S’estimant vainqueur du scrutin présidentiel au Gabon, le principal opposant d’Ali Bongo appelle notamment la France à tirer « les justes conséquences de sa condamnation » du coup de force des militaires.

Au Gabon, le général Brice Oligui Nguema, qui a renversé mercredi 30 août le président Ali Bongo Ondimba, s’installe au pouvoir. Après avoir rencontré le patronat, « les forces vives de la nation » et le corps diplomatique, il doit prêter serment lundi 4 septembre en tant que « président de la transition ».

Dans ce contexte, l’opposition tente de défendre la victoire qu’elle revendique à la présidentielle organisée le 26 août. Candidat de la plateforme Alternance 2023, Albert Ondo Ossa, 69 ans, entend que son élection soit reconnue et que les militaires lui cèdent le pouvoir. Le Monde l’a joint par téléphone, vendredi 1er septembre, alors qu’il se trouvait dans sa résidence de Libreville.

Vous avez félicité l’armée pour avoir renversé Ali Bongo Ondimba. Que lui demandez-vous aujourd’hui ?

Je lui demande de faire revenir l’ordre républicain et constitutionnel. Il faut que le processus électoral aille jusqu’au bout et que l’on donne les résultats qui me permettront de devenir le président légitime puis le président légal une fois que ceux-ci auront été validés par la Cour constitutionnelle.

N’avez-vous aucun doute sur votre victoire ?

Je n’ai pas de doute sur ma victoire. Tout le monde a les résultats, y compris les missions diplomatiques.

Vous considérez-vous comme le futur président élu du Gabon ?

N’allons pas trop vite en besogne. Je suis aujourd’hui un candidat qui est favori du fait des résultats dont je dispose. Pour que je sois le président de la République, il faut que les institutions concernées rendent le droit.

Mais le général Brice Oligui Nguema a déjà fait savoir qu’il prêtera serment lundi après que les élections générales ont été annulées. N’avez-vous pas été pris de vitesse par l’armée, d’autant qu’une partie de la société civile et de la classe politique plaide pour une transition ?

Il s’agit de la République, du redressement de notre pays et non d’une course de vitesse. Il faut prendre le temps qu’il faut et tout mettre en œuvre pour que le général Oligui Nguema me remette le pouvoir. Il y a suffisamment d’hommes sages au Gabon susceptibles de jouer les interfaces pour qu’on y arrive. Il y a aussi des principes du droit international que l’on doit impérativement respecter. Dans le cas contraire, le Gabon serait isolé et ne pourrait pas s’en sortir. Nul doute que l’on doit revenir à la raison.

Avez-vous pu vous entretenir avec le général Oligui Nguema pour défendre votre cause ?

Je pense que le général a beaucoup à faire mais nous aurons le temps de nous retrouver et de discuter. Cela interviendra à un moment ou à un autre. Je ne me précipite pas, lui non plus. Chacun d’entre nous a des points à faire valoir. Il sera temps après d’entamer la négociation.

 

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