Auteur/autrice : iciabidjan

  • Mali : l’ancien Premier ministre Moussa Mara placé sous mandat de dépôt

    Mali : l’ancien Premier ministre Moussa Mara placé sous mandat de dépôt

    L’ex-Premier ministre du Mali, Moussa Mara, a été placé sous mandat de dépôt, vendredi, par le procureur du pôle national de lutte contre la cybercriminalité.

    L’ancien chef du gouvernement sous le régime de l’ancien président feu Ibrahim Boubacar Keïta, renversé par un coup d’État le 18 août 2020, est accusé « d’atteinte au crédit de l’État ».

    Son jugement est programmé pour le 29 septembre 2025.

    Moussa Mara avait d’abord été auditionné ce jeudi par la même juridiction en raison d’un message publié sur X en début du mois dans lequel il déclarait notamment vouloir « se battre par tous les moyens » pour que le « soleil » succède à « la nuit ».

    L’ex-Premier ministre a également dénoncé le 25 juillet dernier le niveau d’endettement du Mali.

    « Levée de fonds de 38,5 milliards de FCFA par l’État sur les marchés financiers cette semaine. Cette opération, qui augmente le niveau d’endettement de notre pays, a un impact encore plus significatif sur la situation financière de l’État en termes de remboursement », a-t-il écrit.

    Selon lui, « sur le montant encaissé, presque 29 milliards seront à rembourser dès l’année prochaine, soit 75 % de la somme empruntée. Le taux d’intérêt substantiel de l’opération alourdit son coût et nous obligera à nous endetter encore pour faire face à son remboursement l’année prochaine.

    Autrement dit, au rythme où vont les choses, nous serons condamnés à poursuivre dans cette voie avec des charges de plus en plus importantes et chaque année une somme encore plus importante à chercher pour couvrir nos besoins. Il convient de savoir que le Mali paie déjà plus pour le remboursement de sa dette que pour les salaires des fonctionnaires », a ajouté Mara avant de s’interroger: « Jusqu’à quand cela sera supportable pour nos finances publiques ? »

    Mara a en outre suggéré aux autorités de réfléchir sur cette question « pour nous permettre d’échapper aux pièges et au mur de l’endettement insupportable ». Il assure que ce travail doit être engagé avec les autres pays membres de l’UEMOA et sans doute avec la communauté financière internationale.

    Ce mandat de dépôt fait suite à une série d’auditions successives.

    Les 15 et 16 juillet dernier, Moussa Mara avait été respectivement entendu à la Brigade d’investigations judiciaires (BIJ), et au parquet du tribunal de la commune IV du district de Bamako.

    Ces auditions faisaient suite à une publication sur les réseaux sociaux où il indiquait avoir rendu visite à plusieurs personnes détenues qu’il qualifiait de « détenus d’opinion »

  • LE BRITANNIQUE PRUDENTIAL QUITTE L’AFRIQUE DE L’OUEST : EDDIE BROWN RACHÈTE ET RELANCE L’ASSURANCE

    LE BRITANNIQUE PRUDENTIAL QUITTE L’AFRIQUE DE L’OUEST : EDDIE BROWN RACHÈTE ET RELANCE L’ASSURANCE

    Le panafricain Eddie Brown reprend le flambeau de Prudential en Afrique francophone. Le retrait de Prudential Plc du marché de l’assurance en Afrique francophone ouvre une nouvelle page. C’est l’homme d’affaires nigérian Eddie Ford Brown qui s’est positionné pour reprendre les rênes de cette activité stratégique.

    Déjà en 2012, le groupe dirigé par Eddy-Ford Brown affichait un chiffre d’affaires de 3,9 milliards de francs CFA (environ 5,9 millions d’euros) en 2012. Il possède quatre filiales en Côte d’Ivoire, au Cameroun, et au Togo. Par ailleurs, le marocain RMA Watanya avait discrètement racheté l’assureur ivoirien Belife Insurance, ce qui a renforcé sa présence en Afrique de l’Ouest. À travers Belife Insurance, sa société née de la scission des opérations de Prudential en Côte d’Ivoire, au Togo et au Cameroun, il affirme une ambition clairement panafricaine, avec un fort ancrage régional et une gouvernance locale. 

    Rachat et continuité avec un ancrage africain renforcé

    Prudential Plc, compagnie d’assurance britannique présente mondialement avec plus de 21 millions de clients, a décidé de se retirer progressivement de la région. Historiquement implantée au Royaume-Uni et dans plusieurs pays d’Asie, l’entreprise a souhaité recentrer sa stratégie globale. Ce mouvement répond à une tendance plus large de retrait des grandes multinationales du secteur financier et assurantiel hors de certains marchés africains francophones.

    C’est dans ce contexte qu’est née Belife Insurance, dirigée par Eddie Brown, lui-même ancien directeur régional Afrique francophone chez Prudential. Le transfert des opérations s’appuie sur la reprise complète des activités en Côte d’Ivoire, Togo et Cameroun qui étaient jusqu’alors développées conjointement via une joint-venture. Cet ancrage local est au cœur de la nouvelle ambition de Belife.

    La transition se fait sans rupture structurelle : les directeurs généraux en poste dans chaque pays sont maintenus, conservant ainsi le savoir-faire et l’expertise terrain. Mais la dynamique change. Eddie Brown insiste sur la volonté d’affirmer une assurance « pensée par et pour les Africains », qui conjugue rigueur opérationnelle et proximité avec les clients.

    Belife Insurance, une vision ancrée dans le réel africain

    Plus qu’un simple changement de nom, Belife incarne un projet où la performance s’évalue autant par la qualité du service que par l’impact social. Le groupe met l’accent sur l’accompagnement des familles dans des domaines essentiels comme l’éducation, la santé, la prévoyance ou l’épargne. Fort de plus de 3 000 agents actifs et une clientèle en nette croissance, Belife s’affirme comme un des acteurs les mieux structurés dans l’espace francophone africain.

    Sa gouvernance mise sur la proximité et l’agilité, deux atouts pour s’adapter aux réalités culturelles et économiques du continent. Dans une région où l’assurance-vie couvre aujourd’hui moins de 2% de la population, même si le secteur connaît une croissance rapide avec un doublement des cotisations entre 2014 et 2024, selon la FANAF  le créneau pour innover est vaste.

    Belife se positionne ainsi pour apporter des solutions adaptées, accessibles et durables, mieux alignées avec les besoins locaux. Le groupe insiste aussi sur l’importance de son indépendance, qui selon Eddie Brown, représente une véritable force, tout comme son enracinement dans la région. Cette autonomie doit permettre de rester fidèle aux attentes des clients et de mieux relever les défis africains.

    Vers l’excellence opérationnelle et l’innovation produits

    Le plan de développement de Belife Insurance place la formation et la digitalisation au centre de ses priorités. Des programmes en continu, des mesures contre toute forme de discrimination et une politique claire de transmission des connaissances internes ont déjà été mis en place. L’entreprise tient ainsi à faire de ses collaborateurs de véritables ambassadeurs de la marque et de ses valeurs. Quant à la gamme de produits, elle devra évoluer pour répondre aux besoins diversifiés des populations africaines.

    Belife explore plusieurs pistes, dont l’assurance non-vie, les complémentaires santé communautaires et les solutions de micro-assurance, segments porteurs dans un marché où l’assurance reste encore largement sous-développée. Ce projet s’appuie également sur une expérience de plus de 50 ans dans l’assurance, combinée à l’esprit d’une génération d’entreprises africaines indépendantes qui allient agilité, ancrage local et portée continentale.

    Cette version privilégie un style clair et factuel, en accord avec les attentes d’un article dans Jeune Afrique. Votre texte initial est redéfini en conservant l’essentiel tout en fluidifiant la narration et en limitant les expressions formelles. Souhaitez-vous une version plus analytique sur le secteur de l’assurance en Afrique ou une mise en lumière plus détaillée du parcours d’Eddie Brown

    DJOMANDE Aziz

  • Cour d’arbitrage de Côte d’Ivoire: Le secrétaire général Diakité Mamadou explique le bien-fondé de sa structure

    Cour d’arbitrage de Côte d’Ivoire: Le secrétaire général Diakité Mamadou explique le bien-fondé de sa structure

    Dans les locaux de l’entreprise Fraternité Matin, en tant qu’ »Invité des rédactions », le magistrat hors hiérarchie Diakité Mamadou, par ailleurs secrétaire général de la Cour d’arbitrage de Côte d’Ivoire (Caci), a expliqué les avantages liés à sa structure créée en 1997 par la Chambre de commerce et d’industrie.

    Se soumettant aux questions des journalistes, il a fait savoir que la Caci est un centre de règlement des litiges très efficace. Il en veut pour preuve la rapidité dans les traitements des dossiers ; la discrétion tout au long du processus ; la qualification, la technicité et la compétence des intervenants. Poursuivant, il a relevé la souplesse et l’adaptabilité des procédures ; le caractère obligatoire des décisions rendues, et la justice gagnant-gagnant.

    Indiquant que tout citoyen peut saisir la Caci en présentiel ou en ligne, il a souligné que trois (3) modes d’intervention sont utilisés. Premièrement la médiation, dont le règlement des litiges se fait à l’amiable. À cette étape, un médiateur aide les parties à trouver, elles-mêmes la solution à leur différend, dans un délai de trois (3) mois. Ensuite, vient l’arbitrage, un mode juridictionnel de règlement de litiges par lequel les parties confient au tribunal arbitral le soin de trancher leur litige, dans un délai de six (6) mois.

    Selon ses propos, en plus de la procédure ordinaire, il existe des procédures particulières. Notamment la procédure accélérée qui dure 2 mois et le référé arbitral qui dure 72 heures. Quant au recouvrement accéléré de créances, le délai est fixé à 45 jours.

    Parlant de l’expertise, la procédure offerte par la Caci, soit aux parties à un contrat qui recherchent la solution à un litige d’ordre technique, contractuel ou financier, soit au tribunal arbitral dans le cadre d’un procès ou au médiateur pour être éclairées, à dire d’expert, sur la valeur de leurs arguments ou prétentions respectives.

  • La Côte d’Ivoire affiche un excédent commercial de 1462 milliards de FCFA

    La Côte d’Ivoire affiche un excédent commercial de 1462 milliards de FCFA

    Le Conseil des ministres du 30 juillet 2025 a noté une nette évolution de la situation économique et financière de la Côte d’Ivoire, au premier trimestre 2025. Notamment au niveau des échanges commerciaux et la production industrielle.

    « Au terme du premier trimestre 2025, les échanges commerciaux de notre pays affichent un excédent commercial de 1462 milliards de FCFA, largement supérieur à l’excédent de 423 milliards de FCFA enregistré à la même période en 2024 », a indiqué le ministre Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement lors du point de presse qu’il a tenu à l’issue dudit Conseil ; qui est le dernier en date, avant le départ en vacances du gouvernement.

    Au terme des trois premiers mois de l’année 2025, le secteur tertiaire a connu une évolution globalement favorable, a indiqué le porte-parole du gouvernement, sous l’effet de « l’accroissement du trafic global de marchandises dans le secteur maritime de 18,2% et du chiffre d’affaires dans le commerce global de 10% ».

    Quant à la production industrielle, elle a augmenté de 3,7%, en moyenne, grâce à la vitalité de la production des industries extractives et des productions des industries manufacturières.

    Les prix ont également connu des augmentations sur le marché des matières premières agricoles, précisément pour le cacao fèves, le café Robusta et l’huile de palme.

    Le Conseil a toutefois noté une évolution mitigée de la production de l’agriculture d’exportation. La filière café-cacao a été impactée principalement par des conditions climatiques défavorables. « À l’inverse, bénéficiant d’un climat plus favorable dans les zones de production et de l’application de traitements phytosanitaires innovants, la production de la noix de cajou se redresse, après la contraction enregistrée en 2023 », a précisé le porte-parole du gouvernement.

  • La transposition mécanique du modèle démocratique occidental est-elle viable en Afrique, et en particulier en Côte-d’Ivoire ?

    La transposition mécanique du modèle démocratique occidental est-elle viable en Afrique, et en particulier en Côte-d’Ivoire ?

    Vers une démocratie endogène ? Et si la Côte d’Ivoire inventait son propre mode de gouvernance ?

    L’annonce « controversée » d’un quatrième mandat du Président Alassane Ouattara, prévue pour l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, ravive un débat aussi ancien que les indépendances africaines : celui de l’adéquation entre démocratie occidentale et réalités africaines.

    Derrière les crises électorales récurrentes, les alternances conflictuelles, les transitions inabouties ou les exclusions déguisées, se pose une question fondamentale : la démocratie « à l’occidentale » est-elle véritablement applicable en Afrique sans adaptation ?

    Un modèle importé, souvent inadapté

    Les Constitutions africaines postcoloniales ont été largement inspirées des modèles français, britanniques ou américains [système à deux parties dans les faits], imposant des logiques de multipartisme concurrentiel, de suffrage universel direct et de séparation des pouvoirs. En apparence modernes, ces systèmes peinent pourtant à produire des institutions solides, à garantir des alternances apaisées, ou à refléter les équilibres sociaux, ethniques et historiques des pays africains.

    En Côte-d’Ivoire comme ailleurs, ces modèles n’ont pas empêché les guerres civiles, les coups d’État, ou les contestations électorales chroniques. Faut-il y voir les limites d’une démocratie plaquée, étrangère aux mécanismes traditionnels de gouvernance communautaire ?

    Et si on osait une refondation locale du pouvoir ?

    L’idée peut surprendre, voire choquer les défenseurs orthodoxes de la démocratie libérale : et si la Côte d’Ivoire créait son propre modèle politique, adapté à ses réalités ethniques et régionales ?

    Une proposition audacieuse pourrait consister à instaurer une présidence tournante à vie entre les grandes régions du pays. Dans ce système, le Président de la République ne serait plus élu au suffrage universel direct, mais désigné à tour de rôle par les parlements régionaux, eux-mêmes issus d’élections locales.

    Chaque région exercerait un mandat présidentiel unique, sur le long terme (voire à vie), dans une logique de stabilité, d’équilibre territorial, et de reconnaissance mutuelle. Le modèle s’appuierait sur les traditions de chefferie et d’autorité ancestrale, où la longévité au pouvoir est gage d’expérience, de cohésion et de sagesse.

    Un Sénat d’équilibre et de contrôle

    Pour éviter les dérives autoritaires, un Sénat national – organe indépendant composé à parité de représentants régionaux – exercerait un droit de regard sur les grandes décisions, avec pouvoir de veto sur les actes menaçant l’unité ou l’intégrité de la République.

    Utopie ou révolution politique ?

    Certes, cette idée heurterait les habitudes politiques actuelles, et remettrait en question les dogmes du suffrage universel direct ou de l’alternance régulière. Mais faut-il maintenir un modèle démocratique qui génère à chaque échéance des tensions, des fraudes, des violences et des frustrations collectives ?

    Le Nigeria, avec son système de rotation entre nord et sud, ou l’Éthiopie, avec sa structure fédérale ethnique (certes imparfaite), sont autant d’exemples d’expérimentations alternatives. Pourquoi la Côte d’Ivoire ne pourrait-elle pas tracer sa propre voie entre modernité institutionnelle et traditions communautaires ?

    (Le) Ce débat mérite d’être ouvert, sereinement, sans tabou, sans dogmatisme. Car il s’agit, au fond, de réconcilier l’État moderne et les réalités profondes et séculaires des peuples ivoiriens et africains.

    Et cela commence peut-être par le courage de penser autrement.

    Gbansé Douadé Alexis [#AGD]

  • LAURENT GBAGBO TRANCHE : AHOUA DON MELLO ÉCARTÉ DU PPA-CI

    LAURENT GBAGBO TRANCHE : AHOUA DON MELLO ÉCARTÉ DU PPA-CI

    À peine quelques heures après l’annonce de sa candidature à la présidentielle de 2025, Ahoua Don Mello a été révoqué de ses fonctions de vice-président du PPA-CI. Une décision qui confirme les tensions internes au sein du parti fondé par Laurent Gbagbo.

    Le divorce est désormais consommé entre Laurent Gbagbo et Ahoua Don Mello. Ce jeudi 31 juillet 2025, le président du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), a signé une décision portant révocation de son vice-président exécutif en charge des Lacs et de la promotion du panafricanisme.

    « Nécessités de service »

    Dans un document officiel du parti, Laurent Gbagbo invoque les « nécessités de service » pour justifier cette décision. Il précise qu’à compter de ce jour, Ahoua Don Mello est démis de ses fonctions. L’intérim est confié à Jean-Gervais Tcheidé, secrétaire général du PPA-CI, tandis que la charge de la promotion du panafricanisme revient désormais à Justin Koné Katinan, président du Conseil stratégique et politique du parti.

    Cette révocation intervient le jour même où Ahoua Don Mello a annoncé, lors d’une conférence de presse à Abidjan, sa candidature à l’élection présidentielle du 25 octobre prochain.

    « Afin d’éviter la politique de la chaise vide, je déclare solennellement ma candidature à l’élection présidentielle », a-t-il déclaré.

    Sa décision, a-t-il précisé, se voulait une « précaution » au cas où l’ancien président Laurent Gbagbo serait déclaré inéligible.

    Il a toutefois assuré que sa candidature serait immédiatement retirée si Gbagbo obtenait un gain de cause.

    Rupture nette

    Dans un communiqué publié plus tôt, le PPA-CI a réagi en prenant acte de cette décision qu’il qualifie de « personnelle ». Le parti affirme que cette démarche ne s’inscrit pas dans sa stratégie politique actuelle, tout en souhaitant « bon vent » à l’ancien ministre.

    « Le PPA-CI prend acte de cette décision personnelle et souhaite bon vent à cet ancien collaborateur du président Laurent Gbagbo », peut-on lire dans le communiqué signé par Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du parti.

    Début juillet, une note interne d’Ahoua Don Mello, avait fuité dans la presse. Il y proposait d’anticiper une éventuelle inéligibilité de Laurent Gbagbo en préparant plusieurs candidatures alternatives au sein du PPA-CI. Ce document avait provoqué une vive controverse en interne.

    La direction du parti avait alors engagé des sanctions, excluant deux membres pour leur soutien affiché au vice-président. Cette nouvelle décision de révocation confirme que la ligne de fracture au sein du parti est désormais transformée en rupture nette.

  • « Je me bats chaque jour pour être à la hauteur de cette couronne » – Miss Côte d’Ivoire, victime de cyberharcèlement

    « Je me bats chaque jour pour être à la hauteur de cette couronne » – Miss Côte d’Ivoire, victime de cyberharcèlement

    Le 28 juin 2025, Fatima Koné est devenue Miss Côte d’Ivoire. Mais son triomphe a vite viré au cauchemar : en quelques heures, elle a commencé à subir une vague de cyber harcèlement massif — insultes, moqueries, détournements d’images, comme plusieurs reines de beauté africaines ces dernières années.

    Ce phénomène, loin d’être anecdotique, reflète la brutalité des réseaux sociaux.

    En Côte d’Ivoire, selon des statistiques officielles, 1 personne sur 4 est victime de cyber harcèlement.

     »Tu seras déchue de ton titre de Miss Côte d’Ivoire, on va t’enlever, tu n’es pas notre miss. Tu n’es pas la plus belle femme de Côte d’Ivoire. Quand toi tu te regardes tu peux représenter la Côte d’Ivoire ? »

    Depuis son couronnement en tant que Miss Côte d’Ivoire 2025, Fatima Koné, 23 ans et étudiante en e-commerce, fait face à un défi inattendu : le cyber harcèlement.

    Alors que cette jeune mannequin originaire de Bouaké dans le centre du pays, tente de célébrer une victoire issue d’un rêve d’enfance, elle subit des attaques virulentes sur les réseaux sociaux.

    « Ses dauphines sont plus belles qu’elle. « Avec ses oreilles, non, elle ne peut pas avoir gagné ». « Qu’est-ce qui est arrivé au Comité d’organisation de Miss Côte d’Ivoire? » « Il faut annuler cette élection ».

    Certains internautes basés en Côte d’Ivoire, dans d’autres pays d’Afrique ou encore en France, n’ont pas hésité à publier des vidéos très virulentes à son égard.

    Face à cette vague de critiques, Fatima Koné réagit avec humilité : « Il y a eu des critiques positives négatives, plus dures, explique la nouvelle reine de beauté ivoirienne. Mais je les ai accueillies comme je pouvais. Parce que je reste un être humain. Ça fait mal. Mais je me dis qu’avec le temps, ils finiront par m’accepter. »

    Un appel à la bienveillance

    Miss Côte d’Ivoire 2025 (au centre) avec ses dauphines

    Cette année, le Comité Miss Côte d’Ivoire (COMICI) a instauré de nouvelles règles pour l’élection, notamment l’interdiction des perruques, mèches et tissages, un engagement pour une beauté naturelle que Fatima veut incarner fièrement selon ses propos.

    Nous l’avons rencontrée lors d’un événement officiel début juillet à Abidjan. La jeune femme, souriante, élancée, sans faux-cils, répond à ce cyber harcèlement en restant sereine :

    « Je demande à tous de me donner une chance, de m’accepter comme je suis. Parce qu’avec votre soutien, je sais que je peux faire de grandes choses ».

    Ses dauphines Diane Gouano et Marie-Axelle Gbogou, ont également publié des messages, pour selon elles « apaiser les tensions ».

    Mais les critiques continuent sur les réseaux sociaux en Côte d’Ivoire et sont largement relayées par les internautes.

    De son côté, bien décidée à transformer cette épreuve en force, Fatima souligne aussi l’importance du soutien qu’elle reçoit, notamment via les commentaires positifs et les encouragements :

    « Il y a de l’amour qui me porte. C’est ce qui m’aide à avancer chaque jour. À ceux qui ne me reconnaissent pas encore comme leur Miss, je dis : prenez votre temps. Mais regardez. Regardez ce que je vais accomplir. Vous verrez que je me bats chaque jour pour être à la hauteur de cette couronne. »

    Des hashtags ont été lancés pour soutenir la nouvelle Miss Côte d’Ivoire sur les réseaux sociaux et de nombreuses personnalités se sont levées pour dire ‘Non au cyber harcèlement’. Thierry Coffie, SG du COMICI: « Nous sommes fiers de Fatima. Cette année, le choix du public avait une plus grande importance que d’habitude. Elle a été élue par un jury et aussi par le public. Elle est légitime et nous sommes confiants qu’elle ira très loin. La simplicité fait peur, nous le comprenons. »

    Un cas loin d’être isolé

    Le cas de Fatima n’est malheureusement pas isolé. Les Miss incarnent la beauté, la grâce, l’intelligence et l’espoir d’un pays. Mais dès qu’elles sont élues, certaines Miss africaines deviennent aussi des cibles. Derrière les sourires et les paillettes, une autre réalité : celle que vit Fatima, le cyber harcèlement, souvent violent, parfois destructeur.

    En 2022, Ndèye Fatima Dione, Miss Sénégal, avait elle aussi été la cible d’attaques violentes. D’autres reines de beauté, au Nigéria, en Afrique du Sud, ou au Mali, ont vécu le même rejet brutal.

    « En Afrique, on attend d’une Miss qu’elle incarne un idéal impossible. Dès qu’elle ne correspond pas à une norme figée, elle devient la cible », selon le Dr Aïssata Diop, sociologue et spécialiste des genres.

    En Afrique francophone, la législation contre le cyber harcèlement reste faible. Dans de nombreux pays, les plaintes sont rares, et les sanctions, quasi inexistantes. Les Miss, souvent livrées à elles-mêmes, se retrouvent sans recours juridique solide.

    En route vers Miss Univers ou Miss Monde

    Mannequin depuis 2022, Fatima Koné prend regulièrement part à des défilés en Côte d’Ivoire mais aussi au Mali. Cela l’a beaucoup aidé pour son assurance et sa démarche lors de la finale du 28 juin.

    « Quand on se retrouve à deux finalistes, on se dit : soit ça passe, soit ça passe. Nous étions 30 candidates… et être là, à un pas de la couronne, c’est énorme. Quand on t’appelle, tu te dis : « Ça y est, je l’ai fait. « 

    À quelques mois de sa participation à Miss Monde ou Miss Univers, Fatima Koné se prépare à représenter son pays avec courage et détermination — au-delà des projecteurs et des jugements, elle veut avant tout incarner la résilience.

    « En tant que Miss Côte d’Ivoire, je vais participer à Miss Monde ou Miss Univers. Et je vous fais une promesse : je donnerai tout pour ramener cette couronne ici, en Côte d’Ivoire. Si Dieu le veut, nous aurons une Miss Monde ou une Miss Univers ivoirienne. »

    Olivia Yace, Miss Côte d’Ivoire 2021, avait terminé deuxième dauphine à l’élection de Miss World, la meilleure performance de l’histoire de la Côte d’ivoire à ce concours de beauté.

    Comment faire face au cyberharcèlement ?

    En 2024, en Côte d’Ivoire, 15 % des jeunes déclarent avoir été victimes d’agressions en ligne.

    Dr Kouakou, psychologue à Abidjan, nous explique que « Le cyber harcèlement peut avoir des conséquences graves sur la santé mentale. Il est urgent d’éduquer et de sensibiliser à un usage responsable des plateformes numériques. »

    Les réseaux sociaux, bien qu’ils soient des espaces de communication et de divertissement, deviennent parfois des lieux de moqueries, d’humiliations et d’agressions virtuelles.

    Face à ce phénomène grandissant, il est important de savoir comment réagir.

    Voici 5 conseils essentiels si vous êtes victime de cyber harcèlement :

    Parlez-en à une personne de confiance

    Ne restez pas seul·e face à la situation. Parlez-en à un parent, un enseignant, un ami ou toute personne en qui vous avez confiance. Leur soutien peut faire toute la différence.

    Bloquez et signalez les harceleurs

    Les plateformes sociales disposent d’outils pour bloquer et signaler les utilisateurs malveillants. Utilisez-les dès que vous ressentez un malaise ou êtes la cible d’agressions.

    Conservez les preuves

    Prenez des captures d’écran des messages, commentaires ou publications offensantes. Ces preuves pourront être utiles pour agir, notamment sur le plan légal.

    Informez les autorités compétentes

    Si le harcèlement devient grave ou persistant, n’hésitez pas à porter plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. Le cyberharcèlement est un délit puni par la loi.

    Soutenez les autres victimes

    Si vous êtes témoin d’une situation de cyberharcèlement, ne restez pas silencieux. Soutenez la victime, encouragez-la à en parler, et si possible, signalez les contenus abusifs.

  • 48 heures après l’annonce de candidature de Ouattara, le PPA-CI appelle les Ivoiriens à « se préparer à défendre la Constitution »

    48 heures après l’annonce de candidature de Ouattara, le PPA-CI appelle les Ivoiriens à « se préparer à défendre la Constitution »

    Dans un communiqué officiel rendu public ce jeudi 31 juillet, le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation politique fondée par l’ancien président Laurent Gbagbo, est sorti de son silence deux jours après l’annonce par Alassane Ouattara de sa candidature à un quatrième mandat présidentiel.

    « Le PPA-CI appelle tous les citoyens attachés à la dignité de la Côte d’Ivoire à se préparer à défendre la Constitution, la justice et l’alternance », peut-on lire dans ce communiqué, au ton ferme et sans équivoque.

    Ce nouvel appel à la mobilisation s’inscrit dans une séquence politique de plus en plus tendue, alors que l’opposition dénonce un « passage en force » et une « violation grave » de l’ordre constitutionnel. Le parti de Laurent Gbagbo laisse clairement entendre que cette décision du chef de l’État sortant constitue une menace pour la démocratie et la paix.

  • DÉCISION DU COMITÉ DES DROITS DE L’HOMME DES NATIONS UNIES/Me MATHIAS CHICHPORTICH, (AVOCAT DE THIAM) À AMADOU COULIBALY: » Cette décision est un rappel à l’ordre cinglant de la Côte d’Ivoire, à ses obligations internationales… »

    DÉCISION DU COMITÉ DES DROITS DE L’HOMME DES NATIONS UNIES/Me MATHIAS CHICHPORTICH, (AVOCAT DE THIAM) À AMADOU COULIBALY: » Cette décision est un rappel à l’ordre cinglant de la Côte d’Ivoire, à ses obligations internationales… »

    Me MATHIAS CHICHPORTICH, AVOCAT DU PRÉSIDENT TIDJANE THIAM RENVOIE AMADOU COULIBALY PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT À SES COPIES :

     » Cette décision est un rappel à l’ordre cinglant de la Côte d’Ivoire, à ses obligations internationales… »

    « Je réitère ce que j’ai indiqué, hier, puisque j’ai vu que cela avait fait POLÉMIQUE. Cette DÉCISION est un rappel à l’ordre cinglant de la CÔTE D’IVOIRE, à ses OBLIGATIONS internationales et à l’ordre public international. J’ai entendu le PORTE-PAROLE du GOUVERNEMENT, dont je ne sais pas d’ailleurs si c’est le PORTE-PAROLE d’un GOUVERNEMENT ou d’un CANDIDAT, indiquer que j’avais AFFABULÉ, il a utilisé le mot AFFABULATION, allant jusqu’à placer le niveau jusqu’à celui de mes HONORAIRES. Je regrette que la solennité qui sied à un COMPTE-RENDU de Conseil des ministres soit descendue à ce niveau et je vais lui répondre sur la FORME et sur le FOND.

    Sur la FORME, je m’étonne qu’il ait fallu autant de temps et d’énergie depuis 24 heures aux REPRÉSENTANTS de la CÔTE D’IVOIRE, à son AVOCAT, pour indiquer que ce que je dis est AFFABULATOIRE, si jamais il n’y avait pas un fondement. Pourquoi autant de temps et d’énergie à discréditer ce qui serait une simple affabulation? Pour une raison simple, c’est que si on lit clairement la DÉCISION, et je vais vous la lire puisqu’il vous y INCITAIT, il est clair que la CÔTE D’IVOIRE est RAPPELÉE à L’ORDRE par le COMITÉ des DROITS H.UMAINS. Je vous lis ce qui est indiqué en référence à la régle 94 de son réglement intérieur. « Après avoir examiné le dossier, le Comité, agissant par l’intermédiaire de ses rapporteurs spéciaux sur les nouvelles communications et mesures provisoires, a décidé de ne pas accéder à la demande de mesures provisoires de l’auteur, mais invite L’ÉTAT partie à prendre toutes les mesures nécessaires, je dis bien toutes les mesures nécessaires, pour GARANTIR que M. TIDJANE THIAM puisse exercer ses DROITS POLITIQUES en vertu de l’article 25 du Pacte, tant que sa requête est en cours d’examen par le COMITÉ ».

    Désolé d’avoir dù prendre le temps de vous le lire, mais je ne veux pas qu’il y ait le moindre malentendu sur ce qui est écrit. « Invite L’ÉTAT partie à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir que M. THIAM puisse exercer ses DROITS POLITIQUES ».

    Et référence à l’article 25. Alors que nous dit l’article 25 ? Et je vous promets que ce sera la seule autre lecture que je vous ferai d’une disposition légale. « Tout citoyen a le droit et la possibilité, sans aucune DISCRIMINATION, de prendre part à la direction des affaires publiques, soit directement, soit par l’intermédiaire de ses représentants librement choisis. De VOTER et d’être ÉLU au cours d’élections périodiques, honnêtes au suffrage universel et égal au scrutin secret, assurant l’expression libre de sa VOLONTÉ des ÉLECTEURS. D’accéder dans des conditions générales d’égalité aux fonctions publiques de son PAYS ».

    C’est dire que lorsque le PORTE-PAROLE du GOUVERNEMENT indique que la CÔTE D’IVOIRE respecte les DROITS POLITIQUES de TIDJANE THIAM parce qu’il exercerait des fonctions de direction du PARTI, c’est purement et simplement FAUX.

    Parce que ce que vient dire le COMITÉ, c’est que soit RESPECTÉ l’article 25 du PACTE, c’est à-dire le fait de VOTER et d’être ÉLU. Et la meilleure preuve, c’est que si, à l’examen du dossier de la requête des arguments présentés par la CÔTE D’IVOIRE, le COMITÉ avait estimé que les DROITS de M. THIAM étaient garantis, alors pourquoi donc INVITERAIT-IL la CÔTE D’IVOIRE à les GARANTIR ? A quoi bon prendre le soin d’indiquer que L’ÉTAT partie doit prendre toutes les mesures nécessaires pour GARANTIR les DROITS de M. THIAM si ces DERNIERS sont déjà GARANTIS ? Je pense qu’il faut lire les choses avec RIGUEUR. Et puisqu’on me reproche de faire des écrans de fumée, tirer les conséquences des décisions qui sont rendues. Ou alors assumer le fait que la CÔTE D’IVOIRE aujourd’hui ne veut pas respecter la DÉCISION du COMITÉ des DROITS de L’H.OMME. J’insiste également sur un point, puisque le PORTE-PAROLE du GOUVERNEMENT m’a apostrophé. Je l’engage également à relire la CONSTITUTION de la CÔTE D’IVOIRE, et je le dis avec d’autant plus de respect que je ne suis pas IVOIRIEN, que j’interviens ici comme AVOCAT FR.ANÇAIS, mais avec tout un tas D’AVOCATS IVOIRIENS qui pensent exactement ce que je pense et qui sont sur la même ligne. Que, évidemment, les TR.AITÉS INTERNATIONAUX priment sur la LOI INTERNE. Et j’en appelle à L’ARTICLE 123 de la CONSTITUTION, qui nous indique qu’évidemment les TR.AITÉS ou ACCORDS ont une AUTORITÉ SUPÉRIEURE à celle des LOIS. Et que dans une DÉCISION du CONSEIL CONSTITUTIONNEL de 2010, qui concernait d’ailleurs l’élection du président OUATTARA, il est indiqué que les NORMES et DISPOSITIONS INTERNATIONALES ont une AUTORITÉ SUPÉRIEURE à celle des lois et des décisions juridictionnelles internes.

    C’est dire que ce que nous dit le COMITÉ, c’est que peu importe les moyens légaux et politiques qui doivent être utilisés par la Côte d’Ivoire, elles doivent faire RESPECTER et GARANTIR les DROITS de TIDJANE THIAM. Parce que considérer qu’un président de PARTI qui est désigné à près de 99% pour être le CANDIDAT à L’ÉLECTION, jouirait de ses DROITS POLITIQUES simplement parce qu’il

    dirige le PARTI en étant PRIVÉ D’ÉLECTION, c’est prendre des IVOIRIENS, me semble-t-il, pour des ID.IOTS. Et je ne pense pas que le débat démocratique mérite cela.

    Je ne pense pas qu’aujourd’hui, une DÉCISION rendue par une instance internationale indépendante qui invite clairement la CÔTE D’IVOIRE à prendre ses responsabilités, que cette DÉCISION puisse être interprétée comme elle est interprétée aujourd’hui. Et j’en appelle à la responsabilité des uns et des autres parce que ce qui se JOUE indépendamment de la CANDIDATURE de M. TIDJANE THIAM, c’est aussi la PAROLE de la CÔTE D’IVOIRE. C’est aussi sa CRÉDIBILITÉ sur la SCÈNE INTERNATIONALE…»

  • PRÉSIDENTIELLE 2025 : LA MARCHE DU FRONT COMMUN PDCI–PPA-CI REPORTÉE AU 9 AOÛT

    PRÉSIDENTIELLE 2025 : LA MARCHE DU FRONT COMMUN PDCI–PPA-CI REPORTÉE AU 9 AOÛT

    Initialement prévue pour le samedi 2 août 2025, la marche pacifique organisée par le Front commun PDCI–PPA-CI a été officiellement reportée au samedi 9 août. L’annonce a été faite ce jeudi 31 juillet par Damana Adia Pickass, coordonnateur général du Comité opérationnel du Front, à travers un communiqué.

    Ce report fait suite à une rencontre tenue le 29 juillet entre la délégation du Front commun et le préfet d’Abidjan. Lors de cet échange, l’autorité préfectorale avait évoqué des contraintes sécuritaires liées à la célébration imminente du 65e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

    Les raisons d’un report

    En effet, un grand nombre de forces de sécurité seront déployées à Bouaké dans le cadre des festivités, rendant difficile l’encadrement de la marche prévue à Abidjan, selon les explications de l’autorité administrative dans son communiqué publié peu après sa rencontre avec les organisateurs de la marche.

    Dans un esprit républicain et convaincu du sens du devoir des Forces de défense et de sécurité, le Front commun PPA-CI-PDCI, prend acte de ce souhait et décide par conséquent du report  de la marche au samedi 9 août 2025 après la fête de l’indépendance

     » Dans un esprit républicain et convaincu du sens du devoir des Forces de défense et de sécurité, le Front commun PPA-CI-PDCI, prend acte de ce souhait et décide par conséquent du report  de la marche au samedi 9 août 2025 après la fête de l’indépendance », a annoncé Damana Pickass.

    Malgré ce décalage, les responsables du Front commun tiennent à rassurer les militants et sympathisants : « Ce report ne remet nullement en cause la mobilisation engagée pour défendre les enjeux évoqués dans les actes constitutifs. », rassure M. Pickass dans sa déclaration, réaffirmant la volonté de la plateforme de promouvoir la paix, la stabilité et la démocratie, dans le respect strict de la Constitution.

    Toutefois, le cadre du parti de Laurent Gbagbo a dit prendre à témoin la communauté internationale face au « climat d’intimidation et de répression » politique imposé, par le régime RHDP, à l’approche de la présidentielle.

    Les partis de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam appellent la communauté internationale à observer avec attention la situation actuelle, tout en exhortant les militants à rester calmes, mobilisés et résolument engagés dans la légalité.

    La marche devrait relier le carrefour SOLIBRA à Marcory à la place de la République au Plateau, lieu hautement symbolique situé à proximité du palais présidentiel. Cette mobilisation s’annonce déterminante pour le Front commun, à moins de trois mois de l’élection présidentielle. Pour rappel, les quatre principaux  leaders de l’opposition, Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé sont exclus du processus électoral de la présidentielle en raison de décision judiciaires controversées. L’initiative de cette marche de protestation vise à exiger du pouvoir, la réintégration des opposants exclus, mais également l’instauration de conditions garantissant la tenue d’élections transparentes, crédibles et apaisées. 

    Jean Kelly KOUASSI

  • La démocratie en 14 principes fondamentaux

    La démocratie en 14 principes fondamentaux

    Sur quoi se fonde une démocratie ? Voici 14 principes fondamentaux qui définissent et soutiennent tout système démocratique.

    Si un ami venait à vous demander de définir ce qu’est la démocratie, vous pourriez probablement lui donner une réponse assez bonne, en parlant d’élections où les gens votent et choisissent celles et ceux qu’ils veulent voir au gouvernement. Et ce serait une réponse tout à fait correcte. Mais votre ami, d’humeur curieuse, vous demande alors où se situe la limite : de quoi a-t-on besoin pour que ce soit une démocratie ? Qu’est-ce qui ne peut manquer à une démocratie ?

    En fait, il y a certains éléments qui doivent exister pour qu’une démocratie soit une démocratie. Des élections libres et équitables aux droits humains, en passant par des valeurs fondamentales comme l’égalité et la responsabilité, voici 14 éléments qui doivent être présents pour qu’une démocratie soit forte et stable.

    Quels sont les 14 principes de la démocratie ?

    1. Participation des citoyens

    Par sa définition même, la démocratie permet au peuple d’avoir son mot à dire dans l’élaboration de son gouvernement et de son avenir. Dans les démocraties directes, cela peut signifier que les citoyens votent directement les lois qu’ils doivent respecter. Dans la démocratie représentative, cela signifie que les citoyens choisissent les personnes les représentent et qu’ils ont la possibilité d’exprimer librement leurs opinions et leurs souhaits. Dans les deux cas, la participation des citoyens est le fondement de la démocratie.

    La participation ne consiste pas seulement à voter le jour des élections, bien que ce soit certainement sa forme la plus notable. Mais les débats publics, les assemblées municipales et les manifestations pacifiques, entre autres, sont des formes tout aussi importantes de participation. Elles contribuent à informer les gens lorsque vient le moment de choisir un bulletin de vote. Les groupes/organisations de citoyens et la société civile font en sorte que les gens aient la possibilité de faire tout cela et doivent être ainsi soutenus pour garantir une participation maximale.

    2. Égalité

    Dans une démocratie, il est non seulement important mais indispensable que toutes les personnes soient traitées de manière égale. Cela signifie qu’elles ne font pas l’objet de discriminations en raison de leur origine ethnique, de leur religion, de leur sexe ou de leur orientation sexuelle. Cela signifie également que les personnes ont un accès égal au libre exercice de leurs droits – par exemple, un accès égal au vote. Et quand vient le moment de voter, cela signifie que chaque voix compte de la même manière – votre voix a autant de valeur et compte autant que celle de la personne la plus riche ou la plus puissante de votre pays. C’est l’élément le plus fondamental de l’égalité dans une démocratie.

    3. Responsabilité

    Les citoyens confient des pouvoirs à ceux qu’ils élisent, et ceux-ci sont chargés d’utiliser ces pouvoirs pour enrichir leur communauté. Les hommes et femmes politiques sont responsables devant le peuple, doivent agir conformément à sa volonté et ont le devoir de ne pas abuser de leur pouvoir pour s’enrichir et enrichir leurs proches. Lorsque des gouvernements autoritaires prennent le contrôle des journaux et des chaînes d’information, lorsqu’ils entravent et intimident les organisations de la société civile, il devient trop facile de dissimuler la corruption et les abus de pouvoir au public. Il devient plus difficile pour le peuple de demander au gouvernement de rendre des comptes le jour des élections.

    4. Transparence

    Afin de faire des choix éclairés lors des élections, les électeurs doivent connaître les résultats des politiques mises en place. Ils doivent savoir si leur gouvernement prend de bonnes décisions ou si ses politiques ne fonctionnent pas, s’il respecte les règles ou s’il pille les fonds publics. La transparence signifie que les actions du gouvernement sont claires pour le peuple, tout comme leurs résultats et leurs implications. Les informations du gouvernement devraient, à quelques exceptions près, être mises à la disposition du public sur demande. Les journalistes comme les citoyens devraient pouvoir poser des questions à leurs représentants politiques, et les organisations qui œuvrent pour renforcer la transparence devraient pouvoir fonctionner et travailler librement.

    5. Tolérance politique

    Bien que la règle de la majorité soit au cœur de la démocratie, cela ne signifie pas que la minorité doit être oubliée. Dans une véritable démocratie, les droits de tous les citoyens sont égaux et doivent être respectés, quelle que soit la personne qui occupe le pouvoir. Et même si leurs opinions n’ont pas été retenues le jour de l’élection, ils ont toujours le droit de continuer à partager ces opinions avec les autres citoyens et le gouvernement. Cela est sain, voire nécessaire. La démocratie se nourrit de l’ouverture et de la richesse de la pensée : en supprimant les droits et les libertés de la minorité, la majorité ne progresse pas.

    6. Système multipartite

    Les citoyens doivent avoir le choix le jour des élections. Cela signifie qu’une pluralité de partis politique sont en mesure de participer librement à une campagne électorale et de représenter une option pour le peuple. Et lorsque les partis d’opposition gagnent, il y a un transfert de pouvoir et un nouveau débat public sur la manière de faire avancer le pays. S’il n’y a qu’un seul parti, il s’agit très probablement d’une dictature, bien que certains pays aient réussi à développer des systèmes démocratiques sous le règne d’un parti unique.

    7. Contrôle des abus de pouvoir

    La démocratie ne peut survivre que si tout le monde y adhère – les citoyens par leur adhésion le jour du vote, et à tout autre moment de l’année, et les politiciens en respectant les règles et en travaillant pour améliorer la vie de chacun. Des abus pouvoir se produisent lorsqu’un gouvernement décide qu’il est au-dessus de la loi, lorsque les représentants politiques pensent que les règles ne sont pas les mêmes pour eux, lorsque les leviers de l’État sont actionnés pour ne favoriser qu’un certain segment de la société au détriment des autres, ou lorsque l’argent public est versé sur les comptes de dirigeants corrompus et de leurs amis. Nous voyons cela fréquemment dans les « démocraties » dans le monde, et de plus en plus souvent en Europe aussi.

    Il existe des moyens de protéger la démocratie de tels abus, mais il n’y a aucun moyen de la protéger complètement. La répartition des pouvoirs entre les différentes branches du gouvernement permet de les obliger à rendre des comptes, par exemple. La protection des élections libres et équitables est également importante. Cela implique de protéger les médias indépendants afin que les citoyens puissent obtenir de bonnes informations avant de voter, et de protéger les lois électorales pour garantir l’équité du processus.

    8. Liberté économique

    Dans une démocratie, une personne doit pouvoir décider de ce qu’elle veut faire de sa vie. Tant qu’elle respecte les règles, ce n’est pas au gouvernement de lui dire ce qu’elle doit étudier, quel emploi elle doit choisir ou ce qu’elle doit cultiver. La liberté économique est importante pour développer des communautés et des économies nationales fortes.

    9. Déclaration des droits

    Une autre façon de protéger le peuple contre les abus de pouvoir du gouvernement est d’adopter une déclaration des droits. Il s’agit d’une liste des droits et des libertés dont jouissent les gens, comme la liberté d’expression et la liberté de réunion. En tant que déclaration, le document fait partie du droit, et de nombreux pays l’ont intégré dans leur constitution. Ainsi, lorsqu’une personne pense que son gouvernement porte atteinte à ses droits, elle peut se tourner vers les tribunaux pour obtenir de l’aide.

    10. Droits humains

    Un grand nombre des droits protégés par une déclaration des droits sont ce que l’on appelle les droits humains ou droits de l’Homme. Ce sont des droits dont les citoyens sont censés disposer quel que soit le pays dans lequel ils vivent, mais la démocratie en particulier est censée protéger et promouvoir ces droits. Les droits humains tels que la liberté d’expression, la liberté d’association et la liberté de réunion sont également des pierres angulaires de la démocratie et permettent en fait son bon fonctionnement.

    11. Élections libres et équitables

    Le changement doit être considéré comme une caractéristique naturelle et saine de la démocratie. Étant donné que le gouvernement existe pour servir le peuple et que l’opinion publique change constamment sur toutes sortes de questions, il est tout à fait naturel que les élections produisent des résultats différents à différents moments. Il est donc essentiel que ces élections se déroulent librement et équitablement. Cela signifie que les gens reçoivent des informations correctes et précises avant de voter, et qu’ils sont libres d’en discuter et d’en débattre. Cela signifie également que le jour des élections, les gens ont un accès égal aux bureaux de vote, que le vote de chacun a la même valeur et que tous les votes sont comptabilisés. De plus, les élections ne doivent pas être organisées de manière irrégulière ou être convoquées quand cela arrange le gouvernement.

    12. Indépendance de la justice

    Même dans une démocratie qui fonctionne parfaitement, des conflits peuvent survenir. Dans ces situations, il est important que les deux parties aient un accès égal à un organe indépendant qui peut résoudre le conflit. Dans les démocraties, il s’agit du système judiciaire. Les juges sont un peu comme des arbitres – ils constituent un organe indépendant qui est censé appliquer les règles de la même manière pour tout le monde. Un match de football serait un simulacre si l’arbitre était choisi par l’une des équipes. La démocratie est tout aussi bancale lorsque le gouvernement remplit les tribunaux de ses amis ou ne tient pas compte des décisions judiciaires.

    13. Acceptation des résultats des élections

    Lorsque les élections ne vont pas dans le sens de celles et ceux qui sont au pouvoir, ils doivent les accepter et se retirer. Le transfert pacifique du pouvoir définit le processus démocratique. Les perdants des élections doivent accepter leur défaite. Bien qu’ils puissent et doivent continuer à partager ouvertement leurs idées et à participer au débat public, ils doivent accepter que leurs positions ne bénéficient pas pour l’instant du soutien de la majorité.

    14. État de droit

    Les sociétés démocratiques fonctionnent sur la base de l’état de droit. Les lois d’une nation s’appliquent de la même manière à tou.te.s. Tout le monde, en particulier le gouvernement, doit respecter les règles du jeu. Cela implique que les droits et libertés et les processus démocratiques décrits ci-dessus sont respectés et entretenus. Cela implique également que les lois sont appliquées de manière équitable et cohérente, et qu’il existe un organe indépendant, comme les tribunaux, pour régler les différends et conflits qui surviennent. Liberties a récemment publié son rapport alternatif destiné à l’UE sur la situation actuelle de l’état de droit dans l’Union. Ce rapport révèle un certain nombre de tendances inquiétantes dans de nombreux États membres.

  • Le PDCI rejette un 4e mandat présidentiel pour Ouattara

    Le PDCI rejette un 4e mandat présidentiel pour Ouattara

    Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA, opposition) dénonce un passage en force de Alassane Ouattara avec cette candidature à la présidentielle, qui viole la Constitution ivoirienne.

    « Le PDCI-RDA ne peut que s’indigner devant cette nouvelle dérive autocratique et rejette catégoriquement cette quatrième candidature de M. Alassane Ouattara », a déclaré le parti dans un communiqué signé par Simon Doho, conseiller spécial de Tidjane Thiam.

    Ce parti, présidé par  l’ex-CEO de Crédit Suisse, rappelle que « l’article 55 de la Constitution ivoirienne limite le nombre de mandats présidentiels » à deux quinquennats. Par conséquent, « toute tentative de dépassement constitue une violation flagrante de notre Loi fondamentale. »

    M. Ouattara avait solennellement affirmé devant le Congrès, le 5 mars 2020, qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat. Son revirement ultérieur, sous prétexte de « force majeure », a ouvert la voie à un troisième mandat controversé, obtenu au prix de tensions politiques, sociales graves et de pertes en vies humaines, a-t-il relevé.

    « Aujourd’hui, l’annonce d’un quatrième mandat consacre un nouveau passage en force, C’est à dire une seconde violation de la loi fondamentale », signale le PDCI qui estime que « ce projet personnel qui ne porte aucune ambition pour les populations ivoiriennes, veut s’imposer au mépris du droit et de la parole donnée. Il constitue une menace directe pour la paix sociale, la cohésion nationale et la stabilité institutionnelle de notre pays. »

    « Nous fondant sur ses propres déclarations ainsi que celles du ministre en charge de la Justice et des membres de la commission en charge de la rédaction de la nouvelle constitution, cette candidature ne respecte pas la Constitution de notre pays, se trouve être en rupture avec l’esprit républicain et constitue un grave outrage à la souveraineté du peuple », a-t-il rappelé.

    Élu en 2010, puis en 2015, Alassane Ouattara a été reconduit pour un 3e mandat en 2020. Le Conseil constitutionnel a tranché que la révision de la Constitution, en 2016, remettait le compteur à zéro pour le mandat présidentiel.

    Le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé, ce jeudi 29 juillet 2025, dans un message vidéo relayé sur les chaînes de télévision et les réseaux sociaux, qu’il sera candidat à la présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025.

    AP/Sf/APA

  • Présidentielle d’octobre : Ahoua Don Mello déclare officiellement sa candidature

    Présidentielle d’octobre : Ahoua Don Mello déclare officiellement sa candidature

    L’ancien directeur général du Bnetd, Ahoua Don Mello, a annoncé officiellement sa candidature à la présidentielle pour 2025 à la Maison de la presse d’Abidjan.

    En ce jeudi 31 juillet 2025, Ahoua Don Mello, vice-président du Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (Ppa-CI) et figure politique de premier plan, a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2025. « Je déclare solennellement ma candidature à l’élection présidentielle. Je l’offre aux souverainistes et panafricanistes du Ppa-CI, de la Côte d’Ivoire, d’Afrique et de la diaspora africaine, avec pour objectif de ne point manquer le train des Brics pour réaliser un destin commun avec l’Aes, la Cedeao et le continent africain », a fait savoir Ahoua Don Mello, ancien directeur général du Bureau national d’études techniques et de développement de 2000 à 2010. Et de faire cette précision : « Je suis candidat mais je reste Laurent Gbagbo ».

    L’événement, organisé le jeudi 31 juillet 2025 à la Maison de la presse d’Abidjan (Mpa), a attiré l’attention des médias et des acteurs politiques nationaux.

    Lors de sa déclaration, le vice-président de l’Alliance internationale des Brics (Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, Afrique du Sud et autres pays), Ahoua Don Mello, a dévoilé sa vision pour un avenir plus prospère et inclusif pour la Côte d’Ivoire. « Il est temps pour notre pays de prendre son destin en main », a-t-il déclaré, soulignant que sa candidature vise à moderniser le pays, renforcer l’économie et garantir un avenir meilleur pour les jeunes générations.

    Le candidat déclaré a mis en avant des propositions claires pour relancer l’économie ivoirienne, notamment à travers la diversification des secteurs clés tels que l’agriculture, l’industrie et les nouvelles technologies. Ahoua Don Mello a également insisté sur la nécessité de promouvoir la paix et l’unité nationale. « La réconciliation nationale est une priorité absolue. Nous devons guérir les blessures du passé et construire une nation unie », a-t-il affirmé.

    En prenant cet engagement, il souhaite réduire les tensions sociales et instaurer un climat de confiance entre les différentes communautés ivoiriennes. Il a rappelé que son objectif est de mettre en œuvre des politiques inclusives, capables de réunir toutes les couches sociales de la population autour d’un même projet de nation.

    Un programme socio-économique ambitieux pour tous les Ivoiriens

    Ahoua Don Mello qui se propose comme le candidat de précaution du Ppa-CI, a détaillé son programme social, mettant l’accent sur l’égalité des chances, en particulier pour les femmes et les jeunes. Selon lui, un des grands défis de la Côte d’Ivoire reste l’accès équitable aux ressources et aux opportunités. Ahoua Don Mello a exprimé son désir de mettre en place des politiques pour favoriser l’inclusion, le développement des infrastructures sociales et l’accès à l’éducation. « Le futur de la Côte d’Ivoire passe par un meilleur accès à l’éducation, la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie des Ivoiriens », a-t-il ajouté.

    En concluant son allocution, Ahoua Don Mello a lancé un appel vibrant à l’unité nationale et à l’engagement citoyen : « Cette campagne n’est pas seulement la mienne. C’est celle de chaque Ivoirien qui rêve d’un avenir meilleur. Ensemble, nous pouvons réaliser cette vision de progrès et de solidarité. » Il a aussi mis en avant l’importance d’une mobilisation des jeunes pour participer activement à l’édification d’une Côte d’Ivoire forte et indépendante.

    La déclaration de candidature de Don Mello survient dans un environnement politique où, au sein de sa formation politique, les militants restent fermement attachés à celle de Laurent Gbagbo, en dépit de sa radiation de la liste électorale, ce qui l’élimine de la course à la présidence de la République.

    L’élection présidentielle d’octobre 2025 s’annonce ainsi comme un tournant décisif pour la Côte d’Ivoire, et la candidature d’Ahoua Don Mello pourrait bien marquer un nouvel élan pour le Ppa-CI.

  • Le Canada reconnaîtra la Palestine en tant qu’État

    Le Canada reconnaîtra la Palestine en tant qu’État

    « Tous les chemins vers la paix durable en Israël demandent aussi un État palestinien viable et stable » : le Canada emboîte le pas à la France et au Royaume-Uni et reconnaîtra la Palestine en tant qu’État en septembre sous certaines conditions, a annoncé le premier ministre Mark Carney.

    Le premier ministre Mark Carney a convoqué son Conseil des ministres pour une rencontre virtuelle mercredi, avec à l’ordre du jour la situation au Moyen-Orient et les négociations commerciales avec les États-Unis. Les discussions se sont principalement concentrées sur le premier point, a déclaré M. Carney lors d’une conférence de presse.

    Cette réunion survenait alors que la pression s’accentuait sur le gouvernement du Canada pour qu’il reconnaisse officiellement la Palestine en tant qu’État. Le Canada défend la solution à deux États depuis longtemps, mais n’avait jamais franchi le pas sur cette question.

    Pendant des décennies, on a espéré que [la solution à deux États] serait réalisée dans le cadre d’un processus de paix fondé sur un accord négocié entre le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne, a souligné le premier ministre, qui était accompagné de la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand.

    Cette approche n’est plus tenable, a expliqué Mark Carney. La menace terroriste omniprésente du Hamas contre Israël, la colonisation qui s’accélère en Cisjordanie et dans Jérusalem-Est et la violence contre les Palestiniens ont miné le processus de paix, a-t-il affirmé.

    Le Canada compte donc reconnaître l’État palestinien à la 80e Assemblée générale de l’ONU, en septembre prochain.

    Cette intention repose sur la volonté de l’Autorité palestinienne de mener des réformes essentielles, notamment la promesse de son président Mahmoud Abbas d’organiser des élections générales en 2026 et de ne pas militariser l’État palestinien, a toutefois averti le premier ministre, qui dit s’être entretenu avec M. Abbas à ce sujet.

    Le Hamas ne doit jouer aucun rôle dans la gouvernance future de la Palestine.Une citation deMark Carney

    Mahmoud Abbas a salué la position historique du Canada de reconnaître l’État de Palestine, ce qui renforcera la paix, la stabilité et la sécurité dans la région lors d’un entretien téléphonique avec M. Carney, a rapporté l’agence de presse palestinienne Wafa. Cette position courageuse intervient à un moment historique critique pour sauver la solution à deux États, a-t-il ajouté.

    Les yeux étaient rivés sur Ottawa

    La pression s’accentuait depuis la semaine dernière pour qu’Ottawa reconnaisse l’État palestinien.

    Près de 140 pays l’ont déjà fait, et la France a lancé le bal parmi les membres du G7 jeudi dernier, affirmant qu’elle reconnaîtrait formellement la Palestine dès septembre, sans imposer de conditions à l’État hébreu.

    Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a ensuite annoncé mardi que le Royaume-Uni reconnaîtra la Palestine comme État en septembre si Israël ne prend pas d’engagements pour la paix et pour mettre fin à la situation épouvantable à Gaza. Mark Carney s’est d’ailleurs entretenu avec lui dans les dernières heures pour discuter du conflit.

    Dans la bande de Gaza, territoire plus petit que l’île de Montréal où s’entassent près de 2 millions de Palestiniens, la population est affamée, selon des agences des Nations uniesde nombreuses ONG et même Donald Trump, notamment en raison de restrictions de l’aide humanitaire. Selon Médecins sans frontières, le quart des enfants et des femmes enceintes souffrent de malnutrition.

    Des Palestiniens attendent de recevoir de la nourriture.Ouvrir en mode plein écran

    Des Palestiniens attendent de recevoir de la nourriture d’une cuisine communautaire, dans la ville de Gaza, le 26 juillet 2025.

    PHOTO : REUTERS / MAHMOUD ISSA

    La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée par le mouvement islamiste Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. En riposte, Israël a lancé une opération militaire destructrice qui a déjà fait 60 000 morts.

    Au sein du camp libéral, plusieurs élus ont appelé publiquement le gouvernement canadien à emboîter le pas à la France. Les députés du Nouveau Parti démocratique et du Bloc québécois font aussi pression en ce sens.

    Plus tôt mercredi, 173 anciens hauts diplomates canadiens ont exhorté le premier ministre à sévir contre Israël et à reconnaître la Palestine en tant qu’État.

    Le Canada a toujours été un fervent défenseur de l’État d’Israël. Toutefois, cela ne peut inclure une dispense lui permettant de renoncer à ses responsabilités en vertu du droit international humanitaire de protéger les civils, écrivent les signataires.

    « Une récompense pour le Hamas », dit Israël

    Israël a vivement critiqué l’annonce de M. Carney dans les minutes qui l’ont suivie.

    Le changement de position du gouvernement canadien en ce moment est une récompense pour le Hamas et nuit aux efforts visant à obtenir un cessez-le-feu à Gaza et un cadre pour la libération des otages, a écrit sur X le ministère des Affaires étrangères israélien.

    L’ambassadeur d’Israël au Canada a rappelé dans un communiqué qu’Israël ne se pliera pas à la campagne déformée de pression internationale dont il fait l’objet. Nous ne sacrifierons pas notre existence même en permettant l’imposition sur notre patrie ancestrale d’un État djihadiste qui cherche à nous anéantir.

    Reconnaître un État palestinien en l’absence d’un gouvernement responsable, d’institutions fonctionnelles ou d’un leadership bienveillant, c’est récompenser et légitimer la barbarie monstrueuse du Hamas le 7 octobre 2023.Une citation deIddo Moed, ambassadeur d’Israël à Ottawa

    Il a aussi remis en question les engagements du président palestinien Mahmoud Abbas qu’a évoqués M. Carney, les qualifiant de stratégie à peine voilée visant à maintenir le statu quo.

    Le Parti conservateur du Canada a réagi sur le même ton. Reconnaître un État palestinien après les atrocités terroristes du 7 octobre envoie un mauvais message au monde entier : celui que la violence et la terreur sont des outils efficaces pour atteindre des objectifs politiques, a-t-il dénoncé dans un communiqué.

    Avec les informations de Agence France-Presse

  • Cybercriminalité: le fléau du broutage persiste en Côte d’Ivoire malgré les efforts de l’État

    Cybercriminalité: le fléau du broutage persiste en Côte d’Ivoire malgré les efforts de l’État

    En Côte d’Ivoire, la cybercriminalité continue de faire des ravages, portée notamment par le phénomène du broutage, une forme d’escroquerie en ligne dans laquelle de jeunes individus, souvent en situation de précarité, abusent de la crédulité d’internautes à travers des stratagèmes sentimentaux ou professionnels. Si les chiffres récents révèlent une montée en flèche des cas enregistrés, les autorités ivoiriennes multiplient les initiatives pour contrer ce fléau numérique.

    Plus de 12 000 cas enregistrés en 2024

    Selon les derniers chiffres publiés par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), la Côte d’Ivoire a enregistré 12 100 dossiers liés à la cybercriminalité pour la seule année 2024, contre 8 132 en 2023. Le broutage, souvent mis en œuvre via des profils fictifs sur les réseaux sociaux, représente une part importante de ces infractions.

    Le préjudice financier global a toutefois enregistré une baisse notable : il s’élève à 6,9 milliards de francs CFA en 2024, contre 9,2 milliards un an plus tôt. Ce recul est perçu comme le résultat d’une meilleure efficacité des dispositifs de lutte.

    Les quartiers ciblés et les profils des brouteurs

    Abidjan et plusieurs villes de l’intérieur comme Daloa, Bouaké ou San Pedro sont particulièrement touchées. Les brouteurs opèrent depuis des cybercafés ou des téléphones mobiles, créant de faux profils de femmes séduisantes ou de diplomates, qu’ils utilisent pour amadouer leurs victimes, souvent basées en Europe ou en Amérique du Nord.

    En juillet dernier, à Daloa, trois individus se faisant passer pour des agents de la société Qnet ont été arrêtés après avoir séquestré un ressortissant camerounais pour lui extorquer de l’argent. L’affaire, largement relayée par la presse locale, illustre la diversification des méthodes utilisées par ces réseaux.

    L’État renforce son arsenal

    Face à l’ampleur du phénomène, l’État ivoirien a progressivement structuré sa riposte. La création de l’ANSSI, fusionnant plusieurs entités de lutte contre la cyberfraude, s’est accompagnée d’un renforcement du cadre légal.

    La loi 2013‑451 relative à la lutte contre la cybercriminalité, couplée à la loi sur la protection des données personnelles, a été adaptée en 2021 et 2023 pour alourdir les sanctions. Désormais, les auteurs de cyberfraude encourent jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et de fortes amendes.

    La Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC), rattachée à la police nationale, joue également un rôle central dans les investigations. En 2023, elle a permis la suppression de plus de 1 600 comptes frauduleux et 280 vidéos portant atteinte à la dignité humaine.

    Sensibiliser et coopérer

    Parallèlement aux opérations de répression, le gouvernement mise sur la prévention. Des campagnes d’information sont régulièrement menées dans les établissements scolaires, à l’université et dans les médias, pour décourager les jeunes attirés par l’argent facile.

    Le pays s’appuie aussi sur une coopération internationale renforcée avec INTERPOL, les polices européenne et américaine, et des partenariats avec les géants du numérique comme Meta pour identifier et neutraliser les réseaux transnationaux.

    Une lutte encore incomplète

    Malgré les efforts engagés, les chiffres montrent que le broutage reste profondément enraciné dans certains milieux urbains, porté par le chômage des jeunes, l’accès massif à Internet, et la fascination pour une réussite rapide. La baisse des préjudices financiers pourrait toutefois être le signe que la stratégie actuelle commence à produire des effets.

    À l’approche des échéances électorales de 2025, les autorités entendent maintenir la pression sur ces réseaux, dont certains sont soupçonnés de liens indirects avec des activités plus organisées. Le combat est encore long, mais les lignes bougent.

    F. Kouadio

    Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

  • DÉCÈS D’ALINO FASO, UNE MANIFESTATION À OUAGADOUGOU DEVANT L’AMBASSADE DE CÔTE D’IVOIRE

    DÉCÈS D’ALINO FASO, UNE MANIFESTATION À OUAGADOUGOU DEVANT L’AMBASSADE DE CÔTE D’IVOIRE

    Des Burkinabè manifestaient ce mercredi 30 juillet 2025 à Ouagadougou devant l’ambassade de Côte d’Ivoire après le décès d’Alino Faso à Abidjan.

    La rue devant l’ambassade de Côte d’Ivoire à Ouagadougou grouillait de monde ce mercredi 30 juillet 2025 matin.

    De nombreux burkinabé battaient le pavé. Dans des éléments vidéo et autres post sur les réseaux sociaux, on peut les voir tenant des pancartes en main.

    On peut également entendre des slogans réclamant justice pour Alino Faso.

    L’influenceur burkinabè a été retrouvé mort à Abidjan en Côte d’Ivoire, mentionne un communiqué du Procureur de la République.

    Selon le document en date du 27 juillet 2025, son corps sans vie a été retrouvé dans une chambre de l’école de gendarmerie d’Abidjan où il était en détention depuis janvier.

    Les premiers éléments, précise le communiqué de l’autorité judiciaire, concluaient à un suicide par pendaison.

    Non sans faire cas de l’ouverture d’une enquête pour connaître les circonstances exactes de ce décès.

    Il faut le rappeler également, dans les heures qui ont suivi l’annonce du décès d’Alino Faso, le Burkina Faso a réagi.

    Dans des déclarations, le gouvernement réclame la dépouille du défunt, et met aussi en doute la version ivoirienne.

    Vêtus de blanc, de nombreux burkinabé se sont réunis au Mémorial Thomas Sankara à Ouagadougou.

    Après ce rassemblement, les manifestants ont ensuite convergé vers l’ambassade de Côte d’Ivoire dans la capitale burkinabè.

    La procession est une initiative de la Coordination des associations de veille citoyenne (CNAVC).

    Nous réclamons « une enquête internationale impartiale sur les causes du décès de notre frère Alino Faso.

    Le rapatriement immédiat de sa dépouille au Burkina Faso pour qu’on puisse organiser des obsèques nationales dignes de ce fils du pays“, explique Jacques Kaboré, un manifestant joint par 7info.

    Alino Faso est en détention depuis janvier 2025. Il était poursuivi par la justice ivoirienne pour “intelligence avec des agents d’un Etat étranger“ et “Complot“.

    Arnaud Houssou

  • DÉCÈS D’ALINO FASO À ABIDJAN: VOICI LA RÉACTION DU GOUVERNEMENT IVOIRIEN

    DÉCÈS D’ALINO FASO À ABIDJAN: VOICI LA RÉACTION DU GOUVERNEMENT IVOIRIEN

    Le gouvernement ivoirien a réagi officiellement pour la première fois depuis le communiqué du procureur de la République de Côte d’Ivoire, annonçant le décès en détention, à Abidjan, de l’influenceur burkinabé Alino Faso.

    Ce mercredi 30 juillet 2025, le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly a été interrogé sur le sujet.

    C’était lors de sa traditionnelle conférence de presse, après le conseil des ministres.

    “Très certainement, le ministère des Affaires étrangères va certainement saisir les autorités diplomatiques burkinabé pour la suite de cette affaire.

    Mais pour l’heure nous nous en tenons au communiqué du procureur de la République qui est suffisamment clair sur le décès de M Traoré’’, a calmé le ministre Amadou Coulibaly.

    Face aux accusations des autorités burkinabés, qui estiment que le décès d’Alino Faso est plutôt “assimilable à un assassinat crapuleux’’, Amadou Coulibaly a assuré que “tout a été fait dans les normes’’.

    “Aggravation ? Je ne sais pas si ça peut être pire que ce que s’est déjà’’, a poursuivi Amadou Coulibaly, interrogé sur l’impact de cette affaire sur les relations diplomatiques, froides depuis quelques mois déjà, entre les deux pays.

    Pour le porte-parole du gouvernement ivoirien, les autorités burkinabés sont coutumières des accusations contre la Côte d’Ivoire.

    “Nous n’en sommes pas à la première. Jusqu’à présent nous attendons les preuves des attaques ou tentatives de déstabilisation qui ont été annoncées par ce pays’’, a-t-il soutenu.

    Pour le porte-parole du gouvernement, “il est seulement regrettable’’ que l’on “veuille exploiter à des fins politiques, le décès’’ d’Alino Faso.

    Serge Alain Koffi

  • Communiqué du Conseil des ministre de ce mercredi 30 juillet 2025

    Communiqué du Conseil des ministre de ce mercredi 30 juillet 2025

    Le mercredi 30 juillet 2025, un Conseil des Ministres s’est tenu de 11h 00 à 13h30, au Palais de la Présidence de la République à Abidjan, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République, Chef de l’Etat.

    Les délibérations du Conseil ont porté sur les points suivants :

    A/- Mesures Générales,

    1. Projets de décrets

    B/- Mesure Individuelle

    C/- Communications

    D/- Divers

    A/– MESURES GENERALES

    PROJETS DE DECRETS

    1. Au titre du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme ;

    Le Conseil a adopté un décret portant érection des sections détachées de Tribunaux en Tribunaux de Première Instance et fixant leur siège, leur ressort territorial et leur composition.

    En application de la loi n°2025-219 du 28 mars 2025 portant organisation des juridictions, qui supprime les sections détachées des Tribunaux de Première Instance de l’architecture organique des différents ordres de juridiction, ce décret érige les trente-cinq (35) sections détachées existantes, en Tribunaux de Première Instance avec plein et entier effet.

    Cette réforme a pour conséquence, la modification des tableaux A et B annexés au décret n°80-1197 du 28 octobre 1980 portant création de juridictions de première instance et d’appel et fixant leur siège, leur ressort territorial et leur composition, tels qu’ils ont été successivement modifiés suite à la création de nouvelles juridictions et à l’érection de sections détachées de Tribunaux en Tribunaux de Première Instance, au cours des années écoulées jusqu’au 17 avril 2024, date de sa dernière modification.

    1. Au titre du Ministère des Transports, en liaison avec le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère de la Transition Numérique et de la Digitalisation ;

    Le Conseil a adopté un décret relatif aux systèmes d’échanges des Renseignements Préalables concernant les Voyageurs et les Données des Dossiers Passagers.

    Ce décret intervient en application de la loi n°2022-887 portant Code de l’Aviation Civile, qui prévoit la mise en place d’un système d’échanges des Renseignements Préalables Concernant les Voyageurs (RPCV), et d’un système des Données des Dossiers Passagers (DDP), pour les vols en provenance et à destination de notre pays, ou en transit.

    Dans le contexte actuel de lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, cette mesure permettra de faciliter la coopération internationale, et d’améliorer la sécurité des vols et des infrastructures aéroportuaires par un contrôle efficace et préventif des personnes entrant dans notre pays.

    1. Au titre du Ministère du Patrimoine, du Portefeuille de l’Etat et des Entreprises Publiques, en liaison avec le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme ;

    Le Conseil a adopté un décret portant approbation du contrat de partenariat public-privé portant conception, financement, rénovation, gestion et entretien-maintenance de l’immeuble « Symphonie » à Abidjan entre l’Etat de Côte d’Ivoire et l’entreprise TEYLIOM PROPERTIES COTE D’IVOIRE.

    Depuis quelques années, l’immeuble Symphonie, sis au Plateau, partie intégrante du patrimoine immobilier de l’Etat, connait d’importantes dégradations qui nécessitent une rénovation totale.

    La convention objet de ce décret, concède à la société TEYLIOM PROPERTIES COTE D’IVOIRE la réalisation des travaux de rénovation, l’équipement de l’immeuble en mobiliers de bureaux et la gestion de l’immeuble sur une période d’environ cinq (05) ans, avec obligation d’entretien, de maintenance et de renouvellement des biens contractuels.

    Le montant global des investissements prévus est évalué à 15 milliards de francs CFA.

    1. Au titre du Ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion Professionnelle et du Service Civique, en liaison avec le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité et le Ministère des Finances et du Budget ;

    Le Conseil a adopté un décret portant modalités d’encadrement des Organisations de Jeunesse.

    Ce décret met en cohérence le dispositif existant d’encadrement des jeunes, qui date des premières années des indépendances, avec les évolutions législatives et institutionnelles intervenues récemment à travers la loi n°2023-898 du 23 novembre 2023 d’orientation relative la jeunesse et la loi n°2025-386 du 11 juin 2025 portant ratification de l’ordonnance n°2024-368 du 12 juin 2024 relative à l’Organisation de la Société Civile.

    Il apporte des innovations importantes qui tiennent notamment au plafonnement de l’âge de l’éligibilité et à la limitation des mandats dans les organes d’association de jeunesse, en vue de renforcer la transparence et la représentativité des organisations de jeunesse et de les inscrire pleinement dans le processus de développement national.

    1. Au titre du Ministère de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, en liaison avec le Ministère d’Etat, Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, le Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement, le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, le Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie, le Ministère des Finances et du Budget, le Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, le Ministère du Patrimoine, du Portefeuille de l’Etat et des Entreprises Publiques, le Ministère de l’Equipement et de l’Entretien Routier, le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle, le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques, le Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation, le Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique, le Ministère du Commerce et de l’Industrie, le Ministère des Eaux et Forêts, le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, le Ministère de la Cohésion Nationale, de la Solidarité et de la Lutte Contre la Pauvreté et le Ministère Délègue Auprès du Ministère des Transports, Chargé des Affaires Maritimes ;

    Le Conseil a adopté un décret portant création, attributions, organisation, composition et fonctionnement du Groupe Sectoriel Eau-Hygiène-Assainissement.

    Le Groupe Sectoriel Eau-Hygiène-Assainissement, placé sous l’autorité du Premier Ministre, est un organe consultatif composé de l’ensemble des départements ministériels concernés par les problématiques liées à l’Eau, à l’Hygiène et à l’Assainissement.

    Il est chargé de coordonner les politiques et les stratégies sectorielles engagées par le Gouvernement pour assurer l’approvisionnement continu en eau potable, et garantir aux populations l’accès à des services d’assainissement et d’hygiène de qualité sur l’ensemble du territoire national.

    1. Au titre du Ministère des Eaux et Forêts, en liaison avec le Ministère d’Etat, Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques et le Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique ;

    Le Conseil a adopté un décret déterminant les groupes d’espèces de faune.

    1. Au titre du Ministère des Eaux et Forêts, en liaison avec le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle, le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques et le Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique ;

    Le Conseil a adopté un décret déterminant les modalités de création et de gestion des élevages de faune.

    1. Au titre du Ministère des Eaux et Forêts, en liaison avec le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle, le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques et le Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique, le Ministère du Tourisme et le Ministère de la Culture et de la Francophonie ;

    Le Conseil a adopté un décret déterminant les modalités de création et de gestion des sanctuaires et des centres de sauvegarde de la faune.

    Ces trois (03) décrets concourent à l’application de la loi n°2024-364 du 11 juin 2024 portant gestion de la faune. Ils organisent un meilleur cadre de régulation des activités liées à la faune, de façon à encadrer l’exploitation des ressources fauniques et à assurer au mieux la sauvegarde des espèces menacées d’extinction.

    Ils précisent respectivement les espèces de faune intégralement protégées et celles partiellement protégées, en raison de la rareté et de la menace réelle d’extinction de l’espèce, et fixent les modalités de création d’habitats ou d’espaces sécurisés dédiés à la protection, à la préservation et à la propagation de la faune.

    1. Au titre du Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale, en liaison avec le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle ;

    Le Conseil a adopté un décret modifiant les articles 6,7 et 8 du décret n° 2023-169 du 22 mars 2023 fixant les spécialités médicales, les actes de médecine, de biologie et les classes thérapeutiques des produits pharmaceutiques garantis par la Couverture Maladie Universelle.

    Ce décret modifie le régime de prise en charge des prestations liées à la CMU, de façon à le rendre plus flexible et réactif pour une meilleure couverture des besoins en soins des assurés, tout en préservant l’équilibre financier de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), l’institution de prévoyance sociale, en charge de la gestion de la CMU.

    1. Au titre du Ministère de la culture et de la francophonie, en liaison avec le Ministère des Finances et du Budget, le Ministère du Tourisme et des Loisirs, et le Ministère du Commerce et de l’Industrie ;

    Le Conseil a adopté un décret fixant les conditions et modalités de sélection des Trésors Humains Vivants.

    La loi n° 2023-595 du 07 juin 2023 portant protection du patrimoine culturel national, en cohérence avec le programme des Trésors Humains Vivants (THV), institué par l’UNESCO, prévoit un statut des « Trésors Humains Vivants ». Cette distinction honorifique est accordée aux personnes possédant un haut niveau de connaissance et de savoir-faire nécessaires à la représentation, à l’exécution ou à la recréation d’éléments du patrimoine culturel immatériel qui présentent une valeur historique, artistique ou culturelle, pour la communauté nationale.

    Outre, les conditions et les modalités de sélection des Trésors Humains Vivants, ce décret détermine leurs droits et obligations.

    B/– MESURE INDIVIDUELLE

    Au titre du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur;

    Le Conseil a donné son agrément en vue de la nomination de Madame Magida KARAKI, en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République Libanaise près la République de Côte d’Ivoire, avec résidence à Abidjan.

    C/– COMMUNICATIONS

    1. Au titre du Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement, en liaison avec le Ministère des Finances et du Budget ;

    Le Conseil a adopté une communication relative à l’évolution de la situation économique et financière de la Côte d’Ivoire au premier trimestre de l’année 2025.

    Au terme du premier trimestre de l’année 2025, l’économie nationale est caractérisée par une progression de l’activité dans le secteur tertiaire, la production industrielle et le BTP. En revanche, la production de l’agriculture d’exportation affiche une évolution mitigée.

    Le secteur tertiaire connaît une évolution globalement favorable au premier trimestre de l’année 2025, sous l’effet notamment de l’accroissement du trafic global de marchandises dans le maritime de 18,2%, ainsi que du chiffre d’affaires dans le commerce global de 10,0%.

    Dans le secteur secondaire, la production industrielle a augmenté de 3,7%, en moyenne sur le premier trimestre de l’année 2025, portée essentiellement par la vitalité de la production des « industries extractives », et des productions des « industries manufacturières ».

    Dans le secteur primaire, l’agriculture d’exportation enregistre des évolutions contrastées des différentes cultures. La filière café-cacao a été impactée principalement par des conditions climatiques défavorables. À l’inverse, bénéficiant d’un climat plus favorable dans les zones de production et de l’application de traitements phytosanitaires innovants, la production de la noix de cajou se redresse, après la contraction enregistrée en 2023.

    En moyenne sur les trois premiers mois de l’année 2025, les prix ont connu des augmentations sur le marché des matières premières agricoles, notamment pour le cacao fèves, le café Robusta et l’huile de palme.

    En conséquence, au terme du premier trimestre 2025, les échanges commerciaux de notre pays affichent un excédent commercial de 1.462 milliards de francs CFA, largement supérieur à l’excédent de 423 milliards de francs CFA enregistré à la même période en 2024.

    1. Au titre du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, en liaison avec le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur ;

    Le Conseil a entendu le compte rendu de l’élection au Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unies.

    Il en ressort qu’à l’issue de l’élection ténue le 02 juin 2025, à New-York, aux États Unis d’Amérique, notre compatriote Bakari Sidiki DIABY, expert indépendant, spécialiste des Droits de l’Homme, a été réélu pour un nouveau mandat de quatre (04) ans, en qualité de membre du Comité d’experts pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unies, à l’unanimité des suffrages exprimés.

    Le Conseil se félicite de l’élection de notre compatriote, et adresse ses compliments à toutes les chancelleries des Etats parties à la convention qui ont œuvré à cet accomplissement.

    1. Au titre du Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie ;

    Le Conseil a adopté deux (02) communications :

    • la première communication est relative à la mise en œuvre du projet portant Initiative Multipartite pour le Développement durable de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Echelle de l’or (IMDE) en Côte d’Ivoire.

    L’IMDE est un projet de la Banque Mondiale conduit en collaboration avec le Conseil Mondial de l’Or. Il implique une approche de gouvernance inclusive qui associe les différents acteurs clé, y compris les exploitants des petites mines, en vue de la création de « mines modèles » respectueuses de l’environnement et favorables au développement socio-économique des localités.

    La Banque Mondiale a choisi notre pays comme pays pilote pour la mise en œuvre du projet, sur une période de cinq (05) ans. Pour marquer le processus de lancement de l’Initiative en Côte d’Ivoire, un protocole d’Accord a été signé le 11 juillet 2025 à Yamoussoukro, entre l’Etat et la Banque Mondiale, le Conseil mondial de l’or, les sociétés minières internationales ENDEAVOUR MINING et PERSEUS MINING qui opèrent des mines industrielles en Côte d’Ivoire.

    • la deuxième communication est relative à la signature d’un Contrat de Partage de Production sur le bloc pétrolier CI-707 avec la société Eni Côte d’Ivoire Limited.

    A la suite des négociations tenues entre le Gouvernement et la société Eni Côte d’Ivoire Limited, d’avril à juillet 2025, le Conseil a donné son accord pour la signature d’un Contrat de Partage de Production (CPP) portant sur le bloc CI-707, situé dans la marge Ouest du bassin sédimentaire national.

    Au cours de la 1ère période d’exploration qui durera 3 ans, le contrat prévoit un investissement minimum de 20 millions de Dollars américains, soit 11,3 milliards de francs CFA.

    1. Au titre du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, en liaison avec le Ministère d’Etat, Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières ;

    Le Conseil a adopté une communication relative à l’adhésion de la Côte d’Ivoire à l’Alliance Mondiale contre la Faim et la Pauvreté.

    L’Alliance Mondiale contre la Faim et la Pauvreté est une initiative internationale visant à éradiquer la faim et la pauvreté dans le monde, à travers la mobilisation des nations et des financements, et la promotion de solutions agricoles durables. Elle a été officiellement lancée lors du sommet du G20 à Rio de Janeiro, en novembre 2024.

    Le Conseil a donné son accord pour l’adhésion de notre pays à cette plateforme internationale pour tirer parti des financements importants, des meilleurs pratiques et solutions innovantes disponibles, en vue de renforcer la lutte contre la faim et la pauvreté dans notre pays.

    1. Au titre du Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle ;

    Le Conseil a adopté une communication relative à la tenue de la 10e session ordinaire du Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS).

    La dixième session du Conseil National de Lutte contre le Sida s’est tenue le 17 juillet 2025, au Palais de la Présidence de la République, sous la direction du Vice-Président de la République.

    Cette session du CNLS a porté essentiellement sur le bilan de la réponse nationale au VIH en 2024.

    Il ressort de ce bilan que notre pays a réalisé des progrès importants en matière de Lutte contre le Sida, en témoigne la tendance baissière des principaux indicateurs de la pandémie en Côte d’Ivoire.

    La prévalence de la maladie notamment est passé de 1,82% en 2022 à 1,7% en 2024, le nombre de nouvelles infections à VIH est passé de 8.978 en 2022 à 8.209 en 2024, soit une baisse de 10%, le nombre de décès liés au sida est passé de 9.952 en 2022 à 8.366 en 2024, soit une baisse de 16%.

    Le Vice-Président de la République a salué cette progression importante de la réponse nationale au VIH, et a saisi l’occasion pour souligner la nécessité de la mobilisation collective et continue de tous les acteurs pour garantir des financements durables, élargir l’accès au dépistage et assurer des traitements de qualité aux malades, en vue d’atteindre l’ambitieux objectif de l’éradication du VIH/sida en Côte d’Ivoire.

    1. Au titre du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation ;

    Le Conseil a adopté une communication relative au récapitulatif des résultats des examens scolaires de la session 2025.

    Les évaluations certificatives de la session 2025 se sont déroulées dans des conditions satisfaisantes et sans incident majeur sur l’ensemble du territoire national, grâce aux efforts concertés de l’ensemble des acteurs du système éducatif.

    L’examen du CEPE a enregistré 576.285 candidats, pour 498.963 candidats déclarés admis, soit un taux national de réussite de 86,58%, correspondant à une hausse de 3,12 points.

    L’examen du BEPC a enregistré 606.922 candidats, pour 312.041 candidats déclarés admis, soit un taux national de réussite de 51,41%, correspondant à une hausse de 11,23 points.

    La session 2025 du Baccalauréat a enregistré 332.515 candidats, pour 133.518 candidats déclarés admis, soit un taux national de réussite de 40,15%, correspondant à une hausse d’environ 6 points.

    Le Conseil observe que les résultats des examens du CEPE, BEPC et du Baccalauréat de la session 2025, et globalement ceux de ces dernières années sont marqués par une tendance haussière constante des performances.

    Le Conseil se félicite de cette progression tangible, qui reflète l’importance des investissements en infrastructures et en ressources humaines consentis par le Gouvernement, et l’engagement de l’ensemble des acteurs à assurer une transformation durable du système éducatif national.

    1. Au titre du Ministère du Commerce et de l’Industrie, en liaison avec le Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement, le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère de la Transition Numérique et de la Digitalisation ;

    Le Conseil a adopté une communication relative à la Stratégie Nationale du Commerce Electronique de la Côte d’Ivoire.

    La Stratégie Nationale du Commerce Electronique vise à faire du commerce électronique, un levier de création de richesse et de croissance pour l’économie nationale. Elle est conçue autour de l’adaptation du cadre juridique aux nouvelles exigences en matière de protection des consommateurs en ligne, du développement de solutions de commerce et de paiement électroniques innovantes, et de l’amélioration des infrastructures et des services liés aux Technologies de I ’Information et de la Communication.

    Un comité national du commerce électronique, composé de représentants des structures publiques, du secteur privé et de la société civile, est prévu pour assurer le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale du Commerce Electronique.

    Le coût global de mise en œuvre de la Stratégie Nationale du Commerce Electronique à l’horizon 2028 est estimé à 32 milliards de francs CFA.

    1. Au titre du Ministère du Commerce et de l’Industrie, en liaison avec le Ministère de l’Economie, du Plan et du Développement et le Ministère des Finances et du Budget ;

    Le Conseil a adopté une communication relative à l’adoption de la Politique Nationale de la Qualité (PNQ).

    La PNQ vise à bâtir une infrastructure nationale de la qualité qui assure la compétitivité de l’économie, garantit la protection des populations et de l’environnement, et consolide l’intégration de notre pays dans le commerce régional et intercontinental. La PNQ s’articule essentiellement autour du renforcement du cadre institutionnel et juridique de l’infrastructure nationale de la qualité, du développement des capacités des structures nationales de la qualité et de l’amélioration des services d’appui aux entreprises dans le domaine de la qualité.

    La PNQ, qui a déjà amorcé sa mise en œuvre, est financé principalement par le Budget de l’Etat. Toutefois, un financement complémentaire d’environ un milliard de francs CFA, sur les dix (10) prochaines années, est attendu du secteur privé et des partenaires au développement pour assurer une mise en œuvre aboutie de la PNQ.

    1. Au titre du Ministère de la Culture et de la Francophonie ;

    Le Conseil a adopté une communication relative à la restitution du « Djidji Ayokwê » à la Côte d’Ivoire.

    Le tambour parleur « Djidji Ayokwê », issu de la communauté Atchan, servait à transmettre des messages à distance, à coordonner les actions collectives et à alerter en cas de danger.

    Ce bien culturel d’une grande valeur symbolique, sociale, politique et militaire a été confisqué en octobre 1916 par les colons et transféré à Paris, où il a été intégré aux collections publiques françaises, devenant de ce fait propriété de l’État français.

    Grâce à la démarche collaborative entre la France et la Côte d’Ivoire, le Gouvernement a obtenu la restitution du Djidji Ayokwé à la Côte d’Ivoire, et son retour en terre ivoirienne.

    Un Comité national dirigé par le Premier Ministre a été mis en place pour assurer un retour historique au tambour parleur Djidji Ayokwé en Côte d’Ivoire.

    Par ailleurs, des démarches sont également en cours pour la restitution de 147 autres biens culturels détenus par la France.

    D- DIVERS

    Le prochain Conseil des Ministres se tiendra le mercredi 10 septembre 2025, à Abidjan.

    Fait à Abidjan, le mercredi 30 juillet 2025

    M. Amadou COULIBALY

    Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement

    porteparolat@communication.gouv.ci

  • Mort d’Alino Faso en détention : indignation en Côte d’Ivoire et appel à une réforme carcérale

    Mort d’Alino Faso en détention : indignation en Côte d’Ivoire et appel à une réforme carcérale

    La mort d’Alain Christophe Traoré, plus connu sous le pseudonyme d’Alino Faso, activiste burkinabè détenu à l’École de Gendarmerie d’Abidjan depuis janvier 2025, continue de susciter une onde de choc dans les milieux politiques et militants en Afrique de l’Ouest. L’annonce de son décès, survenu le 24 juillet dans sa cellule, a ravivé les tensions diplomatiques entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, tout en jetant une lumière crue sur les conditions carcérales dénoncées depuis des années par la société civile ivoirienne.

    Le mouvement « Trop c’est trop » et le PPA-CI de Laurent Gbagbo ont donné de la voix à la suite de l’annonce du décès de l’influenceur burkinabè Alino. Sont d’abord visées les conditions carcérales dans le pays.

    Un décès en détention aux circonstances troubles

    Dans un communiqué officiel diffusé le 27 juillet, le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan a révélé que le détenu avait été retrouvé mort dans sa cellule à 7h30. Selon les autorités judiciaires, il se serait suicidé par pendaison avec un drap après avoir tenté de s’ouvrir les veines.

    Âgé de 44 ans, Alino Faso, activiste très actif sur les réseaux sociaux et critique du pouvoir ivoirien, avait été arrêté le 10 janvier 2025. Il était poursuivi pour plusieurs chefs d’inculpation graves : « intelligence avec des agents d’un État étranger », « diffusion de fausses nouvelles », « espionnage », entre autres accusations liées à la sûreté de l’État.

    Indignation du PPA-CI : dénonciation de pratiques autoritaires

    Dans une déclaration officielle datée du 30 juillet, le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation politique fondée par l’ancien Président, Laurent Gbagbo, a exprimé sa « profonde tristesse » face à cette mort « brutale ». Le parti pointe directement la responsabilité du gouvernement RHDP, en dénonçant la détention de civils dans des lieux non habilités comme l’École de Gendarmerie, qu’il qualifie de « pratiques dictatoriales rétrogrades ».

    « Le gouvernement doit mettre fin à ces arrestations arbitraires et à la détention dans des lieux non officiels, qui bafouent les droits humains », affirme Jean Gervais Tchéidé, Secrétaire général, porte-parole adjoint du PPA-CI.

    Le mouvement « Trop c’est trop » tire la sonnette d’alarme sur la situation carcérale

    Avant le parti, c’est le mouvement « Trop c’est trop » qui publié une déclaration accablante. Pour ses responsables, la mort d’Alino Faso est l’illustration d’un système carcéral ivoirien à bout de souffle, marqué par la surpopulation, l’insalubrité, le manque de soins médicaux, et des conditions de détention inhumaines.

    Damana Pickass, coordinateur du mouvement, a déclaré lors d’une conférence de presse que même si la version officielle est vraie, on ne peut ignorer la brutalité des conditions de détention qui ont pu pousser un homme non encore jugé à une telle extrémité. « Quand bien même nous supposerions que la version du procureur de la République (c’est-à-dire la thèse du suicide, ndlr) soit la vérité, nous ne pouvons pas ne pas nous demander les raisons qui pourraient conduire un tel détenu à abréger sa vie par une solution aussi extrême, que radicale.  Qu’est-ce qui peut pousser un détenu, qui n’est même pas encore condamné par la justice, à un tel acte désespéré ? », s’est-il interrogé. Avant de poursuivre : « La réponse ne pourrait se trouver que dans les conditions de détention ».

    Le Président Ouattara interpellé

    Le mouvement appelle directement le Président Alassane Ouattara à agir : « Monsieur le Président, ça ne va pas dans nos prisons ! », peut-on lire dans la déclaration rendue publique. « Trop c’est trop » exige un décongestionnement urgent et une réforme en profondeur du système carcéral.

    Le mouvement cite plusieurs anciens détenus politiques dont l’état de santé s’est gravement détérioré en prison : Douati Alphonse, Jean-Yves Dipopieu, Samba David, ou encore Assoa Adou, Koua Justin et Dahi Nestor, dont certains sont morts peu après leur libération. Ces cas renforcent les inquiétudes sur les traitements réservés aux prisonniers politiques et aux détenus d’opinion.

    Serge Ouitona

  • Alassane Ouattara: une candidature de trop ? par Jean-Claude Djéréké

    Alassane Ouattara: une candidature de trop ? par Jean-Claude Djéréké

    Le 29 juillet 2025 restera sans doute dans les mémoires comme un jour noir dans la vie politique ivoirienne. Ce jour-là, Alassane Dramane Ouattara, président sortant de 83 ans, a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 25 octobre.

    L’annonce, si elle a suscité l’enthousiasme dans les rangs du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), a été vécue comme un véritable coup de massue par une grande partie des Ivoiriens. Ces derniers se sentaient trahis parce qu’ils espéraient qu’après trois mandats, le chef de l’État tournerait enfin la page et tiendrait sa promesse de ne pas briguer un quatrième mandat.

    Car cette candidature soulève une question fondamentale: comment un président peut-il justifier de revenir sur des engagements aussi clairs ? Comment expliquer qu’un homme qui déclarait en 2010 : « Donnez-moi cinq ans et je redonnerai à la Côte d’Ivoire son lustre d’antan », s’accroche au pouvoir 15 ans plus tard ?

    Où est donc passée la « demi-douzaine de successeurs prêts à prendre la relève » qu’il affirmait avoir formées ? Où est passée cette parole solennelle répétée à maintes reprises: « Je ne me vois pas briguer un autre mandat » ?

    Le président ivoirien Alassane Ouattara salue ses soutiens lors d’un meeting à Abidjan, le 22 juin.  Sia Kambou / AFP

    Une annonce qui réveille les fantômes du passé

    Le même jour, une autre nouvelle est venue aggraver le climat politique: le préfet d’Abidjan a annulé la marche pacifique prévue le 2 août par le PPA-CI et le PDCI, les deux principales forces d’opposition. Un geste interprété comme une tentative manifeste de museler l’expression populaire, de faire taire la rue, de réduire au silence ceux qui s’indignent. Mais l’histoire politique ivoirienne a montré à plusieurs reprises que lorsque le peuple est acculé, il devient imprévisible.

    Trois dates doivent être rappelées pour mesurer la capacité de réaction du peuple ivoirien. En 1958, les populations se sont soulevées contre la domination coloniale et ont expulsé les Dahoméens. En 1993, à la suite d’un match de football entre l’Asec Mimosas d’Abidjan et Ashanti Kotoko de Kumasi, une vague xénophobe violente a ciblé les Ghanéens. Enfin, en 2000, Laurent Gbagbo appelait les Ivoiriens à descendre dans la rue pour contester la tentative de hold-up électoral de Robert Guéï. Face à la détermination des manifestants, le général avait dû fuir.

    Ces épisodes ne sont pas glorieux, mais ils montrent que, blessé dans son orgueil ou opprimé, le peuple ivoirien peut redevenir un acteur majeur de l’histoire nationale. Il peut, dans un élan de colère, renverser l’ordre établi, même si cela doit se faire dans la douleur.

    Un quatrième mandat anticonstitutionnel ?

    La question de la légalité de cette nouvelle candidature reste centrale. Pour beaucoup, Ouattara viole une fois encore la Constitution. Il avait déjà été accusé d’avoir forcé un troisième mandat en 2020 en contournant les limites imposées par la loi fondamentale. À l’époque, il avait invoqué la révision constitutionnelle pour justifier son maintien. Cette fois encore, il prétend agir dans la légalité, mais ses opposants dénoncent une interprétation abusive des textes.

    Au-delà du droit, c’est l’éthique qui est interrogée. Peut-on rester au pouvoir à vie dans un pays qui se veut démocratique ? Peut-on impunément revenir sur ses engagements les plus solennels ? La démocratie ne se limite pas aux urnes, elle suppose aussi un respect des principes, de la parole donnée, du renouvellement des générations, de la transparence. Or, pour nombre d’Ivoiriens, Ouattara reste avant tout un homme qui a peur: peur de quitter le pouvoir, peur de devoir rendre des comptes sur sa gestion, sur les milliards engloutis, sur les disparitions, les procès jamais tenus, les victimes laissées sans justice.

    La Côte d’Ivoire entre résignation et réveil populaire

    Face à cette candidature jugée « provocatrice », le peuple ivoirien semble à un carrefour. Va-t-il accepter, une fois de plus, de courber l’échine, de laisser passer l’orage ? Ou va-t-il faire entendre sa voix, comme il l’a déjà fait par le passé ? Certains observateurs soulignent que la société ivoirienne est fatiguée, usée par les crises à répétition, la cherté de la vie, l’absence d’alternance réelle. Mais d’autres affirment que la jeunesse, consciente et informée, n’est plus prête à accepter l’ordre ancien sans résistance.

    Les militants du RHDP, galvanisés par l’annonce de candidature, devraient pourtant faire preuve de retenue. L’histoire récente a montré que les régimes figés finissent toujours par céder sous la pression populaire. Rien n’est acquis, surtout dans un pays où les frustrations sociales et politiques bouillonnent en silence. Dans les quartiers populaires comme dans les salons feutrés, on sent monter une forme de lassitude, de rejet, d’envie de rupture.

    Le dernier mot revient au peuple

    Non, les Ivoiriens n’ont pas dit leur dernier mot. Derrière les apparences de calme, une tempête pourrait bien se préparer. Le peuple, qu’on qualifie souvent de « doux-amer », pourrait décider de se lever à nouveau pour défendre sa dignité. Si Ouattara pense que sa puissance politique suffira à contenir cette colère, il pourrait bien être surpris.

    Les grandes promesses non tenues, les paroles trahies, les espoirs déçus ne s’effacent pas. Ils s’accumulent comme des braises sous la cendre, prêts à s’embraser. En politique, il y a des moments où la sagesse consiste à partir, à transmettre, à ouvrir la voie à la relève. Alassane Ouattara, avec tout ce qu’il a représenté, aurait pu sortir par la grande porte. En choisissant de rester coûte que coûte, il prend un pari risqué. Car l’Histoire ne pardonne pas à ceux qui s’y accrochent trop longtemps.

    Jean-Claude Djéréké