Kouassi Kouamé Patrice, KKP

En ce jour de la fête du 60e anniversaire de l’indépendance de notre pays la Côte d’Ivoire, j’aurais préféré uniquement vous souhaiter une bonne fête plutôt que d’être dans l’obligation de faire la présente déclaration qui s’impose de par ma fonction d’élu de la Nation. Alors que nous peinons à construire un Etat de droit qui est le socle de la Nation dont la réconciliation nationale est le pivot, nous attendions du Président de la République un discours qui fédère à l’occasion de sa traditionnelle adresse à la Nation du 06 août 2020.

Cependant, le Président de la République a choisi l’occasion de son discours à la Nation, pour annoncer à ses partisans du RHDP sa décision de briguer un troisième mandat et cela en violation de la Constitution ivoirienne, faisant ainsi définitivement voler en éclat tout espoir d’unité nationale. Pendant ces quatre (4) années passées à l’Assemblée Nationale, j’ai constaté de nombreuses violations de la Constitution et des lois que j’ai dénoncées en son temps, notamment la prise d’ordonnances par le Président de la République dans des domaines exclusivement réservés à l’Assemblée Nationale.

Récemment j’ai constaté encore que le Président de la République qui est le garant de l’application des lois recevait des Chefs traditionnels venus « susciter », voire financer sa candidature pour un troisième mandat et ce, en violation de la loi qui soumet les rois et chefs traditionnels aux obligations de neutralité, d’impartialité et de réserve, et les contraint à s’abstenir d’afficher leur appartenance politique.

L’annonce par le Président de la République de briguer un troisième mandat est une énième violation de notre Constitution et vient couronner une posture de chef de parti politique plutôt que celle de chef de la Nation. Certes, il se trouvera toujours des personnes pour avaliser une telle décision et encourager cette violation de notre Constitution.

Cependant, au-delà du débat sur l’inconstitutionnalité d’un troisième mandat, force est de constater entre autres, la violation d’un engagement solennel devant le Parlement. Au-delà de la légalité de ce troisième mandat, la question doit être appréciée en termes de valeur et d’éthique. Par conséquent, aucun des arguments avancés pour justifier ce troisième mandat n’est acceptable et ne sera accepté par l’élu que je suis.

Ivoiriens Ivoiriennes, la Côte d’Ivoire ne peut redevenir le pays de la vraie fraternité que par la réconciliation de ses fils et de ses filles, et la recherche constante de l’intérêt supérieur de la Nation. Dans la quête de notre Nation, nous ne pouvons plus continuer à avancer en marge de certaines valeurs dont celles de notre hymne national.

Paix, vérité, justice, union, fraternité, liberté, modèle, gouvernance, redevabilité : c’est en adoptant ces valeurs que nous construirons l’Etat de droit et la Nation. Fiers Ivoiriens, le Pays nous interpelle. Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Kouassi Kouamé Patrice
Député de la Nation