Les Occidentaux veulent défaire la Russie? «Qu’ils essaient», lance Poutine

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Vladimir Poutine a défié les Occidentaux de se lancer dans l’arène militaire, jeudi, alors que redoublaient les bombardements, par son armée, des villes qui lui échappent encore dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine.

« Nous entendons qu’ils veulent nous vaincre sur le champ de bataille. Que dire ? Qu’ils essaient ! » a lancé M. Poutine, s’adressant aux Américains et Européens qui ont accéléré les livraisons d’armes lourdes à Kiev. « Chacun doit savoir que nous n’avons pas encore commencé les choses sérieuses », a-t-il ajouté, dans un discours retransmis à la télévision russe.

« En même temps, nous ne refusons pas les négociations de paix. Mais ceux qui les refusent doivent savoir que plus longtemps [ils refuseront], plus il leur sera difficile de négocier avec nous », a-t-il ajouté.

Sur le terrain, dans le bassin du Donbass, où l’armée ukrainienne a ralenti avec acharnement la poussée russe ces dernières semaines, l’heure n’était pas à la négociation, mais aux frappes sur les villes encore aux mains des Ukrainiens.

À Kramatorsk, une frappe sur le centre-ville a laissé un large cratère entre un hôtel et des immeubles d’habitation, ont constaté des journalistes de l’AFP. Cette « attaque délibérée contre les civils » a fait « un mort et six blessés », a déclaré sur Telegram le gouverneur régional, Pavlo Kyrylenko, précisant que ces chiffres étaient provisoires et que « six immeubles » avaient été touchés. « Je demande à tout le monde : évacuez ! » a-t-il ajouté.

Les Russes, qui ont avancé ces dernières semaines dans le Donbass — leur objectif prioritaire depuis leur retrait des environs de Kiev fin mars —, affirment avoir pris il y a quelques jours le contrôle total de la province de Louhansk, l’une des deux formant le bassin minier. Les Russes « ne sont toujours pas parvenus aux limites de la région », a par contre démenti jeudi le gouverneur de la province, Serguiï Gaïdaï.

Les forces de Moscou cherchent maintenant à conquérir l’autre province, celle de Donetsk, pour occuper l’intégralité du Donbass, que les séparatistes soutenus par Moscou contrôlent partiellement depuis 2014.

Sous les roquettes

Le gouverneur de la province de Donetsk, Pavlo Kyrylenko, a fait état d’au moins sept civils tués mercredi par des tirs d’artillerie et de lance-roquettes sur plusieurs localités. Dans cette province, Sloviansk et Kramatorsk sont considérées comme les prochaines cibles des forces russes dans leur plan de conquête du Donbass, après quatre mois et demi de conflit.

Mardi, les roquettes russes avaient frappé et en partie détruit un marché dans le centre de Sloviansk, et tué au moins deux personnes. Mercredi, le maire de Sloviansk, Vadim Liakh, avait indiqué que l’évacuation de la ville était « en cours » : il resterait encore environ 23 000 des quelque 110 000 habitants qu’elle comptait avant le conflit.

Le parquet général de l’Ukraine a par ailleurs annoncé le démantèlement d’un « réseau d’espions » qui « menait des activités subversives sur instructions des services spéciaux russes ».

Par ailleurs, l’armée ukrainienne a enfin affirmé jeudi avoir repris pied sur l’île aux Serpents, en mer Noire, après y avoir remis son drapeau quelques jours plus tôt à la suite du retrait des forces russes de cet îlot stratégique qui fait face à l’embouchure du Danube. Moscou a toutefois affirmé y avoir procédé à une frappe dans la matinée, mettant en fuite les survivants. Des affirmations impossibles à vérifier de source indépendante.

G20 sous tension

Alors qu’en Europe de l’Ouest, les regards étaient braqués jeudi sur Londres, où le premier ministre britannique, Boris Johnson, s’est résolu à quitter le pouvoir, la présidence ukrainienne l’a remercié pour son soutien dans les « moments les plus difficiles » de l’invasion russe. Le président Volodymyr Zelensky a exprimé sa « tristesse ».

En Indonésie, une rencontre des ministres des Affaires étrangères des 20 plus grandes économies mondiales (G20) a commencé jeudi sur l’île de Bali, en présence de la Russie et des alliés occidentaux de l’Ukraine.

Compte tenu de la tension entre les deux camps, « on s’attend à une confrontation assez rude », a indiqué une source diplomatique française. L’Union européenne a déjà prévenu qu’elle refusait que la Russie se serve de ce G20 comme d’« une plateforme pour sa propagande » sur le conflit en Ukraine.

Un responsable américain a toutefois indiqué s’attendre à ce que « pratiquement tous les pays du G20 » s’accordent sur des initiatives visant à remédier à l’insécurité alimentaire mondiale. « Le grenier du monde est en guerre », et « nous sommes au premier stade d’une crise alimentaire qui va probablement affecter chaque pays et chaque personne dans le monde », a expliqué Inbal Becker-Reshef, directrice d’un programme de la NASA, en commentant des images satellites démontrant que 22 % des terres agricoles ukrainiennes sont passées sous contrôle russe.

À la veille de la réunion interministérielle de Bali, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, y a rencontré son homologue chinois, Wang Yi. Les deux parties ont notamment jugé « inacceptables » les « sanctions unilatérales adoptées en contournant l’ONU », selon le ministère russe.

Enfin, à Moscou, un procureur a requis sept ans de prison contre un élu municipal qui avait critiqué l’offensive contre l’Ukraine. Juriste de formation, l’élu avait dénoncé le 15 mars l’« agression » russe pendant une réunion de travail filmée.

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