L’Afrique est un paradoxe du développement. Voici une explication de cette énigme.

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L’Afrique est un paradoxe du développement. Abritant bon nombre des plus grandes réserves de ressources naturelles du monde, elle compte également la plupart de ses pays les moins avancés et des personnes vivant dans l’extrême pauvreté. Cet article explique cette énigme par le fait que, si de nombreux pays africains ont accédé à l’indépendance politique dans la seconde moitié du XXe siècle grâce au processus de décolonisation, la plupart restent économiquement, et surtout monétairement, dépendants des économies développées, des multinationales et des institutions financières internationales. . Différents modèles de développement au cours des quatre dernières décennies n’ont pas été en mesure de transformer ces pays sur une voie réussie de développement durable en raison de leur dépendance excessive à l’égard de la finance étrangère basée sur une incompréhension de la nature géopolitique de l’argent et de la finance. Au lieu de cela, nous nous appuyons sur la réalité historique selon laquelle tout l’argent est un passif de l’État (et un crédit de son détenteur) plutôt qu’un bien privé, ce qui implique que la finance est une création de crédit (et non une intermédiation). En tant que tel, le développement au niveau national ne consiste pas à obtenir plus d’argent mais à renforcer les capacités de production. Cependant, les pays qui n’émettent pas leur propre monnaie ou qui dépendent largement de la dette extérieure et des importations ont réduit leur souveraineté monétaire. Nous construisons trois itérations d’un indice de souveraineté monétaire et comparons les scores des pays avec leur capacité de production. Quatre groupes de pays en résultent (élevé dans les deux mesures, faible dans les deux ou élevé dans l’un ou l’autre), impliquant quatre voies de développement différentes. Nous démontrons également comment ce qui compte pour le développement est la fonction des dépenses publiques, pas si le budget est en excédent ou en déficit, et que les déficits encourus pour investir dans la capacité de production ou son utilisation (finance « fonctionnelle ») peuvent effectivement réduire la dette publique ainsi que les pressions inflationnistes, contrairement au mythe de la finance « saine ». Enfin, nous combinons nos deux mesures structurelles avec deux indicateurs à court terme – le chômage et l’inflation – et effectuons une analyse en composantes principales pour estimer l’espace financier inutilisé dont disposent les pays africains. Les résultats varient de très peu en francs CFA et dans les pays dollarisés à beaucoup d’espace financier inutilisé pour les pays d’Afrique australe. Enfin, nous discutons des obstacles politiques au renforcement de la souveraineté monétaire et au déploiement de la finance stratégique (fonctionnelle) en Afrique, y compris les fondements coloniaux et extractifs de la finance sur le continent,

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