Dans la perspective du sommet de la CEDEAO, du 10 décembre prochain, les Etats membres de l’AES semblent s’inscrire dans une dynamique identitaire, pour parer à toute éventualité.

Les dirigeants de la CEDEAO devraient, en principe, se réunir le 10 décembre prochain à Abuja, au Nigéria, pour se pencher sur les transitions en cours au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en Guinée.

Si pour la Guinée, les dirigeants de l’organisation ouest-africaine semblent plus cléments, du fait de la diplomatie plus conciliante déployée par Conakry, la situation tire plus sur le bras de fer dans les trois autres pays, qui se donnent la main désormais dans l’AES.

En effet, en multipliant les rencontres entre leurs gouvernants, Bamako, Ouagadougou et Niamey ne cessent de montrer aux yeux du monde qu’ils ne comptent pas se laisser surprendre par de quelconques mesures contraignantes venant d’Abuja. C’est dans ce sens que les chefs de ces Transitions sont en constantes concertations pour renforcer les coopérations entre leurs pays, afin de peser face à d’éventuelles mesures d’étouffement émanant de l’organisation sous-régionale.

A titre d’exemple, la récente rencontre des ministres de l’AES tenue à Bamako, a exploré les pistes de réflexion relatives à des domaines régaliens comme l’intégration économique et monétaire, qui avait été déjà défini dans le cadre du traité de la CEDEAO. Ce sont là des conclusions de l’AES, qui visent à envoyer un signal fort à la CEDEAO, pour dire que si jamais cette organisation pousse trop loin le bouchon, les trois pays concernés, pourraient opter pour un retrait pur et simple. Ce qui serait un coup dur pour Abuja, embarrassé par la défiance et la détermination des dirigeants du Mali, du Burkina Faso et du Niger, bien engagés dans une posture souverainiste, qui voudraient bien de sympathies populaires…

C’est aussi dans ce sens que les Etats membres de l’AES, comptant sur le soutien de la Russie, résolument anti-Occident, veulent prendre le devant de la dynamique intégratrice prônée par Abuja. Ceci, en ébauchant des axes de mutualisation des ressources dans des domaines aussi sensibles que la sécurité, l’énergie, l’agriculture, etc avec plusieurs projets d’investissements communs. Ces initiatives dépouillent ainsi la CEDEAO dans bien de secteurs stratégiques et devraient avoir pour but d’affaiblir les velléités de rétorsion des dirigeants de l’organisation sous-régionale. Car, le président Bola  Ahmed Tinubu du Nigéria devrait s’émousser dans sa volonté de faire sanctionner ces Etats en Transition,  mais déterminés à aller vers la rupture d’avec les anciens systèmes de gouvernance.

En sorte, la dynamique unitaire accélérée de l’AES pourrait consister se positionner comme une voix qui compte. Il s’agit pour le Col Assimi Goïta, le capitaine Ibrahim Traoré et le Général Abdouhramane Tiani  de mettre Abuja face à un dispositif qui impacte  le rapport de force entre la CEDEAO et ces Etats marqués par des coups d’Etats. Comme pour dire que Abuja réfléchira par deux fois avant de lever le petit doigt !

Boubou SIDIBE

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