«Personne ne sera sanctionnée. Car la pluie est un phénomène naturel. On ne peut pas couper des têtes à cause d’un phénomène naturel, c’était une pluie exceptionnelle, on ne peut pas sanctionner quelqu’un pour ça». Ce sont les propos tenus le mercredi 13 septembre 2023, après le Conseil des ministres par le ministre Amadou Coulibaly, porte-parole du régime Ouattara.

Il a fait cette sortie à la réaction des Ivoiriens qui demandaient des sanctions suite à l’inondation de la pelouse du stade Ebimpé. C’était le mardi 12 septembre 2023, lors de la rencontre amicale Côte d’Ivoire-Mali. Cette rencontre n’est pas allée à son terme.

On tombe des nus après avoir écouté le porte-parole du gouvernement. Il a fait une sortie de route. Comme le disent les sages africains. « Il faut remuer sept fois la langue avant de parler ». Peut-être qu’il ne le sait pas ou bien il fait semblant de ne pas le savoir.

Quel est ce ministre, porte-parole d’un gouvernement, qui aime tant donner dans les invectives ? Sur quoi compte-t-il? Qu’est-ce qu’il a réalisé dans ce pays pour être si hardi? D’où tire-t-il cette attitude ? Simplement du fait d’être un ministre ? Sait-il combien de ministres le pays a connus depuis 1960? Non, un ministre ne doit pas s’exprimer ainsi. Il doit avoir de la répartie dans son discours. Il doit s’efforcer de connaître et respecter certaines convenances et normes de relations publiques. Non Monsieur ! Rien n’est éternel. Encore moins la position de ministre. C’est connu.

Le phénomène naturel dont il parle a étalé la honte du gouvernement et de celle du peuple de Côte d’Ivoire. Mettant à nu les insuffisances de ce stade. Vraiment dommage. C’est une sortie maladroite. Elle n’avait pas sa raison d’être. Il n’y a jamais de responsable concernant toute action néfaste qui incombe un membre du gouvernement. Il faut respecter les Ivoiriens ! Il faut avoir de la considération pour les concitoyens. Ce sont eux qui payent les impôts. C’est avec cet argent que le régime travaille. Ils doivent des explications aux Ivoiriens. Et non du mépris, de la moquerie. La Côte d’Ivoire, le pays du «Je m’en-foutisme» et de l’impunité consacrés au niveau de l’État.

«Tant qu’on fera un objet politique ou de fierté nationale d’un stade ou d’une pelouse, on ne considérera jamais objectivement les choses. Et on ne travaillera jamais correctement. Tant pis pour vous, si vous croyez que Ebimpé est du bon travail », fait remarquer Philippe Doucet, journaliste sportif français

Yacouba GBANÉ, Directeur journal Le TEMPS

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