Auteur/autrice : iciabidjan

  • Au moins 7 militants du parti de Gbagbo arrêtés à Abidjan (Dano Djédjé)

    Au moins 7 militants du parti de Gbagbo arrêtés à Abidjan (Dano Djédjé)

    Dans une conférence de presse qu’il a animée, ce dimanche 3 août 2025, le président exécutif du PPA-CI, Professeur Sébastien Dano Djédjé a dénoncé ce qu’il qualifie de « vague de répression illégale » contre ses cadres et militants.

     Selon lui, au moins sept militants ont été « enlevés de nuit » dans des conditions extrajudiciaires. Il s’agit de Pascale Zaholy, députée-suppléante de Yopougon et plusieurs figures locales du parti que sont Kado Gnegbré (SNT), Josué Kouamé, Kouassi Brou, Éric Kogo, Fofana Souleymane et Zoh Inza. 

    Dans sa déclaration, le PPA-CI a rappelé les propos du procureur de la République tenus la veille, au sujet de l’attaque perpétrée par une bande armée contre un bus de la Société des Transports Abidjanais (SOTRA, publique) et un véhicule de la police. 

    Si le parti de l’ex-chef de l’Etat Laurent Gbagbo dit condamner ces actes de violence, il accuse en revanche les autorités de profiter du contexte pour engager une « répression politique ciblée » contre l’opposition.

    Le parti affirme que les militants interpellés ont été « enlevés et conduits vers des lieux inconnus », sans notification des charges, ni présentation devant un magistrat, ni possibilité de contacter un avocat ou leur famille. Une situation jugée « grave et préoccupante », en pleine période préélectorale, a commenté M. Dano Djédjé.

    « Ces pratiques anticonstitutionnelles confirment que le régime RHDP persiste dans ses méthodes d’intimidation et de répression politique », a ajouté Professeur Dano Djédjé, dénonçant une violation manifeste du Code de procédure pénale, ainsi que des libertés fondamentales garanties par la Constitution.

    Le PPA-CI prévient qu’il pourrait saisir les organisations de défense des droits de l’homme, ainsi que la Cour pénale internationale (CPI), dont la compétence est reconnue par la Côte d’Ivoire depuis la ratification du Statut de Rome en 2013. 

    « Nous nous réservons le droit d’agir pour faire obstacle à l’installation d’une dictature rampante », a affirmé le président exécutif du parti.

    À quelques mois de l’élection présidentielle prévue en octobre, le PPA-CI tire la sonnette d’alarme sur « la montée inquiétante des violations des libertés constitutionnelles » et met en garde contre toute instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

    « Si les services de sécurité disposent d’éléments à reprocher à nos camarades, ils doivent les convoquer dans le strict respect de la loi, et non les enlever dans l’ombre de la nuit », a insisté le président exécutif du PPA-CI.

    S’adressant à ses militants, sympathisants et à « tous les Ivoiriens attachés à la paix », il a appelé à ne pas céder à la peur. 

    « Leur fébrilité traduit leur peur face à notre détermination collective à empêcher un quatrième mandat inconstitutionnel », a ajouté M. Dano Djédjé en lisant la déclaration. 

    Le parti dit rester mobilisé dans la légalité, prônant « la force du droit contre les dérives de la force».

    Des dizaines de jeunes ont violemment manifesté dans la nuit de vendredi à samedi à Youpougon, dans l’ouest de la capitale économique ivoirienne où ils ont incendié un bus de la Société des Transports Abidjanais (SOTRA, publique) et caillassé un véhicule de la police en s’en prenant aux occupants. 

    BC/Top News Africa

  • Cher Monsieur Thiam, par Venance Konan

    Cher Monsieur Thiam, par Venance Konan

    J’ai écouté attentivement l’interview que vous avez accordée à M. Alain Foka, et je vous avoue que certains de vos propos m’ont laissé pantois. C’est la raison pour laquelle je vous adresse cette lettre ouverte. Allons-y point par point.

    La Constitution. Vous avez affirmé que vous ne la connaissez pas. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que vous avez dit. Vous voulez diriger un pays et vous ne vous donnez pas la peine de lire sa Constitution ? Combien de pages y-at-il dans la Constitution pour que vous ne puissiez pas la lire ? Pour moi, c’est juste une injure que vous avez proférée contre notre pays en disant que vous voulez en être le président sans vous donner la peine de lire sa Constitution. Cela vous disqualifie totalement pour prétendre le diriger un jour.

    Le code de nationalité. Vous avez aussi avoué ne pas le connaitre. Et pourtant vous êtes quand même le mieux placé pour savoir que vous portiez la nationalité française. Peu importe comment. Le minimum pour un homme sérieux qui veut briguer un poste aussi important que la présidence de son pays, est de chercher à savoir les dispositions de la loi concernant les personnes qui ont changé de nationalité. Parce que vous ne pouvez pas dire que vous ignoriez les débats houleux qui ont eu lieu dans ce pays sur les questions de nationalité. Et vous dites que vos juristes ne connaissaient pas cet article 48 qui n’était pourtant pas caché ! Ou vous avez choisi les pires juristes de notre pays, ou votre entourage voulait vous perdre.

    Jean Louis Billon. Vous dites que vous ne le connaissez pas. Vous n’êtes pas obligé de la connaitre. Ce n’est pas comme la Constitution. Mais vous dites qu’il n’a rien réalisé dans le pays parce qu’il est héritier. Vous savez, les grosses fortunes dans le monde d’aujourd’hui, tels que les Bouygues, Dassault, Rockfeller, Rothchild et autres, ne sont que des héritiers. Il y en a qui dilapident ce que leurs parents leur ont laissé, et il y en a d’autres qui le fructifient.

    Jean Louis Billon est de ceux-là. Et il est aujourd’hui le premier employeur de notre pays, et l’un de ses premiers contribuables. Que peut-on dire de vous ? Vous dites que vous avez signé le troisième pont, réalisé Azito, construit des écoles, etc. Je voudrais vous rappeler que vous ne les avez pas réalisés avec vos propres moyens. Vous avez juste signé des papiers dans le cadre de vos fonctions, sur instruction de vos supérieurs. Non, vous ne pouvez pas vous en vanter. Mais dans cette interview, vous vous êtes comparé au président Ouattara qui selon vous, n’était qu’un simple fonctionnaire du FMI payé à 400 000 dollars par an, pendant que vous en touchiez 10 millions par an. Vous avez dit qu’un fonctionnaire du FMI va juste de temps en temps regarder les grands équilibres macro-économiques, tandis que vous, vous créez de l’emploi, vous savez comment investir.

    Pouvez-vous nous dire le nombre d’emplois que vous avez créés en Côte d’ivoire durant tout le temps où vous gagniez 10 millions de dollars par an ? Combien avez-vous payé d’impôt en Côte d’Ivoire ? Pouvez-vous nous citer les investissements que vous avez réalisés dans ce pays ? C’est important pour nous de le savoir, puisque vous aspirez à nous diriger et que vous disqualifiez M. Billon dont nous savons que lui, il a vraiment créé de l’emploi pour les Ivoiriens.

    Vous avez aussi traité la France de pays raciste. Et pourtant vous aviez publié un article dans lequel vous chantiez votre émotion à être Français. Et vous nous avez dit récemment, à nous, Ivoiriens, que ce fut un grand sacrifice pour vous de renoncer à la nationalité française pour pouvoir briguer la présidence de notre pays. Et vous nous dites aujourd’hui que ce pays est raciste ? Tiens donc !

    Enfin, vous reprochez au président Ouattara d’avoir acheté des drones pour barricader le nord de notre pays. Comme vous ne vivez pas beaucoup en Côte d’Ivoire, je crois que vous ne savez pas que nos pays sont sous la menace des groupes djihadistes qui sont en train de détruire nos voisins du nord. Des pays côtiers tels que le Bénin et le Togo sont aussi touchés par ces attaques. Vous n’entendez pas les menaces du satrape du Burkina Faso contre notre pays ? Et vous reprochez à votre pays de se donner les moyens de se protéger contre ces menaces ? Vous vivez sur quelle planète, M. Thiam ? Vous citez Houphouët-Boigny qui avait dit que la Côte d’Ivoire ne saurait être une oasis dans le désert. Vous ne savez évidemment pas non plus que notre pays a construit des milliers de logements pour accueillir les frères burkinabè qui fuient la menace terroriste dans leur pays.

    M. Thiam, vous avez accusé M. Billon de ne pas avoir un comportement d’adulte. Après avoir écouté attentivement votre interview, je suis convaincu que c’est vous qui n’êtes pas encore mûr, malgré les grandes fonctions que vous avez occupées. Et certainement pas du tout mûr pour la fonction de président de la Côte d’Ivoire. Croyez-le, malgré tout ce que vos thuriféraires vous diront.

  • Gabon: un influenceur exige des milliards de francs CFA pour ne pas diffuser des vidéos compromettantes du président

    Gabon: un influenceur exige des milliards de francs CFA pour ne pas diffuser des vidéos compromettantes du président

    L’influenceur Nazih Marwan Al-Azzi, connu sur les réseaux sociaux sous le nom Nazih, a été arrêté au Liban. Âgé de 25 ans, ce jeune Gabonais d’origine libanaise avait défrayé la chronique après avoir affirmé détenir des vidéos et audios impliquant le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema. Des enregistrements qui pourraient faire vaciller le Gabon, selon lui. Il demande à Libreville six milliards de francs CFA pour ne pas les diffuser.

    Brièvement interpelé puis relâché par les services spéciaux du Gabon, Nazih s’est retrouvé au Liban où il a multiplié les invectives contre le président gabonais. Le jeune homme a été interpelé à Beyrouth par la Direction générale de la sûreté du Liban à la demande des autorités gabonaises, a confié à RFI une source sécuritaire gabonaise. Le Liban aurait agi à la suite de la diffusion par Nazih d’un premier enregistrement d’une conversation privée entre lui et le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema.

    Toute la semaine dernière, l’influenceur a tenu le Gabon en haleine en affirmant que l’enregistrement diffusé n’était pas le dernier : il détiendrait 46 autres et 14 vidéos « compromettants », affirme-t-il

    Pour acheter son silence, il a exigé au président une somme de six milliards de francs CFA (soit environ 9 millions d’euros). Un chantage qui a fait bondir les Gabonais.

    Dans un communiqué, la communauté libanaise du Gabon s’est désolidarisée de son compatriote. De son côté, Beyrouth pourrait extrader le jeune homme au Gabon où il risque d’être inculpé pour corruption en bande organisée, chantage et injures publiques. Il n’existe pas d’entraide judiciaire entre le Liban et le Gabon, mais les deux pays auraient trouvé un arrangement.

  • Violences à Yopougon : Le ministre Vagondo Diomandé met en garde les instigateurs et rassure les populations

    Violences à Yopougon : Le ministre Vagondo Diomandé met en garde les instigateurs et rassure les populations

    Dans la nuit du vendredi 1er au samedi 2 août, aux environs de 23 heures, la commune de Yopougon a été le théâtre de graves violences urbaines. Un autobus de la SOTRA a été incendié et un véhicule intelligent de la Police nationale, appartenant à l’unité « Police Secours », a été pris pour cible et lourdement endommagé par une bande d’individus armés et cagoulés.

    Face à cette situation préoccupante, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le Général Vagondo Diomandé, est intervenu ce dimanche 3 août sur le plateau de la télévision nationale (RTI1) pour livrer une déclaration officielle visant, selon ses mots, à « enlever tout doute dans l’esprit des concitoyens et des partenaires de la Côte d’Ivoire ».

    Le ministre a révélé que « les forces de police et de gendarmerie, informées de ce qui se préparait dans notre pays depuis les annonces de certains partis politiques, et sur la base de renseignements crédibles et concordants, étaient prêtes et ont réagi promptement, ce qui a permis d’appréhender 11 individus à ce jour ».

    Selon lui, ces actes visent clairement à « créer une psychose généralisée » à l’approche de l’élection présidentielle prévue dans quelques mois. Il a ajouté que des aveux filmés, recueillis en toute légalité, ont été diffusés sur les antennes de la RTI, confirmant les motivations et le mode opératoire des assaillants.

    Vagondo Diomandé a tenu à rassurer : « Les forces de l’ordre ivoiriennes sont aujourd’hui organisées et bien formées. Elles disposent de moyens tant humains que matériels pour anticiper les événements ou les gérer dans le respect des droits de l’homme. »

    Il a fermement rejeté toute allégation d’arrestations arbitraires, soulignant que « toutes les procédures en cours sont menées dans un cadre strictement judiciaire ». Rappelant qu’« depuis 2011, chaque dossier est traité dans le respect des lois et des pratiques d’un État de droit », il a assuré que « toutes les personnes mises en cause seront remises entre les mains de la justice ».

    Dans une mise en garde sans équivoque, le ministre a adressé un message clair aux auteurs, complices et instigateurs :

    « Le ministère tient à rassurer l’ensemble des populations du plein engagement des forces de sécurité à maintenir et garantir l’Ordre, la Sécurité et la Paix. Toutes les personnes impliquées dans ces projets funestes seront recherchées, appréhendées et répondront de leurs actes devant les tribunaux. »

  • Côte d’Ivoire : le PPACI dénonce et condamne les violences survenues dans la nuit du 1er août à Yopougon

    Côte d’Ivoire : le PPACI dénonce et condamne les violences survenues dans la nuit du 1er août à Yopougon

    Le président Exécutif du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPACI), professeur Dano Djédjé a dénoncé et condamné les violences perpétrées dans la nuit du 1er août dans la commune de Yopougon.

    « Le PPA-CI n’est pas responsable de ces actes et appelle à une enquête transparente pour situer les responsabilités », a déclaré Dano Djedjé ce dimanche 03 août 2025 au cours d’un point de presse qu’il a animé à Abidjan-Cocody.

    Si le PPA-CI condamne fermement ces actes de violence et exprime sa compassion aux victimes, le parti de Laurent Gbagbo a également dénoncé la démarche du procureur de la République. « Alors que l’opinion publique nationale et internationale s’attendait à ce que Monsieur le Procureur de la République respecte les procédures prévues par le code de procédure pénale de notre pays, la réalité observée dès le matin du 3 août est tout autre. Une vague de répression s’abat illégalement sur nos cadres et militants. », a-t-il déploré.

    Selon lui, la vague d’arrestation de ses militants dont Zaholy, députée-suppléante de Yopougon, Kado Gnegbré (SNT), Josué Kouamé, Kouassi Brou, Éric Kogo, Fofana Souleymane et Zoh Inza sans enquête préalable est une « pratique anticonstitutionnelle, héritées du passé sombre de notre pays ». Avant d’estimer que «

    Si les services de sécurité disposent d’éléments à reprocher à nos camarades, ils doivent les convoquer dans le strict respect de la loi, et non les enlever dans l’ombre de la nuit. »

    À en croire Dano Djédjé ces arrestations portent atteinte non seulement aux droits fondamentaux des citoyens, mais aussi à la décrispation politique et à la cohésion nationale, que tout le peuple ivoirien appelle de ses vœux. « Le PPA-CI exprime sa solidarité totale envers les militants ainsi victimes et réclame leur libération immédiate. », a souhaité le président exécutif du PPACI.

    Cyprien K.

  • Présidentielle 2025: la diaspora ivoirienne en exil en France (PPA-CI, PDCI, GPS) adresse une motion à Amnesty International

    Présidentielle 2025: la diaspora ivoirienne en exil en France (PPA-CI, PDCI, GPS) adresse une motion à Amnesty International

    À l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025, les représentations extérieures de l’opposition ivoirienne réunies au sein de l’alliance Front Commun (PPA-CI, PDCI-RDA, GPS, CIP) tirent la sonnette d’alarme face aux dérives autoritaires du régime en place et aux menaces qui pèsent sur le processus électoral. S’appuyant sur l’Accord de Samoa, signé le 15 novembre 2023 entre l’Union européenne et les États ACP, qui réaffirme les engagements des pays signataires en faveur de la démocratie, de l’État de droit et du respect des droits humains, l’opposition ivoirienne rappelle que la Côte d’Ivoire est tenue de se conformer à ses obligations internationales. Or, sur le terrain, la réalité est tout autre : les libertés fondamentales sont bafouées, les opposants réprimés, la CEI instrumentalisée, et la liste électorale truffée d’irrégularités.

    La première exigence formulée par les partis d’opposition est la réintégration immédiate sur la liste électorale des leaders politiques injustement radiés. Il s’agit notamment de Laurent Gbagbo, président du PPA-CI, acquitté par la Cour pénale internationale mais toujours exclu pour une condamnation nationale contestée ; de Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, dont la radiation pour double nationalité repose sur une procédure sans base légale ; et de Guillaume Soro, exilé, condamné par contumace dans des procès jugés politiques. L’opposition estime que ces exclusions sont délibérées et visent à éliminer toute concurrence sérieuse au président sortant.

    La seconde alerte porte sur la volonté manifeste du président Alassane Ouattara de briguer un quatrième mandat, en violation flagrante de l’article 55 de la Constitution, qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Après avoir imposé un troisième mandat en 2020 au prix de violences post-électorales ayant fait plusieurs dizaines de morts, le chef de l’État s’oriente à nouveau vers un passage en force. Une telle démarche compromet la stabilité du pays et crée un précédent dangereux pour la démocratie en Afrique de l’Ouest.

    La troisième revendication concerne la réforme intégrale de la Commission électorale indépendante. L’opposition dénonce sa composition déséquilibrée et son inféodation au pouvoir en place. Elle réclame une CEI véritablement indépendante, dirigée par une personnalité issue de la société civile, crédible et consensuelle, afin de garantir un scrutin libre, transparent et équitable.

    Enfin, les représentants de l’opposition dénoncent une répression politique systématique qui cible leurs militants, élus, cadres et soutiens. Arrestations arbitraires, emprisonnements injustifiés, menaces judiciaires, interdictions de rassemblements, entraves à la liberté d’expression et à la presse libre : tous les signaux sont au rouge. Cette dérive autoritaire est incompatible avec les engagements internationaux de la Côte d’Ivoire et compromet gravement la crédibilité du processus électoral.

    Face à cette situation, l’opposition appelle Amnesty International, les partenaires bilatéraux et multilatéraux de la Côte d’Ivoire ainsi que les institutions européennes à exiger des autorités ivoiriennes l’ouverture urgente d’un dialogue politique franc et inclusif. Ce dialogue est la condition sine qua non pour éviter une nouvelle crise électorale, préserver la paix sociale et permettre aux Ivoiriens de choisir librement leurs dirigeants dans un climat apaisé et démocratique.

    Fait à Paris, le 2 août 2025,

    par Pascal Logbo (PPA-CI), Diomandé Youdéa (PDCI-RDA), Tamadou Fousseni (GPS) et Dr Nehan (CIP)

  • Côte d’Ivoire : Après 30 ans, de nouveaux programmes éducatifs validés pour transformer l’école ivoirienne

    Côte d’Ivoire : Après 30 ans, de nouveaux programmes éducatifs validés pour transformer l’école ivoirienne

    Après trois décennies, la Côte d’Ivoire s’engage dans une réforme majeure de ses programmes éducatifs, marquant une étape décisive dans la modernisation de son système scolaire. Du 28 juillet au 1er août 2025, le Ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (MENA) a validé les outils de la révision curriculaire lors d’une série d’ateliers tenus à Yamoussoukro, traçant la feuille de route des prochaines étapes.

    Présidant la cérémonie au nom de la ministre de l’Éducation nationale, Professeur Mariatou Koné, la directrice de cabinet adjointe, Anastasie Sepou, a insisté sur l’importance de cette initiative : « Il s’agit d’épouser l’air du changement qualitatif et positif », a-t-elle affirmé, soulignant que cette révision curriculaire est la colonne vertébrale des recommandations des États généraux de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (EGENA). Objectif : adapter l’école ivoirienne aux exigences et aux compétences du XXIᵉ siècle.

    Des programmes repensés du pré-primaire au collège

    Les travaux ont permis de valider les nouveaux programmes du pré-primaire et d’adopter un planning d’expérimentation des outils pédagogiques pour le collège. Ces programmes innovants mettent l’accent sur un socle commun de compétences et introduisent de nouvelles approches pédagogiques.

    La représentante de la ministre a appelé à garantir une harmonie dans les programmes, en veillant à la cohérence du continuum éducatif, du pré-primaire à l’université, pour ne pas « déstabiliser les apprenants » et leur offrir des objectifs clairs.

    Cette réforme s’appuie sur une vision ambitieuse, à savoir, socialiser et éduquer aux valeurs, nationales et universelles, assurer l’enseignement et l’apprentissage tout en stimulant le développement culturel, offrir une formation et un encadrement de qualité, faciliter l’intégration économique, sociale et culturelle et promouvoir le vivre-ensemble, encourager la recherche-action et l’innovation.

    Le représentant résident adjoint de l’UNESCO, Jean Bosco Ki, partenaire technique de la réforme, a confirmé la soumission de propositions d’ajustements budgétaires au Partenariat Mondial pour l’Éducation (GPE), principal bailleur du Programme d’Appui à la Transformation de l’Éducation de Base (PATEB) pour la période 2024-2028.

    Après cette phase de validation, le MENA prévoit la rédaction des outils pédagogiques et la formation des formateurs. Les programmes du primaire suivront également cette démarche de révision.

    Pour le gouvernement, il s’agit de concrétiser la vision du président Alassane Ouattara : faire de l’école ivoirienne un vivier de production de ressources humaines de qualité, moteur du développement du capital humain et de la Côte d’Ivoire de demain.

  • La Suisse cherche à se débarrasser de la famille Biya

    La Suisse cherche à se débarrasser de la famille Biya

    Pour la Confédération helvétique, le président du Cameroun qui séjourne l’essentiel de son temps à Genève, est un peu comme le sparadrap du capitaine Haddock dans « L’affaire Tournesol ». Elle veut s’en débarrasser, mais il revient périodiquement dans son palace favori à Genève pendant des semaines.

    En condamnant sa fille Brenda pour « injure », les magistrats suisses espèrent précipiter le départ de toute la famille     

    Ian Hamel, à Genève

    Contrairement à son grand frère Franck Biya, pressenti pour succéder à leur père Paul Biya (au pouvoir depuis 1982) à la tête du Cameroun, Brenda Biya est certainement, de tous les enfants de Paul Biya (et même des autres chefs d’États de la sous-région), la plus iconoclaste.

    Âgée de 26 ans, la jeune femme, qui a suivi une scolarité en Suisse dans un collège prestigieux à Versoix avant de poursuivre ses études aux États-Unis, puis d’être admise à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) du Cameroun, n’a pas suivi le chemin qui semblait lui être tracé.

    Jet-setteuse et rappeuse

    La jeune femme est très active sur les réseaux sociaux, où elle affiche un train de vie particulièrement luxueux. Un train de vie qui peut paraître indécent au regard de la situation dans laquelle vit l’écrasante majorité de ses compatriotes au Cameroun, et qui a été très abondamment critiqué dans la presse. C’est sur ces réseaux sociaux qu’elle s’était plainte d’être victime de racisme de la part d’un chauffeur de taxi à Los Angeles, qu’elle avait pris pour une course à 400 dollars (alors que le revenu mensuel brut d’un Camerounais en 2022 était de 138 dollars). Des courses de ce montant, qu’elle affirme prendre tout le temps.

    Brenda Biya Dans un jet privé . Instagram de Brenda Biya.

    Après s’être lancée dans la mode sans grand succès, Brenda Biya s’est tournée vers la musique, particulièrement dans le rap. Si son choix n’est pas une première pour un enfant de chef d’État africain (Ali Bongo a bien tenté une carrière musicale avant elle, et plus récemment, la princesse d’Eswatini s’est lancée dans le rap), ce choix a particulièrement surpris et embarrassé le pouvoir camerounais. King Nasty, son nom de scène, n’a pas encore, pour l’heure, conquis le haut des classements musicaux.

    Brenda Biya et Reprudencia Sonkey, surnommée la « Lady Gaga africaine », chanteuse et créatrice de mode, étaient les meilleures amies du monde. Puis elles se sont fâchées et la fille du président Biya a traité son ex-copine de « dealeuse de drogue » et de « petite pute cocaïnomane ». Reprudencia Sonkey a déposé plainte à Genève car les messages insultants ont été envoyés depuis les bords du lac Léman. La chanteuse assurait que la fille du président camerounais résidait « depuis plusieurs années à l’hôtel intercontinental à Genève (…) Elle poste régulièrement sur les réseaux sociaux des photographies d’elles prises à Genève », écrit le site suisse Gotham City (1).

    Brenda condamnée pour « injure »

    Pour pousser son père, Paul Biya, hors de Genève où il séjourne la plupart du temps, la justice suisse vient de condamner sa fille, Brenda Biya, pour « diffamation », « calomnie » et « injure ». Brenda Biya a été condamnée à une amende de 2 400 francs suisses (2 570 euros) et à 60 jours-amendes à 200 francs avec un sursis de trois ans. Une bagatelle pour la dernière fille du président camerounais, née en 1997 quand son papa était déjà au pouvoir depuis quinze ans. Reprudencia Sonkey avait tout de même réclamé 100 millions de dollars de dommages et intérêts ! Le procureur général Olivier Jornot a surtout voulu insister sur le train de vie de la famille Biya qui réserve des chambres à l’année à l’Intercontinental alors que la majorité de la population camerounaise vit dans une grande pauvreté. C’est une petite épine dans le pied de Paul Biya, 92 ans depuis le 13 février dernier, qui se représente une nouvelle fois à la présidence de la République cet automne (2).       

    « Haine, violence et tribalisme »  

    En 2019 un consortium d’investigation Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) avait calculé que Paul Biya avait déjà passé quatre ans et demi à l’hôtel Continental, un palace planté à proximité du palais des Nations. Au sixième étage, il y occuperait une suite facturée autour de 150 00 euros par mois. Le problème, c’est que ses allées et venues en jet privé sont suivies sur des sites de tracking d’avions avant d’être relayés par la communauté camerounaise sur les réseaux sociaux. Résultat, les Camerounais, venus parfois de toute l’Europe, se relaient alors devant (et parfois dedans) l’hôtel pour tenter de lui rendre la vie impossible. En juin 2019, une quarantaine d’opposants ont ainsi forcé la porte d’entrée de l’établissement et se sont battus avec le service de sécurité du chef de l’État camerounais.

    Cela fait désordre en perturbant le séjour de la clientèle fortunée qui fréquente habituellement l’Intercontinental. L’ambassade du Cameroun en Suisse avait aussitôt parlé de « bandits » venus « perturber le séjour de notre grand camarade », et de « projet barbare », expression de « la haine, de la violence et du tribalisme »… La même année, cinq membres de la garde rapprochée du maître de Yaoundé avait molesté un journaliste de la radio-télévision suisse. Ils se sont emparés de son matériel professionnel et de ses effets personnels et ils lui ont cassé ses lunettes. Les gardes du corps s’étaient prévalus d’une immunité diplomatique, que le tribunal a écarté. Aux yeux d’Olivier Jornot, le procureur général de Genève, « des représentants d’un État étranger se sont permis de faire la chasse à un journaliste qui ne représentait aucun danger, mais également à des opposants ». Ils se sont comportés comme « un État dans l’État ». Le pire, c’est que ce jour-là, Paul Biya, loin d’être en danger, n’était même pas sur place au moment des faits.  

    « Ce n’est pas aux Genevois de payer »

    En 2021, une centaine d’opposants camerounais avait occupé la place des Nations, devant le siège européen de l’ONU, criant « Paul Biya assassin, la Suisse complice ». Tandis que des activistes forçaient l’entrée de l’Intercontinental. Un député socialiste, Sylvain Thévoz, avait alors estimé que la Suisse pouvait accueillir Paul Biya dans le cadre de négociations politiques. « Mais là, il vient à des fins privés. Ce n’est pas à nous, Genevois, de payer pour un déploiement policier afin que monsieur Biya puisse aller faire les boutiques à la rue du Rhône ». Une artère réputée pour ses banques, ses bijouteries et des boutiques de luxe.  

    Bref, la Cité de Calvin en a marre de ce chef d’État qui passe plus de temps au bord du lac Léman que dans son pays. Mais comment convaincre Paul Biya et sa famille de ne plus remettre les pieds dans un pays qui vit depuis si longtemps des riches touristes et surtout de leurs économies ?

  • Mohamed Ag Ahmedou: « Alassane Ouattara, le candidat de la stabilité ».

    Mohamed Ag Ahmedou: « Alassane Ouattara, le candidat de la stabilité ».

    Mohamed AG Ahmedou

    La rumeur était persistante depuis plusieurs semaines. Ce Mardi 29 juillet, elle s’est muée en certitude. Alassane Dramane Ouattara, 83 ans, a annoncé en direct sur la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) qu’il briguerait un quatrième mandat présidentiel lors du scrutin prévu pour le 5 octobre 2025.

    La chronique de Mohamed AG Ahmedou, éditorialiste engagé et un des meilleurs spécialistes de l’Afrique .

    « Je suis candidat aux élections présidentielles du 5 octobre 2025. La Constitution me le permet, et ma santé aussi me le permet », a déclaré le chef de l’État ivoirien avec assurance. Un choix assumé, une réponse aux défis sécuritaires et sociaux Pour ses partisans, cette décision est moins un retour qu’une continuité. Alassane Ouattara incarne depuis 2011 une vision économique et sécuritaire qui a profondément transformé le paysage ivoirien.

    « La Côte d’Ivoire est aujourd’hui un pôle de stabilité dans une région en feu », confie un colonel de l’armée basé à Korhogo

    En un peu plus d’une décennie, l’accès à l’eau potable et à l’électricité a été généralisé dans les zones rurales, une prouesse saluée par la Banque africaine de développement et d’autres institutions régionales. Sur le front de la sécurité, dans un contexte régional marqué par l’instabilité sahélienne, le président Ouattara a mis en place un maillage inédit de radars de surveillance le long des frontières, selon des sources militaires ivoiriennes.

    Cette infrastructure de défense vise à contrer les infiltrations jihadistes venues du nord, notamment du Burkina Faso et du Mali qui sont les pays voisins. .

    Le poids d’un bilan, la promesse d’une continuité

    Depuis l’annonce, les soutiens se multiplient au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Pour beaucoup, le président sortant reste le seul garant de la croissance et de la paix civile. Sous sa présidence, la Côte d’Ivoire a affiché l’un des taux de croissance les plus élevés du continent, avec une moyenne annuelle de 7 % entre 2012 et 2019, en dépit des crises politiques passées. « Les projets de Ouattara touchent le quotidien des Ivoiriens, surtout les plus modestes. L’eau, l’électricité, les routes… Il a changé la vie dans les campagnes », souligne un enseignant de Bouaké.

    Même des figures traditionnellement critiques de l’opposition admettent en privé que l’homme d’État a su moderniser l’administration et rétablir la crédibilité de l’État ivoirien. Le spectre du pouvoir perpétuel ? Mais cette annonce ravive aussi les critiques. Certains observateurs dénoncent un retour à une logique de « démocratie verrouillée », où les dirigeants africains , civils comme militaires, tendent à pérenniser leur pouvoir. Paul Biya au Cameroun, 42 ans au sommet de l’État, en est l’exemple patent.

    D’autres rappellent la manipulation institutionnelle derrière le coup d’État contre Mohamed Bazoum au Niger, que certains attribuent aux calculs de l’ex-président Issoufou Mahamadou, désireux de maintenir son influence.

    Une candidature ambivalente

    Dans ce contexte continental, la candidature de Ouattara peut apparaître ambivalente. D’un côté, elle est portée par un bilan économique et sécuritaire tangible. De l’autre, elle s’inscrit dans une tendance lourde en Afrique de l’Ouest : la raréfaction de l’alternance démocratique. Un homme d’État face à l’Histoire Reste que, pour une large partie de la population ivoirienne, Alassane Ouattara reste l’homme du moment.

    « L’État fonctionne, les routes sont bitumées jusqu’aux villages les plus reculés. Pourquoi changer ? », interroge une commerçante de Daloa.

    Si la présidentielle d’octobre s’annonce disputée, le président-candidat pourra s’appuyer sur un appareil d’État bien rodé et sur une image d’homme fort, compétent. « Je suis prêt. Ce sera mon dernier mandat », a-t-il lancé en conclusion de son intervention. Promesse de sagesse ou parole de campagne ? Le peuple ivoirien tranchera dans les urnes.

  • La transition démocratique au Bénin

    La transition démocratique au Bénin

    La transition démocratique au Bénin, qui a débuté en 1990, a marqué un tournant majeur dans l’histoire politique du pays, passant d’un régime marxiste-léniniste à un système multipartite. Cette transition a été le fruit de mouvements sociaux, de la Conférence Nationale des Forces Vives de 1990, et de l’adoption d’une nouvelle constitution. 

    Voici les principaux aspects de cette transition :

    • La Conférence Nationale (1990):Cette assemblée, réunissant diverses forces vives de la société béninoise, a joué un rôle central en définissant les grandes orientations de la transition, notamment l’adoption du multipartisme et la mise en place d’institutions démocratiques. 
    • La Constitution de 1990:Adoptée par référendum, la nouvelle constitution a établi un régime présidentiel, un parlement monocaméral, une Cour constitutionnelle, et un Conseil économique et social. 
    • Les élections de 1991:Ces élections ont vu la victoire de Nicéphore Soglo face à Mathieu Kérékou, marquant une alternance politique et le début de la démocratie multipartite au Bénin. 
    • La consolidation démocratique:Malgré des défis, le Bénin a réussi à maintenir un processus de consolidation démocratique, avec des élections régulières et une alternance politique, même si des tensions et des remises en question du processus ont existé. 
    • Les défis persistants:Bien que considéré comme un modèle de transition démocratique en Afrique, le Bénin a connu des périodes de tension et des remises en question de l’état de droit, notamment sous le régime de Patrice Talon, avec des critiques concernant les dérives autoritaires, les mesures économiques antisociales et la justice aux ordres. 

    En résumé, la transition démocratique au Bénin, initiée en 1990, a marqué un tournant majeur, mais le processus de consolidation démocratique a été jalonné de défis, avec des moments de tension et des remises en question de l’état de droit. 

  • CANDIDATURE D’ALASSANE OUATTARA : LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS DÉNONCE UNE “NOUVELLE FORFAITURE”

    CANDIDATURE D’ALASSANE OUATTARA : LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS DÉNONCE UNE “NOUVELLE FORFAITURE”

    À travers un communiqué publié le 1er août 2025, le Parti communiste français (PCF) s’insurge contre la nouvelle candidature d’Alassane Ouattara. Et appelle la France à sortir de son silence face à une dérive autoritaire qu’il juge alarmante.

    À trois mois de l’élection présidentielle, la Côte d’Ivoire est à nouveau sous tension. Le président Alassane Ouattara, 83 ans, a récemment annoncé sa candidature à un quatrième mandat. Une décision vivement contestée par l’opposition ivoirienne, mais aussi à l’international. C’est le cas du Parti communiste français, qui dans un communiqué au ton sans équivoque, estime que le chef de l’État viole délibérément la Constitution ivoirienne.

    « À 83 ans, Alassane Ouattara vient d’annoncer sa candidature pour un nouveau mandat présidentiel, en totale violation de la Constitution ivoirienne. Cette décision inacceptable s’inscrit dans la continuité d’une trajectoire politique marquée par le déni de souveraineté populaire », dénonce le texte signé par la direction du PCF.

    « Ouattara est arrivé au pouvoir non par la volonté des urnes, mais grâce à une intervention militaire française en 2011 », rappelle le communiqué, qui évoque une trajectoire politique marquée par “le déni des mécanismes démocratiques”.

    Fichier électoral manipulé ?

    Mais ce n’est pas tout. Le PCF exprime ses inquiétudes sur la crédibilité du processus électoral en cours. Il évoque une “manipulation massive du fichier électoral”, rendue possible, selon lui, avec le concours des autorités françaises et européennes, via le projet “État civil pour tous” mis en œuvre par CIVIPOL, une structure opérant pour le compte du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, en partenariat avec l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI).

    « Ce soutien technique et financier, destiné à garantir la transparence, est aujourd’hui détourné pour valider une entreprise de fraude massive », accuse le PCF.

    Le Parti communiste français fustige également l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition de la course à la présidentielle, citant en particulier l’ancien président Laurent Gbagbo, président du PPA-CI, qui n’a pas été autorisé à se présenter. Le PCF y voit une stratégie de verrouillage du jeu politique, accompagnée, selon lui, d’une “répression systématique des voix dissidentes”.

    « Ce verrouillage politique s’accompagne d’un durcissement autoritaire et d’une répression systématique des voix dissidentes, en violation flagrante des droits humains et des libertés fondamentales », ajoute-t-il.

    Un appel au gouvernement français

    Dans ce contexte, le PCF demande à la France, ancienne puissance coloniale, de sortir de sa réserve et de condamner ouvertement ce qu’il qualifie de “nouvelle forfaiture”. Il en appelle à une “refondation des relations entre la France et la Côte d’Ivoire, basée sur le respect de la souveraineté démocratique des peuples”.

    « La France porte une responsabilité historique et politique dans la crise actuelle. Son silence ne serait rien d’autre qu’une complicité active face aux dérives d’un pouvoir illégitime », insiste le Parti communiste français, qui affirme enfin sa solidarité avec le peuple ivoirien et les forces démocratiques, tout en mettant en garde contre le risque d’une nouvelle crise postélectorale “qui pourrait être meurtrière”.

    « La Côte d’Ivoire mérite mieux qu’un éternel recommencement de l’arbitraire. Elle mérite la démocratie, la justice sociale et la souveraineté populaire », conclut-il.

    Samuel KADIO

  • Burkina/RCI: ouverture d’une enquête sur la mort d’Alino Faso

    Burkina/RCI: ouverture d’une enquête sur la mort d’Alino Faso

    Une information judiciaire est ouverte au Burkina Faso après le décès controversé de l’activiste Alino Faso à Abidjan.

    Le parquet burkinabè a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire sur les circonstances du décès d’Alain Christophe Traoré, alias Alino Faso, survenu le 24 juillet dernier dans une école de gendarmerie à Abidjan, alors qu’il était détenu depuis janvier. Ce cyberactiviste, accusé d’espionnage par les autorités ivoiriennes, aurait mis fin à ses jours selon la version officielle. Une thèse que rejette fermement Ouagadougou, qui parle d’« assassinat crapuleux ».

    L’affaire prend un tour diplomatique tendu entre les deux pays voisins d’Afrique de l’Ouest, alors qu’un juge d’instruction burkinabè a été saisi pour des faits présumés de torture et d’assassinat. La famille du défunt et le gouvernement burkinabè dénoncent une absence totale de notification officielle du décès, révélé sur les réseaux sociaux trois jours après les faits.

    Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Jean Marie Traoré, a convoqué la Chargée d’Affaires de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Ouagadougou pour exiger des explications. Le gouvernement burkinabè réclame le rapatriement immédiat de la dépouille et « toute la vérité sur les circonstances de cette mort ».

    Une crise bilatérale aux répercussions régionales

    La mort controversée d’Alino Faso ravive une crise diplomatique lourde de conséquences entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Elle intervient à un moment délicat pour la région, alors que des pourparlers sont engagés entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, en rupture avec les structures régionales traditionnelles.

    Selon plusieurs observateurs, la tension née de cette affaire, qualifiée d’« indigne » et de « méprisante » par Ouagadougou, menace d’affaiblir davantage le fragile dialogue politique en cours entre l’AES et les institutions régionales comme l’UEMOA, où la Côte d’Ivoire joue un rôle moteur.

    Fin juillet, les pays de l’AES ont d’ailleurs quitté une réunion décisive sur la présidence tournante de l’UEMOA, en désaccord avec les modalités proposées. Ce départ a mis en lumière les fractures croissantes entre les États sahéliens et les pays côtiers, notamment autour de la gestion du franc CFA, dont la France reste garante.

    Risque de blocage régional

    La défiance accrue du Burkina Faso vis-à-vis de la Côte d’Ivoire, accusée de manque de transparence dans la gestion de l’affaire Alino Faso, pourrait peser lourdement sur les discussions entre la Cédéao et l’AES. Alors que l’organisation sous-régionale a mis en place une troïka ministérielle pour piloter ces pourparlers post-retrait, les tensions bilatérales menacent de compromettre les conditions minimales de confiance.

    Le gouvernement burkinabè, qui exige justice, prévient que « la mort d’Alino Faso ne restera pas impunie » et promet de suivre le dossier « jusqu’à la manifestation totale de la vérité ». Il qualifie par ailleurs le défunt de « citoyen burkinabè à part entière », bien qu’il ait été déchu de la nationalité ivoirienne.

    Un tournant pour l’intégration régionale

    Ce bras de fer illustre une double fracture : d’un côté, l’AES qui affirme sa volonté de souveraineté et de rupture avec les anciennes tutelles régionales ; de l’autre, les États comme la Côte d’Ivoire, engagés dans la préservation d’une architecture institutionnelle fondée sur la stabilité monétaire et la coopération économique.

    La mort d’Alino Faso, devenu un symbole pour de nombreux militants sahéliens, risque ainsi de cristalliser les antagonismes et de retarder toute avancée diplomatique vers une réconciliation régionale.

    AC/Sf/APA

  • FÊTE D’INDÉPENDANCE À BOUAKÉ, LE GÉNÉRAL LASSINA DOUMBIA DONNE LES RAISONS DE CE CHOIX

    FÊTE D’INDÉPENDANCE À BOUAKÉ, LE GÉNÉRAL LASSINA DOUMBIA DONNE LES RAISONS DE CE CHOIX

    Pourquoi Bouaké pour accueillir les festivités des 65 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire ? Le général de corps d’armée Lassina Doumbia, chef d’état-major général des armées a donné quelques éléments de réponse. C’était ce vendredi 1er août 2025 au cours d’une rencontre avec la presse.

    Fête d’indépendance à Bouaké, le choix de la ville n’est pas fortuit.

    Face à la presse ce vendredi 1er août 2025, général de corps d’armée Lassina Doumbia, chef d’état-major général des armées a donné quelques éléments de réponse.

    Selon lui, Bouaké va abriter la cérémonie sur instructions du président ivoirien Alassane Ouattara.

    Mais au-delà, poursuit le général Lassina Doumbia, le choix de cette ville se justifie par le fait que c’est la deuxième plus grande localité du pays.

    C’est certainement aussi en témoignage de la résilience de cette ville qui renaît de ses cendres, se réjouit-il.

    « Je ne sais pas si vous avez vu le nouveau visage de Bouaké grâce à la foi et en la croyance en l’avenir de ses populations.

    Après toute la crise politico-militaire qu’a connu la Côte d’Ivoire, Bouaké avait été pendant un certain moment l’épicentre de la crise.

    Je pense que c’est en témoignage à tout ce qui a été fait pour la renaissance de la ville de Bouaké », fait-t-il savoir.

    Le chef d’état-major général des armées ajoute que, « Bouaké est aussi reconnu pour être une terre d’hospitalité et de fraternité ».

    À l’en croire la capitale de la région de Gbêkê est « aux confluents de toutes les régions du pays ».

    Et sur le plan politique, cette ville est reconnue pour être cosmopolite.

    Aussi appelée capitale de la paix, Bouaké est le chef-lieu de la région de Gbêkê dans le centre du pays.

    La cérémonie officielle aura lieu sur le boulevard Reine Pokou de la ville.

    Pour la fête à Bouaké, les forces de défense et de sécurité engagent 4 900 personnels dans le défilé.

    Elles vont également mettre à contribution 550 de leurs engins.

    Richard Yasseu

  • Jeté en prison, que reproche la justice malienne à l’ancien Premier ministre Moussa Mara ?

    Jeté en prison, que reproche la justice malienne à l’ancien Premier ministre Moussa Mara ?

    L’arrestation de Moussa Mara, ancien Premier ministre du Mali, suscite de vives réactions dans les milieux politiques et sur les réseaux sociaux. À l’origine de cette affaire : une série de publications critiques sur la gestion économique du pays. Poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État », Mara devient le symbole d’un débat sensible entre liberté d’expression et autorité gouvernementale.

    Moussa Mara, ancien chef du gouvernement malien sous la Présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta, fait l’objet d’une procédure judiciaire retentissante. Incarcéré depuis le 1er août 2025 sur décision du pôle national de lutte contre la cybercriminalité, il est poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État », une accusation lourde de sens dans un contexte de tensions politiques et économiques croissantes. Son procès est attendu le 29 septembre prochain, dans un climat où la frontière entre critique politique et trouble à l’ordre public semble de plus en plus floue.

    Une publication sur les réseaux qui fait polémique

    L’affaire trouve son origine dans une série de messages postés sur X (anciennement Twitter) par Moussa Mara début juillet. L’un d’eux, particulièrement symbolique, évoque sa volonté de « se battre par tous les moyens » pour que le « soleil succède à la nuit ». Derrière cette métaphore poétique, les autorités judiciaires y ont vu une déclaration à caractère subversif, voire une incitation à la contestation politique.

    L’ancien Premier ministre, connu pour ses prises de position directes et critiques, n’a pas mâché ses mots concernant la gestion financière du pays. Il a notamment dénoncé la récente opération de levée de fonds par l’État malien, alertant sur le niveau préoccupant de l’endettement public. Selon lui, le remboursement de cette dette risque de dépasser les capacités financières actuelles du pays, compromettant même le paiement des salaires des fonctionnaires à moyen terme.

    L’endettement du Mali au cœur des critiques

    Dans un autre message, daté du 25 juillet, Moussa Mara s’attaque frontalement aux choix budgétaires des autorités. Il dénonce un emprunt de 38,5 milliards de FCFA effectué sur les marchés financiers, dont 75% devront être remboursés dès l’année suivante, avec des intérêts élevés. Il pointe le risque d’un engrenage sans fin où l’emprunt servirait uniquement à rembourser les dettes antérieures.

    Cette vision alarmiste pose une véritable question : jusqu’où le Mali peut-il aller dans l’endettement avant que cela ne devienne insoutenable ? Selon Mara, une concertation sous-régionale avec les autres membres de l’UEMOA, accompagnée d’un dialogue avec les bailleurs de fonds internationaux, devient urgente pour éviter une crise de solvabilité.

    Entre liberté d’expression et préservation de l’image de l’État

    Le gouvernement malien justifie l’arrestation par la nécessité de préserver l’autorité de l’État face à des propos jugés déstabilisateurs. Mais pour de nombreux observateurs, cette procédure judiciaire soulève un autre débat : celui de la liberté d’expression dans un pays en transition post-coup d’État. Ce climat de surveillance des discours publics, notamment sur les réseaux sociaux, est la preuve d’un resserrement de l’espace politique au Mali.

    L’affaire Moussa Mara incarne un bras de fer entre une figure politique opposante et un régime en quête de stabilité et de légitimité. À deux mois de son procès, les soutiens de l’ancien Premier ministre dénoncent une procédure motivée par des considérations politiques, tandis que ses détracteurs l’accusent de chercher à affaiblir l’État malien.

    Alioune Diop

  • Bénin : Talon célèbre l’unité pour son ultime fête nationale

    Bénin : Talon célèbre l’unité pour son ultime fête nationale

    À l’occasion du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance du Bénin, le président Patrice Talon a adressé un message fort d’émotion et d’unité, dans ce qui constitue sa dernière fête nationale en tant que chef de l’État.

    « C’était une de mes promesses à l’aube de mon élection : nous rendre fiers d’être Béninois », a déclaré le président béninois dans un message empreint de gratitude à l’issue du défilé militaire organisé le vendredi 1er août à Cotonou.
    « Nous avons déjà tout le potentiel en nous pour sortir du sous-développement si nous accédons à quelques sacrifices et efforts en commun. Le parcours de ces dernières années, avec les résultats aussi visibles, nous prouve que c’était donc possible », a-t-il ajouté.

    Visiblement ému, Patrice Talon a souligné que cette célébration resterait sa « dernière en tant que président de la République ». Il s’est dit « profondément touché » par la chaleur des messages et des visages rencontrés lors de l’événement.
    « J’ai pu lire sur tous les visages aujourd’hui beaucoup de fierté d’appartenir à notre grand et beau pays le Bénin», a-t-il déclaré.

    Ce message d’unité intervient dans un climat de tensions régionales. Bien que formellement invités, les représentants militaires du Burkina Faso et du Niger — deux pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — ont brillé par leur absence. Une absence symbolique qui contraste avec la participation active d’un détachement des forces armées ivoiriennes, en ouverture du défilé sur la Place de l’Amazone. Une coopération sécuritaire que Talon a saluée, de même que les « prestations remarquables » des forces de défense béninoises.

    Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, avait pourtant tendu la main à Ouagadougou et Niamey dès le 20 juillet, déclarant sur Canal 3 Bénin : « Nous avons fait la démarche de les inviter formellement pour leur dire que nos populations sont les mêmes de part et d’autre des frontières. »

    Mais cette main tendue n’a pas reçu de réponse, dans un contexte encore marqué par l’attaque jihadiste de mai dernier dans l’Alibori, qui a coûté la vie à 54 soldats béninois.

    Face à ce climat, le colonel James Johnson, porte-parole de l’armée béninoise, a insisté lors de la cérémonie sur « la nécessité d’un engagement accru » contre les menaces transfrontalières. Il a salué les efforts en cours : modernisation des équipements, augmentation du budget de la défense, et lancement de grands chantiers comme la cité de défense et de sécurité.

    Placée sous le thème « Les forces de défense et de sécurité à l’avant-garde de l’engouement citoyen pour un Bénin sûr et prospère », la parade militaire comprenait trois volets — pédestre, aérien et motorisé — et a servi de vitrine aux réformes portées par le chef de l’État depuis 2016.

    Patrice Talon a conclu son message par une promesse de continuité républicaine : « Je reste engagé à servir la République de toutes mes forces jusqu’au passage du flambeau dans quelques mois, convaincu que la suite de cette histoire que nous écrivons ensemble sera encore plus belle. »

    AC/Sf/APA

  • Côte-d’Ivoire: Don Mello fustige une “dérive autoritaire” après son éviction du PPA-CI, Nady de plus en plus acculée

    Côte-d’Ivoire: Don Mello fustige une “dérive autoritaire” après son éviction du PPA-CI, Nady de plus en plus acculée

    L’ingénieur et homme politique Ahoua Don Mello, jusqu’alors vice-président du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), chargé de la région des Lacs et de la promotion du panafricanisme, a été brusquement démis de ses fonctions ce jeudi 31 juillet 2025. Cette décision émane du président du parti, Laurent Gbagbo, quelques heures seulement après que Mello a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle prévue en octobre prochain.

    Réagissant à cette éviction jugée expéditive sur la chaîne privée Life TV, Ahoua Don Mello n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé une « dérive autoritaire » au sein du PPA-CI tout en remettant en cause le fonctionnement démocratique du parti. Pour lui, cette sanction illustre « l’intolérance vis-à-vis de toute voix alternative ou ambition présidentielle en dehors de celle de Laurent Gbagbo ».

    Cette mise à l’écart relance le débat sur la gestion interne du PPA-CI et les tensions grandissantes autour de la question de la succession politique de son leader historique. Elle intervient alors que le climat politique se tend à l’approche du scrutin présidentiel, et que plusieurs figures du parti appellent à une ouverture du débat stratégique sur l’après-Gbagbo.

    Par ailleurs, des voix critiques s’élèvent également contre Nady Bamba, épousée en seconde noce par Laurent Gbagbo, soupçonnée par certains cadres du parti de vouloir « s’approprier l’héritage politique de Gbagbo » au détriment des compagnons de la première heure, ceux qui ont porté la lutte dès ses débuts. Une tension supplémentaire qui nourrit le sentiment d’un parti en proie à des contradictions internes profondes, à un moment décisif de son histoire.

    Photo DR: Gbagbo et Ahoua Don Melo aux obsèques du feu Félix houphouet Boigny

  • Accords miniers contre sécurité : un troc risqué pour la souveraineté et les recettes en Afrique (rapport)

    Accords miniers contre sécurité : un troc risqué pour la souveraineté et les recettes en Afrique (rapport)

    Alors que l’Afrique est au cœur de la bataille que se livrent les grandes puissances pour le contrôle des ressources minières stratégiques, le rapport estime que les pays du continent doivent renforcer leurs capacités institutionnelles pour négocier des accords mutuellement profitables et exiger la création de la valeur ajoutée localement.

    Les accords basés sur un troc « minerais contre sécurité » que certains pays africains s’évertuent à conclure avec de grandes puissances étrangères pourraient favoriser une stabilité à court terme, mais comportent de gros risques liés à la perte de la souveraineté sur les ressources naturelles et de précieuses recettes budgétaires, selon un rapport publié le 21 juillet 2025 par deux chercheurs sud-africains.

    Intitulé « Africa’s minerals are being bartered for security : why it’s a bad idea », le rapport rappelle que la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont signé, le 27 juin dernier, un accord de paix sous les auspices de l’administration américaine. Cet accord de paix doit mettre fin aux hostilités mêlant acteurs étatiques, non étatiques et des groupes armés qui menacent la stabilité régionale, tout en développant un cadre d’intégration économique régionale.

    Il permettra, dans le même temps, aux Etats-Unis d’obtenir un accès privilégié à des minerais stratégiques et drainer des milliards de dollars d’investissements dans la région abritant d’importantes ressources minières comme le tantale, le cobalt, le cuivre, l’or et le lithium.

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    La paix promise par l’accord dépend donc de l’approvisionnement des Etats-Unis en minerais critiques, en échange d’assurances « vaguement formulées » en matière de sécurité, s’inquiètent les auteurs.

    L’accord de paix prévoit, en effet, la création d’un comité conjoint de coordination de la sécurité, composé de représentants de l’Union africaine (UA), du Qatar et des Etats-Unis, qui aura pour mission de recevoir les plaintes et de résoudre les différends entre la RDC et le Rwanda. Il ne crée cependant aucune obligation spécifique en matière de sécurité pour les Etats-Unis.

    Les relations entre la RDC et le Rwanda ont été marquées par des conflits armés et des tensions extrêmes depuis les sanglantes première (1996-1997) et deuxième (1998-2003) guerres du Congo. Au cœur de ce conflit se trouvent non seulement des questions politiques et ethniques, mais aussi les richesses minérales du sous-sol congolais, rappelle l’analyse.

    L’étain, le tantale, le tungstène et l’or (appelés 3TG) financent et alimentent les conflits dans l’est de la RDC, où les forces gouvernementales et environ 130 groupes armés se disputent le contrôle de sites miniers lucratifs. Plusieurs rapports publiés par des ONG et des organismes rattachés à l’ONU ont fait état de l’implication de certains pays voisins, en l’occurrence le Rwanda et l’Ouganda, dans le soutien à l’extraction illégale des minerais 3TG dans cette région.

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    Le rapport publié par les chercheurs Hanri Mostert (Université du Cap) et Tracy-Lynn Field (Université de Witwatersrand) dans la revue « The Conversation » note d’autre part que les accords basés sur un troc impliquant des ressources naturelles ne sont pas nouveaux en Afrique, rappelant qu’ils ont fait leur apparition au début des années 2000 sous la forme de transactions « minerais contre infrastructures ». Dans ce cadre, un État étranger s’engageait à construire des infrastructures économiques et sociales (routes, ports, aéroports, hôpitaux) dans un pays africain. En échange, il obtenait une participation importante dans une société minière publique ou un accès préférentiel aux minerais du pays hôte.

    Risque de perte du contrôle souverain des ressources

    Les expériences récentes ont montré que ce type d’accords que la Chine et la Russie ont déjà noué avec des pays riches en minerais comme l’Angola, la RDC et la Centrafrique n’a jusqu’ici jamais permis aux pays du continent de tirer pleinement profit de leurs ressources minières. Il est dès lors peu probable que la RDC soit une exception. D’autant plus que les accords « ressources contre sécurité » sont moins transparents et beaucoup plus complexes que les accords de troc de « ressources contre infrastructures », selon la note.

    Les accords « ressources contre infrastructures » et « ressources contre sécurité » offrent généralement aux pays africains une stabilité à court terme, des financements ou encore une bonne image à l’échelle internationale. Mais leurs impacts négatifs apparaissent souvent à long terme, en raison notamment d’une érosion de la souveraineté sur les ressources.

    La perte du contrôle souverain des ressources se produit à travers plusieurs canaux. D’abord, certaines clauses de ces accords peuvent bloquer les futures réformes réglementaires, limitant ainsi l’autonomie législative du pays. D’autres clauses peuvent fixer des prix bas de minerais pendant de longues années, empêchant ainsi les États qui « cèdent » leurs ressources de profiter des futures hausses des prix des matières premières sur le marché international.

    En outre, déplorent les auteurs du rapport, les clauses d’arbitrage transfèrent souvent les litiges vers des instances internationales, contournant ainsi les tribunaux locaux. Et last but not least, les prêts consentis aux Etats africains par les puissances partenaires sont souvent garantis par les revenus tirés des ressources, ce qui limite les exportations et sape le contrôle souverain des budgets.

    Ces accords fragmentent par ailleurs l’obligation de rendre des comptes, car ils impliquent souvent plusieurs ministères tels que ceux de la Défense, des Mines, du Commerce et les Finances. Cela empêche de facto tout contrôle, ou toute reddition de comptes rigoureuse. Cette fragmentation rend aussi les ressources vulnérables à la mainmise des élites, dans la mesure où des initiés puissants peuvent manipuler les accords à des fins personnelles.

    Il existe par ailleurs un risque de renforcement des violations des droits des populations locales et d’atteintes à l’environnement découlant de l’exploitation minière, surtout lorsque celle-ci est liée à la sécurité. 

    Pour conjurer tous ces risques, le rapport recommande aux Etats africains d’investir dans le renforcement des capacités institutionnelles et juridiques afin de négocier de meilleurs accords, de veiller sur la création de valeur ajoutée localement, d’exiger la transparence et le contrôle parlementaire des accords portant sur les minerais et de refuser les accords qui contournent les normes en matière de droits humains, environnementaux ou de respect de la souveraineté.

    Walid Kéfi

  • Yopougon : Un bus incendié, des policiers attaqués, le Procureur promet des sanctions exemplaires

    Yopougon : Un bus incendié, des policiers attaqués, le Procureur promet des sanctions exemplaires

    Une scène de violence d’une rare intensité a secoué la commune de Yopougon dans la nuit du vendredi 1er août 2025. Vers 23 heures, sur l’axe reliant la Compagnie des Sapeurs-Pompiers au Complexe Jessie Jackson, une horde d’individus armés de machettes, gourdins, armes à feu, cocktails incendiaires et cagoules a semé la terreur.

    Les assaillants ont incendié un bus de la SOTRA avant de s’en prendre à un véhicule de la Police nationale, qu’ils ont dégradé, n’hésitant pas à molester ses occupants.

    L’intervention rapide des forces de l’ordre a permis l’arrestation de deux suspects sur les lieux. Un ratissage de la zone a ensuite conduit à l’interpellation de plusieurs autres individus, actuellement entendus par les services compétents.

    Le Procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan a fermement condamné ces actes qu’il qualifie de « violences d’une particulière gravité ».

    Des poursuites annoncées contre les auteurs et commanditaires

    Dans un communiqué publié le 2 août 2025, le Procureur a assuré que tous les moyens sont mobilisés pour retrouver les auteurs, complices et commanditaires de ces actes qui « troublent gravement l’ordre public ».

    Il a promis que la loi pénale sera appliquée dans toute sa rigueur afin que les responsables répondent de leurs actes.

    Cette attaque survient dans un contexte où la sécurité publique est au cœur des préoccupations des autorités, qui entendent envoyer un signal fort face à toute tentative de déstabilisation ou de violence urbaine.

  • Côte d’Ivoire : violences nocturnes à Yopougon, un bus SOTRA incendié

    Côte d’Ivoire : violences nocturnes à Yopougon, un bus SOTRA incendié

    Des dizaines de jeunes ont violemment manifesté dans la nuit de vendredi à samedi à Youpougon, dans l’ouest de la capitale économique ivoirienne où ils ont incendié un bus de la Société des Transports Abidjanais (SOTRA, publique).

    Des sources concordantes ont rapporté à l’agence de presse Top News Africa que ces manifestations ont lieu dans la zone de Niangon Sud, non loin du carrefour Assanvon, peu après minuit. 

    Outre le bus de la SOTRA, un véhicule de la police a été également incendié par ces manifestants qui ont par ailleurs, érigé des barricades, empêchant toute circulation entre le carrefour Ghandhi et celui d’Assanvon, pendant près de 45 minutes.  

    Deux manifestants ont été arrêtés dans un maquis par des éléments du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO) et un autre interpelé par la population, puis remis à la gendarmerie.

    Ces manifestants habillés pour la plupart en tee-shirts noirs avec des cache-nez et armés d’armes blanches (machettes) ont agressé des passants, ajoutent des témoins.  

    La situation est revenue au calme dans la zone où les forces de l’ordre continuaient des patrouilles de sécurisation, soulignent des riverains contactés au téléphone par l’agence de presse Top News Africa. 

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  • Gbagbo, la mise à mort symbolique : entre solitude politique et verrouillage familial

    Gbagbo, la mise à mort symbolique : entre solitude politique et verrouillage familial

    Ce qui se joue aujourd’hui autour de Laurent Gbagbo dépasse de loin les apparences d’un simple désaccord ou d’une prise d’otage politique. Il ne s’agit pas d’un incident isolé dans la vie d’un homme public, mais d’une mise à mort symbolique, une marginalisation méthodique, presque clinique. Lorsqu’un homme est successivement privé de ses fidèles compagnons, de ses soutiens historiques, et jusqu’à ses propres enfants, ce n’est plus une éviction. C’est une dépossession de soi.

    Photo DR: Gbagbo et Ahoua Don Melo aux obsèques du feu Félix houphouet Boigny

    Dans cette tragédie moderne qui se déroule sous nos yeux, le silence obstiné de Laurent Gbagbo interroge autant qu’il inquiète. Ce silence est-il une forme de soumission contrainte, ou la marque d’un isolement progressif orchestré avec froideur ? L’homme qui fit trembler la Françafrique semble aujourd’hui cerné, non par ses ennemis d’hier, mais par ceux qui, hier encore, se revendiquaient de son combat.

    L’argent, nerf du pouvoir… et du silence

    Le véritable nœud de cette affaire se situe ailleurs : dans les coulisses financières de son retour au pays, après dix années d’absence. À sa libération en 2021, Laurent Gbagbo a bénéficié d’un traitement digne d’un ancien chef d’État : fonds spéciaux, sécurité rapprochée, dotation logistique, soins médicaux. Son épouse, Nady Bamba, a joué un rôle central dans cette réinstallation. Ambulance privée, médecin personnel, véhicules de fonction, bureaux équipés – tout a été mis en place avec une rigueur irréprochable. Mais derrière cette efficacité apparente se cache une gestion verrouillée, opaque, presque notariale de ce qui s’apparente à un patrimoine politique et financier.

    Car les milliards octroyés par l’État à l’ancien président sont aujourd’hui sous contrôle exclusif de son épouse. Il s’agirait là non seulement de protéger la santé de l’homme, mais de préserver l’héritage – pour elle, pour leur fils, et pour une ligne familiale discrète mais vigilante. L’entourage historique, les compagnons de lutte, eux, ont été méthodiquement écartés. De Blé Goudé à Simone Gbagbo, en passant désormais par Ahoua Don Mello, c’est tout un pan de l’histoire du FPI, puis du PPA-CI, qui est mis au rebut.

    Une crise de succession déguisée

    L’éviction brutale d’Ahoua Don Mello, après l’annonce de sa candidature à la présidentielle, n’est pas un incident isolé : c’est un signal. Une ligne rouge. Celle qu’aucun dauphin ne doit franchir sans aval. Le trône n’est pas vacant ; il est verrouillé. Et ceux qui y prétendent sont automatiquement frappés d’excommunication.

    Plusieurs observateurs soulignent que cette crise dépasse les querelles internes au PPA-CI. Elle illustre une guerre froide, silencieuse, autour de l’héritage politique et matériel d’un homme que l’histoire a élevé, mais que le présent semble vouloir museler.

    Une solitude choisie ou imposée ?

    Le paradoxe est cruel : Laurent Gbagbo est aujourd’hui plus entouré que jamais – d’agents de sécurité, de conseillers officiels, d’un protocole rigide. Mais il semble plus seul que jamais. L’homme public s’efface derrière l’icône verrouillée. Le tribun s’effondre sous le poids des précautions, des précautions… et des exclusions.

    La photo d’archives, le montrant aux obsèques du président Houphouët-Boigny aux côtés d’Ahoua Don Mello, résonne aujourd’hui avec une amertume particulière. Le jeune technocrate panafricaniste de l’époque et le leader historique de l’opposition semblent aujourd’hui engagés dans deux destinées divergentes, voire opposées.

    Conclusion

    Ce n’est donc pas seulement une affaire de clan ou de pouvoir. C’est une question de mémoire, de légitimité, d’héritage. Et surtout, de solitude. La mise à l’écart d’Ahoua Don Mello n’est peut-être que le dernier épisode d’un processus entamé depuis longtemps : celui de la fossilisation d’un mythe, transformé en monument vivant…et soigneusement gardé.

    Avec KD

     AGD Alexis Gbanse Douade