Auteur/autrice : iciabidjan

  • Diaspora. Spike Lee nommé ambassadeur du Bénin auprès des Afro-descendants aux États-Unis

    Diaspora. Spike Lee nommé ambassadeur du Bénin auprès des Afro-descendants aux États-Unis

    Lors du Conseil des ministres du 23 juillet 2025, le Président béninois a nommé Shelton Jackson Spike Lee et son épouse Tonya Lewis Lee, en qualité d’ambassadeurs des afro-descendants aux Etats-unis d’Amérique.

    Cette nomination du couple Lee en qualité d’Ambassadeurs a suscité des réactions sur les réseaux sociaux. On peut lire entre autres : « Talon recrute Spike Lee comme ambassadeur pour convaincre les afro-descendants aux USA de prendre la nationalité béninoise. Chapeau. »

    Notons que Shelton Jackson Spike Lee, plus connu sous le nom de Spike Lee, est né le 20 mars 1957 aux Etats-Unis. Il est de nationalité américaine. Réalisateur de cinéma, producteur de cinéma, producteur de télévision, acteur, monteur, scénariste, il est auteur de plusieurs œuvres cinématographiques. Il s’agit notamment de « Jungle Fever », « Malcolm x », « la 25e heure ». Issu de la communauté afro-américaine, il s’inspire, en général, dans ses films, des problèmes sociaux et identitaires que connaît cette minorité aux Etats-Unis.

  • COTE D’IVOIRE: « rapt » de 6 membres de la jeunesse du PDCI (parti)

    COTE D’IVOIRE: « rapt » de 6 membres de la jeunesse du PDCI (parti)

    Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition) a dénoncé, ce jeudi 24 juillet 2025, « le rapt » de six membres de sa jeunesse dont des leaders, soutenant que cela n’entame pas la détermination de ses militants dans le processus électoral, à trois mois de la présidentielle.

    « Le PDCI s’insurge contre ces pratiques qui altèrent l’État de droit », a déclaré à la presse Me Blessy Chrysostome, chargé de la veille juridique du parti, précisant que les faits qui sont reprochés aux six détenus ne sont pas « clairement établis ».

    Ces six jeunes militants du PDCI, dont Henri Joël N’Dri Kouadio, Jean Paul Djabia Kouakou, Axel N’Guetta (Macron 1er), Emmanuelli Blé, ont été interpellés par des « individus en civil » et dont « on ne connaît pas l’identité », a fait savoir Me Blessy.

    Me Blessy a fait observer que l’absence de signes distinctifs de ces individus ne prouve pas s’ils appartiennent à la police ou à la gendarmerie. Il a interpellé le Procureur de la République, tout en s’interrogeant si des « personnes en tenue civile ont mandat » de procéder à des arrestations.

    « Le PDCI interpelle le procureur de la République afin de nous dire l’identité de ces civils qui se comportent comme des policiers et des gendarmes. N’importe qui ne peut pas interpeller sinon ça devient de la chienlit », a-t-il lancé.

    Poursuivant, Me Blessy a indiqué que les interpellations de ces six jeunes, dans des circonstances « floues », rendent « complètement nulles toutes procédures correctionnelles ou pénales à l’endroit des personnes qui sont interpellées d’une façon aussi cavalière ».

    « Ces actes ne mettent aucune pression sur le PDCI. Les militants du parti n’ont pas peur », a-t-il ajouté, soulignant que des organisations des droits de l’homme et les chancelleries seront saisies sur cette question.

    À trois mois de la présidentielle ivoirienne, la tension monte entre les principaux partis politiques ivoiriens. Le PDCI, longtemps au pouvoir avant de passer dans l’opposition, affirme néanmoins rester engagé sur la voie républicaine.

    « Il n’y a pas de projet de Conseil national de transition (CNT). Le PDCI n’est pas dans ces schémas. Nous sommes les adeptes d’une alternance démocratique », a déclaré Me Blessy, en réaction aux propos du porte-parole du RHDP (pouvoir), le ministre d’État, Kobenan Kouassi Adjoumani.

    En 2020, des partis politiques de l’opposition ivoirienne avaient mis en place un Conseil national de transition (CNT) afin de contester l’élection du président Alassane Ouattara à un troisième mandat, qui serait selon eux anticonstitutionnel.

    « Il ne saurait y avoir de CNT bis. Le parti ne peut se permettre d’utiliser des voies détournées pour accéder au pouvoir », a déclaré Me Blessy Chrysostome, tout en rappelant que le PDCI partage la position du parti au pouvoir, le RHDP, sur ce point.

    Alors que le président du parti, Tidjane Thiam, séjourne à l’étranger, Me Blessy a tenu à rassurer les militants : « Que personne ne s’avise à penser que parce que Thiam est à l’étranger, il ne dirige pas le parti. Le PDCI fonctionne très bien ».

    Le PDCI place ses espoirs dans le scrutin de 2025, qu’il souhaite libre et transparent. Me Blessy a affirmé que le parti « arrivera au pouvoir par une alternance apaisée et le jeu démocratique des urnes », appelant les autorités à ne pas « faire peur à la population » par des intimidations politiques.

    AP/APA

  • Zanzan: Radié du PPA-CI, KOUAKOU Dapa: « La candidature de DON MELLO est redoutée dans les cercles de l’OTAN »

    Zanzan: Radié du PPA-CI, KOUAKOU Dapa: « La candidature de DON MELLO est redoutée dans les cercles de l’OTAN »

    Clarification biographique

    Un bref rappel de leurs profils : Abiba Touré : actuelle porte-parole officielle du PPA-CI, avocate de formation, connue pour son style ferme, centralisée à Abidjan. Elle représente aujourd’hui la ligne communicationnelle officielle du parti mais est parfois perçue comme éloignée du terrain ou de certaines bases militantes. Nady Bamba (ou Nadiani Bamba GBAGBO) : épouse de Laurent Gbagbo, elle est sans poste formel au sein du PPA-CI mais souvent décrite par les militants comme influente en coulisses. Certains la qualifient de « véritable patronne du parti ».

    Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA–CI)
    Socialisme – Panafricanisme – Souveraineté
    Abidjan, le 22 juillet 2025

    À l’attention de Madame Abiba Touré,
    Porte-parole du PPA–CI

    Objet : Clarification et appel à la candidature du Vice-Président de l’Alliance Internationale des BRICS à l’élection présidentielle d’octobre 2025, dans un esprit d’apaisement et de responsabilité politique

    Madame,

    J’ai découvert ce jour, sur les réseaux sociaux, une décision unilatérale émanant de vous, en qualité de porte-parole du PPA–CI, mettant fin à mes fonctions au sein du parti. Plus grave encore, ce sont les internautes qui ont été informés avant même que je n’aie eu connaissance de cette décision, pourtant me concernant directement. En vertu du parallélisme des formes, il me semble légitime d’apporter des éclaircissements à ceux qui, choqués, n’ont cessé de m’appeler pour en comprendre les raisons.

    Je tiens à vous saluer — avec l’ironie qu’impose la situation — pour la manière cavalière et peu élégante avec laquelle vous récompensez plus de dix années d’engagement loyal et sans faille derrière le Président Laurent Gbagbo. Depuis son arrestation le 11 avril 2011 jusqu’à la création, puis à l’implantation du PPA–CI dans le Gontougo, j’ai œuvré avec détermination pour que le retour du Président Gbagbo soit perçu comme une victoire populaire et non un retour discret, honteux ou passif.

    En ma qualité de membre du Comité National d’Accueil (13 membres nommés par le Président Gbagbo), j’ai porté haut les couleurs du parti et représenté le territoire allant d’Agnibilékrou à Bouna. Ces faits sont vérifiables et connus. En 2019, j’ai osé, au nom de mes convictions, affronter le cabinet du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, affirmant devant son conseiller technique que Laurent Gbagbo reviendrait en Côte d’Ivoire et serait accueilli avec les honneurs par le peuple Koulango. Ce courage m’a valu menaces d’arrestation et ostracisation politique.

    J’ai assumé à mes frais les mobilisations de centaines de militants, de Bondoukou à Abidjan. J’ai organisé la mobilisation des rois et chefs traditionnels à l’aéroport d’Abidjan le 17 juin 2021, sous une pluie de gaz lacrymogènes. Cette action m’a coûté la suspension d’un contrat de plusieurs millions de francs ce même jour, au Sofitel Hôtel Ivoire. Mais je suis resté digne : jamais je n’ai demandé un centime au parti pour financer mes activités.

    Malgré mon implication et les résultats obtenus — l’implantation du parti dans tous les villages du Gontougo —, je découvre sur Facebook mon limogeage. Je ne peux m’empêcher d’y voir la conséquence d’intrigues politiques fomentées par ceux qui, au lieu de combattre le RHDP, ont concentré leur énergie à me neutraliser dans la région. Mon successeur, nommé en octobre 2023, s’illustre davantage par la collecte intempestive de cotisations que par une quelconque contribution financière ou organisationnelle dans ma coordination.

    Pire encore, les actions que j’ai initiées, les fiches de maillage conçues pour préparer le parrainage, sont aujourd’hui attribuées à d’autres dans une tentative grossière de réécriture de l’histoire militante du PPA–CI dans le Zanzan.

    Je tiens à rendre hommage aux coordonnateurs régionaux, fédéraux, et militants sincères qui ont travaillé à mes côtés. Je salue également Madame Simone Ehivet Gbagbo pour sa capacité à désamorcer les tensions politiques dans notre région, contribuant à des relations pacifiées entre le PPA–CI, le MGC et le COJEP, depuis 2021.

    Je revendique également les excellentes relations que j’ai contribué à tisser entre le PPA–CI et le PDCI-RDA dans le Gontougo, bien avant la formalisation du Front Commun. Avec mon homologue du PDCI, nous avons œuvré à créer les conditions de cette alliance historique. C’est sans doute ce positionnement souverainiste, panafricaniste, et pro-BRICS qui dérange aujourd’hui.

    Je rends hommage à ceux et celles qui font vivre le parti avec intégrité : Mme Nadiani Gbagbo, Stéphane Kipré, le PEX Dano Djédjé, l’Inspecteur Issa Malick Coulibaly, Demba Traoré, Ousmane Sy Savané, Namizata Fofana, Dr Koné Katinan et le camarade Soro Coton. Qu’il se souvienne de notre mission commune à Agnibilékrou, à l’initiative du Dr Assoa Adou, pour annoncer le retour du Président Gbagbo.

    Votre décision, motivée par des considérations partisanes, vise à verrouiller le Gontougo, région stratégique dans la bataille idéologique entre les francophiles et les souverainistes-russophiles. Dois-je rappeler que deux cadres récemment sanctionnés, dont moi-même, ont osé défendre une vision alternative portée par le camarade Ahoua Don Mello ?

    Il est inquiétant qu’un parti de gauche comme le nôtre glisse vers des pratiques d’exclusion idéologique et de pensée unique. Le PPA–CI, à trois mois de la présidentielle, doit-il vraiment se priver de candidatures stratégiques capables de débloquer l’impasse du parrainage ?

    C’est pourquoi, en vertu de l’article 45 du Règlement intérieur, j’ai saisi le Comité de Contrôle (voir décharge du 28 juillet 2025) pour proposer la tenue d’une convention nationale visant à désigner un ou deux candidats supplémentaires. Cela permettrait d’ouvrir un chemin légal au Président Laurent Gbagbo en renforçant la pression sur le pouvoir en place.

    Je prends acte du fait que ma démarche, tout comme celle d’un autre camarade ayant sollicité Dr Ahoua Don Mello, a été sanctionnée. Je rappelle ici ma proximité historique avec ce dernier, depuis 1992, bien avant qu’il ne devienne une figure des BRICS. Ce lien s’enracine dans une fidélité politique et intellectuelle constante.

    Je demande formellement à la direction du parti de m’indiquer en quoi j’ai fauté. Mon courrier a été adressé au Comité de Contrôle avant même celui du camarade Don Mello, sans qu’aucune réponse officielle ne m’ait été faite.

    Je rends un hommage sincère aux efforts du camarade Don Mello, qui propose une voie pacifique afin d’éviter une répétition du cauchemar de 2011. Nous avons tous en mémoire les cadavres entassés à la morgue du CHU de Cocody, les bombardements français, les hôpitaux débordés, et les larmes d’un peuple sacrifié.

    Aujourd’hui encore, beaucoup d’Ivoiriens regrettent le refus obstiné du recomptage des voix. Une candidature alternative, loin de constituer une trahison, serait une stratégie salutaire pour notre camp.

    Le mensonge selon lequel le Président Laurent Gbagbo serait déjà inscrit sur la liste électorale définitive est dangereux. Jamais je ne cautionnerai cette désinformation. Le peuple du Gontougo, et bien au-delà, me connaît pour ma rigueur et mon attachement à la vérité.

    Je suis fier d’avoir reçu de Maman Simone Ehivet Gbagbo cette parole : « Soyez digne de nous ». Cela vaut plus que n’importe quel poste.

    En conclusion, j’en appelle solennellement au Vice-Président de l’Alliance Internationale des BRICS, ancien Représentant du Patronat russe en Afrique, à accepter de se porter candidat à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Sa candidature, redoutée dans les cercles de l’OTAN, constituerait un levier stratégique pour contraindre le pouvoir en place à engager un dialogue véritable avec l’opposition.

    Madame Touré, vos méthodes sont indignes du combat que nous avons mené. Je vous laisse le temps de vous ressaisir. Gérer un parti politique, ce n’est pas gérer un cabinet d’avocats à Paris.

    Je suis KOUAKOU Dapa Donacien, forgeron politique de la région du Zanzan, face au Ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, depuis plus de 20 ans, sans animosité mais avec ténacité.

    Veuillez recevoir, Madame, l’expression de mes salutations militantes.

    Pièces jointes :
    – Copie de la décharge du courrier de saisine du Comité de Contrôle
    – Réflexion sur l’apport stratégique d’une candidature de Don Mello en complément de celle du Président Laurent Gbagbo

  • Cameroun : La candidature de Kamto brouillée, vers une mise à l’écart de la présidentielle ?

    Cameroun : La candidature de Kamto brouillée, vers une mise à l’écart de la présidentielle ?

    À l’approche de l’élection présidentielle de 2025, la candidature de Maurice Kamto, figure majeure de l’opposition camerounaise, demeure enveloppée d’un épais voile de confusion. Alors que le paysage politique est déjà « de plus en plus flou », des contradictions flagrantes interpellent observateurs et citoyens. En effet, le Ministère de l’Administration Territoriale (MINAT) maintient une position singulière sur son site officiel qui reconnait encore Maurice Kamto comme « le seul et unique Président National du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ». Une classification officielle qui entre en porte-à-faux flagrant avec les récentes déclarations du principal intéressé récemment investi par le MANIDEM.

    Au Cameroun, on est à trois seulement de l’élection présidentielle. Mais un voile de confusion enveloppe toujours la candidature de Maurice Kamto, figure majeure de l’opposition. Alors que le paysage politique est déjà « de plus en plus flou », des contradictions flagrantes interpellent observateurs et citoyens.

    Officiellement, le MINAT maintient une position singulière : sur son site officiel (minat.gov.cm/annuaires/partis-politiques), Maurice Kamto est « clairement désigné comme le seul et unique Président National du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ». Cette classification officielle entre en porte-à-faux avec les récentes déclarations du principal intéressé.

    En effet, lors d’une conférence de presse tenue samedi dernier au siège du MRC à Odza, Yaoundé, Maurice Kamto a formellement affirmé : « J’ai officiellement démissionné du MRC le 25 juin 2025 ». Il a précisé avoir adhéré au Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM) le 27 juin, pour être investi candidat sous cette nouvelle bannière le 16 juillet.

    Kamto acculé : Double candidature au MANIDEM

    Cette situation s’alourdit d’une autre complication au sein même du MANIDEM, où des informations relayées par Lebledparle.com font état de l’existence deux candidats ayant déposé des dossiers à ELECAM.

    En dehors de Maurice Kamto, Dieudonné Yebga a également déposé sa candidature le 21 juillet dernier auprès de l’organe électoral. Une situation qui jette davantage une ombre supplémentaire sur la régularité de la candidature de celui qui se considère aujourd’hui comme ex-président du MRC.

    Face à ce faisceau de contradictions, certains observateurs s’interrogent. Tout ceci ne serait-il pas orchestré par « des acteurs à qui la candidature de Kamto dérange », dans l’objectif de l’éliminer du jeu électoral avant même le coup d’envoi de la compétition ? Maurice Kamto lui-même a d’ailleurs lancé un message cinglant à ses « contempteurs » : « Pris dans leur propre piège, nos contempteurs s’érigent désormais en manipulateurs de conscience ». Alors que ce brouillage interpelle le juge constitutionnel, sur la toile, des Camerounais exigent la clarté est exigée.

    OLBIF

  • Afflux de carburants russes toxiques en Afrique : l’alerte d’Aliko Dangote

    Afflux de carburants russes toxiques en Afrique : l’alerte d’Aliko Dangote

    L’Afrique devient un débouché important pour les carburants russes frappés de sanctions internationales, attirant des volumes croissants de produits à bas prix, dont la qualité et les impacts environnementaux demeurent incertains, faute de normes et de contrôles suffisants.

    Le mardi 22 juillet, à Abuja, lors de la « West African Refined Fuel Conference », l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote (photo) a dénoncé l’afflux massif de carburants russes à prix cassés. Selon lui, ces produits, souvent toxiques, ne respectent pas les standards en vigueur en Europe ou en Amérique du Nord. Ils représenteraient non seulement une menace pour une industrie de raffinage compétitive sur le continent, mais également pour la santé publique.

    D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 3,7 millions de personnes meurent chaque année de la pollution de l’air, notamment à cause des particules présentes dans les gaz d’échappement.

    Le milliardaire nigérian cite, dans son propos, le port de Lomé, au Togo, comme un hub stratégique où seraient stockés plus de 2 millions de barils de ces produits pétroliers, avant leur redistribution vers différents marchés de la région.

    Dans un contexte réglementaire très souple, où les normes d’émission et de qualité sont quasi inexistantes, de nombreux traders écoulent en Afrique des carburants jugés invendables ailleurs, sans risque de sanctions. Cela alors même que le continent produit environ 7 millions de barils de brut par jour, mais n’en raffine localement que moins de 40 %.

    Selon les données de juin 2025, les exportations russes de diesel et de gasoil vers l’Afrique ont chuté de 30 % par rapport au mois précédent, totalisant environ 700 000 tonnes. Le Maroc, le Togo, la Tunisie et l’Égypte figurent parmi les principaux acheteurs. D’après Reuters, plusieurs navires partis de Russie indiquaient une destination « pour ordres », laissant penser à une distribution opportuniste, souvent en dehors des régulations maritimes officielles.

    Pour Dangote, ce contexte peu encadré constitue un frein majeur au développement du raffinage africain. Sa propre raffinerie, la plus grande du continent, a commencé à exporter, mais se heurte à la concurrence des produits importés à bas prix, sans normes uniformes, qui saturent le marché.

    Si le magnat de l’industrie défend aussi ses intérêts économiques, ses critiques pointent toutefois une réalité plus large : l’Afrique tend à devenir une zone de dumping pour des carburants rejetés ailleurs. Une dérive rendue possible par l’absence de normes harmonisées, la faiblesse des mécanismes de régulation et l’inaction des gouvernements, en l’absence de mesures de protection telles que les droits de douane, les contrôles qualité ou des plafonds d’émissions.

    Un précédent : le scandale du « Dirty diesel »

    Les déclarations d’Aliko Dangote rappellent un scandale documenté dès 2016 par l’ONG suisse Public Eye. L’enquête révélait que des négociants comme Vitol, Trafigura ou Addax & Oryx vendaient en Afrique de l’Ouest des carburants très polluants, contenant jusqu’à 378 fois plus de soufre que ce qu’autorisent les normes européennes.

    Menée dans neuf pays, dont le Bénin, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la Zambie, l’étude avait mis en lumière une filière parallèle de carburants dits « qualité africaine », exploitant les faiblesses réglementaires locales.

    Malgré les engagements pris à l’époque, certaines de ces entreprises se sont limitées à ajuster leur communication. D’autres revendiquent le respect des normes locales, tout en se disant disposées à s’adapter.

    Olivier de Souza

  • PRÉSIDENTIELLE 2025 : AHOUA DON MELLO BRAVE LES TENSIONS ET OFFICIALISE SA CANDIDATURE

    PRÉSIDENTIELLE 2025 : AHOUA DON MELLO BRAVE LES TENSIONS ET OFFICIALISE SA CANDIDATURE

    La décision est désormais officielle. Ahoua Don Mello, vice-président du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), en charge de la promotion du panafricanisme, a confirmé sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2025.

    Cette décision intervient dans un contexte marqué par les incertitudes entourant la participation de Laurent Gbagbo, président du parti, toujours radié des listes électorales. Selon Jeune Afrique, l’ancien ministre ivoirien de l’Équipement a décidé de se lancer dans la course, annonçant qu’il « déposera sa candidature » dans les prochains jours.

    Fin des spéculations


    Cette annonce met fin à plusieurs mois de spéculations. Depuis fin décembre 2024, des mouvements de soutien à sa candidature ont émergé, tant en Côte d’Ivoire qu’au sein de la diaspora. Après une période de silence médiatique, relancée par ses déclarations sur NCI le 26 décembre, la fuite d’une lettre confidentielle adressée à Laurent Gbagbo a ravivé les débats sur ses intentions.

    Dans cette correspondance, censée rester confidentielle, Don Mello proposait une issue stratégique dans l’éventualité où Gbagbo ne parviendrait pas à être réhabilité : « autoriser deux ou trois cadres du parti à se porter candidats pour éviter un vide politique ». La publication de cette lettre dans la presse le 11 juillet a mis en lumière les tensions internes et les divergences stratégiques au sein du PPA-CI.

    Pour Ahoua Don Mello, sa démarche relève d’un impératif politique, celle d’éviter la « politique de la chaise vide », qui affaiblirait l’opposition face au RHDP, le parti au pouvoir. « Il ne s’agit pas d’un acte de défiance, mais d’un acte de responsabilité », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité de préserver la dynamique politique du PPA-CI.

    Motivation d’une candidature

    Évoquant les motivations de sa candidature, il a indiqué qu’elle s’inscrit également dans une volonté plus large de rassemblement de la gauche ivoirienne. Il affirme avoir déjà rencontré Simone Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Mamadou Koulibaly dans cette optique.

    À un moment donné, il faudra faire bloc derrière le profil le plus crédible

    En tant que vice-président de l’Alliance internationale des BRICS et représentant de l’Afrique centrale et occidentale au sein de cette organisation, il ambitionne de jouer un rôle fédérateur au-delà de son propre camp. « À un moment donné, il faudra faire bloc derrière le profil le plus crédible », a-t-il déclaré.

    Interrogé sur la question de la collecte des parrainages, condition indispensable à toute candidature, le bras droit de Laurent Gbagbo se montre confiant. « Ce n’est pas un problème », a-t-il assuré, balayant ainsi une inquiétude qui préoccupe actuellement de nombreux candidats potentiels.

    Joint par Linfodrome pour en savoir davantage, une source proche d’Ahoua Don Mello a confirmé l’information. Elle a annoncé qu’une conférence de presse sera organisée dans les prochains jours pour clarifier sa position, formaliser sa candidature et présenter son projet pour la Côte d’Ivoire.

    Les soupçons autour de la volonté de M. Don Mello de se présenter à la présidentielle, en dépit de la ligne officielle du parti, ont suscité l’irritation de certains cadres du PPA-CI. En réaction, le parti a informé, le 22 juillet, la révocation de deux proches soutiens du néo-candidat. Une décision perçue comme un avertissement clair à l’égard de ceux qui s’écartent de la position officielle du parti.

    Jean Kelly KOUASSI

  • Présidentielle 2025:  »  » Il est inutile de chercher une grille de lecture pour essayer de comprendre le comportement de lézard du couple PDCI/PPA-CI » ( Kobenan Adjoumani, Porte-parole RHDP).

    Présidentielle 2025:  »  » Il est inutile de chercher une grille de lecture pour essayer de comprendre le comportement de lézard du couple PDCI/PPA-CI » ( Kobenan Adjoumani, Porte-parole RHDP).

    Le porte-parole principal du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix ( RHDP), Kobenan Kouassi Adjoumani Étienne, a assuré qu’il n’aura pas de  » Conseil national de transition ( CNT) bis » en Côte d’Ivoire faisant allusion à la crise électorale en 2020 qui avait conduit l’opposition ivoirienne à créer un organe dit de transition dénommé CNT.

    M. Adjoumani s’exprimait lors des  » Rendez-vous du RHDP « , une tribune d’échanges avec la presse qui s’est tenue le mercredi 23 juillet 2025 au siège du parti au pouvoir à Cocody dans l’Est d’Abidjan. 

     » Il faut que l’opposition se réinitialise. Il faut qu’elle change ses logiciels de lecture, d’action et fasse des mises à jour régulières, pour se mettre au diapason des temps nouveaux. Nous n’avons pas pour habitude de mettre en garde, mais cette fois-ci, nous le disons et répétons, il n’y aura pas de CNT bis en Côte d’Ivoire « , a dit le porte-parole principal du parti d’Alassane Ouattara. 

    Poursuivant, M. Adjoumani a soutenu que sous le leadership du président ivoirien Alassane Ouattara,  » la Côte d’Ivoire n’est pas et ne sera un État paria ».

    Réagissant à la création du front commun PDCI-PPA-CI, le porte-parole principal du RHDP a dénoncé un  » comportement de lézard  » de ces deux partis politiques de l’opposition. 

     » Il est inutile de chercher une grille de lecture pour essayer de comprendre le comportement de lézard du couple PDCI/PPA-CI car leurs propres militants sont perdus, désemparés et déboussolés face à l’intransigeance de leurs dirigeants « , a-t-il estimé. 

    En ce qui concerne le récent Tête-à-tête entre le président ivoirien et son homologue français à Paris, le porte-parole du RHDP a indiqué que cette rencontre  » n’est pas liée à l’élection présidentielle  » ivoirienne de 2025.

    Dans la foulée, M. Adjoumani a assuré également que la prochaine élection présidentielle sera apaisée comme promis par le président ivoirien. 

     » Le président Alassane Ouattara est un homme qui ne parle pas au hasard. Et comme il ne cesse de le rappeler, les élections seront apaisées. Cette promesse sera tenue…Nous allons à des élections, nous ne préparons pas une guerre. Après ces élections, les ivoiriens doivent continuer de vivre ensemble et en paix « ; a-t-il souhaité. 

    Le porte-parole principal du RHDP, qui avait à ses côtés, son adjoint, le ministre Mamadou Touré, a conclu son speech, en insistant que  » la prochaine élection sera apaisée et ouverte à tous ceux qui peuvent compétir au regard de la loi ».

  • Affaire décès par assassinat d’un garde du corps / Atchouda Jean-Paul n’était pas en service chez le ministre Dimba – Le Procureur met en garde Souley de Paris (Communiqué)

    Affaire décès par assassinat d’un garde du corps / Atchouda Jean-Paul n’était pas en service chez le ministre Dimba – Le Procureur met en garde Souley de Paris (Communiqué)

    COMMUNIQUE DU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE

    PRES LE TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE D’ABIDJAN

    Le Procureur de la République a été saisi d’une plainte, le 18 juillet 2025, à la suite d’une publication sur Facebook, le mercredi 09 juillet 2025, dans laquelle le nommé TRAORE Souleymane, alias Souley de Paris B.52, fait état de ce que le sieur ATCHOUDA Jean Paul, de nationalité camerounaise, aurait été assassiné au domicile du Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle.

    De l’enquête ouverte par le Procureur de la République, il ressort que ATCHOUDA Jean-Paul, exerçant en qualité de garde du corps de Monsieur SANGARE Ismaël, fils de dame OUATTARA Assana épouse SANGARE, ex-Ministre de la Santé et de la Lutte contre le VIH/SIDA, a fait un malaise au domicile de son employeur et est décédé lors de son évacuation au Centre Hospitalier Universitaire de Cocody. 

    Ainsi, contrairement aux allégations de TRAORE Souleymane, le Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle n’a aucun lien avec le décès de ATCHOUDA Jean Paul.

    Le Procureur de la République tient à rappeler que la publication de nouvelles fausses par le biais d’un système d’information est constitutive d’une infraction pénale. 

    Les auteurs de nouvelles fausses ainsi que tous ceux qui relayent de telles nouvelles tombent sous le coup de l’article 183 du Code Pénal. Ils encourent une peine d’emprisonnement d’un à six ans et une amende de 500.000 à 5.000.000 de francs.

    Fait à Abidjan, le 23 juillet 2025

                                                                  Le Procureur de la République

  • La route peut changer une vie en une fraction de seconde…

    La route peut changer une vie en une fraction de seconde…

    La route peut changer une vie en une fraction de seconde.

    Aujourd’hui, c’est notre frère Molare qui vit ce drame, un accident tragique, une douleur qu’aucun mot ne peut vraiment soulager. À lui, nous disons simplement : force à toi, Mory.

    Ce genre de situation peut arriver à n’importe quel conducteur. Ce n’est pas une affaire de statut, de fortune ou de notoriété. C’est la vie, parfois brutale, souvent injuste. Que la défunte repose en paix, et que sa famille reçoive tout notre soutien dans cette épreuve.

    Mais ce qui fait mal, c’est de voir ce drame récupéré, détourné, exploité.

    On a voulu faire de la politique sur la douleur.

    On a crié à l’injustice avant même que la justice ne parle.

    Non, Mory n’a pas fui. Non, il n’est pas protégé par un pouvoir. Il affronte. Il assume.

    Dans ce pays, on est rapide à juger, lent à comprendre.

    Mais dans la tempête, les vrais restent debout. Et toi, Mory, tu es resté debout.

    Pas parce que tu es fort, mais parce que tu es digne.

    On ne minimise rien. Un accident reste une blessure pour tous. Mais qu’on laisse la justice suivre son cours, et qu’on arrête de vouloir condamner un homme avant d’écouter son cœur, sa vérité, sa peine.

    Courage Molare

    Tonton Adjoudjou

  • Présidentielle 2025 : Le dépôt du cautionnement ouvert du 25 juillet au 26 août à la CDC-CI

    Présidentielle 2025 : Le dépôt du cautionnement ouvert du 25 juillet au 26 août à la CDC-CI

    Dans la perspective de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 en Côte d’Ivoire, la Caisse des Dépôts et Consignations de Côte d’Ivoire (CDC-CI) informe les candidats à la candidature de l’ouverture officielle de la période de dépôt du cautionnement, conformément à l’ordonnance N° 2020-356 du 08 avril 2020 portant révision du code électoral et aux dispositions de la loi N°2018-574 du 13 juin 2018.

    Ainsi, du 25 juillet au 26 août 2025, les candidats ou leurs mandataires légalement désignés pourront procéder au versement du cautionnement fixé à cinquante millions (50 000 000) de francs CFA, exclusivement par chèque de banque certifié libellé à l’ordre de la CDC-CI. Les dépôts se feront du lundi au vendredi, de 7h30 à 17h, au siège de la situé à Abidjan-Cocody, Boulevard Latrille, Carrefour Les Oscars.

    Les candidats doivent se munir des pièces suivantes, à savoir, le formulaire de dépôt disponible sur le site www.cdc.ci ; une copie de la pièce d’identité du candidat, en cours de validité ; en cas de représentation, une procuration dûment légalisée accompagnée de la pièce d’identité valide du mandataire ; un chèque de banque certifié du montant exigé.

    À la réception du chèque, une quittance provisoire est remise au déposant. Le reçu définitif n’est délivré qu’après encaissement effectif du chèque, dont le délai réglementaire est de 72 heures.

    Dans le communiqué émanant de la Direction générale de la CDC-CI, elle invite les candidats à s’organiser dans les délais impartis.

    Pour toute information complémentaire, des contacts téléphoniques (fixes et mobiles) ainsi qu’une adresse email sont mis à disposition du public : cautionnement.electionpresidentielle@cdc.ci; Standard : 27-22-55-92-05 / 08 / 06 / 30 / 31 ; Service cautionnement : 07-57-51-37-51 / 07-79-65-55-57 / 07-47-53-83-28

  • Les États-Unis se retirent une nouvelle fois de l’UNESCO

    Les États-Unis se retirent une nouvelle fois de l’UNESCO

    Les États-Unis ont annoncé mardi se retirer une nouvelle fois de l’UNESCO, estimant que l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture faisait preuve de parti pris contre Israël et promeut des causes «clivantes». 

    En 2018, Donald Trump avait déjà claqué la porte de cette institution, en invoquant des biais «anti-israéliens». Les États-Unis l’avaient réintégrée en 2023, sous l’administration de Joe Biden.

    La directrice de l’UNESCO, la Française Audrey Azoulay, a dit «regretter profondément» cette décision, qui sera effective fin 2026, même si elle était «attendue».

    L’UNESCO s’y était «préparée» et est relativement «protégée sur le plan budgétaire», a-t-elle estimé, soulignant que la contribution américaine de 75 millions $ US annuels ne représente que 8% du budget total de l’organisation.

    Pour Washington, «la poursuite de la participation des États-Unis à l’UNESCO n’est pas dans l’intérêt national», a déclaré dans un communiqué la porte-parole du département d’État, Tammy Bruce.

    «L’UNESCO s’emploie à promouvoir des causes sociales et culturelles clivantes» et défend «une feuille de route idéologique et mondialiste pour le développement international, en contradiction avec notre politique étrangère ‘’America First’’ (l’Amérique d’abord)», a-t-elle expliqué.

    Elle a également jugé que la décision de l’UNESCO d’intégrer «l’ État de Palestine» en 2011 «est hautement problématique, contraire à la politique des États-Unis, et a contribué à la prolifération de discours hostiles à Israël au sein de l’organisation».

    «Je réfute absolument (…) le fait qu’il y ait des biais anti-israéliens ou antisémites au sein de l’organisation», a répondu Mme Azoulay à l’AFP, soulignant «les efforts menés par l’UNESCO, notamment pour l’enseignement de la Shoah et la lutte contre l’antisémitisme».

    Trois départs en 40 ans

    Le président français Emmanuel Macron a assuré l’UNESCO, dont le siège est à Paris, de son «soutien indéfectible». «Le retrait des États-Unis ne fera pas faiblir notre engagement aux côtés de celles et ceux qui portent ce combat», a-t-il dit sur le réseau X.

    Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a, lui, salué «une mesure nécessaire, destinée à promouvoir la justice et le droit d’Israël à un traitement équitable au sein du système des Nations unies, un droit qui a souvent été bafoué en raison de la politisation de cette instance».

    C’est la troisième fois que Washington quitte l’UNESCO en l’espace de 40 ans.

    En octobre 2017, durant son premier mandat, Donald Trump avait annoncé retirer son pays en dénonçant les « partis pris anti-israéliens persistants » de l’institution. Ce retrait, suivi de celui d’Israël, était devenu effectif en décembre 2018.

    L’UNESCO avait notamment provoqué la fureur israélienne en juillet 2017 en inscrivant la Vieille ville d’Hébron sur la liste du patrimoine mondial en danger et en caractérisant Hébron, en Cisjordanie occupée, de ville islamique, alors que les juifs, dont quelques centaines y vivent aujourd’hui retranchés au milieu de 200 000 Palestiniens, y revendiquent une présence de 4000 ans.

    Devenue directrice générale de l’UNESCO en novembre 2017, Audrey Azoulay avait obtenu de l’administration Biden – qui a succédé à Trump en 2021 – un retour des États-Unis, qui s’étaient engagés à rembourser, selon un paiement échelonné, leurs arriérés de paiement depuis 2011, d’un montant de 619 millions $ US.

    Après l’admission de la Palestine au sein de l’UNESCO cette année-là, Washington avait cessé tout financement, en vertu d’une loi américaine interdisant de financer une organisation dont l’État palestinien est membre.

    En 1984, Ronald Reagan avait lui aussi retiré la participation américaine, invoquant l’inutilité supposée et les débordements budgétaires de l’organisation – finalement réintégrée en 2003.

    «La porte reste ouverte»

    S’ils quittent l’organisation cadre de l’UNESCO, les États-Unis resteront membre du Comité du patrimoine mondial, qui vote pour désigner les sites protégés par l’organisation, a précisé une source proche du dossier.

    Habituée des revirements de Washington, l’UNESCO s’est employée ces dernières années à réduire sa dépendance aux financements américains, en augmentant notamment la part des contributions volontaires, qui ont doublé sous Audrey Azoulay.

    «Cette décision va néanmoins affecter nos activités dans les années à venir, ou nous obliger à rechercher d’autres sources de financement», ajoute la source proche du dossier.

    «L’annonce du président Trump ne prendra effet qu’à la fin de l’année 2026. Il reste tout ce temps pour éventuellement reconsidérer cette position», a souligné à l’AFP Mme Azoulay, qui quittera son poste en novembre: «La porte reste ouverte (…) On a vu dans l’histoire qu’il y a eu des départs, mais qu’il y a eu aussi des retours».

  • Cameroun / Élection présidentielle : 81 candidatures déposées

    Cameroun / Élection présidentielle : 81 candidatures déposées

    Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 1982, est candidat à sa propre succession pour un 7e mandat consécutif

    La Commission électorale camerounaise (Elecam) a clos, lundi à minuit la phase de dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Au total, 81 dossiers ont été réceptionnés.

    septième mandat

    Parmi les figures majeures en lice, figure le président sortant Paul Biya, âgé de 92 ans, qui brigue un septième mandat sous les couleurs du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC).

    l’opposant Maurice Kamto a déposé son dossier de candidature pour la présidentielle de 2025

    Face à lui, plusieurs adversaires déjà bien connus du paysage politique camerounais : Maurice Kamto (Manidem), Joshua Osih (SDF) et Cabral Libii, tous en course pour la seconde fois.

    La candidature de Daloutou Hamada, jeune ressortissant de l’Adamaoua, attire l’attention. Âgé de seulement 31 ans, il a déposé sa candidature, bien que la Constitution fixe à 35 ans l’âge minimum pour postuler à la Magistrature suprême.

    Le Manidem aligne une seconde candidature avec Dieudonné Yebga. L’Union des Populations du Cameroun (UPC) est représentée par trois candidats, tandis que le Parti Univers en présente deux.

    Après une longue période d’alliance avec le pouvoir, Bello Bouba fait son retour dans la course présidentielle. L’ancien allié du régime et leader de l’UNDP avait déjà tenté sa chance en 1992.

    La compétition verra également émerger de nouveaux visages, tels qu’Hilaire Macaire Nzipang, investi par le Mouvement progressiste, ou encore Pierre Kwemo, représentant de l’Union des mouvements socialistes.

    Quelques femmes figurent également parmi les postulants. L’une des plus en vue est Tomaïno Ndam Njoya, présidente de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) et actuelle maire de Foumban.

    L’ensemble des dossiers doivent, désormais, être examinés par le Conseil constitutionnel qui dispose d’un délai de 12 jours pour trancher et dévoiler la liste officielle définitive des candidats autorisés à concourir.

    Sur les raisons de ce record de candidature, un journaliste camerounais contacté, ayant requis l’anonymat estime que « Le pouvoir veut affaiblir l’opposition, éclater les voix et cela fait les affaires de Biya ».

    Il estime que la candidature de kamto est compromise, car un autre prétendant du même parti a déposé sa candidature, même celle de Cabral Libii.

  • RENCONTRE OUATTARA-MACRON : “MACRON A DÛ LUI DIRE, PAS DE 4E MANDAT”

    RENCONTRE OUATTARA-MACRON : “MACRON A DÛ LUI DIRE, PAS DE 4E MANDAT”

    La rencontre à huis clos entre Alassane Ouattara et Emmanuel Macron, le 16 juillet à Paris, suscite des interprétations divergentes en Côte d’Ivoire, notamment sur une éventuelle consigne contre un 4ᵉ mandat.

    Paris, 16 juillet 2025. Dans les salons feutrés de l’Élysée, loin des caméras, le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue français Emmanuel Macron ont partagé un déjeuner. Aucune image, aucun communiqué officiel, aucun mot à la presse.

    Rien n’a filtré de cette rencontre entre les deux présidents, qui intervient pourtant à moins de trois mois de la prochaine présidentielle ivoirienne. Un mutisme, dans un contexte politique aussi chargé, qui alimente toutes les interprétations.

    « Casser les ailes de l’opposition »

    Parmi les premières réactions, celle de Dr Boga Sacko Gervais, juriste et défenseur des droits de l’homme en exil, qui revient sur le rôle de Paris lors de la présidentielle de 2020, et en tire des conclusions très claires sur le rendez-vous de cette semaine.

    « M. Macron est mal placé pour encourager quelqu’un à forcer pour faire un quatrième mandat. […] De bonne foi, je pense que le président Macron a dû lui demander de ne pas oser faire un quatrième mandat », estime l’ex-patron de la Fondation Internationale pour l’Observation et la Surveillance des Droits de l’Homme et de la Vie Pacifique (FIDHOP).

    En 2011, Paris avait soutenu Alassane Ouattara dans sa conquête du pouvoir. En 2020, sa candidature pour un troisième mandat — que l’opposition avait alors qualifiée d’inconstitutionnelle — avait été tolérée, dans un silence diplomatique interprété comme un feu vert tacite.

    Pour Dr Boga Sacko, le tête-à-tête du 16 juillet marque un tournant dans les rapports entre Paris et Abidjan. Il rappelle que c’est la phrase “cas de force majeure” prononcée en 2020 par Emmanuel Macron – pour justifier la candidature controversée d’Alassane Ouattara après la mort d’Amadou Gon Coulibaly – qui avait, selon lui, « cassé les ailes de l’opposition ».

    « Si les initiatives de désobéissance civile, le Conseil national de transition (CNT) ou les efforts de Bédié n’ont pas prospéré, c’est en grande partie à cause de cette prise de position de la France », accuse-t-il.

    Mais pour l’opposant, le contexte régional a changé, et la France ne peut plus se permettre une nouvelle erreur stratégique. « L’AES est née entre-temps. Macron sait que si la Côte d’Ivoire bascule, le cercle des alliés de la Russie s’agrandira. Il ne peut pas soutenir un quatrième mandat, ce serait suicidaire », analyse-t-il.

    Son propos fait écho aux tensions croissantes entre Paris et plusieurs régimes africains, notamment au Mali, au Burkina Faso ou au Niger, qui ont tourné le dos à la France. Pour Boga Sacko, un soutien explicite de Paris à une nouvelle candidature de Ouattara pourrait provoquer une rupture similaire.

    « La colonisation, c’est terminé »

    Dr Boga voit même plus loin. Il pense que Macron a aussi plaidé pour l’ouverture du jeu électoral. L’éviction de plusieurs figures majeures du paysage politique ivoirien – Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro – tous radiés de la liste électorale, suscite en effet de vives critiques.

    « Je pense que M. Macron a dû lui faire une recommandation pour que l’élection soit exclusive, et je pense que M. Ouattara ne peut s’y dérober », assure-t-il.

    Mais cette lecture est fermement rejetée par certains intellectuels proches du pouvoir. Invité sur la chaîne NCI ce dimanche, l’historien Arthur Banga a tenu à mettre les points sur les « i ».

    « La colonisation, c’est terminé, estime l’enseignant. Macron ne peut rien imposer au président Ouattara. On n’est plus dans les années 70 où la France faisait et défaisait les régimes. »

    « Aujourd’hui, le monde a changé, ajoute-t-il. Si la France se fâche, ce n’est plus la fin. Le Mali n’est plus avec eux, mais la Chine est là, la Russie est là. »

    Pour Arthur Banga, les critiques viennent de ceux qui espéraient un soutien français à leurs leaders. « Ils sont déçus parce qu’ils ont compris que la France ne choisit plus les présidents africains. »

    Reste que le silence des deux capitales alimente les doutes. À 83 ans, Alassane Ouattara ne s’est toujours pas prononcé sur sa candidature. S’il se présentait, ce serait pour un quatrième mandat. Une perspective qui continue de diviser l’opinion.

    Samuel KADIO

  • Dérives sur les RS / Le procureur avertit : « Ni le repentir, ni la demande de pardon ne sauraient soustraire de la rigueur de la loi » (Communiqué)

    Dérives sur les RS / Le procureur avertit : « Ni le repentir, ni la demande de pardon ne sauraient soustraire de la rigueur de la loi » (Communiqué)

    COMMUNIQUE DU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE

    PRES LE TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE D’ABIDJAN

    Le Procureur de la République observe avec regret, qu’en dépit de ses mises en garde face aux dérives constatées sur les réseaux sociaux, certaines personnes continuent de se rendre coupables de faits, propos ou commentaires sur lesdits réseaux sociaux, constitutifs d’infractions à la loi pénale.

    Ainsi, le Parquet se trouve régulièrement saisi de diverses plaintes émanant de différentes victimes pour des cas de propos ou commentaires outrageants, à caractère xénophobe ou ethnique, de menaces de mort ou de violence, d’incitation à la haine et de diffusion de fausses informations par le biais d’un système d’information. 

    Les derniers exemples en date concernent les nommés Tokpa Flan Japhet, 43 ans, Infirmier diplômé d’état, auteur, le 05 juillet 2025, d’un commentaire extrêmement outrageant sur les réseaux sociaux à l’endroit d’une Institution de la République, et Diakité Moussa, qui, brandissant une machette à travers une vidéo, a proféré des menaces de mort contre les partisans d’un groupement politique.

    Interpellé, Tokpa Flan Japhet a été jugé et condamné, le 18 juillet 2025, à trente-six (36) mois d’emprisonnement ferme et à cinq (5) millions d’amende, en dépit de sa demande de pardon.  Quant au nommé Diakité Moussa, il a été interpellé et sera déféré demain mardi 22 juillet 2025 au Parquet.

    C’est le lieu pour le Procureur de la République d’indiquer que ni le repentir, du reste toujours tardif, ni la demande de pardon n’ont un effet sur la réalité des infractions, et ne sauraient, en conséquence, soustraire leurs auteurs de la rigueur de la loi.

    Le Procureur de la République met encore une fois en garde tous les auteurs de dérives langagières sur les réseaux sociaux et tient à rappeler que ses services compétents sont déterminés à les poursuivre, qu’ils soient en Côte d’Ivoire ou à l’extérieur du pays. Ces personnes répondront de leurs actes devant la justice. 

    Le Procureur de la République appelle les uns et les autres à plus de responsabilité sur les réseaux sociaux.

    Fait à Abidjan, le 21 juillet 2025

    Le Procureur de la République

     

  • Guillaume Soro a qualifié la rencontre RHDP-CAP-CI de “vrai-faux dialogue” et de “manœuvre politique”

    Guillaume Soro a qualifié la rencontre RHDP-CAP-CI de “vrai-faux dialogue” et de “manœuvre politique”

    L’ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro a critiqué lundi la rencontre entre des responsables du parti au pouvoir, le RHDP, et ceux de la coalition d’opposition CAP-CI, qualifiant l’initiative de “vrai-faux dialogue” et de “manœuvre politique”.

    Des cadres du RHDP, le parti au pouvoir, dans une même salle que des responsables de la CAP-CI, la Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire. La scène aurait été impensable il y a encore quelques mois, tant les tensions sont vives à l’approche de la présidentielle de 2025.

    Et pourtant, cela s’est produit, ce mercredi 16 juillet 2025, au siège du MGC, le parti de Simone Gbagbo, à la Riviera Golf. Pendant près d’une heure, les deux camps se sont parlé. Ils ont convenu de poursuivre les échanges à travers un comité technique chargé d’approfondir les sujets sensibles à l’horizon électoral.

    “Une opération de communication politique”

    Mais cette tentative de rapprochement est loin de convaincre tout le monde. Pour l’ancien Premier ministre Guillaume Soro, qui a récemment annoncé son adhésion au mouvement « Trop c’est trop » de Laurent Gbagbo, cette initiative s’inscrit dans “une longue tradition ivoirienne : celle d’un dialogue tronqué, convoqué non pour résoudre les crises, mais pour neutraliser les adversaires”, écrit-il sur sa page officielle ce lundi.

    Selon le camp de l’ancien président de l’Assemblée nationale, cette rencontre relève d’“une opération de façade” visant à adresser un signal à la communauté internationale, sans volonté réelle de réforme.

    “On nous parle de ‘dialogue républicain’, mais derrière les formules figées, il y a une réalité brutale : le pouvoir ne dialogue pas, il gère sa communication”, affirme-t-il, dénonçant un “théâtre du simulacre démocratique”.

    L’ancien chef rebelle estime par ailleurs que le « régime » du président Alassane Ouattara “radie les principaux opposants de la liste électorale, verrouille la Commission électorale indépendante, instrumentalise la justice contre ses adversaires et criminalise toute contestation”.

    “Cooptation politique”

    Le camp Soro accuse le pouvoir de chercher à “intégrer quelques visages d’opposants pour neutraliser toute dynamique collective” et alerte la CAP-CI sur le risque d’un “faux consensus”.

    Il appelle la coalition d’opposition à rester ferme sur ses revendications, notamment “la réintégration des candidats exclus comme Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam ou lui-même”, “la libération des prisonniers politiques”, ainsi que “la réforme de la CEI et des garanties constitutionnelles pour 2025”.

    “La CAP-CI a une responsabilité historique”, prévient le camp Soro. “Soit elle incarne l’espoir démocratique d’une alternance crédible, soit elle devient l’otage consentante d’un régime en perte de légitimité.”

    Selon lui, “le dialogue n’est pas une faveur, c’est une exigence démocratique”, ajoutant que “ce n’est pas à l’opposition de quémander la démocratie, c’est au régime de la garantir”.

  • UNE ÉQUIPE DU FBI EST À ABIDJAN, VOICI CE QU’ELLE VIENT FAIRE

    UNE ÉQUIPE DU FBI EST À ABIDJAN, VOICI CE QU’ELLE VIENT FAIRE

    Une équipe du FBI est en terre ivoirienne, apprend t-on de l’ambassade des Etats-Unis ce lundi 21 juillet 2025. La présence de ces experts en enquête répond à un besoin précis, explique la source.

    Selon l’information, cette équipe du FBI est en terre ivoirienne pour une mission précise.

    Il s’agit de la formation des partenaires ivoiriens aux techniques les plus récentes d’enquête.

    Elle vient également former aux techniques de poursuite relatives à l’utilisation illégale des cryptomonnaies.

    Les participants ivoiriens incluent des enquêteurs, des magistrats et des analystes financiers issus du Comité régional d’observation et d’action contre le Terrorisme (CROAT).

    Ce sont également ceux issus de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), de la Cellule nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF).

    Les enquêteurs, les magistrats et les analystes financiers du Pôle Pénal Économique et Financier (PPEF), prennent aussi part.

    Richard Yasseu

  • Alassane Ouattara, seul face à l’histoire

    Alassane Ouattara, seul face à l’histoire

    Il y a des silences plus éloquents que les discours. Celui que le président ivoirien, Alassane Ouattara, laisse flotter depuis le dimanche 22 juin 2025, au terme de son adresse devant près de 100 000 militants du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti au pouvoir) rassemblés à Ebimpé,en fait partie. Ce silence-là, chargé de sens, ne cache rien d’autre que la complexité d’un moment, la densité d’un dilemme. Partir ou continuer ?

    Le président ivoirien est arrivé à un point de tension rare dans la vie d’un homme d’État : celui où l’attachement au devoir entre en conflit avec le droit au repos. Où l’appel de ses partisans – galvanisés, fidèles, impatients – et d’une bonne frange de concitoyens se heurte au poids des années, à l’usure du pouvoir et à l’exigence de la lucidité.

    Seul face à l’histoire

    « Je vous ai entendus. Je vous ai compris. Je suis le président de tous les Ivoiriens. Je prendrai ma décision très bientôt, en toute responsabilité. » Ces mots prononcés à Ebimpé, ne constituent ni une esquive ni une ruse. Ils disent ce que peu de dirigeants africains osent dire : que la décision d’un président sortant n’appartient ni entièrement au peuple, ni entièrement au parti, mais engage son intime conviction, sa conscience historique, et parfois, sa solitude. Celle d’un homme qui a conscience que la décision qu’il lui revient de prendre sera lourde dans tous les cas.

    Le supplice d’une double loyauté

    D’un côté, la volonté du départ : celle de transmettre, d’ouvrir un nouveau chapitre, de préserver sa stature d’homme d’État qui a su partir. Ce scénario, Ouattara y a pensé dès 2020. Il l’a même annoncé, avant de revenir sur sa parole après le décès brutal de son successeur désigné, Amadou Gon Coulibaly. L’histoire, le sort, lui avait alors imposé un détour.

    De l’autre côté, l’appel du RHDP, massif, bruyant, orchestré lors du deuxième congrès du parti : les vives motions du Parc des expositions, la ferveur d’Ebimpé, les slogans, les pancartes. Tout un parti qui dit : « Reste, continue ! car sans toi, rien n’est sûr. » Et peut-être aussi, dans les coulisses, l’inquiétude d’une base politique qui craint l’inconnu, ou le vide.

    Ouattara est écartelé entre deux fidélités : à son parti, qui lui demande de rester, et à la logique républicaine, qui lui impose de penser au-delà de son camp. Il est aussi face à une équation personnelle : continuer, c’est repartir pour cinq longues années de plus. Partir, c’est laisser le champ à d’autres, peut-être moins consensuels, peut-être plus fragiles. Même s’il assure lui-même disposer d’une bonne demi-douzaine de cadres compétents prêts à prendre la relève. On peut déjà deviner des noms : Tiémoko Meylet Koné, Patrick Achi, Adama Bictogo, Téné Biraima Ouattara, Cissé Bacongo, Mambé Beugré, Kandia Camissoko Camara…

    Une décision au-delà de la personne

    Quelle que soit l’issue de ce dilemme, elle ne sera pas anodine. Elle ne sera pas confortable non plus. Elle dira quelque chose de la vision qu’Alassane Ouattara a de son pays, et de lui-même. Car ici, la question n’est plus seulement : peut-il se représenter ? – la Constitution lui en donne le droit. La vraie question est : doit-il le faire ?

    Et c’est là que sa réponse, attendue dans les semaines à venir, prendra tout son sens. S’il décide de continuer, ce sera un acte de continuité dans un moment perçu par certains comme instable. S’il décide de se retirer, ce sera un acte politique historique – en Côte d’Ivoire il n’y a jamais eu de passation de charges entre un Président sortant et son successeur.

    Dans les deux cas, ce sera un acte de courage, à rebours des calculs personnels. Car peu de dirigeants souhaiteraient être à sa place, à devoir trancher entre deux chemins où chacun peut comporter des risques, des regrets, et des conséquences durables.

    Ce que vit Alassane Ouattara en ce moment n’est pas un simple choix à faire entre deux décisions. C’est une épreuve politique et humaine. C’est la conscience d’un homme qui sait que, quoi qu’il décide, ce sera inscrit dans l’histoire de son pays. Et s’il tarde à trancher, c’est peut-être parce qu’il sait, au fond, que ce n’est pas de lui qu’il s’agit. Mais de la Côte d’Ivoire

    .Mamadou Traoré

  • Chronique de la Nouvelle Donne: Quand la géopolitique mondiale s’invite au cœur du PPA-CI

    Chronique de la Nouvelle Donne: Quand la géopolitique mondiale s’invite au cœur du PPA-CI

    On sait désormais que M. Ahoua Don Mello, Vice-Président Exécutif du PPA-CI, également Vice-Président de l’Alliance Internationale des BRICS chargé des grands projets stratégiques, et ancien représentant du patronat russe en Afrique, a remis le 29 juin 2025 à Son Excellence Laurent Gbagbo un document confidentiel. Ce plan stratégique vise à contourner le veto tacite de l’OTAN et la chape de plomb diplomatique qui figent la candidature du leader du PPA-CI dans l’inertie.

    Ce document, dont le contenu a fuité par les canaux diplomatiques avant d’être diffusé sur les grandes autoroutes numériques que sont les réseaux sociaux — ou inversement, peu importe — commence à faire bouger les lignes, notamment dans les chancelleries occidentales. À quelque chose malheur est bon, dit l’adage.

    Jusqu’à présent, Alassane Ouattara, en parfaite connivence avec l’Union européenne, et plus particulièrement la France, a su maintenir le PPA-CI dans une position d’équilibre, empêchant son basculement vers l’aile russophile du parti. Et ce, malgré quelques sorties du redouté Laurent Gbagbo, invitant à une lecture non méprisante des arguments de la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, tout en se gardant d’un alignement total. Il avait d’ailleurs dénoncé, dès son discours du 9 janvier 2024, l’hypocrisie occidentale face à leur tiédeur à favoriser la création d’un État palestinien viable aux côtés d’Israël.

    Cette posture affichée par le président Gbagbo avait déjà été annoncée en filigrane dans une déclaration publiée le 31 décembre 2023 sur une plateforme WhatsApp du PPA-CI. Celle-ci fit l’effet d’un séisme idéologique : elle rompait avec le canevas doctrinal jusque-là imposé à la future formation politique (qui ne portait pas encore le nom PPA-CI). Le député franco-ivoirien Michel Gbagbo avait d’ailleurs prévenu dès le 1er octobre 2023, à deux semaines de l’assemblée générale constitutive : « Ce que je sais, c’est que le nouveau parti ne sera ni un mouvement marxiste, ni une église. »

    Deux ans avant l’éclosion du débat qui semble aujourd’hui surprendre l’establishment du parti, nous avions, en tant qu’aile BRICSophile, déjà anticipé et balisé les lignes de fracture idéologique désormais visibles.

    L’Union européenne semble aujourd’hui avoir réussi à séduire l’aile francophile du parti, au grand dam de l’aile russophile, favorable à une convergence stratégique avec les BRICS.

    La grande offensive russe dans le Golfe de Guinée

    Depuis quelques mois, la diplomatie russe intensifie son offensive dans le Golfe de Guinée, faisant d’Abidjan un centre stratégique. L’extension des pouvoirs de son ambassadeur basé à Abidjan sur Ouagadougou, et la nomination d’un Africain — Ahoua Don Mello — au poste de Vice-Président chargé des projets stratégiques au sein de l’Alliance Internationale des BRICS, ne sont pas anodines.

    Face à cela, le pion de l’OTAN dans la sous-région (Ouattara) et sa pièce de rechange, Tidjane Thiam, résident tous deux à Abidjan, sur les rives du même Golfe. Une sorte d’égalité géopolitique entre Paris et Moscou se dessine. Pour de nombreux observateurs, cela préfigure les profils des principaux candidats à la présidentielle à venir.

    Et si, dans une stratégie digne du Président Bédié, qui avait gardé précieusement Tidjane Thiam dans ses cartons avant de le présenter pour 2025, le Président Gbagbo préparait aussi un plan B, en cas d’obstruction systématique à sa candidature ?

    Dans ce cas de figure, la prochaine élection présidentielle pourrait opposer un candidat aligné sur le bloc occidental (Ouattara ou Thiam) à un autre favorable aux BRICS (Laurent Gbagbo ou Ahoua Don Mello).

    Comme le disait un coach en leadership : « Une réalité ne cesse pas d’exister parce que certains choisissent de l’ignorer. » Bonne année 2024.

    — Kouakou Dapa Donacien, Coordonnateur Régional PPA-CI Gontougo (Bondoukou – Tanda – Sandégué)

    Le plan B, ou l’art de faire pression

    Le parti n’ayant pas anticipé ce scénario, nous, membres de l’aile BRICSophile, avons toujours vu dans l’agitation d’une candidature pro-BRICS un moyen de pression efficace pour faire valider celle du Président Gbagbo. D’où notre maxime : « Le plan B du PPA-CI, c’est le candidat Poutine. »

    En réalité, une candidature potentielle du Vice-Président des BRICS — Ahoua Don Mello, ancien DG du BNETD et concepteur du slogan « concevoir le développement de l’Afrique en Afrique » — pourrait accélérer, par effet de levier, l’acceptation de la candidature du président Gbagbo.

    La logique est simple : il a suffi que les services de renseignement des puissances occidentales (OTAN, USA, UE), adversaires notoires des BRICS, prêtent à Ahoua Don Mello des intentions présidentielles pour que les lignes diplomatiques commencent à bouger. Là où l’ONU, l’Union africaine, la CEDEAO ou même la Cour africaine des droits de l’homme ont échoué, cette alerte géopolitique provoque un début de réajustement stratégique chez les parrains du régime d’Abidjan.

    Tenez : alors que les exclus de la liste électorale ne pouvaient même pas prétendre au kit de parrainage, voilà que l’étau se desserre.

    La dynamique souterraine et le retour de Don Mello

    Selon nos sources bien informées, la fuite de l’initiative entreprise par Don Mello auprès du Président Laurent Gbagbo — après un long séjour diplomatique à l’étranger — a été capitalisée par des forces invisibles pour accroître la pression sur le régime d’Abidjan. Une pression qui, pour l’heure, pourrait bénéficier à Tidjane Thiam, à Laurent Gbagbo, ou aux deux.

    Notre stratégie initiale — fondée sur l’unicité de la candidature de Gbagbo — a ainsi révélé sa faiblesse : elle a permis à l’adversaire de comprendre que nous n’avions qu’une seule munition.

    En revanche, le fait que le président Gbagbo ait réceptionné le document, puis en ait confié l’analyse à ses collaborateurs, a entraîné un effet secondaire inattendu : les chancelleries occidentales ont pris conscience que l’existence, au sein du PPA-CI, de figures alternatives, notamment pro-BRICS, représentait une menace plus grande pour leurs intérêts qu’un Gbagbo assagi par les années CPI.

    Quel avenir pour la direction du PPA-CI ?

    Face à cette nouvelle donne, la direction du parti changera-t-elle de posture en réévaluant l’option des candidats de précaution ? Ou cédera-t-elle au diktat de l’aile francophile, persuadée — à tort — que renier l’idéologie panafricaniste et souverainiste assurerait la clémence des puissances occidentales ?

    Manifestement, le Président Laurent Gbagbo se retrouve, malgré lui, au croisement d’une dualité idéologique qu’il lui faudra trancher. Faute de quoi, le PPA-CI pourrait dériver vers une confrontation fratricide entre néo-marxistes pro-Russie et sociaux-démocrates ultralibéraux.

    Au total, le PPA-CI devrait assumer pleinement sa part dans le mouvement géopolitique en cours. La montée en puissance des figures BRICS-compatible dans la présidentielle participe d’une pression salutaire sur le régime Ouattara.

    L’erreur serait d’étouffer cette dynamique sous prétexte de discipline de parti. À l’unisson, nous devrions dire : « On gagne ou on gagne ».

    Gagne, si la candidature de Laurent Gbagbo est validée grâce à la stratégie de précaution.
    Gagne encore, si une candidature de repli, comme celle d’Ahoua Don Mello, permet de déjouer le veto occidental.

    Dans le contexte actuel d’incertitude chez les parrains du régime RHDP, toutes les forces — Front commun, candidatures de précaution, ailes francophile et russophile — sont utiles pour faire tomber ce système de paupérisation imposé à notre pays par l’ordre occidental.

    Kouakou Dapa Donacien
    Partisan de la vision BRICS pour l’Afrique
    Coordonnateur régional PPA-CI Gontougo
    Auteur de la saisine du Comité de Contrôle du PPA-CI, le 28 juin 2025, pour l’organisation d’une convention de sélection de candidats supplémentaires

  • Crise du logement en Côte d’Ivoire : l’État reprend peu à peu la main

    Crise du logement en Côte d’Ivoire : l’État reprend peu à peu la main

    Confrontées à l’augmentation de la population et à la saturation de l’offre privée, les autorités ivoiriennes interviennent massivement pour combler le déficit de logements abordables. Un engagement qui se traduit par de vastes programmes de construction de logements sociaux comme par l’encouragement à sortir d’un modèle de propriété qui n’est pas toujours adapté aux besoins d’une population ivoirienne encore faiblement bancarisée.

    Bruno Koné,Ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme

    Pour qui découvrirait la capitale économique ivoirienne, Abidjan présenterait sans doute deux visages bien différents. Celui, à première vue, d’une mégalopole africaine en ébullition, où partout se dressent les grues et rugissent les engins de construction. De fait, dans certains quartiers comme ceux du Plateau ou de la Riviera, de nouveaux immeubles surgissent de terre en un temps record, accueillant ici des employés de bureaux, là de nouveaux habitants. Tous drainés par l’insolente croissance économique (+6,5% en moyenne depuis une dizaine d’années) de la Côte d’Ivoire.

    Mais le PIB n’est pas le seul indicateur à croître de manière exponentielle dans ce pays d’Afrique de l’Ouest ; sa population aussi. De 3 millions de personnes en 1955, celle-ci a atteint 29 millions en 2021 et devrait tutoyer les 50 millions en 2050. Autant d’habitants qu’il faut bien loger quelque part – et c’est là qu’apparaît le second visage d’Abidjan. Celui d’une ville où se joue, pour une partie de sa population, « une épuisante course au logement », comme a choisi de la qualifier le journal Le Monde. Non qu’il s’agisse d’une particularité ivoirienne ; en Afrique de l’Ouest (UEMOA), plusieurs millions de logements manqueraient à l’appel. Un déficit d’habitations abordables qui se creuse, dans la région, « presque jusqu’à l’absurde », d’après la Banque africaine de développement.

    Un morcellement du foncier qui dissuade les investisseurs

    Sans atteindre les 3 millions d’unités manquantes de Lagos, au Nigeria, le déficit de logements en Côte d’Ivoire serait, selon les estimations, compris entre 500 000 et 830 000 unités ; et il croît, d’après le Centre for Affordable Housing Finance in Africa, d’environ 10 % chaque année, entraînant, surtout dans les zones urbaines, des phénomènes de surpopulation, de précarité, voire d’itinérance. Les causes de cette crise du logement sont bien identifiées : la démographie galopante, qui pousse vers les villes toujours plus d’habitants ; l’urbanisation, dont le taux en Côte d’Ivoire est passé de 5 % en 1950 à 55 % en 2023 ; les difficultés financières, l’exercice d’une activité informelle et le faible taux de bancarisation de nombreux Ivoiriens, qui rendent difficile, voire impossible, l’accès au crédit.

    A ces causes structurelles, il convient d’ajouter l’insécurité foncière inhérente à la coexistence, sur certaines parcelles de terrain, de plusieurs systèmes de droits (formels, informels et coutumiers). « Parfois, certains te donnent des documents, mais tu te rends compte que la terre ne leur appartient pas », explique un promoteur local à RFI, un second confirmant au même micro qu’il « peut y avoir plusieurs attributions sur la même parcelle (…). La banque ou les investisseurs ont peur d’investir beaucoup, car s’il y a un conflit, il sera très difficile de trancher. Ça freine beaucoup d’investissements ». « Avant de construire, il faut disposer d’un foncier », tranche sur Africa24 Jean-Pascal Boah, du ministère ivoirien de la Construction, du logement et de l’urbanisme (MCLU).

    Sortir du modèle « tout propriétaire »

    Toujours selon le fonctionnaire, « le ministre Bruno Koné (a entrepris) beaucoup de réformes pour permettre de sécuriser toute la chaîne » du logement en Côte d’Ivoire. Dans un pays où pas un jour ne passe sans que soient évoqués les très impopulaires « déguerpissements », comme sont ici désignées les opérations de démolition de quartiers insalubres, la crise du logement est éminemment politique. Le président ivoirien, Alassane Ouattara, l’a bien compris, lui qui dès son élection en 2011 a fait de l’accès au logement l’une des priorités de son action. Signant la reprise en main de l’État sur un secteur de la construction peinant à honorer la demande de la population, le Programme présidentiel de construction de logements sociaux et économiques (PPLSE) a été lancé en 2012, avec l’objectif de construire 60 000, puis 150 000 logements.

    Une grosse dizaine d’années plus tard, un tiers seulement des unités prévues sont sorties de terre. Au Monde, le ministre Bruno Koné assure avoir « commencé à tirer les enseignements des échecs relatifs » du programme, assurant par ailleurs qu’il « ne faut pas se focaliser (…) sur la construction-vente qui ne convient pas forcément aux personnes non bancarisées ». Pour accélérer le PPLSE, le MCLU a annoncé en 2024 son intention de faire appel à des promoteurs à plus fortes capacités financières, avec lesquels des conventions seraient d’ores et déjà signées pour réaliser 465 000 logements. De même que l’instauration de mécanismes de location-vente et location simple, ainsi qu’un recours plus prononcé aux partenariats public-privé (PPP).

    De facilitateur, l’État ivoirien devient bâtisseur

    Confrontées à un véritable mille-feuilles de difficultés financières et foncières, les autorités ivoiriennes ne baissent pas les bras. En août dernier, le premier ministre, Robert Beugré Mambé, posait ainsi la première pierre d’un programme de construction de 1 160 logements sociaux à Abidjan – toujours en location-vente ou location simple. Et en novembre de la même année, le gouvernement annonçait le lancement d’un programme d’urgence prévoyant la construction de 25 000 nouveaux logements. Avec ce programme, lançait à cette occasion Bruno Koné, « l’État passe (…) du rôle de facilitateur qu’il a joué jusqu’à présent, à un rôle plus actif et plus direct dans la production de logements sociaux et économiques (…). Il s’agit d’une mutation profonde et significative du (PPLSE) qui adresse plus efficacement les besoins des populations les plus vulnérables ».

    Fidele K

  • PRÉSIDENTIELLE 2025 : TIKEN JAH PARLE AU PRÉSIDENT ALASSANE OUATTARA

    PRÉSIDENTIELLE 2025 : TIKEN JAH PARLE AU PRÉSIDENT ALASSANE OUATTARA

    L’artiste chanteur ivoirien Tiken Jah exhorte le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara à se retirer de la course pour l’élection présidentielle d’octobre pour favoriser le “renouvellement de la classe politique’’.

    Dans une vidéo, publiée sur son compte Facebook, le reggaeman livre sa “position sur l’actualité politique en Côte d’Ivoire’’.

    A trois mois de la présidentielle, “les tensions sont en train de monter et “il est important que des leaders d’opinions s’expriment’’, explique le chanteur, qui se dit “triste’’ par la résurgence des cas d’exclusion de candidats.

    “On ne pensait pas que ce qui est en train de se passer allait se passer encore. C’est quand même incroyable. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui ont été victimes d’une situation qu’ils veulent faire subir à ceux qui sont dans l’opposition aujourd’hui’’, regrette-t-il.

    Pour lui, la Côte d’Ivoire a enregistré “trop de morts’’ lors des crises politiques de ces dernières années pour retomber encore dans les errements du passé.

    Le chanteur, régulièrement critique à l’encontre des pouvoirs successifs, espérait “des élections libres, transparentes et surtout inclusives’’.

    Il dit comprendre “la frustration de l’opposition ivoirienne’’ dont les principaux leaders ont été radiés de la liste électorale.

    “J’ai un message que je voudrais adresser solennellement au président de la République actuel, je pense que si le président Laurent Gbagbo n’est pas candidat, il est important que lui-même ne soit pas candidat’’, analyse Tiken Jah.

    Le retrait d’Alassane Ouattara (83 ans) permettra, selon lui, “d’entamer un processus de renouvellement de la classe politique’’

    Serge Alain Koffi