Gabon: l’ancien patron de la compagnie pétrolière condamné à 12 ans de prison

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Christian Patrichi Tanasa, ancien directeur général de Gabon Oil Company, a été condamné, mercredi, à 12 ans de prison pour détournement de fonds, complicité de détournement de fonds et blanchiment des capitaux.

Patrichi Tanassa et deux coaccusés .

« Poursuivi pour détournement, complicité de détournement de fonds publics et blanchiment des capitaux du temps de son passage à la tête de Gabon Oil Company et sa filiale Gabon Oil Company (Goc), Patrichi Christian Tanasa Mbadinga a été reconnu coupable par la cour criminelle spécialisée mercredi 20 juillet », après trois jours de procès, a rapporté, jeudi, le journal local, La Libreville.

Le même journal a souligné que « l’ancien patron de la Gabon Oil Company a été condamné à 12 ans de réclusion, soit 3 années de moins que la peine requise par le ministère public (15 ans) ».

Patrichi Christian Tanasa s’est également vu infliger une amende de 76 millions de FCFA (116 milles euros). « Ses biens seront également saisis », a indiqué Le journal du Gabon.

Ses deux coaccusés, Jérémie Ayong Nkodje Obame (ancien directeur général de la Goc) et Geaurge Carelle Ndemegane Ekoh (responsable financière de la Goc) qui comparaissaient libres, ont, pour le premier, écopé de 10 ans de réclusion criminelle et, pour la seconde, bénéficié d’un acquittement.

« L’État réclame enfin 20 milliards de FCFA (30 millions d’euros) à Patrichi Tanasa et à Jérémie Ayong au titre de dommages et intérêts », a rapporté le journal Gabon Review.

Pour rappel, Christian Patrichi Tanasa était l’un des hommes forts du pouvoir gabonais entre 2018 et 2019, durant la convalescence du président Ali Bongo après son accident vasculaire cérébral.

Proche de Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, il a été propulsé, à 36 ans, administrateur directeur général de Gabon Oil compagny, la compagnie nationale des hydrocarbures.

M. Tanasa est l’un de nombreux dirigeants jetés en prison en novembre 2019 dans le cadre de l’opération mains propres dite « Scorpion ».

Peter Kum


L’ex-patron de la Gabon Oil Company dit avoir agi «sur ordres» lors de son procès pour détournement

Palais de justice de Libreville (septembre 2016). © Sébastien Nemeth / RFI

Le procès de l’ancien directeur général de la société nationale des hydrocarbures, Gabon Oil Company, se poursuivait mardi 19 juillet. Devant la Cour criminelle spéciale, Christian Patrichi Tanasa et ses deux collaborateurs sont poursuivis pour détournement de fonds, complicité de détournement de fonds et blanchiment de capitaux. Ils ont dû répondre aux questions de la justice.

Depuis le box des accusés, Christian Patrichi Tanasa et ses coaccusés ont dû répondre à toutes les questions posées par la cour, s’agissant d’une instruction à la barre. La Cour a épluché une à une les pièces du dossier de l’accusation :

« À quoi ont servi les 100 millions de francs CFA [environ 153 000 euros] décaissés avec l’accord de la présidence de la République », demande le président. « À payer les per diem [indemnités journalières] des ministres et autres cadres qui ont participé à une activité de la compagnie », répond Christian Patrichi Tanasa.

« Pourquoi avez-vous décaissé deux fois la somme de 95 millions de francs CFA [soit environ 145 000 euros] en février 2019 », demande la Cour. « C’est pour payer les associations venues accueillir le président de la République à l’aéroport, après son accident vasculaire cérébral », répond l’accusé.

« Le mécénat, les dons, le sponsoring et les contrats d’assistance ont coûté près de 4 milliards de francs CFA [soit 6,1 millions d’euros] en 18 mois. Est-ce normal pour une société en quasi-faillite », s’interroge la cour. « J’agissais sur ordre de la hiérarchie », répond-il. « Pourquoi n’avoir pas dit non, de quoi aviez-vous peur », demande la Cour. « Si j’avais dit non, mon séjour en prison serait intervenu plus tôt », a-t-il répondu.

Christian Patrichi Tanasa a aussi justifié les frais de missions qui ont explosé, l’augmentation de ses primes et autres avantages accordés à ses collaborateurs. « On a l’impression que vous étiez un chef qui décidait de tout », fait remarquer le président. « Il agissait dans le cadre de ses attributions prévues par les statuts de l’entreprise », rétorque l’un de ses quatre avocats.

La défense de Christian Patrichi Tanasa demande son acquittement

Au terme de l’audition, Me Anges Kevin Nzigou a clairement indiqué que son client n’a rien détourné : « Aucun milliard, aucune centaine de milliards, comme cela a été présenté dans la presse, n’a été apporté comme preuve de détournement de la part de mon client, donc on peut dire que cette instruction à la barre était comme une montagne qui a accouché d’une souris. »

Les plaidoiries auront lieu mercredi 20 juillet, mais Me Anges Kevin Nzigou plaide déjà la relaxe de son client : « Nous demandons tout simplement que la justice soit faite, que mon client soit purement et simplement acquitté. Le contraire serait une véritable forfaiture. »

Ceux représentant l’État n’ont pas souhaité s’exprimer.

RFI

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