Doit-on faire confiance à TotalEnergies qui cherche à rassurer dans ses projets en Ouganda et en Tanzanie?

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L’assemblée générale des actionnaires de TotalEnergies a très largement validé mercredi 25 mai la stratégie du groupe en matière de climat. Lors de cette AG, le président du géant des hydrocarbures Patrick Pouyanné a parlé des projets pétroliers du groupe en Ouganda et en Tanzanie.

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Face aux critiques réguliers de certaines ONG climatiques, le PDG de TotalEnergies a tenu à rassurer sur la transparence et l’engagement environnemental du groupe dans ces projets en Ouganda et en Tanzanie : 

Ces projets constituent des projets majeurs pour ces deux pays. L’annonce en février 2022 du lancement de ce développement, marque notre engagement qui se veut exemplaire en matière de développement durable. Projet pétrolier à faible intensité carbone, création de valeurs pour les pays et les communautés locales, gain net en matière de biodiversité, tels sont nos engagements. Notre engagement est d’appliquer les meilleurs standards internationaux et d’être transparents sur l’ensemble des actions que nous mettons en œuvre.

Patrick Pouyanné a assuré que « dès la phase de conception de ces projets, une importance particulière a été accordée à l’information et à la concertation avec l’ensemble des parties prenantes impliquées ». « Près de 70 000 personnes ont été consultées pendant les périodes d’étude d’impact environnemental et sociétal, plus de 20 000 réunions ont été organisées avec les populations concernées et les organisations de la société civile en Ouganda. Nous n’avons rien à cacher, bien au contraire. Nous avons communiqué auprès de la société civile l’ensemble des rapports d’étude d’impact que nous réalisons. »

En Ouganda, TotalEnergies promet de doubler les effectifs des rangers, restaurer plus de 1 000 hectares de forêts, réintroduire le rhinocéros noir… Mais ces annonces peinent à convaincre les défenseurs de l’environnement et des communautés locales. Richard Orébi est un activiste, il suit les conséquences sociales et environnementales de ce projet depuis plusieurs années :

S’ils parlent de préserver l’environnement, alors oui, c’est bien. Mais concrètement, ce que nous voyons sur le terrain ici, c’est différent. L’espace civique se rétrécit pour la société civile qui plaide pour un environnement non pollué, qui plaide pour que le projet pétrolier ne ne nuise pas à notre environnement, qui plaide sur la façon dont le droit des communauté est affecté par ce projet… Donc, si déjà notre plaidoyer à lui seul pose problème, nous nous inquiétons vraiment de ce qui se passera à l’avenir lorsque le pétrole coulera

Non seulement, l’activiste n’est pas convaincu que l’entreprise tienne parole, mais il doute aussi de la pertinence de ces mesures. « Nous ne savons vraiment pas s’ils s’engagent véritablement et s’ils vont respecter les annonces qu’ils font. Ils disent vouloir doubler le nombre de rangers, mais cela n’a pas beaucoup de sens. Nous avons déjà des rangers et cela n’a pas empêché que le parc de cet espace protégé soit empiété. Pour moi, doubler le nombre de rangers, ça ira à l’encontre des militants comme nous, de la société civile, des journalistes. C’est pour nous bloquer l’entrée au parc et empêcher que l’on sache les choses qui sont faites à l’intérieur. »

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