Les “regrets” du roi des Belges énoncés de vive voix à Kinshasa

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En visite pour la première fois en République démocratique du Congo, le roi Philippe a dénoncé la violence du régime colonial mis en place par ses ancêtres. Peu importe si, dans son discours, il est question de “regrets” et pas d’“excuses”, estime ce journal belge, qui souligne les nombreux gestes accomplis, grâce auxquels “un avenir commun […] redevient possible”.

Le régime colonial était basé sur l’exploitation et la domination. Ce régime était celui d’une relation inégale, en soi injustifiable, marquée par le paternalisme, les discriminations et le racisme. Il a donné lieu à des exactions et des humiliations.”

Les paroles du roi des Belges sont si claires que Le Soir en fait son titre de une ce 9 juin. La veille, Philippe, qui conduit la première visite royale en douze ans en République démocratique du Congo, s’est exprimé devant le Palais du peuple et a réitéré ses “plus profonds regrets” pour la période de la colonisation.

Une formule déjà employée dans une lettre au peuple congolais à l’occasion des 60 ans de l’indépendance, en 2020, et qu’il a cette fois énoncée de vive voix à Kinshasa. Il n’a toujours pas été question d’excuses formelles, comme l’attendaient nombre de Congolais, mais cette omission était prévisible, selon les médias belges, qui ont rappelé qu’une commission parlementaire se penche actuellement sur la période coloniale et qu’il ne revenait pas au roi, dont le rôle est essentiellement protocolaire, d’anticiper ses conclusions.

Mais pour Le Soir, l’essentiel n’est pas là, s’agissant d’“un passé d’autant plus lointain que la plupart des Congolais ont moins de 20 ans”. Ce qui compte, en revanche, ce sont les gestes accomplis, grâce auxquels “un avenir commun […] redevient possible”.

Rattraper le temps perdu

Le roi des Belges, qui a atterri le 8 juin pour un voyage d’une semaine, a notamment décoré le dernier des combattants congolais qui participèrent à l’effort de guerre de la Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale, rapporte le journal francophone. Il a aussi remis “en grande pompe” un masque kakungu, première pièce des très nombreuses œuvres que la Belgique souhaite restituer. Dans son discours, enfin, Philippe a évoqué le conflit qui déchire l’est du Congo, où Kinshasa accuse le Rwanda voisin de soutenir les rebelles, et a désigné “la préservation de l’intégrité territoriale du Congo” comme “une préoccupation majeure que nous partageons”.

Bref, pour Colette Braeckman, la spécialiste de la région, qui signe l’édito du jour, on ne peut que saluer “un engagement volontariste en matière de coopération, de restitution des biens culturels et de fermes propos concernant le respect des frontières”.

Ses critiques, Le Soir les destine donc moins au choix des mots du souverain qu’au retard avec lequel cette séquence survient. Mais enfin, “il n’est jamais trop tard pour rattraper le temps perdu”.

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