Auteur/autrice : iciabidjan

  • Côte d’Ivoire: comment une aide modeste devient une bouée de sauvetage pour des milliers de ménages

    Côte d’Ivoire: comment une aide modeste devient une bouée de sauvetage pour des milliers de ménages

    Dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des citoyens, l’Etat ivoirien a lancé, en 2015, « Les Filets sociaux productifs », un projet qui consiste à assister des ménages en situation de vulnérabilité par une allocation trimestrielle d’un montant de 36 000 FCFA sur une période de trois ans. Cela, à travers des transferts monétaires et des dispositifs d’encadrement, notamment l’Association d’Epargne et de Crédit des bénéficiaires (AVEC). A ce jour, ce sont au total 527 000 ménages qui ont bénéficié des Filets sociaux productifs sur l’ensemble du territoire national pour un montant de 171 milliards FCFA, selon le Coordonnateur dudit projet, Kipeya Koné.

    De nombreux bénéficiaires des Filets sociaux productifs ont pu améliorer leur condition de vie grâce aux 36 000 FCFA reçus trimestriellement.

    Au quartier Prof de Tiassalé, dans la région de l’Agnéby-Tiassa, dame Amoin Kouamé Diouf dispose d’une parcelle de riz. « Avant, je vendais de la friperie et je ne gagnais pas assez d’argent. Mais grâce au projet « Filets sociaux productifs » aujourd’hui, je produis un demi-hectare de riz. J’arrive à mieux m’occuper de mes enfants, à me soigner en cas de maladie, etc. J’en suis très contente. Vraiment, je tiens à remercier le gouvernement ivoirien qui me permet aujourd’hui de m’en sortir », affirme-t-elle, toute heureuse.

    Toujours dans la même région, mais cette fois à Agboville, chef-lieu de région, l’on retrouve Akissi Jacqueline Konan, commerçante résidant au quartier Sokoura, précisément au Terminus. Les Filets sociaux l’ont sortie de la pauvreté, dit-elle.

    « Avant, je n’arrivais pas à joindre les deux bouts parce que mon mari avait eu un problème à son travail. Donc, ça ne marchait pas comme avant. C’était très difficile pour nous. Même la maison dans laquelle on était, c’était difficile d’en payer le loyer. Depuis la venue des Filets sociaux, tous les trois mois, on reçoit 36 000 FCFA », raconte-t-elle.

    Et d’ajouter, avec soulagement : « Cette allocation m’a beaucoup aidée. Avant, je vendais les arachides. Mais grâce aux Filets sociaux et AVEC, je dispose d’un chiffre d’affaires d’au moins 150 000 FCFA qui me permet de me rendre dans les villages et campements pour acheter des produits et venir les livrer aux femmes du marché de la ville. Je m’en sors très bien. Les Filets sociaux m’ont permis de sortir de la pauvreté. Je dors en paix, je ne suis plus inquiète ».

    Selon elle, ce soutien lui permet aujourd’hui de payer le loyer, d’agrandir son commerce et d’aider son mari à construire la maison sur le terrain qu’il a payé : « Je remercie le gouvernement, à travers les Filets sociaux et l’Association d’Epargne et de Crédit des bénéficiaires (AVEC). Mon rêve est d’achever la construction des deux chambres-salon pour y habiter avec mes enfants et mes petits-enfants ».

    A Kouakoukro, un autre quartier d’Agboville, Aka Épine Azer fait son commerce. Cette veuve arrive à prendre soin de ses quatre orphelins grâce au projet Filets sociaux et fait les louanges de l’AVEC.
    « Je suis veuve et j’ai quatre orphelins à ma charge. C’était un peu difficile, surtout quand l’eau de pluie est venue casser ma maison. Quand les 36 000 FCFA des Filets sociaux sont arrivés, j’ai épargné grâce à l’AVEC qui nous suit. Cela me permet d’améliorer mon commerce. Et, j’arrive maintenant à m’occuper de mes orphelins, à payer leur école et à faire à manger pour la maison », confie-t-elle.

    Reconnaissante au gouvernement, Aka Épine Azer arrive désormais à contracter un prêt de 200 000 ou 250 000 FCFA et le rembourser en trois mois : « Merci au gouvernement qui nous a permis d’avoir une famille en dehors de la nôtre. Qu’il continue de nous aider. Je suis très heureuse car je tends de plus en plus vers mon rêve qui est d’avoir mon propre ».

    CICG

  • PRÉSIDENTIELLE 2025 : AHOUA DON MELLO CONFIRME SA LETTRE À LAURENT GBAGBO

    PRÉSIDENTIELLE 2025 : AHOUA DON MELLO CONFIRME SA LETTRE À LAURENT GBAGBO

    Ahoua Don Mello, vice-président du PPA-CI, a confirmé avoir prévu une lettre à Laurent Gbagbo, président du parti et actuellement inéligible pour la présidentielle, dans laquelle il plaidait en faveur de l’élargissement du jeu démocratique en autorisant d’autres candidatures.

    Lire aussi: Une étrange lettre adressée au président Laurent Gbagbo : enjeux d’une initiative troublante attribuée à Ahoua Don Mello

    Ahoua Don Mello confirme

    Selon le média français, qui confie avoir joint l’ancien ministre de l’Équipement sous Laurent Gbagbo, Ahoua Don Mello a confirmé avoir bien transmis cette lettre.  Une information qui contraste avec le communiqué publié un peu plus tôt dans la matinée par le président exécutif du parti.

    Dans le document consulté par Linfodrome, la direction du parti s’est dite « surprise », assurant que « le document n’a jamais été enregistré ni soumis aux instances du PPA-CI ». Le parti qui a dénoncé une « diversion grossière » a réaffirmé dans son communiqué que « Laurent Gbagbo demeure son unique candidat désigné » pour l’élection présidentielle d’octobre.

    Il appelait à ouvrir le processus interne à d’autres candidatures, dans l’éventualité où la situation juridique de Laurent Gbagbo ne permettrait pas son retour dans la course

    Dans sa lettre, envoyée au président du PPA-CI – radié des listes électorales et donc inéligible à ce jour – Ahoua Don Mello plaidait pour une « stratégie de précaution ». Il appelait à ouvrir le processus interne à d’autres candidatures, dans l’éventualité où la situation juridique de Laurent Gbagbo ne permettrait pas son retour dans la course. Une prise de position qui n’a pas manqué de faire réagir au sein du parti.

    Selon lui, il ne s’agit pas de candidatures de substitution, mais de solutions provisoires, qui deviendront caduques si une solution politique permettait à Laurent Gbagbo de se présenter. Ahoua Don Mello a également proposé également l’organisation d’ une convention extraordinaire, chargée de désigner un candidat parmi ceux qui auront passé l’étape du Conseil constitutionnel. Il a mis en garde contre un éventuel boycott, qui, selon lui, affaiblirait durablement le PPA-CI et priverait le parti de toute influence politique sur la scène nationale.

  • Chez nous en Afrique, on perfectionne l’art de pointer du doigt – toujours l’autre, jamais soi.

    Chez nous en Afrique, on perfectionne l’art de pointer du doigt – toujours l’autre, jamais soi.

    En Afrique, un bon leader africain se reconnaît à sa verve anti-impérialiste, ses médailles autoproclamées et sa capacité à éliminer tout contradicteur. Ah, l’Afrique ! Ce continent qui, avec une maestria inégalée, a élevé la victimisation au rang d’art suprême et la paresse intellectuelle à celui de philosophie d’État.

    Un véritable chef-d’œuvre d’auto-destruction, exécuté avec une précision qui ferait pâlir d’envie les plus grands tragédiens. Pendant que le reste du monde s’épuise à bâtir, innover ou simplement avancer, l’Afrique, elle, perfectionne l’art de pointer du doigt – toujours l’autre, jamais soi. Le grand cirque victimaire Quel spectacle grandiose !

    Nos élites, vautrées dans leurs palais climatisés, pillés aux frais du contribuable, hurlent contre l’ »oppresseur occidental » avec une ferveur digne des meilleurs télévangélistes. La colonisation ? Un joker universel, une excuse en or massif pour esquiver toute responsabilité. Pourquoi s’interroger sur l’état des routes, des écoles ou des hôpitaux, quand on peut invoquer le spectre du colon d’il y a 60 ans ? Et quelle ironie délicieuse : ces mêmes africains, avec fierté, envoient leurs enfants étudier à Paris, Londres ou New York. L’autodétermination, d’accord, mais seulement après le brunch.

    L’ignorance, en Afrique, n’est pas un défaut, c’est une stratégie. Une résistance culturelle ! Former des ingénieurs ou des médecins compétents ? Trop compliqué. Mieux vaut entretenir le culte du complot et la dialectique de la plainte. C’est tellement plus gratifiant. Le panthéon des héros stériles Et que dire de nos icônes ? Sankara, Lumumba, ces figures sanctifiées dont on pleure la perte tout en imitant scrupuleusement les travers des « oppresseurs » qu’ils dénonçaient.

    Un bon leader africain se reconnaît à sa verve anti-impérialiste, ses médailles autoproclamées et sa capacité à éliminer tout contradicteur. Construire des institutions durables ? Trop trivial. Mieux vaut mourir jeune, en martyr, laissant derrière soi un chaos idéalisé et une rhétorique recyclable à l’infini. L’Afrique ne manque pas de héros, mais de résultats.

    L’Occident, cet enfer désirable.. Quel paradoxe exquis ! Le jour, on maudit l’Occident, ses valeurs, son arrogance. La nuit, on rêve de ses visas, de ses routes asphaltées, de ses hôpitaux fonctionnels et de ses universités où l’on apprend autre chose que la propagande. L’Asie ? Un modèle pour les faibles Regardez ces Chinois, ces Coréens, ces Vietnamiens, qui osent se vanter de leurs progrès. Quel manque d’élégance !

    Eux ont choisi l’éducation, le travail, la discipline, malgré leurs propres histoires de colonisation et de misère. Quelle erreur ! L’Afrique, plus sage, a opté pour la grandeur de l’inaction et la noblesse de la complainte. Pourquoi s’encombrer de science ou d’esprit critique quand on peut préserver l’image d’une terre « authentique », peuplée de clichés savamment entretenus ?

    En avant donc , pour le chaos éternel ! Alors continuons, chers compatriotes ! Continuons à blâmer, à geindre, à idolâtrer les incompétents et à mépriser le savoir. Continuons à rêver d’Occident tout en le conspuant. Le résultat ? Un cycle sans fin de médiocrité, mais quel panache ! L’Afrique n’a pas besoin d’ingénieurs ou de visionnaires, mais de poètes pour chanter son génie tragique : l’art de toujours trouver un coupable… sauf dans le miroir. Bravo, vraiment. Un triomphe.

    @BADCISS

  • Nigeria : l’ancien président Muhammadu Buhari est décédé à Londres

    Nigeria : l’ancien président Muhammadu Buhari est décédé à Londres

    L’ex-chef d’État nigérian Muhammadu Buhari est mort ce dimanche à 82 ans, laissant derrière lui un héritage marqué par la lutte contre la corruption et la transition démocratique.

    L’ex-président du Nigeria, Muhammadu Buhari, est décédé dimanche après-midi à 82 ans dans une clinique à Londres, a annoncé sa famille dans un communiqué signé par Garba Shehu.

    Militaire de carrière, Buhari avait dirigé le Nigeria d’abord comme chef d’État militaire de 1983 à 1985, avant de revenir au pouvoir en 2015 après plusieurs tentatives électorales.

    Élu président démocratiquement, il a mené une lutte ferme contre la corruption et tenté de diversifier l’économie nigériane en développant l’agriculture.

    Son second mandat s’est achevé en 2023, date à laquelle Bola Ahmed Tinubu lui a succédé à la tête de l’État fédéral du Nigeria.

    À sa mort, Buhari laisse l’image d’un dirigeant rigoureux, à la fois salué pour ses efforts anticorruption et critiqué pour son autoritarisme. Son héritage reste marqué par une volonté de réforme dans un pays confronté à de nombreux défis sécuritaires et économiques.

    APA

  • Une étrange lettre adressée au président Laurent Gbagbo : enjeux d’une initiative troublante attribuée à Ahoua Don Mello

    Une étrange lettre adressée au président Laurent Gbagbo : enjeux d’une initiative troublante attribuée à Ahoua Don Mello

    © DR KOCK OBHUSU
    Économiste – Ingénieur

    Depuis quelques jours, une lettre attribuée à Ahoua Don Mello, ancien ministre ivoirien et conseiller international, circule sur les plateformes numériques. Elle est adressée à Son Excellence Le Président Laurent Gbagbo, président du PPA-CI et figure historique du multipartisme ivoirien. La lettre soulève un étonnant projet : celui d’inciter Le Président Laurent Gbagbo à désigner plusieurs « candidats de précaution » pour la présidentielle de 2025. La proposition, inédite dans le paysage politique ivoirien, se distingue volontairement des candidatures de substitution – autre pratique controversée – et prétend ouvrir une voie stratégique pour garantir la participation du parti à la compétition électorale.

    Mais derrière ce qui pourrait sembler une initiative tactique, plusieurs interrogations profondes émergent, sur le fond comme sur la forme. Qu’il s’agisse d’un texte effectivement signé par Don Mello ou d’un document habilement manipulé pour parasiter les lignes du PPA-CI, les implications sont trop graves pour être écartées d’un revers de la main.

    1. Une initiative solitaire ou une manœuvre concertée ?

    Première question de méthode : pourquoi une lettre publique, et non un échange interne ?

    Ahoua Don Mello n’est pas un inconnu du sérail. Ancien ministre du Président Laurent Gbagbo, ancien directeur général du BNETD, conseiller stratégique d’Alpha Condé et aujourd’hui représentant des BRICS en Afrique, il jouit sans doute d’une légitimité technique. Certains le présentent, sans confirmation officielle, comme membre du bureau politique voire vice-président du PPA-CI. Mais cette proximité – réelle ou supposée – ne saurait justifier une communication aussi extérieure, presque frontale, en contournant tous les cadres de délibération interne.

    S’agit-il d’une pression publique déguisée en conseil stratégique ?

    D’une tentative d’alerter sur une menace sérieuse mais non révélée ? Ou bien, d’un positionnement politique personnel, assumé à demi-mot, dans la perspective d’un futur réalignement des forces ? Quelle que soit l’hypothèse, elle contredit la culture d’organisation qui fonde l’identité du PPA-CI : discipline militante, respect des procédures et débat collégial.

    1. Gbagbo, le dÉmocrate : dÉcision solitaire ou processus collectif ?

    Personne ne saurait sérieusement croire que Laurent Gbagbo, fondateur d’un parti structuré, bâtisseur de l’alternance démocratique en Côte d’Ivoire, et chef de file d’une école politique forgée dans la résistance et le débat, puisse prendre des décisions aussi fondamentales hors cadre statutaire.

    Proposer par voie de presse une refondation tactique majeure – la désignation de multiples candidats – revient à ignorer, voire à nier, l’existence du Comité central, du Secrétariat général, du Conseil stratégique, et des instances de base du parti. Une telle initiative, aussi provocante soit-elle, ne saurait être prise au sérieux sans consultation préalable de ces organes. Cela revient à suggérer que Le Président Laurent Gbagbo pourrait céder aux sirènes de l’improvisation, lui qui a toujours opposé au chaos une pensée stratégique et patiente.

    1. Des candidatures multiples : juridiquement flou, politiquement dangereux

    Même sur le plan technique, la proposition semble douteuse. La loi électorale ivoirienne autorise-t-elle plusieurs candidatures issues d’un même parti ? Aucune disposition actuelle ne semble le permettre.

    Plus fondamentalement, une élection présidentielle est, en Côte d’Ivoire comme ailleurs, la rencontre entre un peuple et une vision portée par une personnalité claire, unique, identifiée. Une multiplicité de candidats du même bord, sous le même label, n’est pas un signe de force mais d’ambiguïté, de flottement, voire de désorientation stratégique.

    En termes d’image et de message politique, la confusion serait maximale : comment faire campagne de manière cohérente ? Comment incarner un projet national unifié avec plusieurs figures officielles issues du même parti ? Quelle lisibilité pour les électeurs, les militants, les partenaires internationaux ? L’effet pourrait être désastreux, et ouvrir la voie à des lectures contradictoires, voire à des manipulations internes ou externes.

    1. Le PPA-CI : un parti structurÉ, un candidat désignÉ, une ligne claire

    Le contexte est clair : le PPA-CI a désigné son candidat. Il s’agit de Laurent Gbagbo lui-même. Sa candidature a été actée par les structures du parti, portée par les militants, et défendue sur le terrain à travers une campagne de proximité active. Le mot d’ordre est limpide : « Gbagbo ou rien », pour beaucoup de militants qui y voient à la fois un cri de résistance et un symbole de clarté politique.

    L’idée de « candidatures de précaution » vient donc heurter de plein fouet cette dynamique, cette stratégie déjà en marche, ce mouvement populaire qui s’enracine dans le terrain. Elle semble déconnectée, abstraite, presque technocratique, alors que l’échéance de 2025 s’annonce comme une bataille politique décisive.

    1. Une manœuvre ou une fracture ?

    Dès lors, deux hypothèses sérieuses peuvent être formulées :

    • Soit la lettre est un faux, une manipulation politique visant à semer la confusion dans les rangs du PPA-CI, à l’approche de décisions cruciales. Ce ne serait pas la première fois que des acteurs extérieurs tentent d’instrumentaliser les médias pour fragiliser l’unité de l’opposition.
    • Soit elle est bien de Don Mello, et dans ce cas, elle traduit une ligne politique dissidente, en rupture avec les orientations actuelles du parti. Ce serait un signal inquiétant, non seulement pour la cohésion interne, mais aussi pour la discipline idéologique du PPA-CI.

    Dans les deux cas, une clarification s’impose. Le concerné doit s’exprimer, confirmer ou infirmer la paternité du document, expliquer ses intentions, replacer ses propositions dans un cadre lisible. Il en va de sa crédibilité personnelle, mais aussi de la stabilité interne d’un parti dont les adversaires rêvent de voir se fissurer les lignes.

    1. En politique, l’ambiguïté est un poison

    L’histoire récente de la Côte d’Ivoire nous l’a appris : le flou stratégique est toujours une aubaine pour les puissances hostiles à une souveraineté populaire réelle. Toute hésitation, toute brèche dans le front politique, toute parole désordonnée, peut devenir une faille exploitée pour neutraliser les aspirations profondes du peuple.

    La présidentielle de 2025 ne sera pas une simple élection. Ce sera un moment de vérité démocratique, de repositionnement historique, un acte de souveraineté populaire. À ce titre, elle appelle à la clarté, au sérieux, à la rigueur. Ni les initiatives isolées, ni les bricolages tactiques ne peuvent tenir lieu de ligne stratégique.

    En conclusion : parler clair, dÉcider ensemble

    La politique n’est pas une foire aux idées, ni un laboratoire pour expérimentations tactiques. Elle est affaire de responsabilité collective, de lisibilité publique, de cohérence stratégique.

    Il ne suffit pas de proposer des « précautions ». Il faut porter un projet. Un parti n’est pas un club de réflexion. C’est une machine de combat démocratique, structurée autour de décisions mûries, portées, assumées.

    La lettre – qu’elle soit vraie ou fausse – invite donc moins à une réforme tactique qu’à un examen de conscience sur le sens de l’engagement politique. Et à la nécessité, impérieuse, de maintenir l’unité, la rigueur et la cohérence dans un moment décisif.

    © DR KOCK OBHUSU

    Économiste – Ingénieur

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    LA LETTRE DE DON MELLO

    Abidjan, le 29 Juin 2025

    OBJET : Élections présidentielles d’Octobre 2025 en Côte d’Ivoire.

    Camarade Président,

    J’ai l’honneur de porter à ta connaissance ce qui suit :

    Nous sommes à un tournant décisif de l’Histoire de l’humanité et de celle de la Côte d’Ivoire. Ces deux Histoires sont intimement liées.

    En effet, l’Histoire de l’humanité connaît aujourd’hui un grand basculement :

    Le Sud global, sous la direction des BRICS, monte en puissance sur tous les plans, tandis que l’hégémonie occidentale entraîne dans son déclin tous ses alliés.

    La Côte d’Ivoire doit éviter d’être un des wagons du monde en déclin et un de ses chevaux de Troie

    Empêcher le Président Ouattara ou son régime de faire un autre mandat, c’est éviter à la Côte d’Ivoire d’être entraînée dans ce déclin dont les signes avant-coureurs résident dans l’incapacité du régime à faire face aux échéances de la « digna dette » sur fonds propres et à relever un Indice de Développement Humain (IDH) trop faible qui plonge chaque jour davantage le peuple dans la pauvreté.

    Ainsi, deux solutions s’offrent au peuple et à l’opposition ivoirienne qui incarne ces aspirations : soit empêcher sa candidature, soit battre M. Ouattara ou son candidat dans les urnes.

    Sauf cas de force majeure, empêcher sa candidature est une bataille perdue d’avance car le Conseil Constitutionnel, clone de l’Exécutif, exprimera la volonté de M. Ouattara en ignorant le Droit.

    Depuis sa candidature exceptionnelle de 2010 jusqu’à sa candidature pour cause de décès de son successeur, en passant par sa candidature par dérivation, M. Ouattara n’a fait que piétiner le Droit et les Institutions de la République.

    Si par extraordinaire M. Ouattara est empêché, le régime se régénérera avec un nouveau candidat, sans adversaire de poids en face ; ce qui prolongera d’une décennie encore la souffrance du peuple sous le même régime.

    Lâché par le peuple et par ses voisins qui ont servi de relais et de masques à l’hégémonie occidentale pour le porter au pouvoir, celui-ci ne tient que par les béquilles d’une minorité de partisans qui se nourrit de l’État comme d’un butin de guerre et pour nourrir l’Occident qui renforce sa présence militaire afin de compenser et de contenir ses anciennes puissances déclinantes en régime.

    Il est donc temps pour l’opposition qui l’incarne, de reprendre l’avantage avec sa propre Commission électorale, sa propre liste électorale, son propre électorat en combattant la fraude et en initiant une diplomatie active pour inverser les rapports de forces internes et géopolitiques.

    Nous ne sommes plus seuls comme en 2011 et le régime est isolé.

    Seule notre désunion, l’absence d’une vision et d’une stratégie réaliste, font la force de ce régime

    Malheureusement les deux poids lourds de l’opposition qui viennent de faire alliance ont un carton rouge :

    Toi et Tidiane THIAM.

    La colère que cette situation engendre est légitime mais la colère est souvent mauvaise conseillère et autodestructrice. La tentation d’abandonner le match est donc grande mais, comme les élections précédentes, cela ne donnera pas la victoire à l’opposition, n’empêchera pas M. Ouattara de faire un quatrième mandat ni de précipiter le déclin de la Côte d’Ivoire dans l’abîme de la paupérisation et du surendettement.

    En lieu et place d’une légitime colère alimentée par l’incertitude sur l’issue de la lutte ou d’un abandon du match qui déroulera le tapis rouge à M. Ouattara, par conséquent, celui-ci activera le rouleau compresseur contre le peuple et l’opposition qui l’incarne.

    De ce qui précède et étant donné que tu as engendré plusieurs GBAGBO capables de relever le défi, je propose que tu autorises, en plus de ta candidature, deux ou trois autres Camarades à déposer leurs dossiers de candidature et qu’une Convention extraordinaire puisse choisir le candidat du Parti parmi ceux qui passeront au filtre du Conseil Constitutionnel.

    Ces candidatures ne sont pas des candidatures de substitution à la tienne mais des candidatures de précaution. Elles deviennent caduques au cas où ta candidature est retenue par une solution politique.

    Il faut éviter de répéter la politique de la chaise vide au risque de vider le Parti de sa substance non idéologique et non résiliente après les élections de 2025 et de perdre toute influence sur la scène politique.

    Cette stratégie est l’unique condition pour éviter au PPACI une absence à ce grand rendez-vous de l’Histoire

    Ce qui permettra à notre pays de s’échapper du monde en déclin et d’être à la table des Grands pour la conception et la mise en œuvre d’un monde multipolaire et d’un destin commun avec l’Alliance des États du Sahel, de l’Afrique de l’Ouest et du continent Africain.

    Je propose, en cas de victoire de notre candidat, une transition civile de deux ans, à toute la classe politique et à la société civile, pour rendre justice et honneur au peuple qui a tant souffert et tant perdu, et aux leaders politiques injustement exclus du jeu politique afin d’asseoir les bases de la Côte d’Ivoire réconciliée, souveraine et panafricaniste, sur les fondations d’une démocratie durable dans un monde multipolaire.

    Je te prie d’agréer, Camarade Président, l’expression de ma très haute et déférente considération.»

    (Ahoua DONMELLO)

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    Le parti de Gbagbo réagit à la lettre de Don Mello

    Le PPA-CI, la formation politique de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, affirme que « cette lettre n’a jamais été enregistrée ni portée à la connaissance des instances du parti ».

    Dans une note, le président exécutif du PPA-CI, Sébastien Dano Djédjé, indique que « le PPA-CI a pris connaissance de la publication, dans la presse proche du RHDP (pouvoir) et sur certains réseaux sociaux, d’une prétendue lettre qui aurait été adressée par M. Ahoua Don Mello à M. Laurent Gbagbo ».

    « Cette publication nous surprend doublement », dit-il. « D’une part, parce qu’aucun courrier adressé au président Gbagbo n’a jamais fuité dans les médias, en raison de la rigueur et de la discrétion qui entourent sa correspondance ».

    « D’autre part, parce que cette lettre n’a jamais été enregistrée ni portée à la connaissance des instances du parti », ajoute M. Dano Djédjé, qui rappelle que le Comité Central du PPA-CI, réuni le 9 mars 2024, a désigné Laurent Gbagbo comme candidat officiel du parti à l’élection présidentielle de 2025 ».

    « Cette décision a été entérinée publiquement lors de sa double cérémonie de Convention et d’investiture, le 10 mai 2024. Le PPA-CI travaille, depuis lors, activement à la collecte des parrainages, et a déjà reçu à cet effet les kits de parrainage de son candidat », souligne-t-il.

    « Il n’y a donc ni plan B, ni plan de précaution. Cette diversion, orchestrée de manière grossière, vise uniquement à masquer le fait que le RHDP, lui, n’a toujours pas de candidat officiellement déclaré, à trois mois du scrutin », poursuit-il.

    Pour M. Sébastien Dano Djédjé, « la manœuvre est claire : détourner l’attention de l’opinion publique d’une question essentielle. Et cette question est la suivante : le chef de l’État, M. Alassane Ouattara va-t-il briguer un 4e mandat ? »

    M. Ouattara, « lui-même a affirmé, lors du Congrès du RHDP, qu’il prendrait sa décision en son âme et conscience. Le PPA-CI, comme tous les Ivoiriens, est donc dans l’attente de sa réponse. Nous espérons que la sagesse et le sens de l’intérêt supérieur de la Nation le conduiront à renoncer à toute candidature à un quatrième mandat, qui serait aussi anticonstitutionnel que le 3e mandat. »

    Le chef de l’Etat « devra assumer seul toutes les conséquences politiques, sociales et historiques », a affirmé M. Dano Djédjé, faisant savoir que toutes les délégations diplomatiques ayant rencontré M. Gbagbo « ont été informées de notre opposition ferme et irrévocable à un 4e mandat de M. Ouattara ».

    Dans une lettre à son « camarade », Don Melo, un cadre du PPA-CI, le parti de Laurent Gbagbo, invite l’ex-président ivoirien, radié de la liste électorale, à éviter la politique de la chaise vide lors de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025.

    « Il faut éviter de répéter la politique de la chaise vide au risque de vider le parti de sa substance non idéologique et non résiliente après les élections de 2025 et de perdre toute influence sur la scène politique », avertit Ahoua Don Mello.

    « Etant donné que tu as engendré plusieurs Gbagbo capables de relever le défi, je propose que tu autorises, en plus de ta candidature, deux ou trois autres Camarades à déposer leurs dossiers de candidature et qu’une Convention extraordinaire puisse choisir le candidat du Parti parmi ceux qui passeront au filtre du Conseil Constitutionnel », lance-t-il.

    Que « ces candidatures (de substitution) ne soient pas des candidatures de substitution à la tienne mais des candidatures de précaution. Elles deviennent caduques au cas où ta candidature est retenue par une solution politique », précise-t-il.

    AP/APA

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    LIRE AUSSI: PRÉSIDENTIELLE 2025 : AHOUA DON MELLO CONFIRME SA LETTRE À LAURENT GBAGBO

  • Au Mali, le général Assimi Goïta promulgue une loi lui accordant un mandat illimité de président

    Au Mali, le général Assimi Goïta promulgue une loi lui accordant un mandat illimité de président

    Le chef de la junte au pouvoir au Mali, le général Assimi Goïta, à Moscou, le 23 juin 2025. PAVEL BEDNYAKOV / VIA REUTERS

    Le chef de la junte au pouvoir au Mali a promulgué une loi, le 10 juillet, le maintenant au pouvoir jusqu’à 2030 au moins. Cette mesure s’inscrit dans une série de restrictions sévères aux libertés prises par les militaires pour consolider leur régime dans le pays sahélien.

    Début juillet, le régime militaire a accordé un mandat de président de cinq ans, renouvelable « autant de fois que nécessaire » et sans élection au chef de la junte au pouvoir au Mali, le général Assimi Goïta. La promulgation de la loi, annoncée le 10 juillet dans un document diffusé sur les réseaux sociaux et authentifié de source officielle, maintient Assimi Goïta à la tête de l’Etat jusqu’à 2030 au moins.

    « Il remplit les fonctions de chef de l’Etat (…) jusqu’à la pacification du pays, à compter de la promulgation de la présente charte », selon la loi. Arrivés au pouvoir au Mali à la suite de deux coups d’Etat en 2020 et 2021, les militaires s’étaient engagés à remettre le pouvoir aux civils au plus tard en mars 2024. Ils ont depuis manqué à leur promesse.

    Le président de la transition, les membres du gouvernement et les membres de l’organe législatif installé par les militaires sont éligibles à la présidentielle et aux élections générales. La durée du mandat peut être toutefois « écourtée dès que les conditions permettant l’organisation d’une élection présidentielle transparente et apaisée sont réunies », précise le texte.

    Cette mesure est la dernière d’une série de sévères restrictions aux libertés prises par les militaires pour consolider leur régime dans le pays sahélien.

    Contexte de répression

    Lors d’une rare prise de position publique à Bamako, des partis politiques avaient accusé la junte de vouloir leur dissolution. Ce rassemblement de partis, sous haute surveillance policière, avait réuni plusieurs centaines de personnes, le 3 mai, et revêtu un caractère exceptionnel, dans un contexte de répression de toute voix discordante.

    Depuis, la junte a annoncé la dissolution des formations politiques et des organisations politiques maliennes. Leurs membres ont été interdits de réunion par les militaires.

    La promulgation de la loi vient appliquer les recommandations faites à l’issue d’une concertation nationale organisée par la junte, fin avril. Cette concertation nationale – marquée par la présence des soutiens du régime, mais boycottée par la plupart des formations politiques – avait également demandé la dissolution des partis et des restrictions à leur possibilité d’en créer.

    Exactions contre des civils

    Pour rappel, le Mali est en proie, depuis 2012, à une crise sécuritaire meurtrière, nourrie par les violences de groupes affiliés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique, ainsi que des groupes criminels communautaires.

    L’armée malienne et ses alliés – les mercenaires russes d’Africa Corps – chargés de traquer les djihadistes, sont régulièrement accusés de commettre des exactions contre des civils. Le Mali et ses voisins du Niger et du Burkina Faso se sont réunis au sein d’une confédération, l’Alliance des Etats du Sahel.

  • Monopole, favoritisme et conflits d’intérêts : ce que révèle l’affaire SNEDAI

    Monopole, favoritisme et conflits d’intérêts : ce que révèle l’affaire SNEDAI

    Fondé en 2007 par l’homme politique et homme d’affaires ivoirien Adama Bictogo, le groupe SNEDAI (Société Nationale d’Edition de Documents Administratifs et d’Identification) est longtemps apparu comme un symbole du succès industriel ivoirien. D’un cœur d’activité centré sur la production des passeports biométriques, le groupe a multiplié ses secteurs d’intervention, allant des nouvelles technologies à l’immobilier, en passant par les mines et le transport.

    Mais derrière cette façade de diversification et d’expansion, plusieurs affaires de corruption, malversations et gestion opaque éclaboussent désormais le groupe et son fondateur, mêlant népotisme, faillites frauduleuses, détournements financiers, et trafics illicites.

    SNEDAI : Un géant ivoirien aux activités protéiformes

    SNEDAI, dirigée historiquement par Adama Bictogo, emploie près de mille personnes et possède 14 filiales dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Si le groupe est surtout connu pour la gestion du marché des passeports et visas biométriques – un contrat public majeur dont le chiffre d’affaires avoisine plusieurs centaines de millions d’euros –, il s’est rapidement étendu aux secteurs de l’énergie, des mines, du BTP et du transport.

    Selon Jeune Afrique, les contrats publics que le groupe décroche peuvent atteindre des montants astronomiques, à hauteur de 2 000 milliards de Francs CFA, soit environ 3 milliards d’euros. Cependant, cette réussite apparente est ternie par des révélations inquiétantes.

    MARYLIS BTP Sénégal : Une faillite aux lourdes conséquences

    En 2016, SNEDAI, via sa filiale sénégalaise MARYLIS BTP, obtient en consortium un marché colossal : la construction de l’Université Amadou Mahtar Mbow à Diamniadio, pour près de 91 millions d’euros. L’État sénégalais verse la moitié de la somme en avance. Pourtant, quatre ans plus tard, les travaux sont quasiment à l’arrêt.

    Résultat : en décembre 2019, le ministère sénégalais résilie le contrat. En 2020, MARYLIS BTP est déclarée en faillite, accusée d’avoir laissé des créanciers impayés pour au moins 3 millions d’euros. Selon des sources proches du dossier, sur les 30 milliards versés, à peine 30% des travaux auraient été réalisés.

    Le président sénégalais Macky Sall a dû confier la poursuite des travaux à une entreprise turque, tandis que l’État sénégalais se retrouve, en lieu et place de la société liquidée, à devoir honorer les dettes.

    Scandale des passeports : trafics et détournements

    En 2023, un scandale retentissant secoue le pays : plusieurs binationaux libano-ivoiriens sont arrêtés, soupçonnés d’avoir frauduleusement obtenu des passeports ivoiriens et d’avoir orchestré un trafic international. L’enquête, confiée à une unité d’élite de la police ivoirienne, révèle que certains employés de SNEDAI pourraient être impliqués.

    Parallèlement, des anomalies financières majeures sont relevées dans la gestion des droits perçus sur la délivrance des passeports et visas. La Cour des comptes signale des déficits inquiétants dans les recettes reversées à l’État, tandis que des soupçons de détournement pèsent sur SNEDAI.

    Le groupe dément fermement toute implication, affirmant ne pas avoir accès aux fonds collectés, qui seraient placés sur un compte séquestre détenu exclusivement par l’État. Pourtant, des voix s’élèvent pour dénoncer un système opaque, qui enrichirait certains responsables au détriment des finances publiques.

    Le compte séquestre pour les passeports ivoiriens a-t-il-été utilisé par SNEDAI ? Si oui, de combien ? Affaire procès SNEDAI de Bictogo : le parquet réclame 7 ans de prison ferme et 5 milliards FCFA d’amende contre le DAF de SNEDAI pour détournement de 1,6 milliard FCFA… EnqueteMedia reviendra sur ces affaires avec des révélations inédites.

    Adama Bictogo, l’homme au double visage…

    Adama Bictogo, fondateur et figure centrale du groupe SNEDAI, est aussi une personnalité politique majeure. Proche d’Alassane Ouattara depuis les années 1990, il a successivement occupé des postes gouvernementaux, dont celui de ministre de l’Intégration africaine. Il est aujourd’hui président de l’Assemblée nationale et secrétaire exécutif du RHDP, le parti présidentiel. Mais ce parcours politique est entaché par plusieurs affaires judiciaires :

    L’affaire SOEXIMEX : un litige commercial autour d’un prêt non remboursé, accusant Bictogo d’escroquerie en France.
    Le scandale du Probo Koala : lié au déversement de déchets toxiques à Abidjan en 2006, cette affaire a révélé le détournement des indemnités promises aux victimes. Adama Bictogo est soupçonné d’avoir profité de ces fonds par le biais de sa société de consulting.

    Malgré ces accusations graves, Adama Bictogo nie toutes les malversations et poursuit son ascension politique.

    Une dynastie en place : la famille Bictogo au cœur du groupe

    Le groupe SNEDAI est aujourd’hui largement contrôlé par la famille Bictogo. Plusieurs membres occupent des postes clés :

    Lisa Bictogo épouse Sarr

    Lisa Sarr Bictogo, fille d’Adama Bictogo, est directrice générale adjointe.
    Alassane Bictogo, frère aîné, préside le Conseil d’administration.
    Dramane Bictogo, autre frère, dirige les achats du groupe.
    Salif Bictogo, président de SNEDAI Côte d’Ivoire et acteur influent du football ivoirien.
    Michel Moumouni Bictogo, homme d’affaires dans le secteur minier, impliqué dans un conflit d’actionnaires avec des proches du pouvoir.

    Cette concentration des pouvoirs familiaux alimente des accusations de népotisme et de conflits d’intérêts, aggravant les soupçons d’une gestion opaque et clientéliste.

    Un groupe aux multiples zones d’ombre.

    L’enquête révèle un réseau d’affaires où la politique, les intérêts familiaux et la gestion d’un groupe multisectoriel s’entremêlent dangereusement. Entre faillites non expliquées, détournements de fonds publics et trafics documentés, le groupe SNEDAI illustre à lui seul les défis majeurs de la gouvernance en Côte d’Ivoire.

    Alors que le contrat des passeports biométriques arrive à échéance en 2024, l’État ivoirien devra faire face à un choix décisif : continuer à confier un marché stratégique à un groupe en proie à des scandales, ou rompre avec un système opaque et poser les bases d’une gestion transparente et responsable.

  • CÔTE D’IVOIRE : LE WAEF PRESSE POUVOIR ET OPPOSITION D’OUVRIR UN DIALOGUE AVANT LA PRÉSIDENTIELLE

    CÔTE D’IVOIRE : LE WAEF PRESSE POUVOIR ET OPPOSITION D’OUVRIR UN DIALOGUE AVANT LA PRÉSIDENTIELLE

    Le Forum des Aînés d’Afrique de l’Ouest plaide pour un dialogue inclusif en Côte d’Ivoire avant la présidentielle, à l’issue d’une mission de médiation de cinq jours.

    À trois mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre, le Forum des Aînés d’Afrique de l’Ouest (WAEF) a achevé vendredi une mission de médiation en Côte d’Ivoire, au terme de laquelle il exhorte les acteurs politiques ivoiriens à renouer le dialogue afin d’éviter une nouvelle crise électorale.

    Conduite par l’ancien président béninois Boni Yayi, la délégation comprenait plusieurs figures de la diplomatie régionale, dont l’ex-président nigérian Goodluck Jonathan et l’ancien représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Mohammed Ibn Chambas. Elle a rencontré, entre autres, le vice-président ivoirien, le Conseil constitutionnel, la Commission électorale indépendante (CEI), des candidats à la présidentielle, des responsables politiques, le ministre de l’Intérieur et des représentants de la société civile.

    « Poursuivre le dialogue »

    À l’issue de sa mission, le WAEF a salué l’ouverture des institutions consultées, tout en appelant à « approfondir les efforts de recherche de consensus » dans les semaines à venir.

    « Le WAEF encourage vivement toutes les parties prenantes à maintenir des lignes de communication ouvertes, à approfondir les efforts de recherche de consensus et à poursuivre le dialogue dans les semaines précédant les élections », a déclaré Boni Yayi dans un communiqué final transmis à la presse.

    « Bien que le temps qui nous sépare des élections soit limité, il est encore possible d’accomplir beaucoup grâce à un engagement collaboratif et à une volonté politique », a-t-il ajouté.

    Le Forum a également salué la disposition de certains acteurs à engager un dialogue constructif avec le gouvernement. « Nous espérons que de telles discussions aboutiront à des solutions consensuelles, qui privilégient les intérêts de la nation plutôt que les considérations partisanes », poursuit le texte.

    Une demande rejetée

    Cet appel du WAEF intervient alors que l’opposition ivoirienne, toutes tendances confondues, réclame l’ouverture d’un dialogue politique avec le pouvoir en vue de réformes du système électoral. Des partis comme le PDCI de Tidjane Thiam, le FPI de Pascal Affi N’Guessan, le Cojep de Charles Blé Goudé, le MGC de Simone Gbagbo ou encore le PPA-CI de Laurent Gbagbo insistent sur la nécessité de négociations pour garantir un scrutin apaisé et inclusif le 25 octobre prochain.

    Mais cette demande de reprise du dialogue politique a été clairement rejetée par le gouvernement. Interrogé mercredi 26 février 2025 à l’issue du Conseil des ministres, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a renvoyé l’opposition aux conclusions du dernier dialogue politique tenu en 2022.

    Le gouvernement considère que ce processus a permis de constater que les institutions fonctionnent normalement et que toute question relative à leur fonctionnement doit être traitée à travers elles. Il accuse par ailleurs certains acteurs politiques de vouloir instrumentaliser la notion de dialogue à des fins partisanes, tout en réaffirmant que les canaux institutionnels sont toujours ouverts.

    Appel à la retenue

    Le contexte électoral reste délicat dans le pays d’Afrique de l’Ouest où les précédents scrutins, notamment en 2010 et 2020, ont été marqués par de fortes violences. Le rejet de plusieurs candidatures d’opposants pour des raisons judiciaires ou administratives attise les tensions. Parmi les personnalités concernées figurent Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro et Tidjane Thiam.

    Face à ce climat, le WAEF appelle à la retenue. « Nous exhortons les acteurs politiques, les médias et les influenceurs à s’abstenir de toute rhétorique incendiaire, de la diffusion de fausses informations et des discours de haine », a insisté Boni Yayi. La mission a également salué les efforts de la CEI et du Conseil constitutionnel, tout en plaidant pour « davantage de transparence » et une meilleure communication à destination du public.

    À la jeunesse ivoirienne, la délégation a lancé un appel à l’engagement pacifique : « Ne vous laissez pas exploiter comme instruments de violence. La Côte d’Ivoire de demain vous appartient. »

    Le Forum a réaffirmé sa volonté d’accompagner le pays jusqu’au scrutin présidentiel. « La Côte d’Ivoire a une occasion unique de tirer les leçons du passé et de consolider ses acquis démocratiques », conclut le communiqué.

    Samuel KADIO

  • Livre. « Les Libanais en Côte d’Ivoire » : des propositions de Nabil Ajami pour optimiser le vivre-ensemble

    Livre. « Les Libanais en Côte d’Ivoire » : des propositions de Nabil Ajami pour optimiser le vivre-ensemble

    « Les Libanais en Côte d’Ivoire » : le sujet en titre pourrait faire l’objet de volumineux ouvrages d’histoire ou d’économie. « Entre fantasmes et réalités », Nabil Ajami a préféré le traiter, comme l’indique le sous-titre, sous l’angle du témoignage sur son vécu immersif, son parcours personnel, familial, historique… Il assortit ses constats et analyses de propositions pour optimiser l’intégration et le vivre-ensemble.

    Chacun de nous est constitué d’un réseau d’identités dont les marqueurs sont, pour les uns, d’emblée visibles, comme le genre ou la couleur de peau. Nabil, Ivoirien de naissance,

    chef d’entreprise et expert en management, fait partie de ce qu’il appelle une « minorité visible ». Quelques décennies sous le soleil d’Ivoire qui l’a vu naître n’ont pas réussi à bronzer le blanc presque laiteux de la peau de cet homme, par ailleurs à la silhouette suffisamment élancée pour ne pas passer inaperçue. En plus, à ce que j’ai lu quelque part, son prénom Nabil est une parfaite anagramme de Liban, nom du pays d’origine de ses arrière-grands-parents qui ont pérégriné du pays du Cèdre, dans les années 1890, vers le pays de la Téranga, après avoir transité sur les terres des Pharaons, avant que leurs descendants ne prennent pieds, en 1930, sur le territoire qui deviendra le « pays de l’hospitalité ». Un périple sanctionné forcément par de complexes mixités ! Sous la plume de Nabil Ajami,

    porteur d’identités plurielles, un conseil de sa grand-mère revient itérativement : « Aime le pays où tu vis, parce que c’est là ton pays ». Il en fait une ligne de vie.

    Le déclic du témoignage et de la réflexion de l’auteur est intervenu, après le choc d’agressions subies en 2004, dans la fournaise d’un de ces pics de tensions sociopolitiques au cours desquelles les identités peuvent devenir « meurtrières » pour reprendre la formule d’Amin Maalouf, ou à tout le moins exacerbées, confligènes et agressives. « Je mis des années à comprendre un tel déferlement de violence. En effet, je me sentais ivoirien de naissance, de descendance… Mais finalement, j’eus le sentiment de ne pas être reconnu comme tel. Je ressentis cela comme une injustice. »

    « Lutter contre les clichés et les préjugés »

    Cette prise de conscience, témoigne Nabil Ajami, l’a conduit à un engagement citoyen marqué et à une réflexion, en termes de propositions d’actions, notamment pour « lutter contre les clichés et les préjugés qui s’installent dans la société par l’ignorance de l’autre », sur « comment s’intégrer sans inquiéter le pays hôte qui devient non seulement une terre d’accueil mais aussi notre patrie ». Nabil Ajami examine également les défis et opportunités du vivre-ensemble, encourage un dialogue ouvert et propose d’innovantes stratégies et actions intra- et inter-communautaires ainsi qu’institutionnelles pour optimiser le vivre-ensemble.

    A titre de clins d’œil à la communauté nationale ivoirienne, Nabil Ajami présente brièvement quelques personnalités d’origine libanaise actives notamment sur les réseaux sociaux, dans la vie culturelle, sociale, associative, comme Badredine Hussein, Nader Fackry, Hayek Hassan, Zein Abass, Lakis Mohamed. On peut regretter une absence de profondeur historique à cet égard, relativement aux personnalités d’origine libanaise, pleinement intégrées, qui ont marqué la vie culturelle, sportive, sociale, économique et même politique de la Côte d’Ivoire.

    La migration étant un phénomène universel et la diversité une donnée constitutive de toutes identités nationales, les réflexions et propositions contenues dans le livre de Nabil Ajami peuvent être éclairantes, ici comme ailleurs, en matière de relations d’intégration et de vivre-ensemble.

    Lucien Houédanou

    Nabil Ajami : « Les Libanais en Côte d’Ivoire – Entre fantasmes et réalités », Abidjan, Les Éditions Bomo, 2025, 114 p.

  • UEMOA : les pays de l’AES boudent le Conseil des ministres

    UEMOA : les pays de l’AES boudent le Conseil des ministres

    La 2e session ordinaire annuelle du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui s’est tenue ce vendredi à Lomé, a tourné au fiasco diplomatique, les représentants de l’AES s’étant retirés avant la fin de la rencontre.

    Les trois pays de la Confédération des États du Sahel (AES) ont quitté la réunion avant sa conclusion, faute d’accord sur la présidence tournante de l’instance, qui devait revenir au Burkina Faso.

    Selon une source proche du dossier, ayant requis l’anonymat, les discussions, tenues à huis clos pendant quatre heures, n’ont pas permis de trouver un compromis. Ouagadougou, appuyé par Bamako et Niamey, revendique la présidence de l’Union.

    Mais, précise la même source, le Burkina refuse en même temps d’interagir avec la France, toujours garante du franc CFA et interlocuteur des instances qui gèrent la monnaie commune. Paris assure en effet la convertibilité illimitée du franc CFA en euros, ce qui l’amène à échanger régulièrement avec ces institutions.

    Devant l’impasse, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UEMOA devra trancher. En attendant, l’actuel président statutaire du Conseil des ministres, l’Ivoirien Adama Coulibaly, continue d’assurer la direction de l’instance.

    À l’issue de la rencontre, le ministre sénégalais de l’Économie a réagi en soulignant la nécessité de préserver la crédibilité de l’Union. « Nous avons participé à la réunion du Conseil des ministres de l’UEMOA ce 11 juillet 2025. La stabilité et la crédibilité de l’Union reposent sur la discipline économique collective, la bonne gestion monétaire de la BCEAO, et la crédibilité politique et économique des États », a‑t‑il déclaré.

    Et d’ajouter : « Cela impose de maintenir et renforcer la confiance internationale par une gouvernance régionale solide, la continuité des réformes économiques, notamment celles visant à favoriser le développement du secteur privé et la résilience de l’Union, par notre propre crédibilité et notre volonté de prendre notre destin en main. Cela suppose une communication claire et un leadership crédible et engagé sur les mêmes principes. »

    ARD/ac/Sf/APA

  • Cinq africains infantilisés par Donald Trump

    Cinq africains infantilisés par Donald Trump

    Le vieux slogan de Paris Match, « le poids des mots, le choc des photos », n’a jamais trouvé illustration plus magistrale et plus brutale. Donald Trump, assis derrière le bureau ovale, entouré de cinq chefs d’État africains debout, la casquette MAGA au premier plan…

    La scène a fait irruption sur les réseaux sociaux, déclenchant en un éclair un tsunami de réactions. Colère, dépit, vertige, effondrement, stupeur : les réactions sont à la hauteur de la violence de l’image. Si Donald Trump en prend pour son grade, les présidents africains qui ont accepté de se livrer à cet exercice d’humiliation publique ne sont pas épargnés.

    Un rapport de force d’un autre âge

    Ces commentaires virulents sont légitimes car ce face-à-face inédit entre Donald Trump et cinq chefs d’État africains constitue non seulement une rupture diplomatique, mais expose aussi crûment une asymétrie de pouvoir d’un autre temps. Là où le protocole bilatéral suggère l’égalité, ce format collectif impose hiérarchie et soumission. Ce choix de mise en scène, loin d’être anodin, rappelle combien certains héritages de l’histoire continuent de peser sur la représentation des relations internationales et hantent encore les relations Nord-Sud.

    C’est peu de dire que les présidents africains ne sont pas sortis grandis de cette séquence. Qu’est-ce qui a pris au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye de proposer à Trump la construction d’un club de golf à Dakar ? Quant au Mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, pourquoi  s’est-il lancé dans un plaidoyer pour vanter toutes les richesses que son pays aurait à offrir à la grande Amérique ? Face à un Trump désinvolte, les dirigeants africains ont semblé prisonniers d’un jeu de rôles, incapables de renverser la dynamique et d’imposer un minimum de dignité diplomatique.

    L’arrogance de l’inculture

    Donald Trump a bien tort de sembler ravi de cette séquence. Son inculture et son impréparation ont éclaté au grand jour. Incapable de se concentrer plus de trente secondes sur les échanges, il a expédié la discussion en demandant à chaque président africain de simplement dire qui il était et de quel pays il venait, signe flagrant de son manque de préparation et d’intérêt pour ses interlocuteurs.

    Sa question au président du Libéria – « Où avez-vous appris l’anglais ? » – a sidéré l’assistance, révélant une ignorance profonde de l’histoire africaine : le Libéria, fondé par les Américains pour y reloger les esclaves affranchis, a bien évidemment l’anglais pour langue officielle. Ce type de bévue laisse des traces indélébiles.

    Personne ne sort gagnant de cette rencontre. Une image, parfois, vaut mille regrets.

    Nicolas Beau

  • Afrique : quatre milliardaires plus riches que 750 millions de personnes, selon Oxfam

    Afrique : quatre milliardaires plus riches que 750 millions de personnes, selon Oxfam

    Alors que l’Union africaine se penche sur la réduction des inégalités, un rapport d’Oxfam révèle qu’en Afrique, quatre milliardaires détiennent plus de richesses que 750 millions de personnes réunies. Ce déséquilibre extrême, reflet d’un système fiscal injuste, pose un défi urgent aux dirigeants du continent.

    Un nouveau rapport de l’ONG Oxfam, publié à l’occasion de la réunion semestrielle de l’Union africaine, tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur des inégalités économiques en Afrique. Selon l’organisation, quatre milliardaires du continent possèdent à eux seuls une fortune supérieure à celle de la moitié de la population africaine, soit environ 750 millions de personnes. Un constat accablant qui met en lumière les dérives d’un système économique profondément inégalitaire et les manquements des politiques publiques en matière de fiscalité et de redistribution.

    Une richesse concentrée entre quatre mains

    Aliko Dangote (Nigeria)

    D’après le rapport, les milliardaires Aliko Dangote (Nigeria), Johann Rupert et Nicky Oppenheimer (Afrique du Sud), ainsi que Nassef Sawiris (Égypte), détiennent à eux seuls une fortune estimée à 57,4 milliards de dollars. Ce montant dépasse la richesse combinée de la moitié des habitants du continent africain. Pour Oxfam, cette situation illustre le creusement sans précédent des inégalités sur le continent, plus fort qu’ailleurs dans le monde.

    L’ONG dénonce une absence de volonté politique de la part des dirigeants africains pour endiguer cette concentration de richesse. Les régimes fiscaux actuels favoriseraient les élites économiques, grâce à des structures d’entreprise opaques, des transferts de capitaux à l’étranger, et une quasi-absence d’imposition progressive. L’Afrique est d’ailleurs la seule région du monde où les taux d’imposition effectifs n’ont pas augmenté depuis les années 1980.

    Nassef Sawiris (Égypte)

    Un potentiel bradé, des populations abandonnées

    Alors que plus d’un tiers des Africains vivent sous le seuil d’extrême pauvreté, soit 460 millions de personnes selon la Banque mondiale, Oxfam estime qu’un effort fiscal minime, une hausse de 1 % sur le patrimoine et de 10 % sur les revenus des plus riches, suffirait à financer l’accès universel à l’électricité et à l’éducation sur le continent. La directrice régionale de l’ONG, Fati N’zi-Hassane, dénonce un « système truqué » qui prive les citoyens des services les plus fondamentaux au profit d’une élite protégée.

    Au-delà de l’injustice sociale, Oxfam alerte sur les conséquences structurelles de ces inégalités extrêmes : elles fragilisent la démocratie, entravent la croissance, alimentent la crise climatique et accentuent les injustices de genre. À l’heure où l’Union africaine s’est engagée à réduire les inégalités de 15 % d’ici dix ans, le rapport d’Oxfam sonne comme un avertissement : sans réformes fiscales audacieuses et équitables, l’Afrique risque de continuer à tourner en rond dans le cycle de la pauvreté et du désespoir.


  • THIAM DÉNONCE DES “OPPOSANTS DE COMPLAISANCE’’

    THIAM DÉNONCE DES “OPPOSANTS DE COMPLAISANCE’’

    Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition), Tidjane Thiam, dénonce au sein de sa formation politique des “opposants de complaisance financé par le régime pour faire de la figuration’’.

    Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, Tidjane Thiam, en séjour en Europe depuis mois maintenant, a accusé des cadres du PDCI d’être en collusion avec le pouvoir.

    “Certains au sein du parti appartiennent à cette deuxième ligne, celle de l’opposition de complaisance, celle de faire de la figuration’’, a-t-il indiqué, sans citer de noms.

    Selon Tidjane Thiam, “un opposant de complaisance fait semblant de s’opposer mais en réalité ne s’oppose pas’’

    En plus, il “est parfois et souvent financé, soutenu par le régime en place’’.

    Ses propos de Tidjane Thiam interviennent dans un contexte de dissensions au PDCI, où le député de Dabakala, Jean-Louis Billon a décidé sans la caution de du parti d’être candidat à la présidentielle.

    Investi par le PDCI, Tidjane Thiam reste pour l’instant inéligible en raison de sa radiation de la liste électorale.

     Serge Alain Koffi

  • Jamaïque : adhésion à Afreximbank et $1,5 Mrd débloqués

    Jamaïque : adhésion à Afreximbank et $1,5 Mrd débloqués

    La Jamaïque a officiellement rejoint la Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank), devenant le 13ᵉ pays de la Communauté des Caraïbes (Caricom) à signer l’accord portant création de l’institution panafricaine. L’annonce a été faite en marge de la 49ᵉ réunion ordinaire des chefs de gouvernement de la Caricom.

    L’adhésion de la Jamaïque à Afreximbank lui ouvre la voie à un financement additionnel de 1,5 milliard de dollars pour ce pays et les autres États membres caribéens, portant à 3 milliards de dollars le total des facilités approuvées par l’institution financière pour la région, conditionnées à une adhésion complète à la Caricom.

    Le président de la banque, Benedict Oramah, a salué cette étape comme un jalon « décisif » dans la concrétisation d’une vision panafricaine portée par les liens historiques entre l’Afrique et sa diaspora. Il a évoqué une « Afrique mondiale unie et prospère » fondée sur la coopération Sud-Sud.

    Le Premier ministre jamaïcain, Andrew Holness, a quant à lui souligné les retombées positives attendues : accès à un financement accru, appui à l’investissement et soutien technique, en particulier pour des secteurs comme l’agriculture, la logistique, la fabrication et les industries culturelles.

    Cette adhésion s’inscrit dans la dynamique lancée par le Forum Afrique-Caraïbes sur le commerce et l’investissement (ACTIF), dont la prochaine édition se tiendra à Grenade en juillet 2025. Depuis l’ouverture de son bureau régional, Afreximbank a déjà approuvé plus de 700 millions de dollars pour les Caraïbes, soutenant l’énergie, le tourisme, l’éducation et les PME.

    La Banque a également apporté une aide pandémique de 4,3 millions de dollars à travers l’initiative AVATT aux Bahamas, à Antigua-et-Barbuda et à Trinité-et-Tobago.

    ARD/te/Sf/APA

  • Pourquoi des influenceurs ont-ils diffusé des fausses informations sur un coup d’État en Côte d’Ivoire ?

    Pourquoi des influenceurs ont-ils diffusé des fausses informations sur un coup d’État en Côte d’Ivoire ?

    Mafalda Marchioro s’est réveillée avec des messages d’amis vivant à l’étranger lui demandant si elle était en sécurité à Abidjan, la plus grande ville de Côte d’Ivoire.

    Les médias sociaux étaient remplis de messages affirmant qu’un coup d’État était en cours. Des images dramatiques de soldats dans la rue ont inondé les plateformes, tandis que des reportages générés par l’intelligence artificielle et dirigés par des présentateurs accumulaient des millions de vues sur YouTube.

    « J’étais très inquiète, très préoccupée, je pensais que quelque chose s’était passé », a déclaré la consultante en gestion à la BBC.

    Mais les affirmations diffusées autour du 19 mai étaient fausses.

    Il s’agit de l’exemple le plus récent de rumeurs erronées concernant des coups d’État en Afrique de l’Ouest, ce qui accroît les tensions dans une région qui a connu plusieurs prises de pouvoir militaires au cours des dernières années.

    La Côte d’Ivoire, l’un des rares pays francophones encore étroitement alignés sur l’Occident, doit organiser des élections présidentielles dans le courant de l’année.

    Les experts estiment qu’elle pourrait être une cible de plus en plus importante pour ce type de désinformation, avec des récits s’attaquant au processus électoral.

    En effet, le président ivoirien Alassane Ouatarra, qui s’apprête à briguer un quatrième mandat, est considéré comme pro-occidental et ses détracteurs l’accusent de s’aligner sur les pays qui exploitent le continent.

    Le ministre ivoirien de la Communication, Amadou Coulibaly, a déclaré à la BBC qu’ils avaient retracé l’origine des fausses informations jusqu’aux « pays voisins », mais n’a pas donné plus de précisions.

    Les rumeurs semblent être nées d’un désaccord avec le Burkina Faso et ont été encouragées par une vague croissante d’influenceurs panafricanistes autoproclamés.

    Ils rejettent les liens avec l’Occident, expriment souvent leur soutien à la Russie et génèrent des conversations à travers le continent, atteignant des pays comme le Nigeria, le Ghana, le Kenya et l’Afrique du Sud.

    Ils promeuvent également des personnalités telles que le chef militaire du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, qui s’est emparé du pouvoir à la suite d’un coup d’État en 2022.

    Traoré se présente comme un panafricaniste et bénéficie d’un soutien sincère de la part des jeunes du continent, qui le considèrent comme un leader qui s’oppose à l’Occident.

    Alex Vines, directeur du programme Afrique du groupe de réflexion Chatham House, affirme que les influenceurs tentent de semer le doute sur les dirigeants politiques en place en répandant ou en amplifiant les rumeurs de coup d’État, afin d’éroder la confiance du public dans les institutions actuelles.

    Ils « trouvent un marché avide de lecteurs qui veulent voir des dirigeants africains plus affirmés, qui développent et apportent la paix et la prospérité », a-t-il déclaré à la BBC.

    Si les analystes suggèrent que les rumeurs concernant la Côte d’Ivoire présentent les mêmes caractéristiques qu’une campagne parrainée par la Russie, il n’existe aucune preuve de l’implication de la Russie.

    Le pays a été lié à des opérations d’influence dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest par le passé. Selon le Centre d’études stratégiques pour l’Afrique du ministère américain de la défense, des réseaux de désinformation liés au groupe russe Wagner ont tenté de faire naître des rumeurs de coup d’État au Niger en 2023.

    Rien ne prouve non plus que les autorités burkinabé aient été impliquées dans les rumeurs de coup d’État en Côte d’Ivoire, mais des personnes basées dans le pays ont amplifié ces affirmations.

    Les relations entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire se sont sérieusement dégradées il y a plus d’un an, lorsque M. Traoré a accusé son voisin de tolérer des groupes militants sur son territoire et d’abriter des « déstabilisateurs » et des dissidents qui insultaient ouvertement sa junte.

    Puis, en avril dernier, son ministre de la Sécurité a accusé des comploteurs basés en Côte d’Ivoire de planifier le renversement de M. Traoré – une accusation qui a été largement amplifiée en ligne.

    L’unité de désinformation mondiale de la BBC a analysé les mentions des faux reportages sur le coup d’État ivoirien sur TikTok, Facebook, X et YouTube – et le premier message populaire que nous avons trouvé a été publié le 19 mai par Harouna Sawadogo, un activiste pro-gouvernemental du Burkina Faso qui crée du contenu pour ses 200 000 adeptes de TikTok presque exclusivement à propos du capitaine Traoré.

    Il avait posté une vidéo de selfie en français et en mooré, une langue locale, déclarant que les soldats de la Côte d’Ivoire devaient se soulever pour faire un coup d’État et a encouragé les gens à partager son message.

    Une heure plus tard, il a publié une vidéo montrant une image du président ivoirien Alassane Ouattara superposée à des images de tirs rapides, avec la légende déclarant qu’un coup d’État était en cours – bien que la vidéo soit en fait tirée des récentes tensions entre l’Inde et le Pakistan au sujet du Cachemire.

    Le lendemain, des utilisateurs de médias sociaux en dehors de l’Afrique de l’Ouest francophone se sont emparés de la fausse information et l’ont diffusée à un public anglophone au Nigeria, au Kenya et en Afrique du Sud, encourageant d’autres utilisateurs de médias sociaux à faire de même.

    Lorsque la BBC a envoyé un message à M. Sawadogo quelques semaines plus tard, via la page Facebook affichant ses vidéos en direct, pour lui demander d’où il tenait ses informations, il n’a fourni aucun détail mais a répondu qu’il « priait Dieu pour qu’Alassane [Ouattara] soit renversé par un coup d’État ».

    Le Sud-Africain Mehmet Vefa Dag, né en Turquie, qui dirige le Mouvement pour la vérité et la solidarité, une petite organisation politique en Afrique du Sud, a lui aussi repris la rumeur, en postant des messages en anglais.

    Il a publié plusieurs messages sur différentes plateformes pour célébrer ce qu’il a appelé un « coup d’État interne ».

    En fait, M. Dag, qui a été critiqué par le passé pour des commentaires offensants et mensongers à l’encontre des Juifs et des personnes LGBTQ+, avait déjà appelé à un coup d’État en Côte d’Ivoire sur X le 11 mai.

    Contacté par la BBC le 3 juin, alors qu’il était clair qu’il n’y avait pas eu de coup d’État, il a insisté sur le fait qu’il y en avait eu un.

    « Nous sommes très fiers de ceux qui ont fait ce coup d’État pour destituer Ouattara. Il avait vendu son âme aux impérialistes et voulait détruire le Burkina Faso, le Mali et le Niger », a-t-il déclaré.

    « En tant que panafricanistes, nous ne leur donnerons plus jamais une chance. Nous allons nous battre pour notre pays. Il s’agit de notre continent. »

    Les vidéos les plus populaires sur YouTube concernant les prétendus troubles en Côte d’Ivoire, visionnées des millions de fois, ont été partagées par des chaînes qui se présentent souvent comme dédiées au panafricanisme ou à des discussions sur le chef de la junte du Burkina Faso.

    Selon Effiong Udo, professeur associé à l’université nigériane d’Uyo et président de l’Institut du dialogue panafricain, certains « influenceurs opportunistes » font l’apologie des gouvernements militaires sous le couvert du panafricanisme – un mouvement visant à promouvoir l’unité et la libération du continent – pour gagner en popularité et faire de l’argent avec leur contenu.

    Mais il a déclaré à la BBC que ce type de contenu avait de l’attrait pour les jeunes désillusionnés par la politique, ajoutant : « Je peux comprendre leur excès de zèle ».

    L’universitaire kenyan Karuti Kanyinga reconnaît que le contenu des médias sociaux alimente le désir de dirigeants responsables, capables de changer l’Afrique, de ne pas détourner les ressources et d’essayer de sortir les gens de la pauvreté.

    « Mais les personnes qui tentent de fournir des informations erronées et des désinformations sur Traoré au Burkina Faso ou sur un coup d’État en Côte d’Ivoire ne sont pas des agents du panafricanisme », a déclaré à la BBC le professeur de l’Institut d’études sur le développement de l’université de Nairobi.

    Il ne fait aucun doute que Traoré a de nombreux admirateurs et que, pour les créateurs de contenu, il est l’histoire du moment – tout ce qui est lié à lui et à sa vision politique du monde se vend très bien en ligne.

    Le YouTubeur kenyan Godfrey Otieno, qui produit du contenu sur les actualités en vogue, a déclaré avoir découvert cette formule gagnante il y a plusieurs mois lorsqu’il a publié une vidéo rapportant la fausse affirmation selon laquelle le capitaine Traoré avait été abattu par son meilleur ami.

    « Depuis lors, son contenu a presque toujours porté sur le dirigeant burkinabé ».

    En mai, il a été l’un de ceux qui ont répété les informations non vérifiées sur la Côte d’Ivoire et sa vidéo a été visionnée plus de 200 000 fois. Il s’est ensuite excusé et a déclaré qu’il s’était trompé.

    Il admet qu’il gagne de l’argent avec certains de ses contenus, mais il ajoute qu’il ne monétise pas toutes ses publications et, contrairement à certaines personnes qui s’identifient comme des « influenceurs panafricains », il maintient que ses motivations ne sont pas purement financières.

    « Il y a des gens dans cet espace qui utilisent la désinformation pour augmenter leur portée et pour cultiver l’engagement », a-t-il déclaré.

    Ce contenu suscite un réel intérêt et les commentaires sous les vidéos de faux coup d’État étaient souvent positifs, reflétant peut-être un appétit de changement à travers le continent.

    Mais appeler à la destitution du gouvernement de la Côte d’Ivoire a provoqué une véritable anxiété chez ceux qui vivent dans la ligne de mire – et tout cela contribue à accroître les tensions alors que l’État d’Afrique de l’Ouest se prépare pour le vote d’octobre.

    Nicolas Négoce de la BBC

  • Lutte contre la criminalité financière : Sansan Kambilé salue l’efficacité du Pôle pénal économique et financier

    Lutte contre la criminalité financière : Sansan Kambilé salue l’efficacité du Pôle pénal économique et financier

    Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Jean Sansan Kambilé, a exprimé, ce vendredi 11 juillet 2025, sa satisfaction face aux résultats impressionnants du Pôle pénal économique et financier (PPEF), à l’occasion de la première édition de sa Journée citoyenne, organisée en partenariat avec la GIZ à l’hôtel Novotel d’Abidjan-Marcory.

    Placée sous le thème « La réponse judiciaire ivoirienne à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme », cette rencontre s’inscrit dans le cadre du Projet Bonne Gouvernance II, financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). Elle vise à promouvoir l’intégrité au sein des institutions publiques et à renforcer la redevabilité, gages d’une économie ivoirienne plus dynamique et crédible.

    Dans son intervention, le ministre Sansan Kambilé a salué l’action déterminante du PPEF dans la lutte contre la criminalité économique. « La Côte d’Ivoire a renforcé son arsenal institutionnel pour combattre la criminalité organisée, la corruption, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le PPEF est un pilier essentiel.

    Depuis sa création, cette juridiction spécialisée, dotée d’une grande rigueur et discrétion, a traité 1964 procédures, dont 1174 clôturées et 819 jugées », a-t-il révélé. Il a également indiqué que ces procédures ont permis la saisie de 97 immeubles bâtis, des milliers de véhicules et de centaines de comptes bancaires représentant plus de 15 milliards FCFA.

    Pour l’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Matthias Veltin, cette collaboration traduit l’engagement continu de son pays à accompagner la Côte d’Ivoire dans l’amélioration de sa gouvernance et la consolidation de la paix.

    La présidente du PPEF, Mme Essoh Yanny Blanche épouse Abanet, a, quant à elle, précisé que cette Journée citoyenne visait à rapprocher la juridiction des populations en présentant ses missions, ses acquis et ses défis.

    JB

  • Jeu: La Côte d’Ivoire championne du monde de Scrabble francophone au Canada

    Jeu: La Côte d’Ivoire championne du monde de Scrabble francophone au Canada

    Depuis hier, la Côte d’Ivoire est championne du monde de scrabble après avoir remporté la première épreuve de la 53eme édition des championnats du monde de scrabble francophone internationaux

    Pour la troisième année consécutive, les “Éléphants scrabbleurs” ont une nouvelle fois imposé leur loi, survolant la compétition internationale et battant le Bénin 🇧🇯 en finale des Internations

    📍Cette 53e édition, organisée à Trois-Rivières au Canada 🇨🇦 a vu la délégation ivoirienne briller dès la première épreuve, confirmant une montée en puissance patiemment construite

    📍Ils sont quatre champions ivoriens, chacun porteur d’une histoire, d’un palmarès, mais surtout d’un mental d’acier

    📍Poka Elisé, champion du monde 2008 de scrabble classique en individuel, a poursuivi sa moisson dorée, ajoutant une nouvelle ligne de prestige à son parcours

    📍À ses côtés, Abib Alabi, déjà champion du monde en 2016 et plusieurs fois titré en équipe, a une fois encore démontré qu’il reste un pilier incontournable de la scène mondiale.

    📍Le tandem de vétérans était appuyé par deux figures montantes du scrabble africain : Gnagne Eudes, champion d’Afrique en titre, dont le jeu précis et stratège inspire le respect, et Désséloué Kemonnaho Paulin, jeune prodige récemment promu dans l’équipe nationale, qui a su répondre présent pour sa première grande compétition internationale.

    📍Alors que les épreuves se poursuivent jusqu’au 18 juillet, cette première victoire donne le ton et insuffle un vent d’optimisme et de fierté. La Côte d’Ivoire confirme son statut de nation dominante du scrabble, et envoie un message fort : le pays ne joue pas, il règne !

    👏🏽 Bravo aux champions. Bonne continuation aux éléphants scrabbleurs car la partie est loin d’être finie !

    En effet, il y a plusieurs tournois pendant le championnat:

    – Il débute par les internations (le tournoi par équipe de pays)

    – Ensuite le tournoi de scrabble classique individuel

    – Puis le tournoi duplicate en paire

    – Puis le tournois duplicate Élite individuel

    – Et enfin le défi mondial

    – Pour chacun de ces tournois, une médaille d’or est attribuée

    🚨Ce vendredi matin débute le tournois de scrabble classique sur plusieurs jours

    EDITH BROU

  • RHDP : ADAMA BICTOGO PLAN B À LA PRÉSIDENTIELLE ? VOICI CE QU’IL DIT

    RHDP : ADAMA BICTOGO PLAN B À LA PRÉSIDENTIELLE ? VOICI CE QU’IL DIT

    Qui pour remplacer le président Alassane Ouattara à l’élection présidentielle de 2025 si le chef de l’Etat n’est pas candidat ? Le président de l’Assemblée nationale Adama Bictogo a sa petite idée. Il l’a dit ce jeudi 10 juillet 2025 sur le plateau du confrère français France 24 où il était invité.

    Si le président du RHDP le président Alassane Ouattara n’est pas candidat à la présidentielle d’octobre 2025, est-ce que vous vous imaginez une candidature ou vous l’excluez totalement ?

    À cette question du confrère français France 24, le président de l’Assemblée nationale Adama Bictogo est précis.

    « Si jamais le président venait à ne pas être candidat, j’appartiens au RHDP. Et depuis près de 32 ans j’ai toujours été un homme de mission.

    Le président m’a toujours confié des missions et je les ai toujours accomplies.

    L’une de ces missions c’est bien la mairie de Yopougon.

    Un quartier que je n’ai jamais habité, et qui répondait plus de l’opposition, fief de Laurent Gbagbo.

    Le président m’a envoyé en mission et j’ai gagné.

    Il m’a envoyé en mission à l’Assemblée nationale, j’ai été élu à 99%. Donc à chaque fois que de besoins, je réponds à ses appels.

    Si le président considère que pour telles ou telles missions je suis l’homme de la mission, parce que la compétence ne vaut que par l’enjeu et le contexte.

    Si le contexte et l’enjeu fondent que le choix du président doit être ma personne, je répondrai à son appel.

    Donc je suis un homme de mission aux côtés du président Alassane Ouattara », répond le maire de Yopougon.

    Non sans rassurer que le leader de son parti sera « bel et bien candidat ».

    En Côte d’Ivoire, à moins de quatre mois de la présidentielle, presque tous les leaders politiques ont déclaré leur candidature.

    Presque tous sauf le président ivoirien Alassane Ouattara, le leader du RHDP.

    Les 20 et 21 juin 2025, les militants de ce parti présidentiel ont porté leur choix sur lui pour les représenter au prochain scrutin.

    Le président ivoirien qui achève bientôt un troisième mandat consécutif a entretenu le suspense sur son choix.

    « Concernant ma candidature à la présidentielle du 25 octobre 2025, je vous ai compris, je vous remercie pour votre confiance.

    Dans les jours qui viennent, après mûre réflexion en mon âme et conscience, je prendrai une décision », avait répondu Alassane Ouattara.

    Depuis, tous attendent de connaître ce que va décider le président ivoirien.

    Richard Yasseu

  • Présidentielle de 2025: Des anciens chefs d’Etat échangent avec Blé Goudé

    Présidentielle de 2025: Des anciens chefs d’Etat échangent avec Blé Goudé

    Dans le cadre d’une mission régionale de promotion de la paix et du dialogue politique, le président du Cojep, Charles Blé Goudé a reçu le jeudi 10 juillet 2025, au siège de son parti à Angré, deux anciens chefs d’État, Thomas Boni Yayi, ancien président de la République du Bénin, Goodluck Jonathan, ancien président de la République fédérale du Nigeria et Dr Mohamed Ibn Chambas ex-secrétaire exécutif et ex-président de la Commission de la Cedeao.

    En les recevant, le président du Cojep a réaffirmé son attachement aux valeurs de dialogue, de paix et de la responsabilité politique pour des élections apaisée a trois mois de la présidentielle.

    « Dans notre continent, les élections débouchent très souvent sur des conflits. Et je suis content qu’avant les élections en Côte d’Ivoire, les anciens chefs d’État et ambassadeurs soient venus ici pour nous aider à trouver des solutions à ce qui sont nos préoccupations, mais par la voie du dialogue. Seul le dialogue peut éviter à la Côte d’Ivoire de revivre et de répéter l’histoire triste que nous avons connue », a déclaré Charles Blé Goudé à la sortie de l’entretient.

    Avant de leur exprimer sa gratitude pour leur déplacement pour des élections apaisées à l’effet que les enfants de la Côte d’Ivoire « ne puissent pas s’entretuer une fois de plus pour un fauteuil présidentiel ».

    An

  • Côte d’Ivoire : des arrestations dans l’opposition à l’approche de la Présidentielle

    Côte d’Ivoire : des arrestations dans l’opposition à l’approche de la Présidentielle

    À moins de quatre mois de la Présidentielle, la tension monte en Côte d’Ivoire. Le climat politique se durcit, notamment pour le principal parti d’opposition. Ces dernières semaines, les forces de l’ordre ont interpellé plusieurs responsables de la jeunesse du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

    Le 8 juillet, une nouvelle vague d’arrestations a visé trois cadres du mouvement jeunesse, désormais placés en garde à vue. Leurs avocats dénoncent des arrestations arbitraires. Les cadres du parti y voient une stratégie de musellement politique.

    Des militants accusés de trouble à l’ordre public

    Parmi les interpellés figurent Kouakou Jean-Paul Djabia, vice-président de la jeunesse du PDCI, Emmanuelli Blé, secrétaire, et Jean-Philippe Atto, membre du bureau étudiant. La gendarmerie les a entendus à la section de recherche d’Abidjan.

    Ils sont accusés de trouble à l’ordre public. Un motif que leur avocat, Me Emile Suy Bi Gohoré, estime infondé. Ces interpellations portent à cinq le nombre de jeunes responsables du PDCI détenus depuis juin.

    Des antécédents politiques inquiétants

    Le 2 juillet, la police a arrêté Henri Joël-Ndri Kouadio, cadre du parti chargé des étudiants. Il a été écroué pour les mêmes faits. En juin, la justice a également inculpé Innocent Yao, responsable de la jeunesse rurale du PDCI. Il est poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’État dans une affaire remontant à la Présidentielle de 2020.

    Ces arrestations en série, visant des figures appelant à la mobilisation, nourrissent les soupçons d’une stratégie orchestrée. Beaucoup y voient une volonté délibérée d’affaiblir l’opposition avant l’échéance électorale.

    Une opposition affaiblie et surveillée

    Le président du groupe parlementaire du PDCI, Simon Doho, a dénoncé un projet d’arrestation de plusieurs personnalités politiques. Il affirme que certains députés, comme Soumaïla Bredoumy, sont visés.

    Le climat reste tendu. Plusieurs figures de l’opposition, dont Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo, sont exclues du scrutin. Des décisions judiciaires les ont privés de leurs droits civiques. De son côté, le gouvernement rejette toute responsabilité dans ces décisions de justice.

    Par Fidele K