L’ex-président nigérien Mahamadou Issoufou a annoncé ce dimanche 30 juillet qu’il poursuivra ses efforts pour tenter de trouver une sortie de crise négociée afin de « libérer » Mohamed Bazoum, son successeur renversé par un coup d’État.

« Je me suis employé, par diverses voies, à trouver une sortie de crise négociée permettant notamment de libérer le président Mohamed Bazoum et de le restaurer dans ses fonctions, a déclaré Mahamadou Issoufou sur X (anciennement Twitter). Tant qu’il y a un espoir d’y parvenir, je poursuivrai sur cette voie. »

L’ex-président a également appelé « au calme » et à « s’abstenir de toute violence » après des incidents survenus dimanche pendant un rassemblement à Niamey, au cours duquel des manifestants ont tenté de s’introduire dans l’ambassade de France et ont détruit la plaque du bâtiment.

La pression s’accentue sur les putschistes

« Je demande à tous de tout mettre en œuvre pour protéger les personnes et les biens non seulement s’agissant des Nigériens mais aussi des ressortissants étrangers vivant sur notre territoire », a-t-il précisé. D’autres incidents ont eu lieu jeudi à Niamey au cours desquels le siège du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), parti de Mohamed Bazoum et Mahamadou Issoufou, a été pillé.

Son successeur Mohamed Bazoum est séquestré depuis mercredi matin par sa garde présidentielle. La junte nigérienne est dirigée par le général Abdourahamane Tchiani, le nouvel homme fort du pays, qui s’est autoproclamé chef de l’État vendredi 28 juillet.

Mais la pression s’accentue sur les putschistes : ce dimanche, la Cedeao a donné une semaine aux militaires pour restaurer l’ordre constitutionnel. Faute de quoi, prévient l’organisation régionale, « toutes les options sont envisagées », y compris une intervention militaire, si le président du Niger n’est pas réinvesti dans ses fonctions passé ce délai.

Entretiens

Depuis la séquestration de Mohamed Bazoum, Mahamadou Issoufou s’est entretenu avec plusieurs partenaires du Niger. Il a eu des échanges avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken et avec la délégation de l’Union européenne (UE) au Niger, qui, comme la France, ne reconnaît pas les autorités issues du putsch.

Le général Tchiani, président du Conseil pour la sauvegarde de la patrie (CNSP, la junte) et chef de la garde présidentielle qui retient Mohamed Bazoum, était réputé fidèle à Mahamadou Issoufou. Ce dernier l’avait nommé durant ses deux quinquennats, de 2011 à 2021. Il avait été reconduit à son poste par Mohamed Bazoum, dauphin d’Issoufou, qui souhaitait assurer la continuité de celui dont il fut le bras droit.

(Avec AFP)

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