Auteur/autrice : iciabidjan

  • Refus d’un autre recensement – La CEI veut-elle écarter Tidjane Thiam des législatives ?

    Refus d’un autre recensement – La CEI veut-elle écarter Tidjane Thiam des législatives ?

    Le refus d’un nouveau recensement électoral avant le 27 décembre relance les soupçons de manœuvres politiques

    La Commission électorale indépendante (CEI) a affirmé, hier, qu’il était impossible d’organiser un nouveau recensement électoral avant les élections législatives du 27 décembre 2025. Officiellement, l’institution invoque des délais techniques trop courts et la nécessité de respecter le calendrier électoral. Mais cette décision, loin d’éteindre les polémiques, alimente de nouvelles interrogations dans le paysage politique ivoirien.

    Derrière l’argument logistique avancé par la CEI, certains observateurs voient poindre une inquiétude : celle de l’exclusion de facto de figures de l’opposition, et en particulier de Tidjane Thiam, président du PDCI, dont la montée en puissance électorale s’appuie largement sur de nouveaux électeurs mobilisés ces derniers mois. En l’absence d’un recensement supplémentaire, ces primo-votants et sympathisants risquent de ne pas figurer sur la liste électorale.

    L’opposition, qui dénonce depuis des années un fichier électoral jugé incomplet, biaisé et peu représentatif de la démographie réelle, avait fait du recensement une revendication centrale. Un élargissement du corps électoral aurait, selon plusieurs analystes, offert un avantage stratégique au PDCI et aux autres forces hostiles au RHDP.

    En choisissant de maintenir coûte que coûte la date du 27 décembre, la CEI donne l’image d’une institution davantage préoccupée par le respect du calendrier que par l’inclusivité et la transparence du processus. Une posture que certains interprètent comme un verrouillage politique destiné à limiter la percée de l’opposition, au moment où Tidjane Thiam et ses alliés comptaient capitaliser sur la dynamique née de la présidentielle.

    Dès lors, une question brûle toutes les lèvres : la décision de la CEI relève-t-elle d’un simple impératif technique ou s’agit-il d’une manœuvre politique savamment orchestrée pour contenir l’opposition et freiner la montée du PDCI ?

  • RÉVISION “IMPOSSIBLE’’ DE LA LISTE ÉLECTORALE : LE FPI ET LE PDCI RÉAGISSENT

    RÉVISION “IMPOSSIBLE’’ DE LA LISTE ÉLECTORALE : LE FPI ET LE PDCI RÉAGISSENT

    L’annonce du président de la Commission électorale indépendante (CEI) d’organiser les prochaines élections législatives le 27 décembre 2025 continue d’alimenter les débats en Côte d’Ivoire.

    A un peu plus de deux mois de l’élection présidentielle qui continue de cristalliser le climat politique, Kuibiert Ibrahime Coulibaly, a annoncé que les législatives se tiendraient avant la fin de l’année.

    En plus, le président de la CEI, évoquant des “contraintes constitutionnelles et opérationnelles’’, a précisé qu’il était “impossible’’ pour son institution de procéder à une nouvelle révision de la liste électorale avant ce scrutin.

    Pour le Front populaire ivoirien (FPI, opposition) de Pascal Affi N’guessan, ce n’est ni plus ni moins qu’une “violation assumée de l’article 6 du code électoral qui impose une révision annuelle de ladite liste’’.

    Pointant une “mixture d’incompétence et d’irresponsabilité’’, le FPI dénonce un “manque de transparence de la CEI’’.

    Dans la déclaration, signée par son secrétaire général, Barthélémy Gnepa, le FPI conclu qu’il n’est point pertinent d’organiser les législatives le 27 décembre au regard du climat politique actuel.

    Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principal parti de l’opposition, a également réagi à cette annonce de la CEI.

    Lors d’un échange par visioconférence avec des militants, le Porte-parole de ce parti, Brédoumy Soumaila, accuse la CEI de refuser de donner “l’opportunité’’ au président du PDCI, Tidjane Thiam, “de se faire élire’’

    “On ne veut même pas donner l’occasion au Président Thiam d’être un élu local ni un député parce que chaque fois qu’on va pouvoir faire la révision, il va s’inscrire. Il peut être député donc on ne veut même pas lui permettre d’avoir l’opportunité de se faire élire en Côte d’Ivoire’’, a-t-il accusé.

    Malgré tout, le porte-parole du PDCI exclue toute idée de boycott des législatives.

    “Personne n’a dit que le PDCI va faire la chaise vide pour les législatives. Si nous gagnons la présidentielle, la population va nous aider en nous donnant la majorité à l’Assemblée nationale’’

    Serge Alain Koffi

  • Drame à Attécoubé : la Gendarmerie dément que la victime soit l’un des siens

    Drame à Attécoubé : la Gendarmerie dément que la victime soit l’un des siens

    Dans la nuit du 14 au 15 août 2025, un homme a été tué par balle dans le quartier Opéra à Attécoubé, sur fond de conflit sentimental.

    Alors que des rumeurs l’annonçaient comme un gendarme, la Gendarmerie nationale a démenti, affirmant qu’il ne figure pas dans ses effectifs.

    La commune d’Attécoubé a été secouée par un drame dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 août 2025. Vers 23 h 30, un homme a été abattu par balle dans le quartier Opéra.

    Selon la Brigade d’Attécoubé, l’auteur présumé des faits serait KONE Aboubacar, fonctionnaire de la Police nationale en service au Groupement mobile d’intervention (GMI) de Cocody.

    Cet agent, ancien compagnon de Mlle KOUAME Adjoua Parfaite, aurait ouvert le feu sur BOHOUSSOU Jaurès Famien, né le 22 novembre 1991 à Yopougon, après une violente altercation liée à une crise de jalousie.

    La victime est décédée sur place. Son corps a été transporté à la morgue de l’Ivosep d’Adjamé par les services compétents.

    Des informations diffusées sur les réseaux sociaux ont affirmé que la victime était un gendarme. Dans un communiqué, la Gendarmerie nationale a démenti ces allégations, précisant qu’après vérifications, BOHOUSSOU Jaurès Famien ne figure pas dans ses effectifs.

    Elle appelle l’opinion publique à la retenue et rappelle que la diffusion d’informations non vérifiées engage la responsabilité de leurs auteurs.

    Une enquête a été confiée au Commissariat du 10ᵉ arrondissement pour faire la lumière sur les circonstances exactes du drame.

    Didier ASSOUMOU

  • Gabon | « Chômage : l’ennemi, c’est l’étranger »

    Gabon | « Chômage : l’ennemi, c’est l’étranger »

    Un poème-pamphlet pour dénoncer la fermeture du Gabon aux travailleurs étrangers et le reniement du rêve panafricain.

    Par Simplice Ongui

    Alors que l’Agenda 2063 de l’Union Africaine appelle à l’unité, à la libre circulation et au partage des richesses entre peuples africains, le Gabon choisit de dresser des barrières économiques contre ses voisins. Le décret du 12 août 2025, interdisant aux étrangers l’exercice de nombreux petits métiers, a suscité colère et indignation dans toute l’Afrique centrale. Plus qu’une mesure administrative, il s’agit d’un signal politique clair : la xénophobie d’État se drape dans les habits du patriotisme économique. Ce poème-pamphlet, Mur contre l’Afrique, dénonce cette décision avec la voix de la révolte et de la mémoire.
    Dans l’histoire récente du continent, rares sont les gestes politiques aussi frontalement contraires à l’esprit panafricain que cette mesure gabonaise. Officiellement destinée à « protéger l’emploi des jeunes », elle s’attaque en réalité à l’un des piliers de la fraternité africaine : la solidarité entre nations. Ce texte poétique, à la fois cri et gifle, répond à cette fermeture par l’arme de la parole libre. Il fait écho à la douleur des déplacés, à l’humiliation des travailleurs privés de leur gagne-pain, et au rêve continental trahi.

    Mur contre l’Afrique

    Libreville,
    tu as claqué la porte
    non pas au vent,
    mais au souffle de l’Afrique.

    Tu cries « chômage »
    comme on crie « au voleur »,
    en pointant du doigt
    ceux qui viennent de chez nous,
    parce que chez nous,
    l’Afrique, c’est partout.

    Tu interdis de vendre le pain,
    de tresser les cheveux,
    de réparer le téléphone,
    comme si la liberté
    avait un passeport.

    L’Agenda 2063 ?
    Balayé d’un revers de décret.
    À Addis-Abeba, on rêve de routes ouvertes,
    à Libreville, on érige des murs de poussière.

    Ce n’est pas un métier que tu chasses,
    c’est un visage.
    Ce n’est pas une loi que tu votes,
    c’est une frontière que tu creuses
    entre frère et frère, sœur et sœur.

    Mais retiens bien, Gabon :
    l’exil est un boomerang.
    Demain, lorsque les tiens frapperont aux portes,
    les échos de ta fermeture
    leur répondront : « Circulez ».

    Et l’histoire inscrira ce jour,
    en lettres noires sur ta mémoire :
    ici, un pays a choisi la peur
    plutôt que l’Afrique.

    Les frontières dessinées par l’histoire coloniale n’ont pas suffi à diviser l’Afrique : certains dirigeants se chargent aujourd’hui de creuser de nouveaux fossés. Le Gabon, par cette interdiction ciblant les étrangers, oublie que chaque Africain est potentiellement un étranger quelque part. L’Agenda 2063 promet une Afrique ouverte et connectée ; Libreville offre, à la place, un avant-goût amer d’un continent cloisonné.
    À ceux qui érigent des murs, ce poème rappelle une vérité simple : on ne ferme jamais la porte à l’autre sans finir enfermé soi-même.

    Simplice Ongui
    Dierecteur de Publication
    Afriqu’Essor Magazine
    osimgil@yahoo.co.uk

  • Côte d’Ivoire. « Tout le monde est soumis à la loi sur la cybercriminalité » (Procureur Braman O. Koné)

    Côte d’Ivoire. « Tout le monde est soumis à la loi sur la cybercriminalité » (Procureur Braman O. Koné)

    L’Autorité nationale de la Presse (ANP) a organisé le jeudi 14 août 2025, une session de formation des journalistes sur le thème : « Information et communication en période électorale : comment éviter les risques liés aux infractions aux textes juridiques ? ». Le sujet a été développé par Braman Oumar Koné, procureur de la République, près le Tribunal de première instance d’Abidjan.

    Le procureur a expliqué qu’il est primordial que le journaliste connaisse la déontologie de son métier et comprenne bien l’article 19 de la Constitution. « La Constitution ivoirienne protège la liberté d’expression tout en y apportant des limites nécessaires, pour préserver l’ordre social et la cohésion sociale. Que ce soit en période électorale ou pas, le journaliste doit faire attention aux risques d’infractions avant toute publication », a insisté le procureur. Il a énuméré quelques infractions et les peines applicables aux journalistes qui les accompagnent

    Infractions par voie de presse

    Parmi ces infractions, on note les diffamations et injures, les propos racistes ou antireligieux, la mise à mal de l’ordre public, les fausses informations, les atteintes à l’honneur ou à la dignité du Président de la République ou des allégations diffamatoires sur sa vie privée ou publique, etc. Ce sont là des délits passibles d’une amende allant d’un million à cinq millions de francs CFA. Le journaliste et sa rédaction peuvent être sous le coup de la suspension.

    Délits sur les réseaux sociaux

    Ces mêmes délits, commis sur les réseaux sociaux, tombent sous le coup de la loi sur la cybercriminalité. Selon la gravité du délit, la peine est une amende de cinq à dix millions de francs CFA, assortie d’un emprisonnement allant de six mois à vingt ans, avec une suspension du journal. Concernant cette loi, le procureur est clair : « Ici, la casquette de journaliste ne protège pas. Tout le monde est soumis à la loi sur la cybercriminalité sans distinction. Si le journaliste, par ces écrits sur les réseaux sociaux, met à mal la cohésion ou offense le Président de la République qui est une figure institutionnelle, c’est la loi de la cybercriminalité qui s’appliquera ».

    Quant aux infractions commises par les internautes à travers leurs commentaires sur les pages des médias en ligne, « il faut des modérateurs sur ces pages pour éviter les dérives. Les auteurs des commentaires peuvent être poursuivis. Pour ceux qui sont à l’extérieur du pays, ils seront désormais poursuivis grâce à la convention internationale de Budapest ratifiée par la Côte d’Ivoire en novembre 2024 », a indiqué le procureur. Et d’ajouter pour conclure : « Même si vous êtes militants, vous pouvez rester dignes. (..) Il faut que les journalistes nous accompagnent à sensibiliser encore sur l’utilisation des réseaux sociaux ».

    Notons que la qualité de cet enseignement a été saluée par le président de l’ANP Samba Koné et les nombreux journalistes présents.

    Mouhamed I. Koné

  • Mali : un Français et deux généraux accusés de complot (officiel)

    Mali : un Français et deux généraux accusés de complot (officiel)

    Le gouvernement de transition malien a confirmé jeudi l’arrestation d’un groupe de militaires et de civils accusés de complot, après plusieurs jours de rumeurs.

    Le bruit courait depuis plusieurs jours, mais la confirmation n’est venue que ce jeudi, lors du journal télévisé de l’ORTM, à travers un communiqué du gouvernement de transition. Selon le texte, l’opération, menée le 1er août par les services spécialisés, a permis de « mettre en échec » un « groupuscule d’éléments marginaux » des forces armées et de sécurité soupçonnés de préparer une déstabilisation avec l’appui présumé de soutiens étrangers.

    Parmi les interpellés figure Yann Christian Bernard Vezilier, ressortissant français et officier mécanicien de l’air. Entré à l’École militaire de l’air en 1998, il a été promu successivement sous-lieutenant (2001), lieutenant (2003), capitaine (2009), commandant (2015) et lieutenant-colonel (2016). En 2020, il a été décoré chevalier de l’Ordre national du Mérite après vingt-sept années de service. Les autorités maliennes le présentent comme agissant pour le compte du renseignement français. 

    Le général de brigade Abass Dembélé, ancien gouverneur de Mopti (2020-2025) et fils du colonel Koké Dembélé, figure également parmi les arrestations. Blessé à Konna en 2012, il a notamment commandé à Tombouctou et dirigé l’École d’état-major de Koulikoro.

    La générale de brigade Néma Sagara, première femme à atteindre ce grade dans l’Armée de l’air malienne, a aussi été arrêtée. Formée au Mali, en France et aux États-Unis, elle a participé à des missions internationales au Libéria et en Côte d’Ivoire, et dirigeait depuis 2017 le Secrétariat permanent de lutte contre la prolifération des armes légères.

    Le communiqué cite également les noms des lieutenants-colonels Baba Dembélé, Saybou Keïta, Mamadou dit Tiekoro Diarra et Tagalo Diop, du capitaine Mohamed Ouattara, du caporal Amadou Bouba Coulibaly, du sergent-chef Boucary Karacodjo et de Yacouba Kodio.

    Le gouvernement assure que la situation est « totalement sous contrôle » et que les enquêtes judiciaires se poursuivent pour identifier d’éventuels complices. Il appelle la population à rester vigilante et à collaborer avec les forces de sécurité.

    En janvier dernier, lors de la présentation des vœux aux Forces vives, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, avait déjà mis en garde contre les complots extérieurs visant à déstabiliser le Mali et la Confédération des États du Sahel (AES).

    MD/ac/Sf/APA

  • Côte d’Ivoire. Plus une goutte d’eau dans les robinets depuis plus de 5 ans à Ingrakon (Alépé)

    Côte d’Ivoire. Plus une goutte d’eau dans les robinets depuis plus de 5 ans à Ingrakon (Alépé)

    Ingrakon est un village situé à environ 8 km d’Alépé. Pour y accéder, à défaut de taxis brousse, il faut solliciter des motos taxis. Les conducteurs de ces engins à deux roues roulent bien souvent à vive allure et vous balancent de gauche à droite dans des nids de poule. Derrière une apparence d’aisance, se cache une population qui souffre le martyre.

    Une fois à destination, le visiteur découvre un village moderne avec un train de vie semblable à celui des grandes villes. En plus de l’électricité, il dispose d’un groupe scolaire de quatre écoles, dont une école maternelle, et un centre de santé urbain avec un médecin généraliste. Malheureusement, derrière cette apparence d’aisance, se cache une population qui souffre le martyre.

    La raison. L’eau ne coule plus des robinets, depuis plus de 5 ans. Pour avoir le liquide précieux, les habitants ont recours à l’eau du fleuve Comoé, d’une rivière ou des puits mal entretenus. Oyoua Josué, chef de ce village, rencontré le 9 août 2025 à son domicile nous confie à notre correspondant : « Nous sommes retournés à l’ancienne époque. C’est vraiment triste pour un gros village comme le nôtre. Nous sommes exposés aux maladies diarrhéiques. Malgré cette situation, aucune lueur d’espoir ne pointe à l’horizon parce que je ne sais même plus à qui m’adresser. »

    Obligés de boire l’eau de la rivière

    D’autres habitants, presque en chœur, ont abondé dans le même sens que l’autorité traditionnelle qui a été installée le 3 avril 2025. « Nous ne parlons même plus d’eau de la SODECI (Société de distribution d’eau de Côte-d’Ivoire). Des chefs qui se sont succédé ont mené des démarches qui, jusque-là, n’ont pas abouti », se désole Koua Goa Honoré.

    Dame Adja Abo Edwige, le regard papillonnant, manque même d’écraser quelques larmes lorsque la question du manque d’eau lui a été posée. « Nous nous lavons dans une rivière ou dans le fleuve Comoé. Nous utilisons cette eau non seulement pour le ménage mais parfois nous sommes obligés de la boire. C’est vraiment difficile », dit -elle. Aka Chadon Claudine, mère de trois enfants revenant de la rivière, raconte également le calvaire que tous les habitants de ce village vivent.

    Le moins qu’on puisse donc écrire est que Ingrakon a soif. En attendant de trouver une solution définitive à cette situation, certains habitants, pour s’approvisionner souvent en eau potable se rabattent sur le petit château d’eau construit par un cadre du village pour alimenter le centre de santé urbain. Ici, il faut débourser 25 F pour remplir un bidon de 25 l, ce qui représente une fortune pour les familles nombreuses.

    Les enseignants de ce village, quant à eux, sont obligés de s’approvisionner à Alépé. Ce manque d’eau oblige d’ailleurs certains à résider dans la ville d’Alépé pour se rendre à leur lieu de travail. L’eau étant source de vie, quelque chose devrait être faite pour soulager Ingrakon.

    Josiane Tanoa (LEBANCO), à Alépé

  • Calendrier électoral sur mesure et lois modifiées : la recette gagnante du pouvoir depuis 2011

    Calendrier électoral sur mesure et lois modifiées : la recette gagnante du pouvoir depuis 2011

    La CEI s’apprête à organiser les législatives en décembre de cette année. Pourtant, elles étaient initialement attendues au plus tôt en mars 2026, soit cinq mois après la présidentielle. Officiellement, les législatives de décembre 2025 ont pour but de respecter la Constitution [2 sessions parlementaires/an, dont la première en janvier].

    Mais force est de constater que depuis 2011, les élections municipales, législatives et régionales sous Alassane Ouattara ont été rythmées par des changements de dates, souvent annoncés tardivement. Comme si le calendrier électoral était une denrée rare qu’il fallait voir se concrétiser pour y croire.

    1. Historique des reports et avances

    • Législatives 2011 : prévues avant fin 2011, finalement tenues le 11 décembre, huit mois après la crise post-électorale.
    • Municipales et régionales 2013 : reportées à plusieurs reprises (2011 → 2012 → 2013), finalement le 21 avril 2013.
    • Régionales et municipales 2018 : initialement en 2017, repoussées au 13 octobre 2018.
    • Législatives 2021 : fixées au 6 mars 2021 après plusieurs hésitations, dans un contexte politique tendu.
    • Municipales et régionales 2023 : prévues fin 2022, déplacées au 2 septembre 2023, après modification du Code électoral et du nombre de conseillers.

    2. Les raisons officielles et officieuses

    Officiellement, ces changements s’expliquent par des contraintes techniques : recensement incomplet, révision du fichier, budget, calendrier scolaire ou religieux.

    Officieusement, ils permettent au parti au pouvoir :

    • de gérer le temps à sa guise pour consolider ses alliances locales et préparer ses candidats, et surprendre ses adversaires
    • de réduire la marge de manœuvre de l’opposition pour s’organiser,
    • de faire coïncider le scrutin avec des modifications législatives stratégiques.

    3. Un outil politique assumé

    En ajustant le calendrier et en modifiant les lois électorales, le pouvoir conserve la maîtrise du tempo politique, un tempo qu’il a toujours su transformer en victoire. Dans un système où la neutralité de l’administration électorale est régulièrement contestée, ces reports et avances sont bien plus qu’un simple aménagement technique : ce sont des leviers politiques décisifs.

  • Mali, l’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maïga placé en garde à vue

    Mali, l’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maïga placé en garde à vue

    La crise est ouverte entre les militaires au pouvoir et Choguel Maïga depuis le limogeage de ce dernier du gouvernement en novembre 2024.

    Choguel Kokalla Maïga avait notamment déploré d’être tenu à l’écart des décisions sur le maintien aux commandes des généraux qui avaient initialement promis de rendre le pouvoir à des civils  en mars 2024. 

    Le placement de Choguel Maïga en garde à vue et les faits qui lui sont imputés viseraient selon certains experts, à le museler, à faire taire cette voix qui devient de plus en plus gênante pour les militaires.

    Des poursuites judiciaires 

    L’ancien Premier ministre Choguel Maïga et certains de ses anciens proches collaborateurs sont visés dans le cadre d’une enquête sur des allégations d’atteinte aux biens publics, quand ils étaient à la primature. 

    Il s’agit d’allégations émises par un rapport du Vérificateur général de l’Etat.  Un argument opportuniste, pense l’analyste politique Burkinabè Bayala Lianhoué : 

    L'ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a été à la Primature de 2021 à 2024
    L’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a été à la Primature de 2021 à 2024Image : Presse- und Kommunikationsdienst des Premierministers von Mali

    « Les autorités politiques maliennes ont établi un lien entre les sorties médiatiques multipliées de Choguel et la tentative de coup d’Etat avortée. Il aurait été dans une action civilo-militaire de déstabilisation. Et cette situation s’est présentée comme une aubaine pour accélerer l’accusation portée contre lui par rapport à sa gestion lorsqu’était à la primature« , explique-t-il.

    Les anciens proches collaborateurs de Choguel Maïga visés sont l’ancien directeur de cabinet Issiaka Ahmadou Singaré et trois anciens directeurs administratifs et financiers de la Primature.

    Tout cela dans un contexte agité : Une cinquantaine de militaires  dont deux généraux ont été arrêtés ces jours-ci,  accusés de vouloir renverser les autorités en place. Nos efforts pour joindre les sources officielles au Mali ont été vains.

  • Horreur / Appréhendé après des enquêtes, un marabout tueur fait des aveux sur ses 7 victimes (Communique du Procureur de Korhogo)

    Horreur / Appréhendé après des enquêtes, un marabout tueur fait des aveux sur ses 7 victimes (Communique du Procureur de Korhogo)

    Selon un communiqué du procureur du Tribunal de Korhogo dont nous avons reçu copie, un marabout du nom de Dao Seydou a été placé en garde à vue. Les faits qui ont abouti à son interpellation dans le département de Vavoua sont horribles. De ses propres aveux face aux enquêteurs, il aurait donné la mort à 7 personnes dont 4 corps sont déjà retrouvés et identifiés entre Ferké et Ouangolo et trois autres toujours recherchés.

    Le procureur qui a pris l’affaire en main entend poursuivre l’enquête afin d’amener le présumé assassin à s’expliquer sur le mobile de ses crimes commis de façon atroce.

  • NORD FRONTALIER IVOIRIEN : ‘’LA SITUATION SÉCURITAIRE EST PRÉOCCUPANTE…’’, SELON LE MINISTRE TÉNÉ BIRAHIMA

    NORD FRONTALIER IVOIRIEN : ‘’LA SITUATION SÉCURITAIRE EST PRÉOCCUPANTE…’’, SELON LE MINISTRE TÉNÉ BIRAHIMA

    Selon le ministre d’Etat, Ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, la situation sécuritaire dans les zones frontalières, notamment au Nord du pays, est préoccupante.

    La sécurité dans les zones frontalières au Nord de la Côte d’Ivoire demeure une préoccupation majeure pour les autorités ivoiriennes. Le ministre d’État, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, l’a confirmé dans une interview accordée au quotidien Fraternité Matin, tout en assurant que la situation reste sous contrôle grâce à un dispositif militaire et sécuritaire renforcé.

    Situation préoccupante, mais sous contrôle

    « La situation est préoccupante mais sous contrôle », a-t-il affirmé d’entrée de jeu, soulignant que des tensions peuvent parfois survenir avec les forces armées des pays voisins. Toutefois, ces différends sont rapidement réglés par la voie diplomatique, dans un esprit de coopération et de maintien de la stabilité régionale.

    Pour faire face aux menaces terroristes qui pèsent sur le Nord frontalier, la Côte d’Ivoire a mis en place une Zone opérationnelle Nord (ZON), placée sous le commandement direct du Chef d’état-major général des Armées. Ce dispositif stratégique est composé de Groupements tactiques interarmées, chargés de missions permanentes de surveillance et de reconnaissance.

    Ces opérations visent à détecter rapidement toute velléité hostile et à neutraliser d’éventuelles menaces avant qu’elles ne se concrétisent

    Ces opérations visent à détecter rapidement toute velléité hostile et à neutraliser d’éventuelles menaces avant qu’elles ne se concrétisent. Parallèlement, un Groupement de lutte contre l’orpaillage illégal a été créé, afin de tarir une source potentielle de financement des réseaux terroristes. Ce mécanisme « à trois vitesses » – surveillance militaire, actions interarmées et lutte contre l’orpaillage – constitue, selon le ministre, une réponse adaptée à la nature des risques sécuritaires dans cette région sensible.

    Téné Birahima Ouattara a reconnu que des tentatives d’infiltration persistent. Cependant, grâce à la vigilance des forces déployées et à une posture sécuritaire permanente, aucune attaque d’envergure n’a pu être menée contre le territoire ivoirien ces dernières années.

    Des hommes et du matériel pour faire face à toute menace

    « Les tentatives existent toujours et à des degrés divers, mais nous n’avons pas eu d’infiltrations ou d’attaques terroristes d’ampleur », a-t-il rassuré, précisant que les forces de défense disposent à la fois des ressources humaines et matérielles nécessaires pour protéger les populations. Les effectifs sont estimés à plus de 55 000 hommes et femmes, répartis entre les Armées et la Gendarmerie nationale.

    Le ministre de la Défense a également évoqué l’incident récent impliquant des soldats ivoiriens interpellés par l’armée burkinabè avant d’être relâchés. Il a rappelé que la frontière entre les deux pays reste poreuse et que le processus de délimitation est suspendu.

    Il n’est pas rare que des militaires, ivoiriens ou étrangers, franchissent involontairement la ligne frontalière sans intention hostile

    Dans ce contexte, il n’est pas rare que des militaires, ivoiriens ou étrangers, franchissent involontairement la ligne frontalière sans intention hostile. Ces situations sont généralement réglées par des discussions directes entre autorités locales, afin de parvenir à une libération rapide et à un retour sécurisé des soldats concernés.

    À travers ses propos, Téné Birahima Ouattara a réaffirmé la détermination du gouvernement ivoirien à maintenir la sécurité au Nord, zone stratégique confrontée à des défis transfrontaliers multiples. La combinaison d’un dispositif militaire efficace, d’une coopération régionale renforcée et d’une surveillance accrue reste au cœur de cette stratégie.

    Pour les populations frontalières, ces efforts constituent une garantie essentielle de paix et de stabilité, dans un contexte régional marqué par des menaces persistantes.

    Adolphe ANGOUA

  • La Côte d’Ivoire sur la liste grise du GAFI : décision anachronique ?

    La Côte d’Ivoire sur la liste grise du GAFI : décision anachronique ?

    Le placement récent de la Côte d’Ivoire sur la liste grise du Groupe d’Action Financière (GAFI) suscite inquiétude et indignation. Incompréhension, même, tant le classement du pays dans cette catégorie envoie un message à rebours des progrès accomplis en matière économique, d’amélioration de la gouvernance et de réformes structurelles. Une décision ambivalente qui n’est pas sans précédent. Par Serge Eric Menye, fondateur Grassfields Ventures.

    Serge Eric Menye, fondateur Grassfields Ventures.



    Au sortir de dix ans de troubles politiques, entre 2000 et 2010, la Côte d’Ivoire a enregistré une croissance avec un taux annuel moyen de 8,2% sur la période 2012 à 2019. À présent, la nation éburnéenne se distingue par une économie dont la diversification s’accélère. Jusqu’ici grande nation agricole – le cacao, la noix de cajou, l’hévéa et le café, notamment – le pays peut désormais compter sur une industrie de transformation, des infrastructures énergétiques et de transports modernes, un secteur extractif et tertiaire en plein boom et se rêve même dans le top 5 des destinations touristiques africaines.

    En 2024, le pays a réussi à lever 2,6 milliards de dollars grâce à deux obligations d’une maturité de 9 et 13 ans, lors de son premier retour sur le marché international des euro-obligations. En octobre, Standard & Poor’s a ainsi décidé de rehausser la notation de crédit de la République de Côte d’Ivoire, de BB- (Perspective Positive) à BB (Perspective Stable). Le FMI a quant à lui renouvelé à plusieurs reprises sa confiance dans la stratégie économique du pays, dont le dernier en date signé en 2023 a atteint 3,5 milliards de dollars.

    Altération de la confiance des investisseurs ?


    L’ajout du pays à la liste grise du GAFI soulève certes des questions légitimes, mais est-ce que cela suffira à éclipser les nombreuses avancées  ? Bien que cette liste soit associée à une vigilance accrue dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LBC/FT), il reste à voir si cela affectera la confiance des investisseurs. Après tout, la solidité des fondamentaux économiques de la Côte d’Ivoire et son potentiel de croissance demeurent des arguments de poids.

    Il est important de noter que la décision du GAFI intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire a entrepris des actions significatives en matière de criminalité financière. Certains observateurs s’interrogent alors sur les décisions du GAFI et sa méthodologie, car le Sénégal qui était inscrit sur la liste grise a été retiré une fois son plan d’action achevé. Depuis plusieurs années, l’État a en effet déployé un arsenal législatif, avec la création d’un comité interministériel dédié à la LBC/FT, tout comme l’implication du pays auprès du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). En 2023, la Côte d’Ivoire a obtenu un score de 40/100 dans l’Indice de Perception de la Corruption de Transparency International, se hissant au 87e rang mondial et marquant une amélioration notable par rapport aux années précédentes.



    Les autorités ivoiriennes ne se contentent pas de renforcer le cadre légal. Elles mènent également une lutte active contre les réseaux de corruption et de trafic, avec des arrestations médiatisées de hauts responsables impliqués dans des affaires de malversations et de blanchiment. Enfin, l’insinuation de laxisme envers le financement du terrorisme se heurte à la réalité. En août 2024, les avoirs de 29 individus accusés de soutenir des réseaux terroristes ont été gelés. Tout cela s’inscrit dans une série d’initiatives, déjà affirmées par le Président Ouattara en 2022 lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, où il rappelait l’engagement ivoirien aux 19 conventions internationales antiterroristes. Entre volonté politique et partenariats internationaux, le pays montre qu’il est résolu à garantir une vigilance sans complaisance.

    Serge Eric Menye

  • Côte d’Ivoire : l’ex-Premier ministre Patrick Achi rénonce à la nationalité française ( Officiel)

    Côte d’Ivoire : l’ex-Premier ministre Patrick Achi rénonce à la nationalité française ( Officiel)

    L’ancien Premier ministre ivoirien, Patrick Achi Jérôme n’est plus français, indique le journal officiel de la République Française du 12 août 2025 .

     » Sont libérés de leur allégeance à l’égard de la France, les français dont les noms suivent: Achi Patrick Jérôme, né le 17/11/1955 à Paris 14è « , rapporte le journal officiel de la République de France. 

    Cette renonciation de M. Achi à la nationalité française intervient à moins de trois mois de la présidentielle du 25 octobre 2025.

    Né le 17 novembre 1955 à Paris, Patrick Achi Jérôme a été Premier ministre de Côte d’Ivoire de mars 2021 à octobre 2023.

    L.Barro 

  • Alassane Ouattara : « Nous tenons à maintenir la coopération avec les pays de l’AES »

    Alassane Ouattara : « Nous tenons à maintenir la coopération avec les pays de l’AES »

    Le président sierra-léonais Maada bio et son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, à Abidjan, le lundi 11 août 2025

    Dans un contexte régional marqué par des tensions et des incertitudes, le président ivoirien Alassane Ouattara réaffirme son attachement à la coopération avec les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). A l’occasion de la visite du président sierra-léonais Maada Bio, nouveau président en exercice de la CEDEAO, il appelle au dialogue, à la préservation de la paix et à la relance des mécanismes d’intégration régionale, notamment au sein de la rivière Mano.

    « Je suis heureux d’accueillir mon frère, le Président Maada Bio de la République de Sierra Leone. Comme vous le savez, le Président Maada Bio a été porté à la tête de la CEDEAO en juin dernier. C’était un sommet auquel je n’ai pu participer en raison des activités ici, notamment le congrès de mon parti.

    Je voudrais tout d’abord présenter toutes mes félicitations au Président Maada Bio et lui dire qu’il peut compter sur notre soutien pour l’importante charge qui lui a été confiée. La CEDEAO  est dans une situation difficile, comme nous le savons tous, et je l’ai rassuré que la Côte d’Ivoire fera tout pour que la situation ne se détériore pas davantage. Nous avons passé en revue les défis qui sont les nôtres.

    En tant que Président en exercice de la CEDEAO, le Président fait le tour des États membres pour recueillir les avis et les recommandations des chefs d’État avant d’aller voir les pays de l’Alliance des États du Sahel. Ces pays, je lui ai dit, sont des pays frères, certains sont des pays voisins, et nous tenons à maintenir notre coopération dans tous les domaines. Avec ces pays, nous sommes malheureux de voir que la situation est difficile actuellement.

    Chez nos pays frères, bien sûr, tout ce qui sera fait pour nous rapprocher sera une très bonne chose. La sous-région elle-même a des difficultés parce que le monde est incertain, parce que les incertitudes sont de tous les domaines, que ce soit le domaine économique, le domaine monétaire, le domaine de la sécurité. Nous sommes d’accord que l’Afrique de l’Ouest devrait tout faire pour maintenir la situation de la CEDEAO.

    La CEDEAO est une communauté qui a rendu beaucoup de services aux pays voisins, à tous les pays membres, je devrais dire, et nous sommes confiants que si nous arrivons à renouer le dialogue avec ces pays, ceci sera une très bonne chose pour le peuple de la CEDEAO. Bien sûr, j’ai indiqué à M. le Président notre point de vue sur toutes ces questions. De dire que la Côte d’Ivoire a toujours fait preuve d’ouverture.

    Nous souhaitons que non seulement les États, mais le secteur privé des pays soient également en contact et que l’on puisse essayer de  renforcer  cette fraternité qui a toujours été la nôtre. Évidemment, en raison de cette situation difficile, politiquement, la situation économique dans la sous-région n’est pas très heureuse. Nous avons considéré que la paix et la sécurité de la sous-région doivent être une priorité, ainsi que la lutte contre la piraterie maritime.

    Nous avons également évoqué le cas de la Mano River, qui est une organisation comprenant la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Libéria, et que nous devons tout faire pour réactiver l’activité de la Mano River. C’est une organisation qui a de l’intérêt de tous les pays membres. Nous sommes convenus que nous espérons qu’après les élections en Guinée, en fin d’année, les  chefs d’État de la Mano River Leone pourront se rencontrer dès l’année prochaine.

    Monsieur le Président, je voudrais vous dire à quel point je suis heureux de vous recevoir et de vous faire tous mes bons vœux. Toutes mes félicitations d’abord. J’espère que votre présidence nous permettra d’avancer encore plus vers la solution des incompréhensions qui marquent maintenant les relations entre la CEDEAO et certains des pays frères. »

    Je vous remercie.

  • RCI: le procureur Koné dément toute torture concernant Alino Faso

    RCI: le procureur Koné dément toute torture concernant Alino Faso

    Dans une intervention télévisée très attendue, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan a fermement réfuté dimanche les allégations de mauvais traitements dans l’affaire Alino Faso, alors que la crise diplomatique avec le Burkina Faso s’intensifie.

    Face aux accusations persistantes du Burkina qui dénonce un « assassinat crapuleux », Oumar Braman Koné a choisi de sortir de son silence habituel pour détailler publiquement sur NCI les conditions de détention de l’activiste burkinabè décédé le 24 juillet dernier.

    « Alain Christophe Traoré, alias Alino, était poursuivi devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan pour des faits de complots contre l’autorité de l’État, espionnage », a rappelé le magistrat, avant de brosser un tableau inattendu des conditions carcérales du prévenu.

    Des conditions de détention « privilégiées »

    Contrairement aux accusations burkinabè de torture, le procureur a insisté sur le traitement « quasiment le mieux » accordé au détenu : « Il avait droit au petit déjeuner, au déjeuner, au dîner, et même la possibilité de donner le menu de ce qu’il voulait bien manger. Il avait droit à la télévision. »

    Cette description détaillée intervient dans un contexte de tension extrême, le parquet burkinabè ayant annoncé l’ouverture d’une information judiciaire contre X pour torture et assassinat, rejetant fermement la thèse officielle du suicide.

    Le choix de détenir Alino Faso à l’école des gendarmes plutôt qu’à la maison d’arrêt était « juste pour sa propre sécurité », a précisé Oumar Braman Koné, répondant ainsi indirectement aux critiques sur les conditions d’incarcération.

    « L’enquête est assez claire »

    Interrogé directement sur d’éventuels actes de torture, le procureur s’est montré catégorique : « Non, ça n’engage que ceux-là, sinon l’enquête est assez claire là-dessus. »

    Cette déclaration tranche avec la version burkinabè, où un juge d’instruction a été saisi pour des faits présumés de torture et d’assassinat. Le procureur ivoirien a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire « pour la recherche des causes de la mort », confiée au doyen des juges d’instruction, se refusant à tout commentaire supplémentaire sur cette procédure en cours.

    Une crise diplomatique aux enjeux régionaux

    L’intervention du procureur Koné survient alors que la mort controversée d’Alino Faso ravive une crise diplomatique lourde de conséquences entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. La famille du défunt et le gouvernement burkinabè dénoncent une absence totale de notification officielle du décès, révélé sur les réseaux sociaux trois jours après les faits.

    Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Jean Marie Traoré, a convoqué la Chargée d’Affaires de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Ouagadougou pour exiger des explications. Le gouvernement burkinabè réclame le rapatriement immédiat de la dépouille et « toute la vérité sur les circonstances de cette mort ».

    Répercussions sur l’intégration régionale

    Cette affaire intervient à un moment délicat pour la région, alors que des pourparlers sont engagés entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la Confédération des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, en rupture avec les structures régionales traditionnelles.

    Selon plusieurs observateurs, la tension née de cette affaire, qualifiée d’« indigne » et de « méprisante » par Ouagadougou, menace d’affaiblir davantage le fragile dialogue politique en cours entre l’AES et les institutions régionales comme l’UEMOA, où la Côte d’Ivoire joue un rôle moteur.

    Fin juillet, les pays de l’AES ont quitté une réunion décisive sur la présidence tournante de l’UEMOA, en désaccord avec les modalités proposées. Ce départ a mis en lumière les fractures croissantes entre les États sahéliens et les pays côtiers, notamment autour de la gestion du franc CFA, dont la France reste garante.

    Vers un blocage régional ?

    La défiance accrue du Burkina Faso vis-à-vis de la Côte d’Ivoire, accusée de manque de transparence dans la gestion de l’affaire Alino Faso, pourrait peser lourdement sur les discussions entre la Cédéao et l’AES. Alors que l’organisation sous-régionale a mis en place une troïka ministérielle pour piloter ces pourparlers post-retrait, les tensions bilatérales menacent de compromettre les conditions minimales de confiance.

    Le gouvernement burkinabè, qui exige justice, prévient que « la mort d’Alino Faso ne restera pas impunie » et promet de suivre le dossier « jusqu’à la manifestation totale de la vérité ». Il qualifie par ailleurs le défunt de « citoyen burkinabè à part entière », bien qu’il ait été déchu de la nationalité ivoirienne.

    Ce bras de fer illustre une double fracture : d’un côté, l’AES qui affirme sa volonté de souveraineté et de rupture avec les anciennes tutelles régionales ; de l’autre, les États comme la Côte d’Ivoire, engagés dans la préservation d’une architecture institutionnelle fondée sur la stabilité monétaire et la coopération économique.

    La mort d’Alino Faso, devenu un symbole pour de nombreux militants sahéliens, risque ainsi de cristalliser les antagonismes et de retarder toute avancée diplomatique vers une réconciliation régionale. L’intervention du procureur Koné, rare sortie publique du système judiciaire ivoirien sur cette affaire sensible, témoigne de la pression diplomatique exercée par Ouagadougou et de l’enjeu que représente cette crise pour la stabilité sous-régionale.

    AC/Sf/APA

  • En Côte d’Ivoire, l’économie peut-elle supporter le coup politique ?

    En Côte d’Ivoire, l’économie peut-elle supporter le coup politique ?

    Economie « star » en Afrique subsaharienne francophone, la Côte d’Ivoire est à la croisée des chemins, entre sa trajectoire de croissance qui séduit, ces dernières années, les investisseurs et son échéance électorale qui n’est pas sans remous. Décryptage.

    L’heure est à la célébration des 65 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire, ce 7 août, dont les festivités se tiennent exceptionnellement cette année à Bouaké, ville du centre du pays, où la France, le Maroc et les Etats-Unis participent au défilé des militaires, sous le regard d’Alassane Ouattara, son gouvernement et des citoyens ivoiriens. Dans son discours pour l’occasion, le président – qui a suscité un tollé le 29 juillet en annonçant sa candidature à la présidentielle du 25 octobre prochain pour un quatrième mandat – s’est réjoui de la « résilience » de son pays face aux « grandes incertitudes » régionales et internationales. « Nous avons su faire les bons choix, dans la rigueur et l’anticipation, pour rétablir les équilibres macro-économiques, soutenir l’activité économique et maintenir le cap du développement, tout en garantissant notre souveraineté », a-t-il déclaré, soulignant la stabilité, la sécurité et prospérité qui caractérisent son pays.

    Une Côte d’Ivoire qui « s’impose », mais dont la vie politique interroge

    Premier producteur mondial de cacao avec près de 45% de la production planétaire, la Côte d’Ivoire est la première économie de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA). Avec une croissance du PIB de 6% en 2024, cette destination phare des investissements en Afrique subsaharienne francophone, bénéficie de notations souveraines améliorées à BB par les agences de notation depuis l’an dernier, Fitch Ratings lui ayant attribué en juin 2025 la note de BB- avec perspectives stables. Plusieurs projets d’envergure en cours ou prévus sont censés marquer davantage le développement du pays dans plusieurs secteurs : les mines avec le projet aurifère de Koné ; les zones industrielles de Bouaké et San Pedro ; le transport avec le projet de métro d’Abidjan ou encore le gisement Baleine qui devrait porter la production nationale de pétrole à 200 000 barils par jour d’ici 2027. Toute cette dynamique est également rehaussée par la forte attractivité d’Abidjan pour le tourisme d’affaires avec notamment les multiples rendez-vous économiques internationaux qui élisent régulièrement domicile dans la capitale ivoirienne.

    Pour 2025 et 2026, la Banque africaine de développement (BAD) prévoit une croissance stable à 6,3%, s’alignant aux pronostics du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Les principales institutions financières s’attendent une stabilité de l’économie en dépit de quelques défis que rencontre le pays en termes de mobilisation des ressources fiscales ou les nécessaires investissements dans le capital humain.

    Cette effervescence braque, sur la Côte d’Ivoire, les projecteurs des acteurs économiques mondiaux qui cherchent des positions en Afrique. « Tirée par une croissance soutenue, une stabilité politique retrouvée et des réformes économiques ambitieuses, la Côte d’Ivoire s’impose comme un pôle d’attraction majeur pour les investisseurs étrangers », estime Bpifrance dans un dossier publié en mars dernier et encourageant les acteurs français à investir notamment dans l’agro-industrie, l’énergie, les hydrocarbures ou encore les technologies.

    Mais alors que la candidature du président Ouattara aux élections du 25 octobre pour un quatrième mandat, précédée de l’éviction des mastodontes de l’opposition comme l’ex-président Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, l’opinion ivoirienne reste divisée. Le camp présidentiel soutient naturellement la décision de Ouattara, tandis que l’opposition dénonce une « violation » de la loi.

    Le secteur privé en mode préservation des intérêts

    Le secteur privé, quant à lui, se fait silencieux. « Chacun assure ses intérêts et dans ce cas, mieux vaut être discret sur ses opinions », explique un dirigeant d’entreprise qui requiert l’anonymat. « Honnêtement, poursuit-il, seuls les naïfs ne s’attendaient pas à la candidature du président Alassane Ouattara. C’est le contraire qui aurait surpris ». D’ailleurs, le président du patronat ivoirien, Ahmed Cissé, accompagnait fièrement ce 4 août, une délégation d’entrepreneurs ivoiriens primés lors de la traditionnelle cérémonie du Prix National d’Excellence présidée par le président.

    « En réalité, le pays n’est pas sous tension, contrairement à la perception que peut être ressentie à l’étranger », estime un cadre dans une institution internationale, soulignant que « la mise à l’écart de tous les challengers de l’opposition fait que l’on ne s’attend pas à de grosses surprises y compris sur le plan sécuritaire ». Cependant, le dirigeant d’entreprise remarque tout de même quelques positions de précautions de la part de certains acteurs économiques qui sentent la précaution. « On observe les ventes de certains biens importants qui rappellent un peu les tendances observées lors des périodes à risques, certains événements et/ou investissements sont reportés à l’année prochaine, certains acteurs prennent des visas sans aucune intention immédiate de voyage… », détaille-t-il, estimant tout de même que la situation reste calme.

    2020 vs 2025

    En 2020, la candidature d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat avait suscité beaucoup d’inquiétudes chez les acteurs économiques face au spectre de l’instabilité. A un mois et demi de l’élection, le gouvernement rassemblait le secteur privé pour le rassurer de son engagement à conduire des élections paisibles de manière à préserver les intérêts des entreprises. En dépit de cela, plusieurs acteurs économiques ont fait le choix de s’éloigner temporairement de la Côte d’Ivoire, craignant une escalade. Mais l’investiture de Ouattara en décembre 2020 avait suffi pour un retour à la normale.

    Dans le contexte actuel, les questions restent en suspens. Si des violences ont éclaté en début de semaine donnant lieu à des arrestations, il s’observe – à deux mois et demi de la présidentielle – beaucoup d’attentisme, y compris au sein du secteur privé, quant à l’évolution de la situation socio-politique.

    Ristel Tchounand

  • LE PROCUREUR DÉTAILLE LES ACCUSATIONS CONTRE LIDA KOUASSI ET BOUBACAR KONÉ

    LE PROCUREUR DÉTAILLE LES ACCUSATIONS CONTRE LIDA KOUASSI ET BOUBACAR KONÉ

    Le procureur d’Abidjan accuse Lida Kouassi et Boubacar Koné d’avoir commandité des violences à Yopougon visant à perturber la présidentielle 2025.

    Le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan a annoncé, lundi, l’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre de Lida Kouassi Moïse et Koné Boubacar, accusés d’avoir « commandité des actes de violence survenus le 1er août à Yopougon ».

    Selon un communiqué officiel, une « horde d’individus encagoulés et armés de machettes, gourdins, armes à feu et cocktails incendiaires » aurait incendié un bus de la SOTRA, dégradé un véhicule de la Police nationale et molesté ses occupants. Ces violences auraient visé également des stations-service, des locaux de la Commission électorale indépendante (CEI) à Yopougon Niangon, ainsi que l’annexe de la mairie de Yopougon Niangon à gauche.

    « complot, actes terroristes… »

    L’enquête a conduit à l’interpellation de plusieurs personnes identifiées comme KOUAME OI Kouamé Josué alias « Général Frazaho », ZOH Inza alias « Zoulou », GNEGBRE Kado Jean Claude alias « Jaguar », entre autres. Ces derniers auraient, selon le parquet, reconnu avoir agi sur instruction de Lida Kouassi et Koné Boubacar, résidant à l’étranger et accusés de diriger un mouvement insurrectionnel.

    Le procureur affirme que ces actions visaient à « entraver la bonne tenue de l’élection présidentielle d’octobre 2025 » et constituent des faits « d’acte terroriste, complot contre l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel, dégradation volontaire de véhicule et incendie volontaire de véhicule appartenant à autrui ».

    Les suspects ont été déférés ce lundi 11 août 2025 à la Section antiterroriste du tribunal d’Abidjan, avec mandat de dépôt. Les faits sont punis par les lois ivoiriennes relatives à la répression du terrorisme et par le Code pénal, a rappelé le parquet.

    « Harcèlement judiciaire »

    Évoquant la situation des deux cadres du PPA-CI, lors d’une conférence de presse au siège du parti la veille, le président exécutif Sébastien Dano Djedjé et le président du Conseil stratégique et politique Justin Koné Katinan ont dénoncé un “harcèlement judiciaire et politique” visant à “museler l’opposition” à l’approche de la présidentielle du 25 octobre 2025, et ce depuis l’annonce de la candidature jugée “anticonstitutionnelle” du président Alassane Ouattara.

    Le parti affirme que leurs noms ont été cités par des personnes arrêtées et maintenues “au secret” sans assistance juridique, ce qui rend, selon lui, leurs déclarations “sans valeur légale”.

    Samuel KADIO

  • JEAN-LUC MÉLENCHON : « Soutien au peuple ivoirien démocratique qui refuse la présidence à vie d’Alassane Ouattara, exige la relaxe des opposants et le rétablissement de leurs droits à la candidature. La France ne doit plus se mêler des élections en Côte d’Ivoire»

    JEAN-LUC MÉLENCHON : « Soutien au peuple ivoirien démocratique qui refuse la présidence à vie d’Alassane Ouattara, exige la relaxe des opposants et le rétablissement de leurs droits à la candidature. La France ne doit plus se mêler des élections en Côte d’Ivoire»

    L’opposant français Jean-Luc Mélenchon, président de La France insoumise, a exprimé, ce lundi 11 août 2025, son soutien à l’opposition ivoirienne, au lendemain de la grande marche organisée à Abidjan par le Front commun PDCI-PPA-CI et ses alliés.

    Cette marche de protestation qui a eu lieu à Yopougon, la plus grande commune du pays, visait à dénoncer la candidature du président Alassane Ouattara à un quatrième mandat et à exiger la réintégration des dirigeants politiques exclus de la course présidentielle. « Soutien au peuple ivoirien démocratique qui refuse la présidence à vie d’Alassane Ouattara, exige la détente des opposants et le rétablissement de leurs droits à la candidature. La France ne doit plus se mêler des élections en Côte d’Ivoire. », a posté Jean-Luc Mélenchon sur le réseau social X (ex-Twitter).

    Un soutien qui résonne dans un climat tendu

    La prise de position du leader de la gauche française intervient dans un contexte politique particulièrement tendu en Côte d’Ivoire. À moins de trois mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro et plus récemment Tidjane Thiam, sont exclus du processus électoral en raison de condamnations judiciaires controversées.

    Cette situation a poussé, les deux principaux partis d’opposition, notamment le PDCI-RDA et le PPA-CI à se regrouper au sein d’un Front commun pour réclamer, entre autres, la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), la révision de la liste électorale et la réintégration des candidats écartés

    Cette situation a poussé, les deux principaux partis d’opposition, notamment le PDCI-RDA et le PPA-CI à se regrouper au sein d’un Front commun pour réclamer, entre autres, la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), la révision de la liste électorale et la réintégration des candidats écartés. La marche du 9 août, massivement suivie, a été perçue par les organisateurs comme un « avertissement » signalé au pouvoir.

    Un message à Paris

    En demandant à la France de « ne plus se mêler des élections » en Côte d’Ivoire, Jean-Luc Mélenchon s’adresse directement aux autorités françaises, souvent accusées par une partie de l’opinion ivoirienne d’ingérence politique. Historiquement, la Côte d’Ivoire entretient des liens étroits avec son ancienne puissance coloniale, mais ces relations sont régulièrement au centre de polémiques, notamment lors des périodes électorales.

    Les raisons d’une candidature

    De son côté, Alassane Ouattara justifie sa candidature par la nécessité de préserver la stabilité face aux « menaces sécuritaires, économiques et monétaires sans précédent ».

    Le RHDP, son parti, appelle l’opposition à désigner des candidats éligibles plutôt qu’à contester les règles du jeu.

  • AMADOU KONÉ : « ON NE PEUT PAS VILIPENDER LE PRÉSIDENT ET ATTENDRE UNE AMNISTIE »

    AMADOU KONÉ : « ON NE PEUT PAS VILIPENDER LE PRÉSIDENT ET ATTENDRE UNE AMNISTIE »

    Le membre du gouvernement ivoirien met en garde contre la remise en cause répétée de la présidence, estimant qu’on ne peut vilipender le chef de l’État tout en espérant un geste politique fort.

    Il intervient rarement dans les débats politiques. Amadou Koné, ministre des Transports et maire de Bouaké, était l’invité du plateau NCI 360 dimanche 10 août 2025. Il est revenu sur la célébration du 65e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, qui a marqué son grand retour dans la ville de Bouaké après 61 ans d’absence, ainsi que sur la situation politique tendue à mois de trois mois de l’élection présidentielle.

    Cette édition anniversaire a en effet été marquée par un contexte politique particulièrement sensible. La candidature du président sortant Alassane Ouattara pour un quatrième mandat, ainsi que l’exclusion de plusieurs figures majeures de l’opposition de la liste électorale, alimentent une atmosphère d’incertitude et de divisions profondes, ont relevé des intervenants lors de l’émission.

    « La constitution permet des choses »

    En réponse, Amadou Koné a d’abord tenu à clarifier la question de l’exclusion politique. « Je ne crois pas qu’un parti politique ait été exclu pour les prochaines élections. Les conditions d’éligibilité ne s’adressent pas à un parti politique mais aux individus qui sont candidats », a précisé le ministre.

    Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro ont été exclus pour des condamnations, tandis que Tidjane Thiam a été écarté pour des problèmes de nationalité. Lors de son discours à la Nation, le 6 août, M. Ouattara n’a formulé aucune annonce concernant leur situation politique ou judiciaire, malgré les attentes d’une partie de la classe politique.

    https://www.facebook.com/watch/?v=1139981414639484

    « Pour les uns, il faut une loi d’amnistie, il faut que le président de la République (prenne une décision en faveur des leaders de l’opposition qui se sentent exclus) … Il y a une constitution qui permet des choses », a affirmé Amadou Koné.

    « Mais on ne peut pas vilipender cette institution (la présidence de la République) à longueur de journées et obtenir que cette institution se plie », a-t-il toutefois ajouté. « Ce serait l’affaiblissement de l’État. »

    « Raison gardée »

    Le ministre a insisté sur la nécessité de « bâtir des institutions fortes, à commencer par le chef de l’État, qui qu’il soit demain ». « Qu’il soit respecté dans ses fonctions, quand il vous invite à des cérémonies, c’est l’institution qui vous invite », a-t-il rappelé, faisant allusion à la tentative du président Ouattara d’apaiser les tensions en appelant son prédécesseur Laurent Gbagbo, qui a cependant décliné l’invitation au défilé du 7 août à Bouaké, selon Jeune Afrique.

    Appelant à « raison gardée », Amadou Koné a estimé que le pays se trouve à « un moment charnière » et qu’il appartient à chacun de préserver la stabilité nationale à l’approche du scrutin.

    « Nous sommes tous des enfants de ce pays, a-t-il conclu. Qu’est-ce qu’on veut ? Où est-ce qu’on veut que le pays aille ? Qu’est-ce que nous, qui sommes plus jeunes, voulons léguer à nos enfants ? Je pense qu’il faut qu’on soit dans un pays où les institutions sont fortes et qu’on les respecte. Que la justice soit forte et respectée. Que la constitution soit respectée. Que l’armée devienne républicaine, capable de nous défendre et de nous protéger. »

    Samuel KADIO

  • Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : Blé Goudé s’engage aux côtés d’Ahoua Don Mello pour la collecte des parrainages

    Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : Blé Goudé s’engage aux côtés d’Ahoua Don Mello pour la collecte des parrainages

    Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), et Ahoua Don Mello, figure historique de la gauche ivoirienne, se sont rencontrés au siège du COJEP à Abidjan. Un tête-à-tête qualifié de « décisif » par les deux parties, marqué par la volonté commune de rassembler les forces progressistes et de renforcer l’influence de la gauche sur la scène politique nationale.

    Alors que la Présidentielle d’octobre approche à grands pas en Côte d’Ivoire, des tractations se mènent entre leaders politiques et des alliances se nouent. C’est au titre de ces tractations que s’inscrit la rencontre entre Charles Blé Goudé et le candidat déclaré Ahoua Don Mello, ex-figure importante du PPA-CI de Laurent Gbagbo.

    Un hommage appuyé à un « maître » et « formateur »

    À l’issue de l’entretien, Charles Blé Goudé a salué le parcours et l’engagement de son hôte, qu’il a décrit comme un « maître » et un « formateur » ayant contribué à son éveil politique. « Nous partageons la même vision de gauche et la même aspiration à voir revenir notre courant politique au pouvoir », a-t-il déclaré, en insistant sur la nécessité de surmonter les divisions et rivalités personnelles qui ont affaibli le camp progressiste ces dernières années.

    Bien que son nom ne figure pas sur la liste électorale, Blé Goudé a affirmé que le COJEP s’impliquera pleinement pour aider Ahoua Don Mello à réunir les parrainages nécessaires à sa candidature à la Présidentielle d’octobre 2025. « Nous allons affiner notre projet pour redonner espoir aux Ivoiriens et aborder les vrais défis de la société », a-t-il indiqué, appelant à mettre de côté les polémiques pour se concentrer sur l’essentiel.

    Une dynamique de rassemblement des forces progressistes

    La rencontre a également permis de réaffirmer la volonté de reconstruire une gauche ivoirienne unie et crédible face aux grands blocs politiques dominants. Pour Charles Blé Goudé, cette union est non seulement stratégique, mais indispensable pour peser dans le débat public et défendre une vision alternative de gouvernance axée sur la justice sociale et l’égalité.

    Le leader du COJEP a profité de l’occasion pour adresser à la jeunesse un message dans lequel il évoque les épreuves traversées par la génération militante issue des années de crise. « Derrière nos sourires, il y a des blessures que nous portons à vie. Nous avons traversé des chemins difficiles, mais la lutte continue. Avec le soutien de personnalités comme Ahoua Don Mello, notre jeunesse peut se sentir encouragée », a-t-il conclu.

    La collaboration annoncée entre les deux hommes pourrait marquer une étape importante dans la recomposition du paysage politique ivoirien à gauche, à environ deux mois du scrutin présidentiel.

    Serge Ouitona