La nomination de Monsieur Abou Bamba au poste de Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique marque un tournant significatif dans la gouvernance environnementale de notre pays. Elle vient consacrer non pas un hasard politique, mais un parcours bâti sur la rigueur, l’expertise et l’engagement concret pour un développement durable réel et inclusif.
Ancien Coordonnateur du programme Abidjan Legacy Program, Abou Bamba n’est pas un novice parachuté dans les arcanes écologiques. Il est un homme de terrain, rompu aux réalités urbaines, climatiques et sociales. Il connaît les fractures environnementales de nos villes, les vulnérabilités des quartiers, les urgences liées à la résilience climatique, à la gestion des déchets, à la protection des écosystèmes et à l’adaptation aux changements climatiques.
Abou Bamba est un économiste de l’environnement ivoirien, avec une riche carrière de plus de 30 ans dans le domaine de l’environnement et du développement durable. Il a commencé sa carrière dans les années 90 en tant que conseiller à la Banque Mondiale dans le cadre de l’élaboration des Plans Nationaux d’Actions Environnementales (PNAE) dans les pays Africains au sud du Sahara. Il a ensuite rejoint les bâtiments de la Banque Africaine de Développement dans le cadre du Réseau pour l’Environnement et le Développement Durable en Afrique pour la formulation des politiques environnementales dans les pays africains après la Conférence de Rio (1992) dont il a assuré la coordination opérationnelle.
Sa carrière internationale le conduira ensuite à Gland, en Suisse, où pendant près d’une dizaine d’années il exercera en tant que Coordinateur pour l’Afrique de la Convention sur les Zones Humides d’Importance Internationales (Convention de Ramsar-UNESCO), pour le compte de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN).
Sa trajectoire professionnelle inspire ainsi confiance. Elle témoigne d’une compréhension fine des mécanismes internationaux de la transition écologique, mais aussi d’une capacité à traduire ces concepts en actions concrètes sur le terrain. Car le défi de l’environnement aujourd’hui n’est plus seulement scientifique : il est social, économique et politique. Il s’agit de concilier croissance, inclusion sociale et protection des ressources naturelles. Un équilibre délicat que le nouveau ministre semble maîtriser.
Grand défenseur du concept de développement durable, Abou Bamba porte une vision moderne : celle d’une économie verte créatrice d’emplois, d’une urbanisation résiliente, d’une gouvernance environnementale participative et d’une citoyenneté écologique renforcée. Cette vision est précieuse dans un contexte africain marqué par la pression démographique, l’urbanisation rapide et la vulnérabilité climatique.
Sa nomination envoie également un message fort à la jeunesse, aux experts environnementaux et aux acteurs de la société civile : la compétence peut encore être reconnue, l’expertise peut encore ouvrir les portes du pouvoir décisionnel. C’est un signal d’espoir dans un environnement politique souvent dominé par les calculs partisans.
Certes, les défis sont immenses : pollution urbaine, déforestation, érosion côtière, insalubrité, stress hydrique, changement climatique. Mais l’arrivée d’un profil technique et visionnaire à la tête du ministère de l’Environnement offre une opportunité historique de rupture avec les politiques cosmétiques et les effets d’annonce.
Abou Bamba n’hérite pas seulement d’un portefeuille ministériel. Il hérite d’une responsabilité générationnelle : celle de bâtir une transition écologique africaine, adaptée à nos réalités, juste socialement et économiquement viable. En saluant sa nomination, la nation ne célèbre pas seulement un homme. Elle nourrit l’espoir d’un ministère désormais guidé par la compétence, l’innovation et la responsabilité écologique.
Abou Bamba est titulaire d’un diplôme d’administrateur maritime et des ports du Conservatoire Nationale des Arts et Métiers (CNAM) Le Havre, France, d’un Masters es Sciences en économie et gestion (option économie de l’environnement et du développement durable) de l’Université du Québec, Canada, d’un diplôme de gestion durable de l’environnement de l’Université de Californie à Berkeley, USA, ainsi que plusieurs certificats en économie politique de l’environnement obtenus à l’Institut de Développement Économique de la Banque Mondiale à Washington D.C.
Il est auteur de plusieurs études sur les questions environnementales et de développement durable et a reçu plusieurs prix et distinctions académiques dont le prix d’excellence de l’Université du Québec, le prix d’excellence du ministère des Sciences et de l’Enseignement supérieur du gouvernement du Québec, la Bourse de la Francophonie…
Hermann Aboa
















































