Auteur/autrice : iciabidjan

  • Finale quasi-chaotique CAN 2025: La CAF sanctionne sévèrement le Sénégal et le Maroc

    Finale quasi-chaotique CAN 2025: La CAF sanctionne sévèrement le Sénégal et le Maroc

    Les sanctions étaient très attendues, elles sont désormais connues. Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, la Confédération africaine de football (CAF) a dévoilé une lourde série de décisions disciplinaires à l’encontre du Sénégal et du Maroc, au lendemain de la finale très houleuse de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 remportée par les Lions de la Teranga (1-0, après prolongations), le 18 janvier dernier.

    Cette rencontre, marquée par de vives tensions, des contestations arbitrales et des débordements sur et autour de la pelouse, restera comme l’une des finales les plus chaotiques de l’histoire récente de la CAN.

    Pape Thiaw lourdement sanctionné

    Côté sénégalais, c’est le sélectionneur Pape Thiaw qui écope de la sanction la plus sévère. La CAF lui inflige cinq matches de suspension, assortis d’une amende de 100 000 dollars, pour avoir incité ses joueurs à quitter le terrain afin de protester contre un penalty accordé au Maroc durant la finale.

    Deux cadres de la sélection, Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr, sont également sanctionnés de deux matches de suspension chacun pour comportement antisportif.

    Sur le plan financier, la Fédération sénégalaise de football devra s’acquitter d’une amende record de 615 000 dollars, en lien avec l’ensemble des incidents survenus lors de la rencontre.

    Le Maroc aussi durement touché

    Le pays organisateur n’échappe pas non plus aux sanctions disciplinaire. 

    Achraf Hakimi est suspendu pour deux matches, dont un avec sursis, tandis que Saibari écope de trois matches de suspension et d’une amende individuelle de 100 000 dollars.

    La Fédération marocaine devra payer 300 000 dollars d’amende, à laquelle s’ajoute une sanction pour un fait pour le moins inédit. Ils devront payer 200 000 dollars d’amende  pour le comportement des ramasseurs de balles, jugé contraire aux règlements de la CAF.

    Par ailleurs, le jury disciplinaire a rejeté la réclamation déposée par la Fédération marocaine, confirmant ainsi définitivement le résultat de la finale.

    Le Sénégal confirmé champion d’Afrique 

    Malgré la tempête disciplinaire, l’essentiel est ailleurs pour les Lions de la Teranga. La CAF a confirmé que le Sénégal reste champion d’Afrique 2025, validant son sacre au terme d’une CAN intense et riche en émotions.

    Ces sanctions, parmi les plus lourdes jamais prononcées après une finale continentale, envoient le message qu’aucun débordement, aussi symbolique soit le match, ne restera impuni.

  • Pour l’histoire et pour l’avenir: les notes de plaidoirie de Maître Kouadio N’Dry Claver dans l’affaire Ministère public c/ Monsieur JFK

    Pour l’histoire et pour l’avenir: les notes de plaidoirie de Maître Kouadio N’Dry Claver dans l’affaire Ministère public c/ Monsieur JFK

    Notes de plaidoirie de Maître Kouadio N’Dry Claver dans l’affaire Ministère public c/ Monsieur JFK (Audience du 26 janvier 2026, Tribunal du Plateau)

    Madame la présidente
    Mesdames et messieurs du tribunal,

    Nous sommes à un procès cet après-midi qui restera un des faits marquants de l’année 2026. Nous avons l’habitude de plaider dans cette salle.
    Elle n’est pas aussi bondée de monde que ce jour.
    Le fait est qu’il y a un prévenu pas comme les autres qui comparait devant votre tribunal. Je regarde dans l’assemblée et je vois qu’elle est composée en majorité de jeunes qui sont venus soutenir un des leurs qui fait face à la justice. Les jeunes veulent savoir ce que vous allez décider dans cette affaire Ministère Public contre Jean François KOUASSI, « le président des jeunes ».

    Je voudrai vous le dire maintenant. En rentrant dans cette salle, je ne me suis pas fait d’illusion sur la posture des magistrats du Parquet. Au sens des dispositions qui protègent les droits de l’homme, notamment le droit à la liberté, les magistrats du parquet ne doivent pas être considérés comme des autorités judiciaires en raison de leur soumission hiérarchique au ministère de la Justice et donc de l’exécutif, contrairement aux juges du siège qui sont indépendants.
    Toute notre espérance est portée sur vous les magistrats assis qui avez le pouvoir et le devoir de protéger nos libertés.

    Vous devez décider dans cette affaire sans tremblement afin de donner la limite à la machine répressive de l’état qui accélère dans sa volonté de restreindre notre droit fondamental à la liberté d’expression.
    Dans le cours de cette instance, Madame la représentante du Ministère Public a dit deux choses sur lesquelles nous sommes d’accord. Elle a dit que cette affaire se rapporte à la liberté d’expression. C’est vrai, je suis d’accord avec elle. Elle a dit aussi que nous sommes dans un état de droit. Oui c’est vrai en théorie.
    Voici les deux choses sur lesquelles nous sommes d’accord. Le reste de son réquisitoire nous divise.

    On a parlé de l’état de droit. En théorie. Cela veut dire que dans les faits, cet état ne doit pas être gouverné par nos émotions mais par la loi.
    Dans l’affaire de Jean François KOUASSI, ce que nous vous demandons, c’est d’appliquer la loi.
    Pour que force reste à la loi, je voudrai ici convoquer une décision qui a été rendue le 24 novembre 2017 par la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples dans l’affaire « Ingabire Victoire Umuhoza c. République du Rwanda ». Cette décision qui va constituer le socle de ma plaidoirie est une référence en matière de liberté d’expression.

    Après avoir fixé ce cadre, nous le confronterons aux faits dans l’affaire de Jean François KOUASSI pour que la décision judiciaire que vous allez rendre soit respectueuse des engagements internationaux de l’état de Côte d’Ivoire qui a ratifié la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et le Pacte International relatif aux Droits civils et Politiques.

    I- UNE DECISION DE REFERENCE

    L’arrêt « Ingabire Victoire Umuhoza c. République du Rwanda » est une affaire très importante en ce qui concerne sa portée. Et aucun tribunal qui doit connaitre des faits de ce genre ne devrait ignorer les motivations de cet arrêt qui a tranché ce contentieux qui portait entre autres, sur la question de la liberté d’expression.

    A) RAPPEL TRES BREF DES FAITS

    Les faits concernent une personnalité publique du Rwanda qui a été condamnée par les juridictions nationales. Après l’épuisement des voies de recours, elle saisit la CADHP pour violations de plusieurs de ses droits de l’homme et de ses libertés fondamentales dont son droit à la liberté d’expression.
    La requérante soutient qu’elle a été condamnée pour minimisation du génocide alors que les opinions qu’elle avait exprimées lors de son discours au Mémorial du génocide de Kigali portaient sur la gestion du pouvoir, le partage des ressources, l’administration de la justice, l’histoire du pays et l’attaque qui a coûté sa vie à l’ancien président de la République.
    La requérante se défend en affirmant qu’elle n’a eu aucune intention de minimiser et de banaliser le génocide ou de pratiquer l’idéologie du génocide et que le droit d’exprimer ses opinions est protégé par la constitution rwandaise et d’autres instruments internationaux.
    Elle demande à la Cour de sanctionner le Rwanda qui a violé ses droits de l’homme notamment son droit à la liberté d’expression.
    La CADHP répond à sa requête de la manière suivante.

    B) LES MOTIVATIONS DE L’ARRÊT

    Je ne veux pas trahir le texte de l’arrêt. Je reproduis l’extrait qui nous concerne.
    « Le deuxième groupe de déclarations faites par la requérante contient des critiques sévères à l’encontre du gouvernement et des fonctionnaires, notamment des déclarations selon lesquelles le pouvoir politique est « dominé par une petite clique » qui a « une structure secrète parallèle du pouvoir autour du président Kagame, la DRM [Direction des renseignements militaires], la milice de défense locale, … le pouvoir judiciaire et les branches exécutives du gouvernement »; et déclarant qu’elle est prête à lutter contre « le joug [de la peur], la pauvreté, la faim, la tyrannie, les servitudes, la corruption, le système injuste des tribunaux Gacaca, la répression, la peine d’emprisonnement pour travaux d’intérêt général (TIG), les raisons qui poussent les gens à fuir le pays, l’inégalité, l’expropriation, le sans-abrisme, le manque d’amour-propre et le meurtre par la torture».
    La Cour relève que certaines de ces remarques peuvent être offensantes et susceptibles de discréditer l’intégrité des agents publics et des institutions de l’État aux yeux des citoyens. Cependant, ces déclarations sont prévisibles dans une société démocratique et devraient donc être tolérées, surtout lorsqu’elles proviennent d’une personnalité publique comme la requérante. En raison de leur nature et de leurs statuts, les institutions gouvernementales et les fonctionnaires ne peuvent être à l’abri de critiques, quand bien même elles seraient offensantes ; et un haut degré de tolérance est attendu d’eux lorsqu’ils sont la cible de telles critiques de la part de personnalités politiques de l’opposition. Un examen de ces déclarations ne peut raisonnablement être considéré comme susceptible « d’inciter à la discorde » ; de créer des « divisions entre les populations » ou de « menacer la sécurité de l’État ». En fait, même si ces déclarations ont été faites à différents moments avant que la requérante ne soit incarcérée pour le même motif, rien n’indique que ces déclarations aient provoqué des troubles, le soulèvement des populations ou toute autre menace particulière à la sécurité de l’État ou à l’ordre public. Compte tenu de ce qui précède, la Cour estime que la déclaration de culpabilité et la peine prononcées contre la requérante pour avoir fait ces déclarations au Mémorial du génocide de Kigali et à d’autres occasions n’étaient pas nécessaires dans une société démocratique. Même si la Cour venait à admettre qu’il était nécessaire d’imposer des restrictions à de telles déclarations, la peine prononcée contre la requérante n’était pas proportionnelle aux buts légitimes que la déclaration de culpabilité et la peine visent à atteindre.
    À cet égard, la Cour relève que l’État défendeur aurait pu adopter d’autres mesures moins restrictives pour atteindre les mêmes objectifs.
    La Cour conclut donc à la violation de l’article 9 (2) de la Charte et de l’article 19 du PIDCP ».

    II- APPLICATION A L’AFFAIRE MINISTERE PUBLIC CONTRE JFK

    Madame la Présidente, la justice est notre quête commune. Magistrats et avocats. C’est ce pourquoi nous avons prêté serment en des termes différents mais avec un même but.
    Cet arrêt de référence rendu par la CADHP est la lumière qui nous éclaire tous sur l’étendue de la liberté d’expression reconnue à tout homme par les instruments juridiques internationaux. Il interprète de façon vivante les textes internationaux relatifs au droit à la liberté d’expression.
    Cet arrêt doit nourrir les décisions que vous êtes appelés à prononcer dans les confrontations entre le citoyen qui veut jouir de sa liberté d’expression et l’état qui veut la restreindre sous le prétexte, souvent fallacieux, d’une atteinte à l’ordre public.
    C’est ici que votre titre de gardiens des libertés prend tout son sens. C’est pour que vous soyez forts dans cette mission de protection du citoyen que le peuple vous a fait passer d’une autorité judiciaire à un pouvoir judiciaire à côté des pouvoirs législatif et exécutif.
    Et la question qui est posée ici et à laquelle vous devez répondre sans tremblement est celle-ci : pouvez-vous retenir Monsieur Jean François Kouassi dans les liens de la prévention pour trouble à l’ordre public, pour dénonciation calomnieuse, pour invective et propos outrageants par le biais d’un système d’information et pour divulgation de fausses nouvelles en considérant les propos qu’il a tenus et qui sont incriminés ?
    Telle est la question qui est posée à votre tribunal.

    A) Sur l’infraction d’atteinte à l’ordre public

    Nous avons tous écouté l’arrêt rendu par la CADHP. La Côte d’Ivoire, contrairement à une idée répandue ne s’est pas retirée de cette juridiction internationale. Elle a seulement retiré sa déclaration spéciale de compétence qui permettait à chaque citoyen de saisir directement la CADHP.
    Monsieur Jean François KOUASSI a-t-il porté atteinte à l’ordre public par un « trouble grave » comme l’exige l’article 179 du code pénal ivoirien ?
    Vous l’avez écouté et il a dit : « Je suis un leader d’opinion et à ce titre, je dénonce les tares de la société. Ce jeudi 08 janvier 2026, je me suis rendu à la fonction publique muni d’une pancarte pour rappeler et appeler à la responsabilité collective sur la transparence de la gestion de la chose publique.
    J’y suis rendu également pour faire un message à travers les écriteaux de la pancarte que je possédais, conformément à la liberté d’expression que me confère la constitution ainsi que l’exigence qu’elle fait à toute autorité investie du pouvoir public.
    Ce message est adressé à X personne. Je m’adresse à tous ceux qui sont investis du pouvoir public et chargés de gérer les affaires de l’état en toute transparence. J’estime que la fonction publique est le ministère de tutelle de l’administration ivoirienne. Dès lors, j’y suis rendu pour véhiculer mon message ».
    Madame la présidente, Mesdames et Messieurs du tribunal de quel trouble à l’ordre public parle-t-on ? Le législateur exige « un trouble grave ».
    Une seule personne qui prend une pancarte sur laquelle elle inscrit un écriteau et qui se met devant le ministère de la fonction publique et qui passe un message pour appeler l’administration a une plus grande transparence dans l’organisation des concours, quel est le mal qu’elle commet ?
    Mon client vous l’a dit : il est respectueux des institutions de la République et de l’ordre public. Il pouvait appeler les jeunes à manifester. Il ne l’a pas fait. Il s’est rendu seul à la fonction publique pour porter ce message afin que les choses changent.
    Il veut que le fils du paysan ait la même chance de réussite que celui de l’homme politique. Il n’est pas d’accord que l’accès à la fonction publique soit réservé à des membres d’un parti politique. Il n’est pas d’accord qu’on puisse réserver l’accès à la fonction publique à des membres d’une région particulière de la Côte d’Ivoire. Jean François n’est pas d’accord. Et nous sommes d’avis avec lui.
    Nous ne pouvons jamais être d’accord avec cette politique d’exclusion. Nous ne pouvons jamais être d’accord avec « des concours clandestins ». Nous ne pouvons jamais être d’accord avec ces choses dans notre pays.
    Au moins ça, nous pouvons au moins être libre de le dire. Nous ne pouvons pas être d’accord avec ça aujourd’hui. Nous ne pouvons pas être d’accord avec ça demain. Nous ne serons jamais d’accord avec ces choses-là. Jamais. Madame la juge, je sais que vous-même, vous n’êtes pas d’accord.
    Pour avoir dénoncé les conditions de recrutement de 400 douaniers dont on ignore tout de leur processus de sélection, commet-on un délit ?
    Dans un état démocratique, c’est légal de critiquer les actions du gouvernement et des fonctionnaires. C’est légal et ce n’est pas une atteinte à l’ordre public.
    L’ordre public n’est pas une notion juridique valise inventée pour empêcher nos droits fondamentaux. Notre client a le droit de s’exprimer. Il a le droit de critiquer les actions du gouvernement.
    Mais on ne comprend plus rien dans ce pays. Tu éternues, on t’arrête pour atteinte à l’ordre public. Tu affirmes une chose pour critiquer la gestion des affaires de l’état, on t’arrête pour trouble à l’ordre public.
    Mais notre liberté d’expression doit-elle se résumer à ceci :
    – La Côte d’Ivoire est le plus beau pays du monde ;
    – La Côte d’Ivoire, c’est 0% de corruption ;
    – La Côte d’Ivoire, c’est seulement l’excellence et le mérite qui constituent les critères de promotion professionnelle …
    Madame la présidente, Mesdames et Messieurs du tribunal, si vous étendez l’ordre public sans le limiter, il n’y aura plus de droits fondamentaux à exprimer. La CADHP dit que « ces déclarations sont prévisibles dans une société démocratique et devraient donc être tolérées, surtout lorsqu’elles proviennent d’une personnalité publique comme la requérante. En raison de leur nature et de leurs statuts, les institutions gouvernementales et les fonctionnaires ne peuvent être à l’abri de critiques, quand bien même elles seraient offensantes ; et un haut degré de tolérance est attendu d’eux lorsqu’ils sont la cible de telles critiques de la part de personnalités politiques de l’opposition ».
    Si la liberté d’expression se limite à chanter les louanges des dirigeants politiques, il n’y a pas de liberté d’expression parce qu’il n’y aurait pas dans cette hypothèse de liberté de pensée et de liberté d’opinion.
    Or, l’on a inscrit ces droits dans notre constitution. Si ces droits fondamentaux n’existent pas en réalité, disons tous à Monsieur Jean François KOUASSI que la société l’a trompé en lui faisant croire qu’il avait un droit à la liberté d’expression.
    Dans une société démocratique, nous avons le droit de critiquer les actions du gouvernement même lorsque ces critiques sont dures.
    Nous avons aussi le choix d’opter pour un régime autoritaire. Le débat aurait été autre. Mais si nous sommes dans une démocratie, nous avons le droit à la liberté d’expression.
    Dans cette affaire, il n’y a aucun « trouble grave » à l’ordre public. C’est ceux qui sont allés chercher Monsieur Jean François KOUASSI qui ont troublé l’ordre public. Pas notre client.
    Vous pouvez pour la présente affaire, reprendre les mots de l’arrêt de la CADHP et dire que « rien n’indique que ces déclarations aient provoqué des troubles, le soulèvement des populations ou toute autre menace particulière à la sécurité de l’État ou à l’ordre public ».
    De quel trouble à l’ordre public parle-t-on ? Il n’y a eu aucun trouble à l’ordre public.
    Veuillez en conséquence déclarer Monsieur Jean François KOUASSI non-coupable du délit de trouble à l’ordre public et le renvoyer des fins de cette poursuite sans peine ni dépens.

    B) Sur l’infraction de dénonciation calomnieuse

    Sur cette infraction, je ne passerai pas assez de temps parce qu’il manque pour qu’elle soit constituée un élément à savoir que la dénonciation calomnieuse pour être retenue doit être faite auprès d’une autorité administrative, judiciaire ou auprès d’un employeur ayant donc un pouvoir disciplinaire. Monsieur Jean François KOUASSI n’a rien fait de tout ça.
    Veuillez en conséquence déclarer Monsieur Jean François KOUASSI non-coupable du délit de dénonciation calomnieuse et le renvoyer des fins de cette poursuite sans peine ni dépens.

    C) Les délits d’invective et de propos outrageants d’une part et de divulgation de fausses nouvelles d’autre part

    Madame la présidente, Mesdames et Messieurs honorables juges du tribunal.
    Ces infractions ne sont pas constituées.
    Premièrement, il n’y a aucun propos outrageant dans notre cas d’espèce. Il y a eu des critiques élevées par un jeune citoyen qui a le droit de dire à nos dirigeants politiques qu’il y a de la dérive dans leur gouvernance. Ce n’est pas un propos outrageant. Il n’y a rien d’outrageant en parlant de corruption dans les concours organisés en Côte d’Ivoire.
    Deuxièmement, il n’y a pas de divulgation de fausses nouvelles dans cette affaire. L’affaire du recrutement des 400 douaniers n’est pas une fausse nouvelle. C’est réel.
    Le Directeur Général de la fonction publique a fait une conférence de presse. Il n’a jamais dit que cette affaire était fausse. C’est lorsqu’on invente le fait qu’il pourrait avoir un problème. Mais dire ce qui a existé, ce n’est pas une fausse nouvelle puisque le recrutement des 400 douaniers est factuellement vrai.
    La discussion porte sur les modalités du recrutement. C’est une question qui touche la régularité. Mais le fait n’est pas faux. Il n’y a pas de fausse nouvelle. La nouvelle est vraie.
    Ce n’est pas mon client qui doit apporter la preuve de la régularité du concours. C’est l’administration qui doit nous convaincre que la rumeur sur ce point n’est pas fondée.
    Est-ce qu’on a besoin de poursuivre quelqu’un pour ça ?
    Mais, l’administration n’a pas été capable de clarifier les points d’ombre dans cette affaire. Qu’est-ce qui est faux ?
    Entre la suspension de la publication en 2024 et la formation annoncée par l’administration, qu’est-ce qui s’est passé ? C’est pourquoi notre client dit qu’il s’agit d’un recrutement occulte. Où se trouve la fausse nouvelle ?
    Il y a des personnes retenues qui n’ont jamais été agents à la douane. Comment on peut accepter des choses comme ça ? Ce n’est pas acceptable du tout dans un pays qui parle de l’égalité d’accès à la fonction publique.
    Ces infractions ne sont pas constituées.

    CONCLUSION

    Madame la présidente, Mesdames et Messieurs du tribunal, je vais terminer mon propos.
    Je retiens une chose, Monsieur Jean François KOUASSI a parlé pour chaque enfant de la Côte d’Ivoire. Il a parlé même pour chaque parent. Il a dit ce que chacun murmure dans le cœur sur la corruption qui gangrène la chaine des examens et des concours en Côte d’Ivoire. C’est une réalité. C’est un fait.
    Et ces jeunes qui sont venus nombreux veulent savoir ce qui va être décidé. Ils attendent que la justice de leur pays leur dise si elle est d’accord avec de telles pratiques qui ferment la porte de l’emploi à ces milliers d’enfants de pauvres qui ont eu leur diplôme mais qui ne connaissent aucun homme politique pour favoriser leur accès à un emploi public.
    Quand on a entendu un haut responsable de notre administration dire lors d’un meeting que l’opposition ne donne pas d’emploi, on l’entend amèrement comme un message qui n’est pas à tenir et qui n’est pas acceptable dans un état démocratique.
    Quand un citoyen, faisant usage de son droit à la liberté d’expression dénonce de telles pratiques, commet-il un délit ?
    C’est à vous de le dire à tous ces jeunes qui sont dans cette salle.
    KNC

  • A’Salfo, candidat manqué au ministère de la Culture selon Africa Intelligence

    A’Salfo, candidat manqué au ministère de la Culture selon Africa Intelligence

    Africa Intelligence révèle qu’A’Salfo, leader de Magic System, aurait visé le ministère de la Culture dans le remaniement Mambé II, mais le poste est resté à Françoise Remarck.

    Dans le remaniement du gouvernement Mambé II dévoilé le 23 janvier, Africa Intelligence révèle qu’A’Salfo, leader du groupe Magic System, aurait lorgné le ministère de la Culture.

    Selon le média spécialisé, le chanteur aurait mené une campagne discrète pour obtenir le portefeuille, mais le poste est finalement resté entre les mains de Françoise Remarck, appréciée du couple présidentiel et protégée par Téné Birahima Ouattara, vice-premier ministre.

    Un artiste engagé 

    Salif Traoré, plus connu sous le nom d’A’Salfo, est un chanteur et homme de culture ivoirien né le 15 décembre 1975 à Abidjan.

    À la tête du célèbre groupe de Zouglou Magic System, mondialement reconnu pour des tubes comme Premier Gaou, Bouger Bouger ou Magic in the Air, il est également le fondateur et commissaire général du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA), un événement majeur qui soutient la construction d’écoles et de centres de santé en Côte d’Ivoire.

    Engagé sur le plan international, il est ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO depuis 2012, œuvrant pour la paix et l’éducation par la culture. Parallèlement, à travers sa structure Gaou Productions, il accompagne de jeunes talents et joue un rôle important dans l’industrie musicale africaine.

    Aujourd’hui, A’Salfo est considéré comme l’une des figures les plus influentes du continent africain, alliant succès artistique et impact social. Pour l’instant, il n’a pas commenté cette information, et son entourage dément les rumeurs concernant ses ambitions ministérielles.

  • PDCI: Yapo Calice inculpé pour trouble à l’ordre public, diffamation et tribalisme, procès fixé au 20 février 2026

    PDCI: Yapo Calice inculpé pour trouble à l’ordre public, diffamation et tribalisme, procès fixé au 20 février 2026

    Le Secrétaire Exécutif en Chef du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA), Yapo Yapo Calice, a été inculpé pour trouble à l’ordre public, diffamation et tribalisme à l’issue de son audition par le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan-Plateau. L’information a été rendue publique à travers un communiqué officiel du Directeur de Cabinet du Président du PDCI-RDA, Alain Cocauthrey, transmis ce mercredi 28 janvier 2026.

    Selon le communiqué, Yapo Yapo Calice avait répondu à une convocation des autorités judiciaires le mardi 27 janvier 2026. Il a été longuement auditionné à la Préfecture de Police d’Abidjan avant d’être placé en garde à vue. Le lendemain, mercredi 28 janvier, il a été présenté au Parquet, où il a été entendu par le Procureur de la République.

    Laissé en liberté dans l’attente de son procès

    À l’issue de cette audience, Yapo Calice a été officiellement inculpé des chefs d’accusation de trouble à l’ordre public, diffamation et tribalisme. Toutefois, il a été laissé en liberté dans l’attente de son procès, fixé au vendredi 20 février 2026.

    Dans son communiqué, la direction du PDCI-RDA informe ses militantes et militants, ainsi que l’opinion nationale et internationale, du déroulement de cette procédure judiciaire. Le parti souligne qu’il suit de près l’évolution du dossier, qu’il considère comme sensible, au regard du contexte politique national et de la position stratégique occupée par Yapo Calice au sein de l’appareil du parti.

    Le PDCI-RDA a lancé un appel solennel à ses militants et sympathisants à faire preuve de calme, de retenue et de sérénité

    Face à cette situation, le PDCI-RDA a lancé un appel solennel à ses militants et sympathisants à faire preuve de calme, de retenue et de sérénité. La direction du parti insiste sur la nécessité d’éviter toute réaction susceptible d’aggraver les tensions ou de troubler l’ordre public.

    « Dans l’intervalle, le PDCI-RDA appelle l’ensemble de ses militantes et militants au calme, à la retenue et à la sérénité », précise le communiqué, qui réaffirme l’attachement du parti au respect des lois de la République et aux valeurs de paix.

    Tidjane Thiam suit personnellement ce dossier

    Le Président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, suit personnellement ce dossier. Dans le même communiqué, il exprime sa reconnaissance envers les conseils juridiques de Yapo Calice pour leur engagement, tout en saluant la mobilisation et le soutien des militants du parti. Il invite ces derniers à rester mobilisés, mais dans un cadre strictement légal et conforme aux principes démocratiques.

    « Le Président Tidjane Thiam remercie et félicite les Conseils du Ministre Yapo Calice ainsi que les militantes et les militants pour leur soutien et les invite à demeurer mobilisés, dans le strict respect des lois de la République et des valeurs de paix qui fondent notre engagement politique », souligne le texte.

    Cette affaire intervient dans un contexte politique marqué par une forte sensibilité

    Cette affaire intervient dans un contexte politique marqué par une forte sensibilité, lors des récentes échéances électorales et dans un climat où les discours publics sont scrutés de près par les autorités et l’opinion. Les accusations de tribalisme, en particulier, constituent un sujet délicat dans un pays soucieux de préserver la cohésion nationale et l’unité sociale.

    En attendant la tenue du procès prévue le 20 février 2026, le PDCI-RDA assure qu’il restera attentif à l’évolution de la situation et qu’il tiendra ses militants informés en temps opportun.

    Cette affaire pourrait avoir des répercussions politiques importantes, tant sur la stratégie du parti que sur le débat public national, alors que les acteurs politiques sont appelés à privilégier la responsabilité, la modération et le respect des institutions républicaines.

  • Nouveau ministre des Infrastructures, Hien Yacouba Sié face à la pression du bilan d’Alassane Ouattara

    Nouveau ministre des Infrastructures, Hien Yacouba Sié face à la pression du bilan d’Alassane Ouattara

    Hien Yacouba Sié, ex-directeur général du Port d’Abidjan, prend le ministère des Infrastructures, un portefeuille stratégique où routes et ponts incarnent le bilan politique d’Alassane Ouattara.

    Le président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a nommé vendredi 23 janvier 2026 Hien Yacouba Sié ministre des Infrastructures et de l’Entretien routier. Jusqu’ici directeur général du Port autonome d’Abidjan, il accède à l’un des portefeuilles les plus stratégiques de l’exécutif.

    Cette nomination intervient après plus de trente années passées au service du développement portuaire ivoirien. « Cette distinction vient saluer un leadership exemplaire et un engagement constant en faveur du développement et de la modernisation des infrastructures maritimes et portuaires de notre pays », a salué le meme jour la direction du port sur sa page Facebook, en lui adressant ses félicitations et ses vœux de succès pour ses nouvelles fonctions.

    Un parcours forgé dans les grands ouvrages

    Né le 26 mai 1964 à Adiaké, Hien Yacouba Sié est ingénieur en génie civil, diplômé de l’ENSTP de Yamoussoukro, aujourd’hui INPHB. Il débute sa carrière en 1992 chez FRANZETTI-CI comme chef du bureau d’études, avant de rejoindre le Port autonome d’Abidjan en 1994.

    Il y gravit progressivement tous les échelons : directeur des Travaux et Aménagements, conseiller technique du directeur général chargé de la prévention des risques, puis directeur général à partir de 2011.

    Sous sa direction, la plateforme portuaire change d’échelle : élargissement et approfondissement du canal de Vridi, construction du deuxième terminal à conteneurs, terminal roulier, terminal céréalier, création de zones industrielles par remblaiement lagunaire.

    En parallèle, il s’impose sur la scène internationale, notamment comme vice-président Afrique-Europe de l’Association internationale des ports et rades (IAPH) et président de l’Association des ports d’Afrique de l’Ouest et du Centre (AGPAOC).

    Fort de ses 31 ans d’expérience, Hien Yacouba Sié aborde un nouveau défi : la modernisation du réseau routier national. Chargé d’assurer la fluidité du trafic et la durabilité des routes, entre bitumage, entretien et renforcement des infrastructures, il prend la tête d’un ministère dont la portée dépasse largement la technique. Sa nomination n’est pas anodine.

    Un choix hautement politique

    En confiant les Infrastructures à Hien Yacouba Sié, Alassane Ouattara touche en effet au cœur de son principal marqueur politique. Depuis 2011, routes, ponts, échangeurs et autoroutes constituent l’argument central du pouvoir RHDP pour illustrer la rupture avec la décennie précédente.

    « Ce ministère n’est donc pas un simple portefeuille technique. Il est une vitrine. Chaque chantier livré renforce le récit du « pays en chantier » ; chaque retard, chaque route dégradée, l’expose à la critique », admet un membre de son entourage au Port d’Abidjan.

    Avec un budget annuel supérieur à 700 milliards de francs CFA, le ministère concentre à la fois des moyens financiers considérables, des attentes sociales fortes et une pression politique permanente.

    Ingénieur de formation, habitué aux grands projets, Hien Yacouba Sié n’arrive pas en terrain inconnu. Au Port d’Abidjan, les résultats sont chiffrés : plus de 40 millions de tonnes de trafic en 2024 et 1,6 million de conteneurs EVP traités, positionnant la plateforme comme un hub sous-régional majeur.

    Mais la route n’est pas le port. Là où l’activité portuaire reste concentrée, le réseau routier touche directement le quotidien : désenclavement rural, embouteillages urbains, routes dégradées après la saison des pluies. C’est sur ce terrain que la perception populaire se forge.

    « On verra si ce nouveau ministre peut vraiment entretenir nos routes, pas seulement inaugurer des chantiers », tempère un opposant politique local.

    Un héritage solide, des attentes élevées

    Hien Yacouba Sié succède à Amédé Koffi Kouakou, artisan de vastes programmes de réhabilitation dans le cadre du PSGouv. En quinze ans, le réseau routier ivoirien a doublé. Reste un défi central : l’entretien.

    Entre 2026 et 2030, les priorités sont clairement identifiées : porter le réseau bitumé à 10 000 km, lancer l’autoroute Abidjan-Lagos, rénover 27 000 km de routes en terre, achever les grands chantiers urbains d’Abidjan et intégrer les contraintes climatiques croissantes.

    Autant de projets structurants, mais aussi autant de points de friction. Retards, malfaçons et sentiment d’abandon persistent dans certaines zones rurales et quartiers populaires, malgré les chiffres officiels.

    Pour le pouvoir, réussir sur les infrastructures, c’est consolider un récit de stabilité et de progrès. Échouer, ou donner l’impression d’un essoufflement, fragiliserait l’un des rares domaines où le consensus reste large.

    Hien Yacouba Sié n’arrive donc pas comme un simple gestionnaire. Il arrive comme un homme-clé du bilan Ouattara. Sur les routes ivoiriennes, chaque kilomètre comptera.

  • L’argent et nos principes. l’histoire de Winston Churchill

    L’argent et nos principes. l’histoire de Winston Churchill

    L’ancien Premier ministre du Royaume-Uni, Winston Churchill, a dit un jour :
    « Un jour, j’ai pris un taxi pour me rendre aux bureaux de la BBC pour une interview.
    À mon arrivée, j’ai demandé au chauffeur de m’attendre quarante minutes jusqu’à mon retour, mais il s’est excusé en disant :
    “Je ne peux pas, parce que je dois rentrer chez moi pour écouter le discours de Winston Churchill.”
    J’ai été étonné et ravi par le désir de cet homme d’écouter mon discours ! J’ai donc sorti dix livres et les ai données au chauffeur de taxi sans lui dire qui j’étais.
    Lorsque le chauffeur a pris l’argent, il a dit :
    “Je vous attendrai pendant des heures jusqu’à votre retour, monsieur ! Et que Churchill aille en enfer !” »
    Vous pouvez voir comment les principes sont modifiés face à l’argent ;
    des nations vendues pour l’argent ;
    l’honneur échangé contre l’argent ;
    des familles divisées pour l’argent ;
    des amis séparés pour l’argent ;
    des personnes tuées pour l’argent ;
    et des êtres humains réduits en esclavage par l’argent.

  • Boulevard Alassane Ouattara à Adjamé village: un axe à la hauteur du nom ?

    Boulevard Alassane Ouattara à Adjamé village: un axe à la hauteur du nom ?

    À Adjamé village, à la montée comme à la descente du 4ᵉ pont, se trouve un tronçon du boulevard Alassane Ouattara qui suscite incompréhension et exaspération. Long de moins de 500 mètres, ce segment traverse l’ancien site d’Adjamé village, déguerpi de force – un épisode encore vivace dans la mémoire collective des Ivoiriens.

    Aux heures de pointe, ces quelques centaines de mètres deviennent un véritable goulot d’étranglement. Il n’est pas rare qu’il faille 30 à 40 minutes, voire jusqu’à une heure, pour franchir ce tronçon, aussi bien en direction de l’Indénié que du 4ᵉ pont. Une situation paradoxale, voire choquante, pour une voie portant le nom du président de la République.

    Le problème est aggravé par le rétrécissement de la chaussée et par un revêtement fortement dégradé, en net contraste avec la qualité des infrastructures du 4ᵉ pont tout proche. Selon nos informations, cette situation perdure depuis au moins un an, sans avancée visible des travaux annoncés.

    Pourtant, plusieurs projets sont évoqués : certains parlent de la construction d’un tunnel sous le boulevard Nangui Abrogoua, d’autres d’un élargissement en 3×2 voies afin d’assurer une continuité logique avec les infrastructures modernes du 4ᵉ pont. Mais à ce stade, rien de concret ne semble avoir démarré.

    En attendant, de nombreux automobilistes préfèrent contourner la zone en passant par le Plateau, afin d’éviter l’embouteillage quotidien devenu presque légendaire sur ce mini-tronçon.

    Ce boulevard, stratégique et symbolique, mérite mieux. En l’état, il ne fait ni honneur à son nom, ni à l’ambition de modernisation urbaine affichée pour Abidjan.

  • Malgré l’annonce de son retrait, le PPA-CI demande à Laurent Gbagbo de rester à la tête du parti

    Malgré l’annonce de son retrait, le PPA-CI demande à Laurent Gbagbo de rester à la tête du parti

    Malgré l’annonce de son retrait, Laurent Gbagbo reste au cœur du jeu politique. Le Comité central du PPA-CI lui demande officiellement de poursuivre sa mission à la tête du parti, à l’approche du congrès prévu le 15 mai 2026.

    Au Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), la question de la succession de Laurent Gbagbo est désormais officiellement reportée. Réuni en session ordinaire le samedi 24 janvier 2026 à Abidjan, le Comité central du parti a formellement demandé à son président de surseoir à sa décision de se retirer de la vie politique et de poursuivre sa mission à la tête de la formation panafricaine.

    La rencontre, tenue de 16h à 18h au cabinet de Laurent Gbagbo à la Riviera-Attoban, s’est déroulée sous sa présidence effective et en présence des responsables des organes et commissions du parti. Elle constituait la première session ordinaire du Comité central depuis les élections législatives de décembre 2025, boycottées par le PPA-CI.

    Un parti en repli institutionnel mais mobilisé

    En ce début d’année 2026, le PPA-CI évolue dans un contexte politique marqué par l’absence de représentation parlementaire, consécutive à sa décision de ne pas participer aux législatives du 27 décembre 2025. Une ligne politique assumée par la direction du parti, qui continue de dénoncer un processus électoral jugé non crédible et la poursuite de ce qu’il qualifie de « braquage électoral » après la présidentielle d’octobre 2025.

    Ce choix stratégique n’a pas été sans conséquences internes. Plusieurs cadres ayant bravé la consigne de boycott ont été traduits devant le Conseil de discipline, conformément aux statuts du parti. Le Comité central a d’ailleurs réitéré sa demande de sanctions à l’encontre des contrevenants, insistant sur la nécessité, même dans l’opposition, de respecter les règles internes comme préalable à l’exercice du pouvoir d’État.

    Gbagbo alerte sur la situation nationale

    Dans son allocution d’ouverture, Laurent Gbagbo a largement dépassé les seuls enjeux organisationnels. Analysant la situation politique, sociale et économique du pays, l’ancien chef de l’État s’est dit « profondément préoccupé » par les difficultés auxquelles font face les populations ivoiriennes, évoquant notamment la mévente du cacao, la hausse de la TVA sur les produits de première nécessité, le chômage chronique, la vie chère et les déguerpissements.

    Il a également dénoncé la persistance des arrestations et détentions liées aux opinions politiques. Selon une communication de l’Initiative pour la Libération des Prisonniers d’Opinion (ILPO), le PPA-CI recenserait près de 1 600 détenus d’opinion. Le Comité central a salué les actions de soutien engagées, notamment l’opération de collecte de fonds « Je donne 1 000 FCFA pour les prisonniers politiques ».

    Le Comité central s’oppose au départ de Gbagbo

    Mais c’est surtout sur la question du leadership que la session a pris une tournure politique majeure. Examinant le rapport de synthèse de la tournée nationale d’information et d’échanges menée en décembre 2025, le Comité central a endossé les conclusions de la base militante, fermement opposée au départ de Laurent Gbagbo dans le contexte actuel.

    « En conséquence, le Comité central demande au Président Laurent Gbagbo de surseoir à sa décision de se retirer et de poursuivre sa mission à la tête du PPA-CI », indique explicitement le communiqué final.

    Cette position tranche avec les déclarations publiques de l’ex-président ivoirien, qui avait annoncé, en octobre 2025, son intention de ne plus briguer de fonctions politiques et de quitter la présidence du parti à l’issue du congrès ordinaire. Âgé de 80 ans, Laurent Gbagbo avait alors affirmé vouloir prendre du recul après plusieurs décennies au cœur de la vie politique nationale.

    Un congrès fixé à mai 2026

    Sur le plan organisationnel, le Comité central a décidé de convoquer le premier congrès ordinaire du PPA-CI le 15 mai 2026, date qui coïnciderait avec la Fête de la Renaissance, afin de rationaliser les coûts. Laurent Gbagbo a reçu mandat pour en fixer le thème, le lieu et désigner les membres du bureau du congrès.

    Reste désormais une inconnue majeure : la réponse que donnera Laurent Gbagbo à l’appel de son parti. Le congrès de mai prochain s’annonce d’ores et déjà comme un moment décisif, non seulement pour l’avenir du PPA-CI, mais aussi pour la recomposition de l’opposition ivoirienne.

    Samuel KADIO

  • Premier Conseil des ministres: Le Président Alassane Ouattara fixe le cap de l’action gouvernementale

    Premier Conseil des ministres: Le Président Alassane Ouattara fixe le cap de l’action gouvernementale

    Priorités et engagements. À l’occasion du premier Conseil des ministres issu des élections présidentielle et législatives de 2025, le Président de la République, Alassane Ouattara, a adressé un message fort à son gouvernement.

    Félicitations, exigences de résultats, accélération du développement et consolidation de la paix ont constitué les principaux axes de cette rencontre stratégique tenue au Palais de la Présidence à Abidjan-Plateau.

    Présidant ce premier Conseil des ministres de la nouvelle mandature, le Chef de l’État a tenu à féliciter le Premier ministre, le vice-Premier ministre, ainsi que l’ensemble des ministres récemment nommés.

    Saluant leurs compétences, leur expérience et leur engagement, le Président Ouattara a exprimé sa confiance en leur capacité à poursuivre et renforcer la dynamique de transformation de la Côte d’Ivoire.

    Le Chef de l’État a également adressé ses encouragements aux nouveaux membres du gouvernement, tout en rendant un hommage appuyé aux ministres sortants pour leur contribution à l’édification nationale. Ces derniers, a-t-il souligné, demeurent appelés à d’autres responsabilités au service de la Nation. « Les anciens ministres sont appelés à d’autres fonctions que nous préciserons dès le lundi matin », a souligné le Chef de l’Etat.

    Au cœur de son intervention, le Président de la République a insisté sur la mise en œuvre rigoureuse du Plan national de développement (Pnd) 2026-2030, véritable boussole de l’action gouvernementale pour les prochaines années. Ce programme, a-t-il rappelé, traduit les engagements contenus dans le contrat social conclu avec les populations ivoiriennes.

    Pour Alassane Ouattara, il est impératif de maintenir une dynamique soutenue dans tous les secteurs stratégiques, afin d’accélérer le développement économique et social du pays, tout en veillant à la préservation de la sécurité, de la cohésion nationale et de la paix, piliers essentiels de la stabilité ivoirienne.

    Eau et électricité : des priorités nationales réaffirmées

    Le Président Alassane Ouattara a réaffirmé la volonté du gouvernement d’atteindre la couverture intégrale du territoire national en eau potable et en électricité. Il a appelé à un recensement précis des localités encore non desservies, à l’évaluation des besoins d’extension et à la mobilisation des investissements nécessaires.

    Reconnaissant les avancées significatives enregistrées ces dernières années, le Chef de l’État a néanmoins exhorté son équipe à aller plus loin, soulignant que les populations attendent des résultats concrets, visibles et durables.

    Sur un ton à la fois ferme et rassembleur, le Président de la République a appelé à un engagement total de chaque membre du gouvernement, insistant sur la discipline, la rigueur et la solidarité comme principes directeurs de l’action publique.

    « La réalisation de notre ambition pour une Côte d’Ivoire plus forte, plus solidaire et plus prospère est à notre portée », a-t-il assuré, invitant les ministres à s’engager sans réserve au service des citoyens.

    Ce premier Conseil des ministres marque ainsi le lancement officiel de l’action gouvernementale pour la période 2026-2030. En fixant des priorités claires et en appelant à une gouvernance efficace et responsable, le Président Alassane Ouattara entend consolider les acquis et ouvrir une nouvelle phase de progrès pour la Côte d’Ivoire.

  • Abou BAMBA, nouveau ministre de l’environnement et de la Transition écologique: La compétence environnementale accède enfin au sommet de l’État

    Abou BAMBA, nouveau ministre de l’environnement et de la Transition écologique: La compétence environnementale accède enfin au sommet de l’État

    La nomination de Monsieur Abou Bamba au poste de Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique marque un tournant significatif dans la gouvernance environnementale de notre pays. Elle vient consacrer non pas un hasard politique, mais un parcours bâti sur la rigueur, l’expertise et l’engagement concret pour un développement durable réel et inclusif.

    Ancien Coordonnateur du programme Abidjan Legacy Program, Abou Bamba n’est pas un novice parachuté dans les arcanes écologiques. Il est un homme de terrain, rompu aux réalités urbaines, climatiques et sociales. Il connaît les fractures environnementales de nos villes, les vulnérabilités des quartiers, les urgences liées à la résilience climatique, à la gestion des déchets, à la protection des écosystèmes et à l’adaptation aux changements climatiques.

    Abou Bamba est un économiste de l’environnement ivoirien, avec une riche carrière de plus de 30 ans dans le domaine de l’environnement et du développement durable. Il a commencé sa carrière dans les années 90 en tant que conseiller à la Banque Mondiale dans le cadre de l’élaboration des Plans Nationaux d’Actions Environnementales (PNAE) dans les pays Africains au sud du Sahara. Il a ensuite rejoint les bâtiments de la Banque Africaine de Développement dans le cadre du Réseau pour l’Environnement et le Développement Durable en Afrique pour la formulation des politiques environnementales dans les pays africains après la Conférence de Rio (1992) dont il a assuré la coordination opérationnelle.

    Sa carrière internationale le conduira ensuite à Gland, en Suisse, où pendant près d’une dizaine d’années il exercera en tant que Coordinateur pour l’Afrique de la Convention sur les Zones Humides d’Importance Internationales (Convention de Ramsar-UNESCO), pour le compte de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN).

    Sa trajectoire professionnelle inspire ainsi confiance. Elle témoigne d’une compréhension fine des mécanismes internationaux de la transition écologique, mais aussi d’une capacité à traduire ces concepts en actions concrètes sur le terrain. Car le défi de l’environnement aujourd’hui n’est plus seulement scientifique : il est social, économique et politique. Il s’agit de concilier croissance, inclusion sociale et protection des ressources naturelles. Un équilibre délicat que le nouveau ministre semble maîtriser.

    Grand défenseur du concept de développement durable, Abou Bamba porte une vision moderne : celle d’une économie verte créatrice d’emplois, d’une urbanisation résiliente, d’une gouvernance environnementale participative et d’une citoyenneté écologique renforcée. Cette vision est précieuse dans un contexte africain marqué par la pression démographique, l’urbanisation rapide et la vulnérabilité climatique.

    Sa nomination envoie également un message fort à la jeunesse, aux experts environnementaux et aux acteurs de la société civile : la compétence peut encore être reconnue, l’expertise peut encore ouvrir les portes du pouvoir décisionnel. C’est un signal d’espoir dans un environnement politique souvent dominé par les calculs partisans.
    Certes, les défis sont immenses : pollution urbaine, déforestation, érosion côtière, insalubrité, stress hydrique, changement climatique. Mais l’arrivée d’un profil technique et visionnaire à la tête du ministère de l’Environnement offre une opportunité historique de rupture avec les politiques cosmétiques et les effets d’annonce.

    Abou Bamba n’hérite pas seulement d’un portefeuille ministériel. Il hérite d’une responsabilité générationnelle : celle de bâtir une transition écologique africaine, adaptée à nos réalités, juste socialement et économiquement viable. En saluant sa nomination, la nation ne célèbre pas seulement un homme. Elle nourrit l’espoir d’un ministère désormais guidé par la compétence, l’innovation et la responsabilité écologique.

    Abou Bamba est titulaire d’un diplôme d’administrateur maritime et des ports du Conservatoire Nationale des Arts et Métiers (CNAM) Le Havre, France, d’un Masters es Sciences en économie et gestion (option économie de l’environnement et du développement durable) de l’Université du Québec, Canada, d’un diplôme de gestion durable de l’environnement de l’Université de Californie à Berkeley, USA, ainsi que plusieurs certificats en économie politique de l’environnement obtenus à l’Institut de Développement Économique de la Banque Mondiale à Washington D.C.

    Il est auteur de plusieurs études sur les questions environnementales et de développement durable et a reçu plusieurs prix et distinctions académiques dont le prix d’excellence de l’Université du Québec, le prix d’excellence du ministère des Sciences et de l’Enseignement supérieur du gouvernement du Québec, la Bourse de la Francophonie…

    Hermann Aboa

  • Trump affirme qu’il pourrait supprimer totalement l’impôt sur le revenu grâce aux recettes tarifaires

    Trump affirme qu’il pourrait supprimer totalement l’impôt sur le revenu grâce aux recettes tarifaires

    Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi que son administration pourrait réduire « substantiellement » les impôts fédéraux sur le revenu, voire les éliminer « complètement » au cours des prochaines années, en s’appuyant sur les recettes tarifaires en forte hausse.

    S’adressant aux membres des forces armées américaines, Trump a soutenu que l’argent provenant des droits de douane pourrait atteindre un niveau tel qu’il pourrait entièrement remplacer les revenus issus de l’impôt sur le revenu.

    Cette proposition s’inscrit dans la lignée de son programme fiscal axé sur le commerce, qui envisage les tarifs douaniers comme l’épine dorsale des recettes fédérales. Bien qu’il n’ait pas présenté de feuille de route détaillée ni de calendrier précis, ces remarques signalent un changement radical par rapport à la fiscalité conventionnelle.

    Trump avait également évoqué l’idée d’un « dividende tarifaire ». Plus tôt ce mois-ci, il a affirmé que ses critiques avaient été démentis et a promis que la plupart des Américains recevraient au moins 2.000$ provenant des bénéfices générés par les tarifs douaniers.

  • Côte d’Ivoire : le gouvernement Mambé II marqué par la sortie d’Adjoumani

    Côte d’Ivoire : le gouvernement Mambé II marqué par la sortie d’Adjoumani

    Le deuxième gouvernement du Premier ministre Robert Beugré Mambé est marqué par le départ du ministre Adjoumani, emporté par l’affaire du cacao. Téné Birahima Ouattara est nommé vice-Premier ministre, tandis que Nialé Kaba prend la tête du ministère des Affaires étrangères.

    Dans l’ensemble, il n’y a pas de bouleversement majeur : la quasi-totalité des ministres est reconduite, avec seulement deux nouvelles entrées au sein de l’équipe gouvernementale.

    Premier ministre, Chef du gouvernement
    Robert Beugré Mambé

    Vice-Premier ministre, ministre de la Défense
    Téné Birahima Ouattara

    Ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration
    Anne Désirée Ouloto

    Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale
    Nialé Kaba

    Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme
    Jean Sansan Kambilé

    Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité
    Général Vagondo Diomand

    Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget
    Adama Coulibaly

    Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie
    Mamadou Sangafowa Coulibaly

    Ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières
    Bruno Nabagné Koné

    Ministre des Transports et des Affaires maritimes
    Amadou Koné

    Ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité
    Amédé Koffi Kouakou

    Ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Porte-parole adjoint du gouvernement
    Mamadou Touré

    Ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle
    Pierre Dimba

    Ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie
    Moussa Sanogo

    Ministre des Ressources animales et halieutiques
    Sidi Tiémoko Touré

    Ministre du Patrimoine, du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques
    Mariatou Koné

    Ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement
    Amadou Coulibaly

    Ministre des Eaux et Forêts
    Jacques Assahoré Konan

    Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat
    Ibrahim Kalil Konaté

    Ministre du Tourisme et des Loisirs
    Siandou Fofana

    Ministre du Plan et du Développement
    Souleymane Diarrassouba

    Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique
    Adama Diawara

    Ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle
    Adama Kamara

    Ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique
    N’Guessan Koffi

    Ministre des Infrastructures et de l’Entretien routier
    Yacouba H. Sié

    Ministre de la Cohésion sociale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté
    Myss Belmonde Dogo

    Ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique
    Djibril Ouattara

    Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant
    Nassénéba Touré

    Ministre de la Culture et de la Francophonie
    Françoise Remarck

    Ministre des Sports
    Adjé Silas Metch

    Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique
    Abou Bamba

  • En Côte d’Ivoire, un gouvernement remanié à minima et de profonds réajustements

    En Côte d’Ivoire, un gouvernement remanié à minima et de profonds réajustements

    Au lendemain de la reconduction de Robert Beugré Mambé au poste de Premier ministre, le nouveau gouvernement ivoirien a été rendu public vendredi 24 janvier.

    S’il s’agit probablement d’un remaniement à minima, la nouvelle équipe marque néanmoins des changements notables par rapport à la configuration précédente, avec plusieurs départs, des permutations stratégiques et l’arrivée de nouveaux visages à des postes clés.

    Ceux qui conserve leur poste

    Dans ce nouvel attelage, plusieurs figures conservent leurs portefeuilles. Téné Birahima Ouattara, frère cadet du chef de l’État, est promu vice-Premier ministre tout en restant à la tête du ministère de la Défense. Pierre N’Gou Dimba demeure ministre de la Santé, tandis qu’Anne Désirée Ouloto conserve son rang de ministre d’État en charge de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration.

    La continuité est également de mise au ministère de la Jeunesse, dirigé par Mamadou Touré, ainsi qu’aux Ressources halieutiques avec Sidi Touré. Amadou Koné est reconduit aux Transports, Jean Sansan Kambilé reste à la Justice et Vagondo Diomandé conserve le portefeuille de l’Intérieur et de la Sécurité.

    Profonds bouleversements

    En parallèle, le remaniement se distingue par de profonds bouleversements. Bruno Koné, jusque-là ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, prend désormais les rênes du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, en remplacement de Kobé Kouassi Adjoumani, écarté du gouvernement. Amédée Kouakou quitte le ministère de l’Équipement et de l’Entretien routier pour celui de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité. Il cède son ancien poste à Hien Sié, jusque-là directeur général du Port autonome d’Abidjan.

    Autre changement majeur : Mariétou Koné le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation pour prendre la tête du ministère du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques

    Autre changement majeur : Mariétou Koné le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation pour prendre la tête du ministère du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques. Le secteur de l’éducation nationale et de l’enseignement technique est désormais confié à N’Guessan Koffi. De son côté, Souleymane Diarrasouba quitte le Commerce et l’Industrie pour être nommé ministre du Plan et du Développement.

    La nouvelle équipe gouvernementale compte par ailleurs quatre ministres délégués. Ce sont Jean-Louis Moulot, ministre délégué à l’Enseignement technique, Bernard Comoé, ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, Adama Dosso, délégué auprès du ministre des Affaires étrangère, Celestin Serey Doh, délégué auprès du ministre des Transport.

    Au chapitre des Affaires étrangères, Kaba Nialé atterri à ce poste stratégique, en remplacement d’Adom Kacou Houadja, qui quitte le gouvernement. Parmi les autres ministres sortants figurent Laurent Tchagba, précédemment aux Eaux et Forêts, et Bouaké Fofana, en charge de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

    6 femmes

    Sur le plan de la représentation féminine, le nouveau gouvernement reste marqué par une faible présence des femmes. Sur la trentaine  de portefeuilles ministériels, seuls six sont confiés à des femmes, dont Nassénéba Touré, placée au ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Miss Belmonde Dogo, à la Cohésion nationale et à la lutte contre la Pauvrété et Anne Désirée Ouloto à la Fonction publique, Françoise Remarck, ministère de la Culture, Nialé Kaba et Mariétou Koné.

    Ce remaniement intervient après la décision du président Alassane Ouattara, le 8 janvier dernier, de mettre fin aux fonctions du Premier ministre et de l’ensemble des membres du gouvernement, ouvrant ainsi la voie à une recomposition destinée à répondre aux nouveaux enjeux politiques, économiques et sociaux du pays.


  • Dialogue public-privé : Le Comité de concertation se fixe des objectifs clairs pour 2026

    Dialogue public-privé : Le Comité de concertation se fixe des objectifs clairs pour 2026

    Consolider les acquis du Dialogue public-privé (Dpp), renforcer les mécanismes de concertation et inscrire le Comité de concertation État-secteur privé (Ccesp) comme un levier stratégique de la mise en œuvre des réformes économiques. Ce sont les principales recommandations qui ont sanctionné l’atelier bilan 2025 et perspectives 2026 tenu du 13 au 15 janvier 2026, à Yamoussoukro.

    La définition d’une feuille de route claire et le renforcement du dialogue stratégique apparaissent également comme des conditions clés pour accompagner durablement le développement du secteur privé en Côte d’Ivoire. Les travaux se sont articulés autour de cinq sessions scientifiques complémentaires.

    La Session 1 (restitution de l’étude sur la dynamique du Dialogue État–secteur privé), présentée par le Professeur Kimou Assi Carlos de la Capec, a porté sur la méthodologie, les acquis, les défis et les perspectives du Dpp. Les échanges ont souligné le rôle central du Ccesp dans le dialogue stratégique entre l’État et le secteur privé. Les participants ont appelé au renforcement des mécanismes existants de concertation, en s’inspirant des bonnes pratiques internationales, et à l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle pour consolider durablement le Dialogue public-privé.

    Lors de la Session 2 (revue des activités critiques du Ccesp), les discussions ont insisté notamment sur le fonctionnement des instances de concertation, des structures locales, du réseau des points focaux et des outils de communication. Elle a permis d’identifier les principales difficultés rencontrées et de formuler des recommandations visant à renforcer l’efficacité des réunions statutaires, le suivi-évaluation et l’animation du réseau des points focaux, appelés à jouer un rôle accru de veille économique.

    Quant à la Session 3 (évaluation des activités 2025), il ressort que le taux d’exécution global de la matrice d’activités s’est établi à 66 %. Ce, avec des avancées notables dans la médiation des préoccupations du secteur privé, l’animation du Dialogue public-privé et le positionnement institutionnel du Ccesp au sein de l’écosystème économique national.

     La secrétaire exécutive du Ccesp, Mariam Fadiga Fofana (2e à partir de la gauche) s'est félicitée de la qualité des travaux (Dr)

    La secrétaire exécutive du Ccesp, Mariam Fadiga Fofana (2e à partir de la gauche) s’est félicitée de la qualité des travaux (Dr)



    Les travaux de la Session 4 (examen des politiques de développement du secteur privé) ont été consacrés à l’analyse des grandes réformes issues du Plan national de développement 2026–2030 et des stratégies sectorielles. Les présentations ont mis en évidence un vaste programme de réformes en faveur de l’amélioration du climat des affaires, de la promotion des Pme, de l’industrialisation et du contenu local.

    De la Session 5 (priorités stratégiques du secteur privé), l’on retient les acquis du Dpp, notamment la consolidation de la confiance entre acteurs, avec un taux de satisfaction globale de 61 %. Mais aussi des défis liés à la coordination, à la structuration du dialogue et à la cohérence des politiques publiques.

  • En Côte-d’Ivoire la filière cacao au bord de la crise, des tonnes invendues bloquées dans les ports

    En Côte-d’Ivoire la filière cacao au bord de la crise, des tonnes invendues bloquées dans les ports

    La filière cacao ivoirienne traverse une crise sans précédent. Dans les ports d’Abidjan et de San Pedro, des milliers de tonnes de fèves sont immobilisées depuis plusieurs semaines, menaçant de pourrir et laissant des planteurs sans revenus depuis plusieurs mois.

    Au port d’Abidjan, principal point d’exportation du cacao ivoirien, les camions chargés de fèves sont bloqués depuis la fin décembre 2025. Certains transporteurs dorment entre les roues de leurs poids lourds, tandis que la zone est envahie par une forte odeur de cacao pourrissant.

    La situation est encore plus critique dans les zones cacaoyères. Le Synapci, principal syndicat des cacaoculteurs, estime à 700 000 tonnes le volume de cacao invendu et non payé. Privés de revenus depuis octobre, certains producteurs sont contraints de brader leur stock sur place ou dans les ports, voire de détruire une partie de leur récolte devenue invendable.

    Malgré ce manque d’acheteurs, le cacao continue d’être transporté vers les ports d’Abidjan et de San Pedro, les seuls autorisés pour l’exportation. Une pratique jugée illicite par le Conseil Café-Cacao (CCC), l’organe étatique de régulation, qui précise que seuls 40 camions sur les 102 recensés mi-janvier disposaient d’un « connaissement », document indispensable à l’exportation maritime.

    Cette crise met en lumière les difficultés structurelles et logistiques de la filière cacao en Côte d’Ivoire, alors que le pays demeure premier producteur mondial, et pose la question de la stabilité économique et sociale dans les zones rurales dépendantes de cette culture.

  • SCANDALE/ CAN 2025 : l’arbitre de la finale traduit en justice au Maroc ?

    SCANDALE/ CAN 2025 : l’arbitre de la finale traduit en justice au Maroc ?

    La finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc continue de produire des secousses bien au-delà du terrain. Cette fois, la polémique bascule dans la sphère politique.

    Au Maroc, un député a en effet publiquement réclamé que l’arbitre de la rencontre, le Congolais Jean-Jacques Ndala, soit traduit en justice, une sortie aussi spectaculaire que révélatrice du climat post-finale.

    Au lendemain du sacre sénégalais à Rabat, la frustration est immense dans le pays hôte. Alors que la CAN devait consacrer le Maroc après cinquante ans d’attente, la défaite en finale, sur fond de décisions arbitrales contestées et de scénario chaotique, laisse place à une colère diffuse. Lors d’une session parlementaire, un élu marocain a ainsi exigé des poursuites contre l’arbitre, l’accusant ouvertement de « collusion » ou de « graves manquements ». Dans une déclaration qui a rapidement enflammé les réseaux sociaux, il va jusqu’à affirmer : « Il a fait voler en éclats notre rêve, il doit être jugé et condamné ici. »

    Un député marocain évoque de la sorcellerie

    Plus troublant encore, le député évoque des thèses irrationnelles, suggérant que les joueurs sénégalais auraient eu recours à des pratiques mystiques pour influencer le match. Il relie ces insinuations au moment où le Sénégal a brièvement quitté la pelouse après le penalty litigieux, estimant que l’arbitre aurait dû, selon lui, attribuer immédiatement la victoire au Maroc. La décision de reprendre le match est qualifiée d’« illogique ».

    Ces accusations extrêmes s’inscrivent dans un contexte déjà tendu. Avant même le tournoi, la CAN 2025 était contestée au Maroc pour ses coûts jugés excessifs, notamment en comparaison avec les besoins en santé ou en éducation. La finale perdue agit comme un catalyseur.

    Pendant ce temps, le Sénégal savoure un deuxième titre continental, après celui de 2021. Le Maroc, lui, voit s’allonger une attente interminable depuis 1976. Mais avec cette sortie parlementaire, la polémique franchit un seuil inédit, transformant une défaite sportive en affaire quasi judiciaire.

    Source: onzemondial

    Pour résumer

    Après la finale perdue de la CAN 2025 face au Sénégal, la polémique prend une tournure politique au Maroc. Un député réclame que l’arbitre Jean-Jacques Ndala soit jugé, l’accusant de collusion et évoquant même sorcellerie, illustrant un climat de frustration et de déni après la défaite.

  • Dette publique : La Côte d’Ivoire mobilise 200 milliards FCFA pour rassurer les investisseurs sur le marché UEMOA

    Dette publique : La Côte d’Ivoire mobilise 200 milliards FCFA pour rassurer les investisseurs sur le marché UEMOA

    Dans le cadre de sa stratégie de gestion active de la dette publique, la Côte d’Ivoire s’apprête à mobiliser un montant global de 200 milliards de francs CFA sur le marché financier régional de l’UEMOA.

    Cette opération, pilotée par le Trésor public, est prévue ce mardi 20 janvier 2026 et combine des bons et des obligations du Trésor, destinés à répondre à la fois aux besoins de trésorerie de l’État et au financement de projets à moyen et long termes, apprend-on du confrère AIP. Par cette levée de fonds, la Côte d’Ivoire entend renforcer la confiance des investisseurs régionaux, diversifier les maturités de sa dette et consolider sa signature souveraine dans un contexte de discipline budgétaire et de stabilité macroéconomique au sein de l’espace UEMOA.

    Une opération structurée entre court et long terme

    L’adjudication annoncée repose sur une combinaison d’instruments financiers soigneusement calibrés. Le Trésor public propose d’abord des bons du Trésor (BAT) d’une maturité de 12 mois, avec une échéance fixée au 5 janvier 2027. Ces titres sont conçus pour répondre aux besoins de financement à court terme de l’État. D’une valeur nominale unitaire d’un million de francs CFA, ces bons offrent un mécanisme simple : les intérêts sont payés d’avance et précomptés sur la valeur nominale, avec un remboursement intégral à l’échéance. Ils ciblent principalement les investisseurs à la recherche de placements liquides, sûrs et rapidement mobilisables.

    La première obligation, d’une durée de 36 mois, arrive à échéance le 21 janvier 2029 et offre un taux d’intérêt annuel de 5,35 %.

    En parallèle, la Côte d’Ivoire met sur le marché trois lignes d’obligations assimilables du Trésor (OAT) afin d’allonger la maturité moyenne de sa dette publique. La première obligation, d’une durée de 36 mois, arrive à échéance le 21 janvier 2029 et offre un taux d’intérêt annuel de 5,35 %. Les deux autres lignes portent respectivement sur 60 mois, avec une échéance en janvier 2031 et un taux de 5,60 %, puis sur 84 mois, échéance en janvier 2033, assortie d’un rendement de 5,85 %. Ces obligations, d’une valeur nominale de 10 000 francs CFA, sont remboursées in fine, avec paiement annuel des intérêts dès la première année.

    Un signal fort envoyé aux investisseurs régionaux

    À travers cette architecture financière, le Trésor public de Côte d’Ivoire cherche à concilier gestion prudente de la dette et financement durable du développement. Les maturités étalées permettent de lisser les remboursements dans le temps, tout en offrant aux investisseurs une gamme de rendements adaptée à différents profils de risque. Aussi, la progression graduelle des taux traduit également la confiance du marché dans la solidité économique du pays.

    A titre de rappel, la dette publique de la Côte d’Ivoire a atteint 34 016 milliards de Francs CFA à fin septembre 2025, soit 59,3% du PIB. Selon Horonya Finance, c’est une progression de 2 609,1 milliards FCFA par rapport à fin 2024. En s’appuyant sur le marché régional de l’UEMOA, la Côte d’Ivoire confirme son ancrage financier et son engagement à maintenir une trajectoire de dette maîtrisée, lisible et attractive pour les investisseurs institutionnels comme privés.

  • Côte d’Ivoire. Le parti de Gbagbo dans l’impasse

    Côte d’Ivoire. Le parti de Gbagbo dans l’impasse

    Il a formé le Front commun avec le PDCI-RDA. Les deux partis ont refusé le plan B pour contourner l’invalidation de la candidature de Laurent Gbagbo et Cheick Tidjane Thiam, leur président et candidat naturel. Ils n’ont donc pas participé à la présidentielle du 25 octobre 2025; déroulant le tapis rouge à Alassane Ouattara, qui a été élu à presque 90% de voix pour son quatrième mandat.

    Aux élections législatives du 27 décembre 2025, ils ont divorcé. Alors que l’ancien parti unique était en lice, le PPA-CI est resté dans le boycott. Il ne compte donc aucun représentant à l’Assemblée nationale.

    Le RHDP a réalisé un raz-de-marée électoral en enregistrant 197 élus sur 255; le PDCI-RDA se contentant de 32 députés. Et après l’investiture d’Alassane Ouattara, l’Assemblée nationale a élu son président, Jérôme Patrick Achi, à une écrasante majorité.

    Le PPA-CI, au pied du mur, est dans l’impasse. Toutes ses initiatives – les Côcôcô, Non au quatrième mandat, Trop c’est trop, etc. – ont fait pschitt. Et le monde politique est en train d’avancer, laissant à la périphérie un parti qui avait suscité beaucoup d’espoir avant de s’isoler dans des stratégies foireuses.

    De guerre lasse, Laurent Gbagbo se met, par conséquent, au garde-à-vous pour aller à Canossa. Et il fait de grandes concessions politiques sans avoir rien obtenu.

    Ainsi, il a envoyé Emmanuel Ackah, son directeur de cabinet, à l’abordage pour reconnaître le gouvernement et donc, le quatrième mandat de Ouattara pour lequel des centaines de jeunes et des dirigeants du parti sont en prison, des personnes ont perdu la vie et des villages, incendiés.

    En position de faiblesse, Gbagbo veut négocier avec un régime si sûr de sa puissance qu’il ferme la porte de son groupe parlementaire aux indépendants issus de son rang. Il fait, sans en donner l’air et au nom de la realpolitik qu’il rejetait, amende honorable.

    Et c’est Jean Jaurès qui a raison : « Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots. »

    F. M. Bally

    Laurent Gbagbo
    Laurent Gbagbo
  • Unité du PDCI-RDA: faut-il s’inquiéter des rumeurs autour des “trois mousquetaires” d’Abidjan ?

    Unité du PDCI-RDA: faut-il s’inquiéter des rumeurs autour des “trois mousquetaires” d’Abidjan ?

    Depuis ce matin, des rumeurs persistantes évoquent une supposée prise de distance de certains députés et maires d’Abidjan, souvent qualifiés de “trois mousquetaires”, vis-à-vis de la position officielle du PDCI-RDA. Personnellement, je n’y crois pas.

    Mais le simple fait que cette hypothèse traverse certains esprits en dit long : elle circule, intrigue, et alimente des interprétations parfois hâtives, parfois intéressées. Dans un contexte politique marqué par les spéculations, les repositionnements et les calculs à court terme, toute rumeur devient rapidement un instrument de fragilisation.

    Il faut pourtant rappeler une évidence : le PDCI-RDA traverse une phase décisive de son histoire. À l’approche d’échéances majeures, chaque mot, chaque posture, chaque silence est scruté, parfois amplifié, souvent déformé. C’est précisément dans ces moments que l’unité doit primer sur les susceptibilités, et la discipline collective sur les lectures individuelles.

    Je demeure convaincu que s’éloigner, même symboliquement, de la ligne du parti ne serait ni la bonne voie, ni le bon moment. Non seulement parce que cela nourrirait la confusion, mais surtout parce que cela affaiblirait un combat qui dépasse les trajectoires personnelles. Le PDCI-RDA n’est pas une addition d’ambitions locales ; il est un héritage politique, une responsabilité historique et un projet national.

    Les élus d’Abidjan, par leur visibilité et leur poids politique, ont un rôle particulier à jouer : rassurer, rassembler, et montrer l’exemple. Leur force ne réside pas dans une posture de singularité, mais dans leur capacité à incarner la cohésion et la loyauté à l’égard des décisions collectives.

    À l’heure où d’autres formations politiques cherchent à exploiter la moindre faille, le PDCI-RDA ne peut se permettre le luxe des divisions supposées ou réelles. Le débat interne est légitime, nécessaire même. Mais il doit rester structuré, responsable et orienté vers un objectif commun.

  • Côte d’Ivoire : Voici le top 10 des ministères avec les plus gros budget en 2026

    Côte d’Ivoire : Voici le top 10 des ministères avec les plus gros budget en 2026

    Le budget de l’État ivoirien pour l’exercice 2026 s’établit à 17 350,2 milliards de FCFA, en hausse de 13,1 % par rapport à l’année précédente. Adopté dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et économiques persistants, ce budget affiche des priorités clairement orientées vers le développement du capital humain, l’énergie, l’agriculture et la lutte contre la pauvreté.

    L’examen des dix ministères bénéficie des dotations les plus élevées avec en lumière les choix retenus par les autorités, ainsi que les arbitrages réalisés face aux enjeux de sécurité alimentaire et de développement.

    Une place de choix pour les secteurs sociaux et régaliens

    Les secteurs sociaux et régaliens occupent une place centrale dans la répartition des crédits budgétaires. En tête, le ministère de l’Éducation nationale est doté de 1 564 milliards de FCFA, soit une hausse de 9 %. Cette allocation confirme la volonté du gouvernement de faire de l’éducation un levier majeur de croissance et de réduction des inégalités. Les autorités entendent renforcer l’offre éducative, améliorer la qualité de l’enseignement et adapter la formation aux besoins du marché du travail.

    Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité arrive en deuxième position avec un budget de 946 milliards de FCFA, en augmentation de 13 %. Cette progression s’inscrit dans un contexte régional marqué par la persistance des menaces sécuritaires. L’objectif affiché est de renforcer les capacités opérationnelles des forces de sécurité intérieures afin de préserver la stabilité sociale et de créer un climat propice à l’investissement.

    Avec une enveloppe de 734 milliards de FCFA (+4 %), le ministère de l’Équipement et de l’Entretien routier confirme l’importance accordée aux infrastructures de transport

    La Santé et l’Hygiène publique bénéficient de 809 milliards de FCFA, en hausse de 8 %. Cet effort budgétaire vise à améliorer l’accès aux soins, à renforcer les infrastructures sanitaires et à soutenir la prise en charge des populations vulnérables. Le secteur reste néanmoins confronté à des défis structurels, notamment la lutte contre les maladies endémiques et l’amélioration de la couverture sanitaire.

    Avec une enveloppe de 734 milliards de FCFA (+4 %), le ministère de l’Équipement et de l’Entretien routier confirme l’importance accordée aux infrastructures de transport. Ces investissements doivent permettre d’améliorer la connectivité entre les régions, de fluidifier les échanges et de soutenir l’activité économique.

    Le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie enregistre l’une des plus fortes progressions budgétaires, avec 706 milliards de FCFA, en hausse de 30 %. Cette augmentation traduit le rôle stratégique de l’énergie et des ressources extractives dans la transformation économique du pays, tout en posant la question de la gestion durable de ces secteurs.

    Les ministères des Finances et du Budget disposent de 671 milliards de FCFA, en progression de 27 %, afin de renforcer la gestion des finances publiques et le pilotage des politiques économiques. L’Hydraulique et l’Assainissement suivent avec 503 milliards de FCFA (+18 %), un secteur clé pour l’accès à l’eau potable, la santé publique et l’amélioration du cadre de vie.

    La Défense se voit attribuer 481 milliards de FCFA, en hausse de 9 %, contrairement à celle de l’année 2025. L’Enseignement supérieur bénéficie de 339 milliards de FCFA (+3 %), tandis que l’Agriculture ferme ce top 10 avec 334 milliards de FCFA, en hausse de 5 %. Malgré son rôle central dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté rurale, ce secteur demeure relativement moins doté que d’autres priorités budgétaires.