Les pays membres de l’OMC se « rapprochent » d’un accord sur des mesures visant à atténuer le choc alimentaire

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Environ 30 pays ont jusqu’ici restreint les exportations de denrées alimentaires, d’énergie et d’autres produits de base. Trois pays seulement sont cependant réticents à l’adoption de textes interdisant tout protectionnisme commercial en temps de crise.

Les 164 pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se sont rapprochés, le lundi 13 juin, d’un accord sur des mesures visant à atténuer les tensions qui secouent le marché de l’approvisionnement alimentaire et la hausse des prix provoquée par la guerre en Ukraine.

L’adoption de deux textes sur les restrictions aux exportations et la sécurité alimentaire est l’une des attentes fortes de la 12e Conférence ministérielle de l’OMC, qui se poursuivra jusqu’au mercredi 15 juin, à Genève.

Le premier texte est une déclaration visant à garder les marchés ouverts, ne pas restreindre les exportations et être plus transparent. L’autre est une décision juridiquement contraignante de ne pas freiner les exportations vers le Programme alimentaire mondial (PAM), dont la mission est de lutter contre la faim dans les régions touchées par les conflits, les catastrophes et le changement climatique.

L’écrasante majorité des représentants des pays membres de l’OMC ont exprimé un large soutien à ces deux textes, à l’exception de l’Egypte, de l’Inde et du Sri Lanka, a déclaré un porte-parole de l’organisation, lors d’une conférence de presse.

Selon lui, la Tanzanie qui était jusque-là hésitante a fini par approuver les textes.

Importateurs nets de produits alimentaires, l’Egypte et le Sri Lanka ont exprimé des réserves, exigeant que l’on reconnaisse que leur capacité à exporter des produits alimentaires pourrait être limitée.

L’Inde souhaite cependant que l’OMC autorise les pays en développement à détenir des stocks alimentaires sans encourir de sanctions pour avoir enfreint les règles sur le soutien agricole.  

L’OMC fonctionnant par consensus, il faudrait que les 164 pays membres s’entendent pour conclure des accords.

Deux dirigeantes onusiennes avaient appelé, le lundi 13 juin, les pays membres de l’OMC à ne pas imposer de restrictions aux exportations de nourriture.

« La guerre en Ukraine inflige de terribles souffrances au peuple ukrainien et a augmenté le risque de faim et de famine pour des dizaines de millions de personnes qui sont sur le point de devenir ou sont déjà en situation d’insécurité alimentaire », ont écrit Michelle Bachelet, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, et Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la CNUCED, organe des Nations unies chargé du commerce et du développement.

Elles ont demandé aux pays de l’Organisation de « s’abstenir d’imposer des restrictions aux exportations sur les denrées alimentaires essentielles achetées par les pays les moins avancés et par les pays en développement importateurs nets de produits alimentaires, ainsi que sur celles achetées par le Programme alimentaire mondial à des fins humanitaires ».

Le Fonds monétaire international (FMI) avait récemment annoncé qu’environ 30 pays ont restreint les exportations de denrées alimentaires, d’énergie et d’autres produits de base, à l’heure où l’ONU craint « un ouragan de famine », essentiellement dans des pays africains qui importaient plus de la moitié de leur blé d’Ukraine ou de Russie. (Agence Ecofin)

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