Auteur/autrice : iciabidjan

  • RDR, un parti au pouvoir avec les réflexes de l’opposition (Opinion)

    RDR, un parti au pouvoir avec les réflexes de l’opposition (Opinion)

    Le Rassemblement des Républicains (RDR), devenu le cœur du RHDP, gouverne la Côte d’Ivoire depuis plus d’une décennie. Pourtant, à observer ses pratiques et ses réflexes, on pourrait croire qu’il est encore dans l’opposition. C’est le paradoxe d’un parti qui, malgré son installation durable aux commandes de l’État, semble incapable de se départir de sa vieille culture de contestation et de confrontation.

    Des enlèvements là où une convocation aurait suffit. Le signe le plus frappant de cette dérive est la gestion des voix discordantes. Dans un État de droit normalisé, un citoyen soupçonné de dérapage, qu’il soit journaliste, activiste ou opposant, devrait simplement recevoir une convocation régulière des forces de l’ordre ou de la justice. Mais au lieu de cela, ce sont des enlèvements en pleine rue, des arrestations musclées et spectaculaires qui deviennent la norme. Les exemples récents abondent : Le PPA-CI de Laurent Gbagbo a dénoncé en août 2025 l’« enlèvement » d’au moins six militants, conduits vers des destinations inconnues avant que certains ne soient retrouvés à la préfecture de police.

    Le ministre Charles Rodel Dosso a été arrêté par des hommes encagoulés à son domicile à Bingerville, sans mandat présenté, alors qu’une convocation officielle aurait suffi. Des cadres comme Dia Houphouët et Damana Pickass ont été convoqués à la préfecture de police et auditionnés toute la nuit, de 22h à 5h du matin, dans des conditions qui relèvent plus de l’intimidation que de la procédure régulière.

    Ces pratiques, dignes de régimes aux abois, rappellent davantage les réflexes de l’opposition harcelée que le comportement d’un pouvoir serein et légitime. Le RDR, qui a lui-même souffert de brimades et d’injustices quand il était minoritaire, semble aujourd’hui reproduire les méthodes qu’il dénonçait hier.

    Un parti prisonnier de ses réflexes

    En se comportant comme s’il devait toujours prouver sa légitimité ou museler ses adversaires, il entretient une atmosphère d’insécurité politique qui fragilise la confiance entre gouvernants et gouvernés. Or, un parti au pouvoir devrait se distinguer par la hauteur, la stabilité et la capacité à apaiser.

    Au lieu d’user des outils institutionnels que la République met à sa disposition – convocation judiciaire, débats démocratiques, mécanismes de régulation – le RDR préfère brandir la peur et la répression. Une telle posture traduit moins la force d’un parti dominant que l’angoisse d’un mouvement encore enfermé dans ses vieux réflexes de lutte.

    La question est donc claire : comment un parti qui a tant revendiqué la démocratie peut-il, une fois installé au pouvoir, persister à gouverner avec les armes de l’opposition ? À force de confondre gouvernance et intimidation, le risque est grand que le RDR/RHDP finisse par se déconnecter des aspirations profondes du peuple, celui-là même dont il se réclame l’héritage.

    Stéphane Kool

    Intelligence marketing advisor

  • Journalistes de Guinée, demandons pardon à Alpha Condé

    Journalistes de Guinée, demandons pardon à Alpha Condé

    Il faut avoir le courage de le dire : Alpha Condé a été diabolisé, lynché médiatiquement, cloué au pilori par la presse guinéenne qui aujourd’hui s’aplatit devant une junte militaire illégale et illégitime. Les journalistes, les leaders politiques, une partie des citoyens, tous s’étaient ligués pour faire de lui la bête noire à abattre. On l’a insulté, caricaturé, traité de tous les noms d’oiseaux. Son troisième mandat, certes contestable, a servi de prétexte à une vaste campagne de démolition systématique sans nuance, alimentée par des plumes complaisantes de la presse et des émissions commanditées par l’hypocrisie d’opposants pressés de goûter au pouvoir, et qui soutiennent actuellement la dictature féroce parce qu’ils sont désormais à la mangeoire.

    Et pourtant, les faits sont têtus : durant ses 11 années au pouvoir, Alpha Condé est resté, malgré ses erreurs, le seul président guinéen à avoir ouvert l’espace public, permis l’expression libre, toléré la critique, accepté l’insolence même. On le vilipendait chaque jour à la radio, à la télévision, dans les rues. On l’a défié sans être systématiquement traqué, emprisonné ou réduit au silence. Voilà la vérité que les consciences honnêtes doivent admettre aujourd’hui : Alpha Condé était, paradoxalement, le véritable démocrate dans un pays qui n’avait jamais connu autant de libertés depuis son indépendance.

    Aujourd’hui, le contraste est brutal et même insupportable. Depuis le 5 septembre 2021, la Guinée est plongée dans une nuit sombre remplie de cauchemars : arrestations arbitraires, kidnappings, disparitions forcées, tortures humaines, répression, oppression et assassinats ciblés. Tout se passe au rythme de la désacralisation de la dignité humaine et des valeurs républicaines. Opposants et journalistes réduits au silence, médias bâillonnés, justice enterrée, droits des citoyens bafoués, constitution privatisée, libertés écrasées sous les bottes sanglantes. Plus personne n’ose critiquer. Plus personne n’ose manifester. Plus personne n’ose dénoncer. Les leaders politiques, autrefois messagers de la démocratie sous Alpha Condé, se sont alignés et agenouillés, par cupidité devant la junte, dans sa volonté de confisquer le pouvoir, quel qu’en soit le prix et les conséquences pour le pays. Les journalistes se sont tus, préférant la servitude à la dignité. Quant aux citoyens, désabusés ou terrorisés, ils se sont résignés, réduits en statues de marbre.

    Bref, il faut dire que la Guinée « rebelle », celle qui osa dire « Non » à De Gaulle, se laisse aujourd’hui recoloniser dans une indignité semblable à celle que les colons blancs nous avaient imposée. La mémoire de nos aïeux a été souillée par l’immoralité, et le sang des martyrs de la lutte pour la dignité et la démocratie a été banalisé, profané, réduit à néant par l’asservissement de notre peuple aux princes autoproclamés dont le seul diplôme reste la violence des armes.

    Voilà où nous a mené l’acharnement aveugle contre Alpha Condé : à livrer le pays pieds et mains liés à l’une des dictatures les plus cyniques du moment. Alpha Condé, cible privilégiée d’hier, qu’on accusait de tous les maux, a été brutalement évincé par des bourreaux qui détruisent la République en silence sans foi ni loi, sans contre-pouvoir, sans contre-discours. Et chacun, par son alignement ou par son silence, porte la responsabilité de cette tragédie honteuse.

    Moi-même, je le confesse, j’ai participé à ce lynchage médiatique, mais avec conviction. J’ai cru, en combattant Alpha Condé, servir la démocratie, la justice sociale et la vérité du peuple. Mais aujourd’hui, le constat est implacable : nous nous sommes trompés d’adversaire. Nous avons combattu celui qui, malgré ses défauts, avait permis davantage de libertés, pour livrer le pays à ceux qui l’étouffent cruellement et sans vergogne. C’est pourquoi nous, journalistes, devons continuer à lutter pour rendre à notre peuple ce qui lui a été arraché de plus cher par notre complicité : la dignité, la liberté et la souveraineté.

    Alors oui, journalistes de Guinée, il est temps de faire acte d’humilité : demandons pardon à Alpha Condé. Non pas pour sanctifier son bilan ou effacer les fautes de son régime, mais parce que notre acharnement d’hier et notre silence d’aujourd’hui nous condamnent deux fois. Parce que nous avons failli à notre mission sacrée : être la voix du peuple, la sentinelle de la République, la conscience critique de la nation, et non les bras médiatiques des fossoyeurs qui nous répriment dans la terreur.

    L’histoire jugera. Mais déjà, le peuple sait et il n’oubliera pas que ceux qui ont crié à la dictature hier se taisent devant la tyrannie aujourd’hui en sacrifiant la vérité sur l’autel de la peur, du confort, et de la compromission.

    Mamoudou Babila KEÏTA
    Journaliste d’investigation
    Éditorialiste – Voix libre en exil

  • LES ÉTATS-UNIS CHEZ AFFI N’GUESSAN APRÈS SON APPEL À L’ARRÊT DU PROCESSUS ÉLECTORAL

    LES ÉTATS-UNIS CHEZ AFFI N’GUESSAN APRÈS SON APPEL À L’ARRÊT DU PROCESSUS ÉLECTORAL

    Le président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, a reçu, ce vendredi 12 septembre 2025, une délégation de l’Ambassade des États-Unis à Abidjan, au lendemain de sa demande publique de reprise du processus électoral.

    La rencontre s’est tenue au siège du parti, aux Deux-Plateaux Vallons, en présence de plusieurs cadres du FPI, dont le secrétaire général et porte-parole Gnépa Barthélémy, la vice-présidente Yvonne Abané, ainsi que des membres de la direction, apprend-on du parti. La délégation américaine était conduite par Jennifer Bah, responsable politico-économique, accompagnée de son assistant politique, Landry Dohou Bi.

    Selon le communiqué du FPI, les discussions ont porté sur la situation politique nationale et plus particulièrement sur le processus électoral en cours. Pascal Affi N’Guessan a profité de l’occasion pour réaffirmer son opposition à son exclusion de la course présidentielle, qu’il juge « arbitraire, injuste et inacceptable », et a plaidé pour un processus électoral « inclusif et transparent ».

    Contestation du Conseil constitutionnel

    Pascal Affi N’Guessan figure parmi les 55 candidats recalés par le Conseil constitutionnel, qui a validé seulement cinq dossiers sur les 60 déposés pour la présidentielle du 25 octobre 2025. Comme Laurent Gbagbo, Assalé Tiémoko, ou Vincent Toh Bi Irié, il a vu son dossier rejeté pour défaut de parrainages.

    Cette audience intervient au lendemain d’une conférence de presse au cours de laquelle le président du FPI a exigé la reprise du processus électoral. « Le processus électoral doit être repris à zéro sur des bases objectives et transparentes et naturellement sans Alassane Ouattara », a-t-il déclaré, appelant le chef de l’État sortant à renoncer à une candidature qu’il qualifie « d’inconstitutionnelle et immorale ».

    Le leader du FPI conteste la décision du Conseil constitutionnel, affirmant que les chiffres retenus par la juridiction suprême ne correspondent pas à ceux transmis par son équipe à la Commission électorale indépendante (CEI).

    « Le Conseil constitutionnel nous attribue 46 546 parrainages alors que sur la clé USB déposée à la CEI, le chiffre s’élève à 44 382 parrains dans 20 régions », a-t-il dénoncé.

    Estimant que son dossier a été « falsifié », l’ancien Premier ministre a annoncé avoir saisi le procureur de la République et déposé une plainte contre X. « Nous demandons une enquête, que la justice recherche qui est à l’origine de cette falsification », a-t-il affirmé, évoquant un « crime presque parfait » avec une différence de 2 164 parrainages.

    Un climat politique tendu

    Le rejet de candidatures majeures de l’opposition a ravivé les tensions à quelques semaines du scrutin. Plusieurs leaders, dont Laurent Gbagbo, ont engagé des consultations pour définir une stratégie commune. Gbagbo et Affi se sont d’ailleurs rencontrés le 10 septembre pour discuter de la conduite à tenir face à ce qu’ils considèrent comme une « mise à l’écart arbitraire ».

    Les États-Unis, qui multiplient les rencontres avec les acteurs politiques ivoiriens, n’ont pas communiqué publiquement sur cette audience. Mais leur implication est perçue comme un signe d’attention particulière portée au climat politique à l’approche d’une présidentielle considérée comme décisive.

    Samuel KADIO

  • Côte d’Ivoire: « Déjouer les calculs du RHDP avec un candidat unique de l’opposition dès le 1er tour » (opinion)

    Côte d’Ivoire: « Déjouer les calculs du RHDP avec un candidat unique de l’opposition dès le 1er tour » (opinion)

    Par Christ Levry

    En 2010, le RDR justifiait le recours à la violence en accusant le Conseil constitutionnel d’avoir invalidé, à tort, des milliers de voix en faveur de son candidat. Quinze ans plus tard, l’histoire semble se répéter. Ce même Conseil constitutionnel vient d’invalider, dans l’opacité la plus totale et en violation flagrante du Code électoral, des dizaines de milliers de parrainages, sous prétexte qu’ils seraient frauduleux.

    Le travail des militants balayé d’un revers de main

    S’agissant du FPI, j’ai suivi de près les opérations de collecte et de validation des parrainages. Les militants et sympathisants étaient particulièrement motivés à l’idée de parrainer le président Affi N’Guessan. Nous avons largement dépassé le seuil d’1 % exigé dans plus de la moitié des régions et districts du pays.

    Nos équipes, parfois débordées, avaient anticipé les cas de doublons en constituant une réserve conséquente de parrainages. Nous avions même mobilisé de brillantes étudiantes issues de la meilleure école de TIC du pays pour renforcer le dispositif. Face à un tel travail de fond, être accusés de fraude ne peut susciter qu’un sentiment de révolte légitime.

    Mais la politique impose de dépasser l’émotion. Le pragmatisme doit guider nos choix.

    Le piège du découragement

    Depuis des mois, j’ai encouragé mes amis du PDCI et du PPACI à ne pas céder au découragement après les coups portés à leurs leaders respectifs. Je leur ai rappelé que leur place était dans la bataille électorale, non en marge.

    Aujourd’hui, le Conseil constitutionnel m’a placé dans la même situation qu’eux. Pourtant, ma conviction ne change pas : nous devons participer à cette élection présidentielle et sanctionner le RHDP dans les urnes.

    Fausser les calculs du RHDP

    Les calculs du pouvoir sont limpides :

    Le PDCI ne soutiendra jamais Billon,

    La gauche, le PPACI et les proches de Gbagbo ne soutiendront ni Don Mello ni Simone Gbagbo.

    Mais le RHDP n’imagine pas voir Tidjane Thiam diriger la campagne de Billon. Il n’imagine pas non plus Laurent Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan, Charles Blé Goudé, Simone Gbagbo et Ahoua Don Mello partager le même podium pour battre campagne ensemble.

    À ce front uni pourraient s’ajouter des leaders comme Assalé Tiémoko ou Vincent Toh Bi, également écartés du jeu politique.

    Le choix historique

    Nous avons deux options : sombrer dans les discours défaitistes ou poser un acte politique majeur en présentant un candidat unique de l’opposition dès le premier tour. C’est la seule stratégie capable de fausser les calculs du RHDP et d’ouvrir la voie à une véritable alternance en octobre 2025.

    La balle est dans notre camp.

  • France : Sébastien Lecornu nommé Premier ministre

    France : Sébastien Lecornu nommé Premier ministre

    Emmanuel Macron a nommé Sébastien Lecornu Premier ministre, après le renversement du gouvernement Bayrou par l’Assemblée nationale.

    Le président Emmanuel Macron a nommé mardi Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre, au lendemain du renversement du gouvernement de François Bayrou par l’Assemblée nationale.

    Âgé de 39 ans, Sébastien Lecornu, ancien plus jeune ministre des Armées, accède à la tête du gouvernement dans un climat d’instabilité politique, après le rejet massif du plan d’austérité de François Bayrou.

    Le gouvernement sortant a été sanctionné, lundi, par un vote de défiance historique : 364 députés sur 573 présents ont rejeté son projet, contre seulement 194 soutiens et 15 abstentions. Le Premier ministre déchu avait engagé sa responsabilité sur ce plan de rigueur de 47 milliards d’euros, incluant des réformes sensibles comme celle des retraites et des coupes dans les dépenses sociales.

    En choisissant Sébastien Lecornu, Emmanuel Macron fait le pari d’un profil expérimenté et loyal, capable de négocier avec une Assemblée fragmentée et de rétablir une stabilité gouvernementale. Le nouveau chef du gouvernement devra rapidement engager des consultations pour préparer le budget 2026 et tenter d’apaiser un climat social tendu, alors que des mouvements de contestation annoncent de nouvelles mobilisations dans tout le pays.

    AC/Sf/APA

  • Mondial 2026 qualification : exploit historique des Requins Bleus du Cap-Vert face au Cameroun

    Mondial 2026 qualification : exploit historique des Requins Bleus du Cap-Vert face au Cameroun

    Dans l’ambiance électrique de l’Estádio Nacional de Cabo Verde à Praia, les Requins Bleus ont réalisé l’exploit de la journée ce mardi 9 septembre 2025. En s’imposant 1-0 face aux redoutables Lions Indomptables du Cameroun, le Cap-Vert a franchi un pas de géant vers une première qualification historique en Coupe du Monde. Cette victoire précieuse place l’archipel atlantique en position de force dans le groupe D des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026.

    Cette rencontre au sommet du groupe D de qualification pour la Coupe du Monde 2026 a tenu ses promesses et s’est terminé par la victoiresurprise du Cap-Vert. Le héros de cette soirée magique se nomme Dailon Rocha Livramento. À la 54e minute, l’attaquant de 23 ans, prêté par l’Hellas Vérone au Casa Pia Atlético Clube, a inscrit l’unique but de la rencontre d’une manière spectaculaire. Profitant d’une perte de balle camerounaise au milieu de terrain, le jeune prodige cap-verdien a entamé une course folle de 50 mètres, résistant aux retours désespérés de Mbeumo, Wooh et Boyomo, avant de crucifier André Onana d’un geste précis.

    Cette réalisation magistrale vient couronner les excellentes performances de Livramento dans ces éliminatoires, lui qui avait déjà brillé lors des précédentes journées avec notamment un doublé face à l’Angola en mars dernier.

    Un scénario cruel pour les Lions Indomptables

    Pour le Cameroun de Marc Brys, le scénario est particulièrement cruel. Dominateurs dans l’engagement et souvent dangereux, les Lions Indomptables ont multiplié les occasions sans parvenir à concrétiser. Vincent Aboubakar, capitaine et figure emblématique de la sélection, est resté muet face à une défense cap-verdienne remarquablement organisée.

    Un groupe D complètement bouleversé

    Cette victoire bouleverse totalement la hiérarchie du groupe D. Désormais, avec 19 points au compteur, le Cap-Vert creuse un écart de 4 points sur le Cameroun (15 points), qui se retrouve dans une situation précaire. Les Requins Bleus prennent une option sérieuse sur la qualification directe.

    Derrière, la Libye avec 11 points reste mathématiquement en course mais sans grand espoir, tandis que l’Angola, l’île Maurice et l’Eswatini sont définitivement hors jeu.

    Un rêve qui devient réalité

    Pour cette nation insulaire de 550 000 habitants, ce succès face au Cameroun, quintuple vainqueur de la CAN et habitué des Coupes du Monde, est la confirmation que les Requins Bleus peuvent rivaliser avec les géants du continent africain. Rappelons que le Cap-Vert avait subi une lourde défaite 4-1 à Yaoundé lors de la 3e journée en juin 2024. Cette revanche éclatante témoigne de la progression de cette équipe cap-verdienne, portée par une génération ambitieuse qui a déjà brillé lors de la CAN 2023.

    Cette rencontre avait été précédée de polémiques extra-sportives. Le Cameroun avait accusé les organisateurs cap-verdiens de sabotage après qu’une séance d’entraînement ait été perturbée dimanche à l’Estadio da Várzea, où un match était en cours à l’heure prévue pour la préparation des Lions.

    La Fédération cap-verdienne avait fermement démenti ces accusations, parlant d’un simple malentendu. Sur le terrain, les Requins Bleus ont répondu de la plus belle des manières, prouvant que leur force résidait dans leur jeu et non dans d’hypothétiques stratégies psychologiques.

    L’équation pour la qualification

    Avec cette victoire capitale, le Cap-Vert se trouve dans une position idéale pour décrocher sa première qualification historique pour une Coupe du Monde. Il reste encore deux journées d’éliminatoires en octobre, mais les insulaires n’ont besoin que d’une seule victoire supplémentaire pour valider définitivement leur billet pour l’Amérique du Nord.

    Pour le Cameroun, en revanche, la situation devient critique. Avec 4 points de retard sur le leader et seulement deux matchs restants, les Lions Indomptables n’ont plus leur destin entre leurs mains. Marc Brys et ses joueurs devront impérativement réagir et espérer deux faux pas cap-verdien pour continuer à rêver du Mondial 2026.

    Amadou Atar

  • Présidentielle 2025/ Rejet de la candidature de Gbagbo:  » dans les jours à venir, le parti va donner la conduite à tenir  » (Dano Djédjé)

    Présidentielle 2025/ Rejet de la candidature de Gbagbo:  » dans les jours à venir, le parti va donner la conduite à tenir  » (Dano Djédjé)

    Le parti des peuples africains-Côte d’Ivoire ( PPA-CI), la formation politique de Laurent Gbagbo a réagi officiellement le mardi 09 septembre 2025 à la décision de rejet de la candidature de celui-ci par le Conseil Constitutionnel pour l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025.

    En conférence de presse au siège du PPA-CI, Sébastien Dano Djédjé, le président exécutif du Parti et Me Habiba Touré, cheffe de cabinet et porte-parole de M. Gbagbo, ont dénoncé « l’irrecevabilité » de la candidature de leur mentor à ce scrutin présidentiel affirmant que le conseil constitutionnel  » a manqué à son rôle de gardien de la loi fondamentale ».

    Par ailleurs, M. Dano a annoncé que  » la bataille politique va continuer  » et que  » dans les jours à venir, le parti va se réunir pour donner la conduite à tenir « .

     » La bataille politique va continuer. Nous sommes dans la lutte politique pour le refus du 4ème mandat et le rejet de la candidature du président Laurent Gbagbo. Nous nous battrons pour que la constitution soit respectée. Dans les jours à venir, nous allons nous réunir en tant que parti politique, pour donner la conduite à tenir « , a dit le président exécutif du PPA-CI.

    De l’avis de M. Dano, en déclarant la candidature de M. Gbagbo irrecevable,  » le conseil constitutionnel a spolié le président Gbagbo de ses droits « .

     » Nous sommes convaincus que le président Laurent Gbagbo sera candidat à l’élection présidentielle. Nous mènerons cette lutte selon les moyens que la constitution de Côte d’Ivoire met à notre disposition « , a-t-il précisé.

    A la question de savoir les éventuelles actions que mèneront le PPA-CI pour faire participer son  » champion  » à ce scrutin présidentiel eu égard à l’insusceptibilité de recours des décisions de la juridiction constitionnelle, M. Dano a soutenu que:  » ici en Côte d’Ivoire, les décisions du conseil constitutionnel sont susceptibles de recours « .

    Dans le même élan, Me Habiba Touré a estimé que « l’irrecevabilité de la candidature de M. Gbagbo déclarée par le Conseil Constitutionnel  » est une décision très grave « .

     » Sa candidature a été rejetée au mépris de la constitution et au mépris de l’égalité. Le Conseil constitutionnel a manqué à son rôle de gardien de la loi fondamentale. Le Conseil constitutionnel n’a pas respecté la de décision du comité des droits de l’homme de l’ONU », a déploré Me Habiba Touré.

    Selon elle, le juge constitutionnel  » a appliqué au président Gbagbo une règle différente  » concernant le parrainage citoyen.

     » C’est une discrimination manifeste « , a dénoncé Me Habiba Touré.

    Lundi dernier, le conseil constitutionnel ivoirien a dévoilé la liste définitive des candidats retenus pour l’élection du président du 25 octobre 2025.

    Cinq candidat, à savoir le président sortant Alassane Ouattara , la présidente du MGC Simone Gbagbo et les anciens ministres Jean Louis Billon, Ahoua Don Mello et Henriette Lagou, ont été retenus pour ce scrutin présidentiel d’octobre prochain.

    Parmi les recalés, au nombre de 55, figurent des personnalités issues des principaux partis de l’opposition comme Laurent Gbagbo ( PPA-CI), Cheick Tidjane Thiam ( PDCI-RDA) et Pascal Affi N’Guessan ( FPI).

    L.Barro

  • SIMONE GBAGBO: “LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL A FAIT UN BON TRAVAIL”

    SIMONE GBAGBO: “LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL A FAIT UN BON TRAVAIL”

    « C’est du bon travail », a déclaré Simone Ehivet Gbagbo après la validation de sa candidature par le Conseil constitutionnel, ce lundi 8 septembre 2025. L’ex-Première Dame, désormais en lice pour la présidentielle d’octobre, a exprimé sa joie et appelé les électeurs à soutenir son projet d’alternance.

    Au quartier général du Mouvement des Générations Capables (MGC), l’ambiance oscillait entre tension et espoir ce lundi après-midi. Simone Ehivet Gbagbo, présidente du parti et figure emblématique de la vie politique ivoirienne, a suivi en direct sur la chaîne 7info la lecture des décisions du Conseil constitutionnel.

    Calmement assise dans son fauteuil, le regard fixé sur l’écran, elle a retenu son souffle jusqu’à l’annonce tant attendue : son nom figurait bel et bien sur la liste définitive des candidats retenus pour le scrutin présidentiel du 25 octobre 2025. Dans ce salon exigü, un soulagement général et des applaudissements ont accueilli la nouvelle.

    Visiblement émue, Simone Gbagbo a livré sa première réaction : « Une très grosse émotion… je ressens beaucoup de joie et je rends grâce à Dieu. Nous sommes en chemin vers quelque part, et cette étape-ci était importante. Nous avons remporté cette victoire au niveau du Conseil constitutionnel. Le plus gros reste à venir devant nous, mais c’est une grande étape franchie et nous en sommes heureux. »

    L’ex-Première Dame a également salué le travail des juges électoraux : « Je remercie le Conseil constitutionnel qui a fait son travail, qui a tenu à donner des détails de ce qui a motivé chacune de ses décisions. C’est du bon travail. Merci au Conseil constitutionnel. »

    Appelant ses partisans et au-delà, l’ensemble des électeurs ivoiriens à se mobiliser, elle a lancé : « Aux militants du MGC, aux alliés, et à tous les Ivoiriens électeurs, je dis que c’est un grand défi qui nous est lancé : le défi de l’alternance. J’appelle tous les électeurs à venir soutenir ma candidature pour que nous allions à la victoire le 25 octobre. »

    Si Simone Gbagbo a préféré savourer en champagne cette étape franchie, ses proches ont interprété cette validation comme un signal fort : la présidente du MGC est bel et bien en lice pour une bataille présidentielle qui s’annonce décisive.

    E. Tristan SAHI 

  • Présidentiel 2025 : Le droit a été dit (Le Patriote)

    Présidentiel 2025 : Le droit a été dit (Le Patriote)

    Les candidats pour l’élection présidentielle sont connus. Ils sont cinq. Alassane Ouattara, Simone Ehivet épouse Gbagbo, Billon Jean Louis Eugène, Ahoua Don Mello et Lagou Adjoua Henriette ont été retenus par le Conseil Constitutionnel parmi les 60 dossiers de candidature déposés à la Commission électorale indépendante (CEI). Ce qu’il faut retenir, c’est que les soixante dossiers sont passés au peigne fin par le juge constitutionnel. C’est à l’issue de cet exercice que la liste finale des candidats pour l’élection présidentielle 2025 a été arrêtée. 

    C’est connu, les décisions du Conseil constitutionnel ne reposent point sur le bon-vouloir de ses membres. Mais sur la Constitution et les lois en vigueur traitant de la matière électorale, c’est-à-dire les dispositions du code électoral.

    Les aspirants au poste du Président de la République sont-ils exclusivement ivoiriens? Ont-ils  la qualité d’électeur? Ont-ils l’âge exigé? Ont-ils réuni les parrainages nécessaires? Ont-ils payé la caution de 50 millions de FCFA exigée par les lois? Ce sont  autant de cases que chacun devait  remplir pour être retenu sur la liste en vue de prendre part au sprint final vers le palais présidentiel.

    Le Conseil constitutionnel a délibéré en toute transparence et en toute impartialité. Le droit a été dit.

    LO

  • « JAMAIS NOUS NE BRÛLERONS LE PAYS, BONNE CHANCE AUX CANDIDATS »: FABRICE LAGO RÉAGIT À L’INVALIDATION DE GBAGBO

    « JAMAIS NOUS NE BRÛLERONS LE PAYS, BONNE CHANCE AUX CANDIDATS »: FABRICE LAGO RÉAGIT À L’INVALIDATION DE GBAGBO

    Après l’invalidation de la candidature de Laurent Gbagbo, Fabrice Lago, cadre du PPA-CI, appelle au calme et à la discipline, tout en souhaitant bonne chance aux candidats retenus.

    Au lendemain de la décision du Conseil constitutionnel écartant la candidature de Laurent Gbagbo de l’élection présidentielle d’octobre, Fabrice Lago, secrétaire national technique en charge du marketing politique du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), a appelé ses partisans au calme et au respect des institutions.

     « Bonne chance aux candidats retenus. Quant à nous, jamais nous ne brûlerons la Côte d’Ivoire », a déclaré le cadre du PPA-CI, parti leader du Front commun, dans une publication diffusée mardi 9 septembre sur Facebook. Une prise de position qui contraste avec les annonces récentes des partisans des deux leaders, qui ont plusieurs fois indiqué leur intention d’intensifier les marches de protestation dans les semaines à venir, après le succès de celle du 9 août dernier à Yopougon.

    « Nos adversaires jubilent »

    Figure montante du paysage politique ivoirien, Fabrice Lago joue un rôle stratégique dans la communication et la mobilisation du PPA-CI et du Front commun. Il est également reconnu pour ses interventions médiatiques percutantes, lors desquelles, il a défendu avec fermeté la candidature « non négociable » de Laurent Gbagbo. Sa réaction à l’invalidation de cette candidature revêt donc une importance particulière.

    Dans son texte, M. Lago a indiqué être entouré d’une centaine de jeunes militants qui l’ont choisi comme mentor et qu’il exhorte à défendre « des principes » plutôt que de céder à la « politique politicienne ». Selon lui, l’exclusion de Laurent Gbagbo de la liste électorale relève d’une « manigance politique » visant à effacer son combat et son héritage.

    « Depuis hier, nos adversaires jubilent. Ils croient avoir réglé une question politique par un simple trait de plume », a-t-il écrit, estimant que « l’Histoire enseigne une chose essentielle : on ne bâillonne pas un principe ».

    La marche à suivre, encore attendue

    Laurent Gbagbo, acquitté en 2021 par la Cour pénale internationale mais pas amnistié par le président Alassane Ouattara, avait vu sa candidature déclarée irrecevable le 8 septembre. Le Conseil constitutionnel a jugé qu’il ne remplissait pas la condition d’inscription sur la liste électorale et que ses parrainages étaient insuffisants, confirmant ainsi sa radiation contestée.

    Pour Fabrice Lago, l’ancien président incarne « une lutte constante pour la démocratie et la souveraineté » et son rejet de la compétition vise à « museler la voix du peuple ». Toutefois, il a assuré que le PPA-CI ne répondra pas par la violence. « Jamais nous ne rendrons ce pays ingouvernable », a-t-il insisté.

    Évoquant l’avenir de l’opposition, le cadre du PPA-CI s’est dit favorable à une éventuelle union autour d’un autre candidat, citant notamment Henriette Lagou, dont la candidature a été validée par le Conseil constitutionnel.

    « La direction du parti indiquera la marche à suivre, et nous nous y appliquerons, fièrement, toujours accrochés à nos principes et à nos valeurs », a conclu Fabrice Lago, appelant ses partisans à la patience et à la discipline.

    La campagne électorale pour la présidentielle se déroulera du 10 au 23 octobre. Outre Ahoua Don Mello et Henriette Lagou, les candidatures de Simone Ehivet Gbagbo, Jean-Louis Billon et Alassane Ouattara ont également été validées.

    Samuel KADIO

  • Enteromix : le vaccin anticancer russe affiche 100 % d’efficacité lors des premiers essais

    Enteromix : le vaccin anticancer russe affiche 100 % d’efficacité lors des premiers essais

    La Russie annonce un nouveau vaccin thérapeutique contre le cancer qui a montré une efficacité totale et sans effets secondaires graves lors de premiers essais cliniques. Baptisé Enteromix, il est basé sur la technologie de l’ARN messager et pourrait ouvrir la voie à un traitement plus sûr et personnalisé.

    Présenté au Forum économique international de Saint-Pétersbourg 2025, Enteromix, le vaccin russe, a été testé sur 48 patients atteints de cancer colorectal. Les résultats se sont révélés prometteurs puisque tous ont constaté une régression de leurs tumeurs, sans complications importantes. L’essai a été mené par le Centre national de recherche médicale en radiologie en collaboration avec l’Institut Engelhardt de biologie moléculaire.

    Selon les chercheurs, la particularité d’Enteromix réside dans sa technologie. Conçu sur la base de l’ARN messager, déjà utilisé pour les vaccins anti-Covid, il adopte une approche personnalisée. Chaque dose est préparée à partir du profil génétique de la tumeur du patient, permettant ainsi au système immunitaire de reconnaître et d’éliminer les cellules cancéreuses de manière ciblée. Cette innovation ouvre la voie à une alternative plus douce et potentiellement plus efficace que les traitements lourds comme la chimiothérapie.

    La question du coût a également été abordée. Le prix d’un traitement avoisinerait 3.000 euros par patient, mais les autorités russes ont assuré que l’accès serait gratuit pour les malades, ce qui renforcerait la portée sociale et médicale du projet.

    Reste maintenant à savoir si ces résultats encourageants seront confirmés dans des essais plus larges. Si tel est le cas, Enteromix pourrait transformer le paysage de la cancérologie mondiale en offrant des traitements plus efficaces et moins invasifs. L’attente est immense, notamment dans les pays où la charge du cancer reste élevée.

    Cependant, plusieurs défis demeurent, qu’il s’agisse de la production individualisée, de la logistique de conservation ou encore des validations réglementaires. La communauté scientifique internationale suit donc avec attention les prochaines étapes pour déterminer si Enteromix restera une promesse ou s’imposera comme une véritable réalité thérapeutique.

    SALOUA ISLAH 

  • RCI: 5 candidats en lice dont Ouattara; Gbagbo et Thiam inéligibles

    RCI: 5 candidats en lice dont Ouattara; Gbagbo et Thiam inéligibles

    Le Conseil constitutionnel ivoirien a proclamé, ce lundi 8 septembre 2025, la liste définitive des candidats à l’élection du président de la République, prévue le 25 octobre 2025.

    La proclamation a été faite par la présidente du Conseil constitutionnel, Mme Chantal Camara Nanaba. Le Conseil constitutionnel a déclaré cinq candidats éligibles :  Henriette Lagou (Groupement des Partenaires Politiques pour la Paix, GP-PAIX), Alassane Ouattara (RHDP, pouvoir).

    La candidature de l’ex-ministre du Commerce Jean-Louis Billon (Congrès Démocratique, CODE), un cadre du PDCI, a été retenue, ainsi que celle de l’ex-Première dame Ehivet Simone Épouse Gbagbo Mouvement des Générations Capables, MGC) et de Ahoua Don-Mello Jacob (Indépendant).

    La candidature de Pascal Affi N’Guessan, le président du Front Populaire Ivoirien (FPI, opposition) a été déclarée irrecevable pour cause de parrainages en double sur plusieurs listes et un déficit de 20.504 parrainages.

    Le dossier de candidature de l’ex-CEO de Crédit Suisse, Tidjane Thiam, le président du PDCI (opposition), a été jugé irrecevable pour non inscription de M. Thiam sur la liste électorale. Et ce, parce que n’ayant pas la qualité d’électeur, une condition d’éligibilité.

    La candidature de l’ex-président Laurent Gbagbo a été également rejetée par le Conseil constitutionnel pour non inscription sur la liste électorale. Pour le PPA-CI, la condamnation de M. Gbagbo pour « braquage de la Bceao » est irrégulière, car dans l’exercice de ses fonctions, il devrait être jugé par la Haute cour de justice. Cette requête a été rejetée par le Conseil électoral.

    Le PDCI a demandé au Conseil constitutionnel une nouvelle révision de la liste électorale pour permettre à M. Tidjane Thiam de s’inscrire sur la liste électorale, mais le Conseil a soutenu qu’il n’est pas juge du contentieux sur la liste électorale, un rôle dévolu à la Commission électorale.

    Le pasteur Wilfried Amagou Zahui n’a pas été retenu sur la liste définitive à l’instar de Antoine Assalé Tiémoko (Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire, ADCI) et l’ex-préfet d’Abidjan, Vincent Toh Bi (Indépendant), pour parrainages insuffisants.

    Le Conseil constitutionnel qui a reçu le 29 août 2025, les dossiers de candidature transmis par la Commission électorale indépendante (CEI), a publié ce jour la liste provisoire des candidats, annonçant 60 candidats provisoires.

    Les dossiers de candidatures ont été déposés du 1er juillet au 26 août 2025 auprès de la Commission électorale indépendante (CEI). Pour l’opposition, la candidature du président sortant Alassane Ouattara, candidat du RHDP (pouvoir), qui rempile pour un 4e mandat, est « anticonstitutionnel ».

    Liste des candidats retenus  

    1 Henriette Lagou (Groupement des Partenaires Politiques pour la Paix, GP-PAIX), recevable

    2 Jean-Louis Billon (Congrès Démocratique, CODE)

    3 Ehivet Simone Épouse Gbagbo Mouvement des Générations Capables, MGC),

    4 Ahoua Don-Mello Jacob (Indépendant)

    5 Alassane Ouattara (RHDP, pouvoir)

    AP/APA 

  • 75 ANS DU PORT D’ABIDJAN : DES CHIFFRES IMPRESSIONNANTS ET UN AVENIR AMBITIEUX

    75 ANS DU PORT D’ABIDJAN : DES CHIFFRES IMPRESSIONNANTS ET UN AVENIR AMBITIEUX

    Le Port Autonome d’Abidjan (PAA) a lancé vendredi 5 septembre 2025 les festivités de son 75ᵉ anniversaire lors d’une conférence de presse au siège de Treichville. Le Directeur général, Hien Yacouba Sié, y a dressé le bilan d’un parcours jalonné de transformations profondes, tout en présentant les perspectives d’un nouveau cycle de modernisation.

    Ouvert à la navigation en 1950 grâce au Canal de Vridi, le Port d’Abidjan s’est rapidement imposé comme la principale porte océane de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique de l’Ouest. De simple « service spécial maritime » rattaché aux Travaux publics, il est devenu en 1971 un Établissement public à caractère industriel et commercial, avant d’être érigé en société d’État en 1992. Tout au long de cette évolution, l’ambition est restée la même : soutenir la croissance d’une économie tournée vers le monde.

    « Le développement du Port d’Abidjan s’est principalement appuyé sur trois plans directeurs », a rappelé Hien Yacouba Sié. Les deux premiers (1951-1967 et 1963-1980) ont permis la construction de quais stratégiques, d’un terminal à conteneurs et de zones sous douane, consolidant ainsi son rôle de premier port de la sous-région. Le troisième plan, prévu en 1985, n’a pu être mené à terme en raison des crises économiques et politiques successives. Néanmoins, l’esprit de résilience du port a permis de répondre aux besoins de l’économie nationale et au transit vers le Burkina Faso et le Mali.

    La relance est intervenue en 2012, avec le lancement par l’État d’un vaste programme de modernisation. « Nous avons investi environ 1 100 milliards de francs CFA dans la réhabilitation et l’extension des infrastructures », a détaillé Hien Yacouba Sié. Ces projets incluent l’approfondissement du canal de Vridi (2019), le nouveau terminal roulier (2018), le deuxième terminal à conteneurs (2022) ou encore le terminal céréalier (2023).

    Performances

    Ces investissements se traduisent aujourd’hui par des performances impressionnantes. En 2024, le trafic global a atteint 40,1 millions de tonnes, en hausse de 15,6 % par rapport à l’année précédente. Le transbordement a explosé de 106%.

    Le trafic conteneurs, moteur de l’activité, a bondi de 33 %, pour atteindre 1,64 million d’EVP. Le port concentre 75 % des échanges commerciaux extérieurs de la Côte d’Ivoire, 78 % des recettes douanières de l’État et abrite plus de 42 % des grandes unités industrielles du pays.

    Au premier semestre 2025, la dynamique se poursuit : 22,1 millions de tonnes de marchandises ont transité par Abidjan (+13,7 %), dont près de 880 000 conteneurs. Le transbordement progresse également, en hausse de 21,8 %. Ces chiffres, selon le responsable, confirment le rôle central du port dans l’économie nationale et régionale.

    « Le port d’Abidjan est aujourd’hui plus qu’une infrastructure. C’est un catalyseur de développement, un hub de compétitivité pour la Côte d’Ivoire et son hinterland », a souligné Hien Yacouba Sié. Cette solidité est également reconnue par les marchés : en 2024, Bloomfield Investment Corporation a attribué au PAA la note « AA » sur le long terme, témoignant d’une gouvernance financière solide et d’une gestion efficace des ressources.

    L’ambition d’un hub africain de référence

    Pour les 25 prochaines années, le port ne se limite pas à préserver ses acquis. Son 4ᵉ schéma directeur vise à en faire un hub de référence sur la façade atlantique africaine, en plaçant la connectivité et la fluidité logistique au cœur de sa stratégie. Parmi les projets phares : un tunnel sous le Canal de Vridi, une rocade reliant la zone portuaire au PK24 via le pont de Jacqueville, et la création d’une zone industrialo-portuaire de nouvelle génération.

    L’objectif, selon M. Sié, est clair : améliorer la desserte, désengorger les accès routiers et renforcer l’intégration avec les pays de l’hinterland – Burkina Faso, Mali, Niger. Ces infrastructures accompagneront la montée en puissance du trafic tout en répondant aux exigences environnementales et sécuritaires du commerce maritime mondial.

    « Après 75 années d’existence, le port d’Abidjan dispose de tous les atouts pour se positionner durablement comme un hub portuaire moderne et compétitif », insiste le Directeur général. Au-delà des chiffres, il s’agit de réaffirmer une ambition : faire du port non seulement un outil économique, mais un acteur clé de la durabilité et de la croissance inclusive.

    Mémoire et projection

    C’est ce double regard sur le passé et l’avenir que portera la célébration du 75e anniversaire du port d’Abidjan, les 11 et 12 septembre 2025. Placé sous le thème « Le Port d’Abidjan, 75 ans après : Histoire, défis et ambitions », l’événement comprendra expositions, conférences, projections de films, compétitions sportives inter-portuaires et une journée portes ouvertes pour rapprocher les populations de leur port.

    Un dîner de gala au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire viendra clore les festivités, qui récompenseront également travailleurs et partenaires ayant marqué cette histoire collective. En célébrant ses 75 ans, le port entend rappeler son rôle stratégique pour l’économie ivoirienne et son ambition de devenir l’un des hubs portuaires les plus compétitifs d’Afrique.

    « 75 ans, c’est un âge emblématique. C’est l’occasion de regarder le chemin parcouru et de se projeter vers l’avenir », conclut M. Hien Sié.

    Samuel KADIO

  • Un leader politique sait tenir ses troupes, par Alain Lobognon

    Un leader politique sait tenir ses troupes, par Alain Lobognon

    Nous étions en septembre 2000. Les médias d’État, notamment Fraternité Matin, Radio Côte d’Ivoire et la chaîne de télévision publique, la RTI, martelaient à coups d’éditoriaux que la candidature du candidat du RDR à la présidentielle d’octobre 2000 serait rejetée.

    La rumeur politique en avait décidé ainsi, et le droit semblait devoir s’aligner sur ce rejet annoncé. Quelque part à la rue des Jardins, dans nos bureaux, nous restions optimistes et placions notre confiance en la justice constitutionnelle, qui avait la responsabilité de trancher en se fondant sur les documents fournis par chaque candidat.

    Quelques semaines plus tôt, j’avais été très actif au sein du pool d’avocats de Monsieur Alassane Ouattara, travaillant à la constitution du dossier de notre champion pour le scrutin présidentiel destiné à clore la transition militaire dirigée par le général Robert Guéï.

    Malgré les recommandations contraires du secrétaire général adjoint, Amadou Gon Coulibaly, j’avais pris l’initiative de conserver une copie supplémentaire du dossier complet remis à chaque membre de la juridiction présidée par le juge Tia Koné.

    Moins de six jours avant le verdict de Tia Koné, au cours d’une réunion du cabinet, Monsieur Alassane Ouattara nous demanda, à Amadou Coulibaly dit AM’S et à moi, de tout mettre en œuvre pour éviter tout dérapage en cas de rejet de sa candidature. Il nous avait préalablement informés de la forte probabilité d’un tel rejet, orchestré par ceux qui avaient juré qu’il ne serait jamais candidat à une élection présidentielle en Côte d’Ivoire.

    Nous prîmes acte de la consigne de notre chef. En politique, quand un leader parle, sa base écoute et s’exécute. Pourtant, mon optimisme restait intact, convaincu que le dossier de notre chef serait validé. C’est avec une profonde tristesse que j’entendis Tia Koné et ses collègues juges rejeter la candidature de Monsieur Alassane Ouattara, sous prétexte que certaines pièces du dossier n’étaient pas signées.

    Un grossier mensonge

    Un grossier mensonge! Comment pouvait-on mentir ainsi au peuple ivoirien ? La copie supplémentaire que j’avais conservée prouvait l’absurdité de ces allégations. Cette Cour constitutionnelle, visiblement instrumentalisée, avait pour mission de barrer la route à un candidat qui remplissait pourtant tous les critères pour devenir le prochain président de la République de Côte d’Ivoire.

    Vingt-cinq ans après 2000, voir des responsables politiques tenter maladroitement et malhonnêtement de s’imposer sur un bulletin de vote, par des manœuvres empreintes de bêtise politique, est consternant. Un leader politique doit faire preuve de retenue. Il doit savoir tenir ses troupes. Assumeront-ils les conséquences des troubles qu’ils risquent de provoquer en annonçant une « apocalypse » qu’ils veulent inévitable, car aucun Conseil constitutionnel sérieux ne pourrait valider des candidatures illégales au regard des lois de la République ?

    Alain LOBOGNON via X

  • SEMAINE DÉLICATE POUR PARIS, BISSAU ET ABIDJAN : L’OPPOSITION SUR LE QUI-VIVE

    SEMAINE DÉLICATE POUR PARIS, BISSAU ET ABIDJAN : L’OPPOSITION SUR LE QUI-VIVE

    Semaine du Salut, pour d’aucuns. Semaine de tous les dangers. Semaine de tous les défis politiques, pour d’autres. Des jours de gloire, de suspens et d’attention toute singulière. Ça sera sans doute un moment politiquement intense à Paris, Abidjan et Bissau. Le contexte, de part et d’autre, est très délicat. Le compte-à-rebours commence dès ce lundi 08 septembre avec une horloge qui devra tourner à plein régime dans ces capitales. Quant aux différents peuples, ils attendent avec impatience de voir les tenants et les aboutissants de ce nouveau cycle politique.

    En France, la crise est gouvernementale, en Côte d’Ivoire, les yeux sont rivés sur le dernier filtre des candidats à la présidentielle d’octobre et en Guinée-Bissau, c’est la controverse autour de la légitimité du mandat du président Umaro Emballo Sissoco.

    Paris : Le gouvernement dans l’impasse autour du budget 2026

    La semaine qui débute s’annonce très mouvementée en France, où le Premier ministre François Bayrou doit faire face à un vote de confiance à l’Assemblée nationale, centré sur le budget 2026. À deux heures de l’après-midi ce lundi, Bayrou va présenter ses orientations budgétaires, suivi du débat et du vote. Ce scrutin, soumis à l’article 49.1 de la Constitution, réclame la majorité simple des voix des députés présents ; un échec conduirait à la démission du gouvernement. L’opposition, regroupée autour de l’extrême droite et des partis de gauche, a fait savoir qu’elle rejetterait massivement ce projet.

    Ce lundi 8 septembre, François Bayrou affronte un vote de confiance qui menace de provoquer la chute de son gouvernement. Cette instabilité politique aurait des répercussions économiques significatives pour la France. Les experts rappellent que l’incertitude politique réduit la visibilité des acteurs économiques et pèse négativement sur la croissance. Un précédent récent, en 2024, avait entraîné des pertes estimées à 12 milliards d’euros de PIB selon l’OFCE.

    Si les mêmes causes produisent généralement les mêmes effets, les conséquences macroéconomiques exactes de cette nouvelle crise restent difficiles à prédire, bien qu’elles pourraient s’avérer plus sévères. Certains économistes estiment cependant qu’une partie du risque est déjà intégrée par les marchés, comme en témoigne la hausse récente des taux d’intérêt demandés à la France. L’épargne des ménages, déjà à un niveau historique, pourrait aussi limiter l’impact. La suite des événements politiques déterminera l’ampleur réelle du choc économique.

    À ce jour, 264 voix hostiles sont annoncées contre 210 soutiens, ce qui, avec des abstentions et quelques votes dissidents, laisse peu de marge à François Bayrou. Même Les Républicains se divisent, avec un appel à la liberté de vote mais un soutien officiel de la direction au gouvernement.

    Face à ce climat, Bayrou lui-même se dit prêt à assumer une défaite, rappelant qu’il a déjà passé neuf mois à Matignon sans regret, même s’il déplore l’absence d’une grande réforme pour l’Éducation nationale. Plusieurs leaders de la gauche radicale ont par ailleurs déposé une motion de destitution contre le président Emmanuel Macron, en pointant notamment les enjeux autour des violences sociales et du rejet des résultats électoraux. Le spectre d’une crise politique aiguë plane, dans une situation économique déjà pesante marquée par un déficit public important et plusieurs fractures sociales non résorbées.

    Côte d’Ivoire : La présidentielle vers l’épilogue du processus de sélection définitive

    En Côte d’Ivoire, le Conseil constitutionnel a publié le 29 août la liste provisoire des 60 candidats à la présidentielle du 25 octobre 2025. Parmi eux figurent les figures majeures telles qu’Alassane Ouattara, l’ex-président Laurent Gbagbo, Simone Ehivet, Tidjane Thiam, Pascal Affi N’guessan, Jean Louis Billon ou encore d’autres leaders. Cette liste, cependant, reste provisoire. Conformément à l’article 56 du code électoral, une période de contestation est ouverte jusqu’au 1er septembre à 18 heures.

    Plusieurs dossiers font débat, notamment ceux de Tidjane Thiam, dont la radiation des listes électorales a suscité polémiques et recours. Le président du PDCI avait perdu la nationalité ivoirienne en 1987, ce qui, selon la justice, affaiblit sa candidature. Dans le même temps, le cas Laurent Gbagbo reste également en suspens, car condamné judiciairement.

    Leur absence sur la liste électorale accentue les tensions politiques. Dernièrement, le PDCI a boycotté une séance à l’Assemblée nationale en dénonçant un climat pesant, et annonce des manifestations. De son côté, le parti au pouvoir, le RHDP, rejette l’idée d’évictions orchestrées par Alassane Ouattara. Le scrutin s’annonce néanmoins difficile et sous haute observance. Toutefois, la présidentielle voit aussi apparaître un renouvellement générationnel avec plus de trente candidats indépendants et plusieurs jeunes de moins de quarante ans, ce qui pourrait modifier le paysage politique ivoirien.

    Guinée-Bissau : Défi de légitimité et tensions autour du mandat présidentiel

    En Guinée-Bissau, la fin de mandat du président Umaro Sissoco Embaló est contestée. Ce dernier, en poste depuis février 2020, souhaite un second mandat et doit déposer sa candidature avant le 25 septembre 2025, pour des élections présidentielles et législatives fixées au 23 novembre. L’opposition affirme que le mandat de Embaló aurait dû prendre fin en début d’année, conformément à la Constitution, jugeant donc sa candidature illégitime. Par ailleurs, la situation institutionnelle est tendue.

    Depuis décembre 2023, le Parlement est inactif, bloqué par les opposants, ce qui handicape le fonctionnement de l’État. Ajoutant à cette atmosphère tendue, les autorités bissau-guinéennes ont suspendu en août, sans explication, trois médias d’information portugais, provoquant la réaction de Reporters sans frontières, qui dénonce une atteinte à la liberté d’expression à l’approche des élections.

    Face à la multiplicité des partis, seize des dix-sept composantes de la coalition plateforme républicaine ont signé un pacte politique visant à conduire la présidentielle et les législatives avec une gouvernance stable et une victoire électorale. La Guinée-Bissau, habituée aux crises institutionnelles, aborde ainsi une période électorale incertaine, où la quête d’un sursaut démocratique se mêle aux tensions liées à la fin du mandat présidentiel. Cette semaine s’annonce donc brûlante sur plusieurs fronts en Afrique de l’Ouest et en Europe, entre incertitudes politiques, élections cruciales et contestations sociales, faisant de 2025 une année riche en enjeux démocratiques majeurs.

    DJOMANDE Aziz

  • AVANT LE VERDICT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL : CE QUE DON MELLO RECOMMANDE À GBAGBO ET THIAM

    AVANT LE VERDICT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL : CE QUE DON MELLO RECOMMANDE À GBAGBO ET THIAM

    Invité de l’émission La Quotidienne animée par Théophile Kouamouo, Ahoua Don Mello, l’ancien ministre et ex-vice-président du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a exhorté Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam à envisager « une candidature de précaution » dans cette course à la magistrature suprême.

    Un appel à la lucidité politique

    C’est un véritable appel à la lucidité politique lancé à l’endroit, de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, les des deux principaux leaders de l’opposition, exclus des listes ivoiriennes en raison de leurs situations judiciaire et administrative.

    « Face à un obstacle juridique, Poutine a eu l’intelligence de dire à son second : passe devant. Et Poutine est redevenu l’homme le plus puissant. »

    S’il dit soutenir leurs candidatures, Don Mello n’ignore pas les obstacles judiciaires et administratifs auxquels sont confrontées ces deux figures de l’opposition. « Je soutiens ces candidatures, mais je ne suis pas le Conseil constitutionnel. J’ai proposé une candidature de précaution afin que, si nous ne sommes pas retenus, nous ne soyons pas absents de l’élection. Donc, l’idée que je défends reste valable », a-t-il déclaré.

    Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam ont en effet été exclus des listes électorales ivoiriennes : le premier pour des raisons judiciaires, le second pour des motifs administratifs. Une situation qui remet en question leur éligibilité au regard des dispositions du Code électoral et de la Constitution.

    « Même un perroquet peut gagner»

    Face à ce contexte, Don Mello plaide pour une stratégie réaliste et unitaire : « Nous avons plusieurs candidats qui ont déposé leur dossier. Parmi eux, si un seul émerge, le Front commun a le droit de le choisir. Même si vous choisissez un perroquet soutenu par le PDCI et le PPA-CI, ce perroquet peut gagner l’élection », a-t-il lancé, convaincu que l’union de l’opposition reste la clé de la victoire.

    L’exemple russe comme source d’inspiration

    Pour étayer son raisonnement, Don Mello a évoqué l’exemple de Vladimir Poutine en Russie : « Face à un obstacle juridique, Poutine a eu l’intelligence de dire à son second : passe devant. Et Poutine est redevenu l’homme le plus puissant. »

    À travers cette comparaison, il invite Gbagbo et Thiam, réunis au sein du Front commun pour réclamer une élection transparente, apaisée et inclusive, à faire preuve de pragmatisme. Selon lui, accepter qu’un autre candidat porte temporairement le flambeau, tout en gardant leur influence en arrière-plan, permettra de préserver l’objectif central de l’opposition qui est  « l’alternance politique ».

    « J’espère que le Front commun aura l’intelligence de soutenir l’un des candidats qui franchiront la barrière du Conseil constitutionnel », a-t-il ajouté, estimant que cette solution est la seule capable d’éviter à la Côte d’Ivoire une nouvelle crise électorale.

    Prévenir une nouvelle crise

    « Si nous voulons éviter à la Côte d’Ivoire un bain de sang, c’est la seule alternative. Elle coûtera moins cher et permettra en deux mois d’assurer l’alternance et d’ouvrir la voie à une transition démocratique », a insisté Don Mello.

    Un climat électoral sous tension

    Le processus électoral de la présidentielle d’octobre 2025 cristallise déjà l’atmosphère socio-politique ivoirienne. L’opposition rejette la candidature du président Alassane Ouattara à un quatrième mandat, jugée anticonstitutionnelle, et dénonce une instrumentalisation de la justice visant à verrouiller le processus. Le pouvoir, de son côté, rejette ces accusations et appelle l’opposition à respecter les institutions de la République en présentant des candidats éligibles et prêts à affronter les urnes. Le Conseil constitutionnel rendra son verdict au sujet de l’éligibilité des 60 candidats engagés d’ici le mercredi 10 septembre.

  • Cote d’Ivoire/Présidentielle: cri d’alarme des femmes du Front commun

    Cote d’Ivoire/Présidentielle: cri d’alarme des femmes du Front commun

    Les Femmes du Front commun PPA-CI et PDCI, regroupant les deux principaux partis de l’opposition ivoirienne, ont lancé ce vendredi 5 septembre 2025 un appel pour des élections présidentielles « inclusives, transparentes et apaisées » afin d’éviter « une nouvelle fracture nationale », dans une déclaration.

    Selon la porte-parole du Front commun PPA-CI et PDCI, Mme Odette N’Zi, « en tant que mères, sœurs, épouses et citoyennes », les femmes ont décidé de réagir face au climat politique tendu à un mois de la présidentielle du 25 octobre 2025, car le « pays a suffisamment souffert pour encore jouer avec la vie de ses enfants. »

    Dans cette déclaration, les Femmes du Front commun PPA-CI et PDCI affirment, sans ambages, vouloir « la paix, la justice et la démocratie », rappelant aux autorités qu’elles sont « dépositaires d’un mandat qui les oblige à préserver l’unité du pays ».

    Pour ces femmes, la Côte d’Ivoire est « à la croisée des chemins » et il est de la responsabilité des dirigeants « de garantir la cohésion nationale ». Car, « gouverner n’est pas diviser, exclure ou imposer par la force. C’est écouter le peuple et respecter les lois fondamentales de la République. »

    « Nous appelons à des élections justes et inclusives, condition essentielle pour éviter une nouvelle fracture nationale », a soutenu Mme Odette N’Zi, par ailleurs secrétaire exécutive chargée des femmes du PDCI, parti présidé par Tidjane Thiam.

    Outre le gouvernement, elles ont appelé les institutions judiciaires à être indépendantes. Mme N’Zi a insisté que « la Côte d’Ivoire ne veut plus d’une autre crise électorale du fait d’une décision de justice mal à propos. »

    La France doit se « racheter » et « cette fois-ci se tenir du côté du peuple, de la justice, de la vérité des urnes et de la paix durable en Côte d’Ivoire », a lancé Mme Odette N’Zi, avant d’ajouter « ne sacrifiez plus nos vies sur l’autel des intérêts géopolitiques. »

    À l’endroit des chancelleries et des institutions internationales, elles ont sollicité leur accompagnement pour des « élections crédibles ». Par ailleurs, les femmes du Front commun ont exhorté les leaders religieux et coutumiers à être des « médiateurs de paix » et des « gardiens de l’unité nationale ».

    Cette sortie des femmes du Front commun intervient à un mois de l’élection présidentielle. Le Conseil constitutionnel qui doit retenir les candidats éligibles pour cette présidentielle, a annoncé 60 candidats provisoires, dont Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam.

    Dans les jours à venir, le Conseil constitutionnel va dévoiler la liste des candidats retenus et devra se prononcer sur l’éligibilité de la candidature du président du PPA-CI, l’ex-chef de l’État Laurent Gbagbo, et de Tidjane Thiam du PDCI, tous deux radiés de la liste électorale suite à des décisions de justice.

    AP/Sf/APA

  • Présidentielle 2025: Ahoua Don Mello dénonce les « leviers de la fraude » et esquisse des parades

    Présidentielle 2025: Ahoua Don Mello dénonce les « leviers de la fraude » et esquisse des parades

    À quelques semaines d’une élection présidentielle annoncée sous haute tension, le candidat du PPA-CI auto-désigné « par précaution », Ahoua Don Mello, a accordé un entretien à Théophile Kouamouo. Il y dénonce ce qu’il appelle des « mécanismes bien huilés de fraude électorale » dans la Côte d’Ivoire gouvernée par Alassane Ouattara.
    Ingénieur, ancien ministre et figure intellectuelle respectée, il insiste : seule une « vigilance collective » permettra de préserver la sincérité du scrutin d’octobre 2025.

    Des pratiques bien rodées

    Selon Ahoua Don Mello, la fraude électorale ne relève pas du hasard. Elle est systématique, planifiée et consolidée à plusieurs étapes du processus électoral. Il évoque notamment :

    Le fichier électoral, biaisé par des radiations ciblées et des inscriptions sélectives ;

    La cartographie électorale, maintenue dans un déséquilibre entre circonscriptions urbaines et rurales ;

    Les organes de gestion des élections, accusés d’être inféodés au pouvoir ;

    L’appareil sécuritaire et administratif, utilisé pour intimider militants et opposants ;

    La proclamation des résultats, jugée opaque et rarement amendée malgré les contestations.

    « Le régime actuel a perfectionné l’art de la fraude en l’habillant d’un vernis institutionnel », affirme-t-il.

    Des parades pour « déjouer la fraude »

    Pour Don Mello, dénoncer ne suffit plus. Il faut agir en amont, avec des stratégies citoyennes et politiques. Parmi ses propositions :

    La formation et le déploiement massif d’observateurs citoyens dans les bureaux de vote ;

    Une centralisation parallèle et indépendante des résultats ;

    L’usage systématique de la technologie pour photographier et archiver les procès-verbaux ;

    Une pression diplomatique accrue sur le gouvernement afin d’exiger la transparence ;

    La construction d’un front uni de l’opposition, résistant aux divisions.

    « Ce n’est pas seulement une question d’élections, c’est une question de souveraineté nationale. Si nous laissons la fraude décider, alors nous abandonnons l’avenir de notre peuple », prévient-il.

  • LE PPA-CI ÉVOQUE DES « RÉUNIONS SECRÈTES » AUTOUR DE « PROJETS D’ATTENTATS ET D’ENLÈVEMENTS » VISANT SES CADRES

    LE PPA-CI ÉVOQUE DES « RÉUNIONS SECRÈTES » AUTOUR DE « PROJETS D’ATTENTATS ET D’ENLÈVEMENTS » VISANT SES CADRES

    Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation politique dirigée par l’ancien président Laurent Gbagbo, affirme avoir été informé de réunions clandestines où seraient évoqués des projets d’attentats ou d’enlèvements visant ses responsables et militants.

    « La Direction du PPA-CI est informée de réunions secrètes où sont évoqués des projets d’attentats ou d’enlèvements visant des cadres et militants du Parti », indique un communiqué publié vendredi 5 sept 2025, à l’issue d’une réunion extraordinaire de son Conseil stratégique et politique (CSP). 
    « Réponses appropriées »

    La direction du PPA-CI déclare qu’elle « continuera de dénoncer publiquement ces actes assimilables à du terrorisme ». Le parti assure toutefois que « les Ivoiriens se réservent désormais le droit d’apporter les réponses appropriées aux attaques subies ».

    Ces accusations interviennent dans un contexte politique tendu, à moins de deux mois de l’élection présidentielle prévue en octobre 2025, marquée par la volonté affichée du président Alassane Ouattara de briguer un quatrième mandat, une option vivement contestée par l’opposition, dont les principaux leaders sont exclus de la liste électorale.

    Le PPA-CI, qui a réaffirmé la candidature « non négociable » de Laurent Gbagbo, intensifie depuis la mi-août ses activités de mobilisation. Selon la direction, des missions de sensibilisation et d’organisation sont déployées à travers le pays pour s’opposer « par tous moyens légaux » à une nouvelle candidature de M. Ouattara.

    Le parti accuse par ailleurs le pouvoir d’avoir recours à une Commission électorale « à sa solde » et à une liste électorale « taillée sur mesure » pour préparer ce scrutin.

    Rumeur démentie

    Interrogées à Abidjan, plusieurs sources proches du parti n’ont pas donné de détails sur les auteurs présumés de ces projets d’attaques, ni sur la manière dont ces informations auraient été obtenues. 

    Toutefois, elles interviennent le même jour où les autorités ont qualifié vendredi 5 septembre de “totalement infondée” l’information laissant entendre qu’une rencontre confidentielle qui se serait tenue dans le bureau du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité.

    Cette rumeur autour d’une prétendue « réunion secrète » de cadres du RHDP survient un mois après les violences survenues à Yopougon, dans la nuit du 1er au 2 août, l’une des treize communes du district d’Abidjan. D’abord accusée d’avoir fomenté ces incidents, l’opposition a rejeté toute responsabilité. Plusieurs militants et cadres du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI, opposition) ont néanmoins été interpellés dans le cadre de l’enquête. Depuis, un jeu d’accusations croisées s’est installé : le pouvoir continue de pointer du doigt l’opposition, tandis que cette dernière accuse les autorités d’être à l’origine des violences pour “museler” ses adversaires politiques.

    Le parti au pouvoir n’a pas encore réagi à ses accusations. Dans le passé, les autorités ont régulièrement dénoncé ce qu’elles qualifiaient de discours alarmistes de l’opposition, accusée de chercher à créer un climat de méfiance à l’approche des élections.

    Samuel KADIO

  • ENI Côte-d’Ivoire dévoile les impacts du projet baleine sur les populations

    ENI Côte-d’Ivoire dévoile les impacts du projet baleine sur les populations

    Eni Côte d’Ivoire a présenté, le mercredi 3 septembre 2025 à Abidjan-Plateau, son rapport de développement durable 2024, le deuxième exercice du genre.

    Le directeur général de la filiale, Luca Faccenda, a précisé que ce document n’était pas « un simple rapport », mais le reflet d’un engagement et d’un partenariat de long terme avec la Côte d’Ivoire.

    Au cœur de cette stratégie figure le projet Baleine, autour duquel plusieurs initiatives structurantes sont déployées :

    un programme de reforestation visant 12 millions d’arbres et plus de 300 000 bénéficiaires directs ;

    le programme Cuisson propre, avec des centaines de milliers de foyers améliorés distribués ;

    la valorisation des graines d’hévéa en biocarburants, offrant une source de revenus complémentaires pour les planteurs.

    En matière de contenu local, Eni a mis en avant la formation et le transfert de compétences, afin d’assurer un meilleur ancrage des retombées au niveau national.

    Représentant le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Essé Kouamé Bienvenu, directeur général des Hydrocarbures, a salué « la démarche de transparence et de responsabilité » d’Eni, soulignant que le secteur énergétique doit rester un levier de développement durable pour les populations ivoiriennes.