Le Mali a été la cible de trois attaques dans un contexte de pression grandissante des groupes armés djihadistes sur Bamako et ailleurs dans le Sahel.

Les drapeaux sont en berne au Mali. Suite aux attaques de jeudi (07.09), les autorités de transition maliennes ont décrété trois jours de deuil national. La double attaque a fait au moins une soixantaine de morts dans le nord du pays et ce vendredi (08.08), c’est un camp de l’armée malienne qui a été pris pour cible à Gao .

Une attaque « complexe » : c’est ainsi que l’armée malienne a qualifié l’attaque d’aujourd’hui dans la zone aéroportuaire de Gao. Certaines sources parlent d’au moins deux véhicules piégés et de nombreux échanges de tirs.

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle attaque survient le lendemain de deux autres dans le secteur de Bamba, entre Gao et Tombouctou . L’une a visé le bateau « Tombouctou » sur le fleuve Niger. Le bateau de la compagnie malienne de navigation (Comanav), a été la cible d’au moins trois roquettes. L’autre attaque concerne une position de l’armée à Bamba.

Un climat de peur

Ces actions violentes sont attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, le Jnim, affilié à Al-Qaïda.

Pour Rémy Asène Diousse, chargé de programme du bureau Paix et Sécurité pour la région Afrique subsaharienne à la fondation Friedrich Ebert, ces attaques ont un mais précis.

Il explique à la DW qu’il s’agit pour les djihadistes de faire passer aux populations le message selon lequel, « nous pouvons à n’importe quel moment mener nos opérations. Installer un climat de peur. Et le troisième message, il faut que vous vous révoltez contre vos autorités aussi bien civiles que militaires qui n’arrivent pas à assurer la sécurité dont vous avez besoin ».

Trois djihadistes dans le désert.  L'un à un drapeau en main
Les djihadistes continuent de semer la terreur au SahelImage : Au cœur de la Résistance

Le cherche précise par ailleurs que « le contexte actuellement au Mali est tel qu’on est dans la saison des pluies. La région où l’attaque s’est produite est une région soumise à un blocus, même s’il ya des démentis, donc le seul moyen pour les populations en cette période d’hivernage où les routes ne sont pas praticables, c’est le bateau ». Selon   Rémy Asène Diousse  » ils ont attaqué ce bateau pour changer de stratégie, si on peut dire « . 

Pas un jour sans attaque

Avant le « Tombouctou » un bateau avait déjà été attaqué à la roquette le 1er septembre dans la région de Mopti, plus au sud, faisant un mort et deux blessés. La liaison fluviale était utilisée par différents usagers, commerçants ou familles, et paraissait plus sûre à beaucoup que la route.

Selon les autorités, la riposte de l’armée a permis de « neutraliser une cinquanteaine de terroristes ». Même si l’armée malienne parvient à mener des opérations de ripostes, la terreur djihadiste reste bien réelle.

Dr Diatourou Diawara, analyste, rappelle que prendre pour cible des civils ou des militaires n’est pas une nouveauté pour les terroristes.

 » Ils attaquent les camps mais ils sont toujours réprimés. Il n’y a pas un seul jour où il n’y a pas une attaque au Mali au Burkina et au Niger . Et ce n’est pas le départ des forces étrangères qui a favorisé cela parce que quand ces forces étaient là, la situation était la même « , précise-t-il.

Un soldat malien tenant une arme
Les soldats du Mali, du Niger et du Burkina tentent de coopérer pour endiguer la menace terroristeImage : Au cœur de la Résistance

Une coopération mais des doutes

Outre le Mali, le Burkina Faso et le Niger vivent également sous la menace djihadiste. Les trois pays dirigés par des militaires putschistes, hostiles à toute présence militaire occidentale, tentent tant bien que mal de coopérer.

Selon Rémy Asène Diousse  « ils sont en train de réactiver une sorte d’entente et mettre en place une stratégie commune pour faire face à l’insécurité dans ces trois pays, notamment dans la zone des trois frontières ». Pour le chercheur « il y a des doutes sur l’efficacité de cette coopération »  il estime que le Mali, le Niger et le Burkina ont besoin de technologies occidentales et également des autres pays qui composent le G5 Sahel .

Parmi les trois pays, le Niger serait le seul à connaître une de sa sécurité, avec une diminution des attaques contre les civils.

Selon certains experts, ceci aurait dû notamment à un système mis en place par le président déchu Mohamed Bazoum qui avait « compris que les solutions militaires seules ne fonctionnaient pas » .

Mais il semble que les hommes en treillis, désormais au pouvoir, entendent miser sur le tout militaire qui, jusqu’à présent, a pourtant montré ses limites.

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