Auteur/autrice : iciabidjan

  • Le parti de Gbagbo exige la libération de 2 de ses cadres

    Le parti de Gbagbo exige la libération de 2 de ses cadres

    Après l’arrestation de six membres, à la suite d’actes de violences, début août, le PPA-CI, le parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, dénonce la détention de deux de ses cadres, dont un ancien ministre.

    Le parti de Laurent Gbagbo exige la libération de l’ex-ministre de la Défense, Moïse Lida Kouassi et de l’ambassadeur Koné Boubacar (ex-directeur du protocole de Gbagbo), deux membres des instances du PPA-CI, arrêtés à la suite d’une convocation au service des enquêtes générales de la préfecture de police d’Abidjan, le 8 août 2025.

    Lors d’une conférence de presse tenue, ce dimanche 10 août 2025, au siège du PPA-CI à Abidjan, le président exécutif du parti, Pr Sébastien Dano Djédjé, a relevé que M. Lida Kouassi et l’ambassadeur Koné Boubacar ont été convoqués, en même temps que le colonel des douanes Joël Kéké.

    Si le colonel Joël Kéké a été libéré le samedi 9 août 2025, après une audition, au moment où la marche du Front commun PPA-CI et PDCI se tenait à Yopougon, dans l’Ouest d’Abidjan, les deux autres sont encore en garde à vue, a-t-il renseigné.

    Justin Koné Katinan, deuxième vice-président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI, a rapporté que, selon leurs avocats, il leur est reproché d’être les « instigateurs » des violences survenues le 1ᵉʳ août 2025 à Yopougon et qu’ils auraient été cités par les premières personnes arrêtées.

    Le Pr Dano Djédjé a précisé que ces arrestations interviennent après celles de « six de leurs camarades, brutalement et illégalement enlevés par des hommes encagoulés les 2 et 3 août 2025 à Yopougon et que six autres ont été soumis à des interrogatoires pendant 18 heures avant d’être relâchés ».

    Six membres du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI, opposition), le parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, ont été arrêtés après des actes de vandalisme, dans la nuit du vendredi 1er août 2025, à Yopougon. Un bus a été incendié au cours de cette nuit.

    Selon Pr Dano Djédjé, les deux membres des instances du PPA-CI, MM. Lida Kouassi et Aboubacar Koné, sont placés en garde à vue dans « des conditions dont la légalité et la conformité aux garanties constitutionnelles suscitent une profonde inquiétude ».

    « Ces pratiques constituent une atteinte grave aux principes fondamentaux inscrits dans notre loi fondamentale et bafouent les droits protégés par nos lois nationales et nos engagements internationaux », a-t-il déploré, lors de la conférence de presse.

    C’est pourquoi le PPA-CI a tenu à manifester avec la plus « grande fermeté sa solidarité indéfectible à l’égard de ces deux personnalités dont la contribution au renforcement de la démocratie et à la sauvegarde de l’État de droit est largement reconnue », a-t-il poursuivi.

    Le PPA-CI exige leur « libération immédiate » ainsi que celle de tous les prisonniers d’opinion de tout bord, a-t-il insisté, soulignant qu’il y a dans les geôles de l’État de Côte d’Ivoire, « près de 100 prisonniers politiques » détenus depuis très longtemps.

    Le président exécutif du PPA-CI, M. Sébastien Dano Djédjé, a fait savoir que des informations de plus en plus récurrentes font état de la « mise sous cloche de tous ceux qui osent porter des voix discordantes à celle du pouvoir » d’Abidjan.

    Il a fait observer qu’en lieu et place de la « répression », le PPA-CI, à travers son président Laurent Gbagbo, a demandé un dialogue politique avec le gouvernement depuis février 2024, mais a récolté un « refus méprisant ».

    Au regard de la situation « délétère » qui prévaut, le Pr Dano Djédjé a appelé leurs militants à « rester vigilants, à ne pas se laisser intimider et à être focalisés sur l’objectif final, celui de l’inscription de Laurent Gbagbo sur la liste électorale ».

    Il a, en outre, appelé, à des élections inclusives, à la réforme en profondeur de la Commission électorale indépendante (CEI), à l’audit de la liste électorale, au dialogue politique, mais aussi à une révision de la liste électorale avant la présidentielle du 25 octobre 2025.

    Dano Djédjé, président exécutif du PPA-CI, a réaffirmé la position « non négociable » du parti contre le 4ᵉ mandat d’Alassane Ouattara et a exhorté les militants à la « mobilisation et à défendre la cause » du parti qu’il a jugée « noble et nationale ».

    AP/Sf/APA

  • Marche du front commun Pdci-Rda – Ppa-CI à Yopougon : Une mobilisation impressionnante pour la démocratie

    Marche du front commun Pdci-Rda – Ppa-CI à Yopougon : Une mobilisation impressionnante pour la démocratie

    Les militants et sympathisants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda) et du Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (Ppa-CI) ont répondu massivement à l’appel de leurs dirigeants en participant à une grande marche pacifique ce samedi 9 août 2025, à Abidjan-Yopougon.

    Dans une ambiance festive et déterminée, les manifestants ont réclamé des réformes démocratiques et une justice équitable pour tous, en particulier pour leurs leaders respectifs, Cheikh Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo.

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    Plusieurs milliers de militants et sympathisants ont envahi les rues pour soutenir cette initiative, qui visait à dénoncer l’exclusion de certains candidats de la liste électorale. Les manifestants ont également exprimé leur désir d’avoir des élections justes, transparentes et crédibles en Côte d’Ivoire.

    Arborant des tee-shirts, des casquettes et des badges à l’effigie de leurs mentors, Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo, l’ambiance était à la mobilisation.

    Une vue des leaders des deux partis. (Ph: Dr)

    Une vue des leaders des deux partis. (Ph: Dr)



    « Je suis venu marcher pour la démocratie. On ne peut pas continuer à accepter cette situation dans notre pays, alors que les Ivoiriens souffrent. Cette marche témoigne de notre détermination pour la démocratie et non pour le contraire », a déclaré Bodou Sylvain, un militant du Ppa-CI.

    Le président du FPI, Pascal Affi N'Guessan et Akissi Danièle Boni-Claverie, présidente de l'Union républicaine pour la démocratie (Urd). (Ph: Dr)

    Le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan et Akissi Danièle Boni-Claverie, présidente de l’Union républicaine pour la démocratie (Urd). (Ph: Dr)



    De son côté, Koffi Justine, militante du Pdci-Rda, a ajouté : « Cette marche marque notre soutien aux présidents Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo, et notre exigence de réinscrire leurs noms sur la liste électorale. Nous voulons des élections crédibles et nous restons déterminés jusqu’à la fin. Aujourd’hui, cette marche prouve que l’opposition est unie. »

    Par cette première grande mobilisation conjointe, les deux partis réaffirment leur engagement en faveur de la démocratie et de la transparence dans les futures élections en Côte d’Ivoire. Cette manifestation a été encadrée par les forces de l’ordre.

  • Message à la Nation de Tidjane Thiam: Un Appel à la Réforme Démocratique et à la Restauration de l’État de Droit en Côte-d’Ivoire

    Message à la Nation de Tidjane Thiam: Un Appel à la Réforme Démocratique et à la Restauration de l’État de Droit en Côte-d’Ivoire

    La Responsabilité Internationale : La Non-Ingérence Face à l’Abus de Pouvoir en Côte d’Ivoire

    Dans un contexte politique ivoirien de plus en plus tendu à l’approche de l’élection présidentielle de 2025, Cheick Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, adresse un message fort aux Ivoiriens et à la communauté internationale. À travers ce discours, il dénonce avec vigueur les pratiques d’exclusion et de violence politique qui marquent la gestion actuelle du pouvoir en Côte d’Ivoire. En se positionnant en défenseur des libertés fondamentales et des droits de l’homme, Thiam cherche à mobiliser l’opinion publique contre un régime qu’il décrit comme « usé, vieillissant et corrompu ». À travers une critique acerbe des dérives autoritaires, il plaide pour un renouveau démocratique, un dialogue sincère et une gouvernance inclusive.
    Introduction
    Le message de Cheick Tidjane Thiam, prononcé dans un contexte électoral particulièrement chargé en Côte d’Ivoire, constitue une prise de position forte contre les dérives politiques du régime actuel. En dénonçant la répression systématique des opposants, les arrestations arbitraires et l’intimidation, Thiam s’engage dans une critique directe de la gestion du pouvoir en place. Son discours se veut un appel à la mobilisation contre un système perçu comme autoritaire et répressif, et à la restauration des libertés fondamentales. Par des propos puissants, il souligne l’épuisement d’un modèle politique qu’il qualifie de « vieillissant » et annonce un projet alternatif fondé sur l’inclusivité, le respect des droits humains et la transparence démocratique.

    À travers ses mots, il aborde des préoccupations majeures relatives à la situation politique actuelle de la Côte d’Ivoire, tout en lançant un appel à la paix, au dialogue et à la réforme démocratique. Cependant, il révèle aussi des enjeux sous-jacents et des tensions qui nécessitent un examen approfondi.
    1. Le Contexte Politique de l’Appel
    Cheick Tidjane Thiam commence son discours en soulignant le caractère « grave » de la situation politique actuelle, ce qui marque une rupture par rapport à son discours habituel. En évoquant un pays en danger à quelques mois de l’élection présidentielle de 2025, il fait référence à un climat de tension exacerbé par les « arrestations, intimidations et exclusions ». Cette position est partagée par l’opposition et diverses organisations de la société civile qui dénoncent des dérives autoritaires sous le régime actuel, dirigé par le président Alassane Ouattara. Le PDCI-RDA, sous la direction de Thiam, cherche à se positionner comme un acteur de l’opposition qui plaide pour le rétablissement d’un dialogue politique inclusif.

    La Critique de l’Exclusion et de la Violence Politique

    Cheick Tidjane Thiam s’attaque directement au régime du RHDP. Il dénonce de manière virulente les pratiques d’exclusion et de violence politique qui caractérisent la gestion actuelle du pouvoir en Côte d’Ivoire. Il place au cœur de sa critique la répression systématique des opposants politiques, notamment les arrestations arbitraires, les intimidations et les exactions à l’encontre des figures de l’opposition. Par des formulations fortes, telles que « les Ivoiriens n’en peuvent plus », il capte l’attention de son auditoire et exprime les frustrations profondes d’une population de plus en plus exaspérée par une gouvernance perçue comme autoritaire et répressive.

    La Répression des Libertés et l’Intimidation des Opposants

    L’une des critiques majeures de Thiam porte sur la gestion des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’action politique. Il dénonce avec force les arrestations arbitraires de militants de l’opposition, des journalistes et des activistes. En soulignant que ces pratiques d’intimidation ont pour but de « museler » toute contestation, il met en lumière une dérive autoritaire qui, selon lui, menace les principes démocratiques sur lesquels repose l’État de droit. Cette répression s’apparente, selon Thiam, à une tentative délibérée d’empêcher l’opposition de participer activement à la vie politique et de contester un système qu’il considère comme illégitime.

    À travers ses propos, Thiam exprime un profond mécontentement face à la militarisation du paysage politique ivoirien, où les forces de sécurité sont utilisées non pas pour protéger la population, mais pour réprimer toute forme de résistance. Ce recours excessif à la force devient ainsi un outil de gestion de l’opposition, au lieu de favoriser un débat politique ouvert et pluraliste. En qualifiant cette gestion du pouvoir d’« usée, vieillissante et corrompue », Thiam donne à entendre que le système actuel est devenu obsolète, incapable d’offrir une véritable alternative politique à la population ivoirienne.

    Une autre dimension importante de cette critique réside dans l’utilisation de l’appareil judiciaire pour étouffer l’opposition. Thiam fait implicitement référence à l’utilisation de la justice comme un instrument de pouvoir, utilisé pour harceler et emprisonner les opposants politiques sous des prétextes souvent douteux. Loin d’être un organe indépendant, le système judiciaire ivoirien devient, sous le régime actuel, une extension du pouvoir exécutif, incapable de garantir une justice équitable pour tous. Thiam suggère ainsi que la justice en Côte d’Ivoire a été instrumentalisée à des fins politiques, rendant impossible tout véritable contre-pouvoir face à l’exécutif.

    En dénonçant cette situation, Thiam cherche non seulement à défendre les droits des opposants, mais aussi à restaurer la crédibilité d’un système judiciaire dévoyé, afin de permettre à la Côte d’Ivoire de retrouver un véritable équilibre entre les pouvoirs de l’État. Il met en lumière l’urgence de garantir une justice indépendante, libre de toute interférence politique, afin de rendre à chaque citoyen ivoirien la possibilité de défendre ses droits en toute sérénité.

    Les Frustrations Populaires et la Montée du Mécontentement

    Thiam utilise une rhétorique mobilisatrice pour exprimer les frustrations populaires grandissantes face à cette politique de répression. En s’adressant directement aux Ivoiriens, il évoque la souffrance collective d’un peuple qui, selon lui, est étouffé par une gouvernance qui ne respecte ni ses libertés ni ses aspirations démocratiques. L’expression « les Ivoiriens n’en peuvent plus » résume à elle seule le ras-le-bol général d’une population confrontée à une violence systématique, qu’elle soit physique, politique ou psychologique. Ce sentiment d’impuissance collective nourrit le mécontentement populaire, qui se manifeste par des protestations dans la rue et un désenchantement général face à un pouvoir qui semble s’accrocher à son autorité au détriment des intérêts du peuple.

    Cette frustration s’intensifie notamment chez les jeunes, les femmes et les minorités qui se sentent de plus en plus marginalisés par un système qui favorise certains groupes au détriment d’autres. En dénonçant cette « machine infernale de l’exclusion », Thiam se fait l’écho d’une jeunesse ivoirienne en quête de changement, désireuse de se libérer de l’emprise d’un pouvoir perçu comme stérile et corrompu.

    Le Renouveau de la Politique : Un Appel à la Restauration des Libertés

    À travers cette critique acerbe du pouvoir actuel, Thiam s’efforce de se positionner comme un défenseur des libertés fondamentales et des droits de l’homme. En dénonçant les arrestations arbitraires et la répression politique, il se présente comme un défenseur d’un modèle de gouvernance plus respectueux des libertés individuelles et collectives, plus transparent et plus inclusif. Il oppose ainsi un modèle de gouvernance fondé sur le dialogue et la paix à un modèle autoritaire où la violence et l’exclusion sont utilisées comme outils de maintien de l’ordre.

    En invitant à l’apaisement et à la réconciliation nationale, Thiam ne se contente pas de critiquer le régime en place, mais propose également une alternative politique plus démocratique, fondée sur la restauration des libertés et l’inclusivité. Ce renouveau politique passe, selon lui, par la fin des pratiques d’intimidation et de violence, et par l’instauration d’un processus électoral véritablement ouvert à tous, où la compétition politique serait équitable et non biaisée par la répression.

    Un Détournement du Dialogue : L’Appel à la Sincérité du Discours

    Enfin, Thiam se positionne contre le « faux dialogue » qui, selon lui, caractérise le régime d’Ouattara. En effet, la mise en place de dialogues politiques qui ne mènent à aucune véritable réconciliation ou à des changements concrets dans la gestion du pays est, pour lui, une forme de manipulation. Il appelle à un dialogue sincère, véritablement inclusif, où tous les partis et toutes les voix seraient entendus, sans crainte de représailles. Cet appel vise à rétablir la crédibilité du processus démocratique, en insistant sur le fait qu’un véritable dialogue ne peut se faire dans un climat de peur et de répression.

    Un Discours de Résistance et de Défense des Droits Fondamentaux

    En somme, la critique de l’exclusion et de la violence politique par Cheick Tidjane Thiam va bien au-delà d’une simple dénonciation. Elle incarne un projet de résistance face à un pouvoir répressif et autoritaire, et propose un modèle alternatif de gouvernance fondé sur le respect des droits humains et des libertés fondamentales. À travers ce discours, Thiam cherche à rallier les Ivoiriens à une cause commune : la restauration d’un État de droit véritablement démocratique, où la répression et l’intimidation n’ont pas leur place.
    3. Le Dialogue comme Solution
    L’appel au dialogue, un élément récurrent dans le discours, est une référence directe à l’héritage d’Houphouët-Boigny, le père fondateur de la nation ivoirienne, qui a toujours privilégié la négociation plutôt que la confrontation. Thiam tente ainsi de capitaliser sur cette figure historique, en la plaçant comme modèle pour une gestion pacifique et inclusive des crises politiques. Toutefois, cette insistance sur le dialogue soulève des questions sur la sincérité du régime actuel à engager une telle démarche, surtout en contexte électoral. En effet, les précédentes initiatives de dialogue ont été largement perçues comme des tentatives de contrôle ou de légitimation d’un pouvoir déjà en place.
    4. La Question de l’Inclusivité Électorale
    Dans son discours, Cheick Tidjane Thiam met un accent particulier sur la question de l’inclusivité électorale, une thématique essentielle à l’approche de l’élection présidentielle de 2025. Selon lui, la réforme du processus électoral est une nécessité impérieuse pour garantir que les élections soient « inclusives et apaisées », permettant ainsi à chaque citoyen ivoirien, et à chaque force politique, d’avoir la possibilité de participer librement et équitablement au choix de leur dirigeant. Thiam se réfère à la position des leaders religieux, notamment la Conférence épiscopale de Côte d’Ivoire et le nouveau président de la Fédération évangélique de Côte d’Ivoire, qui ont exprimé leur volonté de voir des élections transparentes, ouvertes à tous, sans exclusions indues ni manipulations de l’administration en place.

    Un Appel à des Élections Libres et Transparentes

    L’appel à une réforme du processus électoral, porté par Thiam, trouve une résonance particulière dans un contexte où l’inclusivité des élections en Côte d’Ivoire a souvent été remise en question. Depuis plusieurs années, des accusations de fraude électorale, de manipulation des résultats, et d’exclusion de certains candidats ont nourri la méfiance populaire vis-à-vis de l’intégrité du système électoral. Thiam insiste sur l’importance d’instaurer un climat de transparence, où les élections ne seraient pas entachées par des suspicions de manipulation ou d’injustice. Il défend ainsi une vision d’élections où la règle du jeu soit claire pour tous, où les partis politiques – de la majorité comme de l’opposition – aient un accès équitable aux urnes et où aucune force politique ne soit systématiquement écartée du processus sous des prétextes douteux.

    Une Critique Voilée du Rôle de l’Administration Électorale

    Toutefois, derrière cet appel à l’inclusivité se cache une critique implicite du régime d’Alassane Ouattara, accusé de manipuler les règles électorales pour favoriser ses propres intérêts. En évoquant les préoccupations des leaders religieux, Thiam cherche à dresser un parallèle entre les appels à une élection ouverte et transparente, et les pratiques actuelles qu’il considère comme non démocratiques. L’une des principales accusations formulées par Thiam porte sur la manière dont l’administration électorale a été utilisée pour exclure certains candidats de la course présidentielle, en créant des obstacles légaux et administratifs pour les opposants politiques. Cette manipulation, selon Thiam, rend difficile la réalisation d’élections véritablement inclusives et contradictoires avec l’idéal démocratique que la Côte d’Ivoire doit viser.

    L’exclusion de certains candidats, notamment les figures de l’opposition, est souvent citée comme une tactique du pouvoir pour limiter la concurrence et s’assurer d’une victoire acquise à l’avance. Cette situation est d’autant plus problématique que l’absence de certains leaders politiques dans la compétition électorale prive les électeurs de choix réels, faussant ainsi le principe de la démocratie représentative. Thiam dénonce donc une instrumentalisation de l’administration électorale à des fins partisanes, et appelle à une véritable indépendance de cette institution afin qu’elle ne devienne pas un simple outil au service du pouvoir en place.

    L’Incarcération de l’Opposition comme Stratégie d’Élimination

    Thiam va plus loin dans sa critique en dénonçant l’incarcération de figures de l’opposition, qu’il qualifie de méthode systématique pour éliminer toute voix discordante. En mentionnant ces arrestations, Thiam pointe l’une des dérives les plus inquiétantes de l’ère actuelle : l’utilisation de la justice comme instrument de contrôle politique. L’arrestation de figures de l’opposition, souvent sur des accusations politiques fabriquées, a créé un climat de peur et d’intimidation qui dissuade de nombreux acteurs politiques de s’engager activement contre le pouvoir en place.

    Ces pratiques, selon Thiam, ont un double objectif : affaiblir l’opposition et s’assurer que le pouvoir reste incontesté. En parlant de ce sujet de manière explicite, Thiam cherche à attirer l’attention de la communauté nationale et internationale sur ce qui est perçu comme une atteinte grave aux principes démocratiques. Ces actions entravent non seulement la liberté d’expression et d’association, mais aussi le droit fondamental de participer à la vie politique de manière équitable.

    Une Vision d’un Processus Électoral Inclusif et Équitable

    Thiam ne se limite pas à la critique ; il propose également une vision alternative du processus électoral. Pour lui, un système électoral véritablement démocratique doit garantir l’égalité des chances pour toutes les forces politiques, sans favoritisme ni exclusion. Cela implique une réforme profonde de l’administration électorale, notamment la création d’une instance véritablement indépendante et professionnelle qui soit perçue comme impartiale par tous les acteurs politiques. Ce type de réforme viserait à restaurer la confiance de la population dans le processus électoral, un élément fondamental pour assurer la légitimité de tout futur gouvernement.
    Un autre aspect important de la vision de Thiam est l’engagement à favoriser un climat apaisé durant les élections. L’inclusivité, pour lui, n’est pas seulement une question de participation, mais aussi de respect mutuel entre les différents acteurs politiques. Il plaide donc pour des élections qui ne soient pas marquées par la violence, les intimidations ou la répression, mais par un véritable esprit de démocratie et de dialogue.

    Une Réforme Électorale pour Consolider la Démocratie

    La question de l’inclusivité électorale est donc au cœur du discours de Cheick Tidjane Thiam, qui cherche à mettre en lumière l’importance de réformer un processus électoral actuellement perçu comme biaisé. En se référant aux déclarations des leaders religieux et en critiquant les pratiques de manipulation et d’exclusion, Thiam se positionne comme un défenseur d’un système démocratique plus juste et plus transparent. Loin de se contenter d’une simple opposition au pouvoir en place, il formule des propositions concrètes visant à restaurer la légitimité des élections en Côte d’Ivoire et à offrir à chaque citoyen ivoirien la possibilité de participer librement à la vie politique. C’est à travers ces réformes qu’il espère renforcer la démocratie et ouvrir la voie à une gouvernance plus inclusive et respectueuse des droits de tous.
    5. L’Appel à la Libération des Prisonniers Politiques
    L’appel à la libération des prisonniers politiques est un élément crucial de ce discours. Thiam met en avant le cas des militants du PDCI-RDA et d’autres partis d’opposition emprisonnés pour leurs opinions politiques. En demandant leur libération dans un souci d’apaisement, il fait pression sur le gouvernement d’Ouattara, tout en soulignant que l’injustice subie par ces prisonniers sera, à terme, reconnue. Cette position traduit un désir de récupérer la confiance des Ivoiriens et de promouvoir un climat plus juste, en particulier en période électorale.

    6. L’Appel à une Nouvelle Génération de Leaders

    Thiam mentionne également la nécessité de passer le relais à une nouvelle génération de dirigeants, une déclaration qui peut être vue comme une critique indirecte des dirigeants actuels et des figures politiques qui occupent la scène depuis plusieurs décennies. En prônant un changement de génération, il cherche à se positionner comme un leader du renouveau, même si ses liens avec le passé et sa position au sein du PDCI-RDA, un parti historique, peuvent nuancer cette image.
    7. Les Attentes des Ivoiriens et le Programme du PDCI-RDA
    Thiam met en avant un programme politique centré sur la paix, la tolérance et la prospérité, soulignant l’importance du capital humain et de l’égalité des chances. Ce programme semble viser un large éventail de la population, des jeunes aux femmes, en passant par les PME, les fonctionnaires et les paysans. L’accent mis sur la fin du « rattrapage ethnique » et l’appel à une constitution stable, sans changements fréquents, témoignent d’une volonté de garantir une gouvernance plus juste et plus égalitaire. Cependant, cette rhétorique pourrait être perçue comme une promesse d’amélioration des conditions de vie sans réelle proposition concrète de mise en œuvre immédiate.

    La Position Internationale et la Non-ingérence

    Dans un passage clé de son discours, Cheick Tidjane Thiam adresse une critique directe aux partenaires extérieurs de la Côte d’Ivoire, en particulier les acteurs internationaux qui ont contribué à l’installation et à la consolidation du régime d’Alassane Ouattara. En soulignant leur rôle dans l’ascension de ce pouvoir, il met en lumière la responsabilité partagée de la communauté internationale dans le maintien de l’ordre politique actuel. Thiam les met en garde contre un soutien aveugle à un régime qu’il juge « usé, vieillissant et corrompu », insistant sur le fait que continuer à soutenir un pouvoir en déclin serait non seulement une erreur stratégique, mais aussi une position moralement insoutenable.

    Cette critique s’inscrit dans un cadre plus large de redéfinition des relations internationales de la Côte d’Ivoire, un pays qui, selon Thiam, doit désormais se tourner vers un soutien extérieur qui privilégie la justice, la démocratie, et l’inclusivité. Cette approche marque une rupture avec la tendance actuelle qui a, dans les dernières années, favorisé des alliances pragmatiques, parfois au détriment de principes démocratiques et des droits humains. Thiam appelle ainsi à une reconfiguration des relations extérieures de la Côte d’Ivoire, dans un esprit de respect des valeurs fondamentales de liberté, d’équité et de transparence.

    Le Rôle des Acteurs Internationaux et Leur Responsabilité Partagée

    L’argumentaire de Thiam repose sur l’idée que la communauté internationale a joué un rôle clé dans la stabilité du régime d’Ouattara, particulièrement à travers des interventions politiques, économiques et diplomatiques qui ont contribué à maintenir ce pouvoir en place malgré les critiques internes et les tensions sociales. En insistant sur cette implication, il cherche à souligner une forme de responsabilité morale des partenaires étrangers, notamment les puissances occidentales, les institutions financières internationales, et les organisations régionales telles que l’Union européenne, la CEDEAO ou l’ONU. Thiam semble leur rappeler que leur soutien a contribué à légitimer un pouvoir qui, selon lui, aujourd’hui, ne respecte plus les principes démocratiques qu’il était censé promouvoir.

    Cela met en lumière la tension entre les impératifs géopolitiques et les principes de souveraineté démocratique. Alors que certains partenaires internationaux peuvent défendre la stabilité à tout prix, Thiam suggère que cette stabilité, même si elle semble garantir la paix sociale à court terme, nuit à long terme à la qualité de la gouvernance et à la prospérité démocratique du pays. Il critique ainsi une forme de pragmatisme qui pourrait avoir conduit à la fermeture des yeux face aux dérives autoritaires du pouvoir, notamment les violations des droits humains, l’exclusion politique de l’opposition, et les intimidations systématiques.

    La Non-Ingérence : Un Principe Fragile dans le Contexte Actuel

    Thiam évoque également la notion de « non-ingérence », une doctrine que certains acteurs internationaux évoquent fréquemment pour justifier leur absence de prise de position sur les affaires internes d’un pays. Il fustige cette position de manière particulièrement virulente, soulignant qu’elle devient intenable face à des actes de violence et de répression politique. Selon lui, le principe de non-ingérence ne peut être invoqué de manière indéfinie lorsque des violations des droits humains sont en cours et que des processus démocratiques sont compromis.

    En interpellant les partenaires étrangers qui ont soutenu Ouattara depuis son arrivée au pouvoir, Thiam cherche à rappeler que leur soutien dans les moments difficiles de la Côte d’Ivoire ne doit pas se transformer en une forme de complicité dans la consolidation d’un pouvoir autoritaire. Au contraire, il leur demande de se placer du « bon côté de l’histoire », en soutenant la justice, l’inclusivité et l’équité. En fait, ce n’est pas tant la position de non-ingérence qui est en question ici, mais la manière dont ce principe a été appliqué de manière sélective. Lorsque les droits démocratiques sont bafoués et que l’indépendance de la justice est compromise, Thiam appelle la communauté internationale à ne pas rester passive.

    L’Isolement Croissant du Régime et Ses Conséquences

    Le discours de Thiam révèle également un sentiment d’isolement croissant du régime d’Ouattara sur la scène internationale. Au fur et à mesure que les tensions internes s’exacerbent et que la situation politique devient de plus en plus difficile, la légitimité de Ouattara semble diminuer, non seulement aux yeux de la population ivoirienne, mais aussi au niveau international. Alors que certains acteurs étrangers continuent de soutenir le gouvernement en place, le PDCI-RDA de Thiam semble croire que ce soutien est désormais une épée à double tranchant, menaçant de devenir un facteur d’isolement politique.

    Cette position témoigne d’une évolution dans la dynamique des relations internationales de la Côte d’Ivoire. Le soutien extérieur, qui a permis au pays de sortir d’une guerre civile en 2011 et d’une période de crise post-électorale, n’est plus perçu comme une simple alliance pragmatique. Il est désormais vu comme un soutien à un pouvoir qui échoue à répondre aux aspirations démocratiques du peuple. Thiam met en garde la communauté internationale contre le risque de perdre son influence et son capital moral en soutenant un régime qui ne semble plus incarner les valeurs qu’il prétend défendre.

    La Nouvelle Vision des Relations Internationales

    En somme, Thiam utilise cette critique de la non-ingérence pour appeler à un changement de cap dans les relations internationales de la Côte d’Ivoire. Plutôt que de maintenir des alliances qui se sont essoufflées et qui risquent de nuire à l’image et à la stabilité future du pays, il plaide pour un soutien fondé sur des principes démocratiques solides. Pour lui, l’engagement de la communauté internationale ne doit pas se limiter à préserver la stabilité à court terme, mais doit s’orienter vers la promotion de réformes institutionnelles, de processus électoraux transparents, et du respect des droits de l’homme. Ce faisant, Thiam invite la communauté internationale à prendre position en faveur d’un avenir plus juste et inclusif pour la Côte d’Ivoire.

    Conclusion Générale
    Le discours de Cheick Tidjane Thiam, prononcé dans un contexte politique de grande tension à l’approche de l’élection présidentielle de 2025, incarne un appel puissant et déterminé à la restauration de la démocratie, de la justice et de l’État de droit en Côte d’Ivoire. À travers sa critique acerbe des dérives autoritaires du régime actuel, il met en lumière la répression systématique, l’exclusion des opposants et les violences politiques qui gangrènent la vie publique. Thiam se positionne ainsi non seulement comme un opposant, mais surtout comme un défenseur des valeurs fondamentales de liberté, de justice et de paix, des principes qui devraient, selon lui, être au cœur de toute gouvernance démocratique.

    En dénonçant un système politique qu’il qualifie de « corrompu et répressif », il fait l’éloge de la nécessité d’un renouveau démocratique, où le dialogue sincère et la gouvernance inclusive ne seraient pas de simples slogans, mais des principes effectifs dans la gestion du pays. Il ne s’agit pas ici d’une simple contestation du pouvoir en place, mais d’un véritable projet de réconciliation nationale. Thiam met en avant l’urgence de réformes profondes destinées à garantir à chaque Ivoirien l’exercice de ses droits et libertés, loin des pressions et des intimidations qui minent actuellement le système politique.

    Loin de la simple critique, le message de Thiam s’inscrit dans une vision positive pour l’avenir du pays. Il propose une alternative politique fondée sur la transparence, l’équité et la justice, des valeurs auxquelles il souhaite que la Côte d’Ivoire adhère pleinement pour devenir une nation unie, pacifique et prospère. Toutefois, l’enjeu réside dans la capacité de ce message à être entendu et concrétisé. Alors que le pays semble plus que jamais prêt pour un changement profond et authentique, il reste à savoir si cette vision d’un avenir démocratique et inclusif saura transcender les obstacles politiques et institutionnels actuels. Le défi est désormais de transformer ces paroles en actions, et d’ouvrir la voie à un véritable renouveau démocratique.

    Simplice Ongui
    Directeur de Publication
    Afriqu’Essor Magazine

  • Tennis : Mboko, jeune Canadienne née en RDC, terrasse Osaka

    Tennis : Mboko, jeune Canadienne née en RDC, terrasse Osaka

    À 18 ans, la Canadienne Victoria Mboko, née de parents congolais, a remporté son premier tournoi WTA 1000 à domicile, lors de l’Open du Canada 2025. La jeune sensation, 85e mondiale, a battu en finale, jeudi, l’ex-numéro 1 Naomi Osaka dans une rencontre renversante.

    Portée par un public survolté, Victoria Mboko a signé une performance historique en s’imposant 2-6, 6-4, 6-1 face à Naomi Osaka, pour son premier titre majeur sur le circuit principal. Née aux États-Unis de parents originaires de la République démocratique du Congo, Mboko a grandi au Canada, où elle a découvert le tennis dès l’âge de trois ans, suivant les traces de Serena Williams, son idole.

    Classée 350e mondiale en 2024, elle a connu une ascension fulgurante en 2025, marquée par quatre titres sur le circuit secondaire et un troisième tour à Roland-Garros. Son triomphe à Montréal la propulsera dans le top 30 mondial dès la semaine prochaine.

    Née en 2006 à Charlotte, en Caroline du Nord (États-Unis), Victoria Mboko incarne une nouvelle génération de talents du tennis féminin, à la fois cosmopolite et déterminée. Issue d’une famille congolaise ayant quitté la République démocratique du Congo à la fin des années 1990 pour échapper à un contexte politique instable, elle grandit à Toronto, au Canada, où elle s’initie très tôt à la raquette. Cadette d’une fratrie de quatre, Mboko se distingue rapidement par sa précocité et son tempérament combatible.

    Son ascension s’appuie sur un parcours de formation riche et international : elle s’entraîne au Canada sous la houlette de l’ancien joueur Simon Larose, collabore avec la Française Nathalie Tauziat  ex-numéro 3 mondiale et bénéficie également de stages en Belgique, au sein de l’académie de Justine Henin. Cette diversité d’influences techniques et culturelles a façonné une joueuse complète, déjà redoutée sur les courts.

    En conférence de presse, jeudi, elle a lancé un vibrant « Merci Montréal, je vous aime ! », mêlant anglais et français, au terme d’un parcours impressionnant, marqué notamment par une victoire contre Coco Gauff, actuelle numéro 2 mondiale.

    Face à une Osaka solide dans le premier set, Mboko a d’abord peiné avant de profiter d’un public bruyant et d’une baisse de régime de la Japonaise. Le match a basculé dans le deuxième set, où Osaka a multiplié les fautes directes, visiblement émue et déstabilisée par l’ambiance.

    La victoire finale de Mboko marque un tournant dans le tennis canadien et africain, avec l’émergence d’une nouvelle génération d’athlètes afro-descendantes sur la scène mondiale.

    SS/Sf/ac/APA

  • Vers l’exclusion du Maroc de l’organisation du Mondial 2030 ?

    Vers l’exclusion du Maroc de l’organisation du Mondial 2030 ?

    À l’approche de deux événements d’envergure pour le Maroc, la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 et la Coupe du monde 2030, une vive controverse éclate autour de la gestion des chiens errants dans le pays. Des associations de protection animale accusent le royaume de procéder à des campagnes d’abattage massives pour nettoyer les rues avant ces compétitions internationales, au mépris des engagements pris en matière de bien-être animal. De son côté, le gouvernement marocain réfute catégoriquement ces allégations, mettant en avant une stratégie alternative de contrôle de la population canine. Mais les critiques se multiplient, fragilisant l’image du Maroc sur la scène internationale.

    Depuis 2019, les autorités marocaines affirment s’être engagées dans une politique dite TNVR (Trap, Neuter, Vaccinate, Return), visant à attraper, stériliser, vacciner et réintroduire les chiens errants dans leur milieu d’origine. Cette approche a pour but à la fois de limiter leur reproduction et de prévenir la propagation de maladies comme la rage, qui reste un problème de santé publique sérieux dans le pays. En 2024, 33 cas mortels de rage ont été recensés, et on dénombre près de 100 000 morsures de chiens chaque année.

    Appel à la suspension du Maroc comme pays coorganisateur du Mondial

    Malgré ces efforts déclarés, des ONG et militants affirment que des opérations d’élimination sont toujours en cours, y compris sur des animaux identifiés comme traités, reconnaissables à une boucle à l’oreille. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montreraient des chiens abattus à l’arme à feu ou empoisonnés, ce qui contredit les engagements pris par les autorités. Ces images ont choqué une partie de l’opinion publique, au Maroc comme à l’étranger.

    Des personnalités publiques se sont emparées de l’affaire, à commencer par le chanteur David Hallyday, qui a adressé une lettre à la FIFA appelant à la suspension du Maroc comme pays coorganisateur du Mondial 2030. Il dénonce des pratiques « barbares » et « traumatisantes », notamment pour les enfants témoins des scènes. La Fondation Brigitte Bardot et la célèbre primatologue Jane Goodall se sont également mobilisées, rejoignant une coalition internationale réclamant une intervention urgente de la FIFA.

    Jusqu’à trois millions de chiens abattus d’ici la Coupe du monde

    L’organisation IAWPC (Coalition Internationale pour le Bien-être Animal) avance le chiffre de 300 000 chiens tués chaque année dans le royaume, parlant d’empoisonnements, de fusillades nocturnes et de fosses communes. D’autres ONG craignent même l’extermination de jusqu’à trois millions de chiens d’ici la Coupe du monde. Ces accusations s’appuient sur des témoignages et des images jugées accablantes. Face à cette indignation croissante, les autorités marocaines dénoncent des « attaques médiatiques injustifiées », fondées sur des données qu’elles jugent erronées.

    Le ministère de l’Intérieur affirme qu’aucune campagne d’élimination systématique n’est en cours. Il rappelle les investissements réalisés pour renforcer les infrastructures vétérinaires, avec plus de 22 millions d’euros alloués à la construction de dispensaires adaptés à la méthode TNVR. Un projet de loi renforçant la protection des animaux errants a même été adopté en juillet 2025 et prévoit des sanctions pour maltraitance ou mise à mort illégale. Toutefois, sa mise en application reste inégale selon les régions, et les autorités locales sont parfois accusées d’ignorer les directives nationales.

    Des drames humains ravivent la polémique

    Plusieurs cas tragiques sont venus alimenter la tension. À Taghazout, une touriste suisse est décédée après avoir été mordue par un chien errant en juillet 2025, malgré des soins immédiats. En 2022, une Française a également succombé à une attaque à El Argoub. Plus récemment, une Britannique de 59 ans est morte de la rage après avoir été griffée par un chiot errant lors d’un séjour au Maroc. Des incidents qui témoignent de la gravité du problème et justifient, selon les défenseurs d’un contrôle plus strict, des mesures urgentes pour garantir la sécurité publique.

    Néanmoins, d’autres voix appellent à une meilleure éducation des citoyens et à l’extension des campagnes de sensibilisation. Selon Salima Kadaoui, vétérinaire engagée à Tanger, 95% des morsures pourraient être évitées avec des gestes simples et une meilleure compréhension du comportement canin. L’ampleur de la polémique dépasse les frontières du Maroc. Au cœur de cette affaire se trouve une question de crédibilité internationale : le royaume peut-il coorganiser un événement de l’ampleur de la Coupe du monde tout en étant accusé de violer des principes éthiques fondamentaux en matière de protection animale ?

    Une controverse aux enjeux mondiaux

    Dans son dossier de candidature pour le Mondial 2030, le Maroc avait pourtant promis la fin des abattages dès août 2024, et le renforcement des mécanismes de soin pour les animaux errants. Si ces engagements venaient à ne pas être respectés, il n’est donc pas exclu que la FIFA se retrouve contrainte d’agir, sous peine de perdre la confiance de la communauté internationale. La FIFA est aujourd’hui confrontée à une pression sans précédent. Plusieurs pétitions circulent, et le débat prend une tournure politique et diplomatique. Le sort du Maroc comme coorganisateur de la Coupe du monde 2030 pourrait être en jeu si les allégations continuent à s’accumuler sans réponse convaincante.

    Malick Hamid

  • États-Unis. Bientôt une caution de 9 millions F CFA pour certains visas

    États-Unis. Bientôt une caution de 9 millions F CFA pour certains visas

    A partir du 20 août 2025, certains voyageurs à destination des États-Unis, détenteurs de visas touristiques ou d’affaires, devront payer jusqu’à 15 000 dollars soit neuf millions francs CFA. C’est une annonce faite par le département d’État américain via un télégramme.

    Il s’agit d’un programme pilote inédit, avec pour objectif de décourager les dépassements de visa.

    Cette mesure, qui durera 12 mois, est un enjeu majeur de la politique migratoire de l’administration Trump. En ligne de mire, spécifiquement les ressortissants de pays dont les citoyens dépassent fréquemment la durée autorisée de séjour. La liste des pays dont les voyageurs sont concernés sera rendue publique bientôt.

    Cette caution sera spécialement de 10 000 dollars (6 millions FCFA) pour les adultes et 5 000 dollars (3 millions FCFA) pour les enfants. Ce montant pourrait baisser ou grimper à 15 000 dollars (9 millions FCFA) selon l’appréciation des services migratoires.

    Cette mesure précise que l’argent sera collecté par le Trésor public et remboursé seulement si le voyageur quitte les États-Unis dans les délais et par un point d’entrée spécifique.

    L’autre point concerne le début du séjour. La mesure explique que le voyage devra aussi débuter dans les 30 jours suivant l’émission du visa.

    Pour le gouvernement américain, cette volonté de durcir les lois sur l’immigration est avant tout dans l’optique de la préservation de la sécurité nationale.

    Le projet prendra effet le 20 août 2025

    Samuel Tia

  • An 65 : À Bouaké, l’art chorégraphique peint le visage d’une Côte d’Ivoire unie

    An 65 : À Bouaké, l’art chorégraphique peint le visage d’une Côte d’Ivoire unie

    A l’occasion du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, ce jeudi 7 août 2025, Bouaké, capitale de la région du Gbêkê, a été le théâtre d’une célébration mémorable. Et ce, à travers un hommage à la diversité nationale ; la mise en lumière de la jeunesse, moteur de l’avenir ; la modernité et fierté patriotique.

    L’un des temps forts du défilé civil a été sans conteste la fresque chorégraphique monumentale, dirigée par Georges Momboye, directeur du Ballet national. Cette œuvre vivante, déployée sur neuf portes-chars, a captivé le public par sa puissance visuelle et son symbolisme profond. Le Djidji Ayékoué, la grande mosquée de Kong, le Zaouli, le Goli, ainsi que des rythmes modernes rappelant DJ Arafat et Didi B…les Ivoiriens ont pu revisiter leur patrimoine.

    Conçue comme un tableau en mouvement, la fresque célébrait la diversité, la jeunesse, la modernité et l’identité nationale. À travers une mise en scène élaborée, elle racontait la Côte d’Ivoire d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

    Une vue de la grande mosquée de Kong

    Une vue de la grande mosquée de Kong



    Une œuvre chorégraphique citoyenne

    Cinq des neuf chars représentaient les grandes régions géographiques du pays : nord, sud, est, ouest et centre. Costumes traditionnels, danses, rythmes et symboles propres à chaque zone ont été harmonieusement combinés pour souligner la richesse culturelle ivoirienne, tout en affirmant le message central d’unité dans la diversité.

    La fresque a ensuite mis en lumière la jeunesse ivoirienne, à travers une chorégraphie énergique et expressive. Par ses mouvements vifs et son engagement scénique, elle incarnait la vitalité, l’espoir et l’aspiration au changement, soulignant le rôle central des jeunes dans la construction d’une nation forte et innovante.

    D’autres chars symbolisaient la modernité, reflet du progrès technologique, économique et infrastructurel du pays. Cette représentation audacieuse montrait une Côte d’Ivoire tournée vers l’avenir, sans renier ses racines.

    Enfin, la fresque intégrait une référence subtile mais forte à l’hymne national, fil conducteur de la cérémonie, rappelant les valeurs de cohésion, de fierté et d’identité collective.

    Bien plus qu’un spectacle, cette fresque chorégraphique a réaffirmé, dans un langage artistique universel, les fondements de la nation ivoirienne : unité, diversité, jeunesse, modernité et patriotisme.

  • PPA-CI: « Nous n’attendions rien du discours de Ouattara…il est déconnecté »

    PPA-CI: « Nous n’attendions rien du discours de Ouattara…il est déconnecté »

    Le PPA-CI dénonce une dérive autoritaire

    Un discours qui fait l’impasse sur l’opposition

    Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) n’a pas mâché ses mots après l’allocution du président Alassane Ouattara, diffusée le 6 août 2025, à la veille de la fête nationale. Dans un communiqué publié le 7 août, le parti de Laurent Gbagbo, par la voix de sa porte-parole Me Habiba Touré, dénonce une « autosatisfaction gênante » et un « discours déconnecté des réalités », dans lequel les opposants politiques ont été ignorés, comme si la démocratie ivoirienne avait fait un retour brutal aux années du parti unique.

    « Nous n’attendions rien du discours du Chef de l’État… Et il nous a donné raison », affirme le communiqué du PPA-CI.

    Un pouvoir en vase clos selon le PPA-CI

    Le ton est amer. Le parti estime que le président s’est enfermé dans une bulle, célébrant une vision idéalisée de la Côte d’Ivoire qui nie les souffrances sociales : pauvreté endémique, précarité galopante, exclusion politique. Cette célébration de façade est perçue comme une insulte aux millions d’Ivoiriens marginalisés, laissés pour compte des politiques économiques actuelles.

    Le PPA-CI critique également le choix hautement symbolique de Bouaké, ancienne capitale de la rébellion, comme lieu du discours. Selon le communiqué, y faire défiler des chefs d’État militaires et parler d’indépendance revient à légitimer les coups de force militaires en Afrique, dans un contexte régional particulièrement sensible.

    « Une manière comme une autre de préparer l’opinion à un nouveau coup d’État civil : un 4ᵉ mandat anticonstitutionnel, après un 3ᵉ tout aussi illégal », accuse le texte.

    Une République à deux vitesses ?

    Pour le PPA-CI, l’incohérence est flagrante : certains putschs sont dénoncés, mais d’autres sont célébrés lorsque leurs auteurs partagent les intérêts du régime ivoirien. Le communiqué évoque « les objectifs et les affinités » du pouvoir pour expliquer cette approche à géométrie variable.

    Le parti d’opposition exprime également sa solidarité avec les militaires républicains tombés pour avoir défendu l’ordre constitutionnel, ainsi qu’avec ceux qui croupissent encore en prison pour avoir simplement « obéi au droit ».

    « Leur sacrifice mérite le respect », conclut Me Habiba Touré.

    Une campagne présidentielle déjà sous tension

    Cette sortie musclée du PPA-CI confirme que le climat préélectoral s’annonce tendu. Alors que l’opposition dénonce des radiations politiques (dont celle de Laurent Gbagbo), un verrouillage institutionnel de la CEI et un usage stratégique du parrainage pour écarter certains candidats, le discours du président apparaît comme une provocation de plus.

    À trois mois du scrutin, la fracture politique semble plus béante que jamais.

  • Le droit de vote des Ivoiriens sera « respecté » (Ouattara)

    Le droit de vote des Ivoiriens sera « respecté » (Ouattara)

    Le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a promis ce mercredi 6 août 2025, une élection présidentielle apaisée et démocratique le 25 octobre 2025, alors que le PDCI et le PPA-CI, les deux principaux partis de l’opposition, réclament l’inscription de leurs leaders sur le listing électoral.

    « Le droit de vote de chaque Ivoirienne et de chaque Ivoirien sera pleinement respecté dans un esprit de responsabilité et de maturité », a déclaré M. Alassane Ouattara, dans un message à la Nation, à la veille du 65e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, dont les festivités sont prévues à Bouaké (centre).

    « Dans quelques semaines, vous serez appelés aux urnes pour l’élection présidentielle. Je tiens à nouveau à rassurer l’ensemble de nos compatriotes, toutes les mesures ont été prises pour garantir un scrutin apaisé, sécurisé et démocratique », a-t-il réitéré.

    Le président Ouattara a appelé « à la responsabilité de tous les acteurs de la vie politique, sociale et civile » à montrer leur capacité à relever tous les défis, car « nous devons préserver nos importants acquis pour bâtir ensemble une nation solidaire, stable et prospère ».

    Le Front commun PPA-CI/PDCI, regroupant le parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et celui de Tidjane Thiam, ex-CEO de Crédit Suisse, annoncent une marche le samedi 9 août 2025 à Yopougon, dans l’Ouest d’Abidjan, pour exiger une présidentielle inclusive et un dialogue politique en vue d’un scrutin transparent.

    AP/APA

  • « C’ÉTAIT CHAUD » : DAMANA PICKASS FAIT LE GRAND DÉBALLAGE APRÈS 19H D’INTERROGATOIRE

    « C’ÉTAIT CHAUD » : DAMANA PICKASS FAIT LE GRAND DÉBALLAGE APRÈS 19H D’INTERROGATOIRE

    « C’était chaud, mais c’était intéressant. » C’est en ces termes que Damana Pickass a résumé l’interrogatoire marathon auquel il a été soumis, aux côtés de cinq autres cadres de l’opposition, dans les locaux de la Préfecture de Police d’Abidjan.

    Pendant près de 19 heures, ils ont été entendus, du mardi 10 août jusqu’au mercredi 6 heures du matin, par les enquêteurs du service des enquêtes générales.

    Parmi les personnes convoquées figuraient Dia Houphouët, Blaise Lasme, Koua Justin, Dahi Nestor et Samba David. Tous jouent un rôle central dans la mobilisation pour la marche du Front commun annoncée pour le samedi 9 août 2025 à Yopougon.

    Plus tard dans la journée, le PPA-CI a organisé une cérémonie de réception en leur honneur à son siège de la Riviera-Bonoumin. Une occasion pour Damana Pickass de revenir publiquement sur cette longue garde à vue.

    « Qu’ils apportent des preuves »

    Selon le deuxième vice-président du Conseil stratégique et politique du parti PPA-CI, les convocations ont été reçues tôt dans la matinée du mardi, sans indication claire sur leur motif.

    « Nous n’avons pas voulu nous dérober« , a-t-il confié. Une fois sur place, les cadres de l’opposition se sont vu notifier une interdiction de quitter Abidjan, « sur ordre du procureur« , sans plus d’explications.

    « On a cru que ça allait prendre fin et qu’on rentrerait à midi. » Mais, l’interrogatoire a pris une autre tournure dans l’après-midi, avec l’intervention de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), venue interroger les responsables sur les violences survenues à Yopougon dans la nuit du 1er au 2 août.

    Ce soir-là, des individus armés et encagoulés avaient attaqué un bus de la SOTRA et un véhicule de police, faisant un blessé grave.

    « C’est ce qui a été harassant. Nous avons été pris séparément, pour être interrogés« , a expliqué Damana Pickass, dénonçant une pression psychologique intense. Les enquêteurs ont évoqué des aveux supposés de militants arrêtés, accusant des cadres du PPA-CI d’avoir donné des ordres.

    Il a rappelé que le parti n’avait aucun intérêt à recourir à de tels actes, la marche étant dûment déclarée et la ligne politique du PPA-CI reposant sur la non-violence.

    « Nous leur avons demandé que ces militants, qui affirment avoir reçu des ordres, précisent quel cadre du parti les leur a donnés, et qu’ils apportent des preuves », a martelé Pickass.

    « On a discuté pendant des heures… Tout était pratiquement réglé, mais il y avait trop de communications entre la préfecture et l’extérieur. On disait que le secrétaire général appelait à la sédition, ce qui compliquait les choses… On est restés là jusqu’à 6h. »

    Révélations sur Dia Houphouët

    DIA HOUPHOUËT, VICE-PRÉSIDENT DU PDCI-RDA
    DIA HOUPHOUËT, VICE-PRÉSIDENT DU PDCI-RDA

    Au terme d’une nuit blanche ponctuée de va-et-vient entre services, de procès-verbaux et d’appels extérieurs, les six responsables ont finalement été autorisés à rentrer chez eux dans la matinée du mardi.

    « Grâce à vos soutiens, on a pu tenir », a déclaré Damana Pickass, saluant la solidarité de ses camarades et des sympathisants du parti.

    Avant de clore son propos, le vice-président du PPA-CI a tenu à saluer l’attitude de l’un de ses compagnons d’infortune, Dia Houphouët Augustin Yohou, député de Yopougon et secrétaire exécutif en charge de la mobilisation au PDCI.

    « Il faut lui rendre hommage, a insisté Pickass. On ne peut pas traiter un député de la nation de cette manière… Depuis quelques jours, il était question de lui retirer son immunité parlementaire. Mais il est resté serein tout au long. »

     Samuel KADIO

  • DISCOURS DU 6 AOÛT : OUATTARA RASSURE SUR L’ÉLECTION, MAIS IGNORE LES EXCLUS DU JEU

    DISCOURS DU 6 AOÛT : OUATTARA RASSURE SUR L’ÉLECTION, MAIS IGNORE LES EXCLUS DU JEU

    Le président ivoirien Alassane Ouattara s’est adressé mercredi 6 août 2025 à la Nation à l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Dans un discours très attendu, il a salué les progrès économiques du pays, annoncé des mesures sociales, mais n’a pas évoqué d’amnistie ou de levée d’obstacles juridiques concernant certaines figures de l’opposition, à quelques semaines de l’élection présidentielle.

    Pas d’ouverture pour les exclus

    Alors que plusieurs observateurs attendaient une ouverture en faveur d’une éventuelle candidature de l’ex-président Laurent Gbagbo ou d’autres leaders tels que Charles Blé Goudé, Guillaume Soro ou Tidjane Thiam, le chef de l’État est resté silencieux sur cette question. Aucune annonce n’a été faite concernant leur situation judiciaire ou politique.

    Dans un contexte de tension politique croissante, le président Ouattara a choisi de mettre l’accent sur l’unité nationale, la stabilité et les réalisations économiques. « Aujourd’hui, la paix et la sécurité sont une réalité. Le développement est visible, concret et palpable à travers tout le pays », a-t-il affirmé, citant des progrès dans les infrastructures, l’accès à l’eau, à l’électricité, à l’éducation et à la santé.

    Sur le plan social, Alassane Ouattara a annoncé une revalorisation de la prime exceptionnelle de fin d’année. Celle-ci passera de un tiers à deux tiers du salaire indiciel mensuel de base des fonctionnaires dès janvier 2026. Les retraités bénéficieront d’une mesure équivalente à partir de septembre 2025. Le président a aussi encouragé le secteur privé à faire un effort similaire pour ses salariés.

    8 533 détenus graciés

    Il a également salué les actions en faveur des femmes et des jeunes, citant notamment le programme FAFCI, qui aurait permis de soutenir plus de 420 000 femmes entrepreneures, et les initiatives d’insertion professionnelle pour les jeunes, qui auraient impacté plus d’un million de bénéficiaires.

    Sur le volet judiciaire, 8 533 détenus condamnés pour des infractions mineures bénéficieront d’une grâce présidentielle ou d’une remise de peine. Une mesure qui concerne exclusivement des détenus de droit commun, sans lien avec les dossiers politiques sensibles.

    Le président a réaffirmé son engagement pour un scrutin « apaisé, sécurisé et démocratique » à venir, en appelant les acteurs politiques, sociaux et civils à la responsabilité : « Le droit de vote de chaque Ivoirienne et de chaque Ivoirien sera pleinement respecté dans un esprit de responsabilité et de maturité. »

    Soixante-et-un ans après, les célébrations officielles de l’indépendance se tiennent à Bouaké, ville symbolique pour le président, qui y voit le signe de la “résilience” et de la “fraternité retrouvée” de la nation.

    Samuel KADIO

  • Tragédie nationale au Ghana : Deux ministres périssent dans un crash d’hélicoptère

    Tragédie nationale au Ghana : Deux ministres périssent dans un crash d’hélicoptère

    Un vol officiel vire au drame. Le Ghana est plongé dans un deuil national à la suite de la disparition tragique de deux membres éminents du gouvernement. Le mercredi 6 août, un hélicoptère militaire transportant plusieurs personnalités a été victime d’un accident fatal, causant la mort de huit personnes, dont les ministres de la Défense et de l’Environnement.

    C’est dans une déclaration solennelle que Julius Debrah, chef de cabinet du président John Dramani Mahama, a annoncé la terrible nouvelle : « Le président et le gouvernement adressent leurs condoléances et leur solidarité aux familles de nos camarades et des militaires tombés lors de leur service pour la Nation. »

    Le ministre de la Défense, Edward Omane Boamah, et son collègue de l’Environnement, Ibrahim Murtala Muhammed, figurent parmi les victimes de ce drame survenu dans le sud du pays. En plus des deux ministres, l’accident a également coûté la vie à : Alhaji Muniru Muhammad, coordinateur adjoint de la sécurité nationale et ancien ministre de l’Agriculture ; Samuel Sarpong, vice-président du Congrès national démocratique (Ndc), parti au pouvoir ; trois membres d’équipage et un autre passager non identifié à cette heure.

    L’hélicoptère militaire avait quitté Accra aux alentours de 9h (heure locale et GMT), à destination d’Obuasi, dans la région Ashanti, au nord-ouest de la capitale. Peu après son décollage, l’appareil a disparu des radars. L’armée de l’air ghanéenne a rapidement déclenché une alerte, mais les recherches ont confirmé le pire.

    Face à l’émotion suscitée par ce drame, la Présidence a ordonné la mise en berne des drapeaux à travers le pays. Le président Mahama a également suspendu toutes ses activités officielles pour la journée du 6 août, en signe de recueillement.

    Ce crash frappe de plein fouet l’exécutif ghanéen, et soulève de nombreuses interrogations sur la sécurité des vols militaires transportant des hauts responsables. Les hommages affluent déjà de toute la région ouest-africaine.

    Source: AFP

  • VIOLENCES À YOPOUGON : DIA HOUPHOUËT, DAMANA PICKASS ET AUTRES « CUISINÉS » PENDANT 19 HEURES

    VIOLENCES À YOPOUGON : DIA HOUPHOUËT, DAMANA PICKASS ET AUTRES « CUISINÉS » PENDANT 19 HEURES

    Dia Houphouët, Damana Pickass, Blaise Lasme, Koua Justin et Dahi Nestor et Samba David sont rentrés libres chez eux après avoir été cuisinés pendant 19 heures dans les locaux de la Préfecture de Police d’Abidjan.

    Ces dirigeants de l’opposition, à la tête de la mobilisation pour la marche du Front commun prévue le samedi 9 août 2025, avaient été convoqués par le service des enquêtes générales.

    19 h d’audition à la Préfecture de Police

    Les motifs de leur convocation ne sont pas mentionnés dans les documents consultés par Linfodrome. Il était toutefois précisé dans cette convocation que ces leaders des deux principaux partis d’opposition, le PDCI-RDA et le PPA-CI devaient se présenter accompagnées de leurs avocats, conformément à l’article 90 du Code pénal.

    L’audition de ces cadres du Front commun PDCI–PPA–CI a duré de 10 h, dans la matinée, à 5 h du matin, le lendemain, soit 19 heures passées dans les locaux de la préfecture de police, a révélé Dia Houphouët dans une vidéo publiée peu après leur sortie. « Ça n’a pas été facile », a-t-il confié, remerciant l’ensemble des militants et sympathisants du PDCI-RDA venus leur apporter leur soutien.

    Je tiens à dire merci à tous ces Ivoiriens qui nous ont soutenus par la prière, qui sont restés éveillés jusqu’à ce matin, parce que nous avons été auditionnés de 10 h jusqu’à 5 h du matin

    « Je tiens à dire merci à tous ces Ivoiriens qui nous ont soutenus par la prière, qui sont restés éveillés jusqu’à ce matin, parce que nous avons été auditionnés de 10 h jusqu’à 5 h du matin. Ce n’était pas facile, mais nous étions au courant de tout ce soutien », a déclaré le député de Yopougon.

    Appel à la mobilisation

    Cette audition intervient alors que le Front commun PDCI–PPA–CI prépare activement une marche de protestation visant à exiger du gouvernement l’instauration de conditions garantissant la tenue d’une élection présidentielle apaisée, transparente et inclusive en octobre prochain. À moins de trois mois du scrutin, plusieurs figures majeures de l’opposition — Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro et Tidjane Thiam — ont été exclues du processus électoral à la suite de décisions judiciaires controversées.

    Dia Houphouët a profité de son intervention pour exhorter les militants du PDCI-RDA et du PPA-CI, les deux principaux partis d’opposition, à rester mobilisés. Il les a invités à participer massivement à la marche du Front commun, prévue le samedi 9 août 2025 à Yopougon, sur l’axe Saguidiba–Ficgayo.  « Le plus important, c’est que nous restions concentrés sur notre objectif : la marche du samedi 9 août 2025. Il faut que vous soyez massivement mobilisés, de Saguidiba jusqu’à Ficgayo, pour démontrer à la face du monde que nous sommes debout », a-t-il lancé.

    Le vice-président du PDCI-RDA a également insisté sur le caractère pacifique de cette mobilisation. « Nous comptons sur vous pour une marche paisible. C’est juste pour montrer que les Ivoiriens aspirent à un dialogue vrai et sincère, afin que nous ayons des élections inclusives, auxquelles tous nos dirigeants puissent participer, dans la paix, et que le meilleur gagne », a souhaité le député de Yopogon.

  • Une fabrique de leaders… et d’égos: Quand l’héritage de la FESCI fragmente le camp progressiste en Côte-d’Ivoire

    Une fabrique de leaders… et d’égos: Quand l’héritage de la FESCI fragmente le camp progressiste en Côte-d’Ivoire

    La gauche ivoirienne, prisonnière de ses chefs ? 

    Pourquoi les anciens leaders de la FESCI en Côte d’Ivoire finissent-ils presque toujours par fonder leur propre parti politique ? Pourquoi la gauche ivoirienne, qui se revendique progressiste, pluraliste, populaire, s’éparpille-t-elle en une multitude de courants, sous-partis et appareils rivaux ? Pendant ce temps, la droite libérale, conservatrice ou néo-houphouétiste, semble bien plus stable, disciplinée et cohérente dans son organisation.

    Ce paradoxe, trop souvent observé mais rarement interrogé en profondeur, mérite une analyse lucide.

    Une fabrique de leaders… et d’égos

    Depuis les années 1990, la FESCI s’est imposée comme un creuset politique incontournable. Elle a formé des générations de militants devenus des figures majeures de la scène nationale : Guillaume Soro, Charles Blé Goudé, Martial Ahipeaud, Damana Adia Pickass [fidèle à Gbagbo], Apollos Dan Thé ou encore le défunt Jean-Yves Dibopieu etc. Ces anciens leaders étudiants, nourris à la contestation, à la lutte contre l’ordre établi et à la rhétorique révolutionnaire, ont acquis une forte culture du leadership charismatique. Leur parcours les a convaincus qu’ils sont destinés à « incarner » une ligne, un projet, un peuple.

    Résultat : chacun d’eux, en accédant à une certaine maturité politique, se voit légitimé à créer sa propre formation. Le leadership collégial, la discipline de parti, ou la primauté du collectif cèdent souvent la place à l’ambition personnelle.

    La gauche, cette mouvance qui se morcelle

    Ce phénomène n’est pas propre à la Côte d’Ivoire. La gauche politique, dans de nombreux pays, porte en elle une tendance quasi génétique à la division. En France, le Parti socialiste a accouché de La France Insoumise, des Verts, du NPA, des radicaux et de multiples scissions. Tous se réclament du même socle : justice sociale, égalité, démocratie, lutte contre l’oppression. Mais tous se querellent sur la méthode, la stratégie, les alliances, voire la définition même du peuple.

    En Côte d’Ivoire, le tableau est similaire :

    • Le FPI historique de Laurent Gbagbo a explosé sous la triple-pression de la défaite post-électorale, de sa déportation à La Haye et des ambitions individuelles.
    • Il y a désormais le FPI d’Affi N’Guessan, le PPA-CI de Laurent Gbagbo, le MGC de Simone GbagboLIDER de Mamadou KoulibalyGPS de Guillaume SoroCOJEP de Blé Goudé, etc. etc.

    Tous ces partis partagent pourtant une matrice commune : celle d’un socialisme panafricaniste, anti-impérialiste, attaché à la souveraineté populaire.

    Le cas Gbagbo : quand la gauche adopte les réflexes de la droite

    Cela traduit une forme d’aveuglement stratégique, mais aussi un refus profond de préparer la relève, de transmettre, d’anticiper, bref… d’être vraiment de gauche

    Une culture de la contestation, pas de l’institution

    La droite ivoirienne, en particulier le RHDP, semble davantage unie. Pourquoi ? Parce qu’elle fonctionne autour d’un pouvoir centralisé, d’un leadership fort (Houphouët, puis Ouattara), et d’une culture de la discipline voire de la loyauté clientéliste. On y débat peu, mais on avance ensemble. C’est une droite de gouvernement, où l’ordre prévaut sur la contestation.

    La gauche, au contraire, peine à devenir une gauche de gouvernement stable. Elle reste prisonnière de sa nature contestataire, de ses pulsions révolutionnaires, et d’un romantisme politique qui valorise la dissidence individuelle plus que la stratégie collective.

    Une pathologie du chef

    La personnalisation du pouvoir est une constante en Afrique. Mais chez les ex-Fescistes, elle prend une tournure presque pathologique. À chaque rupture idéologique ou stratégique, on préfère fonder un nouveau mouvement, plutôt que de construire une alternative au sein du parti d’origine. Chaque chef s’entoure de fidèles, rédige une charte fondatrice, et s’autoproclame président.

    Il ne s’agit plus d’un débat d’idées, mais d’un jeu de positionnements, où l’ego pèse plus que le projet.

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    Pour une gauche de coalition et de transmission

    Si la gauche ivoirienne veut espérer gouverner à nouveau, elle devra dépasser cette culture du morcellement. Elle devra apprendre à créer des coalitions solides, à arbitrer les conflits internes, à valoriser le collectif au détriment des ambitions personnelles. Et surtout, à transmettre : à faire émerger de nouvelles figures, à préparer l’avenir, à déléguer.

    Le peuple de gauche, quant à lui, attend autre chose que des chefs : il attend un projet, une clarté stratégique, une force capable d’incarner l’alternative au système actuel. Trop de petits partis affaiblissent la lisibilité du message et nourrissent la désillusion.

    Le contre-exemple sénégalais : une leçon pour la gauche ivoirienne

    Là où Laurent Gbagbo verrouille sa succession, refusant toute candidature de précaution proposée par Don Mello, pour préserver « l’unité de son camp », un homme comme Ousmane Sonko, au Sénégal, a offert une leçon historique de leadership progressiste et désintéressé. Empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 par une série d’obstacles judiciaires et politiques, il aurait pu cristalliser la lutte autour de son sort personnel, accuser l’État de tous les maux, et boycotter un scrutin biaisé. Il n’en a rien fait.

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    Sonko a préféré l’intelligence politique à l’émotion. Il a choisi de transformer une exclusion individuelle en opportunité collective, en suscitant et en soutenant ouvertement la candidature de son camarade Bassirou Diomaye Faye, jusque-là inconnu du grand public. Ce choix, loin d’être une simple substitution tactique, a été une affirmation politique forte : celle que le projet doit survivre à l’homme, que le combat pour la souveraineté populaire et la justice sociale ne peut être confisqué par un seul nom, aussi emblématique soit-il.

    Certains détracteurs, notamment en Côte d’Ivoire, ont tenté de relativiser cette démarche en arguant que Diomaye Faye n’avait pas à affronter un président sortant. Macky Sall, à la différence d’Alassane Ouattara, avait renoncé à un troisième mandat, facilitant ainsi la transition. Mais cette comparaison, bien que recevable, ne saurait effacer la grandeur du geste de Sonko, ni la maturité stratégique d’un leader qui a su mettre son ego en retrait pour permettre à son camp d’accéder au pouvoir. Une telle posture reste rarissime sur le continent africain, où l’hypercentralisation du leadership étouffe les renouvellements et les transmissions.

    Le duo Sonko-Diomaye est désormais perçu par beaucoup comme un modèle de binôme révolutionnaire, fondé sur la confiance, la complémentarité et l’unité d’action. Ils ont prouvé que l’on pouvait bâtir un mouvement au-delà d’un homme, que la délégation démocratique ne signifie pas abandon, mais transmission. Un acte de foi dans le peuple, dans le collectif, dans l’avenir.

    Ce geste — profondément humaniste, lucide et audacieux — est un exemple politique et moral pour les gauches africaines, y compris en Côte d’Ivoire. Là où beaucoup de chefs dits progressistes refusent de passer le témoin, Sonko a montré que le courage politique, ce n’est pas seulement de résister à l’oppression, mais aussi de savoir s’effacer pour mieux faire triompher la cause.

    Conclusion :
    Le problème de la gauche ivoirienne n’est pas d’avoir trop de leaders, mais de n’avoir pas encore appris à faire de la place aux autres dans un même projet. Il est temps de passer de l’héritage de la FESCI à une vraie culture politique de gauche : inclusive, structurée, solidaire, et surtout capable de préparer sa propre succession.

    Alexis Gbanse Douade

  • 𝐃𝐞́𝐜𝐥𝐚𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐍°𝟎𝟏𝟑-𝟐𝟎𝟐𝟓 𝐝𝐞 𝐆𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐏𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬 𝐒𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 (𝐆𝐏𝐒) 𝐫𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 / »𝐀𝐥𝐢𝐧𝐨 𝐅𝐚𝐬𝐨: GPS s’interroge : s’agit-il d’un suicide ou d’un crime d’État maquillé en suicide »?

    𝐃𝐞́𝐜𝐥𝐚𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐍°𝟎𝟏𝟑-𝟐𝟎𝟐𝟓 𝐝𝐞 𝐆𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐏𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬 𝐒𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 (𝐆𝐏𝐒) 𝐫𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 / »𝐀𝐥𝐢𝐧𝐨 𝐅𝐚𝐬𝐨: GPS s’interroge : s’agit-il d’un suicide ou d’un crime d’État maquillé en suicide »?

    𝐃𝐞́𝐜𝐥𝐚𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐍°𝟎𝟏𝟑-𝟐𝟎𝟐𝟓 𝐝𝐞 𝐆𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐏𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬 𝐒𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 (𝐆𝐏𝐒) 𝐫𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 – 5 août 2025 À l’occasion de sa réunion hebdomadaire du samedi 02 août 2025, le Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS) a procédé à l’analyse de l’actualité socio-politique internationale et nationale en portant un intérêt tout particulier aux points suivants :

    𝐃𝐞 𝐥𝐚 𝐦𝐨𝐫𝐭 𝐬𝐮𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐌. 𝐀𝐥𝐚𝐢𝐧 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐨𝐩𝐡𝐞 𝐓𝐫𝐚𝐨𝐫𝐞́, 𝐚𝐥𝐢𝐚𝐬 𝐀𝐥𝐢𝐧𝐨 𝐅𝐚𝐬𝐨

    Le Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS) a appris, avec consternation, la mort tragique et suspecte de M. Alain Christophe Traoré, plus connu sous le nom d’Alino Faso, survenue le 24 juillet 2025 dans les geôles de l’école de gendarmerie d’Abidjan, après plus de six mois de détention sans jugement. Alino Faso, citoyen burkinabè, activiste panafricain engagé et soutien déclaré des régimes de rupture en Afrique de l’Ouest, a été arrêté à Abidjan le 10 janvier 2025. Depuis lors, il était détenu au secret, sans accès à une procédure judiciaire régulière, sans procès, sans condamnation, en violation manifeste des règles élémentaires de droit et des conventions internationales garantissant le respect de la dignité humaine. Les autorités ivoiriennes, dans un communiqué aussi tardif que laconique, avancent la thèse d’un suicide trois jours après les faits. Cette version, contestée par la famille de la victime, par de nombreux observateurs, par des organisations de la société civile et par les autorités burkinabè elles-mêmes, suscite la plus grande perplexité. Comment un homme jeune, non malade, détenu dans un centre réputé hautement sécurisé, pourrait-il, sans assistance ni complicité, se donner la mort par pendaison et par mutilation simultanée ? La question reste entière. Le doute demeure immense car pour nous les mobiles du décès ne sauraient être la simple détresse d’un activiste aguerri. Le Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS) s’interroge : s’agit-il d’un suicide ou d’un crime d’État maquillé en suicide ? Les zones d’ombre qui entourent cette affaire, l’absence de transparence dans la communication officielle, le retard volontaire dans la notification à la famille et aux autorités burkinabè, et le contexte politique de plus en plus répressif en Côte d’Ivoire, nourrissent les plus vives inquiétudes. À travers la figure d’Alino Faso, c’est la liberté d’opinion, la souveraineté africaine, et l’esprit même de la dissidence démocratique qui sont attaqués. Le Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS) : 1. condamne fermement la mort suspecte d’un citoyen africain détenu sans jugement sur le sol ivoirien, et tient les autorités ivoiriennes pour politiquement responsables de ce drame. 2. apporte tout son soutien au peuple burkinabè, à la famille de la victime et aux voix panafricaines qui exigent vérité et justice. 3. s’associe à la demande légitime d’une enquête internationale indépendante, afin d’élucider sans délai les circonstances réelles de la mort d’Alino Faso. 4. Interpelle la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains, la CEDEAO et l’Union africaine, pour qu’aucune impunité ne soit tolérée face à ce qui s’apparente à une exécution extrajudiciaire. 5. Avertit solennellement le régime d’Abidjan que la répression ne fera jamais taire l’aspiration des peuples d’Afrique de l’Ouest à la liberté, à la dignité et à l’alternance démocratique.

    𝐃𝐞 𝐥’𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐝𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐧𝐢𝐟𝐞𝐬𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐥’𝐨𝐩𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 : 𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐥 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐛𝐞𝐫𝐭𝐞́𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐂𝐨̂𝐭𝐞 𝐝’𝐈𝐯𝐨𝐢𝐫𝐞

    Annoncée pour le 2 août 2025, la marche pacifique du front commun conduite par le PPA-CI et le PDCI-RDA, a été annulée par le préfet d’Abidjan pour des raisons relatives à l’indisponibilité des forces de l’ordre pour l’encadrement de ladite marche. Cette annulation ressemble à une interdiction d’autant plus que le communiqué du préfet ne fait en aucun cas d’un report. Cette situation fait craindre légitimement un durcissement de la répression dans un contexte socio-politique marqué par la volonté du régime RHDP d’étouffer toute tentative de revendication de l’opposition. Ce n’est plus un secret pour l’opinion nationale et internationale que le régime d’Abidjan met au quotidien en péril les libertés publiques en Côte d’Ivoire. Dans cette période préélectorale très sensible, Générations et Peuples Solidaires (GPS) réitère son appel à la communauté internationale et aux organisations des droits de l’homme à l’effet d’aider le peuple ivoirien à ne pas retomber dans la violence du passé. Il est clair que face à l’oppression, le peuple n’aura plus d’autre choix que de se lever et faire front, si l’on ne fait rien. Générations et Peuples Solidaires (GPS) appelle de nouveau l’opposition à surmonter la questions des ego pour privilégier l’intérêt national à travers un véritable rassemblement de toute l’opposition. Il n’y a que dans l’unité que nous viendrons à bout des dérives du régime RHDP. Le peuple ivoirien nous regarde, l’Histoire nous observe.

    𝐃𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐚𝐧𝐝𝐢𝐝𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐢𝐧𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐌. 𝐀𝐥𝐚𝐬𝐬𝐚𝐧𝐞 𝐎𝐮𝐚𝐭𝐭𝐚𝐫𝐚 𝐚̀ 𝐮𝐧 𝐪𝐮𝐚𝐭𝐫𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐝𝐚𝐭 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥

    Le Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS) a pris connaissance avec indignation, de l’annonce faite par M. Alassane Ouattara, président sortant, ce mardi 29 juillet 2025, de se porter candidat à un quatrième mandat présidentiel à l’occasion du scrutin prévu le 25 octobre prochain. Cette décision, inique et manifestement inconstitutionnelle, marque un nouveau franchissement de seuil dans la dérive autoritaire d’un régime qui ne s’embarrasse plus ni de légitimité, ni de principes, ni même de la décence élémentaire qu’impose l’exercice du pouvoir. En choisissant de braver ouvertement l’esprit et la lettre de la Constitution ivoirienne, M. Alassane Ouattara confirme ce que tous les Ivoiriens lucides savent depuis longtemps : la démocratie ivoirienne n’est plus qu’un simulacre ; le régime en place n’est plus qu’une dictature sans masque. Déjà, en 2020, en s’abritant derrière le décès de son dauphin pour justifier un troisième mandat illégal, M. Ouattara avait bafoué sa parole d’honneur, violé l’ordre constitutionnel et trahi l’esprit républicain. Aujourd’hui, sans même la façade d’un argumentaire cohérent, il récidive, prenant en otage tout un peuple, verrouillant le jeu politique, étouffant les voix dissidentes, et procédant à l’exclusion systématique des figures majeures de l’opposition par des manœuvres judiciaires grossières et politisées. Cette nouvelle candidature de M. Ouattara constitue une imposture politique, une violation délibérée de l’État de droit, et une provocation dangereuse à l’endroit du peuple ivoirien. Le Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS) : – réprouve avec force la tentative de légitimer une candidature manifestement inconstitutionnelle, moralement indéfendable et politiquement périlleuse pour l’unité nationale ; – dénonce cette manœuvre comme une agression frontale contre la souveraineté populaire, une insulte à la mémoire des luttes démocratiques ivoiriennes, et une négation flagrante du droit des citoyens à choisir librement leurs dirigeants ;

    – appelle toutes les forces démocratiques, les partis politiques, les organisations de la société civile, les confessions religieuses, les syndicats, les femmes, les jeunes, les anciens, les prisonniers de conscience, les exilés, les invisibles et les oubliés, à se lever, à dire non à la résignation, et à s’engager résolument, dans la paix et la dignité, contre cette tentative éhontée de confiscation du pouvoir ; – Réaffirme son attachement indéfectible à la souveraineté du peuple, au respect scrupuleux de la Constitution et à l’alternance démocratique comme socle de toute République digne de ce nom. À ce moment crucial de notre histoire, le silence serait une trahison, la peur une complicité. Le peuple ivoirien, dans sa sagesse, son courage et sa mémoire, ne peut ni courber l’échine ni détourner les yeux. Il doit se tenir debout, fidèle à sa tradition de dignité et de résistance, pour défendre, par tous les moyens pacifiques, constitutionnels et citoyens, sa liberté menacée et sa souveraineté confisquée. Le Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS) tient à réaffirmer, avec détermination, son engagement constant aux côtés du Président Guillaume Kigbafori Soro et de tous ceux qui œuvrent, dans l’honneur, l’abnégation et la foi républicaine, au rétablissement d’un ordre politique juste, inclusif et démocratique pour la Côte d’Ivoire.

    Fait à Abidjan, le 05 août 2025.

    𝐋𝐞 𝐂𝐚𝐝𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐫𝐞𝐢𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐆𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐏𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬 𝐒𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 (𝐆𝐏𝐒).

  • CÔTE D’IVOIRE : LA MARCHE DU FRONT COMMUN PDCI-PPA-CI « AUTORISÉE PAR LES AUTORITÉS »

    CÔTE D’IVOIRE : LA MARCHE DU FRONT COMMUN PDCI-PPA-CI « AUTORISÉE PAR LES AUTORITÉS »

    La marche projetée par le Front commun PDCI-PPA-CI pour le samedi 9 août 2025 a été officiellement autorisée par les autorités ivoiriennes, a annoncé Dia Houphouët dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

    « La marche a été autorisée. Il ne reste plus qu’à connaître les détails de l’itinéraire, qui seront précisés ce mercredi », a déclaré le vice-président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Il a tenu à souligner qu’il s’agira d’« un meeting pacifique ». Dia Houphouët s’est exprimé en compagnie de son conseiller spécial, Samba David, ancien activiste de la société civile.

    Profitant de cette prise de parole, le député de Yopougon a formellement démenti l’information selon laquelle sa résidence aurait été encerclée par des hommes encagoulés dans la nuit du lundi au mardi. « On est à la maison, tout va bien », a-t-il rassuré.

    Une marche à forte portée politique

    Initiée par le Front commun PDCI-PPA-CI, cette mobilisation s’inscrit dans un contexte politique tendu, à moins de deux mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Plusieurs figures majeures de l’opposition – dont Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro et Tidjane Thiam – ont été exclues du processus électoral, en raison de décisions judiciaires jugées controversées.

    Les deux principaux partis d’opposition, le PPA-CI et le PDCI-RDA, dénoncent ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques

    Les deux principaux partis d’opposition, le PPA-CI et le PDCI-RDA, dénoncent ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Ils réclament des conditions garantissant un scrutin crédible, transparent et inclusif. Parmi leurs principales revendications figurent : la réintégration des personnalités radiées de la liste électorale ;la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) ;la révision de la liste électorale ; et l’opposition à une éventuelle candidature du président Alassane Ouattara pour un quatrième mandat.

    Cette marche devrait donc constituer un moment clé dans la mobilisation de l’opposition face à un processus électoral qu’elle juge biaisé.


  • Contribution : La marche du 9 août et le montage catastrophique des violences du 18 février 1992 par Docteur Ben ZAHOUI-DÉGBOU

    Contribution : La marche du 9 août et le montage catastrophique des violences du 18 février 1992 par Docteur Ben ZAHOUI-DÉGBOU

    Des violences sont survenues, à Yopougon, dans la nuit du vendredi au samedi (1er -2 août 2025). Située au nord d’Abidjan, Yopougon est la plus grande commune de Côte d’Ivoire avec environ deux (2) millions d’habitants. Elle est considérée, à juste titre, comme le bastion du Président Laurent Gbagbo, même si Adama Bictogo du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), parti au pouvoir, y a fièrement remporté, « par la fraude », la dernière élection municipale du 2 septembre 2023. Cette victoire du Président Adama Bictogo a été appuyée et légitimée par une mésentente incompréhensible, entre les Honorables Dia Houphouët du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, section du Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA) et Michel Gbagbo, du Parti des Peuples Africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI). Il faut noter que ces deux partis s’étaient entendus pour trouver des consensus autour des candidatures à ces municipales.

    Bref, aujourd’hui, grâce à Dieu, ils ont mis  en place un  Front commun qui a d’ailleurs reporté sa grande marche du 2 au 9 août prochain. Le RHDP, le parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, tremble déjà, depuis l’annonce de cette manifestation qui attend au moins un million de personnes. Et les récents événements de Yopougon qui sentent une cabale mal ficelée, sont un signe évocateur de la panique du régime en place à Abidjan. En effet, une bande de personnes dont certaines encagoulées, armées de machettes, de gourdins, de pistolets, et de cocktails incendiaires, ont mis le feu à un bus de la Société des Transports Abidjanais (SOTRA). Cette bande apparemment surchauffée a également attaqué un véhicule de la Police Nationale, molestant ses occupants.

    Nous avons visionné dix fois, les images relatives à ces événements de Yopougon, devenues virales sur les réseaux sociaux et à la déclaration à la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) de l’un des prévenus qui, visiblement, lisait un texte. Nous en avons fait une analyse sémiologique dont le Professeur Jules Gritti (1924-1998) nous a enseigné la méthodologie, il y a quarante ans. Cette analyse favorisée par la floraison des images, nous conduit indubitablement à un grossier « montage » qui rappelle la marche de l’opposition du 18 février 1992, conduite par le  Front Populaire Ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, alors, Secrétaire Général de ce parti. Pour les jeunes générations, il convient vivement de revenir, une fois encore, en arrière et d’expliquer, un tout petit peu, ce qui s’est passé ce jour du 18 février 1992.

    Et bien, en l’absence du Président Houphouët-Boigny en voyage privé en France, Alassane Dramane Ouattara, Premier Ministre, depuis seulement un an, voulait brûler la Côte d’Ivoire en faisant éliminer Laurent Gbagbo.   Déjà, à cette époque, au-delà du Président Henri Konan Bédié, le Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara, voyait en Laurent Gbagbo, un autre adversaire politique, plus coriace que le Sphinx de Daoukro, qui pouvait l’empêcher d’atteindre ses objectifs de prise de pouvoir après la mort du « Vieux » qu’il voyait venir. En effet, il savait le président Houphouët très malade. Sûr de ses soutiens au plan international, pour lui, le Président Henri Konan Bédié, le dauphin constitutionnel, ne représentait aucun danger. Son problème, c’était Laurent Gbagbo.

    Le Premier Ministre ADO avait décrété un black-out total sur la marche du Front Populaire Ivoirien (FPI).

    A propos de la marche du 18 février 1992, dans le plan funeste d’ADO, la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) et tous les médias étrangers devaient rester très loin du Plateau, le théâtre des opérations. Le quartier phare de la ville d’Abidjan, avait été bouclé par des militaires et policiers acquis à la cause du Chargé de Missions des Institutions de Breton Woods. Dans l’exécution de sa stratégie d’élimination de Laurent Gbagbo, il avait lui-même donné, à travers Auguste Miremont, Ministre de la Communication, des instructions fermes aux responsables de la maison bleue, pour un black-out total sur cette manifestation constitutionnelle de l’opposition.

    Pour le Héros du « Didiga » qui est, aujourd’hui, à la tête de notre pays, depuis déjà quinze (15) ans, c’était clair, il ne devait avoir aucune image sur cette marche et l’assassinat de Laurent Gbagbo. Elle était, cette manifestation de protestation de l’Opposition, il faut le dire, la matérialisation sur le terrain, des  libertés individuelle et collective dans la démocratie naissante en 1992, dans notre pays qui avait retrouvé le multipartisme deux ans plutôt. D’ailleurs, selon Guy Groux, Directeur de recherches, au Centre de Recherches Politiques de Sciences Po (CEVIPOF) et Jean-Marie Pernot, Chercheur à l’Institut de Recherches Économiques et Sociales  (IRES)  « le rôle de la manifestation tient en peu de mots. Partie prenante de l’expression démocratique, notamment de la démocratie directe, la manifestation vise à influer sur l’opinion, à influencer le pouvoir politique et, ce faisant, à contribuer à la naissance de politiques publiques menant à la satisfaction des revendications qu’elle exprime ».

    Pour rappel, la manifestation du 18 février 1992, faisait suite à une descente très musclée des forces de l’ordre à la cité universitaire de Yopougon. Il y avait eu des dégâts matériels et physiques, des étudiantes avaient été violées  Le parti de Laurent Gbagbo, exigeait à juste titre des enquêtes pour faire la lumière sur le massacre des étudiants. Le Gouvernement avait ouvert une enquête, mais n’avait pris aucune sanction contre le Général Gueï Robert, Chef d’État Major et ses hommes qui avaient fait une intrusion illégale et violente sur un campus universitaire. Le manque de sanction de la part du Gouvernement, dirigé à l’époque par Alassane Dramane Ouattara, avait conduit, justement, le FPI et plusieurs organisations de la Société civile, à lancer une marche de protestation ce 18 février 1992.

    Normalement, elle devait faire, l’objet d’une couverture médiatique de la part de la RTI (Radiodiffusion Télévision Ivoirienne). Mais, le Premier Ministre de l’époque, Alassane Dramane Ouattara, avait décrété un black-out total. Sur la base d’une instruction du Président Houphouët-Boigny, venant de Paris,  contraire à ce black-out de ADO, nous avions couvert la marche du FPI contre la volonté de la hiérarchie de la RTI et de Monsieur Sidia Touré, Directeur de Cabinet, à l’époque,  du Premier Ministre Ouattara.

    Sans entrer dans les détails, nous avions été largement briffé, sur ce qui allait se passer ce jour mémorable du 18 février 1992, par  un envoyé du « Vieux » qui vit encore. Le théâtre des opérations se situait au Plateau. Une fois dans ce quartier d’affaires, mon équipe et moi-même, sommes rendus directement au Palais de justice pour attendre le premier acte du scénario de la cabale contre  Laurent Gbagbo. Il savait qu’il courait un grand danger. Son ex-épouse, Simone Ehivet Gbagbo, l’a confirmé dans un documentaire. Le jour de la manifestation, le Leader du FPI et ses amis marcheurs, étaient encore devant la mairie d’Adjamé, quand les loubards de service, transportés par trois minicars, ont commencé à brûler sous nos yeux, une trentaine de voitures devant le Temple de Thémis. Ils avaient des boites d’allumettes et des petits sachets, pleins d’essence, qu’ils mettaient dans les voitures après avoir cassé les vitres.

    La voiture de commandement de Laurent Gbagbo, des véhicules devant le Palais de justice et dans le parking au sous-sol de la BAD, avaient été brulés.

    Le spectacle était horrible et digne d’un film de fiction. Les deux membres de mon équipe de reportage que nous n’avions pas briffés au préalable,  ne comprenaient absolument rien à ce qui se passait sous leurs yeux. Très courageux, ces deux Messieurs que nous saluons au passage, ne faisaient que leur travail. Ils avaient réussi à filmer  tout ce qui s’était passé au Plateau, ce jour mémorable du 18 février 1992. Le feu avait créé un grand cafouillage devant le Palais de justice où des membres de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), interdite par ADO comme aujourd’hui, allaient être jugés. Les casses dans les rues du Plateau et le feu dans le parking du sous sol de la Banque Africaine de Développement (BAD), le véhicule de commandement de Laurent Gbagbo et ceux qui y avaient mis le feu, l’immeuble où il avait été mis à l’abri par des Gendarmes, et sa sortie avec eux, tout avait été discrètement filmé.

    Après une courte discussion avec le chef des Gendarmes qui nous avait protégés pendant les prises de vues, un Capitaine dont nous taisons volontairement le nom, mes deux compagnons avaient pu  terminer de prendre les images dans tous les endroits prévus dans le plan du gros montage. Visiblement nous avions affaire à des Gendarmes qui avaient reçu l’ordre de sauver Laurent Gbagbo et de nous protéger. Ils avaient compris très rapidement les raisons de notre présence en ces lieux. Nous étions les seules à avoir les images relatives à cette marche du 18 février 1992.

    Le même jour, vers 23 heures, nous avions fait parvenir au « Vieux » les copies en cassettes VHF, du gros montage d’ADO, sur les prétendues casses du Secrétaire Général du FPI et de ses camarades qu’il disait avoir pris « en flagrant délit de destruction » avec des machettes, des gourdins et des armes à feu. Dans ce sens, Laurent Gbagbo, Secrétaire Général du FPI et son épouse d’alors Simone, les Professeurs René Dégny-Ségui, Président de la Ligue des Droits de l’Homme, Francis Wodié, Secrétaire Général du Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT), également Député, ainsi que trois cents (300) manifestants avaient été arrêtés  et conduits dans le camp de la Gendarmerie d’Agban à Abidjan. Ils avaient été ensuite transférés à la MACA pour deux ans de prison ferme.  Le Leader du FPI et ses camarades avaient été graciés par le Président Houphouët, après six mois de prison à Yopougon.

    Cette grande banlieue, au nord d’Abidjan est malheureusement, depuis le 2 août dernier, ceci après 33 ans, le théâtre d’une nouvelle cabale du même ADO, aujourd’hui Président de la République. Comme en 1992, le scénario est classique, la FESCI (Fédération Estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire) est en ce moment interdite. Il veut interdire par tous les moyens les manifestations politiques sur toute l’étendue du territoire national. Les embrouilles de Yopougon rentrent dans cet objectif. La marche du Front commun (PDCI-RDA et PPA-CI), reportée et prévue pour le samedi prochain (9 août 2025), est naturellement visée. Elle pourrait être définitivement annulée.

    Des militants du Parti des Peuples Africains (PPA-CI) ont été enlevés, à leurs domiciles, par des encagoulés.

    En effet, suite à un montage qui rappelle étrangement, les événements du 18 février 1992, des militants du PPA-CI dont Pascale Zaholy, Députée suppléante de Yopougon, Kado Gnegbré, Josué Kouamé, Kouassi Brou, Éric Kogo, Fofana Souleymane et Zoh Inza, ont été enlevés à leurs domiciles et conduit manu militari vers des destinations inconnus.

    Le Professeur Sébastien Dano Djédjé, Président Exécutif du PPA-CI a condamné  fermement les actes de violence qui ont eu lieu à Yopougon et a exprimé sa compassion aux victimes. Pour lui, cette  manipulation est faite pour que la marche que prévoit le Front commun PPA-CI–PDCI-RDA, le 9 août 2025, ne puisse pas avoir lieu. « On ne peut pas nous dire ici que ce sont les militants du PPA-CI qui ont manifesté, incendié le bus et saccagé le véhicule de police. Nos militants, jusqu’à preuve du contraire, ne sont pas concernés par cette agression », a affirmé le Président Exécutif du PPA-CI. Au cours d’une conférence de Presse, il a dénoncé avec la plus grande fermeté ces pratiques, qu’il juge « anticonstitutionnelles, héritées du passé sombre de notre pays, qui confirment que le régime RHDP persiste dans ses méthodes d’intimidation et de répression politique ».

    Évidemment que la sorties des microbes à Yopougon reflète parfaitement les méthodes du parti au pouvoir qui sont d’un autre âge. De toutes les façons, quel parti politique a-t-il l’habitude d’utiliser des machettes, des gourdins, des pistolets artisanaux et des fusils calibres 12, à canon scié dans les marches depuis que le Héros du « Didiga » a fait son entrée sur la scène politique ivoirienne ? Aujourd’hui les choses ont changé. Tout le monde peut prendre des images avec son téléphone portable. Il conviendrait vivement pour les « idéologues et stratèges » du RHDP, d’harmoniser leurs méthodes de manipulations, avec le nouvel environnement numérique, en embauchant de vrais scénaristes et réalisateurs. Grand merci à ceux qui ont mis en images le show, mal monté, des microbes de Mossikro, à travers les rue de Yop City.

    Le Procureur de la République du Tribunal de première d’Abidjan-Plateau, devrait en principe s’en inspirer pour identifier les vrais auteurs de la manifestation controversée dans la nuit du 2 août, dans la commune du Maire Adama Bictogo. Ce dernier doit, normalement, des explications à ses administrés et au Gouvernement. Les agissements du parti-État (RHDP) qui sont aux antipodes des pratiques démocratiques, reflètent largement, le comportement narcissique du Héros du « Didiga ». Celui-ci dans sa toute-puissance, a exclus du processus électoral, les grands Leaders de l’Opposition significative en occurrence, le Président Laurent Gbagbo, les Ministres Tidjane Thiam, Soro Guillaume et Charles Blé Goudé.

    Aujourd’hui, il est  le seul en lice, issu de l’un des trois plus grandes formations politiques en Côte d’Ivoire, pour briguer un 4ème mandat anticonstitutionnel. D’après des bruits des couloirs présidentiels où nous avons encore des amis qui mangent avec des « bavoirs », oubliant leur passé, l’arrière-arrière-arrière petit-fils de l’empereur Sékou Oumar Ouattara (1665-1745), est très angoissé en ce moment par le projet du Front commun qui veut prendre la rue le 9 août prochain. Il connaît très bien les forces du PDCI-RDA et du PPA-CI. Ce sont des poids lourds !

    Persécuté par cette réalité palpable et aussi, par son super ego tyrannique, le Héros du « Didiga » continue toujours de se martyriser lui-même, dans le Fauteuil où sont passés successivement avant lui, de Grands Ivoiriens. Il s’agit de Félix Houphouët-Boigny, d’ Aimé Henri Konan Bédié, du Général Gueï Robert et de Koudou Laurent Gbagbo, son seul bienfaiteur dont la forte aura trouble toutes les nuits son sommeil. Il est envahi par l’esprit de vengeance et lutte en permanence contre le pardon. C’est plus fort que lui. Et pourtant Jésus-Christ de Nazareth prévient clairement « Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes » (Mathieu 6 : 14-15). Nous ne gagnons pas le pardon de Dieu en pardonnant, mais Dieu s’attend à ce que ceux qui ont été pardonnés pardonnent en retour. Le Président ADO qui a été pardonné par le Président Laurent Gbagbo, à travers un décret qui l’a mis là, où il est aujourd’hui, devrait en retour lui être reconnaissant.

    Il gagnerait beaucoup en amnistiant ses Opposants et en acceptant un Dialogue direct pour aller à une élection présidentielle inclusive, juste et transparente.  Peut-être, ne sait-il pas que dans leurs diversités tribales apparentes trompeuses, les vrais Éburnéens du Sud, du centre, de l’Ouest, de l’Est et du Nord, qui vivent ensemble depuis au moins un siècle, connaissent parfaitement les limites  à ne pas franchir dans les règles informelles de leur cohabitation. Le Président ADO est en train de dépasser les limites du tolérable. Les Ivoiriens attendent toujours la bonne nouvelle. Il reste encore 3 mois pour prendre une bonne décision et sortir par la Grande Porte. Dieu le Père Tout-Puissant protège la Côte d’Ivoire, notre riche et beau pays et exauce nos prières.

    Docteur Ben ZAHOUI-DÉGBOU, Géographe-Journaliste, Spécialiste de Géopolitique et Commerce International    (Investissement Directs Étrangers – IDE – et Développement).Masterant en Théologie, BIBLEDOC, Institut de Théologie. P.O. BOX 118 STAFFORD, VA – USA

  • LA MARCHE DU 9 AOÛT N’IRA PLUS DE MARCORY IBIS AU PLATEAU

    LA MARCHE DU 9 AOÛT N’IRA PLUS DE MARCORY IBIS AU PLATEAU

    Prévue à Marcory, la marche du Front commun PPA-CI–PDCI aura finalement lieu à Yopougon, le 9 août, avec l’accord du préfet d’Abidjan. Les revendications politiques restent inchangées.

    Initialement prévue entre Marcory Ibis et la place de la République au Plateau, la marche pacifique du Front commun PPA-CI – PDCI prévue pour le samedi 9 août 2025 à Abidjan aura finalement lieu dans la commune de Yopougon, ont annoncé ce mardi 5 août 2025 des responsables des deux formations d’opposition.

    Un nouveau périmètre

    À l’issue d’une réunion avec le préfet d’Abidjan et des représentants des forces de sécurité, les organisateurs ont confirmé l’autorisation de la marche, dans un nouveau périmètre. « L’itinéraire arrêté par le gouvernement et les partis politiques du Front commun partira de Saguidiba à Figayo », a précisé Jean Likane Yagui, député du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), dans une déclaration à la presse.

    « C’est une marche pour démontrer qu’une bonne partie de la population, sinon la majorité des Ivoiriens, souhaite que le gouvernement et les partis politiques s’asseyent pour un dialogue politique franc », a-t-il ajouté, insistant sur le caractère pacifique de l’initiative.

    Son collègue Auguste Dago, député du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), a également confirmé l’accord obtenu. « Nous demandons à tout le monde de se mobiliser à partir de maintenant pour que nous soyons nombreux à cette marche du 9 août », a-t-il déclaré.

    Revendications inchangées

    L’événement, prévu initialement le 2 août, avait été reporté à la demande des autorités, invoquant un manque de forces de sécurité en raison de la Fête de l’indépendance célébrée à Bouaké.

    Dans un climat politique tendu à moins de trois mois de la présidentielle d’octobre, le Front commun PPA-CI – PDCI entend, à travers cette marche, alerter sur les conditions d’organisation du scrutin. Parmi ses principales revendications figurent la réintégration de plusieurs leaders politiques écartés du processus électoral – notamment Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé et Noël Akossi Bendjo – ainsi qu’une réforme de la Commission électorale indépendante (CEI).

    Lire aussi: Côte d’Ivoire : Quatre cadres du PPACI, dont Damana Pickas et Blaise Lasme, convoqués à la Préfecture de Police d’Abidjan

    Les deux partis réclament également une révision de la liste électorale, un audit indépendant, et la proclamation des résultats bureau par bureau, en conformité avec le Code électoral.

    Jusqu’à présent, le gouvernement ne s’est pas exprimé publiquement sur ces revendications.

    Samuel KADIO

  • Côte d’Ivoire : Quatre cadres du PPACI, dont Damana Pickas et Blaise Lasme, convoqués à la Préfecture de Police d’Abidjan

    Côte d’Ivoire : Quatre cadres du PPACI, dont Damana Pickas et Blaise Lasme, convoqués à la Préfecture de Police d’Abidjan

    Quatre responsables du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPACI) ont été convoqués par la Préfecture de Police d’Abidjan, selon une note administrative consultée par Abidjan.net ce mardi 5 août 2025.

    Les personnalités concernées sont Damana Adia Pickas, Blaise Lasme, Koua Justin et Dahi Nestor, tous proches de l’ancien président Laurent Gbagbo. La note, signée par un commissaire de police, indique qu’ils doivent se présenter au Service des Enquêtes Générales de la Préfecture de Police, situé sur la route d’Abobo, après le carrefour MACACI.

    Bien que le motif exact de cette convocation ne soit pas précisé, le document stipule que les intéressés sont tenus de se présenter accompagnés de leur Conseil (Avocat), en application de l’article 90 nouveau du Code de Procédure Pénale (CPP).

    Cyprien K.