CÔTE D’IVOIRE : UNE NOUVELLE POLÉMIQUE ENFLE AUTOUR DE L’ÉLIGIBILITÉ DE TIDJANE THIAM

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En Côte d’Ivoire, une nouvelle controverse agite la scène politique autour de l’éligibilité de Tidjane Thiam, candidat du PDCI-RDA à la présidentielle d’octobre 2025.

Le président du PDCI-RDA a déposé son dossier de candidature pour la présidentielle d’octobre 2025 auprès de la Commission électorale indépendante (CEI), relançant les débats juridiques et politiques.

Après l’épisode de sa double nationalité, réglé avec l’obtention récente d’un certificat de nationalité exclusivement ivoirienne, c’est désormais sa radiation des listes électorales qui suscitent des interrogatoires. En effet, malgré cette radiation prononcée par le tribunal de première instance en avril dernier, Tidjane Thiam a pu soumettre son dossier, ravivant l’espoir de ses partisans depuis le dimanche 24 août.

Les arguments de ses soutiens

Pour une partie de ses militants, l’absence de leur candidat du fichier électoral ne constitue pas un obstacle. Ils estiment que la Constitution n’exige pas de préciser l’inscription sur la liste électorale pour briguer la magistrature suprême. Cette interprétation nourrit l’espoir dans leur camp, mais entre en contradiction avec la lecture stricte du Code électoral.

En effet, l’article 48 précise que « tout Ivoirien qui a la qualité d’électeur peut être élu président de la République »

En effet, l’article 48 précise que « tout Ivoirien qui a la qualité d’électeur peut être élu président de la République ». Autrement dit, figurer sur la liste électorale constitue une condition sine qua non d’éligibilité.

L’ancien CEO du Crédit Suisse a rejoint en avril, après Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, et Guillaume Soro, le rang des personnalités politiques exclus du processus électoral, en raison de décision de justice.

S’appuyant sur les dispositions de l’article 48 du code de la nationalité, la présidente du tribunal a estimé que M. Thiam, alors détenteur de la double nationalité ivoirienne et française, n’était pas « exclusivement ivoirien » au moment de son inscription sur le fichier électoral.

Une jurisprudence défavorable

Ce cas rappelle celui de Guillaume Soro, l’ancien chef du Parlement ivoirien, en 2020. Sa candidature avait été rejetée par le Conseil constitutionnel au motif qu’il ne figurait pas sur la liste électorale. Pour plusieurs observateurs, cette jurisprudence pourrait peser lourdement contre Tidjane Thiam.

Après le dépôt de sa candidature, la CEI devra examiner son dossier avant de transmettre la décision finale au Conseil constitutionnel, seule institution habilitée à valider les candidatures.  En attendant ce verdict décisif, les partisans de Tidjane Thiam maintiennent la mobilisation, espérant que leur champion pourra affronter les urnes en octobre prochain.

Jean Kelly KOUASSI

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