Manifestations anti Doumbouya : Un mort à Conakry, des journalistes agressés

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Dans un communiqué lu sur la télévision publique, le parquet de Conakry a indiqué avoir été informé par un hôpital de la capitale guinéenne de la réception vendredi du « corps d’un homme de 58 ans qui a reçu une balle dans son lieu de travail ».

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile qui avait appelé aux manifestations, a pour sa part fait état de « quatre morts et plusieurs blessés par balle dont cinq seraient entre la vie et la mort », dans un communiqué transmis à l’AFP.

Par ailleurs, quatre journalistes ont été « agressés par des manifestants » vendredi, a indiqué dans un communiqué le syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) qui « condamne avec la dernière énergie » ces actes « retrogades ».

Ces violentes manifestations ont démarré jeudi à l’appel du FNDC pour dénoncer la « gestion unilatérale de la transition » par la junte.

L’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (Anad), autre coalition formée de partis, de mouvements et d’associations, et l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), se sont joints jeudi à l’appel du FNDC pour des manifestations à Conakry et le 4 août sur tout le territoire national.

Les manifestations de jeudi avaient déjà fait un mort, selon le FNDC dont le bilan n’a pas été confirmé par les autorités.

 Affrontements à Conakry et sa banlieue 

Les affrontements entre les forces de l’ordre et des jeunes ont éclaté à Conakry vendredi matin, avant de s’arrêter à la mi-journée pour reprendre après, notamment à Bambéto, Sonfonia et sur l’autoroute Le Prince, des zones situées dans la banlieue, selon un journaliste de l’AFP et des témoins.

Des jeunes ont brûlé des pneus et renversé des poubelles sur la chaussée et caillassé les véhicules des forces de l’ordre qui ont riposté par des tirs de grenades lacrymogènes, selon les mêmes sources.

Le colonel Mamady Doumbouya, qui a renversé le 5 septembre le président Alpha Condé au pouvoir depuis plus de dix ans (2010-2021), s’est engagé à remettre le pouvoir à des civils élus dans un délai de trois ans.

La junte a proclamé le 13 mai l’interdiction « jusqu’aux périodes de campagne électorale » de toute manifestation sur la voie publique « de nature à compromettre la quiétude sociale et l’exécution correcte des activités » pendant les trois ans censés précéder un retour des civils à la tête du pays.

Le FNDC avait déjà appelé à manifester le 23 juin, passant outre l’interdiction édictée par la junte. Il avait toutefois suspendu son appel la veille de la manifestation, pour « donner une chance » au dialogue proposé par le gouvernement de transition.

Mais après la dernière réunion avec le gouvernement, le FNDC avait dénoncé « une parodie de rencontre », ainsi que « la conduite solitaire et autoritaire de la transition » et « les atteintes graves portées aux droits et libertés fondamentaux ».

S’exprimant jeudi à Bissau, au cours d’une conférence de presse avec le président français Emmanuel Macron, le président en exercice de l’organisation des Etats ouest-africains, Umaro Sissoco Embalo, a assuré avoir convaincu la junte à accélérer le retour à la démocratie.

« J’étais à Conakry (…) pour faire comprendre à la junte militaire la décision du sommet des chefs d’Etat que la transition ne peut pas dépasser les 24 mois. Eux avaient proposé 36 mois, mais on a réussi à les convaincre », a-t-il dit.

En revanche, Ousmane Gaoual Diallo, ministre guinéen et porte-parole du gouvernement de transition, a indiqué à l’AFP que « ni le gouvernement ni la présidence ne confirment cette information sur la durée de la transition en Guinée ».

AFP

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