Les coups d’État se succèdent à un rythme soutenu en Afrique francophone. En trois ans, des militaires ont pris le pouvoir au Mali, au Tchad, en Guinée, au Burkina Faso et au Niger – où le président Mohamed Bazoum refuse toutefois de démissionner. Une nouvelle tentative a lieu depuis mercredi 30 août au Gabon.

Ces interventions reflètent d’abord les grandes difficultés économiques et sociales endurées par les populations de ces pays. Cela crée une fragilité politique que les putschistes exploitent, sans avoir eux-mêmes les qualités ni la légitimité requises pour gouverner. De façon générale, un pouvoir acquis par la force est source d’iniquité, de violences et de répression des libertés. Ces actions doivent être dénoncées.

Chaque pays présente toutefois des situations différentes. Le Gabon est un pays pétrolier dirigé depuis cinquante-cinq ans par une famille qui en a largement abusé. Fait révélateur, le putsch s’est déroulé au lendemain d’un scrutin dont l’issue était jouée d’avance : le président sortant Ali Bongo devait être une nouvelle fois reconduit. Cette farce électorale a été perçue comme un prétexte valable par les militaires, qui expriment un ras-le-bol largement partagé dans la population.

À travers l’Afrique, le dégagisme menace de nombreux pouvoirs en place. Cette vague s’explique en grande partie par la jeunesse des populations, qui manquent de perspectives d’avenir. Les dirigeants politiques doivent dans ce contexte se montrer responsables et faire confiance aux mécanismes démocratiques. Il faut de la stabilité, de la transparence et une continuité des institutions pour assurer le développement. L’alternance est préférable à un putsch.

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