Le siège français de McKinsey perquisitionné pour fraude fiscale

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Cette perquisition entre dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte le 31 mars pour blanchiment aggravé de fraude fiscale aggravée, à la suite du rapport de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques.

Une perquisition était en cours, mardi 24 mai dans l’après-midi, au siège français du cabinet de conseil McKinsey situé sur les Champs-Elysées à Paris, a appris l’Agence France-Presse (AFP), auprès du Parquet national financier (PNF). Des journalistes de l’AFP avaient constaté, mardi en milieu de journée, la présence de policiers munis de brassards des douanes à l’accueil du siège de McKinsey.

Lire aussi: Affaire McKinsey : enquête ouverte pour blanchiment aggravé de fraude fiscale

Cette perquisition entre dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte le 31 mars pour blanchiment aggravé de fraude fiscale aggravée, a confirmé le PNF, sollicité par l’AFP. Le PNF a ouvert cette enquête à la suite du rapport de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques, lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron.

Un montant record des contrats avec les cabinets de conseil

Les entités françaises du cabinet McKinsey étaient accusées dans un rapport sénatorial publié à la mi-mars d’avoir mis en place un montage fiscal leur permettant de ne verser aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020. McKinsey s’est défendu en affirmant respecter les règles fiscales françaises, précisant qu’une de ses filiales avait payé l’impôt sur les sociétés pendant six ans sur la période évoquée par le Sénat.

Ce dernier avait noté l’influence grandissante du cabinet et plus généralement des cabinets de conseil dans l’appareil d’Etat. Dans ce rapport remis le 16 mars, cette commission assurait que les contrats passés entre l’Etat et plusieurs cabinets de conseil avaient « plus que doublé » entre 2018 et 2021, atteignant un montant record de plus de un milliard d’euros en 2021.

Le recours du gouvernement à ce cabinet américain pour épauler l’exécutif dans la politique de vaccination contre le Covid-19 avait déjà suscité la polémique en janvier 2021, en plus de celle de la fin de campagne présidentielle. Olivier Dussopt et Amélie de Montchalin, alors ministres des comptes publics et de la fonction publique, avaient même mené une conférence de presse le 30 mars pour justifier les dépenses de l’Etat.

« Que ça aille au pénal »

Les révélations de la commission d’enquête avaient suscité pendant la campagne présidentielle de vives polémiques sur l’utilisation des fonds publics. L’opposition avait réclamé de manière répétée l’ouverture d’une enquête sur ce qu’elle considère comme du favoritisme dont la majorité macroniste ferait preuve au profit de ce cabinet de conseil, dont certains membres ont pu œuvrer pour Emmanuel Macron, notamment lors de la campagne présidentielle de 2017.

Alors candidat, Emmanuel Macron avait estimé que le non-paiement de l’impôt sur les sociétés par McKinsey s’expliquait par les règles fiscales en vigueur. « S’il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal »avait-il déclaré le 27 mars à ceux qui lui reprochaient ces nombreux contrats.

L’enquête du PNF a finalement été déclenchée le 31 mars après une évaluation interne du dossier, qui a consisté à mener de premiers recoupements et vérifications sur la nature des révélations du rapport sénatorial. Elle a été confiée au service d’enquêtes judiciaires des finances, la police fiscale créée en 2019 à Bercy.

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