Auteur/autrice : iciabidjan

  • Le gouvernement Lecornu démissionne, la France s’enfonce dans la crise politique

    Le gouvernement Lecornu démissionne, la France s’enfonce dans la crise politique

    Quelques heures à peine après avoir formé son gouvernement, Sébastien Lecornu a remis sa démission à Emmanuel Macron.

    Déflagration politique : quatorze heures à peine après avoir formé son gouvernement, Sébastien Lecornu a remis lundi sa démission à Emmanuel Macron, sous le feu des critiques et fragilisé de l’intérieur par la fronde des Républicains de Bruno Retailleau.

    Le locataire de Matignon, nommé le 9 septembre et qui devait tenir son premier Conseil des ministres à la tête du gouvernement à 16 h 00, s’est rendu aux premières heures de la matinée à l’Élysée pour remettre sa démission au président, qui l’a acceptée, selon un communiqué de la présidence.

    « Les conditions n’étaient plus remplies » pour rester premier ministre, a-t-il déclaré un peu plus tard dans la cour de Matignon, regrettant « les appétits partisans » qui ont conduit à sa démission, une allusion claire à Bruno Retailleau, qui dimanche soir a précipité sa chute en remettant en cause la participation des Républicains au gouvernement à peine celui-ci formé.

    Les partis politiques « continuent d’adopter une posture comme s’ils avaient tous la majorité absolue », a déploré Sébastien Lecornu, reconnaissant que son offre de renoncer au 49,3 pour redonner la main au Parlement n’avait « pas permis ce choc de se dire qu’on peut faire différemment ».

    Il s’agit du gouvernement le plus bref de la Ve République, fondée en 1958. Sa chute plonge la France dans une crise politique sans précédent depuis des décennies.

    Calme

    La balle est dans le camp d’Emmanuel Macron. Va-t-il dissoudre l’Assemblée nationale, comme le demande l’extrême droite, démissionner comme le voudrait la gauche radicale ou nommer un nouveau premier ministre, qui serait le quatrième depuis juin 2024 et le sixième depuis sa réélection en mai 2022 ?

    « Emmanuel Macron seul face à la crise », titrait lundi le quotidien français Le Monde.

    « Nous devons garder notre calme et penser aux Français », a déclaré lundi Michel Barnier, qui avait lui-même été renversé par l’Assemblée nationale au bout de trois mois à Matignon.

    L’équation politique, qui se double d’une situation financière désastreuse avec une dette de 3 400 milliards d’euros (115,6 % du PIB), paraît insoluble.

    Outre M. Barnier, François Bayrou (décembre 2024-septembre 2025) s’y est également heurté, renversé après avoir présenté un projet de budget de 44 milliards d’euros d’économies.

    Ce nouveau séisme politique a fait plonger l’indice boursier du CAC 40 (-1,70 % à 5 h 00 heure du Québec) et bondir le taux d’intérêt français à dix ans, augmentant mécaniquement l’écart avec le taux allemand, qui fait référence. L’euro a chuté dans la foulée de l’annonce de la démission, perdant 0,63 % face au dollar, à 1,1688 dollar pour un euro.

    La coalition de Sébastien Lecornu a commencé à se fissurer à peine plus d’une heure après l’officialisation de son gouvernement, issu de plus de trois semaines de tractations.

    Le patron du parti de droite Les Républicains (LR) Bruno Retailleau, qui venait d’être reconduit au ministère de l’Intérieur, a dénoncé dans un message sur X une composition qui « ne reflète pas la rupture promise » et convoqué une réunion des instances de son parti.

    En cause, selon plusieurs sources : le retour surprise aux Armées de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie (2017-2024), symbole pour la droite du dérapage budgétaire des dernières années de gouvernements macronistes ; ou encore la large part réservée au parti macroniste Renaissance dans la répartition du gouvernement (10 ministres, contre 4 à LR).

    Dissolution « absolument nécessaire »

    La cheffe de file de l’extrême droite française Marine Le Pen a jugé lundi « absolument nécessaire » une nouvelle dissolution de l’Assemblée, estimant également qu’une démission d’Emmanuel Macron était la « seule décision sage ».

    Le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a appelé de son côté à ce que l’Assemblée nationale examine « immédiatement » une motion de destitution contre Emmanuel Macron, signée par les députés de son parti La France Insoumise, mais aussi par des députés des groupes écologistes et communistes.

    Le chef de l’État, omniprésent sur la scène internationale mais qui voit sa ligne politique sombrer dans le chaos sur la scène intérieure, est régulièrement désigné comme le responsable de l’instabilité qui ronge la France depuis juin 2024.

    Depuis sa décision de dissoudre l’Assemblée dans la foulée des élections européennes, l’hémicycle est fracturé en trois blocs (alliance de gauche / macronistes et centristes / extrême droite). Aucun ne dispose de la majorité absolue.

  • Enseignement supérieur : Adama Diawara annonce la hausse des bourses de 10 à 20 % dès 2025-2026

    Enseignement supérieur : Adama Diawara annonce la hausse des bourses de 10 à 20 % dès 2025-2026

    Adama Diawara, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : Plusieurs réformes prévues pour l’année académique 2025-2026 dont l’augmentation du taux des bourses de 10 à 20%, avec l’autorisation du Président de la République

    Pour la rentrée académique 2025-2026, plusieurs réformes sont prévues au niveau de l’enseignement supérieur. Dans cet entretien, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara présente ces réformes et évoque les principaux chantiers de son département ministériel.

    La rentrée universitaire est effective depuis le 15 septembre dernier. Combien d’étudiants sont concernés par cette rentrée ?

    346 000 anciens étudiants, auxquels il faut ajouter la grande partie des 133 000 nouveaux bacheliers, puisque seule une faible proportion de ces derniers se dirigera vers le marché de l’emploi ou ira continuer ses études à l’étranger.

    Quelles sont les réformes attendues pour cette année académique ?

    Plusieurs réformes seront mises en œuvre au cours de cette nouvelle année académique. Il s’agit notamment de l’adoption des textes sur la création des Instituts Universitaires de Technologie (IUT). Ces instituts formeront, en trois ans, des techniciens de bon niveau, directement utilisables sur le marché de l’emploi.

    Nous procéderons à la transformation de l’École Normale Supérieure (ENS) en Direction générale, avec l’ouverture de deux nouvelles antennes de cette grande école dans les universités de Bouaké et San Pedro.

    Il est prévu la définition des nouveaux statuts de l’Université Internationale de Grand Bassam (UIGB) ; la validation des semestres par moyenne pondérée, avec une note minimale de 07 sur 20 exigée dans les Unités d’Enseignement (UE) non validées par l’étudiant.

    Il est également prévu l’évaluation et le classement des universités et grandes écoles privées, qui détermineront, pour chaque établissement privé, le nombre de bacheliers à y affecter par l’État.

    Pour cette année académique, nous entendons réformer le Brevet de Technicien Supérieur (BTS), en vue d’améliorer grandement l’employabilité des titulaires du BTS.

    La création des Écoles Doctorales, en vue d’améliorer sensiblement la compétence des nouveaux docteurs et de mettre mécaniquement fin à l’épineux problème des docteurs non recrutés, par une régulation stricte des flux d’étudiants accédant aux Écoles Doctorales est à l’agenda des réformes. Nous procéderons aussi à la définition des nouveaux critères d’attribution et des nouveaux taux de bourse et secours financier (SF). Ainsi le taux des bourses augmentera de 10 à 20%, en fonction de ce qui sera décidé par le Conseil des ministres avec l’autorisation du Président de la République. La définition de la nouvelle méthodologie de calcul et des nouveaux taux d’heures complémentaires (HC) des enseignants-chercheurs et chercheurs ; la définition de la nouvelle méthodologie de calcul et des nouveaux taux d’heures supplémentaires (HS) des personnels administratifs et techniques (PAT) ; la mise en place du Comité Scientifique de sélection des projets des Programmes Nationaux de Recherche (PNR) éligibles au financement, constituent également des sujets de réformes prévues pour cette année académique.

    Qu’en est-il des projets de réhabilitation et d’équipement de certaines universités publiques lancés il y a quelques mois ?

    Les travaux ont effectivement démarré, il y a quelques semaines. Ils concernent l’ENS d’Abidjan, l’INP-HB de Yamoussoukro, les six premières universités publiques (Cocody, Abobo-Adjamé, Bouaké, Korhogo, Daloa, Man), les Centres régionaux des œuvres universitaires (CROU) rattachés à ces six universités, le siège provisoire de l’Agence spatiale de Côte d’Ivoire (ASCI) hébergé par le site Nord de l’INP-HB et le Centre National de Calcul de Côte d’Ivoire (CNCCI) doté d’un supercalculateur qui sera remis à flot tout comme le réseau Wifi des universités.

    Malgré la construction de plusieurs universités publiques ces dernières années, les effectifs dans certaines UFR restent pléthoriques. Qu’est-ce qui est fait pour résorber la situation ?

    Cette situation s’explique par le fait que le nombre de bacheliers explose (cas des 133 000 bacheliers de 2025), mais les UFR les plus demandées restent les mêmes, car les séries de Bac à forts effectifs restent les mêmes, notamment les séries littéraires. Plusieurs actions sont menées pour résorber cette situation. Pour ne pas être long, j’en citerai deux. D’abord la régulation des flux de bacheliers entrant et transitant dans les parcours de formation des UFR, par le strict respect des critères d’accès aux parcours de formation, d’une part, et par la sélection des apprenants au niveau des transitions Licence 3-Master 1 et Master 2-Doctorat 1, d’autre part. La deuxième action consistera bientôt à envoyer à l’Université Virtuelle les étudiants basculant de la formation initiale à la formation continue pour insuffisance de résultats académiques. Cela évitera la superposition des étudiants en formation initiale et de ceux en formation continue, source de massification des effectifs.

    L’espace universitaire a été pendant longtemps le théâtre de violences. Qu’est-ce qui est fait par les autorités universitaires pour mettre fin à cela ?

    Effectivement, depuis plusieurs décennies, l’espace universitaire était le théâtre de violences liées aux pratiques répréhensibles voire mafieuses des associations estudiantines à caractère syndical, notamment l’ex-FESCI. Sur proposition du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Gouvernement a fini par dissoudre ces associations en octobre 2024. Cela a ramené le calme sur nos campus. Pour maintenir et même renforcer ce climat de paix sur nos campus, le ministère entretient un dialogue social permanent avec les syndicats d’enseignants-chercheurs et de Personnels administratifs et techniques (PAT) à travers le Comité sectoriel de dialogue social, d’une part, et avec les associations estudiantines à caractère non syndical, notamment les délégués d’amphi, d’autre part. Et les autorités universitaires s’inscrivent dans cette même logique de dialogue social permanent avec tous les acteurs universitaires, à savoir les enseignants-chercheurs et chercheurs, les PAT et les étudiants.

    Votre mot de fin

    Le thème de cette rentrée académique, « Enseignement supérieur et recherche scientifique : investir dans la paix et l’excellence pour bâtir l’avenir », doit être la boussole de tous les acteurs de notre système d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, à savoir les enseignants-chercheurs et chercheurs, les personnels administratifs et techniques, et les étudiants. Ce thème nous rappelle que notre investissement dans la préservation de la paix sur nos campus et au-delà dans l’ensemble de notre pays, et notre quête de l’excellence dans nos tâches, conditionnent l’avenir de notre Nation.

    Avec CICG

  • CÔTE D’IVOIRE : CE QU’ON SAIT DU DÉPART DE L’AMÉRICAIN UBER

    CÔTE D’IVOIRE : CE QU’ON SAIT DU DÉPART DE L’AMÉRICAIN UBER

    Uber a annoncé son retrait de Côte d’Ivoire après six ans d’activités. Une décision qui interroge sur la concurrence, la régulation et l’adaptation des modèles étrangers au marché ivoirien.

    Après six années de présence, Uber a mis fin à ses activités en Côte d’Ivoire. Le géant américain des voitures de transport avec chauffeur (VTC) a annoncé son retrait du marché ivoirien, via un message adressé à ses utilisateurs et chauffeurs.

    « À compter d’aujourd’hui, le 25 septembre 2025, l’application Uber ne sera plus disponible en Côte d’Ivoire », a écrit l’entreprise, exprimant sa « reconnaissance » pour l’accueil reçu depuis 2019. Le groupe a remercié ses clients « d’avoir fait partie de [son] histoire en Côte d’Ivoire », sans toutefois donner de précisions sur les raisons de son départ.

    Un marché pourtant en forte croissance

    Uber avait lancé officiellement son service en décembre 2019 à Abidjan, première ville d’Afrique de l’Ouest à accueillir son application. Les dirigeants du groupe américain estimaient alors que la capitale économique ivoirienne, forte de 5 millions d’habitants, disposait de la « taille parfaite » pour ce type de service. Le marché du transport urbain y est en effet dominé par des taxis traditionnels et un réseau de transport public limité.

    La société, implantée dans plus de 700 villes dans le monde, avait mené une phase pilote à Abidjan dès 2018, durant laquelle environ 50 000 usagers avaient testé son application. À l’époque, elle arrivait sur un marché déjà occupé par la start-up ivoirienne Taxijet, l’estonien Bolt, ou encore Yango, filiale du russe Yandex.

    Selon un rapport publié en 2024 par Africa Data Intelligence, les habitants d’Abidjan dépensent environ 4 milliards de FCFA (7,15 millions de dollars) par jour pour leurs déplacements, soit près de 1 200 milliards FCFA par an. Les applications de VTC, dont Uber, Yango, Heetch et Indrive, avaient généré 600 millions FCFA de revenus en 2023.

    Le marché apparaissait donc prometteur. En janvier 2025, Uber avait d’ailleurs reçu l’autorisation officielle d’opérer aux côtés de Yango et Heetch, sous la supervision de l’Autorité de régulation du transport intérieur (ARTI) et de la Direction générale des transports terrestres et de la circulation (DGTTC). L’américain a pourtant décidé de plier bagages.

    Les causes d’un retrait

    Officiellement, Uber a expliqué qu’il s’agissait d’une « décision difficile », mais « en cohérence avec la stratégie globale » du groupe, visant à concentrer ses ressources sur des « marchés clés » pour assurer une « croissance à long terme ». Cependant, plusieurs facteurs sont avancés par les observateurs du secteur.

    La concurrence accrue des acteurs locaux et régionaux constitue l’une des principales raisons. Yango, présent plus tôt sur le marché, a adopté une stratégie d’adaptation locale, avec des tarifs compétitifs et un recrutement massif de chauffeurs. Heetch et Indrive ont également renforcé leur présence, offrant des options plus flexibles aux usagers.

    « Le prix reste le roi. Yango et Heetch ont pris le marché avec des tarifs cassés. Résultat : Uber est resté “premium” dans un pays où la majorité cherche le trajet le moins cher. Le chauffeur est aussi le vrai client. Si les chauffeurs ne gagnent pas assez, ils migrent vers la concurrence », analyse un spécialiste du marché.

    Le modèle tarifaire d’Uber, jugé relativement élevé, a souvent été critiqué par une partie des clients. « À Abidjan, les usagers privilégient avant tout l’accessibilité et la disponibilité. Uber n’a pas toujours pu répondre à ces attentes », analyse Alex Zan Bi, co-fondateur de Léwaspace.

    Du côté des chauffeurs, les conditions de paiement ont suscité des frustrations. Dans une économie largement informelle et dépendante du cash, beaucoup d’entre eux attendaient un versement rapide de leurs gains pour couvrir leurs dépenses quotidiennes. Les délais pratiqués par Uber ont souvent été perçus comme un obstacle.

    Enfin, la régulation du secteur s’est renforcée ces dernières années. L’obtention de licences, la conformité aux normes locales et la pression croissante des taxis traditionnels ont complexifié l’exploitation du service.

    La Côte d’Ivoire devient ainsi le premier pays africain où Uber se retire complètement. Ce n’est pas le premier revers du groupe sur le continent : en 2022, il avait déjà suspendu ses activités en Tanzanie, confronté à des obstacles réglementaires.

    Uber reste toutefois présent dans d’autres grands marchés africains, notamment au Nigeria, au Ghana, au Kenya et en Afrique du Sud. Mais dans ces pays également, la société est confrontée à des revendications de chauffeurs et à des tensions autour de son modèle économique.

    Un champ libre pour la concurrence

    À Abidjan, ce retrait laisse désormais davantage de place à ses concurrents. Yango consolide sa position dominante avec plusieurs dizaines de milliers de chauffeurs et une couverture quasi totale de la capitale. Heetch et Indrive comptent également capter une part accrue de la clientèle laissée par Uber.

    Pour les experts, ce départ illustre une réalité : les modèles importés ne suffisent pas. « Le succès d’une plateforme repose sur sa capacité à s’adapter aux spécificités locales », rappelle un analyste. « La proximité avec le marché, la flexibilité et la compréhension des habitudes des usagers sont déterminantes. »

    Le retrait d’Uber marque donc la fin d’un chapitre pour le secteur ivoirien des VTC. Mais il ne remet pas en cause le potentiel de croissance du marché, qui reste l’un des plus dynamiques de la sous-région. Pour les acteurs encore présents, l’enjeu sera de capitaliser sur ce vide laissé par l’américain, tout en répondant aux attentes d’une clientèle en quête de solutions de transport accessibles et adaptées à ses besoins quotidiens.


  • CÔTE D’IVOIRE : LE PPA-CI REPORTE LA MARCHE DU 4 AU 11 OCTOBRE 2025

    CÔTE D’IVOIRE : LE PPA-CI REPORTE LA MARCHE DU 4 AU 11 OCTOBRE 2025

    Le parti de Laurent Gbagbo a annoncé le report au 11 octobre de la marche initialement prévue le 4, après l’interdiction décidée par le Conseil national de sécurité.

    Le PPA-CI prend acte de l’interdiction par le Conseil national de sécurité de la marche prévue le 4 octobre 2025 et annonce son report au 11 octobre 2025. C’est ce qu’a déclaré ce jeudi 2 octobre Sébastien Dano Djedjé, président exécutif du parti, lors d’un point de presse à Abidjan.

    « Afin d’éviter certains débordements »

    Le Front commun, plateforme de l’opposition composée du PPA-CI de Laurent Gbagbo, du PDCI-RDA de Tidjane Thiam, de GPS de Guillaume Soro et du FPI de Pascal Affi N’Guessan, annonçait une marche à Abidjan, le 4 octobre, pour réclamer « un dialogue politique en faveur d’élections inclusives, transparentes et démocratiques », malgré la décision rendue par le Conseil constitutionnel le 8 septembre dernier. 

    Réuni ce jeudi 2 octobre 2025, sous la présidence d’Alassane Ouattara, le Conseil national de sécurité (CNS) a instruit les ministres de la Justice et de la Sécurité de prendre toutes les dispositions nécessaires pour interdire les manifestations et meetings visant à contester les décisions du Conseil constitutionnel, dans le cadre de la présidentielle du 25 octobre.

    « Le PPA-CI prend acte de l’interdiction. Cependant, afin d’éviter certains débordements et incompréhensions, (nous) décidons du report de la marche du 4 octobre. Le PPA-CI, pour sa part, reprogramme cette marche pour le 11 octobre 2025 », a déclaré Sébastien Dano Djedjé, en réponse au Conseil national de sécurité.

    Des individus « malintentionnés »

    La marche du 4 octobre devait partir du carrefour Saint-Jean à Cocody pour s’achever aux Deux-Plateaux Mobile, dans la même commune. Le gouvernement en avait été informé, le préfet ayant accusé réception de la notification, a-t-il indiqué, s’étonnant que le porte-parole du gouvernement ait affirmé, la veille, ne pas être au courant.

    « Cette fois-ci, nous exigeons la libération immédiate et sans condition, de tous les détenus politiques injustement incarcérés », a ajouté le cadre du PPA-CI, dénonçant de « graves » entorses aux droits élémentaires, et appelant les militants à rester mobilisés pour cette nouvelle date.

    Dans sa déclaration, Dano Djedjé a par ailleurs évoqué « des manigances qui ont lieu actuellement ». Selon lui, des individus « malintentionnés » cherchent à perpétrer des « actes délictuels » et ensuite accuser les cadres du PPA-CI. « Ici et maintenant, nous dénonçons ce type d’actes. Nous voulons dire à l’opinion nationale et internationale que le PPA-CI n’est associé ni de près ni de loin à de tels projets funestes », a-t-il clarifié.

    « Nous voulons faire une marche dans un cadre républicain. Une mobilisation civile et citoyenne. C’est cela que nous voulons montrer à la face du monde entier », a conclu le cadre du parti de Laurent Gbagbo.

  • ALASSANE OUATTARA ORDONNE DES MESURES CONTRE LES MANIFESTATIONS CONTESTANT LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL

    ALASSANE OUATTARA ORDONNE DES MESURES CONTRE LES MANIFESTATIONS CONTESTANT LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL

    Le Conseil national de sécurité a averti que toute contestation des décisions du Conseil constitutionnel sera interdite, annonçant des mesures fermes pour prévenir les manifestations politiques jugées illégales.

    Le Conseil national de sécurité (CNS), réuni jeudi 2 octobre 2025, sous la présidence d’Alassane Ouattara, a instruit les ministres de la Justice et de la Sécurité de prendre toutes les dispositions nécessaires pour interdire les manifestations et meetings visant à contester les décisions du Conseil constitutionnel, dans le cadre de la présidentielle du 25 octobre.

    Cette décision intervient alors que la plateforme de l’opposition, composée du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), a annoncé une marche à Abidjan, le 4 octobre, pour réclamer « un dialogue politique en faveur d’élections inclusives, transparentes et démocratiques », malgré la décision rendue par le Conseil constitutionnel le 8 septembre dernier. 

    « Toute contestation est illégale »

    Dans son communiqué, le CNS rappelle que, conformément à l’article 138 de la Constitution, « les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours » et « s’imposent à toute autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale ».

    Par conséquent, souligne le texte, « toute contestation des décisions du Conseil constitutionnel, de quelque nature qu’elle soit, est illégale et expose ses auteurs aux sanctions prévues par la loi ».

    « À cet égard, les Ministres en charge de la Justice et de la Sécurité ont été instruits à l’effet de prendre toutes les dispositions nécessaires pour maintenir l’ordre et la sécurité, y compris l’interdiction des meetings et manifestations publiques visant à contester les décisions du Conseil Constitutionnel », lit-on dans le communiqué publié par la Présidence.

    Cette mise en garde vise notamment les déclarations publiques de certains responsables politiques, accusés par les autorités de tenir des propos « xénophobes, haineux et subversifs » depuis la publication, le 8 septembre, de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle.

    Sécurisation du scrutin

    Au-delà de cet avertissement, le CNS a annoncé la mise en place d’un dispositif sécuritaire renforcé pour le scrutin du 25 octobre. L’opération baptisée « Espérance » mobilisera 44 000 membres des forces de défense et de sécurité, chargés de patrouilles mixtes sur l’ensemble du territoire national.

    Un exercice de simulation, conduit en septembre, a permis de tester la coordination des unités qui seront déployées. Le président Ouattara a salué la réussite de cet entraînement et adressé ses félicitations aux ministres de la Défense et de la Sécurité, aux grands commandements et à l’ensemble des acteurs mobilisés.

    « Les efforts doivent se poursuivre pour la tenue d’un scrutin apaisé et sécurisé », a insisté le chef de l’État, selon le communiqué.

    Opposition et tensions politiques

    De son côté, le « Front commun » PPA-CI/PDCI-RDA maintient son appel à manifester samedi. Dans un communiqué daté du 26 septembre, co-signé par Sébastien Dano Djédjé et Noël Akossi Bendjo, la coalition appelle ses militants, sympathisants et « tous les Ivoiriens épris de justice, de démocratie et de paix » à participer à cette marche pacifique.

  • ÉLECTION DU 25 OCTOBRE : “AUCUN RECOURS POSSIBLE”, TRANCHE LE CONSEIL NATIONAL DE SÉCURITÉ

    ÉLECTION DU 25 OCTOBRE : “AUCUN RECOURS POSSIBLE”, TRANCHE LE CONSEIL NATIONAL DE SÉCURITÉ

    Le Conseil national de sécurité prévient que toute contestation des décisions du Conseil constitutionnel est illégale.

    Le président ivoirien Alassane Ouattara a présidé jeudi 2 octobre 2025 une réunion du Conseil national de sécurité (CNS) consacrée à l’évaluation de la situation sécuritaire et aux préparatifs de l’élection présidentielle du 25 octobre prochain. À l’issue des échanges, les autorités ont insisté sur le caractère « illégal » de toute remise en cause des décisions du Conseil constitutionnel.

    « Toute contestation des décisions du Conseil constitutionnel, de quelque nature qu’elle soit, est illégale et expose ses auteurs aux sanctions prévues par la loi », a indiqué le communiqué lu par le ministre Fidèle Sarassoro, secrétaire exécutif du CNS.

    Le Conseil a rappelé que, conformément à l’article 138 de la Constitution, les décisions du Conseil constitutionnel « ne sont susceptibles d’aucun recours » et s’imposent à toutes les autorités comme aux citoyens.

    Cette mise en garde intervient alors que, depuis la publication le 8 septembre de la liste définitive des candidats à la présidentielle, plusieurs responsables politiques ont été accusés de tenir des propos jugés « xénophobes, haineux et subversifs », et de diffuser de fausses informations de nature à troubler l’ordre public.

    44 000 forces mobilisées

    Parallèlement, le CNS a annoncé la mise en place de l’opération « Espérance », destinée à sécuriser le scrutin du 25 octobre. Elle mobilisera 44 000 éléments des forces de défense et de sécurité, déployés sur l’ensemble du territoire national. Des patrouilles mixtes, motorisées et pédestres, seront organisées afin de garantir un climat apaisé le jour du vote.

    Le Conseil s’est félicité de la réussite d’un exercice de simulation réalisé en septembre, qui visait à tester la coordination des différentes unités en charge du dispositif.

    Le président Ouattara a exprimé sa satisfaction face à l’état d’avancement des préparatifs. Il a adressé ses félicitations aux ministres de la Défense et de la Sécurité, aux grands commandements militaires et à l’ensemble des forces engagées, les encourageant à « poursuivre leurs efforts » pour assurer la sécurité du scrutin.

    Maintien de l’ordre et appels à la paix

    Les ministres de la Justice et de la Sécurité ont été instruits de prendre « toutes les dispositions nécessaires » pour maintenir l’ordre, y compris l’interdiction des manifestations publiques qui auraient pour objet de contester les décisions du Conseil constitutionnel.

    Dans un registre plus conciliant, le chef de l’État a salué les initiatives menées en faveur de la paix et de la cohésion sociale. Il a félicité la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels pour sa tournée de sensibilisation dans le pays, ainsi que les guides religieux et les organisations de la société civile pour leur rôle dans l’apaisement du climat politique.

  • ODETTE LOROUGNON, LIBÉRÉE, ACCUEILLIE DANS LA FERVEUR AU SIÈGE DU PPA-CI

    ODETTE LOROUGNON, LIBÉRÉE, ACCUEILLIE DANS LA FERVEUR AU SIÈGE DU PPA-CI

    Après sa libération mardi, la vice-présidente du PPA-CI, Odette Lorougnon, a retrouvé le siège du parti à la Riviera Bonoumin, accueillie par une foule de militants enthousiastes.

    La vice-présidente du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Marie Odette Lorougnon, a été libérée ce mardi 30 septembre 2025, au lendemain de sa convocation à la préfecture de police d’Abidjan. Elle a rejoint dans l’après-midi le siège du parti à la Riviera Bonoumin, où elle a été accueillie par plusieurs militants.

    Dans un communiqué publié ce mercredi 1er octobre 2025, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire assortie d’un contrôle judiciaire contre Mme Lorougnon. Elle est poursuivie pour « provocation et incitation à l’insurrection, atteinte à l’autorité de l’État et à l’intégrité du territoire national, troubles à l’ordre public, non-respect d’une décision de justice, diffusion de fausses nouvelles, xénophobie, tribalisme et outrage envers des autorités publiques ».

    Le ministère public s’appuie notamment sur deux vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. La première, tournée le 6 septembre lors d’une tournée de sensibilisation à Abobo, et la seconde, enregistrée le 27 septembre à Bonoua, montrent la responsable du PPA-CI tenant, selon le procureur, « des propos à caractère haineux, xénophobe, tribaliste et subversif ».

    « En dépit de récurrentes mises en garde à l’endroit des auteurs de dérives langagières, quel que soit leur statut, Mme Lorougnon persiste dans son attitude et met à mal la cohésion sociale », a indiqué le communiqué du parquet.

    La procédure judiciaire a été confiée à la Section antiterroriste du tribunal d’Abidjan. Le parquet rappelle que les faits reprochés sont prévus et réprimés par plusieurs dispositions du Code pénal, notamment les articles 165, 179, 183, 184, 190, 226, 227, 268, 270, 271 et 287.

    Le procureur insiste par ailleurs sur le fait que « l’exercice d’une activité politique au sein d’un parti n’autorise pas la tenue de propos d’une telle gravité » et que « le statut d’acteur politique ne confère aucune immunité ».

    Odette Lorougnon, ancienne députée et figure connue pour sa proximité avec l’ancien président Laurent Gbagbo, est régulièrement critiquée par ses adversaires pour ses prises de position virulentes. Ses partisans estiment toutefois que ses déclarations s’inscrivent dans un contexte de « liberté d’expression » et dénoncent une instrumentalisation judiciaire visant à affaiblir l’opposition.

    Dans l’attente de l’évolution de l’instruction, Mme Lorougnon demeure en liberté, mais avec un contrôle judiciaire, ce qui implique des restrictions, notamment sur ses déplacements et ses prises de parole publiques.

    Cette affaire intervient à quelques mois des élections générales prévues en 2025, dans un climat politique tendu où la question de la cohésion sociale et des discours de haine est régulièrement soulevée par les autorités comme par les organisations de la société civile.

    Samuel KADIO

  • Football/ 9è et 10è journées des éliminatoires du Mondial 2026 : Emerse Faé sélectionne 23 joueurs dont Oumar Diakité et Zouzoua Pacôme

    Football/ 9è et 10è journées des éliminatoires du Mondial 2026 : Emerse Faé sélectionne 23 joueurs dont Oumar Diakité et Zouzoua Pacôme

    Le coach de la sélection ivoirienne de football, Emerse Faé a dévoilé le mercredi 1er octobre 2025, à Abidjan, en conférence de presse, une liste de 23 joueurs convoqués dont Sebastien Haller, Franck Kessié, Amad Diallo, Zouzoua Pacôme, Pépé Nicolas et Oumar Diakité pour les 9è et 10è journées des éliminatoires de la coupe du monde 2026.

    Le dernier cité, évoluant actuellement au Cercle Bruges KSV en Belgique, n’avait pas été convoqué par le sélectionneur lors des 7è et 8è journées .

    Lors de la 9è journée de ces éliminatoires prévue le 10 octobre prochain, la Côte d’Ivoire affrontera les Seychelles au stade de l’Île Maurice. Les Hommes d’Emerse Faé seront opposés au Kenya le 14 octobre prochain à domicile au stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, un match comptant pour la 10è journée de ces éliminatoires. 

    Liste des joueurs sélectionnés

    Gardiens

    Fofana Yahia

    Koné Mohamed

    Lafont Alban

    Défenseurs

    Agbadou Emmanuel

    Douè Guela

    Gbamin Jean-Philippe

    Konan Ghislain

    Kossonou Odilon

    Ndicka Evan

    Operi Christopher

    Singo Wilfried

    Milieux de terrain

    Fofana Seko

    Kessié Franck

    Sangaré Ibrahim

    Zouzoua Pacôme

    Attaquants

    Adingra Simon

    Diakité Oumar

    Diallo Amad

    Diomandé Yan

    Guessand Evann

    Haller Sébastien

    Pépé Nicolas

    Touré Bazoumana

    L.B

  • Le PPA-CI, un parti bolchevique ?

    Le PPA-CI, un parti bolchevique ?

    Les bolcheviques ont dirigé la Russie entre 1917 et 1990 date de l’effondrement de l’Union Soviétique. Ils se sont faits appelés communiste à partir des années 1920. Les bolcheviques ont pris le pouvoir au cours d’une révolution, selon ce que l’histoire enseigne. Mais en fait de révolution, c’est bel et bien un putsch qui leur a permis de renverser le pouvoir alors en place en Russie, putsch qu’ils ont réussi parce qu’ils avaient des gardes armés.

    En 1917 sous la pression populaire, le Tzar (le souverain, ou le roi si l’on veut) renonce à son trône en Russie. Le pays plonge alors dans l’agitation. Dans le même temps, il combattait l’Allemagne aux côtés des alliés, nous étions dans la première guerre mondiale. Alors que le gouvernement en place tentait de ramener le calme, par des marches, des grèves, des sit-in, meeting… etc….. Le parti bolchevique entretenait l’agitation et la confusion. Sous le couvert de la liberté d’expression, des agitateurs bolcheviques répandent de fausses rumeurs sur la défaite de l’armée russe sur le front, alors qu’il n‘en n’était rien. En fait, il sapait le moral aussi bien de la population que de l’armée.

    Les bolcheviques se disaient victimes de la répression du pouvoir en place, alors qu’ils faisaient tout pour que cela arrive. Leur but étaient de renverser le gouvernement et le remplacer par ce qu’on appelait alors en Russie le ‘’Soviet’’, une sorte d’assemblée de soldats, d’ouvriers et de partis politiques de gauche pour la plupart. Et dans la nuit du 24 au 25 Octobre 1917, grâce à leurs gardes armés (leur service d‘ordre dirait-on aujourd’hui), et après avoir noyautés les officiers de la garnison de la capitale, ils ont pu renverser ce gouvernement. L’armée n’a pas bougé.

    Aujourd’hui le parallèle est frappant avec ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Le pays ne sortira jamais de la confusion, et de l’agitation si les marches et meetings se poursuivent. Ajoutés à cela tous les fake news qui apparaissent chaque jour sur le web tendant à produire du désordre, les vidéos exhortant les forces de l’ordre à ne pas ‘’s’en prendre’’ aux manifestants, des actes de sabotage, des individus armés qui apparaissent dans les manifestations de l’opposition, on a ici réunis les facteurs qui ont permis aux bolcheviques de s’emparer du pouvoir en Russie.

    Les bolcheviques disaient représenter ‘’le peuple’’, pour eux, c’est le peuple qui devait ‘’gouverner ‘’ le pays. Lorsqu’ils ont accédé au pouvoir, ils ont mis en place un parti unique pendant 70 ans. Personne n’avait droit à la parole en Russie. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, beaucoup de forces politiques espèrent capitaliser sur la prolongation du désordre, de la confusion à l’instar des bolcheviques. Beaucoup disent s’exprimer au nom de « peuple », et ne jurent que par un « gouvernement de transition », qu’on peut voir comme une version locale des soviets en Russie à l’époque. Or les gouvernements de transition entretiennent l’instabilité, parce que l’autorité est diluée entre plusieurs individus. Personne ne commande vraiment dans un gouvernement de transition, ce qui va se caractériser par un certain immobilisme. Il y a toujours une absence de cohérence de l’action gouvernementale lorsqu’un gouvernement de transition est mis en place.

    Douglas Mountain

  • Chronique de Venance Konan: Gbagbo à la retraite ?

    Chronique de Venance Konan: Gbagbo à la retraite ?

    Dans une récente interview accordée à une chaîne de télévision africaine, l’ancien Président, Laurent Gbagbo, a annoncé qu’après le prochain congrès de son parti, il démissionnerait de son poste de président et n’occuperait plus de fonction, aussi bien à l’intérieur de son parti qu’au niveau de l’État. En clair, il ne cherchera plus à être président de son parti ou de la République. Mais il a aussi été clair : en politique, on ne prend jamais de retraite.

    Cela veut dire qu’il sera toujours actif sur la scène politique ivoirienne ou dans les coulisses. J’imagine d’ailleurs difficilement Laurent Gbagbo laisser le Président Ouattara faire son nouveau mandat sans lui mettre des bâtons dans les roues. Je ne serai pas non plus étonné qu’un chœur de pleureuses et de pleureurs de son parti vienne le supplier à chaudes larmes à la veille de son congrès de rester toujours à la tête du Ppa-CI. Ce à quoi il répondrait favorablement, à son corps défendant bien entendu.

    Ne sommes-nous pas sur un continent où les militants forcent toujours leurs leaders à rester au pouvoir contre leur propre gré ? À moins que Gbagbo n’ait annoncé son retrait de son parti parce qu’il s’y trouve des personnes, dont Don Mello, qui lui cassent les pieds et qu’il leur laisse le Ppa-CI pour aller en créer un autre où cette fois-ci, il serait seul avec sa femme ?

    Quoiqu’il en soit, personne ne peut croire totalement à un retrait de Gbagbo de la scène politique, tant qu’Alassane Ouattara y sera actif. Le Woody de Mama l’a dit. Il a décidé de se présenter à la dernière élection présidentielle parce que Ouattara y allait.

    Non, il n’avait rien à proposer aux Ivoiriens, mais il voulait juste contrarier Ouattara. Et je crois que nous pouvons dire que nous l’avons échappé belle avec le rejet de sa candidature par le Conseil constitutionnel. Gbagbo aurait à tous les coups contesté les résultats, s’il avait compéti et avait perdu, nous plongeant à nouveau dans une crise post-électorale. Il a dit dans son interview qu’il avait gagné en 2010, parce que le Conseil constitutionnel l’avait proclamé vainqueur et il voulait jouer le match retour, pour confirmer sa victoire de 2010. Il est clair que jusqu’à la fin de leur vie, Gbagbo et les siens répèteront inlassablement que le Conseil constitutionnel l’avait désigné vainqueur, et nous leur répèterons jusqu’à la fin de notre vie que dans une situation normale, c’est effectivement le Conseil constitutionnel qui a le dernier mot dans une élection. Mais en 2010, nous étions en crise et tous les leaders politiques ivoiriens, à commencer par Laurent Gbagbo lui-même, avaient signé un accord à Pretoria qui accordait ce dernier mot au Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies. Et celui-ci avait désigné Alassane Ouattara vainqueur. Point.

    Cela dit, il est cependant pathétique qu’un leader politique, ancien Président de la République de surcroît, dise qu’il a cherché à être candidat, uniquement parce que son adversaire l’était aussi. Et parce que sa candidature a été refusée, il a poussé des jeunes gens à manifester, avant de dire qu’il n’appelle plus personne à descendre dans les rues, tout en soutenant ceux qui y sont déjà. Parce qu’il y a eu des morts et des arrestations qu’il ne veut pas assumer. En tout état de cause, nous serons tous un jour confrontés au jugement de l’histoire qui est le plus grand magistrat du monde.

    Laurent Gbagbo a dit également dans son interview qu’il ne voit pas l’utilité du pont Alassane Ouattara qui relie Cocody au Plateau ou de la dernière tour en construction à la cité administrative. Rappelons que lorsqu’il était au pouvoir, il n’avait pas vu l’utilité du pont Henri Konan Bédié qui était déjà projeté, et pour bien montrer qu’il n’avait aucune intention de le construire, il a laissé un de ses proches construire sa maison à l’endroit même où se trouve actuellement le poste de péage de ce pont. Les monuments hideux qu’il avait construits un peu partout dans la ville lui semblaient certainement plus utiles que ces ponts et immeubles.

    Avait-il seulement compris ce que c’était que de développer un pays, une ville ? On se souvient de ce qu’il avait fait du carrefour de l’Indénié qui était toujours inondé à chaque ondée. Je suppose que ce qui y a été réalisé aujourd’hui est aussi inutile à ses yeux.

  • Préservation du patrimoine islamique : L’État et le COSIM scellent un partenariat historique

    Préservation du patrimoine islamique : L’État et le COSIM scellent un partenariat historique

    Une avancée majeure dans la sauvegarde du patrimoine islamique ancien a été franchie ce mardi 30 septembre 2025, au Ministère de la Culture et de la Francophonie. À l’initiative du Conseil Supérieur des Imams, des Mosquées et des Affaires Islamiques (COSIM), une convention a été signée entre l’institution religieuse et le ministère, marquant un tournant dans la préservation des archives documentaires liées à l’islam en Côte d’Ivoire.

    Un projet pilote dans le Gontougo

    Depuis des décennies, manuscrits, parchemins et collections islamiques, véritables témoins de l’histoire intellectuelle et spirituelle ivoirienne, subissent l’usure du temps et les risques liés à l’action humaine. Consciente de cette menace, la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, et le guide de la communauté musulmane, Cheikhoul Aïma Ousmane Diakité, avaient convenu, dès le 10 juillet dernier, d’apporter une réponse concertée et durable à ce défi.

    La convention signée ce 30 septembre s’inscrit dans cette dynamique. Elle repose sur quatre axes stratégiques : l’inventaire et la protection des archives, la numérisation et la restauration des documents, leur valorisation par le biais d’expositions et d’outils numériques, ainsi que la formation des acteurs locaux impliqués.

    Dans son allocution, la ministre Françoise Remarck a tenu à saluer l’engagement constant du président de la République, Alassane Ouattara, en faveur de la culture. Elle a rappelé l’adoption, en juin 2023, de la loi consacrée à la protection du patrimoine culturel, qui offre un cadre légal solide à cette initiative.

    Mme Remarck a également insisté sur l’importance de préserver ces manuscrits, qu’elle a qualifiés de « mémoire des savants et témoins vivants des liens historiques entre la Côte d’Ivoire et le monde islamique ». Elle a annoncé que la région du Gontougo, dans le district du Zanzan, servirait de site pilote pour le lancement des premières opérations de recensement, de conservation et de valorisation.

    En conclusion, la ministre a exprimé sa gratitude au COSIM pour son rôle moteur dans ce projet, mettant en avant le caractère exemplaire de cette collaboration entre institutions publiques et religieuses.

    Un partenariat porteur d’avenir

    De son côté, Cheikhoul Aïma Ousmane Diakité a salué le démarrage effectif de cette coopération. Le guide de la communauté musulmane a formulé des prières pour le succès du projet, mais aussi pour la paix dans les familles et dans l’ensemble du pays. Il a rappelé que la préservation de ces documents anciens ne répond pas seulement à un enjeu patrimonial, mais qu’elle constitue également une contribution essentielle à la consolidation de l’identité culturelle et spirituelle de la Côte d’Ivoire.

    Cette initiative, en plaçant la mémoire islamique ivoirienne au cœur des politiques culturelles, ouvre de nouvelles perspectives. À travers la numérisation et la diffusion des manuscrits, elle favorisera un accès élargi aux connaissances, tout en protégeant des trésors menacés. Les expositions prévues permettront également de sensibiliser les jeunes générations à l’importance de ce patrimoine, garantissant ainsi sa transmission dans le temps.

    Avec cette convention, le COSIM et le Ministère de la Culture et de la Francophonie donnent corps à une ambition commune : ériger la Côte d’Ivoire en modèle de sauvegarde et de valorisation du patrimoine islamique ancien en Afrique de l’Ouest.

    Source : Ministère de la Culture et de la Francophonie

  • PPA-CI : BLAISE LASM ET DAHI NESTOR DÉFÉRÉS, LE PARTI RÉAGIT

    PPA-CI : BLAISE LASM ET DAHI NESTOR DÉFÉRÉS, LE PARTI RÉAGIT

    Le PPA-CI a réagi au déferrement de Blaise Lasm et Dahi Nestor au Pôle pénitentiaire d’Abidjan. Il dénonce une décision arbitraire et appelle à la vigilance de ses militants.

    Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a réagi lundi au déferrement de ses cadres Blaise LASM et Dahi Nestor au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (ex-MACA), après plus de 24 heures de garde à vue.

    Décision arbitraire 

    Les deux responsables, respectivement Secrétaire Général Adjoint en charge des Grands Ponts et de Yopougon-Sogon, sont inculpés pour « provocation à l’insurrection, atteinte à l’autorité de l’État et à l’intégrité du territoire national, ainsi que troubles à l’ordre public », selon un communiqué du parti.

    Dans sa déclaration, le PPA-CI qualifie ces mesures de « décision arbitraire » et les interprète comme une tentative de restreindre la liberté d’expression politique et de museler l’opposition. Le parti affirme sa solidarité avec Blaise LASM et Dahi Nestor et appelle ses militants, sympathisants et toutes les forces vives du pays à rester mobilisés face à ce qu’il considère comme une répression ciblée.

    Selon le PPA-CI, ce déferrement intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes à moins de quatre semaines de la présidentielle prévue le 25 octobre 2025. Le parti rappelle que plusieurs autres cadres convoqués par le procureur de la République, Koné Barman, ont été libérés dans la journée de dimanche, tandis que LASM et Dahi Nestor ont été maintenus.

    Tensions

    Le communiqué du parti ne fait pas mention de Marie Odette Lorougnon, autre cadre du PPA-CI, qui demeure à la préfecture de police. Cette dernière est au centre d’une polémique liée à des propos jugés xénophobes tenus lors d’une rencontre à Bonoua le week-end dernier.

    Le PPA-CI indique également que ces mesures n’affecteront pas ses actions politiques, notamment la marche pacifique prévue le 4 octobre en collaboration avec le PDCI-RDA, destinée à réclamer un dialogue politique ouvert et des élections inclusives et transparentes.

    Aucune réaction officielle du parquet ou des autorités judiciaires n’a été publiée à ce stade. Les observateurs notent que cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions entre les autorités ivoiriennes et certains responsables politiques de l’opposition, à l’approche de la présidentielle.

  • L’ex-président de la RDC Joseph Kabila condamné à mort pour «trahison»

    L’ex-président de la RDC Joseph Kabila condamné à mort pour «trahison»

    Selon certains, cette condamnation vise à écarter la possibilité qu’il puisse fédérer l’opposition dans le pays.

    L’ex-président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a été condamné à mort mardi au terme d’un procès par contumace pour « trahison » et « crimes de guerre », devant la justice militaire du pays où il ne réside plus depuis deux ans.

    Une récente réapparition de M. Kabila dans le pays avait inquiété Kinshasa et selon certains observateurs, cette condamnation vise à écarter la possibilité qu’il puisse fédérer l’opposition à l’intérieur du pays, même si aucune information n’a été donnée sur l’endroit où l’ancien chef d’État (2001-2019) se trouve actuellement.

    Agé de 54 ans, Joseph Kabila, qui n’était pas présent à son procès dans la capitale Kinshasa et n’y était pas non plus représenté, a été reconnu coupable de complicité avec le groupe armé antigouvernemental M23.

    Entre janvier et février, le M23, soutenu par le Rwanda et son armée, a conduit des offensives d’ampleur dans l’est du pays, s’emparant de vastes pans de territoires le long de la frontière rwandaise face à une armée congolaise dépassée.

    Peu après ces revers militaires qui ont fragilisé le régime de Kinshasa, Joseph Kabila, qui avait quitté le sol congolais en 2023 selon son entourage, a fait une apparition surprise à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu et fief du M23.

    Ces dernières années, l’ancien président, expert dans l’art de manier le secret, était resté très discret sur ses nouveaux lieux d’attache, faisant quelques apparitions notamment en Afrique du Sud et en Namibie.

    En mai, dans une rare allocution en ligne, M. Kabila, qui jouit encore d’un nébuleux réseau d’influence, avait déclaré que « la dictature doit prendre fin » en RDC et s’était dit prêt à « jouer sa partition », se posant ouvertement comme un opposant à l’actuel président Félix Tshisekedi.

    Sur injonction du gouvernement, l’immunité parlementaire de Joseph Kabila en tant que sénateur à vie a été levée fin mai et un procès pour trahison s’est ouvert fin juillet.

    « Adversaire »

    Une arrestation de l’ex-président par les autorités congolaises semble à ce stade peu probable malgré sa condamnation à la peine capitale. Un moratoire sur l’exécution de la peine capitale en vigueur depuis 2003 a été levé en 2024. Toutefois, aucune exécution n’a eu lieu depuis.

    Un recours contre le verdict de la Haute cour militaire, plus haute juridiction militaire du pays, est encore possible devant la Cour de cassation, uniquement pour tenter de faire valoir une irrégularité dans la procédure mais pas pour réexaminer le fond.

    Par cette décision de justice, Kinshasa espère envoyer « un message fort auprès de rebelles sur son intransigeance » mais également « fragiliser un adversaire » qui a tenté de « fédérer l’opposition », explique à l’Agence France-Presse Ithiel Batumike, chercheur à l’institut congolais Ebuteli.

    L’Est congolais, riche en ressources naturelles, est déchiré par des conflits depuis 30 ans. La présence d’une multitude de groupes armés et milices y nourrit un climat d’insécurité quasi permanent. Le M23, qui clame sa volonté de renverser le régime du président Félix Tshisekedi, est réapparu dans la région fin 2021.

    Un accord de paix des gouvernements congolais et rwandais a été signé en juin à Washington. Une déclaration de principe avec le M23 « en faveur d’un cessez-le-feu permanent » a également été signée au Qatar en juillet, mais les violences sur le terrain persistent.

    Exécutions sommaires, viols collectifs ou enlèvements, les ONG dénoncent des exactions sur les civils. Une enquête des Nations unies début septembre a pointé des actes de toutes les parties au conflit pouvant constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

    Fils de Laurent-Désiré Kabila, rebelle ayant fait tomber le dictateur Mobutu Sese Seko, Joseph Kabila, avait hérité du pouvoir en 2001 par succession de type monarchique après l’assassinat de son père en janvier de la même année.

    En 2019, après deux mandats, il avait quitté le pouvoir en laissant la place à Félix Tshisekedi.

  • L’ambassadeur d’Afrique du Sud retrouvé mort à Paris au pied d’un hôtel

    L’ambassadeur d’Afrique du Sud retrouvé mort à Paris au pied d’un hôtel

    L’ambassadeur d’Afrique du Sud en France, Nathi Mthethwa, a été retrouvé mort au pied d’un hôtel parisien, alors qu’il avait confié à son épouse «l’intention de mettre fin à ses jours», a indiqué mardi la procureure de Paris Laure Beccuau.

    Lundi, son épouse avait «reçu un message de sa part peu après 21h30, dans lequel il lui présentait ses excuses et manifestait l’intention de mettre fin à ses jours», écrit la magistrate dans un communiqué.

    Ce qui corrobore les dires d’une source proche du dossier ayant décrit à l’AFP cet ambassadeur de 58 ans comme quelqu’un de dépressif qui pourrait avoir mis fin à ses jours.

    Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a salué, dans un communiqué, la mémoire de l’ambassadeur «ayant servi la nation» au «cours d’une vie qui s’est terminée prématurément et de manière traumatisante».

    Le personnel de l’hôtel a constaté que dans sa chambre, «située au 22e étage», le «mécanisme de sécurité anti-ouverture de la fenêtre avait été forcé avec des ciseaux laissés sur place», développe la procureure. Les enquêteurs n’ont relevé «aucune trace de lutte ni trace de médicament ou de stupéfiant», souligne-t-elle.

    Le parquet de Paris a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort. «Si les premières investigations laissent penser qu’il pourrait s’agir d’un acte délibéré, sans intervention d’un tiers, cette enquête a pour objectif de recueillir tout élément utile à la compréhension des faits», précise la procureure.

    Le corps sans vie de ce proche de l’ancien président sud-africain Jacob Zuma a été retrouvé dans la cour intérieure de l’hôtel lundi. Nkosinathi Emmanuel Nathi Mthethwa, de son patronyme complet, avait réservé «une chambre dans cet établissement une dizaine de jours auparavant et s’y est présenté dès 16h30 (lundi), juste après avoir quitté son domicile parisien», précise encore la procureure.

    Le gouvernement sud-africain a fait part dans un communiqué de sa «profonde tristesse», parlant d’une «disparition prématurée» qui «n’est pas seulement une perte nationale, mais est également ressentie au sein de la communauté diplomatique internationale».

    M. Mthethwa a été ministre des Arts et de la Culture de la République d’Afrique du Sud de 2014 à 2019, puis ministre des Sports, des Arts et de la Culture jusqu’en 2023, selon le site de son ambassade.

    En juillet 2019, il avait prononcé un discours lors d’une cérémonie d’hommage après la disparition du chanteur Johnny Clegg, dit le «Zoulou blanc», une des grandes voix de la lutte contre l’apartheid: «Par sa musique, il nous a inspiré courage alors que nous luttions pour sortir d’une longue nuit de désespoir».

    Entre 2007 et 2022, il a été un haut responsable du Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir depuis les premières élections démocratiques en 1994. Il avait œuvré dans la clandestinité au sein de l’aile militaire de l’ANC durant l’apartheid et avait notamment été arrêté pendant l’état d’urgence en 1989 (fin de l’apartheid en 1991).

  • Affaire complicité: Maître SERGE OURAGA (Avocat à la Cour) répond au Procureur.

    Affaire complicité: Maître SERGE OURAGA (Avocat à la Cour) répond au Procureur.

    « En l’état actuel de notre législation, la complicité, le régime de la complicité, prévu par les dispositions de l’article 30 du Code pénal et même par les dispositions de la loi sur la cyber criminalité qui renvoie à l’article 30, ne nous permet pas d’affirmer qu’on peut tirer de la responsabilité pénale de l’auteur de messages incriminés une complicité à l’égard du titulaire de ce compte. CE N’EST PAS VRAI !

    Ce n’est pas ce que la loi dit. La loi dit que pour être complice il faut fournir des moyens, des renseignements, des informations… Il faut avoir participé de façon directe ou indirecte.

    Cela veut dire que il y a l’idée de l’intention de participer à cette infraction. Est-ce que dans le cas du titulaire du compte facebook, il avait l’intention de participer à cette infraction? Ce n’est pas vrai.

    Nous pensons que des poursuites qui sont engagées sur la base de cette disposition en l’état actuel de notre code de notre législation ne sont pas fondés sur la loi. En France, ils ont clairement légiféré.

    C’est très clair que lorsque vous avez un compte facebook lorsqu’il y a un message qui tombe sous le coup de la loi, vous n’êtes même pas complice, vous êtes auteur.

    Si vous ne retirez pas ce message ou alors si vous aviez connaissance de ce que ce message allait être publié sur votre page,c’est à ces deux conditions.

    Dans notre législation, ce n’est pas prévu, donc je ne sais pas qu’est-ce qui a inspiré le procureur à brandir ces menaces sur la base de dispositions légales qui n’existent pas. »

  • Côte d’Ivoire : La liberté d’expression en péril ? (Tribune)

    Côte d’Ivoire : La liberté d’expression en péril ? (Tribune)

    Le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar, a récemment annoncé la fin de la « récréation » en matière de dérives sur les réseaux sociaux. Il a précisé que désormais, les administrateurs de pages et de sites pourraient être tenus responsables des contenus publiés sur leurs plateformes. Cette déclaration soulève des interrogations sur l’équilibre entre la lutte contre les abus en ligne et la préservation de la liberté d’expression.

    Le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar
    Le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar

    La liberté d’expression est un droit fondamental garanti par la Constitution ivoirienne. Toutefois, ce droit n’est pas absolu et peut être limité pour protéger l’ordre public, la sécurité nationale et les droits d’autrui. Ainsi, il est légitime pour les autorités judiciaires de prendre des mesures pour lutter contre les discours de haine, la désinformation et les incitations à la violence sur les réseaux sociaux.

    Cependant, la responsabilité des administrateurs de pages et de sites doit être encadrée de manière claire et précise. Il est essentiel que les mesures prises ne conduisent pas à une censure excessive ou à une restriction injustifiée de la liberté d’expression. Les administrateurs ne doivent pas être tenus responsables de manière systématique pour tous les contenus publiés par les utilisateurs sur leurs plateformes. Une approche équilibrée est nécessaire pour garantir la liberté d’expression tout en protégeant la société contre les abus en ligne.

    Dans ce contexte, il est crucial que les autorités judiciaires, les professionnels des médias et les acteurs du numérique collaborent pour élaborer des lignes directrices claires et transparentes concernant la responsabilité des administrateurs de pages et de sites. Cela permettra de prévenir les abus tout en préservant les principes démocratiques fondamentaux

    Stéphane Kool

    Intelligence marketing advisor

  • LES GUIDES RELIGIEUX INTERPELLENT OUATTARA : « AUCUN SACRIFICE NE SERA DE TROP POUR LA PAIX »

    LES GUIDES RELIGIEUX INTERPELLENT OUATTARA : « AUCUN SACRIFICE NE SERA DE TROP POUR LA PAIX »

    À moins d’un mois du scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire, prévu fin octobre 2025, les guides religieux musulmans et chrétiens ont lancé un appel solennel au chef de l’État, Alassane Ouattara, l’exhortant à user de « tout son pouvoir » pour préserver la paix dans un pays où la tension politique ne cesse de croître.

    Les leaders religieux réunis au sein de l’Alliance des religions pour la paix en Côte d’Ivoire (ARPCI), ont décidé de tirer la sonnette d’alarme, à quelques semaines de la prochaine élection présidentielle.

    Appel aux autorités

    Dans une déclaration conjointe rendue publique ce samedi 27 septembre 2025, ces leaders spirituels ont rappelé que « aucun sacrifice ne sera de trop pour la stabilité de notre pays », tout en invitant le président Alassane Ouattara et son gouvernement à « poursuivre tous les efforts fournis en vue du bien-être des populations et de l’unité nationale ».

    Cet appel intervient dans un climat politique marqué par la contestation de l’opposition, dont plusieurs figures de premier plan ont été exclues de la course électorale à la suite de décisions judiciaires. 

    Laurent Gbagbo, ancien président de la République et Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA ont été recalés en raison de leur absences sur la liste électorale et Pascal Affi N’guessan, ancien premier ministre disqualifié pour « insuffisance de parrainages ».

    Ces exclusions, dénoncées par leurs partisans comme des « manœuvres politiques », nourrissent les craintes d’une élection sous tension, dans un pays encore marqué par les traumatismes de la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait plus de 3 000 morts.

    Monsieur le Président de la République, nous vous invitons à faire preuve d’empathie pour apprécier les circonstances actuelles et renforcer le calme et la quiétude dans la communauté nationale

    « Monsieur le Président de la République, nous vous invitons à faire preuve d’empathie pour apprécier les circonstances actuelles et renforcer le calme et la quiétude dans la communauté nationale », ont poursuivi les responsables religieux, insistant sur la nécessité de privilégier le dialogue et la recherche de compromis.

    Mais leur message ne s’adresse pas seulement au pouvoir. « Chers compatriotes, à travers cette adresse, nous, guides religieux chrétiens et musulmans, lançons un appel solennel aux leaders politiques et à toute la population », ont ajouté, les guides chrétiens et musulmans, soulignant que « l’avenir de notre nation repose sur la capacité de chacun à privilégier l’intérêt commun ».

    Cette sortie conjointe s’inscrit dans une volonté des autorités spirituelles de jouer un rôle d’apaisement. Déjà par le passé, notamment lors des crises politiques et militaires des années antérieurs, elles avaient multiplié les initiatives pour maintenir un dialogue entre des camps opposés.

    « En œuvrant ensemble pour la justice sociale et la préservation de la paix, nous pouvons bâtir une Côte d’Ivoire plus forte, unie et prospère pour les générations futures », ont affirmé les signataires, estimant qu’il s’agit de « la seule manière de rentrer dans l’histoire par la bonne porte ».

    Jean Kelly KOUASSI

  • PARIS, LONDRES, WASHINGTON : LA MOBILISATION CONTRE LE 4ᵉ MANDAT S’INTENSIFIE

    PARIS, LONDRES, WASHINGTON : LA MOBILISATION CONTRE LE 4ᵉ MANDAT S’INTENSIFIE

    La contestation d’un éventuel quatrième mandat d’Alassane Ouattara prend de l’ampleur. Ce week-end, la diaspora ivoirienne s’est mobilisée à Paris, Londres et Washington, aux côtés des partis d’opposition.

    La contestation d’un éventuel quatrième mandat du président ivoirien Alassane Ouattara s’est exprimée ce week-end au-delà des frontières de la Côte d’Ivoire. Des manifestations ont été organisées en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis, à l’initiative de la diaspora et de formations politiques de l’opposition réunies au sein du Front commun.

    « Notre combat n’est pas l’insurrection »

    À Paris, plusieurs dizaines de militants se sont rassemblés samedi à la place Victor Hugo. Souleymane Traoré, représentant du mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS), a salué l’engagement de la diaspora dans ce qu’il qualifie de « combat démocratique » contre une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara.

    « Nous nous appuyons sur les règles démocratiques. Notre combat n’est pas l’insurrection, mais une lutte pour préserver la Constitution », a-t-il affirmé, accusant le pouvoir en place de vouloir « confisquer les libertés ».

    Pascal Logbo, cadre du PPA-CI (Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire), a de son côté insisté sur la nécessité d’une présidentielle « inclusive », estimant que les candidatures de Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Guillaume Soro doivent être validées. Il a annoncé une nouvelle mobilisation le 4 octobre à Paris, cette fois devant le siège d’Amnesty International, afin de « témoigner des violations des droits humains en Côte d’Ivoire ».

    « Toute la sous-région en jeu »

    À Londres, un sit-in a rassemblé plusieurs dizaines de personnes devant l’ambassade de Côte d’Ivoire. Les participants, regroupés au sein du mouvement citoyen Trop c’est trop et des principales formations d’opposition (PDCI-RDA, GPS, PPA-CI et FPI), ont dénoncé un « quatrième mandat anticonstitutionnel » et appelé la communauté internationale à se saisir du dossier.

    « Non au 4ᵉ mandat ! » pouvait-on lire sur des banderoles et pancartes. Les intervenants, parmi lesquels Wassa Coulibaly (GPS) et Mathieu Kadjo (PDCI-RDA), ont également critiqué l’attitude de la France, accusée de fermer les yeux sur les dérives du pouvoir à Abidjan.

    Aux États-Unis, le mouvement Trop c’est trop a annoncé une mobilisation dimanche à Washington DC, sous la supervision de Dr Boga Sako Gervais. Cette rencontre en salle vise à interpeller l’administration américaine sur les risques de déstabilisation en Afrique de l’Ouest si le processus électoral en Côte d’Ivoire n’est pas jugé crédible.

    « C’est la paix de toute la sous-région qui est en jeu », a souligné un communiqué de la coordination locale.

    En Côte d’Ivoire même, les préparatifs de la marche annoncée du 4 octobre se poursuivent. À Yopougon, Cocody et Abobo, les cadres du PPA-CI, dont Dahi Nestor et Michel Gbagbo, ont lancé des appels à une « mobilisation gigantesque » contre un quatrième mandat d’Alassane Ouattara. « Le 4 octobre sera le début d’une histoire de l’indignation populaire », a déclaré Dahi Nestor, tandis que Michel Gbagbo a exhorté les militants à une « démonstration de force ».

    Le Front commun, coalition qui regroupe notamment le PPA-CI, le PDCI-RDA, le GPS et le FPI, entend ainsi maintenir la pression à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Selon ses responsables, l’objectif est d’empêcher « un passage en force » du chef de l’État, dont la candidature est jugée illégale et anticonstitutionnelle par l’opposition.

    Le 29 juillet dernier, Alassane Ouattara, 83 ans, a  »décidé d’être candidat à l’élection présidentielle » justifiant cette décision par la nécessité de préserver la stabilité nationale face aux défis « sécuritaire, économique et monétaire sans précédent ». Le 8 septembre, la Cour constitutionnelle a validé cinq candidatures pour l’élection présidentielle prévue le 25 octobre, dont celle du président sortant.

    Plusieurs figures majeures de l’opposition ont été recalées, parmi lesquelles Laurent Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Tidjane Thiam. Une décision qui a ravivé les tensions politiques, les partisans des candidats recalés dénonçant une compétition verrouillée et appelant à faire barrage à un quatrième mandat du président sortant.

    Samuel KADIO

  • PRÉSIDENTIELLE 2025: LA RÉACTION DE TIDJANE THIAM, PRÉSIDENT DU PDCI-RDA, APRÈS LA MISSION D’ÉVALUATION PRÉ-ÉLECTORALE DE L’ONG AMÉRICAINE IRI

    PRÉSIDENTIELLE 2025: LA RÉACTION DE TIDJANE THIAM, PRÉSIDENT DU PDCI-RDA, APRÈS LA MISSION D’ÉVALUATION PRÉ-ÉLECTORALE DE L’ONG AMÉRICAINE IRI

    Je viens de rentrer des États-Unis. Il est clair aujourd’hui que l’Amérique, l’Europe et les leaders africains soutiennent avec fermeté les Ivoiriens dans notre exigence d’élections libres, équitables et inclusives, face à un régime qui, avec un cynisme assumé, ne respecte pas les principes démocratiques les plus fondamentaux.

    Je tiens avant tout à saluer ici le courage et l’intégrité de l’International Republican Institute (IRI). Les « Conclusions et recommandations » de leur mission à Abidjan, en date du 26 septembre, confirment en tout point, les faiblesses fatales de notre système électoral et soulignent explicitement les tensions créées par cette situation.

    Leurs conclusions mentionnent notamment (i) l’absence d’une liste électorale actualisée en 2025, (ii) la détention illégale de membres de l’opposition, (iii) l’exclusion du scrutin de candidats majeurs, ainsi que (iv) des lacunes structurelles dans le registre électoral. Ils reprennent notre affirmation que la liste électorale n’est pas suffisamment représentative, à 8,7 millions et contient de trop nombreuses erreurs pour être une base crédible pour une élection démocratique.

    Ces irrégularités et insuffisances flagrantes sont le fruit d’une manipulation délibérée, orchestrée par le régime pour perpétuer son emprise sur le pays alors qu’il se sait minoritaire.

    En identifiant ces dysfonctionnements, l’IRI confirme les insuffisances principales soulignées par l’opposition depuis des années, et que le régime a toujours choisi d’ignorer. Cette fois, les mêmes reproches lui sont adressés par un acteur international respecté, dont l’impartialité ne peut être mise en doute.

    L’IRI nous dit que « La mission a identifié plusieurs points critiques, lesquels, s’ils ne sont pas résolus, sont susceptibles d’entraver la crédibilité de l’élection présidentielle d’octobre 2025 ». Le statut de l’IRI l’oblige à être « diplomatique » dans ses déclarations officielles.

    Malgré cela, les conclusions de sa mission indiquent explicitement que l’élection ne saurait être crédible dans les circonstances actuelles, sans changement majeur ni concession du régime. Préconiser la poursuite sans changement d’un processus décrit comme irrémédiablement compromis, reviendrait à cautionner une mascarade électorale et à bafouer la souveraineté populaire, renforçant ainsi un régime sans légitimité.

    Ce régime élimine des candidats au nom de l’Etat de droit et du respect de la loi. Cette même loi qu’il bafoue sans vergogne quand il décide cyniquement de ne pas procéder à une Révision de la Liste Electorale (RLE) en 2025, RLE exigée explicitement par la loi dont il proclame à chaque occasion, urbi et orbi, être le gardien. Le régime ignorait-il qu’il y aurait une élection en 2025 pour, aujourd’hui, invoquer des excuses techniques pour ne pas tenir une RLE cette année, RLE qu’il a tout à fait su organiser en juin/juillet, avant l’élection aussi bien en 2015 qu’en 2020 ?

    De même, la loi exige du régime qu’il verse chaque année une subvention significative au PDCI-RDA et au PPA-CI, partis représentés au Parlement. Cette subvention n’est pas un cadeau laissé au bon plaisir du régime, mais est financée par le contribuable ivoirien et des impôts et taxes payés par des millions de militants et sympathisants du PDCI-RDA et du PPA-CI. A ce jour, pas un centime de cette subvention ne nous a été versé au titre de 2025, dans un effort évident d’étrangler financièrement l’opposition en année électorale.

    Ces deux exemples visent à illustrer aux yeux de la communauté internationale, le cynisme, l’hypocrisie, la manipulation sans vergogne de la loi que nous dénonçons et qui affaiblit à la fois l’Etat de droit et la démocratie dans notre pays. Constamment, l’on dit une chose et l’on en fait une autre. C’est tout cela que nous voulons changer. C’est tout cela qui fait courir des risques à notre cher pays et à nos chères populations.

    Notre pays n’a jamais connu de transition pacifique et démocratique du pouvoir par la voie des urnes ; une lacune historique que le régime Ouattara exploite cyniquement pour consolider son autoritarisme. Aujourd’hui, ce régime musèle et emprisonne l’opposition légale et légitime, politise les institutions de l’Etat au service d’une clique partisane, et prive des millions d’Ivoiriens de leur droit fondamental à choisir librement et sans crainte leurs dirigeants.

    Tout cela constitue non seulement une atteinte intolérable à la démocratie, mais aussi une menace sérieuse pour la stabilité de notre Nation et de la région entière, risquant de plonger l’Afrique de l’Ouest dans un cycle de conflits alimentés par l’injustice politique et par l’arbitraire.

    Le peuple ivoirien, uni et déterminé, ne saurait tolérer un nouveau verdict imposé d’avance par un régime qui méprise la volonté populaire.

    J’en appelle à la Maison Blanche sous l’administration Trump, à l’Union européenne, aux Nations unies, à l’Union africaine, à la CEDEAO et à tous nos partenaires internationaux pour exercer une pression immédiate et ferme sur le régime Ouattara afin de mettre un terme à ces injustices flagrantes et de garantir une élection démocratique réelle et inclusive, digne de l’Afrique du 21e siècle et où toutes les voix, sans exception, comptent.

    L’avenir de la Côte d’Ivoire, et avec lui, la promesse d’une Afrique démocratique et prospère, reposent sur notre engagement collectif à protéger la voix du peuple contre les forces de l’oppression, à instaurer une paix durable fondée sur la justice, et à bâtir un continent où la démocratie triompherait sur l’obscurantisme et la dictature.

    Tidjane THIAM

    Président du PDCI-RDA

    Candidat du PDCI-RDA à l’élection Présidentielle de 2025

  • Affi N’Guessan sous pression judiciaire: vers un mandat de dépôt ?

    Affi N’Guessan sous pression judiciaire: vers un mandat de dépôt ?

    Pascal Affi N’Guessan, président du Front Populaire Ivoirien (FPI), se trouve au centre d’une nouvelle tourmente judiciaire. Le leader politique, dont la candidature à la présidentielle a été entachée par l’introduction présumée de fausses pièces d’identité dans son dossier, avait saisi la justice afin de faire la lumière sur cette affaire.

    Le mardi 23 septembre, il a déposé une plainte contre X auprès du procureur de la République, réclamant que soient identifiées les personnes responsables de cette fraude. Mais cette initiative semble s’être retournée contre lui : selon des sources proches du dossier, Affi pourrait être placé sous mandat de dépôt, une mesure qui fait craindre un règlement politique sous couvert judiciaire.

    « J’ai été entendu ce jeudi 25 septembre par la police criminelle dans l’enquête ouverte suite à la plainte contre X que j’ai déposée auprès du procureur », a déclaré Affi N’Guessan.

    La question qui se pose désormais selon un des avocats de monsieur Affi, est de savoir si « cette procédure vise réellement à établir la vérité ou si elle traduit une instrumentalisation de la justice à des fins politiques », dans un contexte préélectoral déjà tendu.

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