnent une vision pragmatique, centrée sur l’employabilité et l’innovation.

    Si ces initiatives sont couronnées de succès, elles pourraient non seulement réduire le chômage des jeunes, mais aussi positionner la Côte d’Ivoire comme un modèle d’éducation inclusive en Afrique.

    L’avenir de la jeunesse ivoirienne et naturellement celui de la nation en dépendent. 

    Bakary Cissé

  • PLUSIEURS « ÉLUS PDCI-RDA MÉNACÉS D’ARRESTATION » : LE DÉPUTÉ SIMON DOHO INTERPELLE

    PLUSIEURS « ÉLUS PDCI-RDA MÉNACÉS D’ARRESTATION » : LE DÉPUTÉ SIMON DOHO INTERPELLE

    Simon Doho, président du groupe parlementaire PDCI-RDA a dans un communiqué, dénoncé un projet visant l’arrestation de plusieurs  cadres du parti sont des députés régulièrement élus à l’assemblée nationale.

    Cette interpellation du député Simon Doho intervient dans un contexte socio-politique marqué par des tensions à approche de l’élection présidentielle de 2025. A un peu plus de 3 mois de la tenue de ce scrutin crucial, plusieurs jeunes du parti, engagés dans la lutte contre l’exclusion de certains leaders de l’opposition, dont, Tidjane Thiam, président du parti, ont été arrêtés et placés sous mandat de dépôt.

    Déclaration intégrale

    Il nous revient de manière insistante qu’un projet d’arrestation de plusieurs personnalités politiques du PDCI-RDA, dont des députés régulièrement élus à l’Assemblee nationale, serait en cours de préparation avancée. 

    Ces projets d’arrestation, il faut le souligner, concernent également plusieurs membres des organes et structures spécialisées du PDCI-RDA.  Le Député Brédoumy Soumaïla serait particulièrement visé. Tous nos compatriotes, dans leur grande diversité, connaissent les qualités humaines de l’homme, son engagement ainsi que sa détermination pour la construction de la Démocratie et d’une paix durable en Côte d’Ivoire par un dialogue inclusif.

    Ces projets d’arrestations seraient préparés dans le seul but de bâillonner l’un des porte-voix des tristes réalités que vit actuellement le vaillant peuple ivoirien. Le Groupe parlementaire PDCI-RDA invite les ennemis de la paix à abandonner définitivement leurs funestes projets s’ils étaient avérés et, à s’inscrire résolument dans la voix du dialogue et de l’apaisement. 

    Le Groupe parlementaire PDCI-RDA à l’Assemblée nationale en appelle au sens de la responsabilité de chaque ivoirien et de chaque ivoirienne pour apporter sa pierre à la construction d’une Paix durable dans notre pays

    Le Groupe Parlementaire PDCI-RDA à l’Assemblée nationale voudrait saisir l’occasion, du présent Communiqué, pour interpeller l’opinion nationale et internationale sur ces préoccupantes informations en cette période critique de préparation d’un processus électoral dont l’issue inquiète de plus en plus nos populations.

    Le Groupe parlementaire PDCI-RDA à l’Assemblée nationale en appelle au sens de la responsabilité de chaque ivoirien et de chaque ivoirienne pour apporter sa pierre à la construction d’une Paix durable dans notre pays à travers des contributions positives au service d’un processus électoral inclusif, transparent et crédible.  Il y va de l’avenir, de notre bonheur commun et de l’avenir des générations futures.

    Fait à Abidjan, le 8 juillet 2025,

    Député Simon DOHO, 

    Président du Groupe parlementaire PDCI-RDA à l’Assemblée nationale

  • Côte d’Ivoire : Plusieurs véhicules en feu au 2e sous sol de la tour E au Plateau (Pompiers)

    Côte d’Ivoire : Plusieurs véhicules en feu au 2e sous sol de la tour E au Plateau (Pompiers)

    La 1ère compagnie Indénié a été alertée ce Mercredi 09 Juillet 2025 à 10H00 pour un violent feu de plusieurs véhicules à la Tour E dans la commune du Plateau, dans une note des pompiers.

    Selon la note, sur les lieux, il s’agit de plusieurs véhicules en feu au 2e sous sol de ladite tour.

    Opérations en cours, au moment où nous mettons sous presse.

    R-SEKONGO

  • Aéroport d’Abidjan: 2 570 000 passagers attendus en 2025

    Aéroport d’Abidjan: 2 570 000 passagers attendus en 2025

    Avec 2 millions 270 000 passagers attendus en 2025, l’Aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan qui a connu des extensions pour augmenter sa capacité et sa compétitivité, ambitionne de devenir un hub aéroportuaire régional majeur en Afrique de l’Ouest.

    Le trafic de passagers à l’Aéroport d’Abidjan, en progression continue depuis la fin de la Covid-19, est passé de 935 120 voyageurs en 2020 à 2 millions 535 451 voyageurs en 2024, soit une hausse de 171,1%.

    « Il devrait atteindre 2 millions 570 000 passagers en 2025 », a indiqué ce mardi 8 juillet 2025 le directeur général du transport aérien, Ahmed Coulibaly, qui était l’invité de la tribune « Tout savoir sur », organisé par le Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG).

    Ahmed Coulibaly a relevé que selon les statistiques du trafic à l’aéroport Félix Houphouët d’Abidjan, la Cédéao remporte la palme avec 33,9%, suivie de la France avec 24,1%. Au niveau du fret, l’aéroport d’Abidjan a transporté 32 559 tonnes en 2024 avec une prévision de 34 000 tonnes en 2025.

    Le directeur général du transport aérien a affirmé qu’Air Côte d’Ivoire, la compagnie nationale, continue de se développer et à gagner des parts de marché.
    « Elle affiche une position de leader en Afrique de l’Ouest et du Centre avec environ 7 400 000 passagers transportés de 2013 à 2024 », a-t-il dit.

    Aujourd’hui, la compagnie dessert 18 destinations en Afrique de l’Ouest et du Centre et enregistre pour la deuxième année consécutive un résultat bénéficiaire en forte hausse, atteignant 1,5 milliard de Fcfa, soit une progression de 125% par rapport à l’année 2023, a-t-il fait savoir.

    « Au niveau du réseau domestique, les aéroports de Korhogo, Bouaké, Man, San-Pedro et Odienné qui reçoivent des vols réguliers d’Air Côte d’Ivoire cumulent annuellement en moyenne 70 000 passagers », a-t-il partagé.

    La Côte d’Ivoire se positionne comme un hub aéroportuaire régional. Le pays est le premier en Afrique en matière de sécurité des opérations aéroportuaires et le 11e au niveau mondial. Concernant la sûreté de l’aviation civile, il occupe le deuxième rang au niveau africain.

    Par ailleurs, M. Ahmed Coulibaly a rappelé que « la Côte d’Ivoire est l’un des rares pays à avoir obtenu de la part de l’Organisation de l’aviation civile internationale deux certificats, l’un pour ses performances au niveau de la sécurité et l’autre pour la sûreté. »

    Avec l’amélioration de la connectivité en matière de trafic aérien, la Côte d’Ivoire est désormais reliée à 35 villes dont 28 en Afrique, quatre en Asie, une desserte en Amérique du Nord, deux en Europe, a-t-il révélé.

    Suite à des investissements consentis par l’Etat ivoirien et les actionnaires, Air Côte d’Ivoire dispose de 12 avions, une flotte qui devrait atteindre 18 à l’horizon 2031. En 2024, la compagnie a enregistré une augmentation de son capital qui est passé de 130 milliards Fcfa à 190 milliards Fcfa.

    En termes de perspectives, l’Etat envisage d’adopter une politique nationale pour le développement du transport aérien, du trafic domestique et touristique, et rendre de plus en plus accessible la formation de haut niveau dans le domaine du transport aérien aux populations.

    « En plus des métiers techniques comme ceux de pilote et de mécanicien d’avion, nous allons travailler à voir un plus grand nombre de juristes en matière d’aviation et des économistes du transport aérien », a souligné M. Ahmed Coulibaly.

    Le transport aérien est un levier essentiel pour l’Etat dans sa vision de dynamisation du tourisme et du commerce entre la Côte d’Ivoire et le reste du monde. Il devrait permettre de faciliter le déplacement par voie aérienne des biens et des passagers.

    AP/Sf/APA

  • Prévention des conflits dans le Golfe de Guinée : la ministre Nassénéba Touré souligne l’importance du rôle des femmes

    Prévention des conflits dans le Golfe de Guinée : la ministre Nassénéba Touré souligne l’importance du rôle des femmes

    La ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, a souligné, ce lundi 7 juillet 2025 à Abidjan-Marcory, l’importance du rôle des femmes, à l’ouverture du Forum régional des femmes pour la paix et la prévention des conflits dans le Golfe de Guinée.

    Ce forum, qui se déroule sur deux jours, se tient dans un contexte régional marqué par de multiples défis, notamment l’expansion de l’extrémisme violent, la montée des menaces sécuritaires à nos frontières, et les processus électoraux à venir dans plusieurs pays.

    Organisé conjointement par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Gouvernement ivoirien, il vise à renforcer les compétences des femmes et à créer un espace de dialogue régional inclusif valorisant le rôle central des femmes dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

    La ministre a relevé que les femmes ne sont pas seulement victimes des conflits, mais qu’elles sont également des actrices incontournables de la paix, capables de reconstruire les liens sociaux et de promouvoir le dialogue.

    Elle a insisté sur la nécessité d’inclure davantage les femmes dans la prévention des violences électorales, notamment à l’approche des élections en Côte d’Ivoire.

    Nassénéba Touré a formulé le vœu que le forum soit un tournant dans la construction d’un réseau régional féminin pour la paix dans le Golfe de Guinée.

    Le gouvernement ivoirien, a-t-elle indiqué, s’est engagé à renforcer la place des femmes dans le processus de paix à travers des initiatives telles que le Plan d’Action national pour la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

    Ce plan intègre les questions de sécurité transfrontalière, de participation électorale des femmes et de prévention des violences basées sur le genre en période de crise.

    Quant à la coordinatrice résidente du Système des Nations Unies, Hélène N’Garnim-Ganga, elle a réaffirmé l’engagement des Nations Unies et du PNUD en faveur d’une paix durable, inclusive et partagée.

    Pour le Système des Nations Unies, il est essentiel de reconnaître l’importance du rôle de la femme dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix, et de promouvoir leur participation dans les processus de décision pour une paix durable et inclusive.

    Notons que le forum régional offre l’opportunité de partager les bonnes pratiques, de créer des passerelles entre les femmes.

    Il réunit des représentants de la société civile, des institutions nationales, des organisations régionales, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des actrices de paix.

    Les travaux sont organisés autour de sessions plénières, de panels thématiques, d’ateliers interactifs et de groupes de travail.

    CICG

  • Élection présidentielle camerounaise 2025 : Paul Biya candidat, le corps électoral convoqué pour le 12 juillet

    Élection présidentielle camerounaise 2025 : Paul Biya candidat, le corps électoral convoqué pour le 12 juillet

    Alors que la campagne d’inscription sur les listes électorales bat son plein, la candidature du président sortant Paul Biya vient d’être officiellement confirmée par Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence. Cette annonce intervient quelques jours avant la convocation officielle du corps électoral prévue pour le 12 juillet 2025.

    La convocation du corps électoral camerounais a été officiellement confirmée pour le 12 juillet 2025, date qui ouvre de façon officielle le calendrier électoral et marque la fin des inscriptions sur les listes électorales, soit exactement trois mois avant l’élection présidentielle d’octobre. Cette annonce intervient au moment où ELECAM, l’agence électorale du Cameroun, multiplie les points d’inscription dans le pays, accompagnée par de nombreuses initiatives citoyennes qui mobilisent massivement pour l’inscription des électeurs camerounais.

    Une stratégie de proximité sans précédent pour l’inscription des électeurs

    ELECAM
    ELECAM

    L’agence électorale ELECAM déploie une stratégie de proximité sans précédent à travers le territoire : centres de santé, marchés, carrefours… À quelques jours de la clôture du processus d’inscription, les agents d’ELECAM occupent le terrain. Le processus électoral suit un calendrier précis et contraignant, cette convocation marque un tournant décisif dans la préparation de l’élection présidentielle.

    Les mouvements citoyens « cartes d’électeurs » et « protège ton vote » intensifient leurs campagnes nationales, une stratégie qui s’articule autour de quatre axes : la campagne porte effectivement sur l’inscription massive sur les listes électorales, le deuxième point consiste à ce que les gens récupèrent leur carte d’électeur, le troisième point vise à ce que les gens aillent massivement voter et le quatrième point encourage les citoyens à s’engager à surveiller leur vote.

    Paul Biya officiellement candidat : la pré-campagne électorale s’ouvre

    Cette convocation s’effectue dans la foulée de la candidature de Paul Biya, officiellement confirmée par Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence du Cameroun, ce samedi lors d’une réunion avec des élites politiques de la région du Sud. Déclarant avec fermeté que Paul Biya sera candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025, cette annonce attendue ouvre officiellement la pré-campagne électorale camerounaise.

    Avec assurance, le secrétaire général de la présidence de la République a déclaré : « En octobre, le président Paul Biya fera un raz-de-marée dans le Sud », soulignant l’ancrage régional qu’il attribue au président sortant. Cette déclaration intervient après des consultations politiques intenses menées ces derniers jours par le secrétaire général de la présidence, qui a multiplié les rencontres avec des membres du gouvernement et des parlementaires issus de diverses régions du Cameroun. Ces concertations s’inscrivent dans la phase de préparation des stratégies électorales du parti au pouvoir, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), en vue du scrutin présidentiel.

    La confirmation de la candidature de Paul Biya par un acteur clé de la présidence était attendue par de nombreux observateurs politiques. Cette confirmation ouvre la voie à l’intensification des activités des différents acteurs en lice pour la magistrature suprême.

    Le timing de cette annonce, quelques jours avant la convocation du corps électoral prévue pour le 12 juillet, témoigne de la stratégie politique minutieusement orchestrée par l’équipe présidentielle. Dès lors, une question se pose : avec cette candidature tant attendue, la course à la présidence du Cameroun va-t-elle redistribuer les cartes sur la scène politique ?

  • Affaire Nathalie Yamb : Alpha Blondy s’indigne et interpelle Emmanuel Macron, »Nathalie Yamb ne peut pas être bâillonnée!!! C’est injuste et anti démocratique!!!!

    Affaire Nathalie Yamb : Alpha Blondy s’indigne et interpelle Emmanuel Macron, »Nathalie Yamb ne peut pas être bâillonnée!!! C’est injuste et anti démocratique!!!!

    L’icône du reggae ivoirien Alpha Blondy est sortie de sa réserve pour exprimer publiquement son soutien à Nathalie Yamb, militante panafricaniste camerouno-suisse récemment frappée d’une interdiction de séjour dans l’Union européenne.

    Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, l’artiste engagé a vivement dénoncé cette décision qu’il qualifie d’injuste et liberticide, estimant qu’elle vise à réduire au silence une voix africaine libre et courageuse. Il a salué le combat mené par Mme Yamb contre le néocolonialisme et pour la souveraineté des peuples africains.

    « Nathalie Yamb ne peut être bâillonnée. Elle a le droit de s’exprimer. Ce qu’elle dit aux Africains, c’est de retrouver leur dignité, de se tenir debout, de prendre de l’épaisseur. L’Afrique a besoin de voix comme la sienne », a-t-il déclaré.

    Alpha Blondy a également rappelé que Mme Yamb n’a jamais appelé à la violence, mais qu’elle s’est contentée d’exhorter les Africains à prendre conscience de leur condition et à se libérer de ce qu’il appelle « l’esclavage économique ».

    « Monsieur Macron, vous avez déclaré que la Françafrique était finie. Alors pourquoi vouloir bâillonner Nathalie Yamb ? Cet esclavage économique doit prendre fin. Je vous en prie : corrigez le tir », a lancé l’artiste à l’adresse du président français.

    Cette sortie d’Alpha Blondy s’inscrit dans un contexte de vives réactions sur le continent à la suite de la mesure d’expulsion, jugée arbitraire par de nombreuses voix panafricaines. Elle relance également le débat sur la liberté d’expression des intellectuels et activistes africains en Europe, à l’heure où la critique du passé colonial reste encore très sensible.


    ______________________________________________________________________________________________

    Nathalie Yamb sanctionnée par l’UE

    Nathalie Yamb, activiste panafricaniste camerouno-suisse engagée dans les débats, s’est fait connaître ces dernières années par ses prises de parole publiques et ses publications en ligne portant sur les relations entre l’Afrique et les puissances extérieures. Présente sur les réseaux sociaux et invitée dans divers forums ou conférences, elle aborde des thématiques liées à la souveraineté des États africains, aux dynamiques de coopération internationale et à l’influence étrangère sur le continent. Ses prises de position critiques envers certaines politiques occidentales en Afrique lui ont permis de rassembler un large public en ligne, notamment parmi une partie de la jeunesse africaine intéressée par de nouvelles formes de coopération internationale. Cette semaine, l’UE a pris une décision contre l’activiste panafricaniste.

    Mesures de l’Union européenne : interdiction de séjour et gel des avoirs

    Le 26 juin 2025, le Conseil de l’Union européenne a adopté une mesure visant Nathalie Yamb, qui entraîne l’interdiction de son entrée et de transit sur le territoire de l’Union. L’information a été rendue publique via le Journal officiel de l’Union européenne. « Depuis le sommet de Sotchi auquel elle a assisté en 2019, Nathalie Yamb soutient ouvertement la Russie, adoptant le langage de Moscou et prenant notamment pour cible la France et l’Occident, dans le but de les évincer du continent africain« , précise le document.

    Le texte fait également référence à une participation supposée à des campagnes d’influence dirigées contre certaines politiques européennes, en particulier celles relatives à la présence militaire ou diplomatique de l’UE en Afrique. Ces éléments ont conduit les institutions européennes à inclure Nathalie Yamb dans la liste des personnes visées par les sanctions.

    À ce jour, aucune déclaration officielle n’a été publiée par Nathalie Yamb concernant cette mesure. La décision européenne intervient dans un contexte où, dans plusieurs capitales d’Afrique de l’Ouest, les discours mettant en avant la souveraineté nationale et la remise en question des partenariats traditionnels avec les puissances occidentales occupent une place croissante dans les débats publics. Ces positionnements, portés par diverses figures politiques, militaires ou issues de la société civile, s’accompagnent d’un intérêt accru pour des partenariats alternatifs, présentés par leurs promoteurs comme mieux alignés avec les priorités nationales ou régionales.

  • «Un double clic peut suffire» : attention à cette nouvelle arnaque qui peut vider vos comptes

    «Un double clic peut suffire» : attention à cette nouvelle arnaque qui peut vider vos comptes

    Le «DoubleClickjacking» inquiète les acteurs de la cybersécurité. Ce terme désigne une nouvelle technique criminelle qui vise à récolter des données sensibles afin de voler des comptes bancaires.

    Une nouvelle technique de piratage inquiète les spécialistes en cybersécurité. Baptisée «DoubleClickjacking», elle exploite le fait de réaliser un double-clic pour faire valider, à l’insu d’un internaute, des actions sensibles comme un virement bancaire ou une autorisation d’accès à des données personnelles.

    Cette entourloupe s’appuie sur une forme déjà connue d’attaque informatique : le «clickjacking», cela donne littéralement «détournement de clics». Cette méthode consiste à superposer un élément invisible ,comme un bouton de validation, sur une zone apparemment inoffensive d’une page web.

    L’internaute pense cliquer sur un lien anodin, mais en réalité, il exécute une commande potentiellement critique. Le «DoubleClickjacking» pousse cette logique encore plus loin.

    L’attaque se déroule en deux temps selon le média spécialisé Presse Citron, et en une fraction de seconde : un premier clic incite l’utilisateur à interagir, par exemple en cliquant sur un bouton «Gagnez un cadeau !» ou «Validez le captcha».

    Une menace invisible et redoutable

    Dès ce moment, un script (un ensemble d’instructions ou de commandes écrites dans un langage de programmation) superpose un élément invisible comme une confirmation de transaction ou une autorisation d’accès. Le deuxième clic, naturel et immédiat, valide alors cette action sans que l’utilisateur ne s’en aperçoive.

    Ce qui rend cette attaque particulièrement dangereuse, c’est sa discrétion. L’utilisateur ne voit rien de suspect. Selon CommentÇaMarche, les systèmes de protection classiques de Windows ou d’Apple peuvent s’avérer inefficaces face à ce type de manipulation ultra-rapide et invisible à l’œil nu.

    Comment se protéger ?

    La prudence reste la première ligne de défense classique, mais essentielle. Éviter les sites douteux, se méfier des messages trop attractifs et prendre son temps avant de cliquer sont des réflexes à adopter. Certaines extensions de navigateur, comme NoScript ou uMatrix, permettent également de bloquer l’exécution automatique de scripts malveillants.

    Pour une sécurité maximale, le recours à des solutions de cybersécurité avancées peut renforcer la protection contre ce type d’attaque furtive.

    CNEWS

  • Parrainage citoyen, la CEI : ” La remise de matériel n’équivaut pas à une validation de candidature”

    Parrainage citoyen, la CEI : ” La remise de matériel n’équivaut pas à une validation de candidature”

    Depuis le mercredi 2 juillet 2025, la Commission Électorale Indépendante (CEI) amorce une étape clé dans le processus de parrainage citoyen en vue de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre prochain.
    Ce communiqué, signé le lundi 7 juillet 2025 par le Directeur de Cabinet YAO Kouamé pour le Président de la CEI, vise à dissiper toute confusion et à rappeler avec fermeté le rôle institutionnel de la Commission : garantir un cadre transparent, impartial et conforme à la législation électorale.

    De plus, bien que la CEI soit détentrice du fichier électoral national et connaisse la situation de certains aspirants, elle précise ne pas pouvoir se prononcer sur leur éligibilité. Cette compétence, rappelle-t-elle, relève exclusivement du Conseil constitutionnel. Ainsi, malgré les échanges avec les potentiels candidats, aucun jugement de recevabilité ne saurait être formulé par ses soins.
    Dans les jours à venir, la CEI ouvrira la période officielle de dépôt des candidatures. À cette occasion, elle recevra l’ensemble des documents requis, y compris ceux relatifs au parrainage citoyen.

    En effet, plusieurs personnalités ayant exprimé leur intention de concourir reçoivent actuellement des kits de collecte de signatures, principalement composés de terminaux mobiles.
    Toutefois, la CEI insiste : cette remise de matériel n’équivaut nullement à une validation des candidatures. Bien au contraire, il ne s’agit que de faciliter l’accomplissement d’une condition d’éligibilité essentielle, celle de la constitution d’une liste d’électeurs soutenant la candidature.

  • Yann-Gabriel N’ZI (VITIB) : « Notre ambition est de faire de la Côte d’Ivoire un hub technologique régional »

    Yann-Gabriel N’ZI (VITIB) : « Notre ambition est de faire de la Côte d’Ivoire un hub technologique régional »

    A l’heure où la cybersécurité s’impose comme un levier de souveraineté numérique en Afrique de l’Ouest, les zones franches technologiques prennent une place stratégique dans la défense des écosystèmes nationaux. Directeur technique du Village des Technologies de l’Information et de la Biotechnologie (VITIB SA), Yann-Gabriel N’ZI détaille, en marge du Cyber Africa Forum 2025 qui s’est tenu fin juin à Cotonou, les axes prioritaires qui doivent hisser la Côte d’Ivoire au rang de hub numérique résilient.

    Agence Ecofin : Quelles sont aujourd’hui les grandes priorités stratégiques du VITIB à l’heure où la cybersécurité devient un enjeu économique majeur ?

    Yann-Gabriel N’ZI : En tant que zone franche technologique et vitrine de l’innovation en Afrique de l’Ouest, le VITIB place la cybersécurité au cœur de ses priorités structurelles. C’est en effet un pilier pour garantir la confiance numérique, renforcer l’attractivité économique et préserver la souveraineté technologique, tant de notre écosystème que de la Côte d’Ivoire.

    Nos grandes priorités stratégiques dans ce contexte s’articulent autour du renforcement continu de nos infrastructures critiques, avec notamment le développement de data centers sécurisés et conformes aux standards internationaux les plus exigeants. Nous mettons également en avant les entreprises spécialisées en cybersécurité déjà implantées dans la zone franche, afin de favoriser les synergies et les solutions locales. Nous accordons enfin une attention particulière à la valorisation des compétences humaines, en soutenant activement les initiatives de formation, de sensibilisation et de transfert de savoir-faire autour des enjeux de sécurité numérique.

    À travers ces actions, le VITIB entend jouer pleinement son rôle de catalyseur technologique en Afrique de l’Ouest, en proposant aux opérateurs un environnement à la fois innovant, sécurisé et compétitif.

    Yann-Gabriel N’ZI, Directeur technique du Village des Technologies de l’Information et de la Biotechnologie (VITIB SA),

    AE : L’édition 2025 du CAF est placée sous le thème de la résilience des écosystèmes numériques. Alors que le VITIB a su attirer une centaine d’entreprises en 20 ans d’existence en Côte d’Ivoire, quels outils ou services concrets proposez-vous aux entreprises pour leur permettre de prévenir et gérer les cyberattaques ?

    YGN : Dès l’origine, notre Village de l’Innovation a été conçu comme un environnement sécurisé, capable d’accompagner des entreprises technologiques à tous les niveaux de maturité. Plus qu’un simple parc technologique, le VITIB incarne un véritable écosystème où les entreprises partagent un langage commun, collaborent activement et échangent leurs expertises pour progresser ensemble. Cette dynamique collaborative constitue l’un des piliers de notre approche : les solutions développées par certains deviennent rapidement des leviers de croissance pour les autres, créant ainsi une chaîne de valeur collective au sein de la zone.

    « Les solutions développées par certains deviennent rapidement des leviers de croissance pour les autres, créant ainsi une chaîne de valeur collective au sein de la zone. »

    Grâce à ce modèle, les entreprises installées au VITIB et en dehors ont accès à des infrastructures d’hébergement de pointe, notamment dans des data centers hautement sécurisés et redondants, qui garantissent la disponibilité des services ainsi que la protection physique et logique des données. Elles bénéficient également de connexions privilégiées avec un réseau de prestataires spécialisés en cybersécurité, proposant des prestations allant des audits et tests de vulnérabilité à l’accompagnement en matière de conformité réglementaire ou de stratégie de sécurité. L’ensemble de ces dispositifs permet de soutenir la montée en maturité numérique des entreprises tout en leur assurant un socle robuste de résilience et de sécurité opérationnelle, au service de leur compétitivité.

    AE : Au cours du CAF, la ministre béninoise du Numérique a insisté sur l’humain comme première barrière contre la cybercriminalité. Quel dispositif de formation continue et de sensibilisation est mis en place par le VITIB pour que chacun de vos usagers devienne un véritable acteur de sa propre sécurité numérique ?

    YGN : Nous partageons pleinement cette approche, car la cybersécurité ne peut véritablement être efficace sans une culture collective du risque numérique. C’est dans cet esprit que le VITIB travaille sur un programme continu de sensibilisation à destination de ses équipes et des entreprises partenaires. Ce programme s’appuie sur des formations pratiques et régulières, la diffusion de supports pédagogiques tels que des guides utilisateurs, des alertes de sécurité ou encore des fiches réflexes, ainsi que l’organisation de simulations d’attaques, comme des campagnes de phishing, pour tester les réflexes et renforcer la vigilance.

    Parallèlement, nous travaillons activement à la création de la VITIB Digital Academy, un espace digital entièrement dédié à la formation, avec pour ambition de démocratiser les métiers du numérique, notamment dans le domaine de la cybersécurité. Notre objectif est de permettre à chaque acteur, professionnel ou passionné, de devenir un maillon actif de la chaîne de sécurité numérique, au sein de son environnement.

    AE : Le commissaire général du CAF Franck Kie a appelé les participants à mutualiser les moyens et bâtir une alliance continentale permanente sur la cyberdéfense. Quelles architectures techniques ou quels protocoles de partage d’informations de cybersécurité jugez-vous pertinents pour faciliter la détection rapide et la réponse coordonnée aux incidents au sein de l’écosystème numérique ouest-africain et continental ?

    YGN : Le VITIB adhère pleinement à l’idée d’une cyberdéfense panafricaine reposant sur la coopération entre États, acteurs privés et organisations régionales. Dans un monde de plus en plus interconnecté, les menaces ne connaissent pas de frontières et seule une réponse coordonnée permettra à nos pays de se protéger efficacement.

    « Dans un monde de plus en plus interconnecté, les menaces ne connaissent pas de frontières et seule une réponse coordonnée permettra à nos pays de se protéger efficacement. »

    Plusieurs axes de travail pourraient contribuer à faire émerger une véritable solidarité numérique en Afrique. Il s’agit par exemple de la mise en réseau des structures nationales de réponse aux incidents, afin de faciliter le partage d’informations, l’assistance mutuelle et la coordination en cas de crise. L’adoption de standards ouverts pour échanger en temps réel des données sur les menaces, les vulnérabilités ou les incidents, ainsi que la création d’une plateforme panafricaine de veille et d’alerte, accessible aux États et aux entreprises peuvent également renforcer la résilience de l’écosystème numérique africain.

    Une telle approche favorisera la montée en puissance collective du continent sur les enjeux de cybersécurité, tout en préservant nos souverainetés respectives. Le VITIB est par ailleurs prêt à héberger ces solutions, en s’appuyant sur ses infrastructures, l’appui institutionnel de l’Etat ivoirien et son réseau de partenaires.

    AE : Comment jugez-vous l’adéquation du cadre réglementaire ivoirien actuel avec les exigences de résilience numérique, et quelles évolutions proposeriez-vous pour favoriser l’innovation tout en garantissant la sécurité ?

    YGN : La Côte d’Ivoire a déjà franchi des étapes importantes, notamment avec sa loi sur la protection des données personnelles et la régulation assurée par l’ARTCI (Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire, Ndlr). Cependant, l’évolution rapide des menaces et des technologies nous impose de faire évoluer ce cadre. L’introduction de mesures incitatives pour les entreprises qui intègrent la sécurité dès la conception de leurs produits et le développement de cadres réglementaires souples sont des axes à explorer. On doit aussi renforcer la coopération réglementaire sous-régionale, pour harmoniser les pratiques et fluidifier les échanges de données sécurisées. Il est essentiel que la réglementation accompagne l’innovation, sans jamais la freiner.

    « Il est essentiel que la réglementation accompagne l’innovation, sans jamais la freiner. »

    AE : Le VITIB envisage-t-il de nouveaux leviers d’investissement ou de partenariats technologiques pour renforcer la résilience numérique de ses infrastructures ?

    YGN : Notre ambition est de positionner la Côte d’Ivoire comme un véritable hub technologique régional, en mettant en avant l’innovation, la compétitivité et la sécurité numérique.

    Dans cette perspective, notre levier principal est le renforcement de notre politique d’ouverture internationale. Nous travaillons activement à la création et à la consolidation de partenariats stratégiques avec des pays tels que le Canada, l’Inde, le Maroc ou encore le Bénin. Ces collaborations nous permettent de capitaliser sur des synergies concrètes, notamment en matière de cybersécurité, à travers le partage de bonnes pratiques, le transfert de technologies, ou encore la montée en compétences de nos ressources humaines. Nous sommes convaincus que la souveraineté numérique de l’Afrique de l’Ouest passera par des alliances solides et une capacité accrue à maîtriser les infrastructures critiques.

    « La souveraineté numérique de l’Afrique de l’Ouest passera par des alliances solides et une capacité accrue à maîtriser les infrastructures critiques. »

    C’est dans ce sens que le VITIB entend jouer un rôle central, en devenant un levier structurant de cette souveraineté, au bénéfice de tout l’écosystème régional.

    Propos recueillis par Emiliano Tossou

  • Côte d’Ivoire/  » Affaire  » Discrédit sur l’institution judiciaire « : mise en liberté provisoire de l’ex-ministre Joël N’Guessan ( Avocat)

    Côte d’Ivoire/  » Affaire  » Discrédit sur l’institution judiciaire « : mise en liberté provisoire de l’ex-ministre Joël N’Guessan ( Avocat)

    En détention préventive depuis le 19 juin dernier au Pôle pénitentiaire d’Abidjan ( PPA) pour Discrédit sur l’institution judiciaire » ivoirienne, l’ex-ministre ivoirien des Droits de l’Homme, Joël Kouadio N’Guessan a bénéficié d’une mise en liberté provisoire ce lundi 07 juillet 2025 et a regagné son domicile.

    L’information a été donnée dans un communiqué par Maître Ange Rodrigue Dadjé, le Conseil de M. Joël N’Guessan.

     » Monsieur Joël Kouadio N’Guessan a bénéficié ce 07 juillet 2025 de la part de la juridiction d’instruction d’Abidjan Plateau, d’une mise en liberté provisoire et est effectivement sorti du pôle pénitentiaire d’Abidjan pour regagner son domicile », a fait savoir Maître Rodrigue Dadjé.

    Par ailleurs, il a ajouté que son client  » réitère ses excuses à toute l’institution judiciaire et la remercie pour sa clémence à son égard « .

    Samedi dernier, rappelle-t-on, dans un communiqué, M. N’Guessan avait présenté ses  » sincères excuses  » aux magistrats ivoiriens.

    L’ex-ministre ivoirien des Droits de l’Homme et ancien porte-parole du parti d’Alassane Ouattara, Joël Kouadio N’Guessan, a été Interpellé le 18 juin dernier et inculpé pour « discrédit sur l’institution judiciaire et discrédit sur une décision de justice « .

    Il était en détention préventive au pôle pénitentiaire d’Abidjan depuis le 19 juin dernier. 

    L.Barro

  • Mamadou Awa Gassama arrêté à Abidjan : Il réclamait qu’on chasse Ouattara du pouvoir

    Mamadou Awa Gassama arrêté à Abidjan : Il réclamait qu’on chasse Ouattara du pouvoir

    « Quand tu lances des cailloux sur la case du voisin, assure-toi que la tienne n’est pas en paille. »

    Depuis des mois, ils se prennent pour des oracles de la souveraineté, des soldats de la dignité nationale, des justiciers numériques en service commandé. Ils insultent les chefs d’État étrangers, crachent sur leurs peuples, rient de leurs institutions. Côte d’Ivoire, France, Sénégal, CEDEAO… rien ne trouve grâce à leurs yeux. Et voici que le vent tourne.

    Mamadou Awa Gassama, membre du Conseil national de transition du Mali, ancien député, figure zélée du verbe sale et des propos incendiaires, a été interpellé et placé sous mandat de dépôt en Côte d’Ivoire. Il s’y était rendu, dit-on, pour une cérémonie de funérailles. Il en sortira peut-être avec des bracelets aux poignets. Car dans ce pays qu’il a tant outragé, les mots ont un prix. Et le prix du mépris, c’est parfois une cellule.

    L’homme est accusé d’outrage, incitation à la haine, appel à la déstabilisation des institutions. Ce n’est pas un blogueur anonyme ou un petit provocateur de réseaux. C’est un membre officiel d’un organe de la transition malienne, donc en quelque sorte, une voix du régime. Celui-là même qui réclamait qu’on chasse Ouattara du pouvoir, qui appelait à des coups d’État contre des chefs d’État élus, qui a ravalé la diplomatie à un concours d’invectives. Aujourd’hui, c’est lui qui « va lire l’heure », comme on dit chez les ivoiriens. Et l’aiguille sera longue.

    À Abidjan, les souvenirs sont encore frais. Les 49 militaires ivoiriens retenus au Mali pendant des mois en 2022 n’ont toujours pas été digérés. Humiliés, instrumentalisés, exhibés à la télévision comme du gibier de souveraineté malienne. Alors non, cette arrestation ne vient pas de nulle part. Elle n’est ni une surprise, ni une dérive. Elle est une réponse. Un rappel que la dignité est une monnaie à double face.

    Et pourtant, voilà que les soutiens de Gassama montent au créneau. Ils hurlent à la persécution, crient à l’atteinte à la liberté d’expression. Eux qui, chaque jour, applaudissent l’arrestation de journalistes au Mali. Eux qui ont vu Issa Kaou Djim condamné à un an de prison pour avoir simplement mis en doute un coup d’État fictif au Burkina, qui applaudissait la fermeture de Djoliba Tv pour les mêmes motifs. Eux qui rient quand un opposant malien est muselé, mais qui pleurent quand l’un des leurs est rattrapé par ses propres vomissures.

    « Quand tu ouvres ta bouche comme une rivière en crue, attends-toi à te noyer dans tes propres eaux. »

    Ce n’est pas seulement l’affaire d’un homme. C’est le miroir tendu à une hypocrisie collective. Ces donneurs de leçons aiment la Russie, mais vivent en France. Ils chantent l’AES au micro, mais passent leurs vacances à Dakar ou à Abidjan. Ils crient que la CEDEAO est l’ennemie, mais supplient pour que leurs enfants y étudient. Ils prétendent défendre l’Afrique libre, mais mendient des visas pour les pays qu’ils vilipendent.

    Et ils osent nous traiter, nous autres Maliens critiques, de traîtres et d’apatrides. Parce que nous dénonçons l’inefficacité, l’arrogance, l’enfumage des autorités maliennes. Parce que nous refusons d’applaudir le désastre. Selon eux, critiquer leur incompétent de président de transition, c’est haïr le Mali. Mais insulter Ouattara, Diomaye ou Emballo, c’est du patriotisme. Quelle logique bancale ! Quelle duplicité éhontée !

    « Le tambour qui fait danser les autres finit toujours par éclater dans les mains du joueur. »

    L’affaire Gassama, au fond, pose une question simple : est-ce que l’impunité verbale est un droit réservé à ceux qui crient le plus fort ? Est-ce que la liberté d’insulter est la seule liberté qu’ils veulent défendre ? Est-ce que le respect des institutions est à sens unique ?

    Qu’il réponde. Qu’il prouve ses accusations. Ou qu’il accepte les conséquences. Car on ne peut pas allumer des incendies à distance, puis venir pleurnicher quand on se brûle les pieds.

    Quant à ses camarades, qu’ils prennent note. Le monde a changé. Les propos haineux ont une mémoire. Et les frontières n’effacent plus les écrans. À défaut d’humilité, qu’ils apprennent le silence. Car celui qui insulte tout le monde finit toujours par tomber sur quelqu’un qui sait mordre. »

    Malick Konaté

  • RCI/présidentielle : Guillaume Soro « reste éligible » (avocats)

    RCI/présidentielle : Guillaume Soro « reste éligible » (avocats)

    Les avocats de l’ex-Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, ont réagi à la suite de la décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) relative à sa requête pour son inscription sur la liste électorale ivoirienne, à près de quatre mois de l’élection présidentielle.  

    La Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a rendu le jeudi 26 juin 2025 un arrêt au sujet des requêtes introduites par les leaders politiques ivoiriens, notamment l’ex-président Laurent Gbagbo et Guillaume Soro contre l’État de Côte d’Ivoire.

    Ces leaders ont avancé plusieurs violations de leurs droits, par la justice ivoirienne et la Commission électorale indépendante (CEI), notamment la privation de leurs droits civiques et politiques devant leur permettre d’être électeurs et candidats à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025.

    Sur la requête de M. Gbagbo, la Cour a estimé dans le fond qu’une condamnation préalable au pénal, considérée comme définitive permet de donner raison à la CEI et au tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau statuant en matière électorale.

    Quant à la requête de Guillaume Soro, l’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, la cour a fait observer qu’il n’a pas préalablement épuisé les voies de recours au plan national avant la saisine de la Cour pour l’analyse du fond de l’affaire.

    Me Affoussy Bamba, porte-parole du Conseil de Guillaume Soro, note que la décision de la Cour africaine « ne rejette pas ses droits, mais déclare sa requête irrecevable, car la justice ivoirienne n’a pas encore achevé l’examen de l’affaire, notamment par la Cour de cassation ».

    Elle explique que la Cour a déclaré la requête irrecevable parce que toutes les voies de recours en Côte d’Ivoire ne sont pas encore épuisées, ce qui constitue une règle de procédure. Cela ne signifie ni que la demande est injustifiée, ni que M. Soro est coupable.

    La Cour attend simplement que la justice ivoirienne termine son travail avant de pouvoir intervenir à nouveau sur le fond, insiste-t-elle. Par conséquent, sa décision du 26 juin 2025 ne remet pas en cause les droits de M. Soro qui « reste éligible à l’élection présidentielle de 2025 ».

    En mars 2020, les avocats de Guillaume Soro ont saisi la Cour africaine en urgence, estimant que ses droits fondamentaux, ainsi que ceux de ses compagnons, étaient gravement bafoués pour des raisons politiques.

    En réponse, la Cour a rendu plusieurs ordonnances provisoires en 2020, les 22 avril et 15 septembre, ordonnant la suspension immédiate des poursuites judiciaires à son encontre et la libération de ses compagnons détenus.

    Pour Me Affousy Bamba « l’ordre donné à l’État ivoirien de garantir ses droits politiques, y compris le droit d’être candidat à l’élection présidentielle » doit être respecté. Mais, l’État ivoirien n’a pas respecté les décisions de la Cour.

    Malgré ces ordres clairs, l’État de Côte d’Ivoire a refusé d’appliquer les décisions de la Cour africaine et a même retiré la déclaration permettant à ses citoyens de la saisir. Pourtant, les décisions déjà rendues restent valables et s’imposent à l’État ivoirien, a-t-elle rappelé.

    « Pire encore, alors que la Cour avait demandé la suspension de toutes les procédures, le tribunal de première instance d’Abidjan a condamné M. Guillaume Kigbafori Soro, le 28 avril 2020. Cette décision a été confirmée en appel le 13 février 2023 », a-t-elle souligné.

    Toutefois, un pourvoi en cassation est en cours, et la loi prévoit que la condamnation est suspendue tant que la Cour de cassation ne s’est pas prononcée. De ce fait, M. Guillaume Kigbafori Soro reste électeur et éligible à la présidentielle du 25 octobre 2025.

    Les avocats de M. Guillaume Kigbafori Soro appellent l’État ivoirien à respecter ses engagements internationaux, en appliquant les décisions de la Cour africaine, notamment celles des 22 avril et 15 septembre 2020, et en réintégrant Monsieur Guillaume Kigbafori Soro sur la liste électorale.

    Ils rappellent que, même si la Côte d’Ivoire a dénoncé la saisine de la Cour par ses citoyens, elle n’en demeure pas moins partie à ladite Cour et cela ne concerne pas les affaires déjà engagées avant le retrait.

    AP/Sf/APA