C’était un 17 juin: L’affaire Thierry Zébié

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Le lundi 17 juin 1991, les Ivoiriens découvraient pour la première fois, le paroxysme de la violence avec le lynchage à mort de l’étudiant Thierry Zébie. Inscrit en mathématiques physiques chimies, Thierry Zébie Zirignon, réside à Cocody, à la cité universitaire de Mermoz. Imposant et élégant, il est autant célèbre dans le milieu estudiantin que les leaders de la FESCI. Adepte des arts martiaux, il est accusé d’être un loubard à la solde du pouvoir qui fait subir des humiliations aux étudiants. Pour la FESCI dont il fut un proche, c’est un traitre qui depuis le début de l’année 1991 a mené plusieurs actions de sabotage contre elle. C’est l’interruption brutale de l’assemblée générale de la FESCI par Thierry Zébié et une cohorte de loubards, qui a entrainé dans la nuit du 17 au 18 mai 1991 les brutalités policières contre les étudiants de la cité universitaire de Yopougon. L’opposition et la Fesci affirment que cette nuit-là plusieurs étudiants ont trouvé la mort. Le gouvernement dément cette affirmation et crée une commission nationale d’enquête.

Le 17 juin 1991, pour protester contre la création d’une commission nationale d’enquête alors qu’elle réclamait une commission internationale, la FESCI organise un meeting au parking des cars Sotra de l’université de Cocody. À la fin du meeting, les étudiants décident d’aller « libérer le Koweït ». Un nom donné à la cité universitaire de Mermoz occupée par Thierry Zébié, qui y règne en maître comme Saddam Hussein au Koweït. La première guerre du Golfe faisant l’actualité. La marche rassemble tant de monde qu’au moment où la tête de manifestation se trouve au Cours secondaire protestant (CSP), la queue est toujours au campus. La foule d’étudiants se retrouve à Mermoz, nez à nez avec Thierry Zébié au kiosque, devant la cité. Il s’enfuit et va trouver refuge dans une des villas du voisinage . Les gens le suivent. Très vite, la villa est encerclée. Dans la cuisine, ou il s’est caché, Thierry zébie est retrouvé par des étudiants, l’un d’eux lui porte un coup mortel ,il s’écroule. Aux environs de midi on découvre le corps de Thierry Zébié, couvert de toutes sortes d’objets ; morceaux de bois et cailloux comme on en trouve sur un chien écrasé.

Le même jour, au journal de 13 heures présenté par Thérèse Yobouet, la nouvelle de « l’irréparable », expression employée par le commentateur du reportage diffusé à la RTI plonge la Nation dans l’émoi. À la suite de ce douloureux évènement huit étudiants ont été interpellés et mis à la disposition de la police judiciaire pour les besoins de l’enquête. Le 21 juin 1991, soit quatorze mois jour pour jour après sa création, la FESCI, est dissoute sur décision du gouvernement.

Extraits du livre de Alphonse Vohi Sahi, « une chronique de la révolution démocratique en Côte d’Ivoire (1989-1995) »

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