Auteur/autrice : iciabidjan

  • Conclusions et recommandations Mission d’évaluation pré-électorale de l’International Republican Institute (IRI-USA) en Côte d’Ivoire

    Conclusions et recommandations Mission d’évaluation pré-électorale de l’International Republican Institute (IRI-USA) en Côte d’Ivoire

    I. Résumé

    L’élection présidentielle de 2025 en Côte d’Ivoire arrive à un moment charnière pour le pays, qui se positionne comme une puissance économique régionale dans un contexte d’influence grandissante de l’Alliance des États du Sahel (AES) et d’une menace terroriste croissante dans la région. Le peuple ivoirien aspire à un processus électoral pacifique et transparent qui maintienne la stabilité, mais beaucoup craignent une répétition des violences qui ont marqué les cycles électoraux précédents et fait de nombreuses victimes.

    Afin de démontrer le soutien international à un processus électoral crédible, l’International Republican Institute (IRI) a déployé une mission d’évaluation pré-électorale en Côte d’Ivoire du 22 au 26 septembre 2025. La mission était dirigée par une délégation d’experts qui ont évalué l’environnement électoral avant l’élection présidentielle du 25 octobre. Cette déclaration présente les conclusions de la délégation et propose des recommandations clés au gouvernement, à la Commission électorale indépendante (CÉI), aux partis politiques, et à la société civile pour aider à garantir un processus équitable, transparent, et crédible qui reflète la volonté des Ivoiriens.

    Cette délégation de haut niveau était conduite par le président de l’IRI Dr Daniel Twining et Mme Dana White, membre du Conseil d’administration de l’IRI, qui sont arrivés à Abidjan le 22 septembre et ont rencontré plus de 70 parties prenantes, dont des représentants de la CÉI, du Conseil constitutionnel, du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, des partis politiques, et des organisations de la société civile de tout le spectre politique ivoirien.

    La délégation remercie l’ensemble des parties prenantes d’avoir pris le temps de rencontrer la mission ainsi que pour les fructueuses discussions. La délégation salue également le niveau de préparation et les efforts de la CÉI pour assurer une élection bien organisée sur les plans logistique et technique.

    Cependant, la mission a identifié plusieurs points critiques, lesquels, s’ils ne sont pas résolus, sont susceptibles d’entraver la crédibilité de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Les principales préoccupations comprennent la disqualification de candidats majeurs en raison de problèmes d’inéligibilité ou de l’absence d’autres candidats, ce qui limite la compétition et le choix offert aux électeurs ; l’apathie généralisée des électeurs et la privation du droit de vote résultant de l’incapacité des citoyens à s’inscrire pour voter au- delà de la période d’inscription de novembre 2024 ; l’impossibilité de vérifier les listes de

    parrainages des candidats, ce qui réduit la transparence ; des informations faisant état de harcèlement et d’intimidation visant des partisans de partis politiques ; et l’absence d’un calendrier électoral accessible au public, ce qui entrave la redevabilité. Ces points reflètent des préoccupations plus larges concernant l’intégrité électorale, la méfiance du public à l’égard des institutions, et le risque d’instabilité ou de violence.

    À travers cette déclaration, la délégation présente une évaluation impartiale et objective de l’environnement politique et électoral actuel tout en proposant des recommandations pratiques pour renforcer la confiance des citoyens dans le processus, atténuer le potentiel de violence électorale, et démontrer le soutien international à la démocratie en Côte d’Ivoire. La délégation espère que les autorités électorales et les partis politiques prendront pleinement en compte des conclusions et des recommandations formulées dans cette déclaration à l’approche de l’élection d’octobre 2025.

    II. Méthodologie

    L’IRI est une organisation à but non lucratif et non partisane promouvant la démocratie et la liberté dans le monde. L’IRI a déployé une équipe d’experts pour évaluer les conditions entourant les prochaines élections en Côte d’Ivoire. La délégation a rencontré plus de 70 parties prenantes, dont des autorités électorales, des partis politiques, et des membres de la société civile afin d’évaluer les environnements politique, juridique, et sécuritaire pour des élections crédibles.

    Leur évaluation a porté sur la préparation électorale, les vulnérabilités potentielles, et les recommandations pratiques visant à renforcer le processus, à promouvoir la participation pacifique, et à renforcer la confiance du public. Ces constatations sont présentées ci-après.

    L’IRI a commencé son analyse au début du mois de septembre avec le déploiement de deux analystes de long terme qui surveillent l’environnement électoral avant, durant, et après le jour du scrutin. L’IRI continuera son observation jusqu’au jour du scrutin et pendant la période post-électorale. À l’issue de son évaluation, l’IRI publiera un rapport final détaillant ses conclusions et recommandations.

    L’IRI adhère à la Déclaration de principes pour l’observation internationale d’élections et le Code de conduite à l’usage des observateurs électoraux internationaux et fonde ses conclusions sur le droit ivoirien et les normes internationales. Toutes les activités sont strictement non partisanes et fondées sur des principes de non-ingérence.

    III. Contexte

    L’élection présidentielle d’octobre 2025 se déroule dans le contexte d’un système présidentiel renforcé et d’une instabilité et de violences persistantes qui ont marqué de nombreuses élections présidentielles depuis 2000. Parmi ces dernières, citons les élections de 2000 et 2010, toutes deux marquées par des violences meurtrières et des déplacements massifs. L’élection de 2020, boycottée par les partis d’opposition, a vu le président Alassane Ouattara obtenir un troisième mandat dans un contexte de violences et de controverses sur

    l’interprétation de la limitation du nombre de mandats à la suite de l’adoption d’une nouvelle Constitution entrée en vigueur en 2016.

    Aujourd’hui, le président Ouattara, qui demeure le principal candidat et est soutenu par un appareil partisan bien doté en ressources, brigue un quatrième mandat controversé. Alors que le Conseil constitutionnel a validé les candidatures de cinq candidats pour l’élection, plusieurs candidats majeurs des Parti Démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA), Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), et Front Populaire Ivoirien (FPI) –partis qui représentent une partie importante de l’électorat – ont été disqualifiés pour diverses raisons, parmi lesquelles des exigences de nationalité légale, des parrainages insuffisants ou irréguliers (qu’ils contestent), et des condamnations judiciaires antérieures. Les candidats et les partis lésés n’ont pas été en mesure de contester leur disqualification car il n’existe pas de procédure d’appel des décisions du Conseil constitutionnel. Cela dit, conformément à l’article 56 du Code électoral, les candidats disposaient d’un délai de 72 heures pour présenter leurs observations et réclamations après la publication par le Conseil constitutionnel de la liste provisoire des candidats.

    Bien qu’Abidjan reste plus calme que lors des périodes électorales précédentes, les informations faisant état d’arrestations – que certains intervenants ont jugées arbitraires – et l’inquiétude générale concernant l’instabilité historique autour des élections renforcent les craintes de troubles des parties prenantes. En août et septembre 2025, en réponse aux appels de partis d’opposition, des milliers d’Ivoiriens sont descendus dans les rues d’Abidjan pour protester contre la candidature du président Ouattara à un quatrième mandat et la disqualification de figures clés de l’opposition. Les manifestants réclamaient la réintégration de ces candidats sur la liste des candidatures validées.

    La CÉI est généralement considérée comme techniquement compétente, bien que certains acteurs la considèrent comme politisée. La structure actuelle de la Commission – exigée par le code électoral et peut-être le résultat d’arrangements interpartis – a porté la CÉI à 18 membres, bien que 16 siègent actuellement en raison de deux démissions. Par le biais de dialogues, les partis ont participé activement à la réforme passée de la Commission. Néanmoins, les parties divergent sur la question de savoir si le plan convenu a été pleinement mis en œuvre.

    Alors que le processus d’inscription des électeurs, qui s’est déroulé du 19 octobre au 17 novembre 2024, a ajouté 715 006 nouveaux électeurs – soit une augmentation de 8,92% par rapport au nombre précédent d’électeurs inscrits – le nombre total d’électeurs inscrits reste nettement inférieur à la population éligible estimée.

    Bien que le paysage informationnel soit généralement robuste, il demeure fortement polarisé. Les contenus déformés et les rhétoriques incendiaires sur les réseaux sociaux compromettent la compréhension du processus électoral par le public, en particulier parmi les personnes peu instruites.

    IV. Constatations préliminaires

    Sur la base de son évaluation de l’environnement pré-électoral, la délégation a identifié cinq principaux sujets de préoccupation :

    • Compétition politique et choix des électeurs limités en raison de la disqualification des principaux candidats et de l’absence d’autres candidats.
    • L’apathie et la privation du droit de vote, en particulier chez les électeurs nouvellement éligibles qui ne peuvent pas participer en raison de la fin de la période d’inscription sur les listes électorales en novembre 2024.
    • Le manque de transparence dans le processus de parrainage des candidats, qui ne peut pas être audité, alimente les soupçons de manipulation.
    • Des informations faisant état de harcèlement et d’intimidation visant des partisans de partis politiques.
    • L’absence d’un calendrier électoral accessible au public, ce qui obscurcit le planning des activités électorales et restreint la capacité du public à surveiller le processus de même que la redevabilité.

    Environnement politique et de campagne

    L’environnement de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle d’octobre 2025 est caractérisé par d’importants défis pour la compétition politique. Le Conseil constitutionnel a approuvé cinq des 60 candidats à l’élection présidentielle, disqualifiant plusieurs personnalités majeures de l’opposition pour des motifs juridiques tels que le statut sur les listes électorales, des questions de nationalité, et des déficiences en matière de parrainage. Ces disqualifications, bien que fondées sur la loi, sont perçues par certains comme étant motivées par des considérations politiques et ont exacerbé les tensions et déclenché des manifestations. L’absence de procédure d’appel restreint davantage la compétition politique, alimente les soupçons de manipulation, et sape la confiance du public dans le cadre juridique.

    Le processus d’examen du parrainage des candidats demeure opaque, les possibilités pour les candidats ou la société civile d’observer ou de contester les résultats étant limitées. Les intervenants ont exprimé des préoccupations au sujet du manque de transparence, qui a diminué leur confiance dans le processus.

    La CÉI, mandatée par la Constitution pour organiser les élections, comprend des représentants de la société civile et a fait l’objet de réformes avec l’accord des partis. Cependant, certains partis d’opposition s’en sont retirés, invoquant une méfiance systémique et une insatisfaction à l’égard de son fonctionnement. Bien que la CÉI soit généralement considérée comme techniquement compétente, les accusations de partialité et de conflit interne persistent, et de nombreuses parties prenantes ont appelé à une plus grande cohérence dans l’atteinte des objectifs du calendrier électoral.

    Participation des électeurs

    La participation électorale se heurte à des obstacles importants, à commencer par la gestion des listes électorales. Le processus d’inscription des électeurs a permis d’ajouter

    715 006 nouveaux électeurs, portant le total à 8 727 431 citoyens, ce qui représente une augmentation par rapport à la période d’inscription précédente – encore loin de ce que certains intervenants estiment être 12,5 millions de citoyens en âge de voter. La décision de la CÉI de ne pas réviser les listes électorales en 2025, invoquant des contraintes de temps et de ressources, a effectivement privé de leur droit de vote un grand nombre d’électeurs nouvellement éligibles.

    Le taux de participation au processus d’inscription sur les listes électorales a été inférieur aux attentes, probablement en raison de l’apathie des électeurs et de problèmes structurels tels que l’absence de cartes nationales d’identité ou de certificats de naissance. Les accusations de doublons d’inscription et d’anomalies dans les listes électorales compromettent encore plus l’intégrité du processus. La clôture des listes électorales en mars 2025 signifie que les citoyens qui auront 18 ans après cette date ne pourront pas participer à l’élection. Les jeunes et les femmes restent nettement sous-représentés en politique, malgré l’obligation légale d’un quota de 30 % dans les organes de décision et les postes nominatifs et électifs, y compris pour l’élection des membres de l’Assemblée nationale dans certaines circonscriptions. Il convient de féliciter la CÉI pour ses efforts visant à numériser le processus de vérification des inscriptions, mais seulement 65% des Ivoiriens ont accès à Internet, ce qui complique la possibilité de vérification pour beaucoup, en particulier dans les zones rurales. La distribution des nouvelles cartes d’électeur est prévue à l’approche du jour du scrutin, ce qui soulève des inquiétudes quant à la collecte et à la participation en temps opportun. De plus, un certain nombre d’intervenants ont également demandé une plus grande cohérence dans l’atteinte des objectifs du calendrier électoral.

    Les organisations de la société civile jouent un rôle essentiel dans l’éducation des électeurs et l’observation des élections. La CÉI a lancé des plateformes d’accréditation numériques pour ces organisations et leur fournit un soutien financier pour mener des activités d’éducation civique et électorale, mais des inquiétudes subsistent quant à la portée et à l’efficacité de ces efforts, en particulier dans les communautés rurales et marginalisées.

    Violences électorales

    La violence électorale reste une menace persistante, enracinée dans l’histoire de la Côte d’Ivoire marquée par la guerre civile et l’instabilité lors des élections précédentes. La disqualification d’éminents dirigeants de l’opposition et la méfiance à l’égard des institutions ont ravivé les craintes de troubles. En août et septembre 2025, des milliers d’Ivoiriens ont manifesté à Abidjan contre la candidature du président Ouattara à un quatrième mandat et la disqualification des candidats de l’opposition. Ces manifestations ont été suivies d’arrestations et d’enlèvements présumés de partisans de l’opposition. Un certain nombre de personnes arrêtées ont depuis été libérées, mais certaines sont toujours en détention.

    Les informations faisant état de harcèlement et d’intimidation visant des partisans de partis politiques menacent l’engagement civique et contribuent à l’établissement d’un climat de peur. La société civile et les chefs religieux ont averti que l’incapacité à désamorcer les tensions politiques pourrait conduire à des violences pendant la période de campagne et

    après l’annonce du résultat. La frustration résultant de la disqualification d’un candidat et le manque de communication des partis d’opposition sur leurs stratégies alimentent les craintes d’une éventuelle éruption de violence.

    Environnement informationnel

    La méfiance du public et la perte de confiance dans les institutions sont alimentées par la diffusion d’informations déformées et le manque de transparence concernant certains aspects du processus électoral, qui reste une grave préoccupation à l’approche de l’élection présidentielle.

    L’environnement de l’information en Côte d’Ivoire est polarisé et fragile, avec une forte influence des partis politiques sur les médias traditionnels et numériques. Les organismes de réglementation tels que l’Autorité nationale de la Presse et la Haute Autorité de la Communication audiovisuelle suspendent régulièrement des médias et imposent des sanctions, bien que cela ne se soit pas encore produit pendant la période électorale actuelle. La loi sur la presse de 2017 protège les sources des journalistes, mais la loi sur les communications électroniques de 2024 criminalise la publication non autorisée de contenus numériques, faisant craindre que le journalisme d’investigation ne soit étouffé.

    Les réseaux sociaux sont peut-être ce qui préoccupe le plus les parties prenantes. Elles signalent que les faux récits, y compris le contenu généré par l’intelligence artificielle, prolifèrent sur les réseaux sociaux, exacerbés par une faible culture numérique et une influence étrangère pernicieuse, en particulier de la part de l’AES et peut-être des réseaux liés à la Russie. Le gouvernement a lancé des campagnes pour faire face à la menace numérique, mais les tensions externes avec les voisins sahéliens continuent de compliquer l’espace numérique. Les menaces contre les journalistes se sont intensifiées, avec des incidents de harcèlement, d’arrestations, et d’expulsions, ce qui a fait passer le classement international de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire de la 53ème à la 64ème place dans le classement 2025 de la liberté de la presse établi par Reporters Sans Frontières.

    V. Recommandations

    Dans un esprit de coopération internationale et de soutien au développement démocratique, la mission formule les recommandations suivantes pour renforcer la transparence et la crédibilité du processus électoral. L’IRI reconnaît le fait qu’il ne sera peut- être pas possible de mettre en œuvre certaines des recommandations formulées dans ces conclusions avant le jour du scrutin et reconnaît que l’ampleur des défis auxquels est confronté le processus électoral en Côte d’Ivoire nécessitera un effort de réforme soutenu au fil du temps. Néanmoins, le gouvernement ivoirien devrait s’efforcer de mettre en œuvre les recommandations réalisables à court terme, tout en élaborant de manière proactive des plans pour aborder des réformes à plus long terme et jeter les bases d’élections crédibles et représentatives à l’avenir.

    Avant l’élection :

    • Élargir l’accès et l’éducation des électeurs: la CÉI, en collaboration avec la société civile et les partis politiques, devrait intensifier ses efforts d’éducation des électeurs et d’éducation civique, en mettant l’accent sur la distribution rapide et équitable des cartes d’inscription des électeurs et des informations sur le processus électoral.
    • S’abstenir de tout discours et de toute conduite électorale préjudiciables: tous les acteurs politiques doivent s’abstenir d’inciter ou d’approuver la violence contre leurs adversaires. Les partis devraient éviter les pratiques telles que l’achat de votes, la suppression des électeurs et la polarisation ethnique, qui risquent d’intimider davantage les électeurs et de saper la légitimité du processus. De plus, les partis devraient s’engager publiquement à autoriser les partis opposés à faire campagne dans leurs bastions.
    • Enquêter sur les violations et les infractions liées aux élections: le gouvernement devrait mettre en place un mécanisme pour signaler les violations ou les infractions avant les élections, en commençant par une ligne de signalement à la CÉI. La CÉI devrait avoir la capacité de saisir le pouvoir judiciaire de ces affaires afin de renforcer l’obligation de rendre des comptes et l’État de droit.
    • Libérer les membres du parti détenus: le gouvernement devrait libérer immédiatement tous les membres et sympathisants de l’opposition qui n’ont pas été inculpés dans le cadre du processus électoral. Leur maintien en détention porte atteinte aux libertés politiques, exacerbe les tensions, et menace la crédibilité de l’élection.
    • Lutter contre les fausses informations et promouvoir la culture numérique: le gouvernement et la société civile devraient intensifier leurs efforts pour lutter contre les informations déformées, en particulier sur les réseaux sociaux, et investir dans des programmes de culture numérique pour aider les citoyens à évaluer de manière critique les sources d’information.
    • Protéger la liberté de la presse: les autorités devraient veiller à ce que les journalistes puissent travailler librement et en toute sécurité, sans craindre d’être harcelés, arrêtés, ou expulsés. Des réformes juridiques devraient être envisagées pour protéger le journalisme d’investigation et empêcher l’utilisation abusive des lois qui pourraient étouffer la liberté d’expression.
    • Garantir l’égalité d’accès aux médias: le régulateur des médias devrait garantir à tous les partis un accès égal aux médias publics, comme l’exige la loi, afin de favoriser des conditions de concurrence équitables pendant la période de campagne. Les organismes de réglementation devraient appliquer les sanctions de manière transparente et équitable et veiller à ce que toutes les restrictions imposées aux médias soient justifiées, proportionnées, et conformes     aux    normes internationales en matière de liberté d’expression.
    • Publier le calendrier électoral: la CÉI devrait mettre à la disposition du public un calendrier électoral détaillé décrivant toutes les étapes du processus. Ce calendrier est essentiel pour accroître la transparence, sensibiliser le public, assurer la redevabilité, et favoriser la confiance dans le processus électoral.

    Après les élections:

    • Améliorer le processus de sélection des candidats: le gouvernement devrait lancer une consultation post-électorale avec toutes les parties prenantes afin de codifier un processus de vérification des candidatures en deux étapes, permettant aux candidats disqualifiés de faire appel des décisions jusqu’au Conseil constitutionnel. Ce changement, bien qu’il soit trop tard pour 2025, devrait être prioritaire dans les réformes post-électorales afin d’éviter de futurs problèmes potentiels liés à la disqualification d’un candidat.
    • Accroître la capacité des partis politiques: l’État devrait financer des organisations pour former les partis politiques au processus de nomination des candidats, augmentant ainsi la confiance des partis et du public dans le processus.
    • Intensifier l’inscription des électeurs: le gouvernement devrait faire des efforts considérables et consacrer les ressources nécessaires pour garantir que chaque citoyen reçoive les documents d’identité appropriés, y compris les cartes d’identité, les certificats de naissance, et les certificats de nationalité, qui sont des conditions préalables à l’inscription des électeurs et l’une des principales causes profondes de la privation du droit de vote.
    • Procéder à une mise à jour annuelle des listes électorales: malgré les obligations légales, les listes électorales ne sont pas systématiquement mises à jour, excluant ainsi des milliers de nouveaux jeunes de 18 ans. Le CÉI devrait mettre en œuvre des révisions annuelles et automatiques des listes, idéalement associées à des options d’enregistrement continu pour combler l’écart de privation du droit de vote.
    • Lire aussi: PRÉSIDENTIELLE 2025: LA RÉACTION DE TIDJANE THIAM, PRÉSIDENT DU PDCI-RDA, APRÈS LA MISSION D’ÉVALUATION PRÉ-ÉLECTORALE DE L’ONG AMÉRICAINE IRI
  • LE PPA-CI ET LE PDCI-RDA ANNONCENT UNE MARCHE PACIFIQUE LE 4 OCTOBRE 2025

    LE PPA-CI ET LE PDCI-RDA ANNONCENT UNE MARCHE PACIFIQUE LE 4 OCTOBRE 2025

    Le Front commun PPA-CI – PDCI-RDA a annoncé vendredi l’organisation d’une grande marche pacifique le samedi 4 octobre à Abidjan, placée sous le thème : « Pour la Paix, il n’est pas encore trop tard ».

    Selon un communiqué signé par Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du PPA-CI, et Noël Akossi Bendjo, coordinateur général du PDCI-RDA, cette mobilisation citoyenne vise à « exiger un dialogue politique » en vue d’élections « inclusives, transparentes et démocratiques ».

    Le Front commun appelle les militants, sympathisants et toutes les forces vives de la Nation à se joindre à l’initiative « dans un esprit de paix, de responsabilité et de patriotisme ».

    « Nous marchons pour le respect de la Constitution, nous marchons pour la justice, nous marchons pour la Côte d’Ivoire », souligne le texte.

    Le PPA-CI, formation de Laurent Gbagbo, et le PDCI-RDA, dirigé par Tidjane Thiam, ont scellé en 2023 un front commun d’opposition visant à peser sur la scène politique ivoirienne à l’approche de la présidentielle du 25 octobre 2025. Cette nouvelle manifestation intervient dans un contexte de tensions autour de la préparation du scrutin.

    La Cour constitutionnelle a validé le 8 septembre cinq candidatures pour l’élection présidentielle prévue le 25 octobre, dont celle du président sortant Alassane Ouattara, en lice pour un quatrième mandat. Plusieurs figures majeures de l’opposition ont été recalées, parmi lesquelles Laurent Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Tidjane Thiam. Cette décision, jugée irrévocable, a ravivé les tensions politiques, les partisans des candidats recalés dénonçant une compétition verrouillée et appelant à faire barrage à un nouveau mandat du président sortant.

    Selon un sondage mené entre le 13 août et le 3 septembre auprès d’un échantillon représentatif, par le cabinet américain The Messina Group, fondé par Jim Messina, ancien directeur de campagne de Barack Obama, 66 % des électeurs d’Alassane Ouattara, président sortant et candidat du RHDP, souhaitent que Tidjane Thiam, président du PDCI, figure sur la liste électorale. De même, 55 % des sympathisants du chef de l’État se disent favorables à la participation de Laurent Gbagbo, fondateur du PPA-CI, malgré des rivalités historiques entre leurs bases.

    Samuel KADIO

  • Côte d’Ivoire: la communauté internationale appelée à prendre position sur le quatrième mandat d’Alassane Ouattara

    Côte d’Ivoire: la communauté internationale appelée à prendre position sur le quatrième mandat d’Alassane Ouattara

    Le Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire, le parti de Laurent Gbagbo, demande à la communauté internationale de prendre position « sur la légitimité » d’un 4ᵉ mandat, que brigue le président ivoirien sortant, Alassane Ouattara. Radié de la liste électorale depuis 2020 suite à une décision de justice, Laurent Gbagbo a vu sa candidature pour la présidentielle, rejetée par le Conseil constitutionnel. Depuis, il affirme vouloir s’investir dans des « actions pacifiques et démocratiques ».

    À travers cette motion, Laurent Gbagbo, l’ancien président de Côte d’Ivoire, veut porter son combat sur le plan diplomatique. Il s’adresse à la communauté internationale afin qu’elle « agisse avec fermeté et cohérence » dit-il. « Notre Constitution ne prévoit ni trois, ni quatre mandats, écrit le PPA-CI. Nous souhaitons que nos amis le constatent et soient clairs sur ce point. Ne pas le faire serait perçu comme un acte de complicité avec le régime d’Alassane Ouattara », lit-on dans cette motion.

    En 2020, le Conseil constitutionnel avait validé la candidature de Ouattara, estimant que la constitution de 2016 remettait les compteurs à zéro. Aujourd’hui, le PPA-CI demande à l’ONU, l’Union africaine ou encore à l’Union européenne de « clarifier publiquement [leur] position sur la légitimité du 4ᵉ mandat ». Cette formation demande, par ailleurs, une médiation internationale pour « prévenir une crise à haut risque ».

    Des appels relativisés

    Le RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix) relativise : « le processus électoral suit normalement son cours », affirme Kobénan Kouassi Adjoumani, le porte-parole de ce parti. « Les candidats déclarés éligibles se préparent à aller en campagne » poursuit-il.

    « Nous en appelons à la responsabilité de tous pour garantir des élections apaisées », a déclaré Leonardo Santos Simao, le représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Afrique de l’Ouest, qui achevait une mission d’une semaine, au cours de laquelle, ce diplomate a rencontré l’ensemble de la classe politique ivoirienne. « Les élections sont toujours un défi, ajoute-t-il, mais elles doivent être une opportunité pour renforcer la paix, la stabilité et la cohésion sociale ».

    Avec RFI

  • Dérives sur les réseaux sociaux en Côte d’Ivoire : le procureur de la République annonce la  » fin de la récréation »

    Dérives sur les réseaux sociaux en Côte d’Ivoire : le procureur de la République annonce la  » fin de la récréation »

    Le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar, a échangé le vendredi 26 septembre 2025 à Abidjan avec des administrateurs de pages sur les réseaux sociaux, des blogueurs et des directeurs de publication des médias en ligne sur l’usage responsable des réseaux sociaux en période électorale.

    Le thème de cette rencontre était intitulé comme suit:  » La responsabilité des administrateurs des sites sur les réseaux sociaux, la presse en ligne, les blogueurs et les influenceurs « .

    Lors de ces échanges, le procureur de la République a annoncé  » la fin de la récréation et le début de la vitesse supérieure de la répression  » concernant les dérives langagières sur les réseaux sociaux en Côte d’Ivoire.

    Par ailleurs, il les a exhortés avec insistance à « filtrer » les publications et les commentaires sur leurs pages respectives au risque d’être poursuivis par le ministère public.

     » La constitution ivoirienne proclame la liberté d’expression. Mais dans sa mise en œuvre, ce principe a des exceptions. Chaque fois que vos propos porteront atteinte à la sécurité nationale, vous trouverez le procureur de la République sur votre chemin. A compter d’aujourd’hui, la récréation est terminée. Nous allons passer à la vitesse supérieure au niveau de la répression « , a prévenu le magistrat hors hiérarchie Koné Braman Oumar.

    Poursuivant, le procureur a ajouté :  » je vais sévir si vous ne faites pas le filtre de tout ce qui est publié sur vos pages « .

    Par ailleurs, il a fait savoir que l’auteur d’une publication ou d’un commentaire diffamatoire ou incitant à la haine, est autant passible de poursuites judiciaires que l’administrateur de la page sur laquelle le contenu a été publié si ce dernier ne le supprime pas.

    C’est pourquoi, M. Koné a appelé à la responsabilité des uns et des autres.

     » La Côte d’Ivoire s’apprête à aller à des élections. Nous constatons des appels à l’insurrection, une dérive langagière totale, la résurgence de la xénophobie sur les réseaux. Je vous engage à faire en sorte qu’on ne voit plus ce genre de propos haineux. Je vous exhorte à mettre en place des modérateurs « , a-t-il conseillé.

     » Ma mission est d’appliquer la loi. Elle est dure, elle est moins dure, je n’ai pas d’émotions à ce niveau. Je n’ai qu’à l’appliquer « , a indiqué le procureur de la République.

    En outre, il a affirmé que l’Etat de Côte d’Ivoire s’est donné les moyens de retrouver sur son territoire, tous les auteurs d’infractions commises sur internet.

     » Nul n’est caché aujourd’hui en Côte d’Ivoire. L’État a mis les moyens nécessaires pour vous retrouver », a averti le magistrat.

    Répondant à une question dans l’affaire concernant le cyberactiviste Ibrahim Zigui, incarcéré depuis quelques temps, le procureur de la République n’a pas voulu s’étendre sur cette affaire estimant que le dossier est en instruction.

     » Quand on émet une vidéo de cette nature, c’est de la flagrance. Est-ce que dans un cas de flagrance, on est obligé de donner une convocation, Zigui est un citoyen comme tout autre. Le dossier est déjà en instruction, je ne peux pas en parler « , a toutefois soutenu le procureur.

    Le directeur de publication d’un site en ligne peut être poursuivi par le procureur de la République en Côte d’Ivoire si les contenus diffusés sur les plateformes ( site Web, ou réseaux sociaux) tombent sous le coup de la loi sur la presse et de la loi sur la cybercriminalité », a conclu le procureur qui est également le directeur de la section anti-terroriste d’Abidjan.

    L.Barro

  • Côte d’Ivoire/Sécurité routière: l’artiste Molare interdit de conduire jusqu’en 2030 (Officiel)

    Côte d’Ivoire/Sécurité routière: l’artiste Molare interdit de conduire jusqu’en 2030 (Officiel)

    La Commission Spéciale de Suspension et de Retrait de permis de conduire a décidé, après délibération, du retrait du permis de conduire de l’artiste ivoirien du coupé décalé « Molare » de son nom à l’état civil, Maury Féré Soumahoro pour une période de cinq ans ferme. Connu pour ses prestations flamboyantes et son statut d’icône du coupé-décalé, Molare n’aura donc plus droit au volant jusqu’en 2030.

    L’annonce a été faite ce jeudi 25 septembre 2025 à la Direction Générale des Transports Terrestres et de la Circulation (DGTTC) sise à Abidjan-Plateau, par la Commission Spéciale de Suspension et de Retrait de permis de conduire.

    La Commission reproche à l’artiste une conduite dangereuse, un défaut de maîtrise du véhicule, et de mise en danger de la vie d’autrui. Cette décision a été précédée d’une audition de moins d’une heure au cours de laquelle, d’une voix grave et visiblement affectée par le drame, Molare a reconnu sa culpabilité dans l’accident qui a coûté la vie à une dame. Puis il a présenté ses condoléances à la famille endeuillée en exprimant ses regrets les plus profonds.

    Selon le ministère des Transports, cette décision entend rappeler la gravité des actes de négligence ou d’irresponsabilité au volant, en particulier lorsqu’ils ont des conséquences irréversibles.  »Cette sanction qui vise à renforcer le principe de responsabilité individuelle et à préserver la sécurité des usagers de la route sur l’ensemble du territoire national, montre bien que nul n’est au-dessus des lois. », a indiqué le vice-président de la commission Coulibaly Kafonan.

    La Commission a par ailleurs indiqué que les prélèvements effectués après l’incident malheureux révèlent qu’il n’y avait aucune trace d’alcool et de stupéfiants dans le sang de Molare lors de l’accident.

    L’artiste et entrepreneur ivoirien Molare a été victime d’un grave accident de la circulation le mercredi 02 juillet 2025 alors qu’il se rendait à son lieu de travail. L’accident s’est produit à la suite d’une défaillance mécanique de son véhicule, provoquant la perte de contrôle et la mort d’une passante. Suite aux enquêtes de l’accident, l’artiste Molare est incarcéré le jeudi 17 juillet avant d’être libéré le lundi 15 septembre 2025.

    Cyprien K.

  • présidentielle d’octobre 2025-Simone Gbagbo: « Le système actuel ne peut pas permettre à un candidat qui n’est pas au pouvoir de gagner »

    présidentielle d’octobre 2025-Simone Gbagbo: « Le système actuel ne peut pas permettre à un candidat qui n’est pas au pouvoir de gagner »

    La campagne pour la présidentielle d’octobre 2025 prend une nouvelle tournure avec une sortie remarquée de Simone Ehivet-Gbagbo, candidate déclarée. L’ancienne Première dame n’a pas mâché ses mots en dénonçant frontalement les règles du jeu électoral en Côte d’Ivoire.

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    « Le système actuel, tel qu’il est organisé, ne peut pas permettre à un candidat qui n’est pas au pouvoir de gagner l’élection présidentielle », a-t-elle lancé, estimant que les conditions de transparence et d’équité ne sont pas réunies.

    Une charge contre le système électoral

    Pour Mme Gbagbo, le déséquilibre structurel entre le parti au pouvoir et l’opposition empêche une compétition loyale. Elle pointe du doigt la mainmise du régime sur les institutions, l’administration territoriale et les organes en charge des élections.

    Cette déclaration intervient dans un climat politique tendu, marqué par le rejet des candidatures, la méfiance envers la Commission électorale indépendante (CEI) et la polarisation autour des figures historiques de la vie politique ivoirienne.

    Une stratégie de rupture

    En adoptant ce ton offensif, Simone Gbagbo entend se positionner comme la voix de ceux qui réclament une réforme en profondeur du système électoral. Ses propos pourraient galvaniser une partie de l’opposition, mais aussi susciter de vives réactions du côté du pouvoir, qui met en avant son bilan et la stabilité retrouvée du pays.

    À un mois du scrutin, cette sortie confirme que la campagne présidentielle s’annonce particulièrement âpre et polarisée.

  • Côte d’Ivoire: Non et non ! Makosso Camille n’est pas journaliste – Tout sur la supercherie

    Côte d’Ivoire: Non et non ! Makosso Camille n’est pas journaliste – Tout sur la supercherie

    Disons-le sans détour : non et non, Makosso Camille n’est pas journaliste. On n’entre pas dans ce métier comme on pousse la porte d’un supermarché.

    La carte qu’il brandit fièrement n’est pas une carte de journaliste professionnel, encore moins un document délivré par les autorités compétentes de la République de Côte d’Ivoire.

    Une profession encadrée

    Le journalisme, comme tout métier, obéit à des règles strictes : formation, qualifications, respect de l’éthique et de la déontologie. Être journaliste, c’est être le miroir de la société, porter la voix des sans-voix et adopter un comportement exemplaire.

    Après vérification, Makosso Camille n’est affilié à aucun média ivoirien reconnu. Il ne saurait donc se prévaloir du titre de journaliste, ni être considéré comme membre de la corporation.

    Une confusion entretenue

    « Nous contestons fermement cette attitude qui vise à discréditer le noble métier de journaliste et de professionnel de la communication », souligne Éric Goré, journaliste et président des Observateurs des Médias de Côte d’Ivoire.

    Il ajoute : « Même si nous ne pouvons pas nier sa passion et ses talents de cyber-activiste, une chose est certaine : Makosso Camille n’est pas des nôtres. »

    Eric Gore journaliste et président des observateurs des médias de côte d’ivoire

    CAMILLE MAKOSSO DÉSAVOUÉ PAR L’UNION NATIONALE DES JOURNALISTES DE CÔTE D’IVOIRE (UNJCI)

    MAKOSSO A MONTRÉ À SES ABONNÉS DEUX CARTES PORTANT LA MENTION « FOTO-PRESSE » – CAPTURE D’ÉCRAN

    « Seule l’obtention de la CIJP, associée à l’exercice effectif du métier, confère ce statut », précise l’organisation.

    L’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) a publié ce jeudi 25 septembre 2025 un communiqué pour clarifier la situation de M. Camille Makosso, suite à sa récente apparition en direct sur les réseaux sociaux avec une carte présentée comme une carte de presse.

    Lors d’un de ses nombreux directs sur Facebook, l’« influenceur-pasteur » a montré à ses abonnés deux cartes portant la mention « Foto-Presse », laissant entendre qu’il était « journaliste » et « photographe reporter ».

    Dans un communiqué signé par son président Jean-Claude Coulibaly, et daté du 25 septembre 2025, l’UNJCI rappelle que seule la Carte d’Identité de Journaliste Professionnel (CIJP), délivrée par la Commission Paritaire d’Attribution de la CIJP, est reconnue par la loi ivoirienne pour attester la qualité de journaliste.

    Selon le communiqué, la simple détention ou présentation d’une carte dite « de presse », quelle qu’en soit l’origine, ne confère pas le statut de journaliste. « Seule l’obtention de la CIJP, associée à l’exercice effectif du métier, confère ce statut », précise l’organisation.

    Après vérification, M. Makosso ne figure ni sur la liste des bénéficiaires de la CIJP, ni dans les fichiers de l’UNJCI. Il ne peut donc être reconnu comme journaliste professionnel au sens de la loi ivoirienne, et encore moins comme membre de l’organisation.

    L’UNJCI met en garde contre toute usurpation du titre de journaliste, qui est strictement encadrée par la loi, et se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires en cas de récidive. Elle appelle également le public, les institutions et les partenaires à la plus grande vigilance face à de telles pratiques.

    Créée le 25 novembre 1991, l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) est la faîtière des organisations des professionnels des médias en Côte d’Ivoire. Elle a pour objectifs de représenter et de défendre les intérêts des journalistes ivoiriens, de renforcer leurs compétences par des formations continues, de faciliter l’accès au métier et de promouvoir la dématérialisation des procédures administratives, comme le processus de l’obtention de la CIJP.

    Délivrée en Côte d’Ivoire par la Commission Paritaire d’Attribution, celle-ci constitue le seul document officiel attestant de la qualité de journaliste professionnel. Pour l’obtenir, le candidat doit justifier d’une activité principale, régulière et rémunérée dans le domaine de l’information, ainsi que d’une formation en journalisme ou d’une expérience professionnelle équivalente.

    La Commission Paritaire d’Attribution délivre la carte d’identité de journaliste professionnel, de couleur vert et blanc, et la carte d’identité de professionnel de la communication, de couleur orange et blanc. Les cartes présentées par Camille Makosso, de couleur dominante bleue, ne correspondent donc à aucun des formats officiels reconnus par la loi ivoirienne.

  • Art médico-légal et identification faciale: L’Université de Bondoukou ouvre une filière pionnière en Afrique de l’Ouest

    Art médico-légal et identification faciale: L’Université de Bondoukou ouvre une filière pionnière en Afrique de l’Ouest

    ’Université de Bondoukou a marqué un tournant majeur dans son développement académique avec l’organisation, les 24 et 25 septembre 2025, d’un séminaire consacré au lancement de son tout nouveau parcours « Art médico-légal et identification faciale ». Cette initiative, accueillie dans l’amphithéâtre de l’ENSAU, constitue une première en Afrique de l’Ouest et s’appuie sur un partenariat inédit avec la police scientifique.

    Pr Addack Kouassi, directeur de l’UFR SAICC

    Pr Addack Kouassi, directeur de l’UFR SAICC



    Représentant le préfet de région, le secrétaire général de la préfecture, Mamadou Coulibaly, a salué une démarche qui illustre « la vision et l’action déterminée du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Adama Diawara, en faveur de l’innovation et de la formation ». Selon lui, cette collaboration entre université et police scientifique « devient un symbole de progrès et de modernité au service de la jeunesse et du rayonnement de nos villes ».

    Le président de l’Université de Bondoukou, Pr. Ouattara Djakalia, a rappelé la mission de l’institution : sortir des sentiers battus et proposer des filières inédites, adaptées aux besoins du marché. « Notre feuille de route, inspirée par le ministre Adama Diawara, c’est de développer des formations innovantes qui préparent des diplômés compétitifs et opérationnels », a-t-il affirmé.

    Un parcours pionnier et pluridisciplinaire

    Pour le directeur de l’UFR SAICC, Pr. Adack Kouassi, ce parcours se distingue par la combinaison de l’art, de la science et de la justice, tout en répondant à des enjeux sociaux. Dès cette rentrée, 60 étudiants bénéficieront d’une formation intégrant le dessin, la sculpture, la modélisation, l’anatomie, la psychologie, l’intelligence artificielle, la criminalistique et la police scientifique.

    Le Général Kouamé Kouassi Bouatini, directeur général adjoint de la police scientifique, a souligné que cette filière « ouvre non seulement des opportunités dans la police technique et scientifique, mais représente aussi une avancée majeure pour la criminalistique dans la sous-région ».

    Le séminaire, structuré autour d’une conférence inaugurale, de panels d’experts, d’exercices pratiques et d’une visite guidée, a permis de mettre en lumière la richesse des débouchés. Les diplômés pourront exercer comme experts en art médico-légal auprès des tribunaux, techniciens en prothèses maxillo-faciales, concepteurs d’effets spéciaux pour le cinéma, consultants en identification faciale et portraits-robots, ou encore enseignants-chercheurs.

    L’Université de Bondoukou confirme, avec ce nouveau parcours, son rôle de pionnière dans la transformation du paysage académique ivoirien et ouest-africain, en rapprochant le monde universitaire des besoins concrets de la justice, de la sécurité et des industries créatives.

  • Cote d’Ivoire: 40 Mrds CFA levés sur le marché des titres publics de l’Umoa

    Cote d’Ivoire: 40 Mrds CFA levés sur le marché des titres publics de l’Umoa

    L’État de Côte d’Ivoire a procédé avec succès à une nouvelle levée de fonds sur le marché financier régional, mobilisant 40 milliards de francs CFA à travers une émission de Bons Assimilables du Trésor (BAT) à 91 jours, selon les résultats de l’adjudication publiés mardi par Umoa-Titres.

    L’opération ivoirienne pour la levée de 40 milliards FCFA a suscité un engouement remarquable avec une demande atteignant plus du double du montant proposé, confirmant l’attractivité de la signature souveraine d’Abidjan auprès des investisseurs régionaux.

    L’opération, organisée le 23 septembre 2025 avec une date de valeur fixée au 24 septembre et une échéance au 23 décembre 2025, a rencontré un vif succès auprès des investisseurs régionaux. Le montant global des soumissions a atteint 81,550 milliards de francs CFA, soit un taux de couverture exceptionnel de 203,88 % par rapport aux 40 milliards mis en adjudication.

    Cette forte demande témoigne de la confiance persistante des investisseurs envers la signature souveraine ivoirienne sur le marché des capitaux de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (Uemoa).

    L’adjudication a attiré 16 participants qui ont déposé au total 27 soumissions. La répartition géographique révèle une concentration marquée sur deux pays : la Côte d’Ivoire elle-même, avec 76,350 milliards de francs CFA de soumissions (dont 37,800 milliards retenus), et le Bénin, qui a proposé 5,100 milliards pour un montant retenu de 2,100 milliards.

    Le Burkina Faso a également participé modestement avec une soumission de 100 millions entièrement retenue.

    Les autres pays membres de l’Uemoa – Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo – n’ont pas participé à cette émission.

    Conditions financières attractives

    Les Bons du Trésor, d’une valeur nominale unitaire de 1 million de francs CFA, offrent des conditions jugées attractives par le marché. Le rendement moyen pondéré s’établit à 5,94 %, avec un taux marginal de 6,0050 % et un taux moyen pondéré de 5,8493 %.

    Ces niveaux de taux reflètent les conditions actuelles du marché monétaire régional et la perception du risque souverain ivoirien par les investisseurs institutionnels de la zone.

    Malgré la sur-souscription importante, les autorités ivoiriennes ont respecté l’enveloppe initialement prévue, retenant exactement 40 milliards de francs CFA sur les 81,550 milliards proposés. Cette sélectivité se traduit par un taux d’absorption de 49,05 %, permettant à l’État de choisir les meilleures conditions parmi les offres reçues.

    Aucune allocation n’a été effectuée au titre des Opérations Non Compétitives (ONC), bien qu’une enveloppe de 10 milliards de francs CFA ait été réservée à cette fin.

    Cette levée de fonds s’inscrit dans le cadre de la gestion courante de la trésorerie publique ivoirienne et du financement des dépenses budgétaires. Les Bons du Trésor à 91 jours constituent un instrument privilégié pour couvrir les besoins de financement à court terme de l’État, tout en offrant aux investisseurs régionaux un placement sécurisé à échéance rapprochée.

    Conditions financières attractives

    Les Bons du Trésor, d’une valeur nominale unitaire de 1 million de francs CFA, offrent des conditions jugées attractives par le marché. Le rendement moyen pondéré s’établit à 5,94 %, avec un taux marginal de 6,0050 % et un taux moyen pondéré de 5,8493 %.

    Ces niveaux de taux reflètent les conditions actuelles du marché monétaire régional et la perception du risque souverain ivoirien par les investisseurs institutionnels de la zone.

    Malgré la sursouscription importante, les autorités ivoiriennes ont respecté l’enveloppe initialement prévue, retenant exactement 40 milliards de francs CFA sur les 81,550 milliards proposés. Cette sélectivité se traduit par un taux d’absorption de 49,05 %, permettant à l’État de choisir les meilleures conditions parmi les offres reçues.

    Aucune allocation n’a été effectuée au titre des Opérations Non Compétitives (ONC), bien qu’une enveloppe de 10 milliards de francs CFA ait été réservée à cette fin.

    Cette levée de fonds s’inscrit dans le cadre de la gestion courante de la trésorerie publique ivoirienne et du financement des dépenses budgétaires. Les Bons du Trésor à 91 jours constituent un instrument privilégié pour couvrir les besoins de financement à court terme de l’État, tout en offrant aux investisseurs régionaux un placement sécurisé à échéance rapprochée.

    ARD/Sf/APA

  • PRÉSIDENTIELLE 2025 : ONU, UE, UA, CEDEAO… À ABIDJAN, QUE CACHE LE BALLET DE MISSIONS DES ORGANISATIONS INTERNATIONALES ?

    PRÉSIDENTIELLE 2025 : ONU, UE, UA, CEDEAO… À ABIDJAN, QUE CACHE LE BALLET DE MISSIONS DES ORGANISATIONS INTERNATIONALES ?

    ONU, UE, UA, CEDEAO, Forum des sages de l’Afrique de l’ouest : les missions d’observation préélectorale se succèdent en Côte d’ivoire. A l’approche de l’élection présidentielle du 25 octobre, leur but est de concilier les positions afin que le scrutin ne débouche sur une nouvelle crise.

    Ces dernières années, la Côte d’Ivoire a reçu, avant chaque élection présidentielle, plusieurs missions conduites par des organisations internationales.

    Déjà en avril 2025, Leonardo Santos Simão avait mené une visite de travail de deux jours à Abidjan.

    Il avait eu une série de rencontres avec les autorités Ivoiriennes et les différentes parties prenantes au processus électoral, notamment le président de la CEI et les leaders des principaux partis politiques.

    Du 10 au 15 juin 2025, une autre organisation lui emboitait le pas. Il s’agit de l’Union africaine.

    Conduite par l’ancien ministre des Affaires étrangères de la République du Tchad, Mahamat Saleh Annadif, une délégation de cette organisation conduisait aussi une mission d’évaluation préélectorale

    Quelques jours après, c’était autour d’une délégation de l’Union Européenne (UE) avec à sa tête son directeur adjoint pour l’Afrique Mathieu Briens.

    Elle également avait rencontré pratiquement les mêmes acteurs.

    Fin juin, la CEDEAO a dépêché l’ancien ministre des Affaires étrangères de la République du Bénin et Chef de la mission, Théodore Holo.

    Le Forum des ainés de l’Afrique de l’ouest dirigé par les anciens chefs d’Etat béninois Boni Yayi et Nigérian Goodluck Jonathan ont clôt le ballet fin juillet.

    Depuis quelques jours, Leonardo Santos Simão (ONU) séjourne encore en Côte d’Ivoire, où il achève ce mardi 22 septembre une nouvelle visite de travail.

    Que valent ces missions ? Quelle influence peuvent-elles avoir sur le processus électoral en cours ?

    “Ces missions ont une portée surtout politique et morale. Elles viennent rappeler les standards internationaux et offrir une médiation en cas de blocage’’, juge Ahouman Gaël Lakpa, analyste sociopolitique.

    Rappelant le rôle clé joué par d’une part par le tandem CEDEAO-UA en Gambie en 2016 et d’autre part par l’ONU et l’UA en 2010 au Kenya, il conclut que ces missions “peuvent peser lourd quand les acteurs locaux acceptent leur arbitrage’’.

    Toutefois, il estime que “leur influence en Côte d’Ivoire ne sera pas automatique’’ parce que “tout dépendra de la volonté des acteurs nationaux d’écouter ces médiateurs et surtout de la cohésion du message’’

    La succession de ces missions est-elle gage de succès ? Pour Gael Lakpa, leur multiplication peur provoquer “une cacophonie diplomatique où chaque camp choisit le parrain qui l’arrange’’.

    “S’il n’y a pas une voix unie et impartiale, leur crédibilité risque de s’éroder. Ce d’autant plus qu’elles n’ont aucun pouvoir contraignant. Elles ne peuvent pas imposer une décision souveraine’’, poursuit-il.

    Selon lui, “ces missions sont des garde-fous et des signaux au monde’’ qui “peuvent aider à transformer des tensions en dialogue’’.

    À la seule condition que les acteurs locaux eux-mêmes, s’impliquent “sinon, elles ne seront qu’une présence symbolique sans réel effet’’.

    Serge Alain Koffi

  • Le Somaliland, cet État qui n’existe pas où Trump veut envoyer les Palestiniens

    Le Somaliland, cet État qui n’existe pas où Trump veut envoyer les Palestiniens

    Indépendant depuis 1991, le Somaliland n’est pas reconnu par la communauté internationale. Le pays ne peut donc pas frapper à la porte du FMI et de la Banque mondiale. L’ancienne Somalie britannique mise sur le développement du port de Berbera, sur le Golfe d’Aden, pour concurrencer Djibouti et accueillir les importations et les exportations de l’Éthiopie (120 millions d’habitants), un géant privé d’accès à la mer.

    Le Somaliland n’a pas répondu, mais les Etats-Unis lui ont fait la proposition: contre l’accueil des Palestiniens, Washington reconnaîtrait ce pays qui, depuis 1991, reste un paria, reconnu par aucun pays dans le monde. L’ancien Somalie britannique ne vit que de la vente de Chameaux, de moutons, de chèvres dans les pays du Golfe, ainsi que des 1,5 millions de Somalilandais qui vivent à l’étranger, notamment en Grande-Bretagne. Hargeisa n’a pas accès à l’aide internationale, Banque mondiale, etc. 

    De la place, il y en a au Somaliland représentant la moitié de la France pour 4 ou 5 millions d’habitants. Mais l’équilibre de la Corne de l’Afrique serait dans une telle hypothèse totalement bouleversé pour un projet dont le peuple palestinien n’a même jamais imaginé. 

    Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed a inquiété tous ses voisins en déclarant que l’Ethiopie a un « droit naturel » à disposer d’un accès à la mer. Il s’agirait, selon lui, d’«une question existentielle » qui pourrait bien cibler les ports du Somaliland. Le pays où les Somaliens ont investi, début 2023, la ville de Las Anod, est très convoité sous la menace de ses voisins.

    Ian Hamel, de envoyé spécial à Hargeisa

    Installée dans une petite rue paisible, la modeste ambassade du Somaliland n’est qu’à un coup d’accélérateur de l’aéroport d’Addis-Abeba. L’Éthiopie demeure le seul pays – avec Taïwan – à reconnaître cet État fantôme boudé par le reste du monde. Les formalités ne durent qu’une quinzaine de minutes. Les visiteurs ne se bousculent guère dans ce territoire semi-désertique, vaste comme le tiers de la France, et peuplé de 3,5 millions d’âmes. Seule la compagnie Ethiopien Airlines permet de rejoindre en quatre-vingt-dix minutes Hargeisa, la capitale de ce pays qui n’existe pas.

    Fidèle à l’ancien colonisateur, le Somaliland importe des voitures avec le volant à droite, mais paradoxalement, on y roule aujourd’hui à droite… La langue officielle, le Somali, a opté pour les caractères latins. Mais sur son drapeau, la devise est écrite en arabe. L’islam est la religion d’État et toute promotion d’un autre culte est interdite par la constitution somalilandaise.        

    Dans le centre-ville de la capitale, le compound, composé d’un hôtel quatre étoiles et d’un restaurant avec terrasse, est solidement gardé par des policiers, mitraillette à portée de main. Le matin, des serveurs très stylés proposent, en souvenir de l’occupation anglaise, du thé, du porridge, et des toasts, toutefois arrosés de miel, et servis avec des bananes. Il n’est pas possible de quitter Hargeisa sans être accompagné d’un fonctionnaire en armes. Le pays est-il si peu sûr ? Durant notre séjour d’une dizaine de jours, nous n’entendrons pas un seul coup de feu. Pas de problème pour se promener même tard le soir dans les rues de Berbera, de Sheikh, ou de Borama. « Imposer un policier, c’est d’abord un moyen pour l’État de faire payer la rémunération des fonctionnaires par les visiteurs. Le Nord du pays est sécurisé. En revanche, ce n’est pas forcément le cas plus au Sud. Le Somaliland a perdu cette année Las Anod, la capitale de la province de Sool, prise par des milices somaliennes après de violents combats », souligne une diplomate occidentale de passage à Hargeisa.   

    Danses traditionnelles dans ce pays très religieux

    Un Intégrisme non violent                                                                                                                                

    Si l’ancienne Somalie britannique n’est toujours pas reconnue, car toujours considérée comme une province séparatiste de l’actuelle Somalie, elle ne laisse pas pour autant indifférente les capitales occidentales et les pays du Golfe. Les mosquées y poussent comme des champignons. Si la burqa n’est pas (encore ?) généralisée, aucune femme ne sort de son domicile sans son voile. Même, les petites filles, à partir de quatre ou cinq ans, sont couvertes. Le soleil ne s’est pas levé que les muezzins se font écho pour vous rappeler la prière de l’aube. Cette radicalisation n’est pas récente. En 1992, un reportage du Monde évoquait déjà « la percée, pourtant spectaculaire, des groupes intégristes islamiques ». Des groupes qui disposeraient de « camps d’entrainement militaires à Borama, Burao et Las Anod » (1).              

    Alors que Mogadiscio sombrait dans le chaos, paralysée par les attentats à la bombe des Shebab, Hargeisa a longtemps joué les bons élèves, organisant des élections pour choisir le président de la République et les députés. Axelle Djama, autrice d’une thèse consacrée aux forces de sécurité au Somaliland, rappelait en mars 2023, que le dernier attentat remontait à 2008 et que s’il doit exister des cellules de Shebabs au Somaliland, elles n’y sont pas actives. Et surtout, « elles ne parviennent pas à mettre en place leur projet terroriste », en raison de « quadrillages territoriaux par la police et les forces de sécurité plutôt efficaces. Les services de renseignement aussi semblent performants », affirme cette doctorante en anthropologie (2). Des services fortement “conseillés“ par les Britanniques, les Américains, mais aussi les voisins Ethiopiens.

    Un dollar s’échange contre 9 000 shillings somalilandais  

    La perte de Las Anod, 150 000 habitants   

    La démocratie vient d’en prendre un coup avec le report de l’élections présidentielles, qui auraient dû se dérouler en novembre 2022. Élu en 2017, Muse Bihi Abdi restera au pouvoir au moins jusqu’en 2024… Des manifestations antigouvernementales se sont soldées par quelques morts, du côté des opposants comme des forces de l’ordre.

    Mais surtout, le Somaliland a perdu la ville de Las Anod (150 000 habitants) au début de l’année 2023, après de violents combats qui ont fait des centaines de victimes et des dizaines de milliers de déplacés. Cette cité occupe une position stratégique sur les routes commerciales du nord de la Somalie.

    Cette défaite atteste d’abord d’une dérive du pouvoir somalilandais, qui, peu à peu, est accaparé par les Issaq, largement majoritaires (70 % de la population), au détriment des autres clans, notamment les Dulbahante, qui peuplent la province de Sool. « Pour construire la paix à la fin du XXe siècle, des clans minoritaires ont accepté de lâcher la Somalie pour former le Somaliland avec les Issaq. Mais aujourd’hui, étant de plus en plus marginalisés, ils ne se sentent plus vraiment somalilandais », constate un chercheur français, qui ne souhaite pas que son nom apparaisse. « Si vous vous permettez la moindre critique, vous êtes interdit de séjour. Quant à la population, elle n’ose plus critiquer le pouvoir. Des journalistes sont emprisonnés », assure l’universitaire. Malgré la promesse en août 2023 de « prendre sa revanche » contre la milice SSC (Sool, Sanaag et Ayan), fidèle au gouvernement somalien, le pouvoir somalilandais n’a pas mené jusqu’à présent d’offensives pour reprendre Las Anod.

    Le pays survit grace à l’exportation de deux millions de têtes de bétail vers les pays du Golfe

    L’Alliance avec Taïwan

    Exclu des circuits financiers mondiaux depuis sa création en 1991, le pays a toujours échappé au surendettement, mais il ne survit que grâce à l’exportation annuelle de deux millions de têtes de bétail vers les pays du Golfe. Et à la générosité de la diaspora (1,5 million de personnes), établie en Europe, notamment en Grande-Bretagne, parfois même aux États-Unis. Le PIB par habitant était estimé, il y a quelques années, à 675 dollars. Pour l’avenir, Hargeisa mise sur le renforcement de ses liens avec un autre paria de la communauté internationale, Taïwan, qui a installé une vraie ambassade dans la capitale. L’île mène des recherches pétrolières et minières. De quoi provoquer le courroux de la Chine. Réplique cinglante d’Essa Kayd Mohamoud, chef de  la diplomatie somalilandaise : « Pékin ne peut pas nous dicter sa conduite. Nous mènerons nos affaires comme nous le voulons ». 

    Autre partenaire d’importance, les Émirats arabes unis (EAU). Ils ne reconnaissant pas le Somaliland (comme la Ligue arabe), mais investissent des millions de dollars dans le port de Berbera. Les raisons ? Dubai Port Word 8DP World) a été évincé de Djibouti en 2018 au profit des Chinois. L’opérateur portuaire des Émirats entend faire de Berbera une alternative  pour les exportations et l’approvisionnement de l’Éthiopie, un marché de 120 millions d’habitants. DP World a investi 442 millions de dollars dans la construction d’un nouveau quai et l’extension du port en eau profonde. Le sultan Ahmed Bin Sulayem, président de DP World, s’est déplacé en juin 2021 pour l’inauguration d’un terminal à conteneurs et l’ouverture d’une zone franche de 1 200 hectares, la Berbera Economic Zone (BEZ), qui accueillera prochainement une usine d’embouteillage d’huile de table.

    Acheter un passeport étranger

    Le port somalilandais peut-il grignoter Djibouti ? « C’est un pari difficile. Djibouti a la réputation d’être plus efficace que Berbera. Quel est le temps de déchargement au Somaliland ? Par ailleurs, Djibouti dispose d’une ligne de chemin de fer, alors qu’à Berbera, les conteneurs partent par la route. C’est plus long et plus risqué. Ajoutez des primes d’assurance élevées car la piraterie n’a pas totalement disparue dans le Golf d’Aden », analyse Hervé Deiss, le rédacteur en chef de Ports et Corridors, site spécialisé dans la logistique portuaire.

    En clair, l’avenir n’est pas bouché, mais il reste incertain. La reconnaissance du Somaliland par la communauté internationale n’est pas pour demain, malgré un important lobbying de la part de la diaspora à Washington. « Au Somaliland, la priorité des priorités pour les jeunes, c’est d’acheter un passeport étranger pour enfin pouvoir voyager », nous explique note fixeur. Son passeport éthiopien, obtenu cet été, lui a coûté 5 000 dollars. Mais s’il part, reviendra-t-il dans le pays qui n’existe pas ?    

    • Catherine Simon, « Somaliland, État fantôme », Le Monde, 24 décembre 1992.
    • Mathieu Vendrely, « Le Somaliland, une “sécession réussie“, mais un État non reconnu internationalement », information.tv5monde.com.

    Avec La redaction de Mondafrique

  • Sécurisation de la présidentielle 2025 : L’armée ivoirienne lance un vaste exercice à Yamoussoukro

    Sécurisation de la présidentielle 2025 : L’armée ivoirienne lance un vaste exercice à Yamoussoukro

    À un mois de l’élection présidentielle prévue pour le 25 octobre 2025, les Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) se préparent activement afin de garantir un scrutin apaisé et sécurisé. Dans cette dynamique, l’État-Major Général des Armées a annoncé le lancement d’un important exercice de simulation, prévu du lundi 22 au vendredi 26 septembre 2025, dans le District autonome de Yamoussoukro.

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    Cette opération, conduite par les Forces de Défense et de Sécurité, vise avant tout à renforcer la cohérence et la coordination opérationnelle entre les différentes unités qui seront déployées sur le terrain le jour du scrutin. Selon le communiqué signé par le Général de Corps d’Armée Lassina Doumbia, Chef d’État-Major Général des Armées, l’exercice mobilisera d’importants moyens terrestres. Il donnera lieu à des mouvements de troupes et de véhicules, aussi bien de jour que de nuit, dans la capitale politique ivoirienne.

    L’armée précise que ces manœuvres pourraient entraîner des nuisances sonores ainsi que des désagréments pour les populations locales. Consciente de l’impact que de tels exercices peuvent avoir sur la vie quotidienne, l’institution militaire a tenu à présenter ses excuses aux habitants de Yamoussoukro. Elle les a toutefois rassurés quant aux dispositions prises pour leur permettre de vaquer librement à leurs occupations durant toute la période.

    Au-delà du caractère purement technique, cette simulation traduit la volonté des autorités ivoiriennes d’anticiper les défis sécuritaires liés à un rendez-vous électoral majeur. La présidentielle d’octobre 2025 constitue en effet une étape cruciale pour la stabilité démocratique du pays. Les Forces armées, en se préparant par cet exercice grandeur nature, entendent jouer pleinement leur rôle de garant de la sécurité des citoyens et du bon déroulement du processus électoral.

    Ainsi, en plaçant la sécurité des populations au centre de leurs priorités, les Forces armées de Côte d’Ivoire réaffirment leur engagement à accompagner la nation dans ce moment décisif de son histoire politique.

  • Retrait de la CPI: le Burkina , le Mali et le Niger tournent la page de la Cour pénale internationale

    Retrait de la CPI: le Burkina , le Mali et le Niger tournent la page de la Cour pénale internationale

    Les trois pays sahéliens, dirigés par des juntes militaires, dénoncent un « instrument de répression néocolonial aux mains de l’impérialisme ».

    Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, trois pays sahéliens gouvernés par des militaires, ont annoncé lundi 22 septembre au soir leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), dénonçant un « instrument de répression néocolonial aux mains de l’impérialisme ». Ces pays, qui ont à leur tête des gouvernements autoritaires arrivés au pouvoir par des putschs entre 2020 et 2023, revendiquent une politique souverainiste et ont tourné le dos à l’Occident.

    Dans un communiqué commun, les trois pays alliés dans une confédération, l’Alliance des Etats du Sahel (AES), ont précisé que cette décision prise « avec effet immédiat » s’inscrit dans leur volonté d’« affirmer pleinement leur souveraineté ». « La CPI s’est montrée incapable de prendre en charge et de juger des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des crimes de génocide et des crimes d’agression avérés », ont affirmé les Etats de l’AES.

    Les pays de l’AES se sont notamment rapprochés d’autres partenaires, comme la Russie, dont le président, Vladimir Poutine, est visé par un mandat d’arrêt de la CPI depuis mars 2023 pour crime de guerre présumé de déportation d’enfants ukrainiens. Ils sont confrontés à des violences meurtrières des groupes djihadistes liés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique, mais leurs armées sont également accusées de crimes contre des civils.

    L’institution essuie régulièrement des critiques

    Fondée en 2002, la Cour pénale internationale (CPI) a pour mission de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves commis dans le monde, lorsque les pays n’ont pas la volonté ou la capacité de le faire eux-mêmes. Elle comptait jusqu’à présent 125 membres. Les Etats-Unis et la Russie n’en font pas partie, ni Israël, la Chine ou la Birmanie. La Hongrie a claqué la porte plus tôt cette année, en réaction au mandat d’arrêt pris à l’encontre du dirigeant israélien Benyamin Nétanyahou.

    L’institution essuie régulièrement des critiques, notamment dans les pays africains où elle est accusée de poursuivre majoritairement des personnalités du continent. Elle a condamné le chef de guerre congolais Bosco Ntaganda à trente ans de prison ou le chef djihadiste malien Al-Hassan à dix ans d’emprisonnement, pour des crimes de guerre notamment.

    Mais elle a aussi acquitté l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, son ancien bras droit Charles Blé Goudé ou encore l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba. En 2016, trois pays africains – la Gambie, l’Afrique du Sud et le Burundi – avaient envisagé leur départ, mais finalement les deux premiers ont renoncé.

    En septembre, la CPI a inculpé l’ancien président philippin Rodrigo Duterte pour crimes contre l’humanité. Ce dernier avait été arrêté en mars et transféré aux Pays-Bas, où se trouvent le siège de la CPI et son quartier pénitentiaire.

    Avec Le Monde avec AFP

  • Avec la reconnaissance d’un État palestinien, une ère glaciale entre Paris et Israël

    Avec la reconnaissance d’un État palestinien, une ère glaciale entre Paris et Israël

    La reconnaissance d’un État palestinien par Emmanuel Macron va envenimer les relations, déjà glaciales, entre la France et Israël, avec des représailles attendues côté israélien auxquelles Paris entend riposter, au risque de dégrader aussi la situation des Palestiniens.

    Dès l’annonce du président français de son intention de reconnaître un État palestinien, ce qu’il fera lundi au siège new-yorkais de l’ONU, Israël avait fulminé.

    En août, son premier ministre, Benjamin Netanyahu, avait accusé Emmanuel Macron «d’alimenter le feu antisémite» et de faire le jeu du Hamas, auteur de l’attaque sanglante du 7 octobre 2023 qui a déclenché en retour une guerre dévastatrice à Gaza.

    Le chef de l’État s’était indigné de cette offense à la France «tout entière» et avait défendu son initiative diplomatique, y voyant au contraire une «main tendue» à Israël pour une «paix durable».

    «Ligne rouge»

    Avant même l’officialisation de la reconnaissance, les autorités israéliennes ont brandi les menaces.

    Au premier rang d’entre elles, l’annexion de tout ou partie de la Cisjordanie. L’Élysée a averti vendredi soir qu’une telle annexion constituerait «une ligne rouge clair».

    Visant plus particulièrement la France, Israël pourrait aussi fermer son consulat à Jérusalem ou réduire la coopération militaire et de défense. Des mesures conséquentes, sans toutefois aller jusqu’à la rupture diplomatique, estiment des diplomates des deux côtés interrogés par l’AFP.

    Il faut néanmoins s’attendre à «beaucoup de bruit», confie l’un d’eux, prédisant des joutes verbales publiques.

    L’effet le plus immédiat: Emmanuel Macron est persona non grata en Israël jusqu’à nouvel ordre, alors qu’il a reconnu avoir «proposé de s’y rendre» en amont de cette reconnaissance pour expliquer sa démarche. Pour autant, il assure maintenir le contact avec Benjamin Netanyahu, auquel il a encore parlé dimanche, selon son entourage.

    À Paris, on reste discret sur les contre-mesures prévues, mais on promet une réponse forte sur la base de la réciprocité.

    Denis Bauchard, ancien ambassadeur et expert à l’’nstitut français des relations internationales (IFRI), évoque par exemple des mesures sur les visas diplomatiques. Selon lui, l’ambassade d’Israël en France est «surpeuplée», avec «énormément de personnes qui disposent d’un passeport diplomatique alors que manifestement leur activité relève plutôt des services de renseignements».

    La diplomatie française a en tout cas assuré qu’elle ne «transigerait jamais» avec «la sécurité des ambassades étrangères», et réfuté toute velléité d’alléger la protection accordée à l’ambassadeur d’Israël à Paris.

    «Injuste et irresponsable»

    Les observateurs s’inquiètent surtout des répercussions sur le terrain pour les Palestiniens.

    «Les Israéliens sont prêts à tout et la riposte française risque d’être assez limitée», estime Agnès Levallois, spécialiste du Moyen-Orient. Selon elle, la fermeture du consulat français à Jérusalem serait «catastrophique», car c’est un point de contact fondamental avec les Palestiniens.

    Avec la potentielle annexion de la Cisjordanie, «in fine c’est les Palestiniens qui ont le plus à perdre dans cette crise», opine-t-elle.

    Israël a le projet d’étendre ses colonies en Cisjordanie, un territoire qu’il occupe depuis 1967. En août, le gouvernement israélien y avait approuvé la construction de nouveaux logements, un projet jugé menaçant pour la viabilité d’un futur État palestinien.

    «C’est injuste et irresponsable», «la Cisjordanie n’a rien à voir avec le Hamas», a protesté Emmanuel Macron dans un entretien jeudi à la chaîne israélienne 12. Il a dit y voir la preuve que le «projet politique» des autorités israéliennes «n’est pas de démanteler le Hamas, mais de tuer la possibilité d’avoir deux États».

    «Depuis le début, nous avons fait savoir qu’une reconnaissance d’un État palestinien par la France, sans aucune condition, allait compliquer la situation sur le terrain plutôt que de faire avancer la paix», a déclaré à l’AFP Joshua Zarka, l’ambassadeur d’Israël à Paris.

    «Si le président Macron avait mis quelques conditions – une reconnaissance après la libération des otages et la démilitarisation du Hamas–, la dynamique aurait été différente», estime-t-il.

    Pour Gérard Araud, ancien ambassadeur de France en Israël et aux États-Unis, les relations franco-israéliennes «sont cassées durablement», car au-delà de la relation difficile Macron-Netanyahu, la France n’est pas populaire au sein de la population israélienne. De longue date, elle «est considérée comme antisémite, l’ennemi de l’État d’Israël et l’ami des Palestiniens», souligne-t-il.

    «Mon but sera de calmer les esprits le plus rapidement possible», promet l’ambassadeur Joshua Zarka, faute d’une relation apaisée.

  • Classement des pays africains les plus attractifs pour les multinationales et les investisseurs étrangers en 2025 :

    Classement des pays africains les plus attractifs pour les multinationales et les investisseurs étrangers en 2025 :

    Les 38 pays africains couverts par « The Global Attractiveness Index 2025 » sont majoritairement classés en bas du tableau, en raison notamment de la faiblesse de leurs performances dans les domaines de l’efficacité du gouvernement, de l’innovation et du développement du capital humain.

    Maurice, l’Egypte et l’Algérie sont les pays africains les plus attractifs pour les multinationales et les investisseurs étrangers en 2025, selon un classement publié le dimanche 7 septembre 2025 par le cabinet italien de conseil et de services aux entreprises The European House – Ambrosetti (TEHA).

    Intitulé « The Global Attractiveness Index 2025 », ce classement évalue l’attractivité de 146 pays, qui représentent 98 % du produit intérieur brut mondial et 94 % de la population de la planète, en se basant sur une cinquantaine d’indicateurs clés de performance (Key Performance Indicator/KPI) issus de données récentes publiées par de nombreux organismes internationaux comme le Programme des Nations Unies pour le développement, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement.

    Ces indicateurs comprennent notamment le flux des investissements directs étrangers, le niveau de développement humain, le PIB par habitant, le ratio dette publique/PIB, le taux de chômage, le pourcentage de la population en âge de travailler par rapport à la population totale, l’efficacité du gouvernement, l’État de droit, le classement dans le programme international pour le suivi des acquis des élèves, l’égalité des genres, le taux des étudiants universitaires inscrits dans des filières STEM, le nombre de publications scientifiques et le niveau de développement des TIC.

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    Les différents indicateurs sont répartis en quatre sous-indices : indice de positionnement, indice de dynamisme, indice de durabilité et indice des perspectives futures. Un score allant de 0 point (attractivité nulle) à 100 points (attractivité optimale) est attribué à chaque pays.

    Les pays étudiés sont classés en quatre catégories : pays très attractifs (score compris entre 80 et 100 points) ; pays assez attractifs (score compris entre 60 et 80 points) ; pays moyennement attractifs (score compris entre 30 et 60 points) ; pays peu attractifs (score compris entre 0 et 30 points).

    Leader en matière d’attractivité à l’échelle africaine, l’île Maurice arrive au 76è rang à l’échelle mondiale avec un score de 30,4 points. Cet État insulaire de l’océan Indien affiche de bonnes performances dans le sous-indice « dynamisme » qui mesure l’ouverture des économies sur l’extérieur, l’efficacité des politiques publiques, les capacités d’innovation et le développement du capital humain. L’Egypte (78è rang mondial) occupe le deuxième rang au plan continental, ex-aequo avec l’Algérie (score de 30 points). Ces trois pays sont les seules économies du continent à figurer dans la catégorie « pays moyennement attractifs ». Viennent ensuite le Maroc (85è rang mondial), la Côte d’Ivoire (89è), le Botswana (93è), l’Afrique du Sud (96è), le Sénégal (97è), le Rwanda (99è), alors que les Seychelles (100è) ferment le Top 10 africain.

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    Globalement, les pays africains étudiés sont classés en bas du tableau, en raison notamment de leurs faibles performances dans les domaines de l’efficacité du gouvernement, de l’innovation et du développement du capital humain.

    A l’échelle mondiale, les États-Unis restent le pays le plus attractif pour les multinationales et les investisseurs étrangers, avec un score de 100 points, suivis de la Chine (87,7 points), de l’Allemagne (81,4 points), de Singapour (80,9 points) et du Japon (78,8 points).

    Au total, quatre pays figurent dans la catégorie « pays très attractifs », 12 pays sont classés comme ayant une bonne attractivité, alors que 63 pays affichent une attractivité moyenne et 67 sont considérés comme ayant une faible attractivité. 

    Walid Kéfi

    Edité par M.F. Vahid Codjia

  • Ghana : la dette publique descend à près de 45% du PIB dans un contexte d’embellie économique

    Ghana : la dette publique descend à près de 45% du PIB dans un contexte d’embellie économique

    Depuis 2023, le Ghana mène une restructuration de sa dette avec des retombées désormais perceptibles sur les comptes publics. En juin, Fitch Ratings avait décidé de relever la note souveraine du pays à B- avec perspective stable.

    À fin juillet 2025, la dette publique totale du Ghana s’établissait à 44,9 % du PIB, selon les chiffres publiés par la Banque centrale, à l’issue de la 126e réunion de son comité de politique monétaire, tenue le 17 septembre.

    Ce niveau marque une baisse spectaculaire par rapport aux 61,8 % enregistrés en décembre 2024 et se situe bien en deçà des projections des partenaires internationaux. Pour mémoire, le FMI anticipait une dette équivalente à 66 % du PIB en 2025, tandis que Fitch Ratings l’estimait encore à 60 % lors de sa dernière revue en juin.

    Cette amélioration traduit les efforts déployés par Accra pour rétablir ses finances publiques et ramener progressivement une dette qui avait culminé à 93 % du PIB en 2022, année du défaut de paiement. Elle intervient dans un environnement économique plus favorable, marqué par un renforcement des réserves de change, qui ont atteint 10,7 milliards $ en août, et par une croissance de 6,3 % au deuxième trimestre 2025.

    « Grâce à la solide performance du secteur extérieur et à l’accumulation accrue de réserves, le cedi s’est apprécié face aux principales devises commerciales au cours de l’année jusqu’en juillet 2025. Par la suite, le cedi a été soumis à certaines pressions liées à la demande, portant son appréciation cumulée au 12 septembre 2025 à 21,0 % par rapport au dollar américain », précise la Banque centrale.

    Depuis mai 2023, le Ghana met en œuvre un programme de réformes encadré par le FMI, visant à restaurer la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette. Dans ce cadre, le pays a conclu le 29 janvier 2025 un accord final avec ses créanciers officiels sur la restructuration de sa dette extérieure. Ces avancées ont conduit Fitch Ratings à relever en juin la note souveraine du Ghana à B-, avec perspective stable.

    Moutiou Adjibi Nourou

  • Tournée américaine: Tidjane Thiam plaide pour des élections libres et inclusives

    Tournée américaine: Tidjane Thiam plaide pour des élections libres et inclusives

    À la veille du 80ᵉ anniversaire de l’ONU, célébré ce mois de septembre à New York, le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, a entamé une série de rencontres stratégiques aux États-Unis. Cette visite officielle, commencée le lundi 15 septembre 2025 à Washington, vise à renforcer les liens entre la Côte d’Ivoire, sa diaspora et ses partenaires internationaux, tout en mettant l’accent sur l’importance d’élections libres et inclusives.

    Rencontre avec la diaspora

    À Washington, M. Thiam s’est entretenu avec M. Oswald Konan, haut représentant du PDCI-RDA pour l’Amérique du Nord. Cette rencontre a réaffirmé le rôle central de la diaspora dans le développement du parti et du pays, consolidant ainsi les liens entre la direction du PDCI-RDA et les communautés ivoiriennes établies aux États-Unis.

    Dialogue avec des membres du Congrès américain

    Le président du PDCI-RDA a ensuite rencontré plusieurs parlementaires américains de premier plan. Il a échangé avec James E. Clyburn sur le thème central de sa tournée : l’organisation d’élections libres, inclusives et exemptes de toute suppression de vote, piliers d’une démocratie forte.

    Tidjane Thiam a également eu un riche entretien avec Joyce Beatty, représentante démocrate de l’Ohio et ancienne présidente du Congressional Black Caucus. Les discussions ont porté sur les priorités démocratiques, notamment la transparence électorale, la défense des libertés fondamentales et le rejet de toute forme d’intimidation politique.

    Par ailleurs, le président Thiam a rencontré Jimmy Patronis, membre du Congrès, pour rappeler que la stabilité politique et régionale est un facteur clé de prospérité économique, du commerce et des investissements en Côte d’Ivoire.

    Démocratie et stabilité comme priorités

    À travers ces rencontres, Tidjane Thiam entend porter un message clair : la crédibilité du processus électoral et le respect des libertés sont essentiels pour garantir la stabilité politique et favoriser les investissements étrangers en Côte d’Ivoire.

    Cette tournée américaine marque une étape importante dans la diplomatie politique du PDCI-RDA et témoigne de la volonté de son président de renforcer la visibilité internationale de la Côte d’Ivoire à la veille de l’élection présidentielle de 2025.

  • RCI: Affi lance un appel à l’ONU sur la présidentielle

    RCI: Affi lance un appel à l’ONU sur la présidentielle

    Le leader du FPI, Pascal Affi N’Guessan a appelé samedi, à Abidjan, l’ONU à s’engager dans le processus de l’élection présidentielle d’octobre 2025, après un échange avec le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, M. Leonardo Santos Simao.

    Au regard de « la situation actuelle devenue plus dangereuse (…). Nous voulions que les Nations unies, à partir de ce constat, décident de s’engager plus en avant, et que la situation de la Côte d’Ivoire soit portée devant le Conseil de sécurité de l’ONU », a déclaré M. Affi à l’émissaire onusien.

    Le président du Front populaire ivoirien (FPI, opposition), Pascal Affi N’Guessan, a souhaité « qu’une résolution soit prise pour stopper le processus électoral actuel qui va nécessairement, si rien n’est fait, nous conduire à des affrontements » en Côte d’Ivoire.

    « Que ce processus soit stoppé pour qu’un processus de dialogue puisse s’ouvrir avec l’ensemble des acteurs politiques et les acteurs sociaux (organisations de la société civile), pour qu’on puisse garantir des élections inclusives, transparentes et apaisées », a-t-il dit.

    « Nous avons parlé avec le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies de la nécessité d’utiliser toutes les voies légales pour que le processus électoral, qui est en cours, ne débouche pas sur des conflits graves comme ceux qu’on a connus en 2010 et 2011 », a ajouté M. Affi.

    Affi N’Guessan a salué cette mission des Nations Unies et le fait que l’organisation internationale prenne « conscience que le pays a besoin du soutien des Nations Unies pour justement aller à des élections apaisées » et sans heurts.

    Il a confié avoir partagé avec le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, que la situation actuelle « porte gravement atteinte à la sécurité sous régionale », marquée par « un environnement très très compliqué et très difficile » avec toutes les menaces djihadistes.

    « Nous considérons que la mission des Nations Unies ne va pas s’arrêter à ces missions. Il faut que les Nations Unies aillent plus loin », a lancé l’ex-Premier ministre ivoirien, M. Pascal Affi N’Guessan, le président du FPI.

    Dans une déclaration, « l’Internationale socialiste exprime sa profonde préoccupation face à l’élimination de candidats à la présidentielle, notamment Affi N’Guessan ainsi que (l’ex-président ivoirien) Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. »

    AP/Sf/APA

  • Le Canada reconnaît l’État de Palestine

    Le Canada reconnaît l’État de Palestine

    Le Canada reconnaît officiellement l’État de Palestine. Le premier ministre Mark Carney en a fait l’annonce dimanche matin, à quelques heures de sa rencontre avec le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), António Guterres, en marge de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York.

    « Le Canada reconnaît l’État de Palestine et offre de travailler en partenariat afin de porter la promesse d’un avenir pacifique pour l’État de Palestine et l’État d’Israël, a écrit le premier ministre dans une déclaration officielle. Le Canada inscrit cette mesure dans le cadre d’un effort international concerté visant à préserver la possibilité d’une solution à deux États. »

    « Le Hamas a terrorisé le peuple israélien et opprimé le peuple de Gaza, ce qui a engendré d’horribles souffrances. Le Hamas doit impérativement libérer tous les otages, se désarmer complètement et ne jouer aucun rôle dans la gouvernance future de la Palestine. Le Hamas a volé le peuple palestinien, l’a privé de sa vie et de sa liberté et ne peut en aucun cas lui dicter son avenir », lit-on.

    De l’autre côté, « la constante agression [du gouvernement israélien] contre Gaza a fait des dizaines de milliers de morts civils, forcé le déplacement de plus d’un million de personnes et causé une famine dévastatrice qui aurait pu être évitée et constitue une violation du droit international », affirme le premier ministre.

    Mark Carney avait annoncé en juillet que le Canada reconnaîtrait officiellement l’État de Palestine si l’Autorité palestinienne respectait certaines conditions. Sa déclaration écrite de dimanche matin intervient alors que les dirigeants du monde entier se rassembleront au sein de l’Organisation des Nations unies pour discuter des troubles qui sévissent au Moyen-Orient.

    De hauts responsables canadiens, autorisés à parler aux médias sur la condition qu’ils ne soient pas nommés, ont déclaré vendredi que l’Autorité palestinienne a doublé ses engagements, selon ce qui a été communiqué au premier ministre Carney et à la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand. Cela inclut la tenue d’une élection en 2026 à laquelle le Hamas ne peut pas participer.

    D’autres alliés internationaux majeurs, comme l’Australie et le Royaume-Uni, ont aussi annoncé qu’ils reconnaissaient l’État de Palestine, malgré la vive opposition d’Israël et des États-Unis.

    « Aujourd’hui, pour raviver l’espoir de paix et d’une solution à deux États, je déclare clairement en tant que premier ministre de ce grand pays, que le Royaume-Uni reconnaît officiellement l’État de Palestine », a annoncé Keir Starmer, dans une déclaration filmée publiée sur les réseaux sociaux.

    « L’Australie reconnaît les aspirations légitimes et de longue date du peuple de Palestine à un État qui lui soit propre », a expliqué le premier ministre Anthony Albanese dans un communiqué.

    Le Portugal a aussi reconnu un État palestinien dimanche, a affirmé le ministre des Affaires étrangères Paulo Rangel.

    Plus de 145 pays reconnaissent déjà un État palestinien.

    Rejet de la déclaration « unilatérale »

    Le ministère israélien des Affaires étrangères a affirmé dimanche dans un communiqué rejeter la déclaration « unilatérale » de reconnaissance d’un État palestinien par des pays occidentaux.

    « Israël rejette catégoriquement la déclaration unilatérale de reconnaissance d’un État palestinien faite par le Royaume-Uni et d’autres pays », déclare le ministère. « Cette déclaration ne favorise pas la paix, mais au contraire, elle déstabilise davantage la région et compromet les chances de parvenir à une solution pacifique dans l’avenir », ajoute-t-il.

    Il a également affirmé vouloir étendre la colonisation en Cisjordanie occupée. « Aucun État palestinien ne verra le jour à l’ouest du Jourdain », a-t-il dit dans une vidéo diffusée par son bureau. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a proposé de répondre par l’annexion « immédiate » de la Cisjordanie.

    Diverses réactions au Canada

    Des organisations juives canadiennes ont également condamné la reconnaissance de l’État palestinien.

    « Reconnaître un territoire dirigé par des terroristes et là où des otages sont gardés en captivité est une récompense pour les attaques terroristes du 7 octobre », a déclaré le Centre consultatif des relations juives et israéliennes dans un communiqué.

    Dans un conjoint, des proches des huit Canadiens tués lors de ces attaques, ont affirmé que « de récompenser ce climat de terreur par une reconnaissance n’est pas seulement irresponsable, c’est une trahison et cela met en danger la vie des otages actuellement détenus dans les tunnels de Gaza. »

    D’autres ont toutefois applaudi l’annonce de M. Carney.

    Pour le groupe Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient, il s’agit d’une « véritable victoire politique ». Le groupe espère que le Canada pourra maintenant en faire plus.

    Lors d’un sommet de l’ONU lundi à New York, coprésidé par la France et l’Arabie saoudite, qui doit se pencher sur l’avenir de la solution à deux États, une dizaine de pays doivent confirmer leur reconnaissance formelle de l’État palestinien.

    Les trois quarts environ des 193 États membres de l’ONU reconnaissent l’État palestinien proclamé par la direction palestinienne en exil en 1988.

    Cette vaste offensive diplomatique intervient alors qu’Israël a lancé cette semaine une vaste campagne militaire terrestre et aérienne à Gaza-ville, dans le nord du territoire palestinien, pour y anéantir le Hamas.

    L’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël par le Hamas a entraîné la mort de 1219 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon des données officielles.

    Selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas à Gaza, les représailles israéliennes ont coûté la vie à 65 062 Palestiniens, en majorité des civils, dans la bande de Gaza, où le Hamas a pris le pouvoir en 2007.

    Avec l’Agence France-presse et La Presse canadienne

  • Affaire 4e mandat : Gbagbo lance un message à Ouattara

    Affaire 4e mandat : Gbagbo lance un message à Ouattara

    L’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, dont la candidature à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 a été rejetée par le Conseil constitutionnel, réitère de façon ferme son opposition à un « 4e mandat » d’ Alassane Ouattara.  

    M. Gbagbo « demeure convaincu qu’il est encore temps de privilégier la paix, et d’ouvrir la voie à un dialogue sincère. Mais, il reste tout aussi ferme : il ne peut et ne doit pas y avoir de quatrième mandat », a dit jeudi Me Habiba Touré, son porte-parole, face à la presse.

    • Il souhaite rappeler au président Alassane Ouattara que « leur dernière confrontation électorale a été douloureuse pour la Côte d’Ivoire, précisément parce que la Constitution n’avait pas été respectée. Et, les cicatrices de cette période ne se sont pas encore refermées », a-t-elle ajouté.

    L’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a fait observer qu’« il ne faut pas croire que l’on est fort parce que l’on tient momentanément les institutions et les armes. On n’est jamais fort tout le temps. Et surtout, on n’est jamais plus fort que le peuple », a dit son porte-parole.

    Me Habiba Touré a fait le point des activités menées ces derniers jours par le leader du PPA-CI (opposition), Laurent Gbagbo, notamment les consultations qu’il a engagées avec de nombreux acteurs politiques à la suite de la décision du Conseil Constitutionnel rendue le 8 septembre 2025.

    « En sa qualité d’ancien chef d’État, il a tenu à échanger avec plusieurs des personnalités dont les dossiers ont été déclarés irrecevables, afin de recueillir leurs analyses, leurs préoccupations et leurs propositions face à cette décision lourde de conséquences », a-t-elle confié.

    De ces discussions, dira-t-elle, deux principales options ont été évoquées : « D’une part, l’idée de prendre le régime RHDP à son propre piège en soutenant collectivement l’un des candidats retenus à l’élection présidentielle d’octobre 2025 ».

    « A cet égard, Laurent Gbagbo tient à rappeler qu’il n’avait jamais soutenu, ni de près ni de loin, un prétendu ‘plan de précaution’ », a-t-elle dit.
    D’autre part, il y a  « la nécessité de résister, par des actions démocratiques, pour exiger des élections inclusives et le respect de la Constitution ».

    Le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, a « entendu chacune de ces propositions. Mais, la première, bien que pertinente en théorie, n’a pas prospéré, car elle ne faisait pas l’unanimité, ni parmi les candidats exclus, ni parmi nos concitoyens ».

    « De plus, il faut le dire clairement, les candidats retenus par le Conseil constitutionnel ne sont pas ceux investis par les grands partis politiques du pays. Dès lors, il n’y avait ni consensus, ni légitimité suffisante pour bâtir une telle stratégie », a-t-elle rapporté.

    « La seconde option, celle d’actions démocratiques et pacifiques, s’est imposée comme la voie à suivre. Car notre véritable adversaire, ce n’est pas tel ou tel candidat : c’est le régime RHDP, avec à sa tête Monsieur Alassane Ouattara, qui semble vouloir transformer la Côte d’Ivoire en un royaume personnel, où la Constitution n’est plus une boussole mais un obstacle à contourner », a-t-elle poursuivi.

    Pour Laurent Gbagbo, « ce qui est en jeu, c’est la survie de notre démocratie, c’est le respect de nos libertés publiques, c’est l’avenir même de notre Nation », a relevé Me Habiba Touré. Partant, « la véritable responsabilité des démocrates n’est pas de chercher une échappatoire, mais de tenir debout face à l’épreuve ».

    « En validant un quatrième mandat anticonstitutionnel et en écartant 55 candidats, dont ceux des principaux partis d’opposition, c’est le principe d’égalité devant la loi qui a été foulé aux pieds. Et ainsi on a privé le peuple de son droit souverain de choisir librement son dirigeant », a-t-elle martelé.

    L’ex-chef d’Etat, Laurent Gbagbo, « insiste avec force : il n’est pas trop tard. Il est encore temps de rompre avec cette logique de confiscation. Il est encore temps de revenir aux fondamentaux de la démocratie : la souveraineté du peuple, l’égalité de tous devant la loi, et la vérité des urnes », a-t-elle déclaré.

    AP/Sf/APA