Dubaï et les réseaux d’illusion

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L’on s’émeut encore, sur le continent africain, après le témoignage d’une jeune femme d’origine camerounaise sur sa choquante expérience aux Émirats arabes unis. Alors qu’on lui avait fait miroiter une vie de rêve, elle s’est retrouvée esclave sexuelle à Dubaï.

Parallèlement, sous le hashtag #dubaiportapotty, des vidéos mettant en scène des influenceuses africaines qui s’adonnent à la coprophagie et à d’autres pratiques scabreuses, en échange d’argent ont fuité au Nigeria et dans d’autres pays.

Comme le faisait remarquer le pape François dans son encyclique Fratelli Tutti, « Aujourd’hui comme hier, à la racine de l’esclavage, il y a une conception de la personne humaine qui admet la possibilité de la traiter comme un objet ». Cette perception est nourrie par des réseaux criminels qui « utilisent habilement les technologies informatiques modernes pour appâter des jeunes, et des très jeunes, partout dans le monde ».

Les réseaux sociaux ont créé le métier d’influenceur. Celui-ci a comme « unité de succès » le nombre de vues et se nourrit de scandales. De nombreuses stars du Web exhibent leurs richesses supposées, faisant croire à leurs « followers » qu’ils ont une vie parfaite, dans des corps parfaits, dans un monde où les seules valeurs qu’il faille promouvoir sont la prospérité, la beauté, la célébrité et souvent l’insolence. « Tout devient une sorte de spectacle… » Mais toute une génération s’en nourrit, prenant ces vies factices pour l’idéal auquel il faudrait tendre à tout prix. « Cherchez l’argent » a-t-on coutume de dire à Abidjan, laissant entendre que les richesses matérielles suffisent à faire le bonheur et l’honneur d’un être humain. On en oublie que « l’argent est bon serviteur et un mauvais maître ». S’il devient le seul but dans la vie, l’on perd rapidement les valeurs intrinsèques à notre humanité.

Lucie Sarr

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